Messages les plus consultés

Affichage des articles dont le libellé est europe. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est europe. Afficher tous les articles

dimanche 1 juin 2014

Front National et Prim’Holstein.


Vous l'aurez sans doute noté, si vous me lisez de temps en temps, j'aime bien les titres un peu mystérieux, mais rassurez-vous vous aurez, en son temps, l'explication de celui-ci, si vous avez la patience de me lire jusqu’au bout.

Après tout, il n'y a pas de raison que je sois le seul à ne pas ramener ma fraise sur le Front National et les élections européennes. On entend tellement de sottises et de niaiseries sur ce thème que je puis bien en rajouter ici quelques-unes de mon cru.

La première tient au calcul mental qui a disparu de nos savoirs communs. J'entends dire partout qu’un Français sur quatre soutient le Front National alors qu’il a toujours ses meilleurs scores aux Européennes (près de 15% en 1989). On oublie simplement le contexte général et le discrédit abyssal de la classe politique ; si le vote avait eu lieu quelques jours avant le scandale Bygmalion, le FN faisait à coup sûr 30% !

Le FN n’a eu que 25 % des voix des 40 % d’électeurs français qui ont voté ; mes souvenirs arithmétiques de mon examen d'entrée en sixième me font dire que, tout compte fait, un électeur sur 10 (25 % soit un quart de 40 % égale 10%) a voté FN ! Cela dit, ça fait tout de même pas mal bien entendu, même si la meilleure définition que je connaisse d'un électeur du Front National est celle qu'a donnée un jour Djamel Debbouze en disant que c'est « un communiste à qui on a volé deux fois sa Mobylette. ».

Le second point tient à l'historique du mouvement dans la politique nationale ; on glose sans cesse sur le FN, à gauche surtout, en oubliant une seule chose, comme par hasard,  qui est que le véritable créateur du Front National dans sa formule moderne est non pas le père de Marine Le Pen, mais François Mitterrand qui ne s’en est jamais caché. J’ai même entendu Mermaz à l’époque expliquer ça dans le détail !

La politique intérieure de François Mitterrand (qui ne s’intéressait qu’à ça) est d'une simplicité biblique. Je ne parle pas de sa politique extérieure car il n’y entendait rien comme il l'a montré à propos de l'Allemagne et de la Russie. Ses deux seuls projets ont été d’étrangler le parti communiste (pour renforcer le PS et en finir 60 ans après avec le Congrès de Tours), mais surtout de créer le Front National en lui donnant en 1986, par la proportionnelle, 35 sièges à l'Assemblée Nationale et les moyens qui allaient avec. On a souvent parlé d'un accord secret passé en son temps entre Tonton (ancien Volontaire national et Cagoulard) et Le Pen mais ce détail de l'histoire importe assez peu et je le laisserai de côté. Il a mieux réussi dans cette affaire que dans celle des jardins de l'Observatoire pour laquelle il avait monté le coup en octobre 59 avec Pesquet qui était lui-même un homme de l'extrême-droite. Que la gauche ne vienne donc pas maintenant nous bassiner avec le Front National que Tonton a évidemment contribué de façon décisive à mettre en place.

Venons-en aux Européennes et, au-delà à la situation fâcheuse de l’Union Europénne qui fait le lit du FN ! La responsabilité du partie socialiste tout aussi grande et en particulier de son gourou en la matière qui est le sinistre Jacques Delors, le socialiste qui met sa fille aux Oiseaux ! L’homme a toujours rêvé de la gloire de Jean Monnet qu’il n'avait pas dû lire ! C’est lui qui fait entrer dans l’Europe la Grèce dont il sait pourtant que les comptes sont truqués par Goldman Sachs à prix d’or, dont l’administration est inexistante mais qu’il couvre des milliards des « paquets Delors » (en Grèce, dans les magasins, « un paketo Delors » était, à l'époque, la désignation ironique d’un « paquet cadeau ») ; les milliards que Bruxelles expédiait en Grèce prenaient directement le chemin de la Suisse. Delors fait entrer dans l'Europe un pays qui n'avait même pas de cadastre (sauf à Corfou !) et dans lesquelles les deux puissances financières nationales, l'église orthodoxe et les armateurs, sont et demeurent dispensées de payer l'impôt (je ne sais pas s'il y a en Grèce des hommes passés assez heureux pour être à la fois popes et armateurs !).

Si Monsieur Delors avait eu l'esprit (en pensant pour une fois à autre chose qu'à sa gloriole personnelle) de lire les textes officiels inspirés par Jean Monnet, au tout début des années 60, il aurait vu que la plus grande et première exigence qui était présentée était celle de l'harmonisation fiscale et financière de l'Europe naissante, ce qui devenait évidemment totalement impossible, une fois que, pour des raisons purement politiciennes et sans le moindre bon sens, on y aurait fait entrer les PECO (Pays de l'Europe Centrale et Orientale après la fin du Pacte de Varsovie). Une telle politique était évidemment parfaitement absurde… sauf pour assurer la gloire personnelle de Monsieur Jacques Delors !
Mais revenons à l'Europe aux élections européennes et au Front National. Cette pauvre Madame Catherine Trautmann, après 18 ans de bons et services loyaux services au PS et à l'assemblée européenne, a été virée sans ménagement et comme une malpropre, de sa première place sur la liste PS européenne de l'Est, pour y être remplacée par le sinistre Édouard Martin, ex-syndicaliste brusquement converti au socialisme de Solférino, sur lequel il n’avait cessé de vomir auparavant. Il a fort heureusement été élu et pourra tranquillement jouir paisiblement, quelques années durant, des 11 000 € mensuels lui assure cette sinécure qui n'a pas eu le moindre scrupule à briguer.

Il en est de même des 24 bienheureux membres du Front National qui vont jouir des mêmes privilèges ; 6200,72 € net + 4299 € de frais mensuellement (sans parler des 304 € d'indemnités journalières dites si joliment « de subsistance », ce qui doit faire rêver les smicards de notre pays). Comme ce versement suppose toutefois la participation aux séances, on ne doit pas trop les prendre en compte compte tenu des habitudes des députés européens FN!

Le principal point, dont nul ne parle d'ailleurs, tient toutefois à ce que vont encaisser papa et fifille Le Pen, au titre du Front National lui-même, soit 21. 202 € par mois pour chacun des 24 députés européens de cette mouvance pour « frais généraux de fonctionnement » . Pour vous épargner le détail du calcul, la somme perçue par le FN  pour une année entière d’élèvera donc à 6.096.176 €. Autant dire que les « cadres » du Front National, que, dit-on, on savait pas trop comment payer, ce qui expliquait leur petit nombre et leur peu d'enthousiasme, vont voir croître largement leurs rémunérations !

J'allais oublier de donner l'explication de mon titre.

Elle est  très simple pour celles et ceux qui connaissent un peu le cheptel bovin français. L'Europe que stigmatise, quotidiennement et pour ainsi dire sans arrêt, le Front National est en fait, pour lui, à la fois sa « vache à lait » (plus de 6 millions d'euros par an de subventions) et sa « bête noire ». Donc, CQFD ! L’Europe, en matière de métaphore bovine, est, sans le moindre doute et sans la moindre allusion à notre Président, une Prim Holstein, qu’on appelle plus communément, une « hollandaise » qui est une vache, la meilleure de nos laitières, « à robe pie noire intense et à taches blanches et noires ».

Merci Tonton ! Merci Jacques ! Merci François ! 

samedi 13 avril 2013

La France éternelle (2): Territoires douanier et zônien.




Je connais trop mal la géographie douanière de la France, qui, en outre, a considérablement évolué ces dernières décennies, pour affirmer que la particularité que je vais décrire ici, n'existe pas en d'autres régions que la Haute Savoie.

Cette région m'a toujours été familière, dans la mesure où ma famille maternelle est d'origine savoyarde ; j'ai donc, dès ma plus tendre enfance, entendu parler de la "zône" et constaté la présence d'une double douane, sans savoir exactement ce qu'était la première, tandis que la seconde m'était plus familière puisque je savais qu'elle se trouvait entre la France et la Suisse, Genève n'étant guère séparée que par cette frontière de Gaillard et d'Annemasse, ville où je me rendais souvent dans ma famille.

