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mercredi 2 juillet 2014

Censure des blogs : les malices du hasard


Je ne dirai décidément jamais assez combien le hasard est malicieux !

Je m'étais réjoui bruyamment (mais sottement on va le voir !) de mon retour sur le blog du Nouvel Observateur et j'avais reçu avec plaisir les bienveillantes paroles d'accueil de nombre de mes anciens correspondants en ce lieu d'où je vais être contraint de m'exclure à nouveau moi-même, suite à une affaire tout à fait caractéristique l’ère Sarkozy qui s’y perpétue. Comme la tente d’Holopherne chez Giraudoux avait été exclue du péché originel, le blog du Nouvel Observateur l’est de la liberté de la presse, même après la fin du règne de D. Olivennes !

J'ai narré dans son détail, il y a juste deux jours, dans mon dernier billet publié, sous le titre désormais bien inexact : « Usbek : le retour ! », les circonstances de mon éviction du NO olivennien en raison d’un procès pour « diffamation » que m’avait intenté en 2010,  René Ricol, sévèrement débouté par une justice restaurée au bout de trois ans. En fait, il n'y a pas eu de vrai retour d’Usbek, aussitôt muselé, et il n'y en aura pas ; mon blog suivant, dont j’avais demandé la publication le 1er juillet 2014 et qui avait pour titre « Immigration et émigration », a été purement et simplement rejeté par la censure du NO. 

On m’a adressé, en cette circonstance, le message suivant, d’une hypocrite cordialité, que je reproduis exactement ci-dessous, y compris les fautes d'orthographe :
« Bonjour usbek Après lecture et analyse attentive [ tu parles ! ] de votre article du 01.07.14 11h38 par notre équipe de modération, celui-ci a dû être retiré de la publication en raison de sa non-conformité vis-à-vis de la charte díutilisation du NouvelObservateur. Nous tenons à vous assurer que nous faisons tout notre possible pour accepter le plus grand nombre de messages et que tous nos modérateurs sont tenus à une stricte obligation díimpartialité. La neutralité de leur analyse est díailleurs régulièrement vérifiée par un superviseur. Toutes les opinions sont acceptées dans la limite des règles définies dans la charte éditoriale et sous réserve de les exprimer de manière courtoise, argumentée, et sans agressivité. Le motif de retrait de votre participation est : Propos potentiellement [J’adore le « potentiellement » ! ] racistes Les propos racistes, xénophobes, ou de façon générale, étant de nature à inciter à la haine raciale ou à rejeter une personne en raison de ses origines, sont interdits par la charte du site. Il níest également pas permis de stigmatiser, díattaquer ou de faire des insinuations sur une personne ou une communauté, en raison de son appartenance ethnique, culturelle ou religieuse. Sont également considérés comme racistes les propos dégradants ou injurieux basés sur le sexe ou les orientations sexuelles díune personne (homophobie). Cordialement [le « cordialement » me plait aussi beaucoup !], Líéquipe de modération 

En réponse à Marc, un commentateur, qui avait pu voir ce même blog sur Mediapart où j’avais aussi mis ce même texte mais qui, faute d’être abonné, ne pouvait le commenter (une erreur de marketing que j’ai déjà signalée), j’ai envoyé un commentaire qui a été censuré en ces termes par le NO qui a précisé que ce bref commentaire était « insultant ». Jugez en :
« Bonjour usbek Après lecture et analyse attentive de votre article du 01.07.14 16h27 par notre équipe de modération, celui-ci a dû être retiré de la publication en raison de sa non-conformité vis-à-vis de la charte d’utilisation du Nouvel Observateur. [je coupe la suite, identique au texte pécédent, jusqu’au si délicieux « cordialement » ; il ne s’agit pas là d’un « article » mais d’un « commentaire », mais une feuille essentiellement publicitaire comme le NO ne va pas s’arrêter à de tels détails !). Cordialement, L’équipe de modération Ps : pour rappel, le texte de votre article était: --------------------------------------- "Une telle censure qui a conduit à faire censurer mon billet "immigration et émigration" dont je maintiens tous les termes qui ne sont en rien racistes, ne témoigne que l'inculture anthropologique et historique des censeurs du NO car je suis sûr que nombre de Musulmans cultivés ou même simplement instruits partagent, en gros, cette analyse. Le malheur de l'Islam est le pétrole tombé aux mains exclusives de roitelets stupides et ivres de leur pouvoir plus familiers de Partouche que d'Averroès ! "

Je soupçonne la si cordiale Anastasie du NO de ne pas avoir compris mon commentaire jugé « insultant », sans doute pour Monsieur Averroès, fidèle lecteur du Nouvel Observateur !

Si j'avais séjourné sans problème près de quatre ans dans l'ancien blog du Nouvel Observateur, je n’aurais guère passé qu’une quinzaine cette fois-ci ! Je dois dire d'ailleurs que je suis quelque peu étonné (mais je l'avais déjà été la première fois) de voir utiliser de pareils procédés dans un hebdomadaire que j'ai vu autrefois naître et dont je n'arrive pas à comprendre comment Monsieur Jean Daniel, qui était déjà là lors de cette naissance, peut accepter de demeurer !

