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jeudi 26 juillet 2012

PATATRAS!

Suite mais certainement pas fin de notre feuilleton socio-économico- automobile entamé hier.

Voilà que le jour même de l'annonce du plan automobile de notre redresseur productif, Renault annonce que sa voiture électrique Zoé (le seul choix de ce nom a dû coûter au moins deux roues à Renault !) ne peut sortir à l'automne 2012 et ne sera finalement prête que pour 2013 suite à des problèmes techniques. Fâcheuse coïncidence ! On ne peut croire, pourtant, à une manoeuvre politique (une peau de banane pour le plan ministériel, comme l'avait été, l'an dernier, le fait de différer l'annonce du plan social d'Aulnay-sous-Bois) ou à une rivalité industrielle. C'est la faute à pas de chance comme dit la France d'en-bas.

De toute façon, les exégètes de la pensée ministérielle ne manquent pas et les interprétations sont des plus diverses ; beaucoup n'y voient qu'un effet d'annonce qui, somme toute, ne coûtera pas très cher, car ces 7000 euros de prime n'iront pas très loin, en dépit des apparences, dans la mesure où l'on n'immatricule guère en France qu'une centaine de véhicules électriques par mois. En fait l'Etat en bénéficiera lui-même pour l'essentiel, car les ventes les plus sûres et les plus importantes se feront, de toute évidence, avec les administrations, puisqu'on s'est engagé, du côté de l'État, à acheter 11 000 véhicules électriques. Ils sont forts nos politiques non ? Et économes en plus ! C'est toujours ça de pris, mais ça ne fait pas grand chose somme toute !

Faut-il que je précise que je n'entends rien à l'industrie automobile et que mes remarques sont celles d'un Philistin en la matière?

J'observe toutefois deux comportements industriels, en apparence opposés, mais qui sont, de toute façon plus intelligents, que ceux de ces PDG payés à coups de dizaines de millions d'euros et que le monde entier nous envie.

Les Allemands, semble-t-il, construisent et vendent des véhicules hauts de gamme (Mercedes, BMW et Audi) dont ils font fabriquer beaucoup de pièces dans des pays à faible coût de main-d'oeuvre (dans les PECO) et qu'ils assemblent eux-mêmes en Allemagne.

Les Coréens et les Japonais, en apparence à l'inverse, fabriquent l'essentiel de leurs véhicules de gamme moyenne en Corée ou au Japon (et dans ce dernier cas, le salaire horaire moyen est bien plus élevé qu'en France !) et assemblent les véhicules (du mécano en somme), en France par exemple, comme à leur fameuse usine de Valenciennes, ce qui non seulement leur coûtera moins cher mais leur permettra de donner à penser que les véhicules Toyota qui en sortent sont FRANCAIS.

De ce fait, pour y avoir réfléchi à l'avance sans doute (à la différence de nos patrons de génie), ils contourneront les fameuses mesures du "made in France" puisque notre définition du dit "made in France" (voir un de mes blogs précédents) est des plus modestes. Pour nous Français, 5 % du produit en cause suffit (quatre boutons de culotte), alors que c'est 30 % en Allemagne et 60% aux USA. Comme toujours, nous sommes, à votre guise, les pigeons ou les dindons (de la farce).

On a dû sabrer le champagne (ou le saké) en Corée et au Japon à la lecture du plan Montebourg, puisque, par exemple, la Yaris Hybrid qui vaut, en catalogue, 18 500 € n'en vaudra plus, une fois déduit le bonus de 4000 euros, que 14 500 c'est-à-dire exactement le prix d'une Renault Clio classique.

Merci M. Montebourg! (Excusez-moi je ne sais pas dire ça en japonais !).

mercredi 25 juillet 2012

S.O.S.

Le désarroi de nos politiques fait peine à voir,  même si, pour la plupart, ils continuent à plastronner ce qui, après tout, est bien normal et logique après deux mois d'exercice du pouvoir.

L'énergie et la bagnole sont à l'ordre du jour.

Pour la seconde, on murmure ce matin sur nos antennes que la solution miracle du "redressement économique" serait une prime de 7000 € pour une voiture électrique. MDR! Ça va coûter bonbon ! Encore pire que la prime à la casse !

Cette solution, que j'ai peine à prendre au sérieux est vraiment un emplâtre sur une jambe de bois, mais posé en outre à côté de la jambe! Par définition, il faudra mettre de l'électricité dans les voitures électriques et on nous annonce, en même temps, des hausses faramineuses du prix de l'électricité, sans même parler de la baisse de la production quand le nombre de centrales nucléaires va baisser.

C'est vraiment une version automobile et énergétique de L'aveugle au pistolet, le grand roman de Chester Himes.

Se greffe là-dessus l'affaire du gaz de schiste, qui a entraîné aux États-Unis une énorme baisse du prix du gaz ; on est passé, de ce fait, de 100 à 30 $ ; les immenses dégâts écologiques ne gênent pas les Américains puisque je crois bien que le gros de leur gaz vient du nord-est canadien et qu'après tout, si les Canadiens veulent massacrer toute une partie de leur territoire, c'est, en tout cas à court terme, leur problème et non celui du Texan qui consomme ce gaz.

Notre problème est que notre gouvernement écolo-socialiste, qui a subi sa première crise du fait de l'exploitation pétrolière en Guyane (qui a entraîné l'éviction de l'éphémère ministre de l'écologie) paraît frappé de terreur devant cette affaire ; ce n'est pas Mme Delphine Batho, si charmante qu'elle soit, qui paraît en mesure de régler la crise qui se profile.

Il faut dire que le problème est assez mal posé et que, comme dans le cas des OGM, on cède à la pression des plus extrémistes des militants écologistes ; il me semble bien avoir vu le patron de Greenpeace aller causer avec notre Premier Ministre à Matignon sur ces questions ; voilà qui n'est pas fait pour rassurer.

