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jeudi 17 octobre 2013

CDS, titrisation, "Pissotière à roulettes" et Roms


Première partie : CDS : "Voulez-vous jouer avec moa?"

"Voulez-vous jouer avec moa?" Ce titre est celui d'une pièce de Marcel Achard (1923 me semble-t-il?) qui n'a rien à voir avec mon propos, quoique je mette en jeu pour le vainqueur, dans cette affaire, la fameuse tringle à rideaux du regretté Coluche. Venons-en au fait et au jeu !

Savez-vous ce que veut dire CDS ?

"Il rings the bell" ? Dans notre dialecte ordinaire, on dit plutôt "ça vous dit quelque chose!" Non ? Je vous vois déjà vous précipiter, d'un geste plein d'espoir, sur Google et Wikipedia pour y lire, non sans étonnement, que le CDS (pour Centre des Démocrates Sociaux) est "un parti politique français du centre droit, de conviction démocrate-chrétienne, fondé au congrès de Rennes, par la fusion du Centre démocrate de Jean Lecanuet et du Centre Démocratie et Progrès de Jacques Duhamel" In cauda venenum ! Vous vous voyez déjà en possession de la tringle à rideaux quand vous lisez la suite  : " Le CDS fusionne, dans la suite, avec le PSD et devient "Force démocrate" en novembre 1995, sous l'impulsion de François Bayrou".  L'évocation de ce dernier nom vous donne à croire que vous brûlez, mais pas du tout vous êtes au pôle (... avant la fonte des glaces !). Paix à toutes ces belles âmes mais vous n'êtes pas dans le coup et même fort loin du but !

Car "CDS" n'est pas du français mais forme l'acronyme, moderne lui, de "Credit Default Swaps", car la perfide Albion est le temple majeur et incontesté de la finance ; à ce titre, elle attire désormais le tiers de nos polytechniciens ; en revanche, la France, elle, demeure la pépinière des Médailles Fields (le Nobel des mathématiques) dont le plus pittoresque titulaire est sans aucun doute le dernier, que caractérisent, non sans pittoresque, son génie mathématique, son amour des lavallières et sa passion des araignées!

Venons en donc aux CDS en laissant de côté la tringle à rideaux qui restera inaccessible !
Les CDS, qu'on nomme poétiquement en français "couvertures de défaillance"[""" ou, plus joliment, "dérivés sur événement de crédit" ou même plus mystérieusement "permutations de l'impayé" constituent des "contrats de protection financière entre acheteurs et vendeurs", qui, dit-on, furent imaginés au sein de la banque John Pierpont Morgan. En France, cette pratique appelée "titrisation" (en anglais securitization ) a été introduite par la loi du 23 décembre 1988. Sous l'impulsion de P. Beregovoy, elle visait, en principe, à faciliter le développement du crédit immobilier en permettant aux banques de sortir les créances de leurs bilans et d'améliorer leur ratio « Cooke ».

Attachez vos ceintures car nous entrons à la fois dans une zone (ô combien turbulente, souvenons-nous des "subprimes") et surtout dans une "terra incognita", où se trouvent, non pas les innocents "ursi vel leones" des régions blanches et inexplorées des cartes d'antan, mais des ogres de phynances infiniment plus avides et plus redoutables. Je ai mis ici un peu de latin pour vous préparer à celui de la suite qui n'a rien d'ecclésiastique comme vous allez le constater :

"L'acheteur de protection verse une prime ex ante annuelle calculée sur le montant notionnel de l'actif à couvrir, souvent dit de référence ou sous-jacent (ce montant étant également appelé encours notionnel du CDS), au vendeur de protection qui promet de compenser ex post les pertes de l'actif de référence en cas d'événement de crédit précisé dans le contrat. Il s'agit donc, sur le plan des flux financiers, de l'équivalent d'un contrat d'assurance".

Poursuivons dans Wikipedia : "Il s'agit d'une transaction non-financée : sans obligation de mettre de côté des fonds pour garantir la transaction, le vendeur de protection reçoit des primes périodiques et augmente ses avoirs sans nul investissement en capital si aucun événement de crédit n'a lieu jusqu'à maturité (la fin) du contrat. Dans le cas contraire, événement plus ou moins probable mais très coûteux, il est contraint de faire un paiement contingent, donc de fournir des fonds ex post. Il s'agit donc d'une exposition hors-bilan.

Les CDS ont été largement incriminés dans la responsabilité de la crise financière de 2007-2010 puis la crise de la dette dans la zone euro de 2011".

