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jeudi 1 mai 2014

Alstom et General Electrics ? Le vrai problème et la vraie stratégie.

Il n'est bruit, depuis quelques jours, que de deux entreprises, l'une française Alstom (TGV et turbines), l'autre américaine General Electrics (partiellement implantée en France et bien plus importante que la première) qui, entre autres, se regardent en chiens de faïence, de part et d'autre d'une place de la bonne ville de Belfort, les ouvriers des deux entreprises prenant même leurs repas dans une cantine commune.
On a soudain beaucoup parlé de cette affaire ; elle a surtout donné l'occasion à Monsieur Montebourg de se livrer à l’un de ses numéros favoris et de tenir des propos, carrément insultants, lors d’une intervention, devant les caméras bien sûr, à l'Assemblée nationale ; ce n'est sans doute pas la meilleure façon d'attirer dans notre pays les investisseurs étrangers que veut séduire, en revanche,  notre Président. Montebourg a-t-il été inspiré, s’agissant, entre autres lieux, de Belfort, par la pensée et l’ombre de Chevènement, le miraculé du Territoire ? Allez savoir ! Nous allons voir,  de toute façon dans la suite, que le problème n'est absolument pas là semble-t-il et que les vraies motivations de General Electrics ne sont peut-être pas celles qu'on lui prête. On nous prend, une fois de plus pour des imbéciles !
Il y a trois jours en effet, j'ai entendu, sur je ne sais quelle radio, une information tout à fait nouvelle et étonnante, puisque, dans la masse des propos qui avaient été tenus sur ces deux entreprises, il n'en avait jamais été question un seul instant.
On y affirmait en effet que si General Electrics voulait acheter Alstom 10 ou 12 milliards (de dollars ou d’euros, peu importent le nombre et la monnaie, car quand on aime, on ne compte pas !), ce n'était pas en fait pour accroître et restructurer son domaine industriel, mais, tout simplement, pour investir un trésor dont elle dispose en France, qu’elle ne peut rapatrier sans dommage  et qui échappe, pour le moment, à l'impôt étasunien en vertu d’une particularité du système fiscal américain.
La chose m'a étonné, car je n'en avais jamais entendu parler nulle part par qui que ce soit, alors qu’on ne parlait guère que de cet achat par General Electrics dans nos médias. Vérification faite, cette information s’est révélée exacte et elle a même été reprise, peu après, par les Echos (29 avril 2014 à 8h11). Cet article mentionne d'ailleurs une « source AFP », ce qui donne à penser que tout le monde est plus ou moins au courant de cette disposition fiscale essentielle dont pourtant personne ne parle.
Elle est d'ailleurs d’une grande simplicité. Les entreprises américaines, en effet, voient soumis à l'impôt l'ensemble de leurs bénéfices, mais elles ont le droit curieux d'en « stocker » une partie à l'étranger, indéfiniment pour le moment du moins, à l'abri du fisc. C'est ce qui fait que, selon le cabinet AuditAnalytics cité par les Echos, 2000 milliards de dollars seraient ainsi stockés hors des EU. La seule façon pour ces entreprises d'échapper définitivement à l'impôt est donc d'investir cet argent, sans rapatrier leurs fonds aux Etats-Unis, et donc d'acheter des entreprises à l'étranger, ce qui explique un certain nombre de stratégies comme celle de General Electrics ou celle, analogue au UK, de Pfizer dont on a également parlé. La chose devient un peu urgente car tous les experts américains jugent cette mesure stupide voir nocive pour les EU et il est fortement question de mettre un terme à ce système. Donc panique à bord ! Devant la menace, on ne va pas mégoter pour quelques malheureux milliards sur le prix d’Alstom!
À la suite de cette information, et, dans un premier temps pour la vérifier, j'ai consulté Google et n'y ai pas trouvé confirmation, sur le moment, ce qui m'a conduit à regarder l'émission d’Yves Calvi, sur  France 5, mercredi 30 avril 2014 , puisqu'elle était consacrée aux problèmes Alstom- General Electrics.  Il y avait là des économistes ou réputés tels : Ghislaine Oppenheimer (de Challenges), Elie Cohen  ( CNRS et maints autres lieux) et l’inévitable et étrange Nicolas Bouzou. Ce dernier est un très curieux personnage qui fait surtout en ces lieux la publicité de son officine financière, mais dont le formation comme les activités sont très floues dans toutes ses biographies (« diplômé » en économie… et « enseignant » - ce qui n’est en rien un titre ni une qualification académiques – à Paris 2 (ce qui annonce la couleur politique), à Sciences Po (mais qui ne l’est pas à part peut-être le concierge ?) et à Canal +… ).
J'ai été stupéfait de constater qu'au cours de cette émission, en une heure, il n’a été fait aucune allusion à cette disposition fiscale singulière qui évidemment explique l'intérêt de General Electrics pour Alstom, puisque le rachat de cette entreprise lui permet à la fois de conquérir une partie du marché (quitte à liquider comme c'est probable une partie du personnel d'Alstom et de récupérer le reste ), tout en réalisant surtout une très belle opération fiscale puisque 12, 13 ou même 15 milliards de dollars pourront ainsi échapper au fisc (à 35 % d’impôts ça fait déjà gagner 5 milliards !).
Les économistes distingués qui étaient là nous ont fait, comme Elie Cohen un cours d’histoire économique française pour le domaine, sans souffler mot de cette affaire fiscale pourtant essentielle. Ce n'est qu'en toute fin de l'émission, au moment des questions posées par les téléspectateurs et sans qu'une question ait été posée là-dessus. Seule la journaliste Ghislaine Oppenheimer, la moins xyloglossique de tous, a évoqué, en passant cette question, brièvement,  de façon tout à fait annexe et sans avoir été interrogée à son propos. Calvi tient à ses places juteuses à France-Télévision !
Il est tout de même hautement improbable, pour ne pas dire totalement impossible car ce serait alors scandaleux, que de tels invités spécialisés ne soient pas au courant d'une information qui a assez largement circulé pour atteindre un pauvre diable comme moi ! Il est donc très clair que ces gens-là n'entendaient pas en parler et il a fallu, en toute fin d'émission et sans être interrogée à ce sujet, que Ghislaine Oppenheimer y fasse allusion, sans s'y attarder toutefois et comme si c’était là un détail anecdotique alors que c’est assurément la motivation centrale de General Electrics dans cet achat.


