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jeudi 24 octobre 2013
"Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle" ou "le festin des mercenaires"?
Je ne sais pas si, en la circonstance et compte tenu de la suite, vous préférez Néron ou Salammbô. Le choix du titre ne dépend que de vous, mais la consternante réalité des faits reste la même. Sortez vos mouchoirs et préparez les Kleenex, car le week-end du 30 novembre 2013 vous risquez d'être privé du spectacle du championnat de France de football, trompeusement dénommé désormais, selon le modèle commun, (mais seule l'étiquette a changé) Ligue 1 et Ligue 2, ces termes ayant remplacé les anciennes et infamantes dénominations de première et deuxième divisions qui avaient au moins le mérite de ne pas attenter à la langue française ; on y usait en effet de l'ordinal, seul possible en pareil cas. On ne peut toutefois demander aux "gros pardessus" officiels du foot de connaître le français ; ils ont déjà bien du mal avec le foot !
La moustache de Monsieur le Président de la Ligue de Football Professionnel est encore toute frémissante d'indignation ; cette menace de grève, en réponse à la mesure qu'on annonce sur les oeuvres vives financières du foot, n'est pas vaine dans sa bouche. Le président Hollande, qu'on dit amateur de football, risque donc se résigner à la prendre en considération, sans pour autant choisir la vraie bonne décision en la matière.
À dire le vrai, cette qualité même d'amateur de football devrait le conduire, non seulement à maintenir le prélèvement fiscal de 75% sur les revenus annuels d'un million d'euros et donc à accepter par là le principe de cette grève, mais, éventuellement, il pourrait même faire en sorte de la prolonger. En effet, désormais, tous les vrais amateurs et connaisseurs de ce sport peuvent satisfaire leurs appétits de vrais spectacles sportifs en regardant, grâce à la télévision, les championnats anglais espagnols et italiens (par ordre de mérite, les épreuves françaises n'ayant évidemment aucun titre à figurer dans un tel palmarès).
Car les "représentants" du football français, officiels ou dirigeants de clubs professionnels, n'ont pas la moindre vergogne à se comporter comme ils le font, dans la situation que connaît l'immense majorité des Français et à venir inviter cette misérable population à verser des torrents de larmes sur les pauvres travailleurs du protège tibia (j'hésite à use du terme de "sportifs" au vu des prestations de ces joueurs et du discours de leurs représentants) qui devront payer 75 % d'impôts si leur revenu annuel dépasse le million d'euros. Les pauvres !
Indépendamment de toutes ces considérations, le sport professionnel, puisqu'il attire ainsi l'attention sur ses maux financiers, devrait être l'objet d'attentions infiniment plus vigilantes de la part des services fiscaux et douaniers compétents en la matière, car il me paraît clair que, tant pour les transferts que pour les salaires, le sport français et, d'une façon plus générale, le sport international est une immense et permanente blanchisserie où viennent retrouver leur virginité les milliards issus de tous les trafics du monde. N'oublions pas que l'un des premiers et des plus actifs promoteurs du blanchiment d'argent sale dans le football a été, à la fin des années 70, le grand Pablo Escobar qui a failli amener ainsi la Colombie sur la plus haute marche du championnat du monde de football.
Quelques chiffres car, bien entendu, on ne les trouve guère dans le discours officiel et on ne risque guère de les imaginer, si l'on a le malheur, de temps en temps, de suivre ne serait-ce qu'une dizaine de minutes d'un match de championnat de France de football.
En France, il y a en effet (et ce total ne prend pas en compte Monaco qui n'est pas en France comme vous le savez !) cinquante trois joueurs dont le salaire annuel est supérieur à 1 million d'euros, sans compter les multiples embrouilles de fraudes fiscales qui font que des primes et/ou des compléments de salaires sont versés, ici ou là, dans des paradis fiscaux, comme tout le monde le sait sans que personne ne le dise. Ne parlons même du fait que ce sont les EMPLOYEURS qui payent les impôts !