Tu m'étonnes!  On dit que le marché des CDS représente plus de 90% de tous les dérivés de crédit, les trois-quarts de ce marché étant entre les mains d'une dizaines de "dealers". Mieux encore, en 2008, le marché des CDS dépassait de dix fois le montant total des créances sous-jacentes et même le PIB mondial !

En somme, X achète à Y, par exemple, un CDS sur une créance-bidon (des obligations d'Etat grecques pour prendre un cas célèbre), sans être lui-même en rien un créancier de la Grèce; il le fait sur une base de prix qu'on nomme, dans le langage fleuri des traders, "le montant notionnel de l'actif à couvrir" (j'adore le "notionnel" qui veut simplement dire que ce montant est théorique et équivaut souvent à plusieurs fois le montant de la créance elle-même !) ; l'acheteur (celui qui par là s'assure en quelque sorte), ne paye pas le vendeur, en réalité, sauf en lui versant "des primes périodiques", le seul intérêt du "vendeur" (l'assureur) étant "d'augmenter ses avoirs [purement théoriques puisque c'est de la monnaie de singe en général] sans nul investissement en capital".

Il ne reste plus au "vendeur de protection" (l'assureur) qu'à prier pour que ne se produise pas un "événement de crédit" [toujours ce bel art de litote, puisqu'il s'agit là de la faillite de la Grèce par défaut de paiement] et à "l'acheteur de protection" qu'à prier, à l'inverse, pour que se produise le même fâcheux "événement de crédit" qui lui permettra de toucher l'assurance. 

Si vous comprenez quelque chose à ce système, dites-le moi et surtout expliquez-moi comment on peut être assez stupide pour marcher dans pareille combine, sauf si le vendeur et l'acheteur de CDS sont une seule et même personne ou institution et si l'on trompe sciemment le gogo acheteur !

Pour y comprendre un peu quelque chose, faites comme moi, lisez Gaël Giraud sj, notre génial trader devenu jésuite

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lundi 28 mai 2012

Dosière à Bercy !

Je signalais, dans un précédent blog et un peu en passant, que René Dosière, spécialiste incontesté des finances de l'État français comme de celles de ses collectivités locales (il est de très loin le meilleur spécialiste de ces divers domaines sur lesquels il a d'ailleurs beaucoup écrit), s'était vu, contre toute attente, refuser l'investiture par le parti socialiste, auquel il était apparenté et avec lequel il entretient, semble-t-il, de bonnes relations après en avoir été le député durant plusieurs législatures. Il a, par une discrétion, qui l'honore, refusé, ce matin, de s'expliquer trop précisément sur ce point, mais on pouvait comprendre que l'explication était plus régionale que nationale (l'Aisne serait-elle un petit Marseille ?).

J'ai entendu René Dosière, tout à fait par hasard mais avec la plus vive satisfaction, interviewé sur RMC ce matin même par le remplaçant de l'illustre Bourdin. Il ne vous aura pas échappé que ce lundi de Pentecôte, et souvent quelques jours qui précèdent et vraisemblablement quelques jours qui suivront (miracles permanents de la RTT en ce joli mois de mai si riches en ponts) sont des périodes de congés pour les ténors de notre paysage audiovisuel. Je pense qu'ils ne se soucieront au plus vite, s'ils ne l'ont pas déjà fait, de verser cette journée de salaire, fort copieuse sans doute, au service (une Agence de plus!) qui s'occupe de recueillir les fonds de solidarité pour les vieillards et les handicapés.

C'est évidemment lui qu'il aurait fallu nommer à Bercy (mais il me paraît plutôt aubryste) puisque, depuis des années, son souci majeur est de débusquer le gaspillage des fonds d'État, tant au niveau national que régional, et qu'il a, de tous ces dossiers, une parfaite connaissance dans le moindre de leurs recoins.

On aurait même pu sans doute penser à lui bien avant, dans le cadre de la fameuse "Réforme Générale des Politiques Publiques" (feue la RGPP), chère aux précédents gouvernements mais dont on n'a guère vu les résultats, dans notre situation globale, puisque les restrictions nationales ont été, le plus souvent, annulées par des dépenses supplémentaires au plan local.

Toutefois, vu les relations un peu tumultueuses que René Dosière entretenait avec l'Élysée, c'était une hypothèse qui avait peu de chances d'être retenue. On se souvient en effet que c'est lui qui débusqua, autrefois, la fameuse affaire de la carte de crédit de Cécile Sarkozy, même s'il s'était montré un défenseur de l'augmentation du salaire du président de la République, à condition toutefois que cette augmentation s'accompagnât d'une véritable clarification des dépenses de l'Élysée.

