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mercredi 18 juin 2014

Grèves à la SNCF ? RTL ou France Cu ?

Même si France Cu (entendre par là France Culture) est parfois insupportable, tant par les propos qui s'y tiennent et le pédantisme qui les marque que par le ton sur lequel ils nous sont infligés (je pense ici surtout à Alain Finkielkraut, désormais académicien-people, mais toujours pas agrégé de philosophie (même s’il le laisse dire) et simplement de lettres modernes, modeste « cloutard » qu'il est pour ne pas avoir réussi à intégrer la rue d’Ulm !). Cette chaîne gagne pourtant à être fréquentée plutôt que les radios-bignoles du matin comme RTL, Europe1 ou, la pire de toutes, RMC où règne l'ineffable Bourdin, qui se prend désormais pour le sel de la terre journalistique alors qu'il est qu'un modeste sous-produit de l'Equipe ! Sur France-Cu évitez néanmoins les dimanches matins où, bizarrement dans une radio d’un Etat réputé laïque, on n’entend que des curés, des imams ou des rabbins (j’ai choisi pour les citer, vous l’aurez noté, un ordre alphabétique prudemment républicain).

Bref !  Nombreux sont les sujets qui me sont offerts car j'écoute souvent les « matins de France Culture », aux alentours de 8h30 ;  je l'ajoute, pour ma défense, que je le fais en promenant mon chien, si toutefois le ciel provençal, aussi capricieux que Sud-Rail,  m’en offre la possibilité, ce qui devient de plus en plus rare, en ce mois de juin qui prend des allures aoûtiennes par les pluies et les orages (aux champignons près !).

J'ajoute avant de l'oublier que, dans le site de France Culture, il y a souvent des commentaires extrêmement drôles, ce qui donne à penser que si ceux qui écoutent France Culture et en commentent les émissions sont plus marrants que ceux qui y  causent. Je vous recommande en particulier les commentaires sur  Brice Couturier, pilier des « Matins » comme des émissions de Calvi sur la Cinq. À propos de l’émission qui s'intitulait je crois « La SNCF, vers quel aiguillage ? », ce 17 juin 2014, ce brave sondeur est habillé pour l'hiver et je ne résiste pas au plaisir de vous citer deux brefs extrait de ces savoureux commentaires :
« Fidèle auditeur de l'émission matinale de France Culture depuis 1992 (année de création de Culture matin par Jean Lebrun) j'ai mis fin à ce compagnonnage il y a près de deux mois. L'écoute des éditoriaux de Brice Couturier et sa participation aux "débats" me sont devenues proprement insupportables : omniscience revendiquée outrecuidante, manque de courtoisie, amour immodéré des think tanks anglo-saxons présentés comme autant de Saints-Jean bouche d’or, sans oublier le catéchisme néolibéral, et j'en passe…
 » ( jmajb 17)   
 « Inénarrable Brice Declosets qui mérite bien son fauteuil de vieille ganache antisyndicale insufflant la haine entre les salariés pour mieux nous détourner des confortables piscines remplies d'euros dans lesquelles baigne une bourgeoisie française de plus en plus riche et qui, frappée d'impuissance industrielle, n'investit plus. Remercions-le de nous prévenir du futur choc de la privatisation du train. Nous nous tenons prêts à voir exploser les prix de notre billet de train comme ce fut le cas du marché des télécoms. » (Anne 17)

Mais venons en au second et vrai sujet du jour. J'ai entendu surtout dans cette émission ce qu'indiquait sur la SNCF et ses grèves, Monsieur Alain Bonnafous,  professeur d'économie émérite à l'université de Lyon 2 (et non Lyon 3, comme pourrait le faire craindre ce titre). Cet universitaire est apparu particulièrement informé sur les problèmes du chemin de fer français, moins en raison directe de sa spécialité que  dans la mesure où il avait été (dans des conditions que j'ai oubliées et qui importent peu ici) membre d'une commission d'experts chargée de l’étude de ces sujets. Je ne retiendrai de son propos qu'un seul détail car il me paraît significatif et essentiel.

Après avoir rappelé que la précédente réforme (création de RFF qui avait, pour but principal, de respecter, au moins en apparence, les exigences bruxelloises d’exercice de la concurrence et de planquer sous le tapis de RFF la quarantaine de milliards de dettes de la SNCF qui ne sont d’ailleurs qu’une goutte d’eau dans l’océan de notre ardoise globale), A. Bonnafous a surtout souligné le caractère fallacieux des motifs invoqués par les cheminots pour cette grève. Le « statut » n’est (hélas !) en rien menacé et le projet tendrait même plutôt à le conforter. Le point important dans les revendications syndicales de la CGT et de Sud Rail réside en fait, pour que la concurrence puisse exister réellement en Europe, dans l'élaboration de conditions et de coût du travail identiques pour les conducteurs de train de toute l'Europe puisque, en théorie du moins, toutes les compagnies européennes y feront librement circuler leurs trains. En fait on devine déjà aisément que les réseaux nationaux de voies ferrées ne faciliteront pas les choses aux compagnies étrangères !

Pour faire simple et grossier, la CGT et Sud-Rail veulent évidemment que les autres Etats européens alignent les conditions de travail de leurs conducteurs de train … sur celles des conducteurs français et non l’inverse !

La chose pourrait sembler logique (ici comme dans tous les autres domaines où l’on n’y songe pourtant guère) et ne pas paraître excessive si les études que Monsieur Bonnafous a faites n'avaient pas fait apparaître que les « roulants » français doivent chaque année 160 jours de roulage (qui, de leur propre aveu et sans réelle contestation possible, « les yeux dans les yeux », en sont plutôt 130), alors que, dans les autres pays, le nombre des « jours de roulage » est de 210 ! Selon les termes employés durant cette émission, la grosse question, dont personne ne parle, et surtout pas à la CGT et à Sud-Rail, est donc celle de savoir où sera mis « le curseur » pour le nombre de « jours de roulage », à 130, à 160 ou à 210 ?

On devine aisément quelle est, sur ce point, la position des syndicats français en grève, mais il apparaît douteux qu'elle soit partagée par les compagnies de chemins de fer des autres Etats européens. La discussion sera donc rude vu l’énormité de l’écart.

jeudi 13 juin 2013

SNCF : De Jean Gabin à Mathusalem


Le personnel de la SNCF (les cheminots comme on dit, de façon un peu étrange, on va le voir ) doit une fière chandelle à Zola pour sa Bête humaine et à Jean Gabin pour son rôle dans le film qu'on en a tiré!

Le mot lui-même mérite quelque attention. A la fin du XIXe siècle, le terme "chemineau" ou, plus rarement, "cheminot" (substantif masculin), désigne, selon le Trésor de la Langue Française, " un homme qui erre par les chemins et vivant de menus travaux, de charité, ou de larcins". Avec cette orthographe et ce sens, le mot est désormais "vieilli" et "cheminot" désigne un "agent des chemins de fer". Les attestations littéraires (Alain, H. Bazin, etc.) sont postérieures aux années 30 et, comme le note Dauzat, la langue française a mis plus d'un demi-siècle à trouver un dérivé à "chemin de fer" pour désigner ceux qui y travaillent ; elle a retenu "chemineau", en en changeant l'orthographe et en en spécialisant le sens ("chemineau" désignait d'abord des ouvriers terrassiers itinérants employés à la construction des voies ferrées à la fin du XIXe siècle).

Pour passer de la lexicographie à l'histoire sociale, le régime de retraite des cheminots date de 1909, à une époque où l'espérance de vie des dits cheminots est de 51 ans en raison sans doute des conditions de travail. Aussi ce régime était-il très favorable. Sur ce plan, les choses ont bien changé depuis La bête humaine ! On a d'ailleurs supprimé en 1974 la "prime de charbon", que ne percevaient d'ailleurs, à l'origine, que les "chauffeurs". La bête humaine et Jean Gabin demeurent néanmoins les figure tutélaires de la SNCF et préviennent, au sein de cette corporation, le moindre bruit de réforme. La seule concession notable des syndicats à la direction de la SNCF, durant le dernier quart de siècle, est que, depuis peu, les syndicats tolèrent l'usage du mot "clients" en lieu et place de "voyageurs". Vous aurez saisi, je pense, l'importance de cette concession. On doit, en effet, un service (public) au client qui l'aheté et payé, alors qu'à l'inverse, le voyageur doit être reconnaissant envers ceux qui acceptent de lui rendre, au prix fort, le service de le transporter, quelles que soient les conditions de ce voyage.

Le poids de la grève actuelle de la SNCF est parfaitement reconnu et illustré, non pas en province, car, après tout, quelle importance peut avoir pour la vie française ce qui se passe ailleurs que dans la région parisienne où, effectivement, des millions de voyageurs peuvent être immobilisés avec la plus grande des facilités, aussi bien à travers l'arrêt ds trains eux-mêmes comme des RER.

Qui tient la SNCF et la RATP tient la France! Il suffit d'ailleurs de considérer durant combien de temps (moins celui de son flirt avec Sarkozy) et comment Bernard Thibault (un "cheminot") a régné sur la CGT et, par voie de conséquence, sur le syndicalisme français. Après tant d'années de dur labeur syndical, fort heureusement, il a enfin droit à la retraite ... à 53 ans ....

L'âge précoce de la mise en retraite du personnel de la SNCF a d'ailleurs les plus heureuses conséquences. L'espérance de vie des cheminots (51 ans en 1909!) a bien changé, comme le métier. Une étude scientifique récente vient de démontrer que l'espérance de vie des retraités de la SNCF dépasse de deux ans et demi celle des autres catégories de retraités. Allez savoir pourquoi ? Il faut transmettre le dossier du CNRS à l'INSERM.

Une grève de la SNCF se déroule aujourd'hui même, jeudi 13 juin 2013 ; vous aurez noté que cette accumulation du chiffre 13 laissait prévoir des événements fâcheux et peut-être même cette date a-t-elle été choisie pour cette seule raison ; cette circonstance m'a permis d'entendre ce matin les récriminations, au demeurant modestes, de voyageurs parisiens qui notaient, non sans quelque déplaisir, que ayant dû partir de chez eux à six heures du matin, ils ne savaient pas, vu les événements ferroviaires du jour, à quelle heure de la nuit, ils seront en mesure d'y revenir.

J'ai d'ailleurs observé à nouveau, en cette circonstance, à quel point la situation d'interview, radiodiffusée ou télévisée, adoucit étrangement les mœurs des personnes interrogées ; écumant de fureur dans des circonstances normales, toutes et tous tiennent alors des propos plutôt mesurés, sans doute pour donner une image qu'ils jugent plus positive. Peut-être l'accumulation des caméras en tout lieu dans nos zones urbaines aura-t-elle une influence heureuse et contribuera-t-elle, plus que la musique, à adoucir les mœurs.



 AVIS

Chères lectrices, chers lecteur

Je me vois contraint de préparer mon retrait de ce blog, dont je suis par ailleurs tout à fait satisfait car, depuis quelque temps, je suis littéralement envahi par des "spams" venant des Etats Unis et issus de blogs américains.
Chaque jour, en effet je reçois désormais au moins une vingtaine de messages en forme de pseudo-commentaires et qui, en réalité, émanent de gens qui, de toute évidence, n'ont pas lu le texte sur lequel ils prétendent pourtant s'exprimer. L'explication que j'ai de ce phénomène est qu'il s'agit de messages envoyés automatiquement et qui n'ont pas d'autre but que de solliciter, de ma part, la consultation du blog ou du site de ceux qui les envoient.
Je suppose que les auteurs de ces envois présentent de la publicité dans leur blog ou site et que les bénéfices de cette publicité sont d'autant plus importants que le nombre des visites qu'ils reçoivent est lui-même plus grand.

Ce phénomène qui au début été discret (quatre à cinq messages par jour) devient de plus en plus insupportable ; il m'arrive d'en avoir une trentaine qu'il faut non seulement que je détruise immédiatement mais que je dois supprimer aussi dans la liste des commentaires où ils s'accumulent je ne sais trop comment.
Je me suis ouvert de ce problème auprès de correspondants plus éclairés que moi sur ces questions, mais il faudrait que je fasse (comme le fait Marius par exemple) une sorte de signature pour chaque message reçu que l'envoyeur doit reproduire pour que son message soit accepté dans la boîte où il arrive. C'est une procédure extrêmement contraignante et qui a pour but, tout simplement, d'écarter les messages envoyés automatiquement.

Je m'oriente donc vers une autre solution qui est celle de publier mes textes dans mediapart auquel je suis, par ailleurs, abonné et qui a un système de blogs très commode et je dirais même intéressant pour les échanges avec les lecteurs puisque, sur la vingtaine de textes que j'ai publiés chez cet hébergeur, plusieurs ont même été publiés en première page du Journal ou du Club qui sont les deux voies de publication à mediapart (la voie normale et courante étant le Club).
 
J'avais hésité à adopter cette solution, car je craignais que ne puissent lire mes blogs dans mediapart que des gens qui étaient eux-mêmes abonnés à mediapart. Fort heureusement, il n'en est rien ; si la lecture du "journal" est réservée dans la partie gauche de la page d'accueil, l'accès est libre pour la partie droite qui est intitulée le "club" et dans lequel sont présentés les textes des blogueurs.
Je vais donc continuer, pendant un certain temps, la double publication (ici et dans mediapart). Pour vous permettre de vous y habituer si vous le souhaitez, je vous explique en deux mots l'accès à mon blog de mediapart qui est extrêmement simple.

Voici la marche à suivre.

Vous tapez dans Google ou ailleurs mediapart.fr (sans accent sur e)

Vous arrivez alors sur la page d'accueil .

Vous avez une case "recherche", au milieu, sous le titre où il vous suffit de taper mon nom chaudenson (j'ai renoncé, d'ailleurs par oubli, au pseudo).

Vous avez accès alors à la liste de mes blogs et à leurs textes sans aucune nécessité d'être abonné à quoi que ce soit.
Je n'ai pas fait l'exercice moi-même mais il y a, dans mon espace personnel, une rubrique "contacts" qui doit, je pense, permettre à celles et ceux qui s'y inscrivent de recevoir automatiquement par courrier électronique le blog du jour, un peu comme dans le blog actuel de Google. Je vais m'informer sur ce détail et je vous donnerai le résultat de mes investigations.

Je ne saurais que vous conseillez d'aller faire un tour sur mediapart.fr ne serait-ce que pour voir si ce procédé vous convient, même si ce n'est pas très compliqué pour moi de publier mon texte quotidien sur ces deux supports comme je le fais. Vous allez sur l'un ou l'autre des mes posts en cliquant simplement sur le titre dans la liste.

Bonne lecture et amitiés à toutes et tous. R. Chaudenson




lundi 22 avril 2013

La télé rend con !

"La télé rend con!" ai-je titré ce post, mais c'est là une remarque d'une consternante banalité et que vous avez vous-même faite cent fois, sans la formuler toujours en ces termes.

La chose n'est pas surprenante, quand on constate l'extravagante nullité de la plupart des émissions qu'on y propose et ce n'est assurément pas la multiplication des chaînes qui a arrangé les choses en ce domaine.. Mises à part trois ou quatre chaînes (et vous avez là, une fois de plus, la preuve éclatante de mon indulgence), pour le reste, on peut dire de notre PAF, comme Alceste, "franchement, il est bon à mettre au cabinet".

En réalité, quand je dis que "la télé rend con", je ne fais même pas allusion au spectacle répété de ces bulletins d'information, consacrés aux chiens écrasés et émaillés de fautes de français par des présentateurs aussi incultes qu'ignorants ou aux jeux télévisés, tous plus nuls les uns que les autres, sans même parler de la désormais si populaire et si consternante "télé-réalité" ; cela va de soi mais ce n'est pas tellement à tout cela que je pense, mais bien plutôt aux étranges comportements de ceux et celles que, pour quelque "télé trottoir" à propos de n'importe quoi, on met devant une caméra de télévision en présence d'un prétendu journaliste.

Vous l'aurez sans doute remarqué comme moi, une telle situation engendre des comportements bizarres de la part d'individus qu'on pourrait supposer normaux puisque on est censé les avoir pris au hasard dans la rue. Je me rends bien compte que je m'avance beaucoup en disant "au hasard", car il est infiniment probable que les trois ou quatre spécimens qu'on présente sur les écrans résultent de l'éviction préalable de témoins qui n'ont pas eu le comportement souhaité ou qui ont, plus ou moins poliment, envoyé se faire foutre le journaleux qui prétendait les interviewer.

Ce qui me paraît significatif dans tout cela est plutôt le comportement de ceux et celles qui se laissent filmer et qu'on nous produit ensuite comme témoins d'un événement quelconque. En général, les individus, au lieu de se comporter normalement et, si je prends le cas le plus courant, celui d'un incident de transport (du genre panne de TGV ou de métro) c'est-à-dire d'exprimer, banalement, leur mécontentement voire leur fureur, optent pour une toute autre attitude et visent à donner une image cool et décontractée, avec sourire à la clé et formule aimable, sans doute de façon à donner, dans la suite, une représentation d'eux-mêmes très positive à leur concierge ou à leur boulanger. C'est donc, de toute évidence, la situation même de prises de vues et l'espérance d'un passage à la télé qui conduisent ces gens à adopter une attitude si inattendue et si étrangement stupide, alors qu'il serait parfaitement légitime de leur part d'exprimer un mécontentement que tout semble justifier.

Je pense à tout cela surtout pour avoir, ce matin même, entendu un témoignage de cet acabit à propos des incidents et des retards des TGV sur la ligne Paris-Lyon où comme toujours, la SNCF a laissé en carafe, des heures durant, les passagers de ces trains, sans leur dire quoi que ce soit et sans même les aviser de la réalité de la situation, voire du retard qu'ils allaient devoir subir. Rien à dire car c'est sa pratique habituelle ! Or tout juste si le client interviewé ne se réjouissait pas de l'inattendu délicieux de la situation.

La télévision exploite déjà le téléthon, à quand le "télécon" ?

lundi 18 mars 2013

Du syndicalisme français comme l'un des beaux-arts. (S 5) : Bernard Thibault part à la retraite.

Les hasards du calendrier nous ont montré, dans les derniers jours, l'abîme qui sépare l'élection d'un pape du choix d'un Secrétaire général de syndicat. Pas de promotion à espérer au terme de son pontificat pour François qui n'est devenu pape qu'à 76 ans, blanchi sous la mitre, après une longue carrière qui l'avait conduit à l'archevêché de Buenos Aires.

En revanche Bernard Thibault (né le 2 janvier 1959) est entré au terme de sa classe de troisième, en 1974, au centre d'apprentissage de la SNCF ; à peine sorti de ce centre, avec un CAP de mécanique générale, il est aussitôt embauché par la SNCF au dépôt de Paris La Villette et il adhère à la CGT dès 1977. Stupéfiant, il en est immédiatement nommé responsable de la "commission des jeunes"! Le moins qu'on puisse dire est que son expérience professionnelle est pourtant des plus courtes, ce qui ne l'empêche pas, dès 1980, de devenir secrétaire du syndicat CGT de son dépôt et deux ans plus tard secrétaire des cheminots CGT de Paris Est.

Je vous épargne le détail des échelons syndicaux qu'il gravit à une vitesse record (un tous les deux ou trois ans en moyenne) ; cette ascension va de pair avec celle qu'il réalise au sein du Parti Communiste Français auquel il a adhéré en 1987 et dont il est, déjà, dix ans plus tard membre du Conseil national. En janvier 1999, pour fêter ses 40 ans, il devient Secrétaire général de la CGT, en lieu et place de Pépé Louis Vianney.

Le caractère fulgurant de cette carrière explique sans doute que "Ken" Thibault ait gardé, à la cinquantaine passée, la coupe de cheveux de son enfance, celle des Beatles au milieu des années 60 ! Voilà un homme qui ne voit pas le temps passer !

Les magouilles et le hasard syndical font que Ken Thibault, après avoir tout fait pour écarter quelques prétendant(e)s au trône cégétiste, s'est choisi un successeur dont il semble fier (comme un ...), Thierry Le Paon, qui a le même âge, à un an près, que celui auquel il succède, alors que ce dernier a occupé le poste pendant 14 ans, avant de s'y donner (non sans peine et avec, de ce fait, quelques prolongations... sans tirs aux buts!), un successeur.

Pour ce qui est de Bernard Thibault, il n'y a pas lieu, en revanche, de s'interroger, comme on l'a fait pour Jacques Chérèque sur ce qu'il va faire après avoir quitté le Secrétariat général de la CGT.

La chose est des plus simples car son avenir est tout tracé.
 
Une récente et opportune réforme du régime spécial de la SNCF permet désormais de compter pour ses agents le temps de formation et d'apprentissage dans le calcul des annuités de retraite.  Bernard Thibault, entré au centre de formation de la SNCF à 15 ans, compte donc, pour la période 1974-2013, 39 ans d'ancienneté à la SNCF. Certes, en principe, comme il n'est pas "agent de conduite" (ces derniers peuvent partir en retraite des 50 ans, mais Ken n'a guère dirigé que des unités syndicales), il devra donc attendre jusqu'au 2 janvier 2014 et son 55e anniversaire pour pouvoir prendre cette retraite car, pour le reste, il est très largement au-delà des 25 années d'exercice qui sont requis.

Ces quelques mois d'inactivité lui permettront d'entrer tranquillement (mais sans voiture de fonction) dans une retraite bien méritée et qui montre combien il avait raison de s'élever avec la plus grande vigueur contre toute réforme des retraites,… en particulier pour les régimes spéciaux dont il entend bien bénéficier!

samedi 24 décembre 2011

Progrès et modernité de merde !

Excusez-moi d'être grossier, mais ma fureur le légitime sans aucun doute, à mes yeux du moins.

D'une façon inattendue, j’ai été amené à acheter, par Internet pour gagner du temps et éviter la gare (pensais-je non sans candeur) un billet de train pour un trajet Aix-en-Provence-Lyon et retour.

Je passe sur le prix, un peu inattendu pour qui, comme moi, est sans cesse assiégé par les offres alléchantes de prix bas faites par la SNCF que son monopole de fait devrait détourner de faire une si coûteuse et surtout si fallacieuse publicité. En modeste deuxième classe s'il vous plaît, le trajet en cause coûte 120 € soit 25 % du prix d'un aller-retour en avion entre la France et les États-Unis. Les deux villes françaises étant distantes de 300 km, je vous laisse le soin de faire le calcul et de constater que le train français coûte environ cinq fois plus cher que l’avion au kilomètre parcouru !

Le prix est une chose, mais ce n'est rien à côté des complications qu’entraîne l'acquisition d’un titre de transport. L'opération m'a pris environ une heure, la SNCF étant incapable, depuis plus de 20 ans, de créer et de gérer les systèmes informatiques qu’elle s'efforce de mettre en place.

Je vous épargne le détail qui est d'une complication hors de proportion avec ce qui se passe par exemple dans le cas du transport aérien dont je ne suis pourtant nullement le thuriféraire, mais où les choses sont néanmoins infiniment plus simples et mieux conçues.

Je ne sais pas si c'est en raison des « retraits » successifs des contrôleurs suite à des problèmes avec des voyageurs (les syndicats de « cheminots » - et ce terme même est tout un programme – interdisent l’usage du mot « clients » !) récalcitrants, J'en doute un peu car j'ai cru entendre que ces incidents étaient causés, le plus souvent, par les voyageurs qui n'avaient pas de billets. ).

N’est-ce pas plutôt simplement l'idéologie sécuritaire qui semble se mettre en place de plus en plus dans notre pays ? Toujours est-il que, pour acheter un simple billet de train, il faut non seulement fournir son identité (nom et prénom mais également sa date de naissance !) et, dans le cas d'un achat par Internet, son adresse électronique (en double s’il vous plait). A quend les empreintes digitales et bientôt le code génétique ?

J'ai cru comprendre aussi que désormais les contrôles par les contrôleurs de la SNCF pouvaient être étendus jusqu'à l'exigence de la présentation d'une pièce d'identité de la part du voyageur. Ils ne vont pas tarder à exiger des augmentations de salaires et le port d'une arme!

Tout cela n'est encore rien, le système est si tarabiscoté que vous ne pouvez même pas acheter et payer un billet pour quelqu'un d'autre que vous-même (votre femme, votre sœur ou votre petite amie) puisque, en cas de contrôle, elle devra fournir, en même temps que son billet de train, la CARTE DE CREDIT qui a servi à payer(donc la VOTRE) ! C'est commode ! Il faut donc absolument que le ou la titulaire du billet soit également en possession, au moment du transport, de la carte de crédit qui a servi à le payer ! Au fou !

Et c’est loin d’être fini. Lors du paiement électronique, vous devez, comme partout et toujours, donner les numéros de la carte de crédit ainsi que le « numéro de sécurité » et la date d’expiration de la carte de crédit. Rien de nouveau jusque là mais désormais votre banque va vous donner les chiffres d’un autre numéro de sécurité. La cerise sur le gâteau est qu’elle vous appelle alors PAR TELEPHONE SUR LE CHAMP pour vous communiquer cet indispensable numéro ! Impossible d'avoir le billet sans fournir ce numéro ! On croit rêver.

Un conseil d’ami. Pour acheter un billet de train, soyez surtout CHEZ VOUS, avec une bonne heure à perdre, devant votre ordinateur, près de votre imprimante (Gare à la panne...les cartouches d’encre sont-elles toutes bien pleines ?) et surtout en ayant à portée de main de votre téléphone (avec papier et stylo sous la main !).

On assiste une fois de plus au mariage grotesque, mais cette fois surréaliste, du Père Soupe et de la Mère Ubu soue l'oeil vigilant de Big Brother !

Moralité : prenez votre voiture (tant pis pour le CO2) ou l'avion (idem), si les gens en sécurité aéroportuaire vous permettent de le faire ou, mieux encore restez chez vous.

Joyeux Noël!

mercredi 29 décembre 2010

Pour la suppression de Noël et du Jour de l'an !

Je suis étonné qu'une telle mesure n'ait pas été envisagée par notre Président pour faciliter à la fois l'activité et la relance économiques dans notre pays et la vie quotidienne des Français.

Un avantage d’une telle mesure que je n'avais pas perçu d’abord et qui éclate soudain à mes yeux, serait que, de ce simple fait, se trouverait supprimé du calendrier le 363ème jour de l'année que nous vivons présentement, le 29 décembre, qui est, vous l’aurez noté, le jour anniversaire de l'enlèvement de nos deux héroïques journalistes de France3.

Je ne reviens pas sur le fond du sujet et l'insupportable et nombriliste orchestration que conduit toute la presse française autour du moindre événement qui affecte le membre le plus modeste de cette corporation. Qui connaissait en effet, les noms de Ghesquière et de Taponier (de France3... !) ? J’ai appris en outre aujourd’hui, de la bouche même d’un de leurs confrères de France Télévision, qu’il y avait eu, DEPUIS UN AN, EN PERMANENCE, un représentant de France-Télévision en Afghanistan pour s’occuper de leur cas. A 300 euros de per diem, plus les voyages et toutes les autres missions, à la louche, cela fait un million d’euros, ce que le contribuable que je suis juge d’autant plus scandaleux que, pour pareille somme,les malandrins qui les ont enlevés les auraient aussitôt libérés et que dans le présent cas, on finira par payer encore. On peut se demander d’ailleurs si, vu l’ignorance totale du pays par les deux Français, les auteurs de leur enlèvement ne sont pas leurs « accompagnateurs » eux-mêmes, bizarrement enlevés eux-aussi, sans avoir pourtant la moindre valeur marchande.

La noble corporation des journalistes a d’ailleurs un nouveau chef d'orchestre avec Florence Aubenas. Convertie en blonde rieuse, elle deviendra sans doute désormais, comme Clémenceau avait été « l'homme qui rit dans les cimetières », « la femme qui se marre aux célébrations de l'anniversaire de l'enlèvement de ses confrères ». Je comprends d'ailleurs tout à fait qu’elle s’esclaffe en de telles circonstances, au simple souvenir de son enlèvement-bidon, qui non seulement a boosté sa carrière mais en a fait la gloire et le symbole de la presse française. Peut-être ne devrait-elle toutefois ne rire que sous cape ?

J'espère, en tout cas, que tous les autres otages français, où qu’ils soient, n’ont pas connaissance des festivités organisées pour Messieurs Ghesquière et Taponier, car, du fond de leurs geôles diverses, ils doivent l'avoir mauvaise !

Le fait d'échapper à cette célébration aurait été pour moi une singulière bénédiction car j'avoue, à ma courte honte, commencer à en avoir ma claque de la perpétuelle mention de deux olibrius dont on se demande d'ailleurs ce qu'ils allaient faire dans un pays comme l'Afghanistan, dont ils ne connaissent rien et dont ils ne parlent même pas un mot de la langue. La lecture de quelques bons livres sur la question et la simple consultation d'Internet leur en auraient appris bien davantage que cette virée. Toutefois, comme pour Madame Aubenas et bien d’autres, elle ne sera pas inutile dans la suite de leur carrière et cela d’autant qu’en un an, ils auront eu largement le temps d’écrire le livre qu’ils ne manqueront pas de publier dès leur arrivée.

Les avantages de la suppression de Noël et du Jour de l'an seraient considérables sur nombre d’autres plans.

Non seulement on échapperait à ces sempiternelles, éternelles, multiples et, par là, insupportables rediffusions de tous les produits audiovisuels qu’on nous a déjà infligés au cours de l'année 2010 (des événements politiques aux hauts fait sportifs de nos champions), mais il ne fait pas de doute que les Français éviteraient nombre de maux dont on se garde bien de mentionner les véritables causes.

On a ainsi évoqué le froid et la neige, qui ne sont pas totalement inattendus fin décembre, pour expliquer les invraisemblables pagailles qui ont régné dans nos transports ferroviaires et aériens ; je ne doute pas un instant qu'ils y soient pour quelque chose, mais il est une cause, au moins aussi importante sinon plus, qu'on a négligé de faire valoir et même de mentionner, c'est la multiplication des RTT qui conduit tous les organismes à fonctionner nécessairement au ralenti dans les périodes où chacun les « posent », c'est-à-dire dans ces périodes festives qui commencent deux jours avant Noël et finissent trois jours après le Jour de l'an.

On a d'ailleurs là un phénomène qui s'est très largement étendu et généralisé toute l’année durant ; je ne doute pas qu’un jour ou l’autre, vous ayez été comme moi l'innocente victime de ce nouveau « fait de société ». Désormais, en effet, durant un week-end, il est fortement déconseillé aussi bien de tomber malade ou d'avoir à se rendre à l'hôpital que de revenir, en avion, de l'étranger à Paris. Pas de problème au départ de New-York ou de Hanoi où les "RTT" sont inconnues ; en revanche, si vous arrivez à Paris le dimanche, vous avez toutes les chances de voir vos bagages y rester pour vous être acheminés, dans le meilleur des cas, avec deux ou trois jours de retard. En effet, comme les personnels des aéroports ne veulent pas travailler durant les week-ends, on choisit délibérément et volontairement de laisser en souffrance les bagages à Roissy sans les acheminer jusqu'aux aéroports de province ; on l’a d'ailleurs encore vu à Roissy ces jours derniers.

Il est bien évident que, durant les jours passés, dans les services de l'équipement nationaux, départementaux ou municipaux chargés de l'entretien des routes comme à la SNCF, dont les employés sont censés faire marcher les trains, il en est de même et que si saleuses et motrices ne marchent pas, les RTT marchent à fond ! Les invraisemblables retards ou suppressions de trains comme les absences d’interventions sur les routes, sans naturellement qu'on nous dise, ont, entre autres autres causes, les multiples RTT qui ont dû être « posées », bien avant les intempéries, par une foule d’employés soucieux de se ménager des vacances en cette période festive.

Si l’on passait directement, par exemple, du 23 décembre au 4 janvier, je crois que beaucoup de problèmes nous seraient épargnés par une telle mesure, aussi simple qu'efficace.

samedi 30 octobre 2010

Retraites, manifestations et bouses de vache.

J'ai raconté autrefois, dans des circonstances analogues, un apologue que l'on trouve dans « Propos de O.L. Baranton confiseur » d’Auguste Detoeuf.. Comme je l’ai fait il y a bien longtemps et dans un autre blog que ce fut celui où j'opère actuellement, je vais le raconter à nouveau, vu sa remarquable pertinence en ces jours, en priant ceux ou celles qui l’auraient déjà lu autrefois de me pardonner cette redite.

Deux gendarmes cheminent paisiblement sur un chemin de campagne. Soudain, ils rencontrent une énorme bouse de vache qui trône au milieu du sentier. Saisi d'une étrange inspiration, le premier propose au second : « Si tu manges cette bouse de vache, je te donne 10 francs ! » . Tenté par cette offre, le second gendarme, non sans quelque mal, avale la bouse, au grand désespoir du premier qui est obligé de s'exécuter et de lui donner la pièce pariée. Un peu plus loin, nos gendarmes découvrent une seconde bouse de vache. Le premier gendarme, qui ne s'est pas remis de son échec, propose alors au second : « Si je mange cette bouse, est-ce que tu me rends mes 10 francs ? ». Pari conclu, le premier gendarme mange la seconde bouse et récupère ainsi ses dix francs. Ayant mangé chacun leur bouse de vache, nos deux gendarmes reprennent leur route.

Dans bien des conflits sociaux français, dont la fin est, dès le départ, tout à fait prévisible, on peut rappeler cet apologue ; dans la plupart des cas, finalement, après des incidents qui font du tort aux deux parties et par là à tout pays, on se retrouve au point de départ comme les gendarmes de l'histoire. On pourrait mettre en évidence les causes de cette spécificité française, mais la forme brève partiquée ici se prête mal à ce genre d’analyse !

Je pensais, une fois de plus à cette apologue, en écoutant avant-hier, 28 octobre, Michel Rocard qu'on interviewait au « Grand journal » de Canal+ sur l'affaire des retraites. Très en forme notre Michel polaire que le froid conserve de toute évidence ! Les maquilleuses de Canal+y étaient aussi pour quelque chose ; elles avaient fait merveille et nous avaient préparé, poudré à frimas, un octogénaire juvénile et épanoui.

Naturellement, Ali Baddou (Denisot était en vacances chez son pépé) s'est bien gardé de lui poser les bonnes questions pourtant incontournables ! « Pourquoi, étant Premier Ministre, il n'avait pas engagé une réforme des retraites, que le grand rapport qu'il avait lui-même commandé, faisait apparaître comme indispensable et inévitable à la fois ? » ; « Pourquoi la gauche au pouvoir dans la suite n'avait pas engagé davantage, dans la suite, une telle réforme ? », « Pourquoi, avec la création par Jospin du fameux « fonds pour les retraites », on s’était borné à une mesurette qui montrait bien que l'on n'avait aucune intention de toucher réellement au système ? » ou enfin « Pourquoi il avait fallu attendre Balladur pour que soit effectuée la première réforme réelle ? ». Il est vrai que ce pauvre Ali ignore clairement tout de ces affaires et ne s’en soucie en rien.

Néanmoins, comme souvent, Rocard a fait apparaître un point de vue lucide, raisonnable et mesuré, en montrant que, dans toute cette affaire des retraites, on s’affrontait surtout sur des symboles plutôt que sur la réalité des choses, puisque, actuellement, l'âge moyen de cessation d'activité en France se situe à 58 ans et de ce fait, ni à 60 ni à 62 et donc moins encore à 65 ou 67 ! Il a également rappelé (et je l’ai souvent fait moi-même) que les étapes essentielles de cette réforme des retraites ont été posées depuis longtemps, avec en particulier, l'accroissement du nombre des années de cotisation, dont la finalité cachée était en fait de réduire les retraites elles-mêmes, en faisant en sorte que de moins en moins de retraités puissent les percevoir dans leur intégralité.

Les gendarmes, ceux du pouvoir comme ceux de la rue, ont désormais mangé leur bouse de vache et la vie peut reprendre comme auparavant, l'économie du pays ayant une fois de plus souffert, en vain, de la sottise de nos dirigeants comme comme de celle ceux qui s'opposent à eux.

Une satisfaction toutefois, le grand manitou de la CGT-SNCF, Didier Le Reste vient de partir en retraite,... à 55 ans naturellement. C’est bien normal après une vie épuisante comme « contrôleur » (ce métier si « pénible » dans lequel le compostage des billets, une heure ou deux par jour, entraîne des callosités du pouce droit quasi définitives). Fort heureusement, D. Le Reste avait très vite, à la SNCF où il était entré à 20 ans, opté pouir le syndicalisme politique (CGT-PCF) et de ce fait, a pu passer sans travailler (comme la plupart de nos grands dirigeants syndicaux) l’essentiel (j’allais dire « le reste », mais ce sont les deux-tiers !) de sa vie réputée professionnelle.

mercredi 20 octobre 2010

Grève, blocage et sabotage.

Grève, blocage ou sabotage ?

J'étais pourtant fermement décidé jusqu'à 16:15 en ce 20 octobre 2010, à ne pas écrire une seule ligne sur la crise sociale liée à la question des retraites dans un débat qui me paraît débile et même parfois stupide.

Il ne s'agit pas de faire ici l'historique de la question puisque tout le monde sait que le premier à avoir mis en évidence à la fois le caractère inéluctable d'une réforme et le risque fatal qu'elle comporterait pour tout gouvernement qui l’entreprendrait est, chacun le sait, Michel Rocard. Cette lucidité et sa prudence l’ont d’ailleurs conduit à ne rien faire dans un domaine pourtant, à ses yeux, si important et où l’action était si urgente et si indispensable. On observera, en outre, qu’actuellement, sans doute préoccupé par les calottes glaciaires et le grand emprunt (sujets qui sont, il est vrai, plus rémunérateurs moins brûlants), Rocard est en ce moment remarquablement discret sur une question dont il est pourtant sans doute l’un des meilleurs connaisseurs.

Pour un Philistin de mon acabit, il est évident que, dans toute cette affaire, le moment essentiel a été d’abord 1993, où Balladur a modifié le nombre des annuités nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein, en faisant passer ce nombre de 37,5 à 40 et en faisant calculer cette retraite sur 25 années et non plus sur 10. Le gouvernement Balladur avait alors été assez habile pour s'en prendre au seul secteur privé, ce qui naturellement n'a guère ému le secteur public, dont on sait bien que le rôle est toujours déterminant dans les mouvements sociaux car les gens y étaient souvent payés, d’une façon ou d’une autre durant les grèves. En 1993, le secteur public et, a fortiori, les régimes spéciaux n’ont pas bronché et se sont même, me semble-t-il, laissés aller à rire sous cape devant cette réforme qui ne les touchait en aucune façon. Ils se sont émus en, revanche, en 2003 au moment où ce régime de passage des 37,5 à 40 annuités (et même à 41 en 2012) leur a été étendu par Fillon (déjà lui !). Le but, dans cette affaire, était certes d’aligner le public sur le privé (sans toucher aux régimes dits spéciaux !) et de faire cotiser les gens plus longtemps, mais SURTOUT de faire en sorte qu'un nombre extrêmement réduit de retraités soient désormais en mesure de percevoir leur retraite à son taux plein.

Dans la confusion actuelle, on discute de tout et de rien, chacun semblant trouver son intérêt dans ce dialogue de sourds. Les syndicats, qui prétendent ne jamais avoir été consultés, l'ont été, à de nombreuses reprises, depuis le Grenelle social de février 2010, mais il est clair que de telles négociations ne servent à rien si chacun, comme c'est toujours le cas, entend camper sur ses positions et ne pas faire la moindre concession On connaît le principe de base de la CGT ; « Ce qui est à moi est à moi, pour ce qui est à toi on va négocier».

À regarder les choses objectivement et de loin, on peut même penser que les principales concessions sur la pénibilité et le travail des femmes sont venues du côté gouvernemental mais ce ne sont pas toujours les mesures les plus opportunes qui ont été mises en avant. Le parti socialiste semble admettre, plus ou moins, le caractère inévitable de la réforme et le passage à 62 ans (comme le montrent les palinodies de Mme Aubry sur ce point). En réalité, il est évident que les socialistes sont ravis que l’inéluctable réforme qu'ils s'étaient si soigneusement abstenu d'entreprendre 14 années durant, soit mise sur les rails par la droite, même si c'est dans des conditions difficiles qui, en tout cas, leur auront été épargnées.
Cette métaphore des rails me ramène à mon sujet puisque si j'ai décidé d'intervenir sur ces questions, c'est parce que sur la ligne Aix-en-Provence-Digne, au passage à niveau de Venelles, j'ai vu quelques individus vêtus de gilets de travailleurs routiers s'affairer autour d'un certain nombre de wagons de marchandises qui étaient arrêtés sur la voie. Je ne sais pas exactement ce qu'ils faisaient là, mais tout me donne à penser qu'ils avaient placés ces wagons à cet endroit pour empêcher le passage des TER.

Ces gens-là étaient des grévistes je suppose (même si j'en sais rien car peut-être étaient-ils en service et, à ce titre, payés par la SNCF, mais sans doute pour faire tout autre chose) ; ils s'affairaient donc, me semble-t-il, à bloquer la ligne avec des wagons de marchandisers chargés qu’ils n’avaient sans doute pas poussés à la main depuis la gare d’Aix-en-Provence, mais en « empruntant » en douce, pour ce faire, une motrice. Le fait de disposer des obstacles imprévus sur une voie de chemin de fer est, en général, un comportement répréhensible et peut être même tout à fait legitimement assimilé à un sabotage.

S'il est vrai, comme je l'ai souvent entendu dire par des responsables syndicaux et politiques de gauche, que le gouvernement fait de la « provocation » en mettant des forces de police aux endroits « sensibles » et en particulier devant les établissements scolaires que les élèves bloquent à grand renfort de poubelles, je pense que les provocateurs devrait pousser la provocation un peu plus loin.

Il doit bien être possible de trouver parmi les cheminots non-grévistes quelqu'un qui, moyennant une rémunération aussi solide que discrète, se mettent, sans rien dire à persoone comme les bloqueurs, aux commandes d'une motrice et la fasse entrer en collision avec les wagons inopinément arrêtés en pleine voie ; s'il s'agit d'un professionnel, il doit être capable de faire tout ça sans trop prendre lui-même de risques. Je pense que, dans ces conditions, on pourrait tout à fait inculper de sabotage des agents de la SNCF qui se sont livrés à cette manoeuvre de blocage/sabotage en utilisant illicitement en outre une motrice!

La confusion entre le droit de grève et le fait d'empêcher de travailler ceux qui n’entendent pas s'associer à cette grève est en France aussi ancienne que constante. Il en est de même pour les établissements scolaires et je ne vois pas davantage de quel droit des élèves empêchent de pénétrer dans les locaux ceux qui souhaitent le faire. Dans cet ordre d'idées, j'ai peine à croire qu'après avoir entassé les poubelles devant la porte du lycée ou du collège, ils se soucient de les remettre en place, épargnant ainsi aux travailleurs, du sort desquels ils se déclarent si soucieux, le soin de les remettre aux places où elles auraient dû rester. Mais je ne pense pas que cet aspect des choses constitue un réel souci pour nos lycéens ou collégiens grévistes qui, toutefois, pour épargner la peine du rangement aux travailleurs, mettent le feu aux deiyes poubelles et parfois même au collège.

lundi 19 juillet 2010

La vie duraille 2

Dimanche 11 juillet 2010, départ d’Aix-en-Provence à 16 heures 19 par le TGV 6178, Nice-Paris. Placé dans la voiture 11 (siège 62), j’obtempère aux consignes, répétées à de multiples reprises, de repérer l’emplacement de la voiture grâce aux tableaux de formation des trains placés, à cet effet, dans divers endroits de la gare.

Pour mon malheur, la voiture 11 se trouve à l’extrême queue du train, donc quasiment hors de la gare, dans sa partie Sud. 35° à l’ombre en cette belle journée de juillet! Je gagne donc l’emplacement désigné sur le tableau pour attendre l’arrivée du TGV d’ailleurs un peu en retard. Le train immobilisé, nous constatons que la composition affichée dans la gare est totalement fausse et probablement inverse de la composition réelle du train. J’ai déjà assisté à ce genre de gag de la part de la SNCF, mais, comme je l’ai déjà dit, la température en ce dimanche estival est caniculaire, plus d’une centaine de voyageurs se pressent sur le quai et l’arrêt dans cette gare ne dure que quelques minutes. Dur !Dur ! Pour ce qui me concerne, si la voiture 11 n’est pas en queue de TGV comme annoncé, tout donne à penser qu’elle est en tête, donc à deux ou trois cents mètres de l’endroit où je l’ai attendue.

Il faudrait le talent d’un Victor Hugo pour décrire ce qui se passe alors ! La nécessité de retraverser toute la gare au galop et la crainte de manquer le train empêchent même les « clients » de manifester leur légitime colère devant l’incurie de la SNCF. Le pire est évidemment que le flot de celles et ceux qui courent du Sud au Nord (comme moi-même) se heurte inévitablement au flot inverse, tout aussi fort et abondant, de celles et ceux qui se livrent à la même course en sens inverse, du Nord au Sud. Les heureux « clients » du milieu du TGV, qui ont bénéficié, par hasard, d’indications moins fausses sur l’emplacement de leurs voitures et qui pensaient monter tranquillement dans le train sont emportés par ces deux marées humaines contraires qui bousculent tout sur leur passage. Mon absence de talent épique ne me permet pas de vous rendre ce spectacle que vous pouvez néanmoins imaginer et que je renonce donc à vous décrire.

Ayant remonté, non sans peine, sur une bonne centaine de mêtres, cette marée humaine, j’avise, vers le milieu du train, naturellement là où les clients chanceux ont déjà pu monter dans le train, un groupuscule qui devise paisiblement dans la cohue. Il y a là, outre deux « clients » (peut-être des employés de la SNCF en goguette gratuite sur le dit TGV car ils ne semblent pas émus), trois « agents » de la SNCF. Deux contrôleurs, à en juger par le ridicule couvre-chef qu’ils arborent, et une femme, dont l’accoutrement d’un kaki d’allure vaguement militaire, donne à penser qu’elle doit être « de la maison », mais sans doute du contingent local.

A ce stade, je ne sais encore nullement ou se trouve exactement ma voiture 11 ; je m’approche donc du groupe engagé dans une conversation sans doute trop intéressante pour répondre à la question que je pose et même pour prendre simplement acte de ma présence. Vu l’urgence, je touche du bout de l’index gauche le bras droit du contrôleur le plus proche de moi. Il bondit en vociférant « Je vous interdis de me toucher ! ». Je lui fais brièvement observer que j’ai donné trois cents euros pour un billet de train et que j’aimerais donc trouver la voiture qui n’est pas à l’emplacement annoncé. J'ajoute que j’ai payé un service que j’entends me voir rendre. L’homme doit être un militant de la « CGT cheminot » car il commence à tiquer sur le propos et le mot « client » et met en avant sa dignité sans me donner la moindre indication sur l’emplacement de la voiture 11. Comme le temps presse , je coupe court et repars, à l’aventure, vers ma supposée voiture.

Le hasard fait que c’est ce même individu qui sera chargé de contrôler ensuite mon billet au cours du trajet. Je ne le reconnais d’ailleurs pas car je suis occupé dans un travail et surtout je ne lui ai pas prêté attention sur le quai. Il revient donc, lui-même, sur l’incident car il affirme que j’ai « frappé » sur l’épaule (double mensonge, car je lui ai à peine effleuré le bras) et que je l’ai traité de « connard » (ce qui pour le coup est vrai, car j’ai grommelé ce qualificatif parfaitement adéquat, en reprenant ma course, sans espérer toutefois qu’il puisse l’avoir entendu !). Il me menace de la police que je l’invite à aller chercher. Je lui suggère que le mieux est que nous identifions l’un et l’autre ; je lui donne donc une carte de visite tout en lui demandant son nom ; je refuse naturellement de lui présenter la carte d’identité qu’il me demande sans la moindre raison ni le moindre titre à le faire (Je suis, paraît-il, pour la SNCF « Très grand voyageur » et porteur d’un billet plein tarif en première classe ). Le bougre refuse naturellement de me donner son identité, car j’entends, naturellement, donner une suite à cette affaire auprès de la SNCF. Je pense que celle-ci, même si elle ne sait pas où sont situées les voitures du TGV 6178, doit être en mesure d’identifier le contrôleur chargé, dans ce même train, de la voiture 11, le 11 juillet 2010.

Quelques remarques finales.

Sur le dernier point, dans la plupart des pays civilisés que je connais, les agents de ce genre de services portent un badge indiquant leur nom. Rien de tel dans notre belle démocratie ! De là, le sentiment d’impunité de ce genre d’individus. La mention de leur nom pourrait pourtant les rendre un peu plus prudents (je ne dirais pas intelligents, car le port de la casquette, peut-être sous l’effet de la chaleur, engendre chez de tels êtres, un sentiment de puissance qui s’accompagne clairement d’une réduction des facultés mentales).

Au moment où l’on parle beaucoup des régimes spéciaux de retraite (je pense ici surtout à celui de la SNCF) et de la «pénibilité » des travaux en cause, je m’interroge sur l’activité exacte des deux loustics chargés du contrôle des billets dans le TGV Nice –Paris. Le train étant sans arrêt d’Aix-en Provence à Paris, nos deux contrôleurs, ont dû, en trois heures, contrôler les billets des 150 clients montés, non sans peine, à Aix. 75 billets chacun ! 25 trous à l’heure à faire ! Ces choses-là sont rudes ! Voilà des gens qui ne volent pas leur salaire et qui mériteraient largement de partir en retraite avant les autres !

Je comprends, à l’extrême rigueur, que l’incident de l’inversion de la localisation des voitures puisse se produire (même s’il est scandaleux et même inquiétant!), mais je ne comprends pas que des agents de la SNCF, sur le quai de cette même gare et à ce même moment, non seulement se désintéressent, totalement et ostensiblement, de la situation au point de discuter tranquillement entre eux au milieu des clients affolés, mais refusent même de donner aux clients égarés les indications qu’ils possèdent, de toute évidence, puisqu’il s’est avéré que mon crétin casquetté était contrôleur sur ce même train et savait donc parfaitement OU ETAIT LA VOITURE 11 !

Pire encore, l’employée de la gare d’Aix-en-Provence, qui devisait si paisiblementavec ses collègues, sans être le moins du monde émue par le tumulte régnant sur le quai, aurait pu (ou « dû » !) songer , dans un pays normal et avec une compagnie de chemin de fer normale, à faire au micro une annonce d’abord pour PRESENTER DES EXCUSES aux clients, ensuite pour donner les indications sur le VRAI positionnement des voitures et enfin pour préciser que le départ du train serait retardé autant que de besoin.

Mais alors la SNCF ne serait plus la SNCF !

dimanche 18 juillet 2010

La vie duraille

Retour au bercail après deux semaines d’errance. Qui dit errance dit transports en commun et donc recours obligé aux deux éternels fleurons de nos services prétendument publics, Air-France et la SNCF. Lors de précédents voyages, j’avais eu maille à partir avec la première qui avait, une fois de plus, démontré sa superbe efficacité et son sens aigu des relations publiques, mais je vous raconterai ça une autre fois, si je ne l’ai pas déjà fait, car je suis plutôt, pour le moment, sous le coup de mes plus récentes émotions ferroviaires

Je suis revenu de Paris vendredi 16 juillet 2010 à 17 heures 16 sur le TGV 6123 à destination de Marseille. A la gare de Lyon, comme toujours, surtout en ces périodes dites de pointe, (toutes le sont, au moins au plan tarifaire) superbe organisation ! Dans la salle dite Méditerranée ; piétinent, devant les écrans, qui annoncent les voies d’accès et les quais d’embarquements, des centaines de personnes encombrées de leurs imedimenta estivaux (bagages , enfants, vieillards, etc.). Pour des raisons mystérieuses, ces indications d’embarquement indispensables, ne sont fournies qu’un petit quart d’heure avant le départ du train aux « clients » pourtant pressés de gagner les places qu’ils ont achetées au prix fort (296 euros pour un aller-retour Aix-en-Provence-Paris en première classe). J’emploie à dessein ce terme de « clients » que récusent et interdisent les syndicats de « cheminots » (autre délicieux vocable qui constitue un des multiples avantages acquis de cette corporation) ; ils ne veulent connaître que le si poétique « voyageur » ou, à défaut, l’inodore « usager ».

Bref à 17 heures 02, comme on disait dans les rédactions d’autrefois, « le moment tant attendu arrive » ! Le Moloch SNCF révèle au peuple impatient des clients que le quai de départ du TGV 6123 est accessible par l’escalier A. Ruée générale vers la porte A pour le compostage des « titres de transport », comme on dit en esènecéèfien. Des dizaines de clients se bousculent à l’entrée de l’étroit escalier où se trouvent les bornes de compostage. Une partie de ces machines est régulièrement en panne (comme les « bornes ») et leur usage exige que le billet y soit introduit dans un sens particuler sans doute dans le but de ralentir encore les opérations. On pourrrait imaginer, que dans les vingt lignes de texte qui figurent au dos des billets, soit indiqué ce détail et le mode précis de compostage. Mais on a déjà là le principe majeur de la SNCF que vous avez sans doute tous compris depuis longtemps par expérience et qui est ; « On ne va quand même pas se laisser emmmerder par les clients ! »)

Bref, comptez au moins cinq bonnes grosses minutes pour venir à bout du compostage et gravir les deux volées de marches étroites de l’escalier A Il est donc déjà 17 heures huit quand vous atteignez la dernière marche que vous ne pouvez d’ailleurs franchir, tant la presse y est grande. Votre train stationne en effet sur la voie de droite et la foule s’agglutine là sans se répartir entre la gauche et la droite du quai pour une raison que vous allez découvrir deux minutes plus tard quand vous aurez progressé d’un mètre en direction du train.

En effet, l’ingéniosité de la SNCF est sans borne ! La voiture qui est stationnée juste devant le haut de l’escalier ne porte en effet aucun numéro ; de ce fait, les voyageurs ne peuvent savoir s’ils doivent aller à droits où à gauche pour gagner la voiture où ils doivent prendre place. Naturellement aucun membre de l’innombrable et divers personnel de la SNCF ne se trouve dans cette position pourtant hautement stratégique. En effet, le principe de base déjà énoncé (« On ne va quand même pas se laisser.... ») a le corollaire suivant : le personnel SNCF se trouve toujours loin des lieux où il serait indispensable ou même simplement utile mais où, de ce fait même, il risquerait d’etre importuné par les « cliients » et, par là même, détourné des conversations entre soi qui constituent une bonne partie de son activité.

Mieux encore, non seulement la voiture devant laquelle conduit l’escalier A n’a pas de numéro, mais l’accès à la droite du quai où, vu la configuration générale de la Gare de Lyon, on peut faire l’hypothèse que se trouvent la plupart des voitures du dit TGV est quasiment bouché par un tracteur et trois remorques qui ne laissent, entre eux-mêmes et la voie, qu’un fort étroit passage où une personne, sans bagage, a le plus grand mal à se faufiler. La troisième remorque est même si mal garée, en biais, que l’on doit pratiquement se risquer au-dessus même de la voie pour parvenir à passer (je constaterai, dans la suite, que j’ai perdu dans ce périlleux transit les journaux que je venais d’acheter).

L’explication tient à ce que la voiture sans numéro est la voiture-bar et que le chariot qui empêche le passage est destiné à l’alimenter. On aurait pu certes garer cette voiture et/ou les chariots trois métres plus loin, mais, selon l’air déjà cité, « On ne va tout de même pas se laisser... ».

Il est déjà 17 heures 12 quand je parviens, non sans mal à franchir, ce dernier obstacle. Je suis placé dans la voiture 11 et la première que je vois est la voiture 18. L’espoir renait pour s’éteindre aussitôt quand je constate que la voiture 12 est la dernière de la série. Serais-je parti, au départ, dans le mauvais sens ?. Heureusement je ne suis pas encore au bout du train . La voiture qui suit porte le numéro 4 ; c’est inattendu mais je comprend alors que la 11, si elle existe sera la dernière que je distingue au loin. Gagné ; je l’atteins enfin entre 17 heures 15 et 17 heures 16, tandis qu’une voix menaçante annonce que le TGV 6123 va partir. Dans ma course éffrénee , j’ai néanmoins constaté la présence de deux ou trois contrôleurs ou assimilés, que je n’ai eu ni le goût ni le le temps d’interroger, mais qui étaient de plus en plus nombreux, au fur et à mesure que diminuait le nombre des voyageurs.

Mon retour de Paris vous-a-t-il plu ? Vous allez adorer le voyage aller que je vous raconterai demain !

vendredi 18 juin 2010

De l’opportunité publicitaire

Je vais finir par croire qu’il y a une puissance supérieure (appelez ça comme vous voudrez !) qui, non seulement a l’oeil sur le destin du monde, mais qui se distrait de ces lourdes tâches par quelques petites facéties dont l’actualité nous régale de temps à autre, en ces moments par ailleurs difficiles pour nous tous.

Je ne parle pas pas ici des « missions impossibles » et des indemnités pharaoniques de Madame Boutin, ( pas plus coupable, en la circonstance, que l’inoxydable Rocard qui en cumule bien davantage, comme pas mal d’autres) ni des cigares de Monsieur Chritian Blanc, qui se bousille héroïquement les poumons pour le salut du Grand Paris et de la France. Dans un genre différent, car l’homme cultive plutôt le style « beau mec » que le genre faubourien, Blanc me fait penser à Blondel, avec son chauffeur payé par la Mairie de Paris et ses cigares à 200 francs la pièce (autre temps, disons trente euros), roulés sur la cuisse par les belles Cubaines et venant sans doute tous de chez Davidoff !

Je pense plutôt ici à toutes ces publicités, dont on nous inonde à la télé depuis des mois et qui sont de moins en moins de circonstance. En effet, toutes mettent en scène les brillants et valeureux sportifs français dans l’exercice de leurs talents.

Le tennis tient dans cette affaire une place modeste avec ce pauvre Monfils plus doué pour faire le gugusse, style Al Johnson, que pour gagner des tournois, mais le comble est notre Jean-Wilfrid Tsonga, héros de la publicité Kinder. On le promet, à chaque tournoi, aux plus hautes destinées finales et, en général, dès le premier tour, il se fait liquider au prétexte qu’il a mal au pied ou au dos (ou aux deux !). Un peu déjà le style Noah qui, à y bien réfléchir, n’a guère gagne qu’un seul tournoi dans sa vie de tennisman ! Il est vrai que Noah faisait la publicité des caleçons, ce qui rendait normal qu’il se retrouve de temps en temps en slip ! Tsonga, lui, fait dans la pub des produits chocolato-laitiers censés vous assurer force et santé, alors qu’il passe sa vie tennistique couché sur le terrain à se faire tripoter par les kinés ! Ironie publicataire ou gag du Bon Dien de la pub que l’évoquais en commençant.

Mais le meilleur nous est réservé par nos vedettes bleues du football. Dien sait qu’on nous les a mis, depuis des mois, à toutes les sauces publicitaires, depuis les bagnoles (Peugeot, Kia, Toyota... la voiture des Bleus ! Les voir jouer ne vous encourage pas à faire l’emplette de ce genre de caisse qu’ils sont censés patronner) jusqu’aux assurances (je ne vise pas à être exhaustif, ayant pour principe de ne JAMAIS acheter, ni les produits étiquetés « vu à la télé », ni les articles dont on m’inflige la publicité télévisuelle.

La meilleure et la plus ironique des publicités est celle de je ne sais quelle compagnie d'assurances où, en plus, on nous prend pour des crétins en nous mentant effrontément ! On y voit, en effet, nos héros du onze de France sauver de l’accident un maire, qui PENSE s’assurer à la compagnie en cause, comme si les assurances, qui rechignent déjà toujours à couvrir les risques assurés chez elles, vous garantissaient quoi que ce soit AVANT que vous y soyez assuré!

Successivement, par un ultime geste technique admirable, Gourcuff, Lloris, Henry, Evra et même ce pauvre et grotesque Ribery sauvent le dit maire en retirant le pot de fleurs ou le jouet volant qui vont lui tomber sur la tête, en remettant ben place la plaque de l’égoût où il va tomber ou en lui glissant sous les fesses le fauteuil absent où il pensait s’asseoir. Dieu sait combien nos dieux du stade ont touché pour cette pub ! Et maintenant, on vous passe ce spot juste avant (mais pas APRES) le match où ces mêmes héros sportifs se couvrent de ridicule, en ne parvenant même pas, en plus de 180 minutes, à inscrire le moindre but à des équipes classées dans le tréfonds du palmarès mondial.

Cela dit, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ce matin, sur RMC que je n’ai pu supporter d’écouter plus de cinq minutes, Bourdin se trouvait dans un état orgasmique permanent, flanqué qu’il était du « capitaine » Jean-Michel Larqué, de Luis Fernandez et de « coach » Courbis (enfin sorti des geoles marseillaises) suite à la raclée subie devant les Mexicains. RMC et sa « dream team » avaient pronostiqué cette défaite... comme vingt millions de Français amateurs de football !

Ces cas que je reunis ici sont, en fait, bien différents. Larqué, Fernandez et Courbis, tous entraîneurs mis au rencart ou sans emploi, depuis une décennie, pour incompétence et/ou insuccès, reprochent surtout à Domenech d'occuper une place qu’ils convoitaient tous les trois ; le cas le plus net est celui de Fernandez qui s’y est même porté candidat encore récemment et qui est tombé désormais en Israël et dans les paris sportifs sur les bourrins, après un bref séjour à Reims...en deuxième ligue française ; ce club est même encore descendu d’une division suite au bref passage de Fernandez !

Pour Bourdin c’est différent. Il n’y connaît rien (avouant lui-même sa préférence pour le rugby) mais, luttant frénétiquement contre RTL et Europe 1, il épouse les points de vue des trois autres loustics, portant au crédit de RMC ( « La radio de la vérité ! » tu parles !) le mérite de la critique de Domenech et l’annonce de la catastrophe nationale finale ! Qui ne la prévoyait pas à voir, depuis quatre ans, les résultats de l’équipe de France, qui ne s’est qualifiée que par la tricherie et ne méritait même pas la qualification qu’elle a volée devant l’Irlande?

Je pense que le 24 juin 2010, la SNCF va nous entamer une des ses chères (et coûteuses) campagnes de publicité pour le train !

jeudi 27 mai 2010

Méditation automobile

Ce mercredi 26 mai 2010, en voiture, j’écoute, un peu distraitement, je ne sais quelle radio du matin ( RMC , Europe 1, RFO...de toute façon, toutes leurs « exclus » sont rigoureusement identiques). L’invité du matin est le « député » (dépité ?) François Hollande, dit Flamby ! Vous vous souvenez ? C’est celui qui, de son appartement de Cannes, informait la France qu’on est riche à partir de 4.000 euros mensuels. Faute d’avoir pu, en quatorze ans de régime socialiste, rendre tous les Français riches, il n’est pas sot, au fond, d’abaisser le seuil de la richesse ! Et Flamby d’évoquer, en écrasant au passage une larme furtive, le bonheur des travailleurs qui, grâce à Tonton, ont pu prendre leur retraite à soixante ans. Une telle sollicitude est touchante de la part d’un homme qui n’a jamais travaillé de sa vie !

Au-delà des billevesées de Flamby, qui pousse la déraison jusqu’à prétendre candidater à la candidature en 2012 (mais ce n’est, en réalité, qu’une rodomontade sans autre finalité que de le mettre en position d’obtenir une place, en cas d’improbable victoire de la gauche),on croit rêver quand on réfléchit, ne fût-ce qu’un instant, à ce qui se dit de tous côtés !

En dépit de quelques écarts de langage de Martine Delors, qui a très vite remis dans sa poche (avec son mouchoir dessus), ses premiers propos sur la retraite à 62 ans, le PS s’accroche à ses deux brevets de gauchitude, la retraite à 60 ans et les 35 heures. Nous sommes les seuls au monde à pouvoir nous offrir de tels gadgets de luxe que nous permet notre exceptionnelle "pro-duc-ti-vi-té", comme dirait l’autre !

Ces deux fleurons de la tradition française ne remontent pourtant pas si loin ; la première est l’oeuvre majeure de Tonton ; son autre titre de gloire, l’abolition de la peine de mort, risque aussi de se voir ménacé dans les années qui viennent ; Sarkozy devrait peut-être faire un « lot » pour un referendum (fin de la retraite à 60 ans + rétablissement de la peine de mort) ; l’exécuteur de le retraite à 65 ans , en 1981, avait été Gros Quinquin qui en avait profité, au passage, pour créer quelques dizaines de milliers de postes aux Charbonnages de France (électoralisme oblige!) que tout le monde savait déjà condamnés depuis longtemps ! Un bon, ce Gros Quinquin que Tonton a dû virer pour installer Fafa-la rigueur ! Quant aux 35 heures (en fait oeuvre de DSK – même s’il ne s’en vante guère désormais- plus que de Martine !), on a vu le résultat sur le plan majeur de l’emploi !

Passons sur ces sornettes, car je crois qu’un certain Michel Rocard, quand il ne faisait pas encore l’Ambassadeur- GO du pôle Nord à 10.000 euros la séance, avait lui-même annoncé, à propos de la réforme des retraites, à la fois son caractère inéluctable, mais aussi funeste pour le gouvernment qui la mettra en place (d’où la prudence de la Gauche, y compris celle d’un certain Rocard Michel, Premier Ministre).

Nous y voilà et les petites ruses de Woerth feront sans doute un peu foirer la grève du 27 mai. Il divise les revendications en annonçant que les régimes spéciaux (EDF, RATP, SNCF, où, par exemple un conducteur de train peut partir en retraite à 50 ans s’il a 25 années de cotisation !) ne seront pas touchés avant 2018 (on refile la patate chaude à ses successeurs).

En fait, depuis le début, tout cela n’a ni queue ni tête ! Le but principal, avec ces âges de retraite, est d’augmenter le nombre d’années de cotisations, moins pour procurer des recettes supplémentaires que pour diminuer les retraites de tous ceux qui n’auront pas, de ce fait, une retraite à taux plein par manque d’années de cotisations. Woerth devrait mettre en avant les « aiguilleurs du ciel » (planqués dans des niches fiscales et professionnelles dorées, comme on peut le voir dans le rapport de la Cour des comptes dont j’ai parlé je ne sais plus quand!). Ils ont fait une grande grève, il y a quelques années pour avoir la retraite à 55 ans et maintenant, vu leurs conditions de statut et de travail, ils veulent travailler plus longtemps !

Mais le paradoxe le plus criant est qu’on nous bassine avec la retraite à 62 ou 63 ans, tout en ne cessant de nous parler du non-emploi des « seniors ». Depuis des décennies, on ne cesse de mettre en retraite anticipée à 55 ou 56 ans, avec souvent en outre, des avantages fiscaux à la clé, en jouant sur les dispositons fiscales, sous couvert de licentiements économiques.

Autre contradiction, plus générale encore, on pleurniche sur le ralentissement voire la fin de la croissance, tout en mettant, sans cesse, en avant la conscience « écologique » pour laquelle la croissance, à terme, ne peut être que funeste.

Va comprendre Charles !