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lundi 22 avril 2013

La télé rend con !

"La télé rend con!" ai-je titré ce post, mais c'est là une remarque d'une consternante banalité et que vous avez vous-même faite cent fois, sans la formuler toujours en ces termes.

La chose n'est pas surprenante, quand on constate l'extravagante nullité de la plupart des émissions qu'on y propose et ce n'est assurément pas la multiplication des chaînes qui a arrangé les choses en ce domaine.. Mises à part trois ou quatre chaînes (et vous avez là, une fois de plus, la preuve éclatante de mon indulgence), pour le reste, on peut dire de notre PAF, comme Alceste, "franchement, il est bon à mettre au cabinet".

En réalité, quand je dis que "la télé rend con", je ne fais même pas allusion au spectacle répété de ces bulletins d'information, consacrés aux chiens écrasés et émaillés de fautes de français par des présentateurs aussi incultes qu'ignorants ou aux jeux télévisés, tous plus nuls les uns que les autres, sans même parler de la désormais si populaire et si consternante "télé-réalité" ; cela va de soi mais ce n'est pas tellement à tout cela que je pense, mais bien plutôt aux étranges comportements de ceux et celles que, pour quelque "télé trottoir" à propos de n'importe quoi, on met devant une caméra de télévision en présence d'un prétendu journaliste.

Vous l'aurez sans doute remarqué comme moi, une telle situation engendre des comportements bizarres de la part d'individus qu'on pourrait supposer normaux puisque on est censé les avoir pris au hasard dans la rue. Je me rends bien compte que je m'avance beaucoup en disant "au hasard", car il est infiniment probable que les trois ou quatre spécimens qu'on présente sur les écrans résultent de l'éviction préalable de témoins qui n'ont pas eu le comportement souhaité ou qui ont, plus ou moins poliment, envoyé se faire foutre le journaleux qui prétendait les interviewer.

Ce qui me paraît significatif dans tout cela est plutôt le comportement de ceux et celles qui se laissent filmer et qu'on nous produit ensuite comme témoins d'un événement quelconque. En général, les individus, au lieu de se comporter normalement et, si je prends le cas le plus courant, celui d'un incident de transport (du genre panne de TGV ou de métro) c'est-à-dire d'exprimer, banalement, leur mécontentement voire leur fureur, optent pour une toute autre attitude et visent à donner une image cool et décontractée, avec sourire à la clé et formule aimable, sans doute de façon à donner, dans la suite, une représentation d'eux-mêmes très positive à leur concierge ou à leur boulanger. C'est donc, de toute évidence, la situation même de prises de vues et l'espérance d'un passage à la télé qui conduisent ces gens à adopter une attitude si inattendue et si étrangement stupide, alors qu'il serait parfaitement légitime de leur part d'exprimer un mécontentement que tout semble justifier.

Je pense à tout cela surtout pour avoir, ce matin même, entendu un témoignage de cet acabit à propos des incidents et des retards des TGV sur la ligne Paris-Lyon où comme toujours, la SNCF a laissé en carafe, des heures durant, les passagers de ces trains, sans leur dire quoi que ce soit et sans même les aviser de la réalité de la situation, voire du retard qu'ils allaient devoir subir. Rien à dire car c'est sa pratique habituelle ! Or tout juste si le client interviewé ne se réjouissait pas de l'inattendu délicieux de la situation.

La télévision exploite déjà le téléthon, à quand le "télécon" ?

jeudi 11 avril 2013

PAF dans le pif ou pif dans le PAF (2)


Plus clairement : Du journalisme et des journalistes dans le "paysage audiovisuel français" (le PAF pour les nobles étrangers qui me lisent).

J'ai déjà dit suffisamment de mal du journalisme audiovisuel français pour ne pas y revenir trop longuement. J'ai, depuis longtemps, renoncé à établir un catalogue, fût-il très lacunaire, des fautes de français permanentes de bon nombre de nos journalistes ; cet aspect, qui ne gêne sans doute que moi-même ou presque, est tout de même infiniment moindre que le contenu lamentable de nos journaux télévisés, devenus de simples catalogues de faits divers, sans parler des radios bignoles du matin (Europe, RMC, RTL) qui, en revanche, ont l'avantage de nous offrir, de temps en temps, des conversations pittoresques avec certains de leurs auditeurs.

