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mercredi 3 avril 2013

La fin de notre défense.


J'avais prévu de faire un blog sur l'évolution de nos dépenses militaires et le Livre blanc car je demeure persuadé qu'il y a un rapport étroit et direct entre la préparation du budget de la défense et la guerre du Mali.

Je pense en effet que l'entourage militaire du Président de la République (chef des armées!) a manipulé ou, en tout cas poussé, François Hollande dans cette affaire de guerre, limitée d'abord puis étendue dans la suite, en vue du maintien au niveau précédent de la part du budget militaire de la nation (aux alentours de 1,5 % du PIB), en lui promettant la gloire au terme de l'extermination des « terroristes » du Nord-Mali.

On se souvient que son passage à Tombouctou et/ou à Gao (je ne sais plus et peu importe) fut pour lui, comme le sabre de Joseph Prudhomme, « le plus beau jour de sa vie »! Voire ! Ce moment de triomphe et de liesse populaires passé, les problèmes se sont compliqués et ils sont bien loin d'être tous résolus, comme je l'ai annoncé dans ma série de blogs « Honni soit qui Mali pense ».

En tout cas, pour ce qui concerne les réflexions sur le budget de la défense, Expat dans son blog dont je vous donne ici l'adresse (expat-spb.blogspot) m'a brûlé la politesse par la série de trois textes qu'il a donnés sous le titre "Vers la fin de notre défense". J'ai volontairement repris le titre de son blog, mais, en y supprimant la préposition initiale, ce modeste changement lexical entraînant à la fois une modification de la perspective mais surtout permettant de changer totalement le sens du mot "fin" ; au lieu d'avoir celui de "disparition", comme dans le texte d'Expat, il peut avoir ici celui de "finalité".
Je concède que "les fins" serait sans doute plus précis et moins équivoque !
 
Je ne traiterai donc pas tous les points qu'aborde Expat dont la compétence et l'expérience en la matière sontt infiniment plus grandes que celle du modeste ancien "marsouin" de deuxième classe que je suis. J'aborderai néanmoins quelques. aspects de son propos et, très vraisemblablement, quelques autres.

Passer de « Vers la fin de notre défense » à « La fin de notre défense » permet de changer, comme je viens de le souligner, le sémantisme du mot "fin" et donc de modifier radicalement le sens de ce titre. On pourrait dire, pour relier les deux formulations, que la réduction progressive de notre budget militaire dans laquelle Expat voit l'évolution inexorable vers une "fin" (disparition) progressive de notre défense antérieure pourrait aussi résulter d'une modification de la "fin" ou des "fins" (au sens de finalités) de notre défense. Je n'en suis malheureusement pas sûr comme on le verra.

Expat souligne, à juste titre et dans un détail que je ne reprendrai pas ici, que la part de notre défense dans le budget national est passée de 5,5 % du PIB en 1958 à 1,5 aujourd'hui, avec une étape intermédiaire à l'époque de Giscard d'Estaing aux alentours de 3 %. On peut certes le déplorer certes (et ce sont surtout les militaires qui sont sur cette position) mais on peut y voir aussi, comme Expat le souligne, une forme de logique dans la mesure où la guerre d'Algérie prend fin en 1962 et ou, d'autre part, la chute du mur de Berlin et de l'empire soviétique en 1989 marquent la fin de la Guerre Froide. Ces situations justifiaient naturellement une bonne partie de nos investissements militaires ; on peut donc se poser légitimement la question aujourd'hui de savoir plus précisément quelles sont les fins ACTUELLES de notre défense. En d'autres termes et plus simplement, à quoi servent ces dépenses militaires et, si on veut formuler les choses sous une forme plus précise encore « Qui sont les ennemis éventuels susceptibles de nous attaquer et contre lesquels nous devons prévoir d'avoir à nous défendre? ».

J'avoue ne pas voir de tels ennemis potentiels dans notre environnement immédiat et je n'en distingue pas davantage d'autres dans des terres plus lointaines. J'observe d'ailleurs que nul (pas plus Expat que les autres qui sont sur ces mêmes positions) n'identifie, de façon précise, de tels ennemis. On s'en tient, en général, à un discours très généraliste, en évoquant « les intérêts vitaux de la France », « le prix à payer pour un poste au Conseil de sécurité de l'ONU » (qui nous fut attribué après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, plus pour les souffrances endurées par la France que pour son rôle effectif dans la victoire finale, ce qui entraîna l'exclusion d'Etats comme l'Allemagne ou le Japon dont l'absence étonne désormais), le rôle de « pilier » de l'ordre mondial joué par la France, son « rayonnement » et, plus généralement, son désir de « peser sur le monde ». Tout cela est répété, à l'envi, dans un discours quelque peu nationaliste dont les fondements sont de moins en moins assurés, quand on constate, par ailleurs, la situation économique et politique réelle de notre pays.

Je suis frappé de ce fait par le rapprochement qu'on peut faire entre le rôle politique souhaité pour la France par certains et la place accordée à la langue française dans le monde (par d'autres ou les mêmes). Ce type de discours renvoie, de la façon la plus directe, à ce que j'appellerais volontiers une conception "rivarolienne" de la situation de la France et de la langue française dans le monde ; elle remonte à la fin du XVIIIe siècle quand notre pays jouait un rôle majeur dans une Europe qui constituait alors, à elle seule, la quasi-totalité du monde.

La seule différence est que, du côté de la langue française, nous nous somme dotés, voici un demi-siècle, d'organismes "francophones" de communication, voire de propagande, qui répandent des idées et des données sur la situation du français dans le monde auxquelles  peu de gens croient et sans doute même pas ceux qui les forgent et les émettent. Je reviendrai demain sur cette question, car elle me paraît importante par l'homologie des inconvénients que présentent ces deux situations.

lundi 1 avril 2013

Armée française : la deuxième section


Oyez ! Oyez! Bonnes gens ! Oyez ! Ceci n'est point un conte ! C'est une histoire véritable, celle de la deuxième section des généraux de la France.

Petite correction liminaire, d'ordre linguistique ; il ne s'agit fort heureusement pas d'une "deuxième" section, car on aurait tout lieu de craindre alors qu'il n'en existe une troisième, voire une quatrième ; c'est, en fait, la "seconde" section, puisque la série des sections s'arrête après elle

Si la MIRVOG dont je parlais hier est de création très récente (2005), la deuxième section, unique en Europe et dans le monde, a le mérite de l'antiquité puisqu'elle a été créé sous Louis-Philippe, en 1839,  a une époque où les guerres consommaient plus de généraux que nos conflits modernes. Quel est le dernier général français mort au champ d'honneur ? Elle a été conçue, à l'origine, comme une sorte de vivier de généraux où, en temps de guerre, on pouvait puiser si besoin était. Nous n'en sommes fort heureusement plus là (surtout pour les généraux !).
 
La deuxième section se définissant naturellement, comme on l'imagine, par une différenciation d'avec la première, il est nécessaire de s'attarder un peu sur la condition de général qui, dans l'armée française, n'est pas exactement celle que l'on croit et demeure, en outre, assez mystérieuse car la Grande Muette est aussi fort discrète sur elle-même dans certains cas.

Comme le rappelait hier Expat, expert en la matière, "en devenant général, on entre paradoxalement dans un statut précaire, à savoir que la nomination au grade de général s'accompagne d'une durée de service maximal, dès lors qu'on n'est pas passé grade supérieur [...].Ce qui fait qu'avant 55 ans pour certains, on peut se retrouver placé d'office en deuxième section et dans une situation personnelle telle que la « retraite » puisse ne pas suffire pour l'assumer de façon correcte, tout en étant relatif bien entendu.". Ne sortez pas trop vite vos mouchoirs !

Pour les détails qui suivent, comme pour la description générale de la deuxième section des généraux, je me réfère aux travaux de l'ADEFDROMIL "qui défend les droits des militaires et s'est longuement penchée sur le sort et la condition de l'armée française", en notant d'ailleurs (et je la cite) que « la France dispose d'une armée professionnelle de plus en plus petite mais proportionnellement de plus en plus encadrée par des officiers. ».

Combien avons-nous de généraux ?

Selon une étude parue dans le Point en juin 2008 « le nombre des officiers généraux en activité (ce que les militaires appellent la "première section") était, fin 2007, de 633 ». Ce nombre est stable depuis une trentaine d'années puisqu'ils étaient 612 en 1975. On observera qu'il s'agit là de postes "budgétaires" et que, par conséquent, il est possible de nommer deux officiers sur un seul de ces postes, pour six mois chacun, pour leur permettre par exemple, de partir à la retraite avec un échelon supérieur.
 
Combien gagne un général ?

Là aussi règne le mystère qu'évoque Expat. Selon un article de Jean-Dominique Merchet, spécialiste des questions militaires, paru dans Libération en mai 2008 "la solde moyenne d'un officier général serait de 5850 €, moyenne d'une fourchette comprise entre 5200 et 6600 €.". Toutefois ce chiffre ne correspond, en fait, qu'à un peu plus de 50 % de la solde réellement perçue, puisqu'il ne s'agit là que de la solde de base brute mensuelle de général de division. En fait, la rémunération nette est bien plus élevée, de 46 à 60 %, en raison de l'existence de primes, comme dans toute la haute fonction publique, ce qui permet de majorer  les salaires, sans toucher à la fameuse grille de rémunération des fonctionnaires. ( Les records sont détenus, dit-on, par Bercy!).

Venons-en maintenant à la fameuse "deuxième section" créée en 1839 ! Fin 2007, elle comptait 5571 généraux, ce qui en théorie, selon les experts, permettrait d'alimenter en officiers généraux six armées des États-Unis !

Les avantages de l'inscription dans cette deuxième section sont considérables : tarif militaire SNCF, le fameux quart de place des amiraux et des généraux, soldes de réserve militaire avec maintien de abattement de 10 % pour frais professionnels que n'ont pas les retraités ordinaires ; un détail : les indemnités SNCF en 2008 se sont élevées à 3,1 millions d'euros pour les effectifs de la deuxième section. Quant à l'utilisation éventuelle de ces généraux de deuxième section, il est des plus réduits puisqu'en moyenne seuls cent généraux sur plus de 5500 sont rappelés chaque année!

Certes on peut admettre que le coût de cette deuxième section ne représente pas grand-chose dans le budget total de la Défense, mais la très faible utilisation de cette section et même, fait significatif, son omission dans la description de l'encadrement stratégique des Livres blancs comme dans les Lois de programmation militaire montre l'étrangeté de cette institution.

Peut-être, en revanche, faut-il prendre en compte la force de dissuasion morale qu'ajoute la deuxième section des généraux dans l'image de l'armée française comme dans le poids stratégique de notre nation dans le monde. En effet quel Etat serait assez fou pour s'attaquer à une armée comme la nôtre qui dispose de 6.204 généraux ?

mardi 22 mai 2012

Economies

En ces temps de vaches maigres (sauf pour les vaches sacrées de notre administration !), il est devenu à la mode de signaler, ici ou là, sur quels postes de la dépense publique pourraient être réalisées des économies. L'Italie, plus réaliste que la France, a même créé un service spécial où les citoyens peuvent dénoncer les dépenses inutiles faites par l'État.

Bourdin sur RMC (la radio conjointe des bignoles et du grand capital), comme toujours opportuniste, a sauté, sans le dire, sur l'occasion de lancer une opération du même genre ; elle a le double avantage d'attirer des auditeurs vers sa radio, sans cesse en quête de publicité en dépit de l'autopromotion permanente qu'elle pratique, et de donner des exemples de dépenses inutiles, souvent amusants comme celui de la Promenade des Anglais arrosée en abondance hier sous les trombes d'eau qui s'abattaient sur Nice !

