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mardi 13 novembre 2012

Dans la famille Merah, je demande...

Drôle de famille ces Merah ! Entre le frère qui se découvre Français et soudain écrivain (l'édition française est pire encore que les Merah!), l'autre frangin qui pique les scooters pour l'assassin (je devrais dire le "présumé" assassin), le "troisième homme" (un cousin peut-être ?), le père, intégriste islamiste, qui fait nourrir la marmaille aux mamelles de l'anti-France et de l'antisémitisme et la fille, le pire produit de l'élevage familial que les éditeurs français ne vont quand même pas laisser en jachère avec un pareil talent !

Sans aller jusqu'au bout de ma pensée, ce qui est désormais interdit dans notre pays des droits de l'homme, cette affaire m'a toujours inspiré quelques doutes, par le parfum de barbouze ( pas le "Barbouze de chez Fior "comme disait Queneau!) qui s'en dégageait d'emblée. Pour faire vite dans le rappel des faits,je reprends mon post du 22 mars, avec son titre :

"Un peu RAID tout de même !
Comme ce blog a le privilège d'être lu par de nobles étrangers, précisons tout de suite à leur intention que le RAID dont on parle tant depuis l'identification du terroriste de Toulouse est le "groupe d'élite" " Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion", organisme dont le créateur et premier responsable fut un certain Ange Mancini !

Je ne sais pas quelle sera l'issue finale (nous ne sommes qu'au début) de toute cette affaire autour du jeune Français musulman "djihadiste" qui, après avoir tué, à Montauban, quatre soldats français (d'origine maghrébine et antillaise me semble-t-il), a assassiné d'une balle dans la tête, à Toulouse, dans une école juive, trois petits enfants et le père de deux d'entre eux.
Au fur et à mesure que les faits sont mieux connus, ils apparaissent d'autant plus étonnants que, après qu'au départ, on ait abondamment souligné les difficultés très grandes d'une pareille enquête, il s'avère que le criminel était bien connu des services de police, qu'il était identifié comme potentiellement dangereux et qu'il résidait paisiblement à proximité, semble-t-il, de l'école où il a commis son dernier crime, le plus odieux de tous.
L'allusion à sa résidence est d'ailleurs assez incertaine, puisque, apparemment, ce jeune Mohamed (23 ans et un sourire angélique et enjôleur) bénéficiait du RSA (la République française est décidément bonne fille!) ; cette allocation, toutefois, ne devait constituer qu'une infime partie de ses revenus réels, puisqu'il avait, semble-t-il, plusieurs domiciles et plusieurs voitures de location, sans parler d'un abondant arsenal qui, en dépit de la baisse des prix, devait représenter une petite fortune puisque on a évoqué, entre autres, une uzi, un colt 45 et un 9 mm, sans parler de tout ce qu'on a pu trouver chez lui chez son frère ou dans l'un ou l'autre de ses véhicules.
Il y a assurément là un petit mystère et dans l'émission d'Yves Calvi d'hier les intervenants, s'autocensurant manifestement, sans oser prononcer quelque nom que ce soit, ont laissé entendre que ces achats d'armes et ce train de vie pouvaient parfaitement être, en quelque sorte, subventionnés à travers des associations elles-mêmes soutenues par la France ! J'avoue en être resté en être resté pantois car, tout en restant extrêmement prudents dans leurs propos, les intervenants paraissaient tout à fait compétents et sûrs de leur fait!
Un détail curieux aussi et qui aurait dû assurément attirer sur lui l'attention des services chargés de ce domaine est constitué par deux longs voyages (ce sont plus exactement des séjours) qu'il avait faits aux confins du Pakistan et de l'Afghanistan, dans les zones tribales où se trouvent les camps d'entraînement des volontaires du Jihad ; on apprend même maintenant que le surnom de ce criminel était, dans ces camps, "Youssef le Français", lui-même se réclamant, semble-t-il, d'un groupe nommé « les soldats du califat »!

Même si tout cela est encore un peu incertain, j'ai cru entendre qu'il avait été interrogé à ce propos et qu'il s'était justifié, en particulier à propos de son deuxième séjour, en prétendant (« preuves à l'appui » ajoutait-on) qu'il était là-bas pour faire du "tourisme" ! Interroger de tels individus sur de telles activités est, de toute évidence, des plus dangereux car s'entendre répondre en pareil cas « J'ai séjourné là-bas pour faire du tourisme » vous expose assurément à mourir de rire. Cela n'a pas été le cas, apparemment, puisque ses déclarations ont été enregistrées par le fonctionnaire de service avec le plus grand sérieux.
En tout cas, si la campagne électorale n'a pas été réellement suspendue par ces événements, ils ont opportunément occupé tous les médias pendant plusieurs jours, ce qui après tout n'est pas n'est pas négligeable et nous change du halal.

Les choses en resteront-elles la ou aurons-nous droit, une fois de plus, à la Nième de version de l'arroseur arrosé? Une chose, en tout cas, est sûre, nul n'a à craindre les confidences de Youssef le Français !"
A dire le vrai, selon la formule autrefois chère à Eve Ruggieri, ces dernières lignes visaient à donner à penser que je jugeais fort bien venue, en pleine période électorale, une pareille affaire me rappelait irrésistiblement, à un moindre degré de gravité, l'affaire du papy tabassé qui s'était révélée si opportune lors d'une précédente
présidentielle.

Mais en fait je reviens sur cette affaire car je n'avais pas publié en ce 22 mars, une phrase que j'avais consignée la veille (sans la publier), le 21 mars 2012, sur un fait qui m'avait fort étonné sans que nul ne le mentionne.
"Un dialogue pour le moins singulier s'est noué, ce mercredi 21 mars, entre Mohamed Merah et le policier du renseignement, alors que le RAID fait le siège du tueur de Toulouse.
L'agent de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), H., l'avait en effet auditionné, le 14 novembre 2011, lorsque le jeune homme avait été appelé à s'expliquer sur ses curieux voyages. Le tueur a réclamé sa présence lors de la négociation, et c'est à lui qu'il se confie principalement. Voici les propos du policier :
"On reprend la discussion qu'on a eue en novembre, et là, bon, sur de bonnes bases, quoi, avec un peu plus de sincérité, résume le policier. Parce que bon, tu m'as bien roulé dans la farine, hein, avoue-le. T'as été bon sur ce coup-là."
Derrière les mots destinés à mettre Merah en confiance, mais qui éclairent aussi la vraie nature de leur relation (Qui manipule qui ?), on sent poindre le désarroi du policier qui découvre l'ampleur de ce qui lui a échappé.
Il lui avoue : "On va se faire engueuler. (...) On savait pas grand-chose de toi."

Est-ce si sûr ? Y aura-t-il un autre membre de la famille Merah ou plutôt de la Place Beauvau d'alors, voire de L'Elysée, pour nous dire enfin la vraie vérité ?

 

jeudi 2 août 2012

Ramadan à Montauban

« Les Français ont la mémoire courte » aimait à dire, non sans raisons, le général De Gaulle ; je compléterai volontiers sa formule en ajoutant "et tout particulièrement les journalistes français de l'audiovisuel".

On a beaucoup parlé depuis hier, en dépit de la concurrence redoutable des Jeux Olympiques, de la profanation de la mosquée de Montauban où des inconnus ont déposé deux têtes de cochons sanglantes devant la grille d'entrée.

J'ai entendu, à de multiples reprises, la narration de ce fait divers sur diverses radios et diverses chaînes de télévision, mais j'ai constaté avec stupeur que tous les commentateurs s'interrogeaient gravement  sur le choix de Montauban et le pourquoi du comment.

Comment ne pas en conclure que tout le monde semble avoir oublié qu'à Montauban même, il y a quelques mois à peine, un musulman fanatique se déclarant terroriste islamiste, Mohamed Merah, a froidement assassiné deux soldats français et en a gravement blessé un troisième dans un attentat dont toute la presse s'est alors fait l'écho des jours durant? A-t-elle déjà oublié cet épisode sanglant qui me paraît, dans la candeur qui est la mienne, dans la relation la plus directe et la plus évidente avec la profanation de la mosquée, même si l'on ne peut pas dire que ceci explique cela et moins encore le justifie?

Dans le même esprit, on a beaucoup glosé aussi depuis deux jours sur la suspension de quatre moniteurs de colonies de vacances par une municipalité (communiste me semble-t-il) qui les employait et qui a décidé de leur interdire toute activité de garde des enfants pendant leur période de jeûne pour le Ramadan, suite à un accident survenu dans des conditions identiques il y a deux ans. Ne pas oublier que le maire est responsable en pareil cas!

Là encore on ne peut qu'être frappé par les ignorances concernant cette pratique qui est pourtant devenue très importante en France.

Si le Ramadan doit être observé par tous les musulmans, il existe néanmoins un grand nombre de cas d'exemptions de sa pratique.  On a même vu qu'une telle exemption pouvait s'étendre à l'ensemble d'un État. Il y a quelques années, en effet, en raison de très fortes chaleurs, le gouvernement du Niger, par précaution, a interdit à toute sa population le respect du Ramadan durant la période assignée  à cette fin et on en a signifié officiellement le report.

Nos journalistes audiovisuels sont si peu informés qu'ils ignorent, de toute évidence, que durant les Jeux Olympiques qui, vous l'aurez observé, tombent en plein Ramadan, les athlètes d'Etats islamiques parmi les plus sourcilleux sur le plan religieux, ont été dispensés de l'observation du jeûne, les jours non jeûnés devant être reportés après la compétition. Ce cas est certes celui des Emirats Arabes Unis mais également du Maroc dont les 72 athlètes inscrits bénéficient de cette mesure qui a fait l'objet d'une fatwa du Conseil supérieur marocain des Oulémas.

Il existe un inventaire précis de tous les cas où l'on peut être dispensé de jeunes pendant le Ramadan (l'âge, certaines maladies, la grossesse, l'allaitement, la menstruation et même la folie!).

Une des principales causes de dispense est le voyage, ce qui fait que l'on peut même considérer que les athlètes musulmans présents à Londres sont, en quelque sorte, doublement dispensés de cette pratique!



lundi 9 juillet 2012

Merah à la une

La diffusion d'une partie des enregistrements de Mohamed Merah, dimanche soir sur TF1, a relégué au second plan la grande réunion sociale que le Président de la République et le gouvernement ont commencé à tenir ce matin même.

Pas de quoi fouetter un chat sur le principe, mais cette émission a mis en évidence et présenté des bizarreries que, curieusement, les médias ne sont ne sont guère employés à souligner et moins encore à chercher à expliquer.

J'ai entrevu hier l'émission de reportages d'abord, puis très vaguement dans la suite un extrait des entretiens de l'assassin de Toulouse avec la police. Sur le fond de ses propos, pas grand-chose à dire. Coincé dans son cagadou, il roulait des mécaniques, en clair appétit de martyre, faute d'une autre perspective. En revanche, j'ai été très étonné du ton d'une partie de cet enregistrement où il causait, sur le ton le plus amical avec un policier qu'il avait eu l'occasion de connaître déjà dans le passé ; le tout avec une grande familiarité. Voici d'ailleurs à peu près ce que lui disait à un moment le dit policier dont les propos m'ont tant frappé que je les ai retenus et notés aussitôt : "On reprend la discussion qu'on a eue en novembre, et là bon, sur de bonnes bases, quoi, avec un peu plus de sincérité. Parce que, là, bon, tu m'as bien roulé dans la farine, hein, avoue-le. T'as été bon sur ce coup-là."

Tout cela, y compris le tutoiement réciproque, me paraît tout de même un peu étonnant, même si la loi du genre est de créer un climat de confiance entre le terroriste et ceux qui sont chargés de lui faire la conversation.

De là à penser que notre Mérah était un agent double ou un illuminé qu'on essayait de manipuler à diverses fins, il n'y a pas loin. Le principe même de la conduite personnelle d'un agent double et son plus sûr moyen de survie est évidemment de tromper chacune des deux parties qui croient ou espèrent le manipuler. Qu'en est-il dans son cas, on ne le saura de toute façon jamais car, lui, il ne pourra écrire son livre et ce genre de révélation ne peut venir des services en cause.

On a beaucoup glosé sur cet entretien que j'ai personnellement trouvé sans grand intérêt, même si, comme prévu et souhaité, il a fait le buzz au-delà même du raisonnable. En revanche, j'ai été extrêmement choqué, non par les propos de Mohamed Mérah, mais par les illustrations dont on a orné ses propos car à la télévision, on ne pouvait se contenter du son et il fallait bien des images pensait-on. Or les images fournies étaient en contraste violent et même scandaleux avec les faits évoqués ; à plusieurs reprises, on y voyait Merah tout sourire, voire franchement rigolard ; il se livrait même à un moment à quelques joyeux entrechats devant la caméra. Je ne sais pas quelle étais l'intention exacte de ceux qui ont monté ce reportage, mais on peut dire qu'il y avait là véritablement, plus que dans les propos, de quoi choquer les familles des victimes.

Deux enquêtes sont, paraît-il, ouvertes car on soupçonne des fuites. Diable! Je trouve que le mot est très inadéquat car il est certain que des gens qui avaient accès à ces documents les ont purement et simplement vendus, certainement à un très un bon prix quand on voit le tarif auquel se négocient désormais deux ou trois photos merdiques prises avec un téléphone. Il est certain que ces enregistrements ont dû rapporter gros à celui qui a eu l'idée et l'occasion d'en faire ce petit commerce, peut-être avec des bénédictions venant de plus haut. Il ne devrait pas être très difficile de découvrir de qui il s'agit, même si les journalistes sont très sensibles aux problèmes de protection de leurs sources mais, en la circonstance, il ne s'agit en rien d'information mais purement et simplement d'un vol de documents.

Si les enregistrements ont pu être négociés à très bon prix, qu'en sera-t-il, dans la suite des films, que Mohamed Merah avait pris au cours des assassinats auxquels il se livrait ? Si le coup est en revanche plus politique que journalistique, l'intérêt d'une telle vente risque d'être bien moindre !