Je ne vous ferai pas ici l'histoire de ces fameuses "zônes" car il y en a eu plusieurs, successives, des "grandes" et des "petites" ; l'affaire remonte en réalité au traité de Vienne en 1815 (!), moment où Genève réclame l'élargissement de son territoire du côté français, la ville se jugeant coincée entre les montagnes du Jura et du Salève et le lac Léman qu'on dit souvent improprement "de Genève". Genève n'obtient toutefois que le recul des douanes du côté français et la création de « zones franches où s'applique, par compromis, un régime douanier particulier. La cession de la Savoie à la France, en 1860, par le roi de Sardaigne, Victor-Emmanuel II, en remerciement du rôle des Français dans la guerre austro-sarde en 1859, va changer les choses et faire commencer une succession de remaniements de ces zones, avec toutefois une relative stabilité jusqu'en 1914. La guerre amène une suspension de la "zône" qui sera rétablie ensuite avec le début de conflits interminables entre Genève et la France, causés, au départ, par le désir du président Poincaré d'abolir le régime de ces zônes franches auxquelles les Suisses sont eux très attachés. On va aller désormais, durant plus de dix ans, de conférences en tribunaux, jusqu'à la Société des Nations et au Tribunal International de la Haye pour arriver en janvier 1933 à la reconnaissance d'une « petite zone", la vraie frontière douanière entre la France et la Suisse étant doublée, à quelques kilomètres du côté français, par un autre cordon douanier marquant la limite de la "zône" avec le reste du territoire français.

Aux alentours d'Annemasse, la limite de la "zône" passait par Ville-la-Grand et Ambilly ; les spécificités administratives de cette petite "zône" faisaient qu'y étaient exonérés de droits de douane un certain nombre de produits comme le sucre, le chocolat, le beurre, des fromages mais aussi et surtout les automobiles qu'on reconnaissait à leurs plaques rouges, rappelant celles des Français expatriés achetant une voiture hors TVA en France durant leurs congés.

Les postes de douane de la "zône" ont été supprimés, je crois, en 1984 et d'autres réformes sont intervenues en 1992, mais tout cela est d'autant plus confus que ça ne correspondait plus à rien depuis longtemps ; comme je ne vais plus guère dans cette région, je n'ai pas réussi à éclairer ce point par des témoignages.

En revanche ces particularités douanières de la "zône", portion du territoire français exemptée de droits de douane pour certaines denrées, me rappellent nombre de souvenirs d'enfance. La maison de mon oncle se trouvant à quelques mètres de la "guérite" de la zône, j'allais faire la plupart des courses quotidiennes de l'autre côté du petit pont qui franchissait la voie du chemin de fer, non plus "sur" Annemasse mais "sur" Ambilly donc "en zône", où nombre de marchandises et en particulier le beurre, qui venait du Danemark, coûtait beaucoup moins cher que de l'autre côté du pont où les rares épiciers ne faisaient guère d'affaires !


 

Ce qui me frappait le plus toutefois était la "guérite" placée à l'entrée du pont qui abritait, en permanence, un douanier qui, par temps froid, se réfugiait dans son abri où régnait la douce chaleur d'un poële et qui, par beau temps, sortait sa chaise devant la porte pour contempler de plus près les passants et les voitures, sans jamais demander quoi que ce soit à qui que ce soit. On racontait, par plaisanterie, dans le pays, que, pour devenir douanier, il fallait passer un examen spécial qui consistait à rester assis six heures durant sur une chaise sans en bouger. Il est exact que l'activité de ces fonctionnaires semblait se résumer à cela. Il faut reconnaître (et j'en connaissais quelques-uns) que nombre d'entre eux avaient carrément un second métier et que, lorsque leur temps de contemplation, était terminé, ils se faisaient plombiers, électriciens ou allaient travailler dans leur jardin. Non loin de là, sur la nationale vers Genève, à ce que l'on appelait "Annemasse route", il y avait un poste de zône important se trouvaient plusieurs douaniers, dont l'activité est tout aussi modeste, puisque la plupart des véhicules et des transports qui arrivaient de la vraie frontière suisse, à quelques kilomètres, ne jugeaient, pour la plupart, pas utile de s'arrêter ni même de ralentir, sauf pour saluer de la main, par la portière, un gabelou connu. Toutefois, comme ces douaniers étaient là en nombre, ils pouvaient au moins faire la conversation entre eux!

Tout cela a duré, à ma connaissance, un bon demi-siècle et ne servait évidemment rigoureusement à rien en coûtant fort cher. En effet, non seulement les postes de douane de la "zone" n'avaient aucune activité, mais, en outre, les gens du pays connaissaient tous, pour passer en Suisse, les petites routes où il n'y avait pas de poste "de zône" et qui permettaient donc d'aller à Genève depuis Annemasse sans avoir à rencontrer quelque douanier que ce soit à la limite de la "zône".

Je m'interroge d'ailleurs (et peut-être plus encore) sur l'activité générale des services des douanes, dans la mesure où, dans tous les voyages récents que j'ai faits en Europe et même en passant de la France à la Suisse qui, sauf erreur de ma part, n'est pas membre de la communauté européenne, on ne voit plus guère de douaniers dans les postes de douane aux limites du territoire, même s'il ne me semble pas que le nombre des fonctionnaires de la douane ait été sensiblement réduit depuis l'émergence des nouvelles institutions. On est passé ainsi, je crois, de 20.000 (environ avant les accords européens) à 18.226 en 2009, ce qui n'est pas très significatif!

Ce sont plutôt mes souvenirs d'enfance et d'adolescence qui m'ont poussé vers ce sujet que le souci d'une étude précise de cette question que je laisse volontiers à d'autres et en particulier à notre gouvernement qui cherche à faire des économies!

jeudi 11 avril 2013

PAF dans le pif ou pif dans le PAF (2)


Plus clairement : Du journalisme et des journalistes dans le "paysage audiovisuel français" (le PAF pour les nobles étrangers qui me lisent).

J'ai déjà dit suffisamment de mal du journalisme audiovisuel français pour ne pas y revenir trop longuement. J'ai, depuis longtemps, renoncé à établir un catalogue, fût-il très lacunaire, des fautes de français permanentes de bon nombre de nos journalistes ; cet aspect, qui ne gêne sans doute que moi-même ou presque, est tout de même infiniment moindre que le contenu lamentable de nos journaux télévisés, devenus de simples catalogues de faits divers, sans parler des radios bignoles du matin (Europe, RMC, RTL) qui, en revanche, ont l'avantage de nous offrir, de temps en temps, des conversations pittoresques avec certains de leurs auditeurs.

Le hasard, malicieux comme je le remarque toujours, a fait que, sur ce sujet que je voulais traiter, la journée a bien commencé puisque, sur Europe, il y avait Jean-Marc Morandini qui est un homme sur lequel on peut toujours compter en la matière. Voulant sans doute se moquer de cette pauvre Nabilla, créature aux énormes appats siliconés, qui a déposé, comme marque de tout ce qu'on peut fabriquer, son désormais fameux « Allô quoi... », Monsieur Morandini, à qui rien n'échappe, a signalé (à 8 heures 57) à ses auditeurs qu'il juge sans doute encore plus ignorants que lui que l'acronyme INPI signifie : « Institut national de la propriété intellectuelle ». Il s'agit bien entendu, en fait, de la propriété industrielle, mais le mot "intellectuel" exerce sur cet homme une telle fascination qu'il n'a pu lui résister.

J'entendais aussi ce matin, cette fois-ci sur RMC (car ces radios bignoles sont si insupportables que je ne puis les entendre qu'en zappant à tout bout de champ) Madame Parizot interrogée par Monsieur Bourdin après m'être tapé, sur France-Infos, Monsieur Cazeneuve, l'obscur remplaçant de Cahuzac. Je me disais que le discours de bon nombre de ceux et celles qui hantent nos radios et nos télé est si prévisible qu'il ne serait pas nécessaire de les faire lever de si bon matin pour les faire venir causer dans le poste en studio. Si ces chaînes sont preneuses, je me propose volontiers pour remplacer au pied levé toutes ces éminentes personnalités, sans avoir toutefois le talent de Nicolas Canteloup pour les imiter dans la forme de leur expression. En revanche pour le fond (si j'ose dire en la circonstance), je suis tout prêt à rendre ce service.

Je n'ai malheureusement pas vu l'interview orageuse de Mélenchon par Pujadas. J'ai appris que l'entretien avait tourné au vinaigre quand Pujadas, dans le cadre du "mois du patrimoine" sans doute, avait interrogé son invité sur ses revenus et son patrimoine. Mélenchon, refusant de répondre, a piqué à ce sujet la prévisible colère que Pujadas souhaitait sans doute, pour damer le pion à TF1 et "faire le buzz". Il s'est vu lui-même interrogé sur son salaire, question à laquelle il a évidemment refusé de répondre.

À titre purement indicatif et juste pour rendre service, je préciserai ici, à l'attention de Monsieur Mélenchon, que le salaire mensuel de Monsieur Pujadas est, dit-on, sans les "ménages", de 18 000 € ce qui paraît très excessif en regard de sa culture, de ses compétences et de ses prestations professionnelles. Cela dit, tous ces journalistes du PAF, qui sont sans cesse en train d'écraser des larmes et de retenir leurs sanglots sur le sort malheureux des pauvres de France, se gardent bien de préciser ce genre de détail et moins encore d'ajouter qu'ils bénéficient, de façon scandaleuse, d'avantages fiscaux que rien ne justifie. Leurs prétentions ne sont pas moindres et on se souvient, toujours selon la rumeur radiophonique publique, que Jean-Jacques Bourdin n'avait pas été retenu pour une émission de Ruquier car il demandait 5000 € pour chacune de ses prestations ce que Ruquier avait, non sans bon sens, jugé excessif.

L'affaire Cahuzac tourne à la farce et on va bientôt chasser le Cahuzac disparu comme le Dupont de Ligones puisque il change sans cesse de domicile pour échapper aux paparazzi. En revanche, c'est à peine si, sur la pointe des pieds, un chroniqueur, en dépit des déclarations sans ambiguïté d'Edwy Plenel, a commence à évoquer la possibilité que les 15 ou 17 millions d'euros soient, en totalité ou pour partie, le trésor de guerre qu'un courant du PS avait commencé à se constituer en vue de l'élection présidentielle suivante. Il faudra sans doute attendre le 19 avril 2013, date limite pour le retour du député Cahuzac à l'Assemblée nationale pour que les choses s'éclairent, peut-être du fait d'ailleurs d'une déclaration publique de sa part; ce qui, en la circonstance, ne manquerait pas de panache et mettrait tout le PS dans une situation fort incommode.

dimanche 10 février 2013

L'effet canasson


Pire et plus grave que "l'effet papillon" (vous savez ce fameux battement d'ailes d'un papillon qui, produit à un bout de la terre, déclenche une tempête à l'autre bout), voilà que "l'effet canasson", à un bout de l'Europe (en Roumanie), ruine, à l'autre bout, l'un des fleurons de notre commerce extérieur (nous n'en avons plus guère !) : l'agro-alimentaire.

Quel est donc cet "effet canasson" en la circonstance ?

Les choses sont des plus simples ; en Roumanie, où, contre toute attente, on n'aime guère les Roms que l'on veut exporter vers l'Ouest, on a interdit la circulation traditionnelle des roulottes tirées par des chevaux. Que faire de ces pitoyables haridelles roumaines désormais devenues inutiles ?

Bon sang mais c'est bien sûr !

On va, elles aussi, les exporter vers l'Ouest comme les Roms eux-mêmes; toutefois, à la différence des individus, on ne peut pas espérer qu'on les renvoie, au bout de quelques mois, les poches lestées de quelques billets de 50 €. D'abord, les pauvres bêtes n'ont pas de poches! On va donc les expédier mortes pour les faire bouffer aux riches occidentaux, en leur faisant croire tout simplement que c'est du bœuf, car certaine bonnes âmes occidentales, en particulier de l'autre côté de la Manche, se refuseraient à consommer la viande des canassons roms.

Pour cacher la chose, on a donc monté un système rémunératieur (300.000 euros de bénef!), un peu compliqué mais infaillible et discret quoique souvent utilisé en Europe. Il consiste à faire passer la marchandise, dont on veut effacer l'origine et empêcher la "traçabilité" (devenue la douce manie des occidentaux), par différents pays, où on se demande un peu ce qu'elle va faire en la circonstance, sinon brouiller les pistes. C'était, semble-t-il, pour les rossinantes roumaines, Chypre, les Pays-Bas et le Luxembourg pour finir mais il y en a peut-être d'autres comme le Pays Basque, siège de la société en cause.

La barbaque, équine et roumaine, n'est même pas apprêtée dans notre beau pays dont la cuisine, qui occupe bientôt la première place dans le PAF, a été reconnue comme figurant dans le patrimoine mondial de l'Unesco. Or, les bidets roumains  sont accommodés et transformés en bœuf .... au Luxembourg qui, en fait, fabrique tous les plats cuisinés pour 16 pays d'Europe. Il faut que le Grand-Duc se décide à son tour à solliciter de l'Unesco la reconnaissance du magique hachis luxembourgeois comme relevant lui aussi du patrimoine mondial de l'Unesco. Ce ne serait assurément que justice!

Les premiers mets identifiés comme fabriqués à partir des bourrins de réforme roumains changés en charolais, l'ont été en Angleterre et ils provenaient de Findus dont, je l'avoue à ma grande honte, j'ignorais qu'il fût, en fait, suédois! Pire encore, la prétendue viande bovine y figure pour le moment du moins dans des spécialités italiennes, comme les lasagnes, ou grecques, comme la moussaka. Quelle salade si j'ose dire!

Je ne comprends pas d'ailleurs pourquoi on se plaint d'une telle affaire qui illustre, de façon si merveilleuse, l'activité effective de cette Europe dont on se plaint sans cesse qu'elle n'existe pas. Les "rosbifs", en la circonstance, bouffent de la moussaka et des lasagnes dont la viande hachée roumaine est fabriquée ou en tout cas cuisinée au Luxembourg, avant d'être expédié dans les Pyrénées d'où une société de courtage basque la vend à Findus, société suédoise implantée en France qui va ensuite la diffuser dans la plupart des grandes chaînes de notre pays (et pas spécialement d'ailleurs dans les low-costs où Monsieur Jean-Pierre Coiffe monte une garde vigilante). Ajoutons que cette viande, qui vient de haridelles de réforme roumaines, est passée auparavant par Chypre et les Pays-Bas avant d'arriver au Luxembourg. Plus européen que ça tu meurs!

On nous rassure en évoquant, partout et sans cesse, les contrôles sanitaires, mais les dits contrôles sont évidemment "bactériens" et non pas "génétiques" et d'ailleurs je ne suis pas sûr que  l'ADN des vieux canassons roms figure dans les bases de données dont disposent nos experts qui, comme souvent, en tout intérêt à ce que le système dur aussi longtemps possible.

José Bové, opulent député européen désormais bien loin de son Larzac, n'a plus besoin d'aller faire le coup de poing dans les Mac Do et les champs d'OGM ; il se bornera, comme toujours à dénoncer la "malbouffe", dont il n'a toujours pas compris qu'en écrivant ce mot comme il le fait ("malbouffe" et non pas "male bouffe  (comme "male peste"), il donne infiniment moins de force à sa condamnation, tout en se livrant à un attentat contre la langue française.

vendredi 4 janvier 2013

Le bêtisier 2013 des journalistes audiovisuels.


Le record sera décidément difficile à battre et cela d'autant qu'il a été établi dès le 4 janvier 2013 à 8h30 sur Europe1.

L'heure du bulletin d'information étant arrivée, une « journaliste-sic » (et non pas sikh... comme me le suggère mon Dragon...encore que à l'écouter...) comme disait autrefois le Canard enchaîné, nous a annoncé gravement que la mise en liquidation judiciaire des magazines Virgin allait mettre sur le pavé mille employés.

J'ai été un peu interloqué, sans doute comme tous les auditeurs, d'entendre mentionner un important éditeur de magazines dont le nom et l'activité m'étaient parfaitement inconnus. Le probable Bruce Toussaint de service, sans piper mot, sans doute pour ménager l'amour-propre de la prétendue journaliste, a, sans autre forme de procès, choisi de répéter l'information mais en disant non pas les "magazines" Virgin mais, bien entendu, les "magasins" Virgin !

Nous avons ainsi pu constater que, dans cette profession où l'essentiel du travail consiste à lire les dépêches d'agence, ces "journalistes-sic", dont je souligne très souvent qu'ils ne savent pas parler français et dont j'ai montré qu'ils ne savent pas non plus compter, à propos du « retoquage » de la mesure fiscale concernant le prélèvement de 75 % au-delà d'un million d'euros de revenus annuels, ne savent même pas lire et sont, en outre, d'une ignorance et d'une paresse confondantes !

A ce propos, petite anecdote ; dans le zapping de l'année, j'ai pu revoir une scène mémorable et qui vaut la peine d'être vue entre Jean-Michel Apathie et Nicolas Dupont-Aignan. Ce dernier, un peu agressif pour une fois, car les hommes politiques, craignant, bien à tort, de ne plus se voir invités, sont en général doux comme des moutons, a demandé à Monsieur Apathie : "Pouvez-vous nous dire votre salaire ?". Bien entendu ce dernier a refusé (on ne sait pourquoi d'ailleurs) et, le ton montant, ils ont fini par en venir à un échange des plus violents et par là des plus réjouissants, Apathie refusant jusqu'au bout de céder sur ce point. Mieux informé ou plus perfide, Dupont-Aignan aurait pu dire VOS salaires car dans cette profession, on multiplie les employeurs, y compris, dans ce cas précis, les plus inattendus!

Le même jour ou le lendemain, par hasard, en zappant sur les radios du matin, j'avais entendu, sur RMC, deux rédacteurs en chef de notre presse écrite, Bruno Jeudy et Renaud Dely, venir dans "les grandes gueules" vers 12 heures 30 parler de je ne sais quoi. J'ai écouté jusqu'au bout leurs discussions sans grand intérêt; car il est d'usage, dans cette émission, de demander à la fin aux personnes interviewées leurs revenus ou leur salaire.

Je me doutais un peu à vrai dire que les responsables de l'émission allaient, pour une fois, oublier cette question, car, comme Apathie, les journalistes sont très discrets sur ce point. La plupart ont en effet plusieurs employeurs, sans compter les "ménages", les piges, les travaux de "nègres" et les avantages en nature sur lesquels ils sont carrément muets, ... sans parler de leur scandaleux avantage fiscal.

La chose n'a pas manqué de se réaliser et à la différence de ce qui s'était passé à Canal+ entre Apathie et Dupont-Aignan, tous nos journalistes se sont quittés bons amis et sans avoir évoqué, bien entendu, la fâcheuse question de leur salaire.

mercredi 26 décembre 2012

Le temps des des bests off et des troisièmes couteaux


Quand je pense qu'on ne cesse de nous bassiner avec les vacances des enseignants, alors que ceux qui se livrent à cet exercice passent leur temps, pour la plupart, à regarder la télévision et à écouter la radio, j'en reste baba.

En particulier, dans le cas de France Télévision et plus spécialement de France 2, je reste confondu devant la noria incessante des présentateurs qui, dès que les périodes de vacances approchent et, a fortiori, durant ces dernières, surgissent soudain du néant médiatique, pour nous présenter les journaux télévisés et, comme toujours, y introduire, pour dix secondes, des présentateurs, tout aussi inconnus, eux-mêmes spécialistes des ours des Pyrénées ou des otages du Nigéria.

Faut-il rappeler, une fois de plus, à Messieurs Hollande, Ayrault, Moscovici et Cahuzac qui désespèrent d'arriver à faire des économies, que France Télévision réunit, dit-on, 11 000 employés et regroupe un nombre de sociétés que la Cour des comptes ne parvient même pas à compter, mais que les spécialistes estiment proche de la cinquantaine. Si on cherche à faire des économies, leur lieu d'application est facile à trouver, d'autant que ce métier consiste, lorsqu'on n'est pas à la cafétéria, au bistrot ou en vacances, à lire les dépêches de l'AFP ou à donner la parole à une foultitude de collaborateurs hautement spécialisés qui le feront à leur tour à votre place.

Cela dit, il n'en est pas différemment sur les trois "radios-bignoles" de notre beau pays, RMC, Europe et RTL, qui se disputent férocement le titre de première radio de France, à grands coups d'interviews bidons d'auditeurs débiles qui sont, en fait, chargés; d'abord et surtout, de vanter les mérites de la radio sur laquelle ils causent et de cirer les pompes de l'analphabète qui les interviewe. Tout le monde sait cela et je n'insiste pas.

Le pire est que nous sommes entrés, avec la proximité de Noël et du Jour de l'an, dans la phase où tous les grands professionnels qui officient durant l'année disparaissent de l'antenne au profit de deuxièmes ou de troisièmes couteaux qui d'ailleurs, comment dit dans ce milieu, « font le job » avec autant d'absence de talent et de compétences que les titulaires, mais introduisent un peu de changement.

Dans mon zapping du matin, je me suis amusé à constater que, sur Europe 1, l'inévitable Monsieur Elkabbach (sans doute déjà à la Mamounia, épuisé qu'il était par son immense interview de François Hollande) était remplacé par je ne sais, que Monsieur Toussaint, Madame Polony et tous les autres avaient disparu tout aussi bien. On avait feint de laisser les clefs à Monsieur Cabrol; qui, sans doute, redoutait la pluie qu'il annonçait lui-même.

Naturellement on nous a servi un des bests off de Nicolas Canteloup (même régime pour tout la semaine au moins) et Madame Julie a toutefois eu l'honnêteté, inattendue mais subreptice, d'enregistrer (depuis Courchevel ou Ibiza) que c'était "presque du direct" ! On prend vraiment les auditeurs pour des cons, ce qui, est, après tout, logique et normal puisque ce sont des cons !

Sur RTL, cette période d'étiage radiophonique avait conduit à inviter, une fois de plus, Monsieur Michel-Édouard Leclerc dont la binette est une réclame vivante pour les poissonneries de ses établissements. Je pense que la plupart des journalistes se servent à l'oeil chez Leclerc, vu la fréquence de ses apparitions et la nature de son discours. Il consiste essentiellement à répéter quatre ou cinq fois le nom de sa boutique, à faire état de son humanisme mercantile (il se pose toujours en bienfaiteur de l'humanité tout en soulignant sottement ses succès commerciaux), et à mêler, en parts égales, dans ses propos, les fautes de français, les trivialités ou grossièretés (pour faire peuple!) et les expressions techniques (du genre « faire le job » « le flux l'emporte sur les marges »).

Inutile de préciser pour les pauvres couillons d'auditeurs de ces radios-bignoles que tout cela est en boite et que ces braves prétendus journalistes sont en fait à la neige ou sur les plages tropicales !

lundi 20 août 2012

Vacances ro(u)maines

 La question des Roms permet, une fois de plus, aux belles âmes de notre beau pays d'exposer leur point de vue dans les médias et surtout d'y prendre des poses avantageuses en portant, comme disait l'autre, « leur coeur en écharpe ». Comme je n'appartiens pas, vous l'aurez déjà constaté, à cette catégorie supérieure, je m’exprime, une fois encore, sur cette question qui, hélas, revient à nouveau sur le tapis
 Je vous épargnerai le détail des débats marécageux où il ne se dit rien de nouveau, à part que Valls se mettrait dans les pas d'Hortefeux et de Guéant, le pauvre Besson étant, en la circonstance, fort injustement oublié! Les expulsions de Roms, mis à part la brutalité de la destruction de certains de leurs camps illégaux, se font, aujourd'hui comme avant, dans le respect des législations française et européenne, puisque ces populations enfreignent la loi, ne serait-ce (et c’est sans doute le moindre de leurs délits) qu’en enchaînant les visas de séjour de trois mois, à la queue leu leu. Il est probable que certaines des belles âmes, qui suscitent et animent les associations de défense de ces populations, se font complices de ces entreprises, comme l'étaient parfois, naguère, les gens qui fournissaient mais parfois vendaient des certificats d'hébergement à des étrangers qui en avaient besoin. Dans une petite commune de Haute Savoie, un mien cousin, conseiller municipal PS, qui s’occupait de ces questions, avait ainsi compté qu’une belle âme de sa commune avait établi, en une seule année, 54 certificats d’hébergement !

Si la gauche marche dans les pas de la droite, le coût total et réel de ces expulsions (3000 € par personne disait-on autrefois) et de ces contrats prétendument de « réinsertion sur place » (3500 € par contrat disait-on alors) aurait diminué, puisque actuellement le tarif, transport non compris, est de 300 euros par adulte et de 100 euros par enfant ce qui, pour les PECO, est encore considérable et par là même attractif.

Tout cela ne sert donc évidemment à rien et les expulsés reviennent quelques semaines voire quelques jours plus tard, au terme de leurs "vacances roumaines", comme le reconnaissent d'ailleurs ouvertement, dans les médias, les belles âmes que j'évoquais.

Naturellement, on ne parle guère de la situation des Roms en Roumanie que j'entendais décrire, ce matin même, par la présidente d'une association caritative en termes quasi rousseauistes, ces pauvres gens ayant quitté leurs coquettes demeures roumaines pour les caravanes et les bidonvilles de France. Autant en rire! Si généreuse qu'elle soit, cette brave dame doit ignorer l'histoire des Roms . Je lui rappellerai donc, ou plutôt je lui apprendrai, que  ce  n'est qu'en 1864 que l'esclavage et le servage des Roms ont été définitivement abolis en Roumanie!

On se garde aussi d'évoquer la politique officielle roumaine qui, dans les faits, suscite au moins, à défaut de l'organiser, la migration des Roms vers l'Europe de l'Ouest, en dépit des milliards d'euros que verse, en toute innocence ou sottise (à vous de choisir), la Communauté européenne pour favoriser l'intégration de ces Roms en Roumanie. L'UE, qui nous donne des leçons sur ce terrain, comme sur bien d'autres, serait bien inspirée de balayer devant sa porte et de s'enquérir de ce que deviennent, réellement, les milliards qu'elle verse à la Roumanie pour intégrer les Roms. Sans doute servent-ils au moins à payer le salaire, le train de vie et les multiples voyages du Secrétaire d'État roumain à l'intégration des Roms (Si! Si! ça existe!). 

Pour en revenir à nos belles âmes, du moins à celles qui apparaissent sur les écrans et causent dans les postes, on pourrait aisément en esquisser une typologie sommaire. En gros, cela va du pédago en retraite (cheveux et barbe blanches, lunettes et look post soixante-huitard, le genre ponte de la MAIF ou de la MGEN) à la chaisière (vieille fille quelque peu racornie, le cheveu long et sale, lunettes en bataille). Je serais assez d'avis de mettre en oeuvre pour ces belles âmes une mesure très simple et qui permettrait rapidement, dans ce domaine, de trier le bon grain de l'ivraie.

Il suffirait de créer une nouvelle décoration (on sait que les Français en sont friands). On pourrait la nommer « le mérite manouche » ou « la légion d'honneur tsigane» et elle serait accordée à tout défenseur des Roms qui prendrait en charge (logement, nourriture, etc.) un Rom ou éventuellement une famille rom. Le nombre de personnes prises en charge de cette façon déterminerait l'accès à des grades de plus en plus élevés dans l'ordre ainsi créé (chevalier, officier, grand officier, grand croix, etc.). Pour les belles âmes qui, pour des raisons diverses et personnelles, ne pourraient ou ne souhaiteraient pas loger un Rom ou une famille rom, on établirait, par équivalence, une contribution fiscale volontaire (de 5000 à 20000 € par exemple) qui permettrait, dans les mêmes conditions d'accès aux divers grades de ces ordres, de s’y voir intégrer. Naturellement, l'attribution de telles décorations, s’assortirait du droit de porter l’insigne de l’ordre, soit à la boutonnière (en liséré ou en rosette selon les cas), soit en décoration pendante pour ceux et celles qui souhaitent manifester de façon plus claire et plus visible leur soutien aux Roms. Ne restent à fixer que le nom de l'ordre, la couleur du ruban et le dessin de la médaille mais je pense qu'il ne manquera pas de suggestions à la solution de ces questions, de toute évidence mineures, une fois que ma proposition aura été adoptée.

Cela dit, où sont les vrais responsables? A Paris ou à Bucarest ?

vendredi 22 juin 2012

Le théâtre diplomatique

Le mois, puis les cinquante jours, de présidence de François Hollande ont eu au moins le mérite de fournir matière à quelques émissions à nos média audiovisuels, toujours à court de matière. J'ai suivi hier l'une d'entre elles, en partie du moins, chez Yves Calvi à 17:45 ; émission intéressante mais qui a le tort de ne pas se renouveler et de nous servir perpétuellement les mêmes menus, surtout avec les mêmes cuisiniers venus, en réalité, y fourguer leur salade éditoriale.

Les compères habituels (Barbier, Cayrol, Jeudy et compagnie) se sont employés, une fois de plus, à mesurer aux millimètre et au gramme près, les talents diplomatiques que François Hollande a mis en oeuvre durant les 46 000 km de voyages diplomatiques qu'il a accomplis depuis son élection. L'acquisition et le luxueux équipement d'Air Sarkozy One auront au moins servi à ce que notre président, frais émoulu, voyage dans de bonnes conditions avec son jacuzzi et sa machine expresso (je ne suis pas sûr du détail de l'équipement complémentaire de cet aéronef car je me souviens seulement qu'il a été extrêmement coûteux !).

Le problème de nos experts est que, quels que soient la personnalité et les mérites des grands de ce monde qui se rencontrent en de coûteuse et exotiques fiestas (de François Hollande à Mme Merkel en passant par Obama et tutti quanti et du Mexique au Brésil, car vous aurez noté que le Tchad et le Groendland sont rarement choisis), tout cela ne sert à peu près à rien! On glose à l'infini sur leur capacité de vision du monde et/ou sur leur talent personnel à convaincre leurs partenaires, alors que, dans tous les cas, ils ne sont généralement pour rien dans l'issue de ces rencontres puisque tout ce qu'ils ont à dire sur les questions qui semblent les occuper et justifier leur présence, leur a été dicté, au départ, à la virgule près, par les "sherpas" et que, dans ces réunions, les déclarations sont, en fait, liminaires et toujours rédigées (également à la virgule près) avant le début de la session.

Si je prends le cas du mini-sommet de Rome (Hollande, Merkel, Monti, Rajoy) dont on essaye de nous faire croire qu'il va sinon sceller du moins esquisser le destin de l'euro et, à travers lui, de l'Europe, il est clair que tout est déjà décidé ; chacun sait déjà exactement jusqu'où il peut exactement avancer ou reculer et s'est employé à y préparer son opinion de la façon la plus flatteuse ou la moins fâcheuse pour lui.

Nous ne sommes plus au temps de Talleyrand et du Congrès de Vienne. Ces réunions ne servent, en fait, rigoureusement à rien, sinon à la communication des politiques ; par là, avec la complicité des médias qui en vivent, ils donnent à croire qu'ils ont un pouvoir de décision et peuvent ainsi cultiver leur image nationale.

Cela fait marcher le commerce et, de ce simple fait, n'est sans doute pas inutile ; il ne faudrait pas toutefois exagérer l'intérêt et la portée de ces théâtres d'ombres ; ils rappellent celui de la diplomatie elle-même qui se croit toujours, dans l'internet mondialisé, au temps de François Premier, au point que le seul grand jour pour un ambassadeur est celui où il présente ses "lettres de créance". MDR!

PS Notre président, grand amateur de foot pourra-t-il suivre le match du jour qui, opposant la Grèce à l'Allemagne, devrait prendre une couleur spéciale dans le contexte si particulier des relations germano-hélléniques!

dimanche 10 juin 2012

Les hidalgos sont trop!

On se souvient de la formule du regretté Pierre Desproges : "Les Portugais sont gais". Les nouvelles du jour m'en inspirent une autre, de la même veine mais inscrite dans l'actualité : « Les hidalgos sont trop ! ».

Voilà des jours et des jours que les Espagnols se grattent pour savoir s'ils vont ou non demander à l'Europe de venir à leur secours et de leur donner les moyens de recapitaliser leurs banques sans qu'on ait su jusqu'à présent dans quelles proportions. On est passé ainsi de trente à cent milliards d'euros ! La fierté espagnole bien connue (car l'Espagnol est aussi fier que le Portugais est gai et le poète l'a bien dit "L'emphase a frissonné dans sa fraise espagnole" ) empêche, en effet, de faire une telle demande auprès  de l'Union Européenne, ce scrupule étant renforcé bien entendu par la crainte, moins avouable, que ladite Europe ait l'indélicatesse de poser quelques conditions à l'octroi d'une pareille somme, à fonds vraisemblablement perdus.

C'était ce qui s'était passé pour l'Irlande (mais l'Irlandais violent et bagarreur n'est pas fier lui!), il y a quelques années, à qui l'on avait donné quelques dizaines de milliards (76 tout de même si je me souviens bien) mais en assortissant ce cadeau d'un plan de rigueur et de quelques exigences budgétaires fortes, ce qui paraît bien naturel à tout individu pourvu de quelque bon sens et un tant soit peu près de ses sous. Le cadeau qu'on envisage de faire aux Espagnols suscite donc la fureur des Irlandais qui demandent qu'à titre rétroactif, on leur fasse les mêmes conditions ce qui, après tout, est assez logique. Mais l'histoire récente de l'Europe et de l'euro surtout montre que le bon sens ne caractérise pas nos politiques et, pire encore nos financiers !

Comme les hidalgos ne sont pas Irlandais, il semble que l'UE ait ménagé la fierté espagnole (sans doute aussi par crainte d'une Bérézina générale) et qu'on ait partiellement satisfait les exigences des hidalgos, ces cent milliards n'étant pas assortis d'un plan d'austérité et surtout de mesures de contrôle du dit plan. On sait pourtant, depuis Maastricht, ce que vaut la signature des Etats, y compris celle de la France. S'il n'y a pas un contrôle sérieux et strict des finances nationales par une autorité supranationale (donc une limitation de la souveraineté d'Etats sans foi ni loi), on peut signer tous les plans qu'on veut, avec la secrète restriction mentale chère aux Jésuites, de ne pas les respecter.