La question se pose donc : Pourquoi mentent-ils, ne fût-ce que par omission ? Si vous avez la réponse, je suis preneur !

mercredi 13 février 2013

Information : un clou chasse l'autre.


On commençait à s'inquiéter pour les chargés de communication et les journalistes, après quelques semaines bien remplies sur le mariage gay, devant l'étiage informationnel qui semblait devoir s'installer. Fort heureusement le hasard, toujours aussi vigilant que malicieux, est venu suppléer cette carence légitimement redoutée.

Le Mali s'avérant moins triomphal que prévu (mais on pouvait le prévoir comme je l'ai fait dans ma série de blogs "Honni soit qui Mali pense"), les haridelles roumaines, subrepticement substituées à nos charolais dodus, dans nos plats dits "cuisinés", ont fourni, quarante-huit heures durant, la pitance quotidienne indispensable à notre insatiable Moloch journalistique, ce qui devait permettre d'attendre, sans trop de mal, la grève des instit', manifestement (ou grèvistement ?) peu soucieux de voir rétablie la matinée de classe du mercredi.

Patatras ! Voilà que le Pape fait soudain des siennes, en décidant, sans crier gare ni pouce, de se retirer des affaires divines dès la fin du mois de février, provoquant par cette décision inopinée et faute de croustillant scandale qui y serait lié, des recherches immédiates au sein de l'histoire de la papauté et même déjà des spéculations au sujet du conclave où l'on ne voit guère de candidats susceptibles de provoquer d'emblée le panache de fumée blanche que guettera toute la chrétienté.
 
Je n'ai pas entendu citer Prévert, un peu adapté. Petit coup de main aux ignorants de nos médias : "Le Pape démissionne, un nouveau Pape est appelé à régner. Araignée ! Quel drôle de nom, pourquoi pas  libellule ou papillon ?"
 