On vient de découvrir, grâce à un écolo grenoblois qui a contraint l'Etat à le faire par voies de justice, que, par anticipation des évolutions matrimoniales et politiques (en vue de la future candidature du président en place), l'Elysée avait dépensé près de 10 millions d'euros pour des sondages, dont la pertinence dans la conduite des affaires de l'Etat et du moment, n'est pas toujours des plus évidentes. Cette affaire ne semble pas terminée et nous aurons probablement l'occasion d'y revenir.

Parfait connaisseur des finances publiques, tant nationales que locales, et, en outre, remarquable pédagogue sur des points où les politiques cherchent plutôt à nous embrouiller, René Dosière a donné quelques exemples des dizaines de milliards qui se perdent, en particulier dans l'empilement si français des structures administratives qui conduit à ce que l'on fasse, en gros et avec d'immenses pertes d'argent mais aussi de temps, les mêmes choses au niveau du conseil régional, du conseil général, des intercommunalité et des communes. Tout le monde le sait naturellement mais nul ne se veut risquer à y toucher, au moins par prudence quand il n'y trouve pas son intérêt !

Compte tenu de l'expérience et des compétences de René Dosière, on n'aurait sans doute pas pu contester ni ses choix ni ses décisions, si l'on avait eu la bonne idée de le nommer à Bercy. Toutefois le refus absurde que le parti socialiste lui a fait de l'investiture montre à quel point cette hypothèse, si raisonnable qu'elle fût, était totalement irréaliste hélas !

dimanche 22 avril 2012

La Grande Muette : sujet TABOU

Une campagne présidentielle devrait être le moment privilégié pour discuter les grandes orientations du pays, surtout lorsqu'il se trouve dans une crise de l'ampleur de celle que nous devons affronter.
Or quels ont été les grands sujets abordés par les candidats, petits ou grands ?
Vous les connaissez déjà car on vous en rebattu les oreilles des mois durant : la viande halal, le mariage gay, le permis de conduire et, comble du comble pour le ridicule, la date du paiement des pensions de retraite qu'on envisage d'avancer d'une semaine, comme si cela changeait quoi que ce soit aux vrais problèmes budgétaires des intéressés.
Depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, je m'interroge sur le remarquable silence qui s'est toujours attaché, à gauche comme à droite, au problème de l'évolution du budget militaire de la France.
On aurait pu penser que la gauche"socialo-communiste", une fois arrivée au pouvoir, allait réexaminer cette question, d'autant que les guerres coloniales étaient terminées et qu'aucune menace directe ne pesait, de toute évidence, sur notre pays ; on aurait donc pu envisager au moins de poser cette question pour voir s'il n'était pas possible de faire des économies sensibles car, comme vous le savez sans doute, le budget militaire est le deuxième budget de la France, après celui de l'éducation nationale (60,5 milliards d'euros en 2011.
Petite mise au point que vous pouvez obtenir vous-même sans problème, en tapant simplement dans Wikipedia "budget militaire de la France". Je dois reconnaître qu'à lire le texte qui suit, on trouve de puissants motifs de satisfaction, du moins pour celles et ceux d'entre nous qui ont la tripe patriotique, ce qui vous le devinez déjà, n'est pas mon cas, quoique je sois deuxième classe de réserve de l'infanterie de marine (Marsouin!).
"Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Armée [notez la majuscule exaltée mai inutile et même fautive] française est (comme c'était le cas avant 1940) la plus grande et la plus puissante armée d'Europe [Diable!]. Elle dispose d'un effectif de 313 402 personnes en 2009, dont 240 996 militaires et 72 407 civils. Elle occupe le 13e rang mondial [ Foutre pas terrible !] en effectif. Parmi les pays dont les dépenses militaires sont connues, la France est, en 2010, au troisième rang mondial (budget militaire équivalent à 65,74 milliards de dollars US) devançant le Royaume-Uni . C'est également la 3e puissance nucléaire mondiale, derrière la Russie  et les États-Unis . Elle est aussi la troisième puissance qui se soit équipée d'une force nucléaire indépendante (premier test en février 1960) qu'elle a développée et qu'elle contrôle en totale autonomie contrairement au Royaume-Uni dont les missiles stratégiques sont d'origine américaine".
Je ne veux pas entrer ici dans la critique de détail de ces données elle-même, quoique je ne distingue pas très bien en quoi notre position dans le monde nécessite de disposer d'un effectif de 313 402 personnes en 2009, alors que tout indique, depuis nos affaires de Libye jusqu'à celles d'Afghanistan, que par ailleurs les matériels dont dispose ces 300 000 personnes sont très loin d'être à la hauteur de leur effectif et partant de nos ambitions planétaires. On a eu, à de multiples reprises des occasions de déplorer que nos militaires sur le terrain étaient dotés d'équipements et d'armements désuets voire obsolètes et, au moment où il est question de rapatrier nos troupes de l'Afghanistan, la France va être confrontée, une fois de plus, aux mêmes problèmes de logistique. Si nous pouvons mettre, ici ou là, quelques dizaines de nos trois cents milliers de soldats, nous sommes dans la totale incapacité de les transporter à l'aller ou de les faire revenir, le moment venu.
Nous avons englouti des centaines de milliards pour fabriquer les meilleurs avions et les meilleurs blindés du monde mais personne n'en veut!
Les responsables de telles situations sont-ils des traîtres ou des imbéciles ? Je me garderai de me prononcer sur ce point ; je pense néanmoins que ce budget est énorme et nous a ruiné depuis plus d'un demi siècle.
Ce n'est évidemment pas le fait du hasard si les deux grandes puissances économiques qui ont émergé, depuis la fin de cette même Seconde Guerre Mondiale, sont le Japon et l'Allemagne qu'on a sottement cru punir gravement en les empêchant d'entretenir des armées. Le résultat est qu'avec les moyens ainsi épargnés, ils ont pu, en leur lieu et place, se doter d'industries puissantes avec les résultats que l'on connaît.