J'ai déjà abordé ce problème dans ce blog, en particulier à propos du budget militaire et évoqué l'interrogation qu'on peut avoir quand au fait que la France entretienne un personnel de défense de 300 000 unités (y compris les gendarmes il est vrai) contre des ennemis dont on ne voit pas exactement ni la nature ni les intentions. Nous serions, paraît-il même si j'en doute fort, la cinquième puissance industrielle du monde, mais nous sommes à coup sûr la quatrième pour les dépenses militaires, ayant largement dépassé la Russie.

Hier, chez Calvi, un participant, dont le nom m'a échappé (mais la chose n'a aucune importance) a dit à ce sujet de gros mensonges, sans susciter la moindre réaction, ni chez Calvi lui-même ni surtout chez Pierre Sergent qui se donne, en principe, pour spécialiste des affaires militaires. Il a en effet affirmé, sans être contredit, que le budget de la France avait diminué de moitié dans les dernières décennies.

C'est complètement faux et voici les chiffres exacts. En fait, il y a eu une réduction du budget militaire entre 1991 (il était alors de 36 milliards d'euros - en euros constants -) et 2002, où il aurait baissé (mais en aucun cas de moitié!), mais il est remonté à 32 milliards d'euros en 2010, les budgets militaires étant d'ailleurs régulièrement non conformes aux votes dont ils ont fait l'objet.

Pour être plus précis sur l'année 2002, le budget militaire de la France à été alors de 46,3 milliards de dollars américains (2,5 % du budget total de la France). Précisons qu'en cette même année, le budget de l'Allemagne n'a été que de 24,9 milliards de dollars ! Allez donc chercher ce qui permet à l'Allemagne d'investir massivement dans l'industrie alors que nous sommes totalement incapables de le faire (sauf pour l'industrie de l'armement lui-même avec des productions si bonnes que personne n'en veut sauf notre propre armée !).

Bien entendu, il ne manque pas de dizaines, voire de centaines de postes qui, dans notre administration, par ailleurs abominablement pléthorique, pourraient être l'objet d'économies, sans que le fonctionnement général en soit perturbé, loin de là. J'ajoute que la multiplication des actes administratifs (souvent justifiée syndicalement par le maintien de l'emploi, comme à la Sécu par exemple!) entraîne inévitablement, au contraire, à la fois l'inefficacité des services, les opportunités de fraudes et la prolifération des erreurs.

Je voudrais préciser ici un point que j'ai déjà abordé et qui tient aux conditions de retraite des anciens présidents de la République qui, selon René Dozières (à qui, au fait, le PS vient de refuser l'investiture, ce qui ne m'étonne pas trop!), coûtent, à la louche et par an, deux millions d'euros à la France. On pourrait envisager une solution radicale qu'on ne manquera pas de me reprocher, même si je précise que je blague ; elle consisterait dans l'abattage systématique des anciens présidents en fin de mandat. Une solution plus douce serait de supprimer carrément toute retraite à ces hommes politiques qui ont eu, au cours de leur vie, d'une façon ou d'une autre, des moyens de garnir leurs bottes d'un foin abondant et qui touchent, comme deux d'entre eux au moins, des retraites qui s'établissent autour de 120.000 ou 130.000 euros par mois, ce qui permet de survivre sans trop de mal. Une solution intermédiaire serait d'élire exclusivement des présidents octogénaires et égrotants, ce qui permettrait de régler, sinon immédiatement du moins à court terme, les problèmes de leur retraite.

Je ne voudrais pas faire de concurrence à M. Bourdin, bien que l'idée ne soit pas de lui mais du gouvernement italien ; je vous invite néanmoins à envoyer ici des idées d'économies à faire pour réduire notre déficit puis notre dette ; je ne mets pas, en prix ,la tringle à rideaux habituelle, car il y en a tellement que la chose est des plus faciles.