Merci Bon Dieu ! Le PAF est provisoirement sauvé (d'autant que commencent les phases finales de la Coupe d'Europe de foot!), mais l'abondance de biens, on le sait, nuit autant que leur raréfaction.

Parmi tant de sujets d'une aussi totale inconsistance les uns que les autres, on ne voit guère la réflexion s'orienter vers les VRAIS problèmes de l'éducation qui sont, avec ceux de la crise économique qui nous frappe, les plus sérieux, et même les seuls sérieux, que nous ayons à affronter alors que les autres n'ont pas d'autre finalité que de nous en détourner.

S'agissant de l'école et de l'industrie, je ne me risquerai pas à montrer ici, sur ce point précis, la pertinence du concept de "capital humain", proposé, il y a près d'un demi-siècle (au milieu des années 60), par Gary Becker et qui lui a valu en 1992 le prix Nobel d'économie. Le ferais-je que je pourrais peut-être recevoir des propositions alléchantes de collaboration de BFM TV, la voix du grand capital, qui, sous couvert d'information, se livre à une propagande active en faveur du grand capital, servie dans cette action par une équipe d'économistes des plus pittoresques, mais dont j'ai quelques doutes sur la compétence réelle vu la discrétion absolue de leurs CV !

Le seul et vrai problème de notre école ne me paraît pas, en effet, de savoir quel jour on gardera dans la semaine pour le repos des enfants. En quelques décennies, comme disait l'autre : "on a tout essayé" ; ainsi est-on successivement passé du jeudi, repos traditionnel des écoliers durant si longtemps qu'on l'avait mis en chansons, au mercredi, en gardant, dans les deux cas, au mépris du repos, une demi-journée pour le catéchisme ; le samedi était même, au début de cette époque infortunée, un jour de classe complet ! Il le fut d'ailleurs longtemps, jusqu'à ce que les lobbies des industries du tourisme et des loisirs imposent à tous un week-end de 48 heures. Toutes ces affaires de répartition du temps scolaire, fussent-elles garanties par des "chronobiologistes" et des "pédo-psychologues", qui ne sont d'ailleurs pas d'accord entre eux sauf sur la nécessité absolue de les consulter et même de les employer, n'ont guère d'importance et on en trouvera toujours quelques-uns pour contrarier les autres.

Les (ir)responsables de l'éducation, qui ont successivement peuplé la rue de Grenelle depuis trois-quarts de siècle, ne sont tout de même pas assez stupides pour ne pas avoir vu que les vrais problèmes de notre école sont ailleurs. Pour dire les choses simplement, on a essayé de changer les jours de classe, alors que ce sont les populations scolaires (donc le "capital humain" comme diraient certains) qui ont elles-mêmes changé, tandis que les programmes et les méthodes ne changeaient guère, sauf pour l'apprentissage de la lecture qu'on a réussi à ruiner à force de "méthode globale" ou "semi-globale", pour le plus grand et seul profit des éditeurs scolaires (on consomme désormais à cette fin des masses énormes de livres, sans cesse renouvelés à nos frais). Ces éditeurs, se sont, à prix d'or, offerts les services absurdes de quelques pseudos savants qui, pour la plupart, n'ont, en fait, aucune expérience réelle des techniques qu'ils prétendent promouvoir.
 
Je ne citerai personne sur ce point, par crainte des procès, mais les parcours professionnel de certains de nos gourous de la pédagogie sont à mourir de rire, quand on voit que ces gens-là n'ont même jamais passé (ou en tous cas) réussi le moindre concours de recrutement de l'éducation nationale (CAPES ou agrégation) et n'ont donc jamais enseigné dans les classes dont ils prétendent traiter. MDR !

