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samedi 1 mars 2014

Samba centrafricaine

Même si le détour de notre Président par la République Centrafricaine ne nous a pas coûté cher puisqu'il était déjà au Nigéria et qu'il a fait escale à Bangui sur le chemin du retour, il aurait assurément pu se dispenser de le faire. Deux ordres de remarques à ce propos, d'une part sur les images qu'on nous a données de cette visite à Bangui (ou plutôt à son seul aéroport), d'autre part sur l'émission d’Yves Calvi à ce propos ce même vendredi 28 février 2014.
Les images de la prétendue « visite » ont été particulièrement édifiantes, si on les compare à celles qu’on nous avait données du premier passage à Bamako, au début de l’affaire du Mali, qui avait réveillé la fibre néo-coloniale de notre président. Il avait trouvé là-bas une foule en délire, à qui on avait certes distribué des drapeaux tricolores qui ne font pas partie de l'équipement habituel des Bamakois, mais dont l’accueil avait néanmoins fait chaud au cœur de notre François; il avait même pu jouer les Joseph Prudhomme africains en déclarant que ce jour était, comme le sabre du même Joseph, le plus beau jour de sa vie !
Hélas rien de tel à Bangui ! On n’a même pas osé sortir de l’aéroport (on a évoqué une très brève visite en ville, sous haute surveillance rapprochée nous a-t-on précisé, mais je n'en ai rien vu et je n’y crois guère, un missile est si vite arrivé !).
Non seulement on n’est apparemment pas sorti de l'aéroport, mais le lieu de tournage était lui-même étrange tout comme les cadrages ;  tout était quasiment en caméra fixe, le président causant devant un de nos hélicoptères et un parterre de paras. On aurait pu, sans problème,  tourner tout ça dans un camp militaire français avec des figurants militaires car on n’a vu rien d’autre !
De ce fait, on n’a guère vu de la RCA que la capiteuse présidente Madame Samba-Panza, très typique ( j’ai connu autre fois son sosie à l’ACCT et son nom finissait aussi en Panza ; sa cousine peut-être ou sa soeur ? Notre président a résisté à la « petite blague » d’esquisser avec elle quelques pas de samba, tentation pourtant forte et quasi légitime en ce jour de début du carnaval de Rio !
La prise de parole de notre président a été des plus banales ; en revanche, elle s'est faite en présence des trois représentants de ce qu'on jugeait être les religions de cet Etat.
Il est fort dommage toutefois  qu’on ait omis la principale, l’animisme, qui aurait pu être représentée par un vrai sorcier porteur de ses multiples grigris ; il est évident et établi, aux yeux de tous les gens un peu informés, que l'animisme est de très loin la principale religion de la RCA, d'autant plus qu'être chrétien ou musulman n'empêche nullement de pratiquer aussi des cultes animistes !
Les trois Centrafricains, qui se trouvaient derrière notre président, étaient donc un cardinal majestueux pour les catholiques, un imam à calotte, maigrichon et grognon, pour les musulmans et un personnage, adipeux pour ne dire obèse, qu’on ne nous a pas identifié davantage ; comme il était en bourgeois, c‘était clairement le représentant des sectes protestantes qui abondent en RCA  comme dans le reste de l'Afrique.
Le seul qui a pris la parole, sans doute parce qu'il était aussi le seul des trois à pouvoir s'exprimer convenablement français en présence du Président de la République française, a été le cardinal, tout de blanc vêtu, dans la tenue de combat normale des cardinaux africains . Il a tenu des propos lénifiants, en parfaite conformité avec ceux de François Hollande et de Madame Catherine Samba-Panza. En revanche, l’imam, constipé et muet, n'a cessé de faire une gueule épouvantable et clairement réprobatrice, tandis que le probable représentant des protestants et des sectes arborait en permanence une mine réjouie et se répandait en sourires, sans toutefois s'exprimer davantage.