Il est certain qu'à regarder le spectacle qui est donné sur nos stades dans les épreuves de ce championnat, on peut guère imaginer que l'équivalent de cinq équipes de football complètes sont sur les terrains chaque semaine et que ces gens-là sont payés au moins 1 million d'euros par an. C'est évidemment consternant mais le problème n'est pas là.
On pourrait dire d'ailleurs que le fol accroissement des salaires des joueurs (alors qu'il y de moins en moins de spectateurs présents) a été inversement proportionnel à la qualité du jeu des équipes. On se demande comment des spectateurs vont jusqu'à payer de 30 à 90 € pour aller voir ses sinistres guignolades tandis que près de 90 % des Français sondés jugent que les joueurs de l'équipe de France sont trop payés. C'est encore pire pour tous les joueurs qui opèrent dans notre championnat.
Je ne crois pas un instant que ni les dirigeants de la fédération ni les principaux dirigeants de clubs se soucient le moins du monde ni des joueurs eux-mêmes ni des spectateurs, et encore bien moins s'il est possible, des seconds que des premiers. Ils ont d'ailleurs parfaitement raison, puisque l'on continue à les applaudir dans les stades au lieu de les accabler, à chacune de leurs apparitions, de tomates et d'oeufs punais. Tout ce milieu est parfaitement nauséabond er quand on voit jouer, par exemple l'Olympique Lyonnais, on a peine à imaginer que treize joueurs de cette équipe gagnent plus d'un million d'euros par an, comme d'ailleurs 13 autres des Girondins de Bordeaux ou du LOSC, sans parler des 17 que compte l'Olympique de Marseille et des 21 qui portent le maillot du Paris-Saint-Germain. Tout cela ne sert pas grand-chose d'ailleurs quand on voit qu'une équipe comme Monaco, qui doit compter une bonne quinzaine de millionnaires arrive péniblement à faire match nul avec Sochaux, avant dernier de notre pitoyable classement de Ligue 1.
Tout cela est scandaleusement nul au plan sportif et sans doute fiscal, mais, après tout, les gens qui, comme moi, ne regardent jamais les matchs des clubs français n'ont pas de raison de s'en plaindre. Côté FFF ou LFP, s'ils ont entendu parler de ça, ils vont faire à notre président le coup du "panem et circenses" mais le pain est rassis depuis des mois et les lions édentés depuis des années ! Reste le "lien social" mais la ficelle est à sens unique !
En revanche, côté gouvernement, les propos du ministre spécialisé sont bien timides et font craindre le pire ; elle allègue simplement que "la population ne comprendrait pas que le football professionnel ne participe pas à l'effort collectif". Foutaises ! La seule réponse serait le passage pour cette catégorie de sportifs de 75 % à 90 % d'impôts (car en plus ils ne les payent même pas !), taux avait été choisi pour les plus hauts revenus par le président Roosevelt au moment de la grande crise américaine. Peut-être le président François Hollande passerait-il alors dans les sondages de 23 % à 86 % de satisfaits, ce qui est justement le pourcentage des Français qui considèrent que les revenus de ces footballeurs sont scandaleux ! Le tout devrait être assorti bien sûr de contrôles impitoyables des services fiscaux et de la TRACFIN (Traitement du Renseignement et Action contre les Circuits Financiers clandestins) qui feraient sûrement un carton !
dimanche 3 juin 2012
Que les gros salaires lèvent le doigt!
La campagne présidentielle de François Hollande, comme les premiers temps de sa présidence, ont été globalement un sans-faute, ce que ses ennemis sont bien forcés d'admettre. La France, qu'on menaçait de catastrophe financière, n'a jamais emprunté à un taux si bas (2,3%!).
Démagogie ou pas, la réduction d'un tiers du salaire du Président de la République (un des premiers actes de son prédécesseur avait été de l'augmenter de 172% !) comme de celui de ses ministres a été un acte symbolique hautement apprécié de la majorité des Français, opinion que les commentaires critiques de l'UMP n'ont pas réussi à entamer, la mauvaise foi arithmétique de ces gens-là étant tout à fait évidente aux yeux de tous.
Du côté du salaire des patrons, les choses ont aussi mieux marché qu'on le prédisait pour le moment, en dépit des réticences des uns et des autres, ne serait-ce, là aussi, qu'en raison de la faiblesse voire du ridicule des argumentaires opposés à cette mesure.
Le plus cocasse de l'affaire (on a entendu surtout cet argument sur B.F.M qui était auparavant simplement sarkozyste et qui devient hystériquement hostile au pouvoir socialiste depuis la victoire de François Hollande) a été de voir avancer l'idée que les étrangers allaient se disputer nos patrons contraints à l'exil par la réduction de leurs salaires. Il n'y a pas de doute que les sirènes étrangères vont faire entendre leurs voix enchanteresses et, qui sait, dévoiler leurs charmes pour tenter d'attirer dans leurs filets des dirigeants qui, pour la plupart, ont mis à genoux les entreprises qu'ils avaient la charge de promouvoir. C'est le cas de Renault, d'Air France, de Carrefour et de tant d'autres.
Aux États-Unis, un PDG incapable de faire marcher l'entreprise, est immédiatement viré sans indemnité pour incapacité par son conseil d'administration ; en France, on le maintient des années en fonction et, à leur terme, on lui donne, sous diverses formes, des indemnités royales ; on y ajoute même, ô ironie, une indemnité de non-concurrence, comme s'il y avait des rivaux suffisamment imbéciles pour se charger d'un tel boulet. On devrait, bien au contraire, donner cette prime au concurrent qui accepterait de nous débarrasser de cet incapable.
On fait aussi remarquer, dans ces mêmes médias, que cette réduction de salaire ne concernera qu'une demi-douzaine de PDG (dans notre situation le symbole est plus important que l'économie et, comme on dit, il n'y a pas de petit bénéfice !) ; en revanche, observe-t-on dans les mêmes médias, il est impossible d'appliquer une telle mesure dans le domaine privé puisque les entreprises sont, après tout, libres de payer leurs PDG au tarif qu'elles veulent, si nuls qu'ils soient.
Tout à fait d'accord et les exemples abondent. D'ailleurs, je pense que pour le privé, non seulement on ne doit pas limiter les salaires des PDG mais au contraire pousser à les AUGMENTER le plus possible. L'Etat n'a, en effet, nul intérêt à faire pression sur les sociétés privées pour leur faire réduire les salaires de leurs PDG ; il doit au contraire leur suggérer de l'augmenter dans des proportions aussi importantes que leurs finances sont en mesure de le supporter. Le PDG qui gagne 4 millions par an pourra ainsi en gagner 10, 20 voire 40 ; il suffira alors de manier l'outil fiscal et si l'on prend 36 millions d'impôts (75%) sur les 40 qu'il aura gagnés, ce sera autant de pris pour les services du Trésor français et la nation.
C'est une stupidité, en pareil cas, de vouloir diminuer les salaires de ces PDG car, ce qui sera ainsi "économisé", en apparence seulement, sur les salaires partira aussitôt, dans le cadre classique et éprouvé de la dissimulation des bénéfices, vers les paradis fiscaux, alors que si le PDG est payé, le plus royalement possible, en salaires déclarés, ses impôts en seront d'autant augmentés.
Que les gros salaires lèvent le doigt sans crainte, on va les augmenter !
Démagogie ou pas, la réduction d'un tiers du salaire du Président de la République (un des premiers actes de son prédécesseur avait été de l'augmenter de 172% !) comme de celui de ses ministres a été un acte symbolique hautement apprécié de la majorité des Français, opinion que les commentaires critiques de l'UMP n'ont pas réussi à entamer, la mauvaise foi arithmétique de ces gens-là étant tout à fait évidente aux yeux de tous.
Du côté du salaire des patrons, les choses ont aussi mieux marché qu'on le prédisait pour le moment, en dépit des réticences des uns et des autres, ne serait-ce, là aussi, qu'en raison de la faiblesse voire du ridicule des argumentaires opposés à cette mesure.
Le plus cocasse de l'affaire (on a entendu surtout cet argument sur B.F.M qui était auparavant simplement sarkozyste et qui devient hystériquement hostile au pouvoir socialiste depuis la victoire de François Hollande) a été de voir avancer l'idée que les étrangers allaient se disputer nos patrons contraints à l'exil par la réduction de leurs salaires. Il n'y a pas de doute que les sirènes étrangères vont faire entendre leurs voix enchanteresses et, qui sait, dévoiler leurs charmes pour tenter d'attirer dans leurs filets des dirigeants qui, pour la plupart, ont mis à genoux les entreprises qu'ils avaient la charge de promouvoir. C'est le cas de Renault, d'Air France, de Carrefour et de tant d'autres.
Aux États-Unis, un PDG incapable de faire marcher l'entreprise, est immédiatement viré sans indemnité pour incapacité par son conseil d'administration ; en France, on le maintient des années en fonction et, à leur terme, on lui donne, sous diverses formes, des indemnités royales ; on y ajoute même, ô ironie, une indemnité de non-concurrence, comme s'il y avait des rivaux suffisamment imbéciles pour se charger d'un tel boulet. On devrait, bien au contraire, donner cette prime au concurrent qui accepterait de nous débarrasser de cet incapable.
On fait aussi remarquer, dans ces mêmes médias, que cette réduction de salaire ne concernera qu'une demi-douzaine de PDG (dans notre situation le symbole est plus important que l'économie et, comme on dit, il n'y a pas de petit bénéfice !) ; en revanche, observe-t-on dans les mêmes médias, il est impossible d'appliquer une telle mesure dans le domaine privé puisque les entreprises sont, après tout, libres de payer leurs PDG au tarif qu'elles veulent, si nuls qu'ils soient.
Tout à fait d'accord et les exemples abondent. D'ailleurs, je pense que pour le privé, non seulement on ne doit pas limiter les salaires des PDG mais au contraire pousser à les AUGMENTER le plus possible. L'Etat n'a, en effet, nul intérêt à faire pression sur les sociétés privées pour leur faire réduire les salaires de leurs PDG ; il doit au contraire leur suggérer de l'augmenter dans des proportions aussi importantes que leurs finances sont en mesure de le supporter. Le PDG qui gagne 4 millions par an pourra ainsi en gagner 10, 20 voire 40 ; il suffira alors de manier l'outil fiscal et si l'on prend 36 millions d'impôts (75%) sur les 40 qu'il aura gagnés, ce sera autant de pris pour les services du Trésor français et la nation.
C'est une stupidité, en pareil cas, de vouloir diminuer les salaires de ces PDG car, ce qui sera ainsi "économisé", en apparence seulement, sur les salaires partira aussitôt, dans le cadre classique et éprouvé de la dissimulation des bénéfices, vers les paradis fiscaux, alors que si le PDG est payé, le plus royalement possible, en salaires déclarés, ses impôts en seront d'autant augmentés.
Que les gros salaires lèvent le doigt sans crainte, on va les augmenter !
lundi 29 août 2011
333
J'ai découvert par hasard, dans l'une des innombrables rubriques de Google que mon blog du samedi 28 août 2011 était le 332e que j'affichais dans "blogspot". Du coup, je n'en ai pas fait hier, me disant qu'il fallait un sujet spécial pour le 333e ! J'aurais pu esquiver le coup, en me disant que, si on l'ajoute ces 332 blogs à tout ce que j'ai écrit chez mes hébergeurs précédents, je dois en avoir écrit près de 2000, ce qui va faire un boulot d'enfer aux éditeurs futurs de mes oeuvres complètes.
Bref, je pensais qu'il me fallait un sujet spécial pour ce 333e blog et du coup, je n'en ai pas trouvé.
Bien sûr, j'aurais pu me rabattre sur la géographie car la journée d'hier a tout de même été une grande curiosité géographique puisque le cyclone tropical Irène menaçait New York. Quand on sait que New York est, en gros, à la latitude de Naples, c'est tout de même une grande nouvelle d'apprendre que désormais la "grosse pomme" se trouve sous le tropique du Cancer ! Les mésaventures de George Bush à la Nouvelle-Orléans ont traumatisé et, par là instruit les politiques américains et en particulier Obama, qui du coup en a rajouté sur la précaution et la prudence. Cette révolution géographique et climatique voit toutefois son importance relativisée puisqu'on annonce aujourd'hui que cette dépression ,toujours tropicale, menace désormais Montréal ! Le tropique du Cancer est-il en passe de rejoindre le cercle polaire? Il y aurait là une puissante et éclatante confirmation de la théorie du réchauffement climatique.
Fort heureusement, Europe 1 est venu à mon secours avec sa nouvelle émission du matin dont je voulais parler depuis quelques jours, tout en ne me résolvant pas à le faire eu égard à mes lecteurs non français. Nous avons, sur cette chaîne radio qui tourne à la ménagerie, une nouvelle émission avec pour "animateur", paradoxalement, l'assoupi Bruce Toussaint, auparavant l'ours de la méridienne de Canal+, qui a remplacé la hyène Fogiel, pour essayer de relancer les audiences languissantes de la chaîne. Le choix est discutable mais, dans le PAF, on est habitué à ce genre d'erreur ; en revanche, Europe1 a concocté un savant cocktail de "vus à la télé", avec Alexandre Adler pour la politique (mal remis de son week-end, il bafouillait à chaque phrase, ce matin, en essayant de causer de l'attentat de Cherchell), Laurent Ruquier (pour la revue de presse où il se borne à rechercher les histoires de cul) et enfin Nigaud Aliagas pour le côté "people".
Nigaud Aliagas recevait ce matin Charles Aznavour en promo pour un spectacle, un album et un livre! Aznavour demeure un personnage sympathique par sa simplicité et son bagout. Il faut dire qu'avec Nigaud Aliagas les interviewés ont la partie belle. Jamais de question dérangeante ou même un peu impertinente.
Aznavour s'est un peu planté, à un moment, en disant qu'il se sentait bien en deux endroits (je cite) : « à l'Élysée et en Arménie ». Il voulait bien sûr dire "en France", car je ne pense pas qu'il passe ses séjours en France à faire des duos avec Carla sous l'oeil attendri de Nico ! Nigaud Aliagas s'est bien gardé de relever le lapsus pourtant bien intéressant et rigolo !
Un autre des propos aznavouriens que Nigaud s'est bien gardé de le relever a été le suivant. Après avoir dit qu'il était à la fois français et arménien (il a les deux passeports mais donc , à l'en croire, pas de passeport suisse!) sans pouvoir distinguer entre les deux, comme dans le café au lait, on ne peut pas distinguer et séparer le lait du café. Il a ajouté ensuite qu'il se sentait "oriental". Silence total de Nigaud Aliagas! Il est bien vrai que la Suisse est, d'une certaine façon, l'Orient de la France mais au fond le grec Nigaud ne le sait peut-être pas et/ou n'a pas compris.
Je dois dire que si le personnage Aznavour demeure sympathique à bien des aspects, on est un peu agacé par ces permanentes déclarations d'amour et de reconnaissance à la France. Je ne doute pas un instant de la sincérité des sentiments d'Aznavour à l'endroit de notre pays mais je constate que cet attachement et cette reconnaissance ne sont toutefois pas assez grands et forts pour le conduire à y payer ses impôts !
Bref, je pensais qu'il me fallait un sujet spécial pour ce 333e blog et du coup, je n'en ai pas trouvé.
Bien sûr, j'aurais pu me rabattre sur la géographie car la journée d'hier a tout de même été une grande curiosité géographique puisque le cyclone tropical Irène menaçait New York. Quand on sait que New York est, en gros, à la latitude de Naples, c'est tout de même une grande nouvelle d'apprendre que désormais la "grosse pomme" se trouve sous le tropique du Cancer ! Les mésaventures de George Bush à la Nouvelle-Orléans ont traumatisé et, par là instruit les politiques américains et en particulier Obama, qui du coup en a rajouté sur la précaution et la prudence. Cette révolution géographique et climatique voit toutefois son importance relativisée puisqu'on annonce aujourd'hui que cette dépression ,toujours tropicale, menace désormais Montréal ! Le tropique du Cancer est-il en passe de rejoindre le cercle polaire? Il y aurait là une puissante et éclatante confirmation de la théorie du réchauffement climatique.
Fort heureusement, Europe 1 est venu à mon secours avec sa nouvelle émission du matin dont je voulais parler depuis quelques jours, tout en ne me résolvant pas à le faire eu égard à mes lecteurs non français. Nous avons, sur cette chaîne radio qui tourne à la ménagerie, une nouvelle émission avec pour "animateur", paradoxalement, l'assoupi Bruce Toussaint, auparavant l'ours de la méridienne de Canal+, qui a remplacé la hyène Fogiel, pour essayer de relancer les audiences languissantes de la chaîne. Le choix est discutable mais, dans le PAF, on est habitué à ce genre d'erreur ; en revanche, Europe1 a concocté un savant cocktail de "vus à la télé", avec Alexandre Adler pour la politique (mal remis de son week-end, il bafouillait à chaque phrase, ce matin, en essayant de causer de l'attentat de Cherchell), Laurent Ruquier (pour la revue de presse où il se borne à rechercher les histoires de cul) et enfin Nigaud Aliagas pour le côté "people".
Nigaud Aliagas recevait ce matin Charles Aznavour en promo pour un spectacle, un album et un livre! Aznavour demeure un personnage sympathique par sa simplicité et son bagout. Il faut dire qu'avec Nigaud Aliagas les interviewés ont la partie belle. Jamais de question dérangeante ou même un peu impertinente.
Aznavour s'est un peu planté, à un moment, en disant qu'il se sentait bien en deux endroits (je cite) : « à l'Élysée et en Arménie ». Il voulait bien sûr dire "en France", car je ne pense pas qu'il passe ses séjours en France à faire des duos avec Carla sous l'oeil attendri de Nico ! Nigaud Aliagas s'est bien gardé de relever le lapsus pourtant bien intéressant et rigolo !
Un autre des propos aznavouriens que Nigaud s'est bien gardé de le relever a été le suivant. Après avoir dit qu'il était à la fois français et arménien (il a les deux passeports mais donc , à l'en croire, pas de passeport suisse!) sans pouvoir distinguer entre les deux, comme dans le café au lait, on ne peut pas distinguer et séparer le lait du café. Il a ajouté ensuite qu'il se sentait "oriental". Silence total de Nigaud Aliagas! Il est bien vrai que la Suisse est, d'une certaine façon, l'Orient de la France mais au fond le grec Nigaud ne le sait peut-être pas et/ou n'a pas compris.
Je dois dire que si le personnage Aznavour demeure sympathique à bien des aspects, on est un peu agacé par ces permanentes déclarations d'amour et de reconnaissance à la France. Je ne doute pas un instant de la sincérité des sentiments d'Aznavour à l'endroit de notre pays mais je constate que cet attachement et cette reconnaissance ne sont toutefois pas assez grands et forts pour le conduire à y payer ses impôts !
vendredi 21 mai 2010
Du bon usage du démagogique
Commençons par le commencement, c’est-à-dire le Trésor de la langue frnçaise, référence incontestable en la matière, vu le coût de ce dictionnaire pour notre nation. En effet, dans le cadre du CNRS, à l’INaLF, plus d’une centaine de chercheurs et de techniciens, sans parler des spécialistes de divers domaines (de la pharmacie à l’aéronautique en passant par la lutte gréco-romaine), ont, durant près d’un demi-siècle, travaillé à la rédaction et à la publication de ce dictionnaire monumental en seize volumes. La fin de cette entreprise a d’ailleurs été pathétique ; l’INaLF a fini par être supprimé après que l’équipe de rédaction se soit employée, durant les dernières années, à faire du "sur place", comme les pistards, pour tenter de rétarder l’échéance inéluctable, durant la rédaction des ultimes volumes. Naturellement, pour recaser le personnel, tout en supprimant l’INaLF, on a, selon la bonne vieille habitude française, créé deux ou trois organismes nouveaux du genre ATILF ou ATALA (Rien à voir avec Chateaubriand, car nous n’avons pas affaire ici à des littéraires mais à des linguistes et le TALA n’est ici que le traitement automatique des langues.
Ayant dit un peu de mal du CNRS et du TLF, je dois me faire pardonner en leur faisant un peu de pub. En tapant chez notre hôte vénéré Google (je ne veux pas me faire virer!) les trois lettres TLF, vous pouvez consulter le TLF en ligne, sans avoir à remplir votre bibliothèque de ses gros volumes et, comme moi, y faire un copier /coller , meilleur garantie de l’éxactitude votre information.
Bref, laissons le CNRS et ses avatars pour en venir au « démagogique » :
« DEMAGOGIQUE [En parlant d'une chose abstr., parfois concr., rarement d'une collectivité]
A. Qui recourt systématiquement à la démagogie. Le parti démagogique recourait aux violences les plus atroces (MICHELET, Hist. romaine, t. 2, 1831, p. 138).
B. Propre à flatter le peuple pour obtenir ses suffrages et le dominer :
Ceux qui, par crainte du désordre, se méfiaient du peuple français s'étaient trompés autant que ceux qui, pour gagner ses suffrages, croyaient qu'une attitude démagogique était le moyen le plus sûr. BAINVILLE, Histoire de France, t. 2, 1924, p. 186. »
Mais étourdi que je suis, je m’aperçois que je ne vous ai pas dit les raisons de ce post d’apparence lexicographique. Revenons donc en arrière.
Depuis quelques jours, il n’est bruit que de « rigueur » (le gros mot a fini par être lâché) et on nous annoncé même des « hausses » d’impôts qui, comme nous le précise la charmante Madame Lagarde, ne seront pas « massives ».
Madame Lagarde me fait penser à une gravure qui, sous Louis XVI, représentait Turgot en cuisinier, dialoguant avec les Français représentés par divers volailles. En effet,.devenu ministre des finances en 1774, Turgot découvre, à son entrée aux affaires publiques, un déficit abyssal qui n’est pas sans rappeler le nôtre. Ce « libéral », dont le principe majeur de gestion, était « Laissez faire !» est obligé de s’en prendre, en particulier, aux niches fiscales de l’époque qu’on nommait alors moins joliment « priviléges ». D’où la gravure que j’évoque et qui devait orner le Mallet-Isaac de ma jeunesse. S’adressant aux volatiles des trois Etats, le ministre-cuisinier Turgot leur demande « A quelle sauce voulez-vous être mangés ? ». Et les volailles de protester « Mais nous ne voulons pas être mangées !», tandis que Turgot, agacé, réplique en aiguisant son grand couteau « Mais vous sortez de la question ! ».
Vous avez sans doute entendu comme moi que nos ministres ont réjeté avec horreur l’idée de la réduction de leur traitement, de même que nos députés et sénateurs refusent avec indignation de se voir assimilés au vulgum pecus pour ce qui touche aux modalités de leurs retraites. Il faut reconnaître que la gestion de ces retraites est admirable, puisque, pour un euro qu’ils versent à cette fin, ils en touchent six au cours de leur retraite ! Voilà des gestionnaires si remarquables qu’on se demande comment ils ont mettre dans un tel état nos finances publiques.On pourrait presque croire qu'ils s'occupetn plus et mieux de leurs affaires que des nôtres! Il n'en est rien comme on va le voir.
Le plus admirable de tout est que leur refus d’envisagertout changement que la « rigueur » et la solidarité feraient envisager pour leur situation, n’a rien à voir avec une mesquine défense de leurs intérêts personnels. Ce n’est pas pour eux qu’ils redoutent quoique ce soit, mais pour la République elle-même, puisque envisager de telles mesures à l’encontre de leurs intérêts est stigmatisé par eux comme DEMAGOGIQUE !