Ce problème mérite plus qu'un simple post et, comme je me fais un devoir d'être toujours court en ces lieux, je réserverai ce sujet pour un ou plusieurs blogs que je consacrerai à l'éducation. Il est toutefois évident que, dans un premier temps, la massification des effectifs puis surtout la diversification croissante et extrême des élèves sont, pour une bonne part, à l'origine de la crise qu'on observe actuellement et qui fait que, selon l'estimation récente du ministre lui-même; un quart des élèves qui entrent au collège ne savent, en fait, pas lire et écrire, ce que les enfants d'autrefois étaient traditionnellement en mesure de faire à Pâques, dès le cours préparatoire, selon le témoignage de tous ceux et de toutes celles qui ont connu ces époques.

Nous y reviendrons.

mercredi 5 décembre 2012

La vérité sur l'arche de Zoé ?

Hier je n'avais pas retrouvé mon blog de la veille sur l'arche de Zoé qui pourtant l'éclairait dans des aspects qui n'ont pas grand chose à voir, en fait, avec les 103 malheureux gamins. Le voici :

"La seule vraie info du long topo de PPDA sur TF1 hier soir, lundi 5 novembre, était que Marc Garmirian est "de TF1" ! Information à peine audible, mais capitale, car jamais auparavant, on n'avait évoqué le moindre lien entre ce Garmirian, présenté comme travaillant à l’Agence Capa, et TF1. Dimanche, on avait vu dans 66 minutes, sur la 6, le bidonnage des faux bandages mis aux enfants tchadiens. On se dispute apparemment Garmirian, hier encore obscur.

En tout cas, on observe que, pour progresser dans le journalisme, rien ne vaut être pris comme otage ou, au moins, être arrêté, à grand son de trompe, quelle que soit la cause de l’affaire. C’est ainsi que Christian Chenot, vague « journaliste » free lance, est soudain devenu, à France Inter, le spécialiste du Moyen Orient. Passer quatre mois dans une cave moyen-orientale fait de vous, de toute évidence, le meilleur connaisseur de la zone. La seule à s’être plantée a été la pauvre Florence Aubenas; il est vrai que le bidonnage de son affaire était un peu gros, aux dires des ophtalmologues du moins, qui ne voyaient guère comment, après plusieurs mois les yeux bandés dans une cave, elle pouvait affronter avec tant d’aisance et sans problème, la lumière du jour et même le soleil !

A voir le cours de choses, on se demande si le coup de notre Président-Magicien, avec son passage éclair à N’Djamena, n’est pas une opération à triple détente. Le masque de Zorro, la baguette de Merlin et la queue de billard de l’arnaqueur !

Le gros avantage, dans une telle affaire, est qu’on peut compter sur le comportement, aussi servile que prévisible, de la presse française. "L’omerta française" titrait, il y a quelques années, un livre de S. Coignard ! Les choses n’ont pas changé. Les entretiens de notre presse télévisuelle sur l’affaire de l’Arche de Noé le redémontrent, à l’évidence. On parle de tout, sauf du fond des choses qui, pourtant, tient en deux phrases.

1. Il ne s’agissait en rien d’un accueil d’enfants « exfiltrés » du Darfour comme on s’obstine à le dire. Les gosses étaient Tchadiens d’une part et de l’autre, ils étaient purement et simplement vendus, sous couvert d’accueil mais aux fins d’adoption, à raison de 1500 à 2500 euros par tête. Tout le reste est pipeau et mise en scène, de la pose de faux pansements aux appellations multiples de l’ONG en cause. Cela dit, les Tchadiens ne sont pas plus clairs, si j’ose dire. On a vu arriver ventres à terre, des parents tchadiens, vrais ou faux,, espérant gratter quelques sous au passage, sans parler des témoins locaux, ânonnant face aux caméras des slogans en français, laborieusement appris par cœur.

2. Les journalistes arrêtés ont été clairement complices de l’affaire, voyageant dans l’avion spécial de l’Arche (et non à leurs frais comme l’impose la déontologie élémentaire), même si, par prudence, ils tournaient aussi quelques séquences qui pouvaient, au cas où…, les dédouaner. On ne saurait être trop prudent.

Notre Président-Magicien savait évidemment le résultat des courses avant de quitter Paris. Le miracle était donc bidon lui aussi ; Zorro pouvait, sans risque, remplacer son fouet et son épée par sa baguette magique. Restait la queue de billard.

Première bande. Idriss, grand et généreux, cédait à son ami et, à travers lui, à la France, si généreuse pour le Tchad ! Il pouvait, dans le même mouvement, lâcher ses ministres et ses tricoteuses !

Deuxième bande. En ramenant en France les journaleux un instant captifs, Sarko se gagnait les faveurs d’une corporation archi-corporatiste, qui nous fait toujours part, avec une émotion indescriptible, des malheurs ou, parfois, du décès du plus infime plumitif de la presse française.

Troisième bande. La « libération » des journalistes permet de présenter, « objectivement » l’escroquerie comme une simple action irréfléchie de quelques « zozos » de l’humanitaire. Les journalistes ne peuvent en effet faire autrement , sauf à révéler la complicité de leurs collègues avec les escrocs de l’Arche qui vendaient non pas des accueils, mais des adoptions clandestines et déguisées.

Après les infirmières bulgares, les enfants tchadiens ? Bravo Sarko !"

lundi 24 septembre 2012

Une oasis dans le désert journalistique du PAF.

J'avais déjà vu une fois, par hasard, la semaine dernière je crois, une partie de l'émission "Cpolitique" sur la Cinq, qui a lieu le dimanche à 17h40, me semble-t-il.

Sans la connaître ni l'identifier, j'avais remarqué et apprécié, une fois n'est pas coutume, la journaliste de service, trouvant que, tant par son allure que par son comportement et sa façon de mener l'interview, elle changeait sensiblement des potiches ou des cruches qui meublent en général nos journaux télévisés. Je ne cite ni ne vise personne bien entendu !

Le hasard a fait que j'ai pu regarder à nouveau cette émission hier, où officiait la journaliste que j'ai enfin identifiée ; il s'agit de Dominique Roux ; elle recevait Henri Guaino que son échec dans sa tentative pour briguer la présidence de l'UMP, rendait disponible pour ce genre d'activité, même s'il ne doit guère apprécier de se voir interroger sur une telle circonstance.

Toutefois le bougre est assez rusé pour se tirer de toutes les situations et on n'a pas supporté Nicolas Sarkozy pendant cinq ans comme conseiller spécial, sans avoir le cuir assez épais et un don de l'esquive caractérisé. Mais je ne suis pas là pour parler de Henri Guaino  dont on devrait pourtant étudier de plus près les clignements de paupières qui me paraissent en relation très directe avec ses humeurs ou ses états d'âme.

Mais c'est de Caroline Roux que je veux parler ici ; je suis, en général, trop critique de la gent journalistique pour ménager mes compliments lorsque j'estime qu'ils ont lieu d'être dispensés.

Je ne sais pas si j'avais déjà eu l'occasion d'entendre ou de voir Caroline Roux dans les différents emplois qui ont été les siens auparavant, mais je dois dire que, d'emblée, j'ai fort apprécié sa prestation sur la Cinq. Le plaisir a d'ailleurs commencé quelques minutes avant l'émission, quand elle est venue présenter elle-même le propos qui allait être le sien, avec une simplicité et une élégance qui donnaient véritablement envie de voir la suite. Voilà qui nous change aussi des sauterelles quinquagénaires déguisées en adolescentes qu'on exhibe, sur les autres chaînes, en particulier pour la météo devenue centrale dans nos médias.

Mais, avec Dominique Roux, le ramage, s'il est possible, vaut encore mieux que le plumage. Tout sévère et critique que je suis, je ne puis qu'approuver et apprécier la prestation de cette journaliste. Elle est à la fois précise et subtile dans ses questions (elle voit les points majeurs et importants, sans toutefois se montrer agressive à l'excès) ; elle dirige l'entretien avec bonne humeur, délicatesse et fermeté (cocktail subtil s'il en fut!) ce qui n'est pas simple face à un impénitent bavard comme Henri Guaino . Peut-être aurait-il été intéressant (mais le bougre, rusé comme un renard est aussi fuyant comme une anguille en dépit de ses rodomontades gaullistes) de voir avec plus de précision comment un anti-fédéraliste européen, résolu voire viscéral, comme Henri Guaino prétend l'être, a pu conseiller, fût-ce spécialement, un Nicolas Sarkozy qui affichait des opinions bien différentes?