dimanche 13 novembre 2011

Du bon usage des compétences : de la Santé à Bercy.

Plus que jamais en ces temps difficiles, ce qu'il nous faut, absolument et de façon urgente, est moins, pour parler comme Mélenchon, « le capitaine de pédalo dans les tempêtes », dont Hollande donne toutes les apparences, qu’un « Hollandais volant » pour rester dans les métaphores nautiques que peut inspirer notre Flamby, par son allure comme par son nom !

Il nous faut des experts, confirmés et talentueux, à tous les postes du gouvernement.

Regardez les Grecs. Quel meilleur expert pour régler le problème de la dette de son pays que ce brave Monsieur Papademos (le « père du peuple » en pseudo-grec macaronique !) qui, en son temps, a sinon organisé du moins couvert le maquillage des comptes publics de son pays pour lui permettre d’entre dans l’Union européenne. Il en connaît donc un bout le bougre !

Regardez, chez nous, ce pauvre M. Baroin, prétendument ministre des finances, qui, à l'Assemblée nationale, ne parvenant pas à impressionner la Gauche par cette voix d'outre-tombe, dont il use avec tant de talent et de constance, s’est, dans son émotion, mélangé les pinceaux lexicographiques. Il a, en effet, désigné du terme très impropre d'effraction (c’est un attentat contre la langue plus que contre la représentation nationale) la sottise de dissoudre l'Assemblée nationale, inspirée à Jacques Chirac par M. de Villepin qui, de toute évidence, brûle de recommencer ce genre d'exploit.

Comment ne pas voir qu’est apparu, par chance, sur la scène médiatique le seul ministre des finances capable de sortir la France de ce mauvais pas en la personne de Michel Neyret dont les évidents talents financiers se sont, pour le moment, fourvoyés dans la police ? Certes me direz-vous, il s'agit là d'un flic, fût-il de haute volée et on ne passe pas si facilement et impunément de la place Beauveau à Bercy !

Sauf votre respect, vous êtes tous, mon pauvre monsieur ou chère madame, totalement à côté de la plaque !

Considérez donc, d’abord et plutôt, les exploits financiers de Michel Neyret dont la presse unanime ne nous épargne aucun détail. Voilà un homme qui, après enquête officielle et non selon de vagues ragots, en menant la vie à grandes guides, à coups de voyages coûteux comme de vacances luxueuses, de Ferraris, de boîtes de nuit et de tables de jeu, n’a dépensé que 500 € en neuf mois ! Qui dit mieux ? Même M. Bérégovoy, dont les chaussettes tirebouchonnées marquèrent autrefois l’esprit d’économie, n'a jamais rien fait de tel.

Voilà, de toute évidence, le ministre des finances qu’il nous faut ; lui seul saura effacer notre dette avec autant d'adresse qu'il gomme les inculpations des truands et des mafiosi qui l’entretiennent miraculeusement sur un tel pied.

Voulez-vous encore plus d’arguments en sa faveur ! Qui peut arriver à vendre 50.000 euros à des truands des notes de police qui décrivent par le menu des activités délictueuses dont ils sont eux-mêmes les premiers et les mieux informés ? Qui dit mieux ? Comme aurait dit ma bonne grand-mère, qui affectionnait cette métaphore, voilà un homme qui vendrait des guêtres à un serpent !

Neyret à Bercy!

PS. Cet homme n'a qu'un défaut...Il n'est pas Corse!