Il y avait là une assez bonne illustration de la situation et tout cela conduisait évidemment à se demander ce qu'on était venu faire avec notre pauvre millier de soldats pour couvrir un territoire de 660 000 km² à peu près incontrôlé et incontrôlable tant par son étendue que son voisinage où l’on veut faire une élection très vite  sans avoir même en état sérieux de la population véritable, la plupart des prétendus musulmans centrafricains étant des étrangers !.
L'émission de Calvi, le soir, a été animée, si l'on peut dire, par la pauvre Caroline Roux qui, de toute évidence, se demandait dans quel guêpier l'avait fourré Yves Calvi, qui est trop malin pour venir se mêler d'affaires pareilles et devait être, sur le terrain, à Courchevel !
Il y avait heureusement là Pons et Glaser (On avait, pour une fois, échappé à Barbier et Servent, sans doute au ski avec Calvi aux frais de France Télévision), qui, bons connaisseur des lieux (attention pas Barbier et Servent !) qui ont marqué le caractère irréel et forcément désastreux de notre entreprise.
Le meilleur moment de cette émission a été celui où un cadreur, inattentif ou perfide, a montré Pons faisant des grimaces plus que dubitatives, tandis que Madame M.R. Hassen nous faisait part de son optimisme pour la suite. Cette dame qu’on peut imaginer en campagne électorale  est une métisse centrafricaine bien blanche et fort accorte qui passe pour avoir failli être impératrice de l’Empire centrafricain, après avoir séduit Bokassa,. À mourir de rire ! J’espère que le technicien de France-Télévision, coupable de ce manquement, sera, de ce fait, réduit illico à l'état d'intermittent du spectacle, s'il ne l'est pas déjà comme beaucoup de ses collègues.
Toutefois la figure principale de l'émission était l'inévitable Odon Vallet qui se donne pour spécialiste des religions (c’est vrai) et pour professeur d’université (c’est faux mais surtout ridicule !). Odon s'était toutefois, comme il le fait   toujours rendu préalablement chez son coiffeur pour une teinture corbeau et un grotesque et inutile ravalement de façade qui hélas ne peut pas supprime pas les tics  faciaux ! Comme toujours, il avait apprit ses trois citations, sans rapport avec le sujet mais nécessaire à l’étalage de son savoir. Il y en avait une d'Éluard et j'ai oublié les autres. Caroline Roux a dû se marrer mais le cadreur a fait gaffe cette fois !
Odon avait lu et tenté de retenir dans Wikipédia l’article RCA, hélas nul. Odon nous indiqua  donc doctement que les deux principales religions de RCA sont  en gros la religion catholique pour 60 ou 70 % et l'islam pour 30% !
C'est totalement faux bien sûr comme Glaser et Pons le lui ont (trop) gentiment fait remarquer en disant, à juste titre, que les chiffres français sont faux et qu'il vaut mieux, comme toujours, se fier à ceux des Américains et par conséquent de la CIA disent comme je l’ai fait moi-même dans un billet précédent.
Tout cela n'a aucune espèce d'importance, car il est évident que, jusqu'à une date récente (je renvoie pour ça à mes précédents billets sur le sujet), les chrétiens et les musulmans, qui en fait sont pour la plupart des animistes, ont vécu en bonne intelligence.
Comment Dominique Roux dont j'ai déjà fait l'éloge, qui est l’une de nos meilleures journalistes et qu’on donne pour devant succéder à Calvi (les plus gros salaires de France Télévisions !), peut-elle se laisser abuser par la prétendue réputation de ce guignol qui, en dépit de sa fortune, se donne pour professeur d'université, alors qu'il n'a jamais réussi à l’être en dépit du fric de son papa !
Que n’a-t-il eu recours à Usbek Consulting & Co ! La chose était pourtant des plus simples et, en s’y prenant bien, ses moyens financiers auraient pu lui permettre de voir se traîner à ses genoux, pour lui faire accepter le poste dont il rêvait,  les présidents de la plupart de nos universités !