Poussé gentiment dans cette direction par Dominique Roux, Henri Guaino a avancé une explication un peu faiblarde qui est celle de la nécessité. C'est un peu court , jeune homme! Quand on a des convictions aussi fortes que les siennes, on ne s'assied pas si facilement dessus, même avec un coussin de 14 000 € mensuels) ; le choix de n'écrire que les discours qui étaient plus ou moins en accord avec ses propres convictions est une excuse un peu trop commode, car on voit mal l'impétueux ex-président Sarkozy s'accommoder de pareilles réticences ou de semblables dérobades.

En tout cas Madame Roux, restez dans cette émission où, si j'ai bien compris, celle qui vous a précédée a fait long feu ou n'a pas fait long feu (selon le sens qu'on donne à cette expression) et surtout ne changez rien !

vendredi 1 avril 2011

Blogspot. Le détective et la « journaliste »

Dans mon enfance, en passant devant les kiosques à journaux, je jetais toujours un oeil curieux à la une d'un magazine qui ne manquait jamais d'attirer les regards. Cet hedomadaire, que je crois n’avoir jamais lu mais dont le contenu était clairement affiché par la couverture, avait pour titre Détective. Il offrait toujours en couverture quelque drame horrible, de préférence sanglant, avec parfois une légère touche sexuelle, le tout accompagné d'un titre qui devait attirer les regards et susciter la convoitise du client. C'était donc du genre « Il coupe sa femme en morceaux et la donne à manger à leur chien », « Il a violé toutes les grands-mères du quartier » ou toute autre accroche de la même farine.
A l’époque, les illustrations du thème, toujours pertinentes, hyper-réalistes et, par là-même, expressives, étaient faites à la main par un artiste spécialisé.

Il me semble que, dans la suite, Détective a cessé de paraître et lui a succédé un rival du même tonneau dont le titre était, si je me souviens bien, « Qui Police ? », ce qui est à la fois clair et sibyllin ! Tous ces hebdomadaires ont tour à tour disparu. Leur a succédé, car le genre semble indestructible, une autre publication dont le titre est Le nouveau détective, dont le contenu et la forme ne sont en revanche pas très nouveaux. Je vous donne le titre du dernier numéro, sans pouvoir hélas, par crainte d’un procès de plus, vous reproduire les images de la couverture : « Nancy : derrière la porte, on assassine ses deux enfants, une maman crucifiée ». Le tout est illustré par la photo (on est passé du dessin à la photo !) d’une brune capiteuse (car l’horreur n’interdit pas le glamour) qui hurle en découvrant une superbe denture dont la taille et l'éclat témoignent de l'immensité de son désespoir.

Je laisse aux sociologues spécialistes du journalisme et de la presse en général, (si, si, ça existe !) le soin de se pencher sur les destins, funestes et successifs, de ces magazines. Je pense, en ce qui me concerne, qu'ils ont subi, de plein fouet, la concurrence de nos médias audiovisuels majeurs qui leur offrent, à la maison et souvent à table, la matière richement illustrée de tels faits divers qui faisaient la fortune de ces publications spécialisées. Je ne parle pas ici des multiples « enquêtes » qui se régalent de faits divers, si possible croustillants ou graveleux, mais des journaux télévisés.

Vous pensez que, comme toujours, j'exagère ? Et bien prenons l'exemple du jour en examinant, rapidement je vous l’assure, le journal télévisé de France2, la chaîne nationale, en ce jeudi 31 mars 2011.

