Messages les plus consultés

Affichage des articles dont le libellé est scoop. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est scoop. Afficher tous les articles

samedi 24 juillet 2010

"Chéri, fais moi peur!"

Du Tour de France aux affaires politiques, le principe moteur commun de nos médias se résume dans le titre d’un vieux film de Darry Cowl « Chéri fais-moi peur ! ».

Le Tour de France est à Bordeaux, au terme d’une nano-épopée vélocipédique de deux semaines à laquelle les commentaires essouflés de Laurent Fignon, les rouspétances de Bernard Hinault et les lectures soporifiques de guides touristiques (par un incerain Jean-Paul Olivier) n’ont pas réussi à donner le moindre soufle de vie !

Lassés d’annoncer ce qui pourrait se passer s’il y avait une course et de nous prédire les imminents exploits des vedettes, quand seuls les troisièmes couteaux occupent le devant de la scène (le Grand Prix de la Montagne va à un illustre inconnu, car passer en tête un col hors catégorie équivaut à franchir, en tête de la course, trois ou quatre buttinettes plantées en rase campagne !), nos « journalistes » sportifs se font peur à eux-mêmes en espérant nous faire peur à nous aussi. Ainsi, ce matin, ils évoquent la perspective d’une victoire de Schleck dans le contre la montre du jour. Tout le monde sait, on nous l’a assez répété, que Contador, qui, dans le prologue, a même devancé Cancellara, le grand spécialiste du genre (même sans vélo à moteur), a collé au luxembourgeois deux minutes dans la vue sur 10 kilomètres !

Le scoop, la menace-bidon et l’enlèvement sont les trois mamelles du journalisme français moderne.

Voulez vous que je vous fasse, en scoop, l’actu. de la semaine prochaine.

Lundi. Monsieur de Maistre rend publique dans le « Canard enchaîné » la lettre de Monsieur Woerth qui, sur papier à en-tête du ministère, lui demande de recruter sa femme, moyennant quoi on ne cherchera pas d’îlots seychellois dans la tête de Madame Liliane et lui-même le décorera personnellement de la légion d’honneur.

Mardi. Dans son hôtel particulier de Neuilly, Madame Bettencourt reçoit le Juge Courroye, venu en robe de bure et la corde au cou. Le nouveau majordome, qui officie désormais en string pour éviter les enregistrements subreptices, intime au juge l’ordre de laisser ses chaussures à l’entrée et de prendre les patins. Il aura tout de même droit à un coussin pour s’agenouiller devant Madame Liliane durant l’interrogatoire qui devra toutefois être conduit à la troisième personne et à travers un hygiaphone.

Mercredi. Raymond Domenech et Laurent Blanc déjeunent ensemble en salon particulier. Ils y sont servis par Jean Michel Larqué déguisé en soubrette. Au dessert, Anelka vient leur chanter « Adieu foulards ! Adieu madras ! » accompagné au pipeau par Gourcuff grimé en faune! On les a vus, au sortir du restaurant se faufiler tous dans un hôtel du quartier.

Jeudi. A vous de jouer selon le même principe !