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samedi 3 novembre 2012

Sandy : Haïti et les États-Unis.


Laissons pour un moment les affaires universitaires françaises ; nous y reviendrons et il est, hélas, peu probable que l'évolution prochaine des choses conduise à une intervention urgente dans ce domaine.

Il se trouve que, par la conjonction d'intérêts personnels et professionnels, je suis d'assez près les affaires de la zone américano-caraïbe. J'ai donc suivi la trajectoire du cyclone Sandy, sans avoir, au départ, rédigé le post que je méditais sur le changement d'appellation des dépressions tropicales qui génèrent les cyclones. Depuis toujours en effet, j'avais vu les cyclones désignés par des prénoms féminins, allant, pour chaque année nouvelle, de A à Z, en parcourant toutes les lettres de l'alphabet pour donner à chacun un prénom avec l'initiale correspondante, de Abigaïl ou Anna à Zoé ou Zulma. Une réforme majeure est intervenue récemment, sous la pression (me dit-on, mais j'ai tout de même peine à le croire) des associations féministes qui, au nom de la parité, voulaient que la moitié des cyclones reçoive un prénom masculin au lieu de se voir désigner tous, comme auparavant, de façon exclusive, par des prénoms féminins. Le détail est sans importance ici et je m'y attarde pas davantage.

Dans sa course, le dernier cyclone apparu dans la zone, Sandy, est passé, comme ils le font la plupart du temps, au-dessus de la zone caraïbe avant d'atteindre les États-Unis, beaucoup plus au Nord que d'habitude toutefois, puisque c'est souvent la Floride qui est la première terre atteinte aux Etats-Unis.

Sandy a relativement épargné Haïti, où il y a tout de même eu près de 70 morts  (c'est-à-dire bien plus qu'à New York même) et de nombreuses dégradations d'habitats, compte tenu du fait que, depuis le séisme du 12 janvier 2010, un très grand nombre de gens vivent toujours dans des conditions extrêmement précaires, la reconstruction n'ayant touché qu'un nombre très réduit d'habitations.

La situation en Haïti est, en outre, extrêmement critique au point qu'on vient d'ailleurs d'y décréter l'état d'urgence. Non seulement, Haïti avait déjà été frappée, dans l'état de précarité où elle se trouve, par un précédent cyclone, mais elle subit, depuis des mois, une longue période de sécheresse très forte qui a réduit de 70 % la production agricole et expose le pays au risque imminent d'une très grave famine.

Il y a donc eu quelque chose de pittoresque à voir le principal journal haïtien, Le Nouvelliste, (qu'on peut lire chaque jour sur internet) s'apitoyer sur le sort des malheureux habitants de la côte Est des États-Unis, alors que celui des Haïtiens me paraît infiniment plus lamentable. La rédaction du journal et peut-être ses lecteurs ont d'ailleurs, semble-t-il, compris ce que de telles considérations, si généreuses qu'elles soient, avaient de pittoresque, pour ne pas dire de paradoxal, en Haïti où la situation est bien pire. On note, en tout cas, un abandon rapide dans le journal des considérations de cette nature.

J'ai d'ailleurs le sentiment que, dans toute cette affaire, la presse française (qui n'a guère parlé d'Haïti!), en mal d'information ou pour nous parler d'autre chose que des hausses d'impôts et de la crise économique, a donné aux événements climatiques survenus aux États-Unis une importance peut-être excessive.

Le fait principal a été que, selon les termes exacts d'un reporter de France-Info :
« Wall Street n'a pas ouverte [sic] le jour du passage de Sandy ». On se demande vraiment, une fois de plus, où la presse française va chercher ses employés, car une telle faute de français paraît presque invraisemblable de la part d'un francophone natif et, semble-t-il, ce journaliste en était un.

Le passage de Sandy aux Etats-Unis et la campagne électorale américaine m'ont conduit à faire deux petites réflexions, tout à fait anodines, dans des genres et des domaines tout à fait différents, mais qui peuvent peut-être expliquer des faits que nos journalistes se gardent bien de souligner, soit qu'ils leur paraissent sans intérêt, soit, plus probablement, parce qu'ils les ignorent.

La première observation est en relation directe avec le cyclone Sandy. L'extrême fragilité de l'habitat américain moyen m'a toujours étonné, depuis la première fois où j'ai mis les pieds aux États-Unis. On a pu voir, lors du passage de Sandy à New York, que tout un quartier de la ville a flambé sans qu'il en reste rien, ce qui peut étonner qui ne connaît pas la réalité de l'habitat américain, mais apparaît normal quand on sait que la majorité des maisons américaines sont, non seulement en bois mais d'une évidente fragilité, ce qui les rend extrêmement vulnérables aussi bien aux incendies qu'aux événements climatiques du genre des tornades qui sont là-bas infiniment plus fréquentes que les cyclones. Beaucoup de maisons américaines même si elles sont fort coquettes voire luxueuses, donnent une grande impression de fragilité et cela d'autant que, surtout dans le Sud, les vérandas et les avancées les rendent encore plus sensibles et vulnérables au vent. Il est clair aussi que ce type de construction légère, souvent sans murs non végétaux (pierre, béton ou autres matériaux et sans volets en outre), les rend forts peu économes en matière d'énergie, ce qui pendant longtemps n'a guère eu d'importance vu le prix dérisoire du pétrole qui servait à en assurer le chauffage.

On a annoncé pour Sandy des vents de 100 à 120 km à l'heure, ce qui pour, de vrais cyclones tropicaux, frôle quasiment le ridicule puisque, dans ces contextes réels, les vents peuvent atteindre voire parfois dépasser les 200 km à l'heure. Dans de telles conditions de vent, des maisons à l'américaine se retrouveraient dans la ville voisine !

La seconde remarque (on passe du coq à l'âne sans allusion aux Républicains!) touche à la politique américaine. On a souvent tendance à imaginer les États-Unis à partir de quelques grandes villes que connaissent les touristes (New York, Los Angeles et Chicago). Ce n'est évidemment pas là que se situe l'immense majorité de la vie quotidienne américaine. Non seulement les États-Unis sont un vrai État fédéral (ce que nous sommes totalement incapables d'imaginer, nous-autres Français, car nos départements et nos régions n'ont aucune vie autre qu'administrative), mais la vie locale y est extrêmement importante, en particulier sur le plan des médias audiovisuels.

J'ai le sentiment (mais j'aimerais l'avis de spécialistes de la question) que la vie politique américaine est beaucoup plus régionale, voire locale, que ne l'est la vie française qui est quasi totalement centralisée (comme tout le reste d'ailleurs) sur Paris. Je n'en donnerai qu'un seul exemple qui tient aux médias et à la publicité. Toutes les petites villes américaines me semblent avoir leur station de radio et/ou de télévision que les populations locales écoutent et regardent beaucoup ; je pense en particulier ici, pour la radio, aux postes des voitures qui sont sans cesse branchés sur la station de l'endroit.

Un trait hautement significatif me paraît tenir à la publicité. En France que vous ouvriez la radio ou la télévision, sur quelque chaîne que ce soit, vous êtes immédiatement inondé de messages "nationaux" sont les mêmes partout, ce qui les rend d'ailleurs insupportables car on nous en bassine toute la journée dans tous les médias, y compris locaux. Aux États-Unis, au contraire, il me semble que la publicité est beaucoup plus, pour ne pas dire quasi uniquement, régionale et que les messages nationaux y sont plutôt peu nombreux. En revanche, vous voyez, même à la télévision, la binette du marchand de voitures du coin qui vient, en personne à l'écran, