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jeudi 11 avril 2013

PAF dans le pif ou pif dans le PAF (2)


Plus clairement : Du journalisme et des journalistes dans le "paysage audiovisuel français" (le PAF pour les nobles étrangers qui me lisent).

J'ai déjà dit suffisamment de mal du journalisme audiovisuel français pour ne pas y revenir trop longuement. J'ai, depuis longtemps, renoncé à établir un catalogue, fût-il très lacunaire, des fautes de français permanentes de bon nombre de nos journalistes ; cet aspect, qui ne gêne sans doute que moi-même ou presque, est tout de même infiniment moindre que le contenu lamentable de nos journaux télévisés, devenus de simples catalogues de faits divers, sans parler des radios bignoles du matin (Europe, RMC, RTL) qui, en revanche, ont l'avantage de nous offrir, de temps en temps, des conversations pittoresques avec certains de leurs auditeurs.

Le hasard, malicieux comme je le remarque toujours, a fait que, sur ce sujet que je voulais traiter, la journée a bien commencé puisque, sur Europe, il y avait Jean-Marc Morandini qui est un homme sur lequel on peut toujours compter en la matière. Voulant sans doute se moquer de cette pauvre Nabilla, créature aux énormes appats siliconés, qui a déposé, comme marque de tout ce qu'on peut fabriquer, son désormais fameux « Allô quoi... », Monsieur Morandini, à qui rien n'échappe, a signalé (à 8 heures 57) à ses auditeurs qu'il juge sans doute encore plus ignorants que lui que l'acronyme INPI signifie : « Institut national de la propriété intellectuelle ». Il s'agit bien entendu, en fait, de la propriété industrielle, mais le mot "intellectuel" exerce sur cet homme une telle fascination qu'il n'a pu lui résister.

J'entendais aussi ce matin, cette fois-ci sur RMC (car ces radios bignoles sont si insupportables que je ne puis les entendre qu'en zappant à tout bout de champ) Madame Parizot interrogée par Monsieur Bourdin après m'être tapé, sur France-Infos, Monsieur Cazeneuve, l'obscur remplaçant de Cahuzac. Je me disais que le discours de bon nombre de ceux et celles qui hantent nos radios et nos télé est si prévisible qu'il ne serait pas nécessaire de les faire lever de si bon matin pour les faire venir causer dans le poste en studio. Si ces chaînes sont preneuses, je me propose volontiers pour remplacer au pied levé toutes ces éminentes personnalités, sans avoir toutefois le talent de Nicolas Canteloup pour les imiter dans la forme de leur expression. En revanche pour le fond (si j'ose dire en la circonstance), je suis tout prêt à rendre ce service.

Je n'ai malheureusement pas vu l'interview orageuse de Mélenchon par Pujadas. J'ai appris que l'entretien avait tourné au vinaigre quand Pujadas, dans le cadre du "mois du patrimoine" sans doute, avait interrogé son invité sur ses revenus et son patrimoine. Mélenchon, refusant de répondre, a piqué à ce sujet la prévisible colère que Pujadas souhaitait sans doute, pour damer le pion à TF1 et "faire le buzz". Il s'est vu lui-même interrogé sur son salaire, question à laquelle il a évidemment refusé de répondre.

À titre purement indicatif et juste pour rendre service, je préciserai ici, à l'attention de Monsieur Mélenchon, que le salaire mensuel de Monsieur Pujadas est, dit-on, sans les "ménages", de 18 000 € ce qui paraît très excessif en regard de sa culture, de ses compétences et de ses prestations professionnelles. Cela dit, tous ces journalistes du PAF, qui sont sans cesse en train d'écraser des larmes et de retenir leurs sanglots sur le sort malheureux des pauvres de France, se gardent bien de préciser ce genre de détail et moins encore d'ajouter qu'ils bénéficient, de façon scandaleuse, d'avantages fiscaux que rien ne justifie. Leurs prétentions ne sont pas moindres et on se souvient, toujours selon la rumeur radiophonique publique, que Jean-Jacques Bourdin n'avait pas été retenu pour une émission de Ruquier car il demandait 5000 € pour chacune de ses prestations ce que Ruquier avait, non sans bon sens, jugé excessif.

