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vendredi 29 mars 2013

Les banquiers sont marrants : "le droit à l'imprévu".


Je suis client depuis fort longtemps d'une banque française bien connue.

J'ai reçu récemment une publicité de la part de cet établissement mentionnant huit "engagements qualité" (sic) « concrets et vérifiables ». C'est tout à fait exact et on m'a aussitôt donné l'occasion de le constater et de le vérifier, en particulier pour le cinquième "engagement", "le droit à l'imprévu".

J'avais reçu de Grande-Bretagne un chèque de 13,96 livres ; pour le toucher, je l'ai envoyé à ma banque qui m'a retourné un document aux termes duquel il apparaissait que la contre-valeur était de 16,65 € (jusque là rien à dire) sur laquelle je devrais régler en commission à ma charge et en euros 13,50 € soit 80 % environ du montant du chèque de 16,65 €. Il me restait donc en fait 3,15 € en tout et pour tout.

Pour couronner le tout, on me précisait que ces 13,50 € seraient prélevés sur mon compte avant l'opération (sans doute au cas où le chèque se révélerait sans provision). Ce système a surtout l'avantage, prévu et visé, que les 13,50 € de charges soient perçus par la banque plusieurs jours avant que le possesseur du chèque perçoive la contre-valeur de 16,65 €, versée en apparence intégralement, ce qui pour un client inattentif comme moi, laisse à penser qu'on a reçu l'intégralité du montant du chèque initial. Les banquiers sont non seulement marrants mais également vicelards.

Second exemple du "droit à l'imprévu"

Il y a déjà bien longtemps, cédant par lassitude aux sollicitations de ma "conseillère" de l'époque, naturellement payée à la commission sur ce type d'opération, j'ai, sans la moindre nécessité, ouvert un "plan d'épargne en actions" (PEA), sans pourtant croire un mot de ses discours sur les mérites, les charmes et les profits d'une telle opération. Cela se passait exactement le 27 février 2004 ; pour limiter au maximum l'affaire, tout en cédant à ses demandes permanentes, j'ai choisi d'alimenter ce PEA par un virement minimum mensuel de 45 € . Fort bien m'en a pris!

Je viens en effet d'apprendre, par un courrier de cette même banque, qu'au 17 janvier 2013, l'évaluation de mon PEA s'établissait à 4905,0 7 euros, alors que le cumul des versements qu'on avait prélevés sur mon compte, depuis l'ouverture de ce PEA, atteignait 4965 euros. En résumé, en près de 10 ans et en guise de profits, j'ai donc perdu 60 € par rapport à la situation qui serait la mienne si j'avais laissé cette somme tout bêtement sur mon compte courant.

Faut-il vous préciser qu'on nous informe, au dos du même document, que "l'indice de référence servant au calcul du taux débiteur est de 19,57 % pour les montants inférieurs à 3000 euros". Il me semble que cela correspond, en gros, à ce qu'on appelle, dans le langage courant, un taux usuraire. Les banquiers sont marrants mais en ils sont en plus malins. Ils vous gardent votre argent, au mieux, à 0 % pour vous le prêter, en cas de besoin, à 19 57 %!

Cerise sur le gâteau ou ultime foutage de gueule. On me propos, hier, de "bénéficier de l'avantage d'acquérir (mais avec limitation à une seule souscription, du vendredi 5 avril 2013 après 12 h 25 au vendredi 5 juillet 2013 avant 12h25 ) sans frais, des actions LCL ACTIONS EUROS (ex SICAV 5000) " à l'occasion du détachement du dividende d'un montant de 2,51 euros". On ne nous précise pas, cependant, que ce titre, entre les 31 mars 2008 et 2013, a perdu 15,33% de sa valeur!

Pas bête non et en plus imprévu. Ils ne devraient tout de même pas se payer notre tête en ajoutant, sans doute avec une ironie déplacée, comme dernier de leurs "engagements qualité" : "Votre fidélité récompensée! Tu parles !

mercredi 27 mars 2013

Chypre ou France ? Du délit de vol en banque organisée


En prélude à mon post de demain sur la banque (la mienne en la circonstance, on verra pourquoi) voici le post que j'ai publie dans le Nouvelobs.com le 4 octobre 2008 sous un titre que je maintiens " Du délit de vol en banque organisée" car il n'a rien perdu de sa pertinence et de son actualité.

Le Code pénal, dans son article 450-1 indique « Constitue une association de malfaiteurs tout groupement formé ou entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d'un ou plusieurs crimes ou d'un ou plusieurs délits punis d'au moins cinq ans d'emprisonnement. Lorsque les infractions préparées sont des crimes ou des délits punis de dix ans d'emprisonnement, la participation à une association de malfaiteurs est punie de dix ans d'emprisonnement et de 15.0000 € d'amende. ».

