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dimanche 23 décembre 2012

Usbek en Italie

En ouvrant, par hasard, mon Courrier international (que je lis, en général et en diagonale, avec quinze jours de retard), je tombe, dans le numéro 1155 (du 20-12 au 2-1), en page 19, sur un article intitulé "J'ai épousé mon lave-linge" d'Ermanno Cavazzoni, professeur d'esthétique à l'université de Bologne. Quel honneur pour un modeste Persan de voir ses conseils (gratuits comme toujours) suivis par cet illustre universitaire italien. Du coup je vous refourgue mon post qui date du 8 novembre 2012.

"Mariage gay : épousez donc votre lave-linge !
 
Le pire de tout, en ce moment, est le ramassis d'imbécillités qu'on entend à propos du mariage homosexuel, comme si c'était là, sinon le seul du moins, le principal problème, d'un Etat que son propre Premier Ministre a déclaré "sans le sou", il y a cinq ans, avant d'augmenter lui-même de 500 milliards de $ la dette publique, suite à cet accès incongru de sincérité.
 
Le mariage homosexuel est un sujet que j'ai, à peu près, réussi à éviter jusqu'à présent dans mes posts.
 
Petit échantillonnage d'âneries que j'ai entendues ici ou là, la plus monumentale étant le lien qu'on veut établir, y compris dans la loi, entre le mariage homosexuel et la présence d'enfants au sein de couples de ce genre, alors que la nature exclut par définition une telle hypothèse, en tout cas par les voies de la nature.
 
Le texte de la loi, avant débat, est à peu près le suivant : Le mariage est contracté par deux personnes de sexes différents ou de même sexe. Jusque là rien à dire. La suite est plus étonnante : De la possibilité de se marier, découle, pour les couples homosexuels, le droit d'adopter ensemble un enfant.
La logique d'un tel raisonnement m'échappe totalement. Le mariage rendrait-il la procréation obligatoire ?
Je suis personnellement indifférent sur la question du mariage qui ne concerne que les deux intéressé(e)s. N'importe qui devrait pouvoir "épouser" n'importe qui et je dirais même, quitte à choquer un peu, n'importe quoi : son chat , son chien (Caligula avait bien fait son cheval consul !), son armoire normande ou son lave-linge.
 
En revanche, je suis, tout à fait, définitivement et irrévocablement hostile, à l'entrée d'enfants, par quelque voie que ce soit, dans les couples homosexuels.
 
"Pourquoi?" allez-vous me dire ?
En tout cas, je ne le suis en rien pour les raisons que j'entends sans cesse avancer partout, en particulier par les psychologues dont la prolifération et la prolixité (oserais-je la "prolifixité" ?) est une des plaies de la France actuelle, car nous en produisons, chaque année, autant que tous les autres Etats d'Europe réunis. Je regrette que le rapport Gallois n'en ait pas envisagé l'exportation systématique dans le reste du monde pour réduire, par là, si l'on trouve des clients, le déficit de notre commerce extérieur.
À propos du prétendu risque qu'un enfant adopté par un couple homosexuel ne devienne, à son tour, homosexuel, le plus simple bon sens conduit à noter que les homosexuels sont, toujours et partout, issus de couples hétérosexuels. Il peut effectivement difficilement en être autrement, vu la très faible fécondité des couples homosexuels. Vous connaissez bien sûr la vieille blague selon laquelle les homosexuels constituent, dans la nature, la seule espèce qui se multiplie dans se reproduire. Pitié! Pas sur la tête!
 