Je reconnais que la tâche de la rédaction n'était pas simple. Allait-on ouvrir le journal de 13 heures sur la crise politique française à propos du débat sur la laïcité ? Sur la catastrophe nucléaire du Japon qui, quoique déjà un peu éloignée, s'est néanmoins remise au premier plan puisque notre Président de la République est aujourd'hui même au Japon ? Sur la Libye et les mouvements internationaux qui se succèdent dans la recherche de solutions militaires et/ou politiques ? Sur la Côte d'Ivoire où la situation est grave puisque désormais les troupes de Laurent Gbagbo et celle de Ouattara s'affrontent militairement et probablement vont finir par le faire, ce qui est pire encore, à Abidjan même ? Sur la Syrie puisque Bachar el-Assad, mettant un terme à toutes ses prétendues promesses sur la réforme du régime, a décidé de ne rien faire et de maintenir dans son intégralité l’extravagant régime policier local ? Bref, j’admets qu’il n'était pas facile d'ouvrir le journal télévisé de 13 heures, alors que tant de sujets graves se bousculaient au portillon.

Madame Lucet a fini par choisir et il faut reconnaître que ce choix, pour inattendu qu'il est, mérite qu'on s'y arrête.

Le sujet d'ouverture (le choix le plus délicat) a été la plainte déposée par une mère de famille contre un buraliste qui avait vendu un paquet de cigarettes à sa fille âgée de moins de 16 ans. Elle a déposé officiellement plainte et espère obtenir, je crois, 30.000 euros de dommages-intérêts. Diable, cela met à un prix très élevé le profit de la vente illégale d'un paquet de cigarettes à une fille que son papa avait peut-être chargée de cet achat.

Après un sujet d'une telle importance, il était difficile d'aborder un deuxième sujet. Fort heureusement, une autre mère de famille (elles sont décidément à l'honneur) porte plainte, elle, contre l’établissement scolaire que fréquente son fils. En effet, dans des circonstances encore mal élucidées (mais la police scientifique est sur le coup et la « scène de crime » a été bouclée), il y avait dans la trousse de son fils, enveloppée dans du papier d'aluminium, une barrette de shit (mon imbécile de logiciel Dragon a écrit « chiite » au risque de me faire taxer de racisme !) que le gamin a dévoré en croyant, à l’en croire, que c'était du chocolat. La mère de famille a illico porté plainte contre l'établissement, scandalisée qu'elle est qu’une fouille systématique et totale de tous les cartables et de toutes les trousses de tous les élèves ne soit pas organisée chaque jour, matin et soir, dans cet établissement (sans oublier les poches bien entendu).

On comprendra qu’après ces deux sujets majeurs, il ait été difficile de retenir un troisième sujet. Fort heureusement, on a retrouvé d'abord et identifié ensuite la joggeuse qui avait disparu, il y a trois semaines, dans notre Sud-Ouest. On manque encore un peu de détails sur sa tenue, ses blessures et surtout les sévices qui lui ont été infligés, mais cette ignorance ne durera assurément pas !

Je crains fort que devant une concurrence aussi redoutable, « le nouveau détective » ne soit à son tour, comme ses prédécesseurs, contraints de fermer boutique ; il faut reconnaître qu'il est difficile de rivaliser sur ce terrain avec Mme Elise Lucet. Ces sujets majeurs une fois traités dans leur détail, on a pu dire, en passant, quelques mots de la politique nationale et internationale, qui sont, vous en conviendrez, des sujets mineurs par rapport aux trois dossiers qui ont permis d'ouvrir « votre » journal, comme se plaît à dire Mme Lucet.

En tout cas, je conteste tout à fait l’usage de ce possessif de deuxième personne qu’elle croit habile mais qui me met directement en cause. Je ne voudrais en aucun cas qu’un pareil ramassis de propos lamentables soit, en quoi que ce soit, « mon » journal. C'est, de toute évidence, le « sien » et je lui interdis donc le droit de m’associer à pareille entreprise et d'affirmer que ce prétendu journal pourrait être le « mien » !

mercredi 28 juillet 2010

Vacances ! Vacances !

On nous bassine sans cesse avec les vacances des enseignants, mais il y quelques corporations qui ne se défensent pas si mal sur ce terrain. Je ne parle même pas des aiguilleurs du ciel, qui, avant la si fâcheuse disparition des « clearances », travaillaient, bon an mal an (et sans compter les jours de grève), une petite centaine de jours par an, ni des magistrats dont les vacances ne sont pas mal non plus.