Mais ce point est au fond sans importance ; si j'avais eu un peu plus de clairvoyance et lucidité et si je ne m’étais pas laissé porter par les sentiments nostalgiques envers des amis que j’y avais laissés, je n'aurais pas fait pareille tentative.

L'amusant de la chose et c'est là où la malice du hasard intervient est que dans Mediapart où il y a eu aussi, à un degré moindre, des problèmes de censure ou de rejet, Géraldine Delacroix publie précisément ce 1er juillet 2014 (le jour même où je subis la censure du NO et c’est en cela que réside la vraie malice du destin) un texte sur la nouvelle charte de Mediapart qui traite surtout de ce point. Je reproduis ci-dessous, sans autorisation, les premiers paragraphes de son article.
« Mieux vivre ensemble, expliquer la façon dont la modération se pratique sur notre site, décrire les pratiques mises en œuvre au quotidien, les attentes de Mediapart, ses obligations aussi: pour rédiger cette nouvelle Charte, nous nous sommes appuyés sur notre expérience, avec un  souci permanent de clarté. Nous la mettrons en ligne ce vendredi 5 juillet.En voici aujourd’hui la partie principale, c’est-à-dire celle qui concerne la vie de tous les jours sur Mediapart. Il va sans dire que si nous la rendons ici publique, c’est pour en discuter, la préciser, l’amender si besoin.Un second point, celui qui concerne vos responsabilités juridiques et les nôtres – notamment les demandes de modification ou suppression de billets adressées à Mediapart depuis l’extérieur, le plus souvent par des personnes se considérant diffamées, mais aussi par des entreprises se disant atteintes d’un préjudice, et enfin les réquisitions judiciaires – sera abordé d’ici vendredi. » , Géraldine Delacroix, 1er juillet 2014.

Je dois confesser que si certains se plaignent, à Mediapart, du rejet de textes par la rédaction, l'atmosphère est tout de même très différente de celle du Nouvel Observateur. D'ailleurs, ce même 1er juillet, jour de la censure de mon blog par le Nouvel Observateur, j'avais aussitôt, aux fins d'expérience et de comparaison, publié dans Mediapart, ce blog jugé raciste et même insultant ! Il est paru dans le Club sans aucun problème et je dois dire dois dire qu'il n’a suscité de la part des lecteurs éventuels aucune réaction.

Si vous voulez juger de son contenu, il suffit de revenir, dans le Club et dans mon blog au 1er juillet, pour voir ce texte dont je maintiens, comme je l'ai dit, tous les termes. J'avais pensé un moment revenir, surtout pour me simplifier les procédures, aux « errements antérieurs » (Que René Ricol ne se trompe pas sur le sens de cette expression !). Hélas, le comportement de l'Anastasie du Nouvel Observateur me contraindra, une fois de plus, à quitter cette maison avec d'autant moins d'amertume que j'ai le souvenir de ce que fut autrefois le Nouvel Observateur, ce qui est aussi à vrai dire le triste lot de l’Express ! Je n'y regretterai que les quelques amis que j'y ai, ils y étaient avant mon retour eta et ils y seront encore après mon second départ. Je leur rendrai visite de temps en temps, à charge de revanche. Amitiés à toutes et à tous.

samedi 26 janvier 2013

"Etre ou ne pas être" ou les mystères de la censure au Nouvel Observateur.



"Etre ou ne pas être" ( mon blog du 19 avril 2010 !). "Etre" ? Est-ce "être" ce qu’on croit qu’on "est" ou "être" ce que les autres pensent qu’on "est "?

De façon un peu inattendue, les remarques du « Service de modération des blogs » du Nouvel Observateur m’ont amené il y a trois ans à me demander à moi-même ce que je suis. Devrais-je ici rappeler (ou apprendre à ce service car le Nouvel Obs n'est plus ce qu'il fut comme on le verra) ) la formule de Sartre qui soutient que l'homme (mais la femme aussi, rassurez-vous !) "n'est pas ce qu'il est et est ce qu'il n'est pas".

A propos d’un post que je je reproduis ci-dessous et qui avait pour titre « Les vies des dames galantes », le modérateur ou la modérateure du blog (je n’ose me prononcer sur ce point délicat) qui, de toute évidence, n'apprécie ni les références littéraires ni l'humour (les unes et les autres lui échappant largement de toute évidence), m’a adressé, à propos de ce texte, la remarque suivante qui est à l'origine de toute l'affaire dont les dessous m'ont longtemps été dissimulés pour les raisons qu'on verra dans la suite. Le "modérateur" m'avait alors tancé en ces termes :

« Quant à la note précédente sur les "premières dames" [il s’agit du post "les vies des dames galantes" reproduit dans la suite ; on notera que l'expression "premières dames", que j'excrècre par ailleurs, ne figure nulle part dans mon texte] elle est plus que limite [sic]. Le sexisme comme le racisme et l'antisémitisme n'ont pas leur place sur notre site ». 
 