L'approche la plus courante contre ou pour la présence d'enfants (adoptés ou arrivés là par d'autres voies) est donc d'ordre psychologique et on ne manque pas de convoquer, à ce propos, une meute de psychologues, de "psycho-machin" et/ou de "pédo-trucologues". Non! "Pédo-trucologues" n'est pas une faute d'orthographe pour "pédé-trucologue" même si l'étymon grec "païs" (= enfant) est présent dans les deux cas.
Ce point de vue "psychocentriste" est évidemment inepte ; j'ai entendu, pour la première fois, il y a un jour ou deux, dans la bouche d'un non-spécialiste plein de bon sens, la remarque la plus pertinente qui est que les problèmes que ne mauquera hélas pas d'avoir un enfant présent dans un couple homosexuel sont d'ordre social et non pas psychologique.
Imaginez donc un instant la situation, puis l'avenir d'un tel enfant dans une école de Marseille-Nord, de Vénissieux ou du 93, le jour où ses deux papas viendront le chercher à la sortie de l'école. Il est clair que la vie scolaire et la vie tout court de cet enfant deviendront, dès lors un enfer, sans arrêt ponctuées d'apostrophes du genre "pédé", "fils de pédé", etc.! Vous aurez sans doute noté, comme moi, que l'exclusion sociale (pour des causes infiniment plus futiles) est la principale, pour ne pas dire la seule, cause des suicides d'écolier(e)s!
C'est la raison pour laquelle je suis, tout à fait et définitivement, hostile à l'entrée d'enfants dans les couples homosexuels, alors que je suis totalement indifférent (et même, si l'on veut, favorable) à leur mariage. Un enfant n'est pas un jouet, ni un animal de compagnie ni même une bagnole!
Si un couple homo veut s'occuper d'enfants, sans pouvoir en faire ni en adopter, il ne manque pas d'associations qui oeuvrent dans ce domaine pour le Tiers Monde ; ils peuvent y collaborer ou du moins les soutenir, en individualisant même leur aide et, par là, en correspondant même régulièrement avec leur petit(e) protégé(e)".

jeudi 8 novembre 2012

Mariage gay : épousez donc votre lave-linge !


Le pire de tout, en ce moment, est le ramassis d'imbécillités qu'on entend à propos du mariage homosexuel, comme si c'était là, sinon le seul du moins, le principal problème, d'un Etat que son propre Premier Ministre a déclaré "sans le sou", il y a cinq ans, avant d'augmenter lui-même de 500 milliards de $ la dette publique, suite à cet accès incongru de sincérité.

Le mariage homosexuel est un sujet que j'ai, à peu près, réussi à éviter jusqu'à présent dans mes posts.

Petit échantillonnage d'âneries que j'ai entendues ici ou là, la plus monumentale étant le lien qu'on veut établir, y compris dans la loi, entre le mariage homosexuel et la présence d'enfants au sein de couples de ce genre, alors que la nature exclut par définition une telle hypothèse, en tout cas par les voies de la nature.

Le texte de la loi, avant débat, est à peu près le suivant : Le mariage est contracté par deux personnes de sexes différents ou de même sexe. Jusque là rien à dire. La suite est plus étonnante : De la possibilité de se marier, découle, pour les couples homosexuels, le droit d'adopter ensemble un enfant.

La logique d'un tel raisonnement m'échappe totalement. Le mariage rendrait-il la procréation obligatoire ?

Je suis personnellement indifférent sur la question du mariage qui ne concerne que les deux intéressé(e)s. N'importe qui devrait pouvoir "épouser" n'importe qui et je dirais même, quitte à choquer un peu, n'importe quoi : son chat , son chien (Caligula avait bien fait son cheval consul !), son armoire normande ou son lave-linge.

En revanche, je suis, tout à fait, définitivement  et irrévocablement hostile, à l'entrée d'enfants, par quelque voie que ce soit, dans les couples homosexuels.

"Pourquoi?" allez-vous me dire ?  

En tout cas, je ne le suis en rien pour les raisons que j'entends sans cesse avancer partout, en particulier par les psychologues dont la prolifération et la prolixité (oserais-je la "prolifixité" ?) est une des plaies de la France actuelle, car nous en produisons, chaque année, autant que tous les autres Etats d'Europe réunis. Je regrette que le rapport Gallois n'en ait pas envisagé l'exportation systématique dans le reste du monde pour réduire, par là, si l'on trouve des clients, le déficit de notre commerce extérieur.

À propos du prétendu risque qu'un enfant adopté par un couple homosexuel ne devienne, à son tour, homosexuel, le plus simple bon sens conduit à noter que les homosexuels sont, toujours et partout, issus de couples hétérosexuels. Il peut effectivement difficilement en être autrement, vu la très faible fécondité des couples homosexuels. Vous connaissez bien sûr la vieille blague selon laquelle les homosexuels constituent, dans la nature, la seule espèce qui se multiplie dans se reproduire. Pitié! Pas sur la tête!

