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samedi 27 novembre 2010

Mes recettes pour l'économie du monde

Eruc Cantona, qui doit être un peu en panne d'image pour ses contrats publicitaires, a fait une récente et spectacilaire réapparition dans les médias en proposant, pour mettre à genoux les ogres bancaires, censés ruiner notre économie (ce qui n'est pas faux), de retirer, tous en même temps, l'argent que nous avons déposé en banque. C'est une solution, en effet, mais elle me rappelle celle de Gribouille, qui se jetait à l'eau pour ne pas être mouillé par la pluie. En effet, si comme cela est prévisible, nous parvenions à provoquons, par une telle action une panique dans le système bancaire, voire, au pire, son effondrement, nous en serons évidemment tous, de toute évidence, les premières victimes. Mais on ne peut pas demander à Canto de voir plus loin que le bout de son pied gauche.

Cela dit, on ne peut pas attendre davantage de réunions comme celle d'un G20, fût-ce sous la présidence d’un Nicolas Sarkozy, qu'elle mette un terme à des spéculations et des manoeuvres, puisqu'au fond ce sont les spéculateurs eux-mêmes qui tirent les ficelles des marionnettes politiques qui se donnent en spectacle dans ce genre de réunion. Toutes les mesures qui y seront agitées seront, à l'évidence et dans le principe même, sans le moindre effet, sauf celui qu'elle pourrait avoir sur le plan de la communication. C'est un peu comme si l'on demandait à une assemblée de loups de régler les problèmes de la garde des brebis et des agneaux.

Cette vérité d’évidence est illustrée, s’il en est besoin, par le changement qui va intervenir à la tête de Banque centrale européenne ; les grandes manoeuvres ont commencé autour de la succession de Jean-Claude Trichet qui rendra son tablier doré de la Banque européenne en 2011. L’Allemand Axel Weber tient la corde ! Certes il est le patron de la Bundesbank mais surtout il a occupé trois ans une fonction dirigeante chez Goldman Sachs! "C’est moi qui suis Axel Guillot berger de ce troupéau". Cher Monsieur Weber, vous devriez mieux cacher vos oreille pointues et votre queue !

Je suis en mesure, comme toujours, de donner au G20 et son président quelques conseils, naturellement gratuits comme toujours mais qu'ils se garderont bien de suivre dans la mesure où ils sont tout à fait contraires aux intérêts et aux visées de ceux qui manipulent, de haut et de loin, ce genre d'assemblée.

La dernière crise a montré que la spéculation avait gangrené tout le secteur bancaire français, y compris la modeste Caisse d'épargne que vous imaginiez, sans doute comme moi, comme étant l’ultime et le plus sûr refuge des petits épargnants. Or l’Ecureuil a mis les doigts et même les pattes dans le pot de confiture des subprimes. Cette noble institution a donc perdu quelques milliards dans l'affaire, ce qui est tout de même des plus inattendus.

Il y a pourtant quelques mesures à prendre, très simples et qui assureraient un minimum de sécurité et d’honnêteté au niveau bancaire, au moins pour le bon peuple.

La première est le retour à une situation qui, me semble-t-il, a régné autrefois et qui n'aurait jamais dû cesser. Il suffirait de revenir en la matière à une distinction très simple mais radicale, entre les banques de dépôt et les banques d'affaires.

Les premières, dont la gestion pourrait être aisément mais strictement contrôlées par l'État, sans même qu'elles soient nationalisée, recevraient les dépôts des épargnants et auraient pour fonction majeure de consentir des prêts à des particuliers ou à des entreprises qui en auraient besoin. Cette disposition leur interdirait absolument toute forme de spéculation.

Les secondes, les banques d'affaires, feraient ce qu'elles voudraient comme elles voudraient, mais en étant assurées, dans tous les cas, que l'État n'interviendrait jamais pour leur porter secours, en quelque circonstance que ce soit.

Les épargnants, partisans de la gestion « en bon père de famille » de leurs économies les porterait dans les premières ; ceux qui seraient déterminés à faire des opérations, comme on disait autrefois « à la grosse aventure », iraient dans les secondes, aux risques et périls de ces établissements comme d’eux-mêmes.

Pour la spéculation mondiale, le moyen très simple d’y mettre un terme ne serait nullement de chercher, soit à la taxer, soit à l'empêcher par des règles que l’on contournerait via des paradis fiscaux, mais de faire en sorte que les contrats à terme, qui sont la base de toutes les spéculations, en particulier sur les énergies et les matières premières, soient obligatoirement payés d’avance et, en outre et de ce fait même, exécutées, alors que, actuellement, 95 % des contrats ne le sont pas et sont purement spéculatifs. On achète à terme (souvent en ayant qu'une fraction infime du prix total) et on revend, dès qu'un profit avéré se présente ou dès que s'annonce une menace de baisse du produit. Comme je le répète pour l'avoir entendu annoncer, 95 % de ces types de contrats ne sont jamais exécutés réellement.

Si celui qui, spéculant à la hausse sur le blé, à trois mois, se retrouve au bout de ces trois mois, avec sur les bras quelques milliers de tonnes de blé qu’il aurait payées intégralement d'avance mais dont il ne saurit que faire, je pense que cette aventure lui inspirerait, dans la suite, de solides réflexions indépendamment de la ruine qui, on l’espère, l’aurait frappé immédiatement ou s'il n'a pas le premier sous les 90 % du prix qu'il reste à payer et qu’il a empruntés à cette fin.

Ma troisième mesure majeure,a déjà été proposée par mes soins il y a un an ou deux. J’avais fait remarquer, à cette époque, que Ben Haden n'avait pas été très bien inspiré en s'attaquant aux deux tours de Manhattan et au Pentagone. Il aurait mieux fait de jeter ses avions suicides sur la Bourse de Chicago (où se traitent la plupart des contrats spéculatifs sur les denrées) ou celle de New York (où se négocient les contrats sur le pétrole ou les énergies). Je n'en dis pas plus, car si je dois, dans l'avenir, retourner aux États-Unis, je risque de me voir refuser le document ESTA, ce qui après tout serait peut-être la meilleure chose qui puisse m'arriver.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

ne vous faites pas de souci pour esta
il est valable 2 ans
attention a votre prose:les terrribles officiers d immigration de leur police des frontieres vous auront a l oeil!
olivier