Le hasard, malicieux comme je le remarque toujours, a fait que, sur ce sujet que je voulais traiter, la journée a bien commencé puisque, sur Europe, il y avait Jean-Marc Morandini qui est un homme sur lequel on peut toujours compter en la matière. Voulant sans doute se moquer de cette pauvre Nabilla, créature aux énormes appats siliconés, qui a déposé, comme marque de tout ce qu'on peut fabriquer, son désormais fameux « Allô quoi... », Monsieur Morandini, à qui rien n'échappe, a signalé (à 8 heures 57) à ses auditeurs qu'il juge sans doute encore plus ignorants que lui que l'acronyme INPI signifie : « Institut national de la propriété intellectuelle ». Il s'agit bien entendu, en fait, de la propriété industrielle, mais le mot "intellectuel" exerce sur cet homme une telle fascination qu'il n'a pu lui résister.

J'entendais aussi ce matin, cette fois-ci sur RMC (car ces radios bignoles sont si insupportables que je ne puis les entendre qu'en zappant à tout bout de champ) Madame Parizot interrogée par Monsieur Bourdin après m'être tapé, sur France-Infos, Monsieur Cazeneuve, l'obscur remplaçant de Cahuzac. Je me disais que le discours de bon nombre de ceux et celles qui hantent nos radios et nos télé est si prévisible qu'il ne serait pas nécessaire de les faire lever de si bon matin pour les faire venir causer dans le poste en studio. Si ces chaînes sont preneuses, je me propose volontiers pour remplacer au pied levé toutes ces éminentes personnalités, sans avoir toutefois le talent de Nicolas Canteloup pour les imiter dans la forme de leur expression. En revanche pour le fond (si j'ose dire en la circonstance), je suis tout prêt à rendre ce service.

Je n'ai malheureusement pas vu l'interview orageuse de Mélenchon par Pujadas. J'ai appris que l'entretien avait tourné au vinaigre quand Pujadas, dans le cadre du "mois du patrimoine" sans doute, avait interrogé son invité sur ses revenus et son patrimoine. Mélenchon, refusant de répondre, a piqué à ce sujet la prévisible colère que Pujadas souhaitait sans doute, pour damer le pion à TF1 et "faire le buzz". Il s'est vu lui-même interrogé sur son salaire, question à laquelle il a évidemment refusé de répondre.

À titre purement indicatif et juste pour rendre service, je préciserai ici, à l'attention de Monsieur Mélenchon, que le salaire mensuel de Monsieur Pujadas est, dit-on, sans les "ménages", de 18 000 € ce qui paraît très excessif en regard de sa culture, de ses compétences et de ses prestations professionnelles. Cela dit, tous ces journalistes du PAF, qui sont sans cesse en train d'écraser des larmes et de retenir leurs sanglots sur le sort malheureux des pauvres de France, se gardent bien de préciser ce genre de détail et moins encore d'ajouter qu'ils bénéficient, de façon scandaleuse, d'avantages fiscaux que rien ne justifie. Leurs prétentions ne sont pas moindres et on se souvient, toujours selon la rumeur radiophonique publique, que Jean-Jacques Bourdin n'avait pas été retenu pour une émission de Ruquier car il demandait 5000 € pour chacune de ses prestations ce que Ruquier avait, non sans bon sens, jugé excessif.

L'affaire Cahuzac tourne à la farce et on va bientôt chasser le Cahuzac disparu comme le Dupont de Ligones puisque il change sans cesse de domicile pour échapper aux paparazzi. En revanche, c'est à peine si, sur la pointe des pieds, un chroniqueur, en dépit des déclarations sans ambiguïté d'Edwy Plenel, a commence à évoquer la possibilité que les 15 ou 17 millions d'euros soient, en totalité ou pour partie, le trésor de guerre qu'un courant du PS avait commencé à se constituer en vue de l'élection présidentielle suivante. Il faudra sans doute attendre le 19 avril 2013, date limite pour le retour du député Cahuzac à l'Assemblée nationale pour que les choses s'éclairent, peut-être du fait d'ailleurs d'une déclaration publique de sa part; ce qui, en la circonstance, ne manquerait pas de panache et mettrait tout le PS dans une situation fort incommode.

samedi 9 février 2013

Interlude


Il y avait autrefois sur nos chaînes de télévision des "interludes"  ; c'était à l'époque où l'on en avait qu'une ou deux et non des dizaines, qui nous resservent toutes soit les mêmes âneries de télé-réalités "animées"(quel oxymore!) par leurs insubmersibles crétins de service (je crois avoir entendu que les has-beens qu'on y emploie vont faire des plongeons et j'offre, d'ores et déjà, une tringle à rideaux à celui qui videra en douce la piscine !), soit les mêmes émissions tirées des fonds de placards de l'INA.

Ces "interludes" étaient de petits épisodes musicaux sans prétention (genre musique d'ascenseur) et fort heureusement sans images que l'on avait baptisés, Dieu sait pourquoi interlude, car si l"inter-" se comprenait bien, on voyaiit mal ce qui, dans la télé d'époque et de style pouvait justifier le "-lude".

Bref, c'est aujourd'hui samedi et ce sera donc interlude de ma façon sur ce blog.

Ce ne sont pourtant pas les sujets qui manquent.

Si ce matin, à 5h30 nous dit-on et je veux bien le croire, l'heure de gloire a sonné pour Monsieur Moscovici et Madame Taubira qui estiment être sortis grandis (ils en ont bien besoin d'un et l'autre) des 110 heures de session de l'Assemblée nationale sur le mariage gay, nous ne devons pas trop nous réjouir. Avez-vous noté que Madame la Garde des Sceaux est revenue à une coiffure quelque peu afro, peut-être pour pouvoir taxer de racisme ses éventuels contradicteurs déjà contraints par elle à écouter du L.G. Damas ? Ne pensons donc pas trop vite en avoir fini avec le mariage homo car le texte va désormais passer au Sénat et je ne pense pas que  Rouges ou Verts de la prétendue majorité de gauche au Luxembourg laissent passer l'occasion de tailler des croupières au gouvernement et de faire plancher l'Assemblée nationale dans une seconde lecture qui ne pourrait être que réjouissante vue les conditions et les incidents de la première.

Mon propos est toutefois ailleurs car, quoique relativement attentif à la fois aux productions Internet et aux informations du PAF, en ce samedi matin 9 février 2013, je n'y ai guère entendu ni vu parler du Mali, où se passent pourtant des choses qui, pour avoir été prévisibles, s'y sont néanmoins hélas produites et qui gâtent quelque peu déjà la liesse générale du début : affrontements armés entre bérets rouges ("touréistes") et bérets verts" ("sanogistes") à Bamako, avec à la clé deux ou trois victimes avouées, dont un gamin qui passait par là ; attentat suicide à Gao (ce qui constitue le premier et, à ce jour, le seul acte "terroriste" au Mali ; minage de routes ici ou là). Silence radio et quasi silence Internet sur ces questions. L'information la plus récente, et la seule à neuf heures du matin, sur Internet date de trois heures et la plupart des autres sont de la veille. On nous bassine sans cesse avec les vacances des enseignants, mais celle des journalistes, sans parler des médias audiovisuels, sont encore bien autre chose.

Je m'amusais ce matin en zappant vaguement sur BFM (la radio-télévision des "bignoles" - concierges pour les nobles étrangers - et du grand capital, dans une alliance étrange mais, au fond, pas si insolite) de voir comment on y fourgue comme tous les samedis matin, sous couvert d'information, une émission qui repasse, en fait, des plats de la semaine, aussi peu frais que la viande de cheval roumain que l'industrie agro-alimentaire française, pourtant si réputée, refile à ses clients anglais.

Je pense que les services français officiels de communication vont hélas devoir travailler dur pendant ce week-end pour trouver à la fois des sujets de société et des "éléments de langage" qui soient susceptibles de remplacer, de préférence avantageusement (mais ne rêvons pas), le mariage gay.

Le temps continuant à se rafraîchir, je ne vois guère que le problème des SDF, l'affaire de la viande de cheval rouge ou , ultime recours, la question des Roms vers laquelle on peut glisser car, vous l'aurez observé, la viande de cheval fourguée ( en "loucedé" comme on disait en "louchébem" l'argot des bouchers d'autrefois) aux Anglais était roumaine !

mardi 22 janvier 2013

Pauvre PAF !


Conséquence inattendue de la découverte de l'apparition soudaine de mon lectorat polonais, je me trouve désormais paralysé dans le choix de mes sujets de blogs puisque j'ai rarement l'occasion d'y évoquer des questions qui puissent intéresser des lecteurs et des lectrices polonais.

En fouillant dans ma mémoire, je ne trouve qu'un seul exemple que je devrai rechercher car il est déjà ancien et je ne sais même plus chez quel "hébergeur" j'étais alors. C'était lors du fameux accident d'avion qui a coûté la vie à une partie de l'équipe gouvernementale polonaise et qui s'était produit, coïncidence extraordinaire, dans la forêt de Katyn qui est un haut lieu de l'histoire polonaise. Il faudra que je fasse une recherche, car, en France nul n'avait noté cette coïncidence étrange et j'avais émis, à ce moment-là, une hypothèse sur laquelle je souhaiterais avoir l'avis de mon lectorat polonais.

Cette promesse faite, pour soulager un peu mes scrupules, j'en reviens à mon thème favori qui est la médiocrité pour ne pas dire la consternante nullité, de notre information, aussi bien radiodiffusée que télévisuelle ( Amis polonais, le PAF de ce titre, est l'abréviation courante de "Paysage Audiovisuel Français"). Je ne puis me prononcer sur la presse écrite que je lis plus guère comme toute le monde et qui ne vit que de l'aide de l'Etat, mais qui me paraît quand même plus sérieuse, même si elle agonise).

On s'imagine être mieux informé en raison de la multiplicité des stations de radio comme désormais des chaînes de télévision ; j'en ignore même le nombre car tout cela pousse comme des champignons. En réalité, tout cela est à peu près sans effet, car nos télévisions s'alimentent toutes aux mêmes banques d'images et vous trouvez, sur toutes les chaînes, les mêmes séquences filmées. D'autre part, les "journalistes-sic" comme les prétendus "experts" pigistes travaillent tous sur quatre ou cinq stations de radio comme de télévision et viennent y reprendre les mêmes propos insipides qu'on vous donne pour du direct quand ils sont bien entendu en boite et souvent, de ce fait, périmés. La ruse suprême à la télévision consiste pour ces gens-là à changer de cravate mais hélas pas de binettes et de propos !

Notre lamentable PAF est ainsi peuplé à la fois de journalistes-multicartes qui opèrent sur plusieurs radios et/ou télévision, jusqu'aux âges les plus avancés, pour y débiter les mêmes salades insipides. Notre PAF est encore, par-dessus le marché, désormais encombré par la presse écrite qui en général y délègue ses "grosses nuques", avides de "piges" comme de "ménages", comme Monsieur Jérôme Fourquet ou Monsieur Christophe Barbier qui viennent faire la publicité de leurs feuilles de chou ou même de leurs livres. Ils feraient mieux de reprendre dans la rue, car ce serait plus drôle, le noble métier de crieurs de journaux qui a aujourd'hui disparu. L'insignifiance de leurs propos centristes, comme dans le cas du second ou la prévisibilité absolue des points de vue toujours idéologiques du second, les rendent parfaitement prévisibles et par là même insupportables. Cela n'empêche pas leur présence constante car je suppose que ces olibrius ne se font pas payer et que peut-être même qu'ils payent même pour s'assurer leur présence, étant donné qu'ils ne sont l) que pour faire la publicité de leurs feuilles de chou.

Mais il y a pire encore, ce sont les prétendus "experts", tous plus ou moins retraités. En général, ce sont des gendarmes un peu montés en graine (à travers le GIGN par exemple) ou des "barbouzes", en retraite eux aussi (je pense en particulier à l'une de ces barbouzes qui, en plus, pour annoncer la couleur, arbore effectivement une barbouze blanche et qui a créé, lui aussi, je ne sais quel Institut d'études ou Cabinet de consultation de je ne sais quoi, car sa grasse retraite ne lui suffit pas) ; ce sont aussi désormais avec la Syrie et le Mali, des capitaines, retraités aussi (ce grade modeste ne témoignant pas d'une carrière fulgurante dans l'armée, car les généraux eux conservent, toute leur vie, leur solde intégrale et de ce fait ne fréquentent pas ces lieux ou ne s'y montrent que très occasionnellement). Tous ces individus se sont, en plus, fabriqué des Centres Internationaux de je ne sais quoi, où ils enseignent je ne sais quoi car, à les entendre, on se demande bien ce que des étudiants pourraient retirer de l'écoute de leurs propos.

Bref ! Vous me direz, nous restent Arte et France-Culture, mais c'est tout de même bien peu dans un PAF aussi surpeuplé que vide !

A 13 HEURES CE JOUR LA POLOGNE EST TOUJOURS EN TETE !

vendredi 11 janvier 2013

A bas la gérontocratie !


Comment, au moment où l'on déplorait en France la montée incessante du chômage et le non emploi des "seniors" (entendre par là les quinquagénaires) a-t-on pu, en 2009, prendre une mesure aussi stupide que celle qui consiste à permettre le cumul d'une retraite avec un emploi rémunéré dans des conditions qui rendaient cette alliance contre nature beaucoup plus facile et courante que précédemment ? Ce ne peut être à mon sens qu'un mauvais coup de plus de la gérontocratie!
Jusqu'en 2008, en effet, les salariés ou non-salariés qui prenaient leur retraite ou commençaient à percevoir une pension (car les fonctionnaires n'ont pas de retraite !) ne pouvaient cumuler les revenus d'une activité avec leur pension de vieillesse, que sous certaines conditions et dans certaines limites. Or la loi de financement de la sécurité sociale de 2009 a largement assoupli ce régime et permis plus facilement de cumuler emploi et retraite.
Je ne parle pas ici de nos assemblées qui ont sans doute joué un rôle décisif dans cette réforme et en particulier du Sénat ; ces instances sont encombrées de septuagénaires, d'octogénaires voire de nonagénaires qui ne se résignent pas à passer la main, ce que l'on comprend aisément vu le tarif des rémunérations et l'intensité de l'activité qu'ils déploient dans les enceintes où ils s'incrustent.

Je pense plutôt ici à notre paysage audiovisuel où continuent à figurer des binettes dont on a perdu jusqu'au souvenir du jour où on a pu les voir apparaître, quand on est assez âgé soi-même pour l'avoir connu.

La chose est d'ailleurs consternante d'abord pour eux-mêmes, car ils ne semblent pas se rendre compte de la décrépitude physique et intellectuelle dont ils nous donnent de si fâcheux exemples. Par crainte des procès, car ils doivent être en outre, j'imagine, procéduriers et vindicatifs pour s'accrocher tant de férocité égoïste à leurs privilèges, je ne les citerai que par des initiales, ce qui devrait rendre plus piquant mon propos ; ce sont évidemment, et ce ne sont là que des exemples, les PB, JPE, JCC, YL, MD, WL et consorts qui encombrent de leurs tristes figures ( même retapées, recapillarisées et botoxées le cas échéant) comme de leur sempiternel verbiage micros et écrans et dont seule la Grande Faucheuse pourra nous débarrasser.

Le pire dans cette affaire est que non seulement ils s'incrustent dans des places qu'ils auraient dû quitter depuis dix, quinze ou vingt ans, mais qu'en outre, pour se faire leur propre publicité et améliorer encore leurs revenus, ils viennent vanter leurs produits ou leurs activités dans d'autres émissions où ils en font la promotion de leurs affaires, souvent en étant en outre rétribués pour ces misérables piges purement mercantiles.

On nous a bassiné, et ce n'est pas fini, avec le problème des retraites ! La première conséquence de ces lois, qui portent l'âge de la retraite à 60, 61 ou 62 ans, devrait être de virer, dès l'âge retenu atteint, toutes ces vieilles barbes qui continuent à meubler notre paysage des décennies durant.

L'interdiction du cumul des mandats politiques devrait d'ailleurs, dans ce même esprit, être accompagnée de l'interdiction d'être candidat, au-delà du même âge, à toute fonction élective.

 

 

jeudi 13 décembre 2012

Télé-évangélisme à la française


Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais avec le nouveau gouvernement et, plus récemment, l'arrivée du froid, le style télé-évangéliste est en train de s'installer en permanence dans nos médias audiovisuels.

Nos journalistes délaissent désormais les crimes et les enlèvements, soit qu'ils ne fassent plus recette, soit qu'ils deviennent plus rares en cette saison (la funèbre comptabilité du match Marseille-Corse des assassinats est en train de se ralentir) au profit de la peinture de la misère humaine et des moyens d'y remédier.

Un ou deux exemples pour expliquer et justifier ce point de vue.

Le gouvernement met-il en place, comme hier, un système qui consiste à jumeler, dans une entreprise petite ou moyenne, un jeune embauché et un senior (pas un vieux!) qu'on décide de ne pas virer vu son âge pour bénéficier de la mesure ; on nous illustre aussitôt la chose, dont le principe est pourtant des plus simples, par un couple de travailleurs en bleu de travail (espérons que ce ne sont pas des comédiens recrutés pour le tournage) comme on illustre le manque de travailleurs du bâtiment par le spectacle attractif d'une petite bande d'ouvriers caucasiens casqués, aussi actifs que joyeux ; je crains, pour le coup, qu'on ait dû recruter pour la circonstance des acteurs "français de souche", car, pour avoir vu, ces derniers temps, divers chantiers de construction ou de travaux publics, je n'y ai guère entendu parler que l'arabe.

Autre cas vu la veille, en cette période de téléthon, on nous montre aussi une jeune institutrice (pardon, professeur des écoles vu son âge) en fauteuil roulant, tout en précisant, au passage, que son état nécessite, dans la classe, la présence d'une autre enseignante ou, en tout cas, d'une aide qui soit en mesure de l'assister dans tous les cas où la chose se révèle nécessaire.

Le SDF redevenant à la mode avec le retour du froid, on nous présente un sujet sur un vigneron, de je ne sais où, qui accueille, loge, nourrit et emploie un jeune SDF qui a eu la chance de figurer dans un précédent reportage. Et chaque jour deux ou trois sujets de la même farine!

Deux remarques adjacentes.

Les "journalistes", payés par milliers à France-Télévision à faire je ne sais quoi, quand on voit leurs prestations (lire durant quelques secondes par jour des dépêches d'agence), versent des larmes de crocodiles sur la misère, alors qu'ils pourraient simplement, pour commencer, renoncer au profit des pauvres à leurs injustifiés et scandaleux avantages fiscaux

À propos des SDF et du soin qu'on prend à les recueillir dans la rue sans même savoir où les mettra, on m'accordera (et ce n'est pas Marius qui me contredira dans son amour de la langue française !) que le terme "maraude" (en usage pour désigner les patrouilles qu'on fait le soir pour recueillir, s'ils en sont d'accord, les SDF qui couchent dans la rue), non seulement est parfaitement impropre, mais est carrément insultant puisque "marauder" signifie "voler" et non pas simplement recueillir.

Tout cela me fait penser à ces journaux politiquement engagés qui, au milieu des informations banales, présentaient toujours quelques faits, anecdotiques mais édifiants, qui illustraient leur ligne politique et éditoriale générale. Je me souviens ainsi d'un article de Témoignages (journal du parti communiste réunionnais) dont le titre était « Le chien d'un métropolitain mord un travailleur créole », comme aussi ces anecdotes qu'on trouvait, dans les belles années du PCF, dans l'Humanité ; on y narrait comment une pauvre vieille dame, non seulement avait acheté deux vignettes de soutien au PCF, mais avait offert le café et des petits gâteaux aux vaillants militants qui étaient venus placer leur marchandise.

Comme toujours, nous sommes très en retard par rapport aux Américains que nous ne cessons d'imiter. Les vrais télévangélistes de la télé américaine offrent eux le spectacle de miracles à la commande et "en live". Mais rassurez-vous, nous y viendrons !

dimanche 7 octobre 2012

"Ondar Show" : Pif dans le PAF ou paf dans le pif

Pris de je ne sais quelle funeste inspiration, je me suis laissé aller, en ce samedi 6 octobre 2012, vers19 heures, à regarder la télévision qui, pour mon malheur, était sur France2.

Aurais-je été mieux informé des nouveaux programmes, laborieusement élaborés par la nouvelle équipe de cette chaîne, sous la direction éclairée de Monsieur Pfimlin ("Petite Prune" en alsacien à en croire le Canard enchaîné d'antan) que je me serais peut-être méfié, lorsque j'ai vu annoncé, à grand renfort de spots et d'éclairages multicolores, devant un public d'avance hilare et conquis, la première d'une nouvelle émission de l'équipe de Laurent Ruquier dans « On n'demande qu'à en rire »

" Une heure d'humour, de création et de spectacle live sur France 2." Précise la pub. que j'ai consultée, après coup bien sûr, et qui ajoute sans mollir : "En plateau, dans un dispositif original et en public, les meilleurs pensionnaires de « On n'demande qu'a en rire » animeront eux mêmes, en présence d'un invité, un show complet fait de sketchs, de détournements et de parodies.". Au cas où nous n'aurions pas compris, on ajoute : "L'émission réunit les meilleurs humoristes de "On n'demande qu'à en rire"."

Laurent Ruquier, en effet, après avoir donné quelque espoir de non-conformisme et d'humour, il y a bien des années, est entré, sans doute à force de sous-traitance, dans l'ornière d'une facilité, radiophonique et télévisuelle, qui peut parfois conduire jusqu'à la débilité, ce qui illustre, après tant d'années, les génies de Coluche et de Desproges.

Je ne sais pas quel rôle il tient, au juste, dans cette émission curieusement intitulée « Ondar show» et qui semble fondée, pour une bonne part, en cette époque où l'on fait la chasse aux homophobes sur une homophilie qui confine souvent à l'homomanie.

"Ondar show" serait-il un à peu près pour "au dard chaud" ou "dard au chaud" ?

Bref ce n'est pas le sujet, car on peut être drôle sur n'importe quoi, comme on peut être sinistre et minable sur n'importe quoi également. C'est plutôt à ce second genre que se rattache l'émission en cause dont c'était la première hier, mais dont on peut espérer que ce sera aussi la dernière !.

La principale caractéristique de cette émission est que la stupidité et le plagiat le disputent tout au long à la plus extrême des vulgarités.

On a voulu s'y essayer à la parodie, pas très nouvelle, d'émissions françaises connues (quoique personnellement je n'en ai jamais vu aucune) du style "Une famille en or" qui devient "Une famille du Nord", en surfant sur la double vague des ch'tis et de l'homomanie. C'est si nul qu'il ne vaut même pas la peine de s'y arrêter car tout le monde a pu faire les réflexions qui furent les miennes, même si j'ai craqué à 19h30 en me privant, par là même, de la fin de ce somptueux programme.

On sait que les producteurs de télévision français ont pour principale source d'inspiration et méthode d'élaboration de leurs "propres" produits un court voyage aux États-Unis ; ils s'y enferment deux ou trois jours dans une chambre pour y regarder les programmes américains qu'ils démarqueront ensuite.

L'un des plus volontiers copiés est le show de Jerry Springer qui, une fois de plus, a été ici copié, en l'accommodant à la française. Le principe de Jerry Springer est simple ; il consiste à faire révéler à X par Y un "secret" que Y ne devrait en aucun cas connaître. Pour illustrer ce cas par un exemple réel pris dans une émission de Springer que j'ai vue autrefois, X est une femme qui révèle à son mari Y qu'elle a un amant Z qui va venir sur scène avec eux ; on s'aperçoit alors que l'amant est un nain (ou une lesbienne et je m'étonne que ce cas n'ait pas été choisi). Le mari et l'amant s'injurient puis en viennent naturellement aux mains, la femme se joignant à la bagarre ; tout le monde est finalement séparé par les deux ou trois costauds qui, depuis le début de l'émission, se tiennent à l'arrière de la scène et qui sont là pour ça. Seule innovation du "Ondar Show", on y a fait l'économie, un peu sordide, des malabars pacificateurs.

Jerry Springer a fait d'infinies variations sur ce thème qui est toujours porteur. En la circonstance, dans ce misérable sous-produit présenté par France2, la seule innovation est qu'on y a brodé sur les événements récents - les tumeurs dues à la consommation de maïs OGM - ce qui permet de mettre en scène le "Géant vert" de la publicité qu'on va désigner comme tel, faute d'avoir voulu payer un vrai géant ; il va en venir aux mains avec une version en modèle réduit de Hulk ; on donne ainsi au géant une dimension un peu plus crédible à moindres frais. On voit l'étendue et la nature des efforts d'imagination déployés, les moyens étant limités par la crise.

Tout le reste est à l'avenant ; le seul spectacle visible est celui qu'offre la pauvre vedette (de je ne sais quoi, la chanson je crois) embarquée dans cette galère. Elle se nomme Hélène Ségara et on l'a mise en tenue sexy pour que le téléspectateur ait à se mettre sous l'oeil autre chose que les sinistres protagonistes gays de ce "Au dard chaud". Cela permet aussi , mais vous l'avez déjà deviné, de faire un jeu de mots dûment signalé au public avec le passé simple du verbe pronominal "s'égarer", car il est bien vrai qu'elle s'est vraiment égarée, la pauvre, dans cette lugubre et consternante pantalonnade. Tout cela vous permet de juger du niveau de cette nouvelle et sensationnelle production de rentrée sur France2, le samedi en prime time !

Si cette sinistre émission devait avoir un avenir, je suggérerais de remplacer le titre "Ondar Show", non pas par "Au dard chaud", qui plairait sans doute à la production, mais, puisque l'hiver arrive, par "On dort au chaud", une fois la télévision éteinte bien entendu!