L'approche la plus courante contre ou pour la présence d'enfants (adoptés ou arrivés là par d'autres voies) est donc d'ordre psychologique et on ne manque pas de convoquer, à ce propos, une meute de psychologues, de "psycho-machin" et/ou de "pédo-trucologues". Non! "Pédo-trucologues" n'est pas une faute d'orthographe pour "pédé-trucologue" même si l'étymon grec "païs" (= enfant) est présent dans les deux cas.

Ce point de vue "psychocentriste" est évidemment inepte ; j'ai entendu, pour la première fois, il y a un jour ou deux, dans la bouche d'un non-spécialiste plein de bon sens, la remarque la plus pertinente qui est que les problèmes que ne mauquera hélas pas d'avoir un enfant présent dans un couple homosexuel sont d'ordre social et non pas psychologique.

Imaginez donc un instant la situation, puis l'avenir d'un tel enfant dans une école de Marseille-Nord, de Vénissieux ou du 93, le jour où ses deux papas viendront le chercher à la sortie de l'école. Il est clair que la vie scolaire et la vie tout court de cet enfant deviendront, dès lors un enfer, sans arrêt ponctuées d'apostrophes du genre "pédé", "fils de pédé", etc.! Vous aurez sans doute noté, comme moi, que l'exclusion sociale (pour des causes infiniment plus futiles) est la principale, pour ne pas dire la seule, cause des suicides d'écolier(e)s!

C'est la raison pour laquelle je suis, tout à fait et définitivement, hostile à l'entrée d'enfants dans les couples homosexuels, alors que je suis totalement indifférent (et même, si l'on veut, favorable) à leur mariage. Un enfant n'est pas un jouet, ni un animal de compagnie ni même une bagnole!
 
Si un couple homo veut s'occuper d'enfants, sans pouvoir en faire ni en adopter, il ne manque pas d'associations qui oeuvrent dans ce domaine pour le Tiers Monde ; ils peuvent y collaborer ou du moins les soutenir, en individualisant même leur aide et, par là, en correspondant même régulièrement avec leur petit(e) protégé(e).

 

mardi 30 octobre 2012

Haïti : « restavek» ou adoptés ?


Tout à fait par hasard, j'ai zappé, dimanche 28 octobre 2012 sur TF1, au moment même où passait un reportage sur les "restavek" haïtiens ; il avait d'ailleurs pour moi un léger parfum de réchauffé car ce ne doit pas être le premier sur la question. J'ai constaté, lundi matin, dans mes statistiques que mes posts anciens sur le sujet avaient connu une fréquentation inhabituelle, probablement de part de gens qui ayant vu le documentaire à la télé ont dû taper "restavek" dans Google pour en savoir davantage.

Tout cela m'a rappelé les débats incompréhensibles qui ont eu lieu en France en 2010-2011 (on n'y pense plus guère aujourd'hui) et la position invraisemblable de la France et du ministre Kouchner en particulier sur laquelle est fort heureusement revenue Michèle Alliot-Marie qui lui a succédé au Quai d'Orsay. Pour connaître un peu la situation de ces enfants en Haïti, je n’ai pas du tout les mêmes scrupules que bien des gens que j’ai entendu alors s’exprimer, sur ces questions d'adoption, pour faire part de leurs craintes de voir se mettre en place d'hypothétiques trafics d’enfants.

De tels agissements ne sont certes pas exclus, mais, en pareil cas, il faut mettre en balance les avantages et les inconvénients des solutions. Or, entre un orphelin de trois ans restant en Haïti, privé de sa famille d'une façon ou d'une autre (qu'il soit orphelin, qu'il ait été "placé" comme on disait autrefois en France, ou parfois même plus ou moins vendu) et réduit à devenir "restavek", et le même enfant, venant en France pour y entrer dans une famille qui l’espère et l’attend de toutes ses forces, même si elle a plus ou moins payé pour l'adopter, je n’hésite pas même une nano-seconde avant de trancher en faveur de l’adoption. N'oublions pas qu'il y a en France des dizaines de millers de demandes d'adoption non satisfaites!