Comme souvent, il est précieux de laisser l’initiative aux mots et on voit, par là, combien il est facile de passer du vol en « bande organisée » au « vol en banque organisée » ! Le simple passage d’une dentale à une vélaire suffit à franchir le pas.

Que les banques s’enrichissent sur le dos de leurs clients qui, non seulement sont contraints de déposer entre leurs mains avides leurs salaires ou économies sans rétribution, mais se voient désormais , de plus en plus, imposer, en outre, la facturation de toutes sortes d’opérations, nous le savons tous. Ne parlons même pas des juteuses « dates de valeur », que les ressources, inexploitées mais prémonitoires, de la phonétique articulatoire permettent de tranformer, aussi aisément que justement, en « dates de voleur » !

Il a fallu la crise actuelle pour qu’apparaissent enfin, au grand jour et en dépit des dénégations, les spéculations pharamineuses auxquelles ces établissements bancaires, qui sont pourtant censés être soumis à des contrôles stricts, se livrent, avec NOTRE argent. Ces spéculations effrénées, naturellement nous n'en voyons jamais le premier euro, mais, tout en conservant les profits, à notre insu, les banques sont toutes prêtes à nous en faire supporter les pertes.

Même les faits les plus éclatants ne nous frappent plus ! Nul ne s’est demandé comment une banque française pouvait se permettre de laisser l’un de ses employés jouer et perdre cinq milliards d’euros sans en être autrement incommodée. Comment des banques, qui feraient le métier qu’elles sont réputées faire, pourraient-elles réaliser annuellement une dizaine de milliards d’euros de bénéfice (autant que Total, dans les années fastes, en somme), tout en nous expliquant, sans cesse, que la dureté des temps les oblige désormais à nous facturer la moindre de leurs opérations ?

Prenons le cas des assurances-vies, qui sont le placement majeur des Français à ce qu’on nous dit. Si l’on s’en tient aux options non spéculatives, comment les « bénéficiaires » (gardons le terme, puisque c’est l’usage, en dépit de la claire ironie du mot, car ce n’est pas dans leur escarcelle que vont les bénéfices !) peuvent-ils être sûrs que leur placement à rapporté les 4% ou 5% qu’on leur alloue, dans le meilleur des cas, et non pas 10%, 15% ou 20%, la différence tombant évidemment dans les poches, aussi profondes qu’obscures, des organismes gestionnaires ? Aux dernières nouvelles, il semble que même les modestes et ringardes caisses d’épargne spéculent, elles aussi, et que l’écureuil ait fait la bamboula spéculative dans l’ombre !

Tout cela repose sur une forme de confiance dans les banques dont tous les événements actuels nous démontrent qu’elle est des plus mal placées.

Ne parlons pas de tout ce qu’on nous cache ou qu’on ne nous dit pas, ce qui revient, à peu près, au même. Notre Président-Magicien [N. Sarkozy bien entendu], qui vient de découvrir, soudain, l’existence de ce monde où ceux qui ont empoché les profits se proposent de nous laisser couvrir les pertes, n’a jamais eu l’idée toute simple de supprimer la niche fiscale dorée des traders qui, soyons juste, a été instaurée par la GAUCHE grâce à une simple circulaire (moins voyante qu’une loi, mais tout aussi efficace) prise le 28 mars 2002 par le tandem Jospin-Fabius!

Il y a sans doute là une des plus belles niches fiscales (en dehors de celle des hommes politiques eux-mêmes) parmi les 500, qui font perdre à l’Etat français 73 milliards de rentrées d’impôts par an. C’est le vertueux Jean Arthuis, président de la commission des finances du Sénat et expert-comptable de son état primitif, qui a été chargé de lever le lièvre.

La manœuvre est à triple détente. Il s’agit, à la fois
1°) du point de vue du Sénat, de mener des représailles contre les méchancetés faites au Sénat ; elles ont rendu publiques les folies budgétaires du Sénat et ont fait du pauvre président sortant Poncelet un SDF privé de ses 200 mètres carrés gratuits rue Bonaparte,
2°) dans la lutte gauche-droite, d’une réponse du berger de droite (Arthuis) à la bergère de gauche (Ségolène !) qui ne cesse de la ramener avec le bouclier fiscal,
3°) dans le contexte général de la crise, de désigner comme boucs émissaires, les lointains et mystérieux gestionnaires (« traders » et autres) qui, non seulement gagnent des fortunes sur notre dos, mais, en plus, ne payent pas d’impôts sur ces rémunérations colossales.