Nous ne manquons pas en France d'instituts de recherches ; nous pourrions parfaitement demander à l'un d'entre eux (sans aller jusqu'à réunir des états généraux du gaz de schiste !) de faire une étude sur cette question à la fois pour évaluer exactement nos réserves réelles (qui seraient immenses mais sans la moindre certitude) et surtout étudier les modalités d'exploitation de cette ressource si elle existe réellement et si l'on peut s'y livrer sans massacrer totalement l'environnement et en particulier les réserves d'eau.

Reste l'affaire d'Aulnay-sous-Bois qui ne comporte qu'un élément positif : le bilan de la société ; on nous annonçait 200 millions d'euros de pertes chaque mois or la société n'en a perdu que 135 ! Toujours ça de pris ou en tout cas de sauvé.

En revanche, ce qui est totalement ridicule est le débat sur la date de l'annonce de la décision de fermer l'usine en cause ; en effet, depuis un an, bien avant l'élection présidentielle, tout le monde savait (et toute la presse s'en était fait l'écho) que l'usine allait fermer, mais que le gouvernement précédent avait demandé de différer l'annonce officielle de la chose, pour ne la faire intervenir qu'après les élections. Comment peut-on maintenant discuter sur ce qui n'était un secret de polichinelle et alors que nous avons tous les documents dans la presse de cette période?.

Quant à la solution à tous ces problèmes, je n'en ai pas ; toutefois j'ai été content de voir Michel Rocard dire publiquement tout ce que j'avais écrit dans un blog des semaines avant, c'est-à-dire que les seules économies réelles, efficaces et importantes qu'on peut faire, résident dans le budget militaire et en particulier dans cette force nucléaire désuète, à laquelle nous nous accrochons et qui est aussi coûteuse qu'inutile.

Une fois de plus Michel Rocard a allié, dans cette affaire, le bon sens et le courage. Bravo !

dimanche 20 novembre 2011

« L’ai-je bien descendu ? »



Cette phrase, devenue fameuse, a été prononcée, en 1933, par Cécile Sorel au pied de l'escalier Dorian du Casino de Paris qu’elle venait de descendre. A-t-elle été réellement reprise, ce 17 novembre 2011, par Philippe Varin, PDG de PSA (Peugeot-Citroën), au pied des marches du perron de l'Elysée, au terme de son entrevue d'une demi-heure avec le Président de la République qui l'avait inopinément convoqué, en présence de deux ministres , X. Bertrand et E. Besson? Je n'en sais rien mais elle eût été des plus opportunes!

Il faut reconnaître qu'en ce début de campagne présidentielle, l'annonce de PSA avait fait d’autant plus l'effet d'une bombe qu’elle était faite en même temps que celle d’importantes réductions d’effectifs dans les banques françaises, un secteur qui habituellement « ne connaît pas la crise » mais la provoque ! La nouvelle était pourtant déjà connue depuis un certain temps. Dès juin 2010 en effet, la CGT avait divulgué une note interne de PSA Peugeot Citroën (remarque adjacente et inquiétante : comment les patrons peuvent-ils être assez naïfs ou stupides pour croire un instant à la confidentialité de leurs « notes internes » ?). Ce texte faisait état d'un « plan de restructuration » (en « parler gnangnan » un « plan de licenciement ») qui prévoyait la suppression de 6800 emplois en Europe, dont plus 5000 en France, au bénéfice essentiel de la Chine et du Brésil. Les principaux sites visés par cette mesure étaient l'usine d'Aulnay-sous-Bois et celle de Melun (où, contrairement aux propos inconsidérés et antinationaux de feu Fernand Raynaud, on ne produit pas que le fameux « melon de Melun »). L'information n'était donc pas nouvelle, mais reprise par le Monde, dans la morosité actuelle, elle a fait sensation et provoqué, sur le champ et « omnibus rebus relictis » (comme disait Jules César), « l'invitation » du PDG, Philippe Varin à se rendre à l'Élysée jeudi 17 novembre en fin de journée.

Une fois de plus l'intervention de notre président-magicien a démontré toute sa force puisqu’on a entendu miraculeusement assurer qu'il n'y aurait ni « plan social » ni licenciements et que le chiffre de 5000 suppressions ou délocalisation d’emplois en France tomberait, dans les conditions les plus défavorables, aux environs de 2000. Loué soit le Seigneur !

Naturellement de mauvais esprits n'ont pas manqué d'ironiser, voire, pire encore, de rappeler les engagements de 2007 de faire tomber le chômage au-dessous de 5 % ou, en avril 2008, les déclarations de Gandrange qui n'ont malheureusement guère été suivies d'effet.
Comme disent, dans le même esprit, la sagesse populaire créole réunionnaise et Charles Pasqua, « papyé i porte toute » (= le papier supporte tout, donc on peut toujours écrire n’importe quoi !) et « les promesses n’engagent que ceux qui les croient » !

Au terme de l'élection de 2012, de toute façon ou le président candidat n'aura pas été réélu et ses paroles actuelles n'importent guère, ou il l’aura été sans pouvoir rêver d’un troisième mandat et il ne sera donc pas plus engagé par de telles prises de position qu'il ne l’aura été, dans le passé, par d'autres du même acabit.

Toutefois le doute subsiste quant à la déclaration de M. Varin au pied du perron de l'Élysée. Certains prétendent qu’il ne s’agissait pas là de l’escalier du perron élyséen mais du plan de restructuration de PSA qui avait été le principal sujet de discussion avec Nicolas Sarkozy et ses ministres. Philippe Varin aurait demandé, en fait, « L'ai-je bien défendu ? ». Saura-t-on un jour la vérité ?