lundi 24 septembre 2012

Une oasis dans le désert journalistique du PAF.

J'avais déjà vu une fois, par hasard, la semaine dernière je crois, une partie de l'émission "Cpolitique" sur la Cinq, qui a lieu le dimanche à 17h40, me semble-t-il.

Sans la connaître ni l'identifier, j'avais remarqué et apprécié, une fois n'est pas coutume, la journaliste de service, trouvant que, tant par son allure que par son comportement et sa façon de mener l'interview, elle changeait sensiblement des potiches ou des cruches qui meublent en général nos journaux télévisés. Je ne cite ni ne vise personne bien entendu !

Le hasard a fait que j'ai pu regarder à nouveau cette émission hier, où officiait la journaliste que j'ai enfin identifiée ; il s'agit de Dominique Roux ; elle recevait Henri Guaino que son échec dans sa tentative pour briguer la présidence de l'UMP, rendait disponible pour ce genre d'activité, même s'il ne doit guère apprécier de se voir interroger sur une telle circonstance.

Toutefois le bougre est assez rusé pour se tirer de toutes les situations et on n'a pas supporté Nicolas Sarkozy pendant cinq ans comme conseiller spécial, sans avoir le cuir assez épais et un don de l'esquive caractérisé. Mais je ne suis pas là pour parler de Henri Guaino  dont on devrait pourtant étudier de plus près les clignements de paupières qui me paraissent en relation très directe avec ses humeurs ou ses états d'âme.

Mais c'est de Caroline Roux que je veux parler ici ; je suis, en général, trop critique de la gent journalistique pour ménager mes compliments lorsque j'estime qu'ils ont lieu d'être dispensés.

Je ne sais pas si j'avais déjà eu l'occasion d'entendre ou de voir Caroline Roux dans les différents emplois qui ont été les siens auparavant, mais je dois dire que, d'emblée, j'ai fort apprécié sa prestation sur la Cinq. Le plaisir a d'ailleurs commencé quelques minutes avant l'émission, quand elle est venue présenter elle-même le propos qui allait être le sien, avec une simplicité et une élégance qui donnaient véritablement envie de voir la suite. Voilà qui nous change aussi des sauterelles quinquagénaires déguisées en adolescentes qu'on exhibe, sur les autres chaînes, en particulier pour la météo devenue centrale dans nos médias.

Mais, avec Dominique Roux, le ramage, s'il est possible, vaut encore mieux que le plumage. Tout sévère et critique que je suis, je ne puis qu'approuver et apprécier la prestation de cette journaliste. Elle est à la fois précise et subtile dans ses questions (elle voit les points majeurs et importants, sans toutefois se montrer agressive à l'excès) ; elle dirige l'entretien avec bonne humeur, délicatesse et fermeté (cocktail subtil s'il en fut!) ce qui n'est pas simple face à un impénitent bavard comme Henri Guaino . Peut-être aurait-il été intéressant (mais le bougre, rusé comme un renard est aussi fuyant comme une anguille en dépit de ses rodomontades gaullistes) de voir avec plus de précision comment un anti-fédéraliste européen, résolu voire viscéral, comme Henri Guaino prétend l'être, a pu conseiller, fût-ce spécialement, un Nicolas Sarkozy qui affichait des opinions bien différentes?

Poussé gentiment dans cette direction par Dominique Roux, Henri Guaino a avancé une explication un peu faiblarde qui est celle de la nécessité. C'est un peu court , jeune homme! Quand on a des convictions aussi fortes que les siennes, on ne s'assied pas si facilement dessus, même avec un coussin de 14 000 € mensuels) ; le choix de n'écrire que les discours qui étaient plus ou moins en accord avec ses propres convictions est une excuse un peu trop commode, car on voit mal l'impétueux ex-président Sarkozy s'accommoder de pareilles réticences ou de semblables dérobades.

En tout cas Madame Roux, restez dans cette émission où, si j'ai bien compris, celle qui vous a précédée a fait long feu ou n'a pas fait long feu (selon le sens qu'on donne à cette expression) et surtout ne changez rien !