Comment a-t-on réussi à convaincre les Espagnols de mettre dans leur poche avec leur mouchoir dessus leur ombrageuse fierté ? Ce sont là les mystères de l'Europe où chacun tient l'autre par la barbichette ! Toujours est-il qu'en ce dimanche électoral, tout le monde se félicite et se congratule même si l'avenir demeure pour le moins sinistre.

Puisque nous sommes là dans le monde de la finance, un mot sur une radio que j'écoute assez régulièrement car elle apporte parfois des éléments d'une information un peu plus sérieuse que les autres et n'a pas pour unique centre d'intérêt les chiens écrasés. Il s'agit de BFM business dont le nom est, à soi seul, tout un programme mais qui a le mérite d'annoncer la couleur. J'ai déjà dit combien je m'amuse à voir associées, dans le paysage audiovisuel, RMC, la radio des bignoles (= concierges, pour mes lecteurs étrangers), populaire et populiste, avec BFM business qui est clairement l'organe du grand capital.

Ce qui m'amuse le plus dans les propos que j'entends sur cette chaîne est le contraste entre le discours vertueux de ses "experts", avec en particulier des imprécations contre les infâmes Grecs, peu disposés à payer l'impôt et prêt à toutes les manoeuvres pour y échapper, et les publicités de cette radio (il faut bien vivre et de préférence sur un grand pied) qui reposent essentiellement sur des slogans et des annonces pour payer moins d'impôts ou réduire son impôt sur la fortune, etc. car, bien entendu, cette chaîne ne compte guère (moi mis à part) que des auditeurs soucieux de payer le moins possible d'impôts mais dans des termes apparemment convenables avec peut-être, ici ou là, une petite évasion fiscale pépère.

A mourir de rire!

mercredi 23 mai 2012

23 mai 2012. Bruxelles : soupe à la grimace ou bouillon d'onze heures ?

On dîne ce soir à Bruxelles à l'invitation du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Au menu officiel de ce dîner de travail, dont on ne connaît pas le détail gastronomique, une question "Comment doper la croissance en Europe ?".

Le président Van Rompuy qu'on ne savait pas si déluré, a lancé une invitation "sans tabou" . On dirait l'annonce alléchante d'un club échangiste ; on en est pourtant bien loin, car il ne s'agit que de préparer la réunion du Sommet européen des 28 et 29 juin prochains. Sans doute n'y aura-t-il pas de communiqué final puisqu'il s'agit d'une simple (mais qui ne l'est guère!) réunion de travail ; c'est donc là une chance car l'élaboration d'un texte commun ne l'aurait pas été (simple).

Le chef du protocole a dû déjà avoir du pain sur la planche (si l'on peut dire en pareil cas) avec la composition du plan de table. Qui faire voisiner avec Mme Merkel qu'il faut portant bien flanquer de deux messieurs ? Eviter sans doute François Hollande, mais aussi l'Espagnol, l'Italien et le Belge. On ne peut quand même pas mettre la représentante autrichienne à côté de l'Allemande.

Va-t-on mettre tout sur la table (comme on l'annonce) à défaut de la renverser (la table) puisqu'il est de plus en plus commun de s'exprimer en  métaphores ?

Arrivera-t-on à parler de croissance ? Pourquoi pas, mais encore faudrait-il savoir de quoi l'on parle et s'accorder d'abord sur la définition. Certes les mesures de conciliation commencent ; François Hollande échangerait volontiers contre "un pacte de croissance" (sur cette question l'Allemagne est rejointe dans le refus par l'Autriche et les Pays-Bas) contre, de sa part, un accord du bout des lèvres pour ratifier "le traité européen de discipline budgétaire". Les "eurobonds" sont en train de se muer en "projects bonds" destinés à financer de grands projets européens, ce qui est tout autre chose mais on garde quand même le "bonds" (en souvenir !).

Espérons que le Grec, qu'on ne peut pas davantage mettre à côté de Mme Merkel, ne viendra pas troubler cet accord qui semble se dessiner.

Angela Merkel, en tout cas, en dépit de quelques ultimes rodomontades de dernière minute et de principe, est assez mal barrée avec les élections à l'horizon, après la déroute de son parti aux élections de Westphalie. Une alliance Rouges-Verts se profile et, en plus, voilà que la Banque européenne d'investissement comme la Commission européenne semblent lui mesurer, à présent, un accord et un soutien qu'elles lui avaient jusqu'à présent consentis.

Pour Angela, ce sera en tout cas, à coup sûr, ce soir (au moment où j'écris ce blog, on doit être, à Bruxelles, entre la poire et le fromage) "la soupe à la grimace" ; reste à espérer que pour l'Europe elle-même, ce ne soit pas le "bouillon d'onze heures" !

vendredi 16 septembre 2011

Delors en Barre ou de l'or en barres?

Devant la succession infernale des malheurs qui nous accablent au sein de la communauté européenne, il y a des mois que je médite de faire un blog sur Jacques Delors qui est la figure symbolique et majeure de ces eurocrates irresponsables qu'on n'entend plus guère aujourd'hui alors qu'ils nous ont bassiné, des décennies durant, avec des projets et des structures absurdes dont nous allons payer le prix !

Delors, un singulier individu dont je ne me suis jamais expliqué le parcours et la fortune et moins encore le succès d'estime dont il a souvent bénéficié. D'aucuns voulaient même en faire notre Premier Ministre (l'ex-employé de banque aurait succédé alors au meilleur économiste de France. "Delors en Barre" en quelque sorte !) puis, dans la suite, le président de la République; il eut alors, quant à lui, la sagesse de ne pas se décider à se porter candidat ; l'aurait-il fait que je suis intimement convaincu que, selon une application particulière du principe de Peter, il n'aurait pas été pire que l'autre. N'importe qui, en effet, peut faire l'affaire dans ce genre de fonction comme l'histoire, ancienne ou récente, nous le montre assez. On a bien eu ainsi à la tête des États-Unis un marchand de chemises (Truman), un militaire borné (Eisenhower), un acteur pour séries B (Reagan), un planteur de cacahuètes (Carter) et quelques obsédés sexuels dont les plus notables sont Kennedy et Clinton. Dans une "copropriété horizontale" où j'ai habité autrefois, je proposais régulièrement de mettre à la tête de notre "syndicat" le concierge de la résidence. Je n'ai jamais été suivi dans ces propositions successives mais demeure convaincu qu'avec lui les choses n'en seraient pas allé plus mal pour autant!

Jacques Delors, et c'est tout un programme, était un employé de banque et un syndicaliste qui avait mis sa fille Martine aux Oiseaux (ce qui est tout un programme!) ; nous en subissons aujourd'hui, 40 ans plus tard, les conséquences et peut-être n’est-ce pas fini ! Après tout, si singulier que soit un tel choix, la chose relevait de sa vie personnelle et je ne lui en ferai pas grief.

Il en est tout autrement pour ce qui est de l'Europe, où il a mené durant une dizaine d'années, une politique absurdement irréaliste qui est, pour une bonne part, à l'origine de la plupart des problèmes qui sont les nôtres. Il y a longtemps que je pensais à en parler dans un blog mais je ne voulais pas troubler la quiétude probable de ce quasi nonagénaire.

Mais le voilà qui ramène sa fraise, interrompant un moment leur probable sucrage, pour réapparaître dans la presse, donner à nouveau des leçons (son sport favori) et critiquer les positions de Mme Lagarde dans une crise financière qui est, pour une bonne part, issue des choix désastreux qu'il a lui-même faits et imposés en faveur d’une politique européenne absurde dont nous commençons à payer aujourd'hui les conséquences.

La meilleure illustration de cet aspect tient à la Grèce qui, sauf erreur de ma part, est entrée dans l'Europe en 1981, donc avant qu'il soit à la tête des affaires, mais qui illustre, de la façon la plus calamiteuse, la politique était déjà la sienne et qui le fut plus encore quand il accéda aux plus hautes responsabilités.