dimanche 22 avril 2012

La Grande Muette : sujet TABOU

Une campagne présidentielle devrait être le moment privilégié pour discuter les grandes orientations du pays, surtout lorsqu'il se trouve dans une crise de l'ampleur de celle que nous devons affronter.
Or quels ont été les grands sujets abordés par les candidats, petits ou grands ?
Vous les connaissez déjà car on vous en rebattu les oreilles des mois durant : la viande halal, le mariage gay, le permis de conduire et, comble du comble pour le ridicule, la date du paiement des pensions de retraite qu'on envisage d'avancer d'une semaine, comme si cela changeait quoi que ce soit aux vrais problèmes budgétaires des intéressés.
Depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, je m'interroge sur le remarquable silence qui s'est toujours attaché, à gauche comme à droite, au problème de l'évolution du budget militaire de la France.
On aurait pu penser que la gauche"socialo-communiste", une fois arrivée au pouvoir, allait réexaminer cette question, d'autant que les guerres coloniales étaient terminées et qu'aucune menace directe ne pesait, de toute évidence, sur notre pays ; on aurait donc pu envisager au moins de poser cette question pour voir s'il n'était pas possible de faire des économies sensibles car, comme vous le savez sans doute, le budget militaire est le deuxième budget de la France, après celui de l'éducation nationale (60,5 milliards d'euros en 2011.
Petite mise au point que vous pouvez obtenir vous-même sans problème, en tapant simplement dans Wikipedia "budget militaire de la France". Je dois reconnaître qu'à lire le texte qui suit, on trouve de puissants motifs de satisfaction, du moins pour celles et ceux d'entre nous qui ont la tripe patriotique, ce qui vous le devinez déjà, n'est pas mon cas, quoique je sois deuxième classe de réserve de l'infanterie de marine (Marsouin!).
"Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Armée [notez la majuscule exaltée mai inutile et même fautive] française est (comme c'était le cas avant 1940) la plus grande et la plus puissante armée d'Europe [Diable!]. Elle dispose d'un effectif de 313 402 personnes en 2009, dont 240 996 militaires et 72 407 civils. Elle occupe le 13e rang mondial [ Foutre pas terrible !] en effectif. Parmi les pays dont les dépenses militaires sont connues, la France est, en 2010, au troisième rang mondial (budget militaire équivalent à 65,74 milliards de dollars US) devançant le Royaume-Uni . C'est également la 3e puissance nucléaire mondiale, derrière la Russie  et les États-Unis . Elle est aussi la troisième puissance qui se soit équipée d'une force nucléaire indépendante (premier test en février 1960) qu'elle a développée et qu'elle contrôle en totale autonomie contrairement au Royaume-Uni dont les missiles stratégiques sont d'origine américaine".
Je ne veux pas entrer ici dans la critique de détail de ces données elle-même, quoique je ne distingue pas très bien en quoi notre position dans le monde nécessite de disposer d'un effectif de 313 402 personnes en 2009, alors que tout indique, depuis nos affaires de Libye jusqu'à celles d'Afghanistan, que par ailleurs les matériels dont dispose ces 300 000 personnes sont très loin d'être à la hauteur de leur effectif et partant de nos ambitions planétaires. On a eu, à de multiples reprises des occasions de déplorer que nos militaires sur le terrain étaient dotés d'équipements et d'armements désuets voire obsolètes et, au moment où il est question de rapatrier nos troupes de l'Afghanistan, la France va être confrontée, une fois de plus, aux mêmes problèmes de logistique. Si nous pouvons mettre, ici ou là, quelques dizaines de nos trois cents milliers de soldats, nous sommes dans la totale incapacité de les transporter à l'aller ou de les faire revenir, le moment venu.
Nous avons englouti des centaines de milliards pour fabriquer les meilleurs avions et les meilleurs blindés du monde mais personne n'en veut!
Les responsables de telles situations sont-ils des traîtres ou des imbéciles ? Je me garderai de me prononcer sur ce point ; je pense néanmoins que ce budget est énorme et nous a ruiné depuis plus d'un demi siècle.
Ce n'est évidemment pas le fait du hasard si les deux grandes puissances économiques qui ont émergé, depuis la fin de cette même Seconde Guerre Mondiale, sont le Japon et l'Allemagne qu'on a sottement cru punir gravement en les empêchant d'entretenir des armées. Le résultat est qu'avec les moyens ainsi épargnés, ils ont pu, en leur lieu et place, se doter d'industries puissantes avec les résultats que l'on connaît.