Qu’ils nous donnent des cours de cette gestion qu’ils pratiquent si heureusement et nous leur donnerons, en échange, quelques leçons de français !
Ayant dit un peu de mal du CNRS et du TLF, je dois me faire pardonner en leur faisant un peu de pub. En tapant chez notre hôte vénéré Google (je ne veux pas me faire virer!) les trois lettres TLF, vous pouvez consulter le TLF en ligne, sans avoir à remplir votre bibliothèque de ses gros volumes et, comme moi, y faire un copier /coller , meilleur garantie de l’éxactitude votre information.
Bref, laissons le CNRS et ses avatars pour en venir au « démagogique » :
« DEMAGOGIQUE [En parlant d'une chose abstr., parfois concr., rarement d'une collectivité]
A. Qui recourt systématiquement à la démagogie. Le parti démagogique recourait aux violences les plus atroces (MICHELET, Hist. romaine, t. 2, 1831, p. 138).
B. Propre à flatter le peuple pour obtenir ses suffrages et le dominer :
Ceux qui, par crainte du désordre, se méfiaient du peuple français s'étaient trompés autant que ceux qui, pour gagner ses suffrages, croyaient qu'une attitude démagogique était le moyen le plus sûr. BAINVILLE, Histoire de France, t. 2, 1924, p. 186. »
Mais étourdi que je suis, je m’aperçois que je ne vous ai pas dit les raisons de ce post d’apparence lexicographique. Revenons donc en arrière.
Depuis quelques jours, il n’est bruit que de « rigueur » (le gros mot a fini par être lâché) et on nous annoncé même des « hausses » d’impôts qui, comme nous le précise la charmante Madame Lagarde, ne seront pas « massives ».
Madame Lagarde me fait penser à une gravure qui, sous Louis XVI, représentait Turgot en cuisinier, dialoguant avec les Français représentés par divers volailles. En effet,.devenu ministre des finances en 1774, Turgot découvre, à son entrée aux affaires publiques, un déficit abyssal qui n’est pas sans rappeler le nôtre. Ce « libéral », dont le principe majeur de gestion, était « Laissez faire !» est obligé de s’en prendre, en particulier, aux niches fiscales de l’époque qu’on nommait alors moins joliment « priviléges ». D’où la gravure que j’évoque et qui devait orner le Mallet-Isaac de ma jeunesse. S’adressant aux volatiles des trois Etats, le ministre-cuisinier Turgot leur demande « A quelle sauce voulez-vous être mangés ? ». Et les volailles de protester « Mais nous ne voulons pas être mangées !», tandis que Turgot, agacé, réplique en aiguisant son grand couteau « Mais vous sortez de la question ! ».
Vous avez sans doute entendu comme moi que nos ministres ont réjeté avec horreur l’idée de la réduction de leur traitement, de même que nos députés et sénateurs refusent avec indignation de se voir assimilés au vulgum pecus pour ce qui touche aux modalités de leurs retraites. Il faut reconnaître que la gestion de ces retraites est admirable, puisque, pour un euro qu’ils versent à cette fin, ils en touchent six au cours de leur retraite ! Voilà des gestionnaires si remarquables qu’on se demande comment ils ont mettre dans un tel état nos finances publiques.On pourrait presque croire qu'ils s'occupetn plus et mieux de leurs affaires que des nôtres! Il n'en est rien comme on va le voir.
Le plus admirable de tout est que leur refus d’envisagertout changement que la « rigueur » et la solidarité feraient envisager pour leur situation, n’a rien à voir avec une mesquine défense de leurs intérêts personnels. Ce n’est pas pour eux qu’ils redoutent quoique ce soit, mais pour la République elle-même, puisque envisager de telles mesures à l’encontre de leurs intérêts est stigmatisé par eux comme DEMAGOGIQUE !
Qu’ils nous donnent des cours de cette gestion qu’ils pratiquent si heureusement et nous leur donnerons, en échange, quelques leçons de français !
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