Je veux parler ici des médias audiovisuels (publics ou privés d’ailleurs) qui désormais, dès avant la fin du mois de juin, commencent non seulement à nous accabler de « bests of » et de « redifs » (leur charmante modestie naturelle les incite à penser que nous ne pouvons que nous réjouir de rediffusions multiples de leurs productions), mais ouvrent les micros et écrans qu’ils délaissent pour deux mois à des quantités invraisemblables de figures nouvelles, dont on se demande bien ce qu’elles peuvent faire durant le reste de l’année. Sans que ceci explique tout à fait cela, on peut se demander si l’on ne comprend pas mieux, par de tels détails, les effectifs colossaux d’une société comme France-Télévision par exemple.

Regardant depuis trois ou quatre jours régulièrement le 13 heures de France2, j’ai été frappé par la noria incessante des présentatrices ; une nouvelle chaque jour ! Peut-être un directeur de l’information lubrique (un remplaçant probablement lui aussi), en profite-t-il pour organiser, chaque soir, de petits castings intimes en vue de la sélection de la présentatrice du lendemain ? Elles sont assez girondes dans l’ensemble pour faire face avec succès à ce genre d’épreuve. C’est un peu la même chose pour les hommes, mais je n’ose imaginer que Madame Arlette Chabot, cette femme si respectable, puisse se livrer à pareilles turpitudes.

Sur le plan professionnel, rien à dire ! Je pense que la plupart des individus qui savent à peu près lire sont capables de le faire sur un prompteur pour les dépèches d’agence qui y défilent. J’ai même proposé depuis longtemps, pour assurer à France Télévision quelques revenus supplémentaires et rendre plus divertissants ces lamentables JT, de permettre à n’importe qui, pour une somme assez modique (disons 2000 euros), de venir présentre le JT du jour. Je suis certain que les candidats seraient nombreux et, petit geste commencial auquel ils seraient sensibles, on leur offrirait le DVD de leur prestation à la sortie.


Petit incident rigolo, hier mardi sur France2, où la présentatrice du jour qui nous lisait le sujet sur le malheureux otage français ne s’est pas émue de voir apparaître à l’écran, en illustration, la binette d’Yvan Colonna. La technique doit être aussi en vacances et le maladroit remplaçant avait passé le sujet « Colonna » avant le sujet « otage ». La demoiselle ne s’en est pas émue ! Peut-être n’a t-elle même pas compris et, de ce fait, elle s’est abstenue de présenter des excuses aux téléspectateur un peu plus éveillés qu’elle.

Aurait-elle eu un peu plus d’esprit (mais en demande-t-on dans ce genre d’emploi, au féminin comme au masculin ; on a autrefois fait payer le fait d’en avoir trop à ce pauvre Bruno Masure !) qu’elle aurait pu en plaisanter. Quelle chance pour la France si au lieu de s’en prendre à ce pauvre vieux, les ben ladistes avaient enlevé Yvan Colonna comme les images nous le donnaient à penser ! Bon débarras ; il aurait pu aller là-bas garder des chameaux en lieu et place de ses chèvres corses ; en outre, cela aurait rappelé le bon vieux temps où Khadafi apportait son aide aux autonomistes corses !

Ce même journal de mardi 27 juillet 2010 m’a permis de constater qu’Isabelle Baechler qui nous a régalé, ce jour, de son « sujet » mensuel (sur je ne sais quoi), est toujours « en activité ». On se demande elle aussi ce qu’elle peut bien faire de son temps à France2. Le quintal qu’a pris, en quelques années, cette autrefois charmante journaliste empêche depuis des décennies de la faire apparaître à l’écran, même en 16/9 !. Mais à quoi diable peut-elle employer ses journées elle aussi ? La question est purement rhétorique car quiconque a, comme moi, fréquenté un tant soit peu les bureaux et les studios de nos radios et télés publiques sait qu’entre les « rendez-vous à l’expérieur » (chez le coiffeur, au bistrot du coin ou ailleurs), les causettes dans les bureaux et la cafétéria, on peut tout à fait arriver à passer agréablement sa journée tout en justifiant le paiement de son salaire mensuel !