Rêvant sans doute d'être le Jean Monnet ou le Robert Schumann de son époque, il a poussé à fond dans le sens de l'élargissement de l'Europe sans prendre les plus élémentaires précautions quant à l'harmonisation des régimes économiques, fiscaux et sociaux des différents Etats qu'on faisait entrer dans l'Union européenne par fournées ni à la réalité et à la fiabilité des indicateurs économiques qui fondaient leurs demandes. Les premiers problèmes auxquels nous ayons été confrontés sont ceux de la Grèce tout simplement parce que la Grèce a été un des premiers Etats qu'on a fait entrer dans l'Union européenne alors qu'elle était manifestement l’un de ceux qu'il n’aurait jamais fallu accepter vu ses modes de fonctionnement et de non-gestion permanente et généralisée. La falsification des comptes par l'État grec était connue de tous… sauf de Delors et de ses affidés. Les Grecs, plus malins ne s’y sont pas trompés et Delors est devenu en Grèce l'image tutélaire et iconique d’une communauté européenne qu’on s’employait à gruger joyeusement.

Petit rappel de quelques faits qui illustrent le rôle et la responsabilité de J. Delors.

Février 1988 : le Conseil européen de Bruxelles adopte le « Paquet Delors I » visant à financer les mesures d’accompagnement du marché unique : réforme de la PAC, financement de la politique de cohésion économique et sociale. A l'époque de ce premier "paquet Delors", de 1989 à 1995, la Grèce reçoit 8,605 milliards d'écus ; lors du 2ème "paquet Delors" (1994-1999), elle perçoit, en moyenne, 500 milliards de drachmes par an, auxquels s'ajoutent, pour la même période, 3 milliards d'écus au titre du Fonds de cohésion. Ces masses d'argent européen ne sont pas perdues pour tout le monde.

Comme les Grecs ne manquent pas d'humour, on reprend le terme européen "officiel" hellénisé de « Paketo Delors » dans des blagues : "Paketo", c'est l'emballage spécial que l'on réclame à la vendeuse, en précisant "C'est pour offrir". Autre plaisanterie de nature différente. On use de l'expression "paketo Delors" pour désigner les colis de billets, provenant des subventions européennes, qu’on envoie à l'étranger, dans les paradis fiscaux et en particulier en Suisse ; il y a , actuellement, dans ce seul pays, 200 milliards d'euros d'avoirs grecs qui datent de cette heureuse époque et sont un magot inattendu pour un Etat en faillite. Une telle dérision était la preuve et le symbole de la stupidité des eurocrates de Bruxelles qui, sur la foi de faux bilans manifestes et sans aucun contrôle, ont, dix années durant, couvert la Grèce d'aides et de subventions en tout genre.

La plupart de ceux qui déplorent actuellement les vicissitudes de l'Europe sont, en réalité, les initiateurs, les artisans et les complices de la création de cet état de fait, mais ils n'en éprouvent apparemment aucun remords ; ils ont même le front de continuer à parader voire à donner des conseils, comme s’ils n’y étaient pour rien et surtout sans que nul ne s'avise de le leur faire remarquer et de les mettre directement en cause.

Si les choses étaient gérées avec un peu de logique et de rigueur, il faudrait, pour payer une partie des dettes issues des malversations et des falsifications de la Grèce, saisir les biens de tous ces artisans de l'usine à gaz de l'UE ainsi que leurs retraites, probablement fort copieuses vu les salaires royaux qu'ils s'attribuaient et dont ils bénéficient, au terme de carrières calamiteuses. R. Barre confiait qu'il était mieux payé par l'Europe comme Commissaire que par la France comme Premier Ministre ( De l'or en barres!). Certes cela ne suffirait pas à combler le « barathre » (du grec « barathron », gouffre) de la dette grecque, mais constituerait au moins une satisfaction morale et un juste retour des choses.

jeudi 28 juillet 2011

Connaissez-vous les "PIGS"?

Les débats actuels autour de la situation économique financière et monétaire de l'Europe m'ont remis en mémoire un débat que j'avais suivi, dans les années 90, d'une oreille et d'un oeil également distraits, à propos de l'instauration en Europe d'une monnaie commune ou unique. Il opposait surtout les économistes, les uns plaidant pour une monnaie unique, les autres recommandant plutôt une monnaie commune ; ce point technique ne devait guère intéresser dans la mesure où, faute d'y réfléchir et les deux adjectifs étant regardés comme plus ou moins synonymes, on ne faisait pas trop la différence.

Elle éclate pourtant désormais aux yeux de tous et nous ne sommes pas au terme des problèmes qui ont découlé d'un choix aveugle et absurde que nos crétins d'hommes politiques (dont beaucoup sont toujours en scène) nous ont imposé. Nous sommes, en effet, dans une situation inextricable qu'ont créée tant le statut politique européen que le choix stupide de la monnaie unique.

Durant les années 90, le débat s'est instauré sur cette question du choix entre monnaie commune et monnaie unique, mais il est clair que la tendance dominante était en faveur de la seconde pour des raisons politiciennes puisqu'on pensait que cette monnaie unique conduirait à l'unité culturelle politique et sociale de l'Europe, ce qui est évidemment absurde et la suite l'a bien montré, sans que nous soyons hélas au terme du processus et des malheurs qui en découlent.

La politique commune se détermine souvent au gré des ambitions personnelles des uns ou des autres, seule la totale irresponsabilité étant commune à tous. Les palinodies sur cette question ont en outre été nombreuses ; je me souviens en particulier de celle d'Édouard Balladur qui, en 1992, s'affirmait, arguments et livre à l'appui, un partisan résolu de la monnaie "commune", avant de devenir, en 1995, un apôtre de la monnaie "unique". Ses propres projets politiques avaient entre-temps évolué et briguant la présidence de la république, il cherchait par là le soutien des milieux financiers propres à financer sa campagne.

Si j'ai bien compris (et que d'éventuels lecteurs économistes n'hésitent pas à me corriger si je trompe), une monnaie commune aurait permis à chacun des Etats de conserver sa monnaie nationale mais, en revanche, des parités auraient été fixées, de façon permanente voire définitive, par rapport à cette monnaie commune qui aurait parfaitement pu être l'euro lui-même, mais sans que, pour autant, nous ayons des pièces et des billets dans cette monnaie, même si la chose aurait pu être aussi envisagée. Vers la fin des années 90, nous avons donc tous été endoctrinés par nos dirigeants en faveur de la monnaie unique et seuls quelques économistes (probablement distingués) ont continué à soutenir qu'il eût été préférable d'opter pour une monnaie commune.

Quinze ans plus tard, relisons les questions que se posait alors Jean-Michel Naulot :
" Les peuples sont-ils parvenus à un degré de solidarité tel qu'aux quatre coins de l'Europe on soit prêt à faire les sacrifices nécessaires pour aider son voisin ? Si tous les peuples de l'Union ne sont pas capables de répondre "oui", sans aucune arrière pensée, le risque d'une crise majeure est grand, dès le début de tout ralentissement du cycle économique". Quel prophète!

En 1999, date du début de l'euro, on avait déjà oublié depuis longtemps la thèse défendue par J.M. Keynes qui, lors de Bretton Woods, avait " proposé le principe d'une monnaie internationale commune - complémentaire donc des monnaies nationales - qui ne circulerait qu'entre Etats et non au sein des Etats. Elle ne se substituerait donc pas aux monnaies nationales qui, dans chaque pays, correspondent à des territoires de production et de politique économique."

Les premières années de l'euro ont semblé donner raison à ce choix de monnaie unique et pour les plus mauvaises raisons qui soient. Tous ceux qui voyageaient en Europe ont été évidemment ravis de pouvoir avoir la même monnaie en lieu et place des monnaies nationales. En revanche, dix ans d'expérience ont montré que cette monnaie unique n'a en rien changé la culture et les habitudes européennes. L'Europe sociale, économique et politique n'a pas progressé d'un pouce suite à l'existence de l'euro.

Il est bien évident aujourd'hui que ce choix de monnaie unique a été, somme toute, stupide et funeste ; nous en payons désormais les conséquences et l'addition est bien loin d'être close, sans que pour autant nul ne songe à demander des comptes aux décideurs politiques qui nous ont engagés dans cette voie sans issue autre que fatale et qui pérorent toujours sur les mérites de l'euro

En effet une monnaie commune nous aurait épargné la plupart des ennuis que nous connaissons aujourd'hui et dont nous n'avons pas fini d'épuiser les charmes, en particulier avec les pays du Sud de l'Europe. En conservant une monnaie nationale dans le cadre d'une monnaie commune, les Etats auraient pu faire face plus facilement à leurs problèmes spécifiques et surtout conserver des politiques économiques et sociales différentes, quitte à changer, en cas de nécessité absolue, les parités au sein de la monnaie commune. De tels changements n'auraient en rien mis en cause ni menacé cette monnaie commune qui aurait permis, en revanche, d'avoir face au dollar et au yen un espace monétaire européen cohérent, même si, en son sein, le cours de la peseta ou de la drachme par rapport à cette monnaie commune venait à changer.