L'affaire Cahuzac tourne à la farce et on va bientôt chasser le Cahuzac disparu comme le Dupont de Ligones puisque il change sans cesse de domicile pour échapper aux paparazzi. En revanche, c'est à peine si, sur la pointe des pieds, un chroniqueur, en dépit des déclarations sans ambiguïté d'Edwy Plenel, a commence à évoquer la possibilité que les 15 ou 17 millions d'euros soient, en totalité ou pour partie, le trésor de guerre qu'un courant du PS avait commencé à se constituer en vue de l'élection présidentielle suivante. Il faudra sans doute attendre le 19 avril 2013, date limite pour le retour du député Cahuzac à l'Assemblée nationale pour que les choses s'éclairent, peut-être du fait d'ailleurs d'une déclaration publique de sa part; ce qui, en la circonstance, ne manquerait pas de panache et mettrait tout le PS dans une situation fort incommode.

mercredi 26 décembre 2012

Le temps des des bests off et des troisièmes couteaux


Quand je pense qu'on ne cesse de nous bassiner avec les vacances des enseignants, alors que ceux qui se livrent à cet exercice passent leur temps, pour la plupart, à regarder la télévision et à écouter la radio, j'en reste baba.

En particulier, dans le cas de France Télévision et plus spécialement de France 2, je reste confondu devant la noria incessante des présentateurs qui, dès que les périodes de vacances approchent et, a fortiori, durant ces dernières, surgissent soudain du néant médiatique, pour nous présenter les journaux télévisés et, comme toujours, y introduire, pour dix secondes, des présentateurs, tout aussi inconnus, eux-mêmes spécialistes des ours des Pyrénées ou des otages du Nigéria.

Faut-il rappeler, une fois de plus, à Messieurs Hollande, Ayrault, Moscovici et Cahuzac qui désespèrent d'arriver à faire des économies, que France Télévision réunit, dit-on, 11 000 employés et regroupe un nombre de sociétés que la Cour des comptes ne parvient même pas à compter, mais que les spécialistes estiment proche de la cinquantaine. Si on cherche à faire des économies, leur lieu d'application est facile à trouver, d'autant que ce métier consiste, lorsqu'on n'est pas à la cafétéria, au bistrot ou en vacances, à lire les dépêches de l'AFP ou à donner la parole à une foultitude de collaborateurs hautement spécialisés qui le feront à leur tour à votre place.

Cela dit, il n'en est pas différemment sur les trois "radios-bignoles" de notre beau pays, RMC, Europe et RTL, qui se disputent férocement le titre de première radio de France, à grands coups d'interviews bidons d'auditeurs débiles qui sont, en fait, chargés; d'abord et surtout, de vanter les mérites de la radio sur laquelle ils causent et de cirer les pompes de l'analphabète qui les interviewe. Tout le monde sait cela et je n'insiste pas.

Le pire est que nous sommes entrés, avec la proximité de Noël et du Jour de l'an, dans la phase où tous les grands professionnels qui officient durant l'année disparaissent de l'antenne au profit de deuxièmes ou de troisièmes couteaux qui d'ailleurs, comment dit dans ce milieu, « font le job » avec autant d'absence de talent et de compétences que les titulaires, mais introduisent un peu de changement.

Dans mon zapping du matin, je me suis amusé à constater que, sur Europe 1, l'inévitable Monsieur Elkabbach (sans doute déjà à la Mamounia, épuisé qu'il était par son immense interview de François Hollande) était remplacé par je ne sais, que Monsieur Toussaint, Madame Polony et tous les autres avaient disparu tout aussi bien. On avait feint de laisser les clefs à Monsieur Cabrol; qui, sans doute, redoutait la pluie qu'il annonçait lui-même.

Naturellement on nous a servi un des bests off de Nicolas Canteloup (même régime pour tout la semaine au moins) et Madame Julie a toutefois eu l'honnêteté, inattendue mais subreptice, d'enregistrer (depuis Courchevel ou Ibiza) que c'était "presque du direct" ! On prend vraiment les auditeurs pour des cons, ce qui, est, après tout, logique et normal puisque ce sont des cons !

Sur RTL, cette période d'étiage radiophonique avait conduit à inviter, une fois de plus, Monsieur Michel-Édouard Leclerc dont la binette est une réclame vivante pour les poissonneries de ses établissements. Je pense que la plupart des journalistes se servent à l'oeil chez Leclerc, vu la fréquence de ses apparitions et la nature de son discours. Il consiste essentiellement à répéter quatre ou cinq fois le nom de sa boutique, à faire état de son humanisme mercantile (il se pose toujours en bienfaiteur de l'humanité tout en soulignant sottement ses succès commerciaux), et à mêler, en parts égales, dans ses propos, les fautes de français, les trivialités ou grossièretés (pour faire peuple!) et les expressions techniques (du genre « faire le job » « le flux l'emporte sur les marges »).

Inutile de préciser pour les pauvres couillons d'auditeurs de ces radios-bignoles que tout cela est en boite et que ces braves prétendus journalistes sont en fait à la neige ou sur les plages tropicales !