 

mardi 5 juillet 2011

Confidences bancaires

On m'accordera, qu'à la différence de nombre de blogueurs, je ne vous bassine pas avec ma vie privée à longueur de blogs. Aujourd'hui, toutefois, le sujet du présent post m'a été fourni par ma banque, le LCL (ex Crédit Lyonnais qui a changé de nom, je ne sais trop pourquoi). Elle m'a fait parvenir, en effet, ce que l'on nomme dans le "banquais" (variété de crypto-français en usage dans les banques), une "remise export crédit sauf bonne fin". Va comprendre Charles! Je ne sais pas ce que cela veut dire, mais c'est écrit ainsi sur le papier et comme on va le voir "c'est étudié pour". Je vous livre donc la chose toute crue.

Si je n'ai pas compris l'intitulé du document, j'ai très vite saisi à quoi il tendait, quand je me suis aperçu qu'il faisait suite à l'envoi d'un chèque en livres sterlings à mon nom que j'avais adressé à ma banque pour virement sur mon compte courant. Il s'agissait d'un modeste chèque de 39,37 livres, soit 44,40 euros au cours du jour. Je savais naturellement à quoi je m'exposais en tentant pareille opération, mais je dois dire que le résultat a été encore assez largement au-delà de mes craintes les plus folles.

Le problème n'est pas, comme souvent, dans le taux de change qui m'a été appliqué, ce qui arrive quand on vous vend une monnaie étrangère à un prix deux fois plus élevé que celui auquel on vous l'achète ; dans le présent cas, on ne peut guère tricher là-dessus et le profit serait trop modeste pour que la chose en vaille la peine. Je n'ai donc pas vérifié mais le taux de conversion me paraît convenable. Ce qui paye, en revanche, ce sont les commissions du Crédit Lyonnais. Petite remarque, si dans l'en-tête de l'imprimé, on a remplacé Crédit Lyonnais par LCL, on n'a pas réalisé la conversion de ce sigle dans les textes eux-mêmes où l'on parle toujours du Crédit Lyonnais.

Le virement sur mon compte de cette somme de 44,40 € a eu pour préalable l'application ANTERIEURE (on ne se méfie jamais assez!) de deux prélèvements sur ce même compte et non sur le chèque lui-même, le premier "pour encaissement" (17,75 euros), le second pour le change (13,60 euros), soit au total 31,25 euros. Sur mon pauvre chèque de 44,40 euros, on m'a donc fait payer, à l'avance, au titre des frais divers, les trois-quarts de la somme en cause, ce qui me semble très considérable et assez voisin de ce que l'on pourrait appeler une escroquerie. Car la "bonne fin" (joli, non?) évoquée et qui cherche à justifier sans doute l'énormité des prélèvements par les risques énormes encourus (chèque sans provision)est assurée, pour la banque au moins puisque, de toute façon, elle s'est payée à l'avance, que la fin soit bonne ou mauvaise!

Si les agents du Crédit Lyonnais pratiquent, dans le traitement d'un chèque britannique, des manoeuvres que je ne qualifierai pas d'usuraires pour ne pas offenser gravement l'honorable corporation des usuriers, force est de reconnaître que ces gens-là ne manquent pas de psychologie et de talent pour la communication. En effet, ils ont l'astuce, fruit sans doute d'une longue expérience, décisive en pareil cas, de ne pas mentionner la somme qui sera finalement et réellement versée sur le compte, en lieu et place des 44,40 euros attendus, postulant à tout coup un client lecteur inattentif de cette si étudiée "remise export crédit sauf bonne fin". Ce lecteur inattentif ne gardera, en effet, en mémoire que le montant de 44,40 euros qui figure effectivement sur la "remise export crédit sauf bonne fin" et il ne prendra guère conscience, dans la suite, que ne lui seront versés finalement que 17,15 euros, déduction faite des "frais" antérieurement prélevés directement sur le compte lui-même.

Malin non?

J'espère qu'un agent du LCL/Crédit Lyonnais qui lira ce post pourra m'informer plus exactement sur cette question ; ce sont bien 44,40 euros, soit en apparence, le montant intégral du chèque, qui seront versés effectivement sur mon compte. On se gardera alors de me rappeler qu'ont été auparavant prélevés sur mon compte 31,25 euros de frais ce qui fait que, sans m'en apercevoir bien entendu, je n'en toucherai réellement que 17,15 euros sur les 44,40 euros du chèque traité, mais sans que la réalité de cette somme finale n'apparaisse jamais nulle part!

Bravo les artistes bancaires !