J’hésite d’autant moins que je connais, hélas, bien la sinistre pratique des « restavek », que j'ai été sans doute le premier à signaler et à dénoncer, après le "goudou goudou" du 12 janvier 2010.
Le film de TF1 redisait, sur le sort et la condition des "restavek" haïtiens,  ce que j'ai moi-même répété et qui a déjà été montré dans un film précédent, mais il avait l'immense inconvénient de doubler en français tous les propos, tous tenus en créole bien entendu mais dont on n'entendait pas un seul mot, au lieu de les sous-titrer. Nombre de téléspectateurs français ont donc dû en conclure que tout le monde parle français dans ce pays, si joliment et si fallacieusement dit "francophone"!

J'ai consacré plusieurs posts à cette question ; je ne reviens donc pas sur les faits eux-mêmes ni sur les conséquences du séisme sur les procédures d’adoption engagées par des parents français. Nombre de ces procédures se sont trouvées inévitablement interrompues par la destruction, dans la catastrophe, des documents et/ou des dossiers administratifs, tant dans les lieux privés que publics.

Les événements d’Haïti, en dépit des immenses différences, ont souffert en outre de la comparaison  avec l’affaire de l’Arche de Zoé, survenue en Afrique et dont on n'a plus guère parlé ensuite, comme toujours. Celui ou celle qui sait exactement quelle en fut la conclusion gagne la traditionnelle tringle à rideaux!

Loin de moi l’idée de défendre les olibrius de cette association ! En revanche , je reste très sceptique quant aux preuves administratives qu’on a semblé vouloir alors exiger, aux confins du Soudan et du Tchad ( !), de la part des parents, soit pour leur rendre des enfants dont ils prétendaient qu’ils étaient les leurs, soit pour leur accorder une indemnisation du « préjudice » moral. Ubuesco-kafkaien dans ces contextes africains, mais le Père Soupe, comme l’adjudant Tifris, ne veulent pas le savoir!

Comme beaucoup d'Haïtiens ( je suis bien placé pour le savoir),  les dictionnaires du créole local sont souvent très discrets (pour ne pas dire mensongers parfois) sur la définition même de ce terme, ce qui est assez significatif sur le tabou linguistique qui frappe cette pratique. Ainsi lit-on dans le Ti diksyonnè kreyol-franse (1976) : « Restavek : domestique (attaché depuis l’enfance à une famille [Ah qu'en termes galants ces choses-là sont dites !] Gen de restavek ki pa konn manman yo : il y a des domestiques qui ne connaissent pas leur mère.[ce cas est celui de tous] ». L’exemple en dit plus que la définition ! La traduction "enfants esclaves" utilisée dans le film correspond infiniment mieux à la cruelle réalité.

En effet, le statut du « restavek » (< rester « habiter, être » + avec) est bien plus proche de celui d’un esclave que de celui d’un domestique, puisque le point principal est qu’il s’agit d’un enfant qui vit dans une famille qui n’est pas la sienne et qui y travaille très dur sans être payé ne recevant de ses maîtres que le gite et le couvert, l’un et l’autre étant réduits au strict minimum, et souvent même à un peu moins.

C’est en Haïti une pratique très ancienne (d'origine française et non africaine) que l’aggravation de la situation économique a contribué à maintenir. La catastrophe de 2010 et l'état actuel du pays ont donc peu de chances de la faire reculer, bien au contraire. Je ne citerai ici, pour étayer mon témoignage, qu’un bref extrait d’un document de l’UNICEF dont la position et le comportement dans le passé post-séisme n'ont pas toujours aussi clairs comme je l'ai montré dans mes posts : « Le travail d'un enfant domestique [restavek] est souvent très dur, jusqu'à l8 heures par jour. L'enfant-restavek, parfois âgé de 5 ans seulement, fréquemment sous-alimenté, ne reçoit aucune instruction et aucun salaire, la loi haïtienne ne prévoyant pas de rémunération pour ce type de travail. L'enfant "restavek" subit, parfois, des violences physiques ou sexuelles. Il est souvent coupé de tout lien avec sa propre famille, en raison des distances qui les séparent, de l'analphabétisme et de l'absence de tout moyen de communication ».

Le phénomène est donc loin d’être marginal puisqu’on estimait, avant le séisme de 2010,  le nombre des restavek à plus de 170.000, soit environ 8% des enfants ou des adolescents entre 5 et 17 ans, la plupart d’entre eux étant naturellement originaires des zones rurales et, bien entendu,  totalement déscolarisés. Ce nombre dépasserait aujourd'hui les 200.000 et la généralisation de la scolarisation promise est bien loin d'être en route.