Mais qui dit monnaie unique dit inévitablement compromis entre des intérêts économiques et des moeurs sociales et politiques qui peuvent être très différents voire opposés. Or, lors du passage à l'euro, certains Allemands, qui n'apprécient les rives septentrionales de la Méditerranée que pour leurs clubs de vacances, avaient déjà clairement prévenu qu'ils n'accepteraient pas de payer pour les pays qu'ils appelaient les " PIGS" ( = Portugal, Italy, Greece,Spain).

Ils sont sans doute bien plus nombreux aujourd'hui qu'en 1999!

jeudi 29 juillet 2010

Le grand débat de l’été : « Gens du voyage » ou « Roms » ?

Comme il y a chaque année, pour compenser l’étiage estival de l’information courante, un débat de l’été, comme il y a aussi, dans un autre genre, le tube de l’été.

Grâce aux incidents de Saint-Aignan et aux « gens du voyage/ Roms /romanichels / bohémiens / manouches / gitans / caraques / bouhoumians, etc... », nous avons notre débat estival. Globalement, la France d’en bas, qui ne prise guère ce petit monde qu’elle regarde comme essentiellement formé de voleurs de poules et de larrons en tous genres, s’oppose aux belles âmes de la gauche et des beaux quartiers parisiens qui, pour la plupart, n’ont sans doute jamais vu de près un représentant de ce monde dont on ne trouve que peu de camps sur la Rive gauche de la Seine.

Je ne sais pas au juste de quand date la formule « gens du voyage » ni qui est l’auteur de cette dénomination poético-policière. Il est toutefois clair qu’elle entre dans le paradigme des formulations pudiques de ce que je nomme « le parler gnangan » et qui a fait des balayeurs des « techniciens de surface » et des sourds des « malentendants » ! Je dis « poético-policière » car, si la poésie de la formulation saute aux yeux, l’aspect policier est plus discret. La défintion de cette catégorie de citoyens français tient, en effet, à ce que, à la différence de tous les autres, étant sans domicile fixe sans être pour autant regardés comme des « vagabonds », ils sont titulaires d’un document spécial, un carnet, qu’ils doivent faire viser au commissariat du lieu où ils séjournent.

Ce qui caractérisent ces « gens du voyage » n’est donc nullement l’origine (indienne, plus ou moins lointaine, comme le rappelle leur langue d’origine) ni le mode de vie nomade qu’ils partagent avec les « Roms » (terme reconnu par l’ONU pour qualifier une dizaine de millions d’individus vivant jusqu’à présent pour le plupart en Europe orientale et centrale) qui naturellement,eux, ne sont pas citoyens français.

La situation a radicalement changé avec l’entrée dans l’Union européenne de plusieurs Etats de cette sous-région des PECO. Certes, on a pris soin de ne pas inclure dans « l’espace Schengen » la Roumanie et la Bulgarie qui sont les Etats où se trouve le plus grand nombre de Roms, mais ils peuvent néanmoins aller dans tous les Etats Schengen (tous les autres Etats de l’UE sauf Chypre) pour une durée de trois mois, condition dont on devine qu’elle est malaisément contrôlable pour ce type de population ! Le point essentiel tient toutefois au sort fait aux Roms dans ces deux Etats qui cherchent par tous les moyens à s’en débarasser. Il en résulte donc des flux migratoires considérables vers l’Ouest, les mesures dont ils sont victimes en France par exemple n’étant que de la roupie de sansonnet à côté de ce qu’ils doivent subir en Bulgarie ou en Roumanie. Les reconduites (10.000 en 2009 selon les statistiques) n’y font naturellement rien.

Aller discuter avec les gouvernements de ces Etats sur les modalités de retour au pays est même absurde, puisque leurs dirigeants ont la ferme volonté de se débarrasser au maximum de ces populations. L’aide au retour est une blague qui doit faire beaucoup rire dans les caravanes (300 euros pour un adulte et 100 euros pour un enfant). On murmure que cela permet d’aller passer quelque temps (les fêtes en particulier) en Roumanie aux frais de l’Etat français, avec même, au retour ultérieur en France, un petit bénéfice puisque le voyage ne revient guère qu’à une centaine d’euros !

L’absence d’état-civil précis (pas de mariage dans ces cultures) comme de domicile fixe (donc, de ce fait, la possibilité d’avoir plusieurs adresses dans des départements proches (Bouches du Rhône, Var et Vaucluse par exemple) permet, dit-on, de percevoir en divers lieux des prestations familiales et sociales, puisque les fichiers informatiques ne sont pas connectés entre eux en raison de notre belle loi « Informatique et libertés » dont le principal effet est de favoriser toutes les embrouilles, en particulier sociales et fiscales!

Quant les inspecteurs du fisc auront fini de compter les Ferrari dans le 93 et d’identifier leurs propriétaires, ils vont sans doute s’attaquer aux Mercedes des gens du voyage !

mercredi 5 mai 2010

Hue l'UE!

Le fringant coursier européen, qu’on voyait déjà distancer tout le monde dans le tiercé économique de l’avenir, se change en haridelle poussive et donne des signes de faiblesses que de nombreux indices permettaient toutefois de pressentir.

Les réticences spontanées des peuples eux-mêmes, de la France à l’Irlande en passant par les Pays-Bas, ont été contournées par les politiques qui avaient été assez aveugles et/ou sots pour interroger leurs électeurs.

Nos décideurs français, nourris par les hussards noirs de la République des images de Charlemagne et de Napoléon, se sont vus, un peu trop tôt et trop vite, en pères historiques d’une Europe unifiée, ce qui est naturellement une idée totalement absurde si l’on croit pouvoir la réaliser au cours une période aussi brève. On ne passe pas si facilement et si vite de la mini-Europe, issue la Communauté « charbon-acier » imaginée par Jean Monnet et Robert Schuman, qui visait d’abord à réconcilier la France et l’Allemagne, à une Europe à 27qui réunit, à la hâte et sur le papier surtout, des Etats qui n’ont à peu près rien de commun, pour ce qui touche à l’essentiel !

Il sera intéressant de voir si, dans la situation actuelle, on va célébrer avec le faste attendu le soixantième anniversaire de la déclaration du 9 mai 1950, faite par Robert Schuman (qui, rappelons-le au passage, était d’ailleurs, par sa naissance, luxembourgeois !). Je n’en citerai ici qu’une phrase, pleine de bon sens mais bien oubliée : « L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait ».

Comme l’affaire de la Grèce le montre, la solidarité n’est pas tout à fait au rendez-vous, surtout si on la souhaite forte et spontanée. Dans la négociation actuelle sur les prêts consentis à la Grèce, on ne sait pas trop qui a exercé un chantage sur l’autre ! Les Allemands et les Français sur les Grecs, en leur disant : « Si vous ne mettez pas de l’ordre dans vos affaires et si vous ne vous serrez pas la ceinture, on ne vous prête plus rien » ou les Grecs sur l’Allemagne et la France, en les menaçant de quitter l’UE et donc de ne rembourser qu’en drachmes (donc en monnaie de singe) ou même pas du tout, ses principaux créanciers… les banques allemandes et françaises ?

Tout cela n’est, en réalité, que du théâtre, car tout le monde se tient par la barbichette. DSK et le FMI, avec leurs pauvres 30 milliards, ne sont là que pour jouer les croquemitaines, comme dans les pays du Tiers-Monde, où ils interviennent selon des modalités identiques pour réduire les dépenses publiques et les multiples fraudes. Papandreou pourra toujours dire aux grévistes que c’est la faute au méchant DSK (qui n’envisage pas de présenter à la présidence de la république grecque) et à son FMI, s’ils doivent désormais payer la TVA et leurs impôts et ne plus pouvoir partir en retraite à 53 ans !

En fait ce qui m’a conduit à ces réflexions moroses sur l’Union européenne et son avenir est le pauvre Roumain d’un carrefour (il y en a au moins un et souvent deux à chaque feu rouge) ; qui se proposait pour passer sur mon pare-brise une éponge aussi douteuse que quémandeuse. Je me suis dit que ce malheureux allait bientôt avoir la rude concurrence des Grecs ! Notre Union européenne a, en effet, fort opportunément permis aux PECO (entendre « Pays d’Europe Centrale et Orientale » dans le jargon diplomatique) de se défaire, en nous les envoyant, des minorités (et en particulier des Roms) dont ils ne voulaient pas, mais dont ils ne savaient trop que faire auparavant.

La concurrence va sans doute être de plus en plus rude autour de nos pare-brises !