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dimanche 25 novembre 2012

A propos du vote blanc.


J'avais mis ce post, comme je le fais parfois dans Agoravox.fr. J'ai reçu, parmi d'autres, un commentaire que je reproduis ici ainsi que ma réponse à Monsieur Bachaud, l'auteur de ces remarques.
"Que l’auteur de l’article réponde a mes questions simples :

Je voudrais pour bien, pour en comprendre les conséquences pratiques, que vous m’indiquiez ce qui se passe dans les deux cas suivant.
Elections européennes.
Supposons que dans une ou des « circonscription » le vote blanc arrive en tête, ce qui est très possible avec # 60% d’abstention.
Les meilleurs candidats présentés par les partis sont écartés ?
Quels avantages pour les électeurs ?

Pour les législatives.( # 43% d’abstention en 2012.)
Que se passe-t-il dans les circonscriptions où le vote blanc arrive en tête ?
Les candidats sont écartés pour un 1er tour bis ?
Merci de bien vouloir simplement répondre à cette situation simple.

Pour les autres conséquences selon le niveau du vote blanc il suffit de revoir les seuil pour se maintenir, fusionner etc on peut se baser sur le nombre d’inscrits ce n’est pas un problème.
Cordialement
Ce qui est important c’est le VOTE PRÉFÉRENTIEL qui existe dans 18 pays sur 27 de l’UE qui permet de choisir ses représentants.. ! par exemple en modifiant les N° d’ordre quand il y a des listes.
Pas un parti ne l’a jamais proposé sauf le R.I.C www.ric-france.fr MODES DE SCRUTIN"

Voici ma réponse:

Cher Monsieur Bachaud,

Il est agréable d'avoir un commentaire qui concerne le texte proposé et qui ne contient ni des injures (ou à peu près!), ni les obsessions d'un commentateur qui, de toute façon et quel que soit le sujet, y racontera ce qu'il envie de dire (c'est le cas le plus fréquent).

Je réponds donc simplement à vos questions simples.

Les deux hypothèses que vous formulez se fondent sur l'observation de l'importance, dans les dernières élections, de l'ensemble que constituent les abstentions, les bulletins blancs et les bulletins nuls. C'est effectivement un total tout à fait impressionnant qui en général avoisine les 50 %.

Considérer le vote blanc comme un suffrage exprimé a pour avantage essentiel de lui donner un sens et de le distinguer des bulletins nuls qui peuvent tout à fait, comme dans des élections du style de celle de l'UMP toute récente, procéder de l'annulation, volontaire et frauduleuse, d'un bulletin du parti adverse ; le nul peut aussi marquer, d'une façon ou d'une autre, une forme d'exaspération (du style "merde pour Copé" ou "pour Fillon" ou pire encore... ) ; reconnaître le bulletin blanc comme suffrage exprimé le distingue surtout de l'abstention qui peut résulter de mille causes diverses. En distinguant le bulletin blanc du nul et des abstentions, on lui donne un véritable sens politique qui est probablement celui de la contestation, soit de l'élection elle-même (type élection au parlement européen dont on sait très bien qu'il ne sert à rien, sinon à entretenir, sur un grand pied , quelques centaines de margoulins, souvent des "has beens", arrivés là on ne sait comment ou on ne le sait que trop ... quand il s'agit par exemple d'un Harlem Désir), soit de la classe politique elle-même quand les gens en ont assez de voter, depuis 30 ans, pour les mêmes têtes qui ont, depuis longtemps, démontré leur incapacité et qui ne sont maintenus que par leur position dans un appareil politique, lui-même totalement dépassé.

Je ne comprends pas comment notre Assemblée nationale unanime a osé voter pareille décision, sans comprendre que, par la, elle se déconsidérait encore un peu plus, ce qui, il faut bien dire, est assez difficile, surtout quand on voit ce qui se passe au sein des deux principaux partis en matière d'élections internes, au PS il y a quelques années, à l'UMP ces jours-ci. Il y a là en effet de superbes exemples de démocratie et d'honnêteté. Avec Désir et Copé nous avons les Thémistocle et les Miltiade que nous méritons.

Pour les problèmes que vous posez

Elections européennes il faudrait, évidemment et en premier lieu, quel que soit le sort fait à l'inutile parlement que, comme le suggère, un commentateur, on puisse modifier la place des candidats dans les listes voire les panacher pour éviter qu'une fois de plus, les appareils politiques nous imposent des battus, des crétins voire des repris de justice. Ce ne sont donc en rien les "meilleurs candidats" qui sont présentés par les partis comme vous semblez le suggérer. S'il n'y a pas de majorité de votants ou si les blancs sont majoritaires au premier tour, on fait un deuxième tour avec, comme on le suggère, la possibilité de changer l'ordre des candidats. Serais-je membre du parti socialiste que j'aurais scrupule à voter pour une liste comportant Monsieur Désir en tête de liste!

Législatives;  il en est à peu près de même pour les législatives.

Je pense que, dans un cas comme dans l'autre, faire du vote blanc un suffrage exprimé conduirait sans doute à des choix différents de la part des électeurs et surtout amènerait à réfléchir sur d'éventuelles améliorations du système particulièrement mauvais dans le cas des européennes qui conduisent au parlement de Strasbourg des médiocres, des inconnus ou des battus ; ils sont imposés par les partis qui ne savent comment les entretenir et clairement ils n'ont rien à faire dans une instance qui ne sert à rien  (je crois que, si je me souviens bien, Laurent Fabius qui avait été élu (devinez pourquoi ?) y est allé trois fois durant toute la durée de son mandat, tout en encaissant bien sûr, les grasses indemnités et en bénéficiant des privilèges liés à ce mandat. Je crois que cela conduirait à réfléchir sur le vote lui-même pour éventuellement en changer les modalités.

Une simple anecdote pour finir ; il y a au parlement européen (je me refuse aux majuscules) un élu de Marseille, Monsieur Karim Zéribi qui, lorgnant sur une place éligible dans la liste PS des dernières européennes, avait été finalement placé derrière Vincent Peillon, parachuté en tête par Solférino car il avait dû céder sa place éligible dans le Nord-Ouest. Grosse colère de Monsieur Zéribi qui en quitte le PS et passe chez les Verts (tout en gardant sa place antérieure derrière Peillon sur la lise d'un PS qu'il a quitté). Point final amusant de la chose, Peillon démissionne puisqu'il est devenu ministre, et Zéribi, tout en n'étant plus socialiste depuis des années, n'a pas scrupule à se retrouver député européen en lieu et place d'un vrai socialiste pour sa position sur la liste initiale du PS. Certes bon à prendre mais vive le Père Ubu!

Bon dimanche. Usbek

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