Faut il en dire davantage ?

Vaut-il mieux que des enfants, devenus orphelins à la suite du séisme ou dont les parents, déjà pauvres, ont perdu leurs dernières ressources dans cette immense catastrophe ou dans celles qui ont suivi, dont Sandy, la plus récente, deviennent des « restavek » (ce qui a toutes chances de leur arriver) ou qu’ils soient adoptés par des familles françaises, qui souhaitent en faire leurs enfants, fût-ce, pour une infime minorité, dans des conditions peut-être un peu incertaines voire hasardeuses au strict plan administratif ?

Pour moi, je le répète, je n’hésiterais pas une seconde, mais je ne suis pas à la place des décideurs à manches de lustrine qui ignorent tous des questions qu'ils traitent !


mardi 18 septembre 2012

Gay ! Gay ! Marions-nous!

Il faut décidément que je mette mon grain de sel dans le sujet, faute de quoi je vais perdre la face sur le front de l'actualité.

C'est bien entendu du mariage homosexuel que je veux parler, encore que ce sujet me laisse totalement indifférent et que je ne vois aucun inconvénient à ce que n'importe qui épouse n'importe qui, voire n'importe quoi.

Ce que je ne comprends pas du tout, en revanche, c'est la volonté, absurde à mon sens, de lier la question du mariage homosexuel au problème de la filiation puisque, par définition même, ce mariage gay ne conduit pas à la procréation. La seconde préoccupation me paraît donc, en quelque sorte, la négation même de la première puisque, si l'on estime que tout mariage doit conduire à avoir des enfants, il faut, à ce moment-là, refuser le principe même du mariage homosexuel ou en tout cas s'en abstenir soi-même.

Il faut d'ailleurs reconnaître que la question des enfants au sein d'un mariage homosexuel semble poser un peu plus de problèmes que le principe même de ce mariage, qui me paraît recueillir, dans notre société, une assez large approbation, ce que confirment d'ailleurs les sondages.

Il en est tout autrement pour ce qui concerne les enfants, mais ce problème-là me semble assez mal posé. La seule question envisagée est, en effet, si l'on peut dire, d'ordre psychologique et se résume ainsi : un enfant, au sein d'un couple marié homosexuel pourra-t-il « se construire » (pour causer comme les psychologues qu'on consulte généralement en pareil cas), comme il le fait au sein d'un mariage hétérosexuel, où il dispose d'un double "modèle", différent dans son principe, celui de sa mère et celui de son père.

Quoique nous ne manquions pas de psychologues, loin de là (on n'en forme chaque année autant en France que dans tout le reste de l'Europe !), leur consultation, même si elle n'est pas tout à fait inutile, ne me paraît pas décisive en pareil cas. Le problème de l'enfant, né par procréation assistée dans un couple de lesbiennes (la science ne permet pas, sauf au cinéma, de le faire dans un couple mâle) ou adopté, est à mon sens moins d'ordre psychologique que social.

J'avoue que le fait d'avoir vécu dans un contexte méridional m'influence sans doute et les quelques années que j'ai passées à Marseille y sont aussi pour quelque chose.

Ces mêmes psychologues qui causent si volontiers et si doctement sur la construction de l'identité par cet enfant dont les parents sont homosexuels et qui sont si savants sur les processus d'exclusion solaire scolaire dont certains enfants sont les victimes, feraient bien aussi de s'interroger sur le vécu d'un tel enfant dans une école primaire. Que se passera-t-il lorsque ses deux papas ou ses deux mamans viendront le chercher après la classe ? Comment vivra-t-il une telle situation sous les quolibets et les moqueries des autres élèves ?

Nos psychologues, qui sont sans doute peu familiers avec les milieux sportifs et populaires  français, devraient pourtant savoir que la principale injure en usage sur tous les terrains de tous les sports a toujours été et demeure, comme dans les rues, « Pédé !». Pour prendre un exemple très concret, on nous a bien évidemment caché que dans les événements fâcheux qui ont marqué la prestation de l'équipe de France de football à la Coupe du monde en Afrique du Sud, un des facteurs majeurs du mauvais climat au sein de la formation française a été le traitement et l'exclusion de la vedette de cette équipe (que je ne nommerai pas crainte d'un procès!) par ses coéquipiers. Il était considéré, en effet, comme homosexuel et traité donc exclu, de ce fait, comme tel.