Ce n'était pas l'avis de Marc, comme on a pu le voir dans un post précédent, exemples à l'appui. cela aurait dû m'inviter à chercher d'autres causes à cette censure, ce que je ferai demain, à la lumière de faits que j'ignorais alors.

Oserai-je solliciter de mes lectrices surtout (mais les lecteurs peuvent aussi s’exprimer) leur avis sur le caractère « sexiste » du texte que je reproduis ci-dessous?

Voici le corps du délit :
 
"Pierre de Bourdeille, dit Brantôme (1540-1614), dans sa Vies des dames galantes, écrivait : « Si tous les cocus et leurs femmes qui les font se tenoyent tous par la main et qu'il s'en pust faire un cerne, je croy qu'il seroit assez bastant pour entourer et circuire la moitié de la terre ».

L’histoire récente de notre République ne confirme que partiellement ce principe.

Un petit rappel historique.

« La femme de César ne doit pas être soupçonnée ». Cette formule, de César lui-même dit-on, selon les témoignages, convergents mais repris les uns des autres, par Cicéron, Plutarque et Dion Cassius, s’applique inégalement selon les épouses de nos présidents.

Madame Coty et Madame de Gaulle (dite Tante Yvonne) ne prêtaient guère le flanc (ni le reste) à ce genre de critiques !

Les choses se gâtèrent avec Madame Claude Pompidou, à qui l’on a prêté, tour à tour, des moeurs saphiques et légères ; ces goûts ne sont nullement contradictoires, comme le croient quelques sots innocents. Ce fut la fameuse affaire Marcovic (le garde du corps des Delon qui, vu les conditions de sa réapparition, ne put guère témoigner dans cette affaire) ou Marcantoni, réputé au service de quelques hauts personnages proches du Général et qui voulaient, par ces rumeurs agrémentées de quelques photos, écarter Georges Pompidou de la succession. Une des dernières volonté du Général, d’ailleurs respectée, fut d'interdire que Pompidou vînt lui rendre hommage après sa mort. Devenu Président, Pompidou, qui prétendait tout connaître des dessous de l’affaire, s’appliqua à écarter les présumés coupables des cercles du pouvoir et en particulier du SDECE.

Anne-Aymone ne se fit guère remarquer, sauf en étant la seule épouse de président à présenter ses voeux aux Français, ce qui, vous me l’accorderez est une forme de séduction bien innocente. Si la femme de Giscard ne fut jamais soupçonnée, il en, fut bien autrement de Valéry, avant même ses tardives et récentes confidences. Il fut grand amateur d’une actrice qui ne s’était pas encore consacrée à la littérature enfantine. On pourrait reprendre à propos de cette dame ce que La Rochefoucauld disait des vieillards qui « donnent de bons conseils pour se consoler de ne plus pouvoir donner de mauvais exemples ». Celles qui ont le plus rôti le balai font souvent les meilleures dames patronnesses !

Tatie Danielle annonçait-elle la couleur en nommant sa fondation « France-Libertés » ? Tonton ne se privait guère de son côté, finissant même par s’afficher avec Madame Pingeot, la mère de Mazarine, elle-même gardée en permanence par une douzaine de gendarmes, tandis que Tatie Danielle ne faisait guère mystère de son Helvète ! La femme de César n’avait pas à être soupçonnée puisqu’elle faisait étalage des déviances de sa situation conjugale, sans que la presse en soufflât mot.

Chirac, défini publiquement par des dames comme « Cinq minutes, douche comprise», ne courait guère de risque du côté de Bernie, plus occupée de pièces jaunes que de galipettes.

« In cauda venenum » ; « Toute belle femme s'estant une fois essayée au jeu d'amour ne le désapprend jamais ». écrivait encore ce même Brantôme dans « Les vies des dames galantes »).

Il y a une quinzaine de jours, avant mon séjour outre-atlantique, la rumeur autour du couple élyséen était encore discrète ; voilà qu’à mon retour tout cela est sur la place publique, la presse anglaise ayant comme toujours étalé ce qui ailleurs restait dans une relative discrétion. On ressort, dès lors, les épisodes du roman Nicolas-Cécilia, le texto et la fameuse visite de Richard Attias et Cécilia dans une grande surface d’électro-ménager (on espère que ce n’était pas chez Darty !), comme les déclarations de Carla sur l’ennui que suscite chez elle la monogamie. On ne prête qu’aux riches, dit-on, mais Carla, en artiste qu’elle est, a porté ses choix dans le milieu de la musique ; après avoir longtemps renoncé à y faire son marché, elle semble-y-revenir, lassée des rollers comme du registre des Atrides où elle avait fait un enfant qui est, en quelque sorte, métaphoriquement, le frère de son père !

Serait-ce là encore une stratégie de communication des gourous de l’Elysée qui préféreraient faire les premières pages de Gala ou de Voici que la couverture des Echos ou les feuillets saumon du Figaro ?

A demain pour la clé de l'énigme que j'ai mis trois ans à découvrir et par le plus grand des hasards.