C'est à mes yeux la principale raison qui fait que, si je suis tout à fait indifférent au mariage homosexuel, je suis en revanche résolument contre l'apparition d'un enfant dans un tel couple ; si j'avais à me prononcer de façon plus précise, je serais moins défavorable à l'adoption ou à la procréation au sein d'un couple féminin homosexuel que d'un couple masculin pour des raisons qui se laissent facilement comprendre.

Un enfant n'est pas un jouet et, même s'il peut être un moment sincèrement désiré par un couple homosexuel masculin, ce caprice aura sûrement de fâcheuses conséquences pour l'enfant dans tous les débuts de sa vie sociale (à l'école en particulier) ; en outre, comme tout caprice, il risque fort de ne pas durer avec toutes les conséquences que cela peut entraîner pour le malheureux enfant adopté.

Gay! Gay ! Marions-nous mais n'adoptons pas!

jeudi 23 décembre 2010

Enfants d'Haïti : adoptés ou "restavek" ? (2)

Voici le premier post que j'ai fait sur la question de l'adoption d'enfants haïtiens, qu'ils soient ou non victimes du séisme du 12 janvier 2010 Notez la date!).

23 janvier 2010

Adoptés ou « restavek » ?

Le hasard, une fois de plus, fait que mon projet de post sur l’adoption des enfants haïtiens, annoncé hier, vous me l’accorderez, coïncide avec l’actualité puisque j’ai appris, ce matin même, que 33 enfants haïtiens, dont les procédures d’adoption étaient en cours, quittent Haïti pour rejoindre en France leurs parents adoptifs.

Je ne reviens pas sur les événements dont on nous a abondamment régalés à la suite du séisme d’Haïti et de ses conséquences sur les procédures d’adoption engagées par des parents français et qui, de ce fait, se trouvaient inévitablement interrompues par la disparition, très probable, de nombre de documents et/ou de dossiers, qui, tant dans les lieux privés que publics, ont été détruits.

Pourtant, les Haïtiens, qui ont viré les colonisateurs français dès la fin du XVIIIème siècle, ont sans doute, pour partie, échappé à l’hypertrophie administrative que nous avons léguée à nos anciennes colonies, avec le CNRS et quelques autres archéo-structures de la même farine.

Les événements d’Haïti, en dépit des immenses différences, me rappellent un peu par certains côtés, l’affaire de l’Arche de Zoé dont on ne parle plus guère. Loin de moi l’idée de défendre les olibrius de cette association ! En revanche, je reste très sceptique quant aux preuves administratives qu’on semblait vouloir alors exiger, aux confins du Soudan et du Tchad ( !), de la part des parents, soit pour leur rendre des enfants, dont ils prétendaient qu’ils étaient les leurs, soit pour leur accorder indemnisation du « préjudice » moral de l’« enlèvement » de ces mêmes enfants. Ubuesco-kafkaïen dans ces pays, mais le Père Soupe, comme l’adjudant Tifris, ne veut pas le savoir.

A une époque où j’allais souvent en Afrique, j’avais un projet que, hélas ou heureusement, je n’ai jamais mis à exécution. Je voulais, en effet, m'y procurer, pour 5000 ou 10.000 francs CFA, des certificats prouvant que j’avais eu, là-bas, quelques enfants naturels, afin de pouvoir me présenter, en France, aux Allocations familiales locales, pour y solliciter les « indemnités y afférentes », comme on dit dans notre beau jargon médiéval d’usage en la matière.

Je n’ai pas de compétence juridique mais, pour connaître un peu la situation et, on va le voir, l’anthropologie culturelle et sociale haïtienne, je n’ai pas du tout les mêmes scrupules que bien des gens que j’entends s’exprimer, à longueur d’émission, sur ces questions, pour y faire part de leurs craintes de voir se mettre en place des trafics d’enfants. De tels agissements ne sont pas exclus, mais, en pareil cas, il faut mettre en balance les avantages et les inconvénients des solutions.

Or, entre un orphelin de trois ans restant en Haïti, privé de sa famille, dans une situation de misère totale, et le même enfant, venant en France pour y entrer dans une famille qui l’espère et l’attend de toutes ses forces, je n’hésite pas, pas même une nano-seconde, avant de trancher en faveur de l’adoption.

J’hésite d’autant moins que, un peu informé des traditions culturelles et sociales d’Haïti, je connais la pratique locale des « restavek », contre laquelle diverses associations de protection de l’enfance et surtout l’UNICEF s’efforcent de lutter, mais que nul n’a jamais évoquée dans nos médias.

Certains Haïtiens, contre toutes les évidences, nient parfois l’existence de cette pratique. Les dictionnaires du créole haïtien, de ce fait, sont souvent très discrets sur la définition de ce terme. Ainsi lit-on dans le Ti diksyonnè kreyol-franse (1976) : « Restavek : domestique (attaché depuis l’enfance à une famille) Gen de restavek ki pa konn manman yo : il y a des domestiques qui ne connaissent pas leur mère. ».

L’exemple en dit plus que la définition !

En réalité, le statut du « restavek » (< rester « habiter, être » + avec) est plus proche de celui d’un esclave que de celui d’un domestique, puisque le point principal est qu’il s’agit d’un enfant qui vit dans une famille qui n’est pas la sienne et qui y travaille très dur sans être payé, contre le gîte et le couvert, l’un et l’autre étant réduits au strict minimum, et souvent même un peu moins.

C’est en Haïti une pratique très ancienne que l’aggravation de la situation économique a contribué à maintenir. La catastrophe actuelle a donc peu de chances de la faire reculer, bien au contraire. Je ne citerai ici, pour étayer mon témoignage, qu’un bref extrait d’un document de l’UNICEF : « Le travail d'un enfant domestique [restavek] est souvent très dur, jusqu'à l8 heures par jour. L'enfant « restavek », parfois âgé de 5 ans seulement, fréquemment sous-alimenté, ne reçoit aucune instruction et aucun salaire, la loi haïtienne ne prévoyant pas de rémunération pour ce type de travail. L'enfant « restavek » subit, parfois, des violences physiques ou sexuelles. Il est souvent coupé de tout lien avec sa propre famille, en raison des distances qui les séparent, de l'analphabétisme et de l'absence de tout moyen de communication ».

Le phénomène est donc loin d’être marginal puisqu’on estime le nombre des « restavek » à plus de 170.000, soit environ 8% des enfants ou des adolescents entre 5 et 17 ans, la plupart d’entre eux étant naturellement originaires des zones rurales et, bien entendu, totalement déscolarisés

Bien que Haïti ait ratifié, en 1994, la Convention des droits de l'enfant, en l'absence d'une protection adaptée et en dépit de la lutte contre cette tradition menée par l’UNICEF, ces enfants restent exposés à des violences de tous ordres comme à la pire des exploitations. « Les restaveks sont privés de leurs droits les plus élémentaires » conclut le responsable de cette organisation en Haïti.

Faut il en dire davantage ?

Vaut-il mieux que des enfants, devenus orphelins à la suite du séisme ou dont les parents, déjà pauvres, ont perdu leurs dernières ressources dans cette immense catastrophe, deviennent des « restavek » (ce qui a toutes chances de leur arriver) ou qu’ils soient adoptés par des familles françaises, qui souhaitent en faire leurs enfants, fût-ce, pour une infime minorité, dans des conditions peut-être un peu incertaines voire hasardeuses au strict plan administratif ?

Pour moi, je n’hésiterais pas mais je ne suis pas à la place de Monsieur Kouchner ! Si par hasard, l’un des lecteurs de ce post connaît notre ministre, qu’il lui parle donc des « restavek » d’Haïti, dont il ignore sans doute jusqu’à l’existence.

Dernière minute. Je m'étonne d'entendre, ce matin même, un représentant de l'UNICEF inciter à la prudence voire à l'inaction dans le domaine des adoptions en Haïti, au motif qu'une quinzaine d'enfants manqueraient à l'appel ici ou là. La chose n'est pas étonnante dans le contexte actuel et rien ne prouve qu'ils aient été enlevés par des trafiquants. La chose la plus stupéfiante est que cette position soit prise par une organisation qui, depuis des années, dénonce le scandale des 170.000 « restavek » d'Haïti.

Messieurs les nababs de l'UNICEF, un peu de bon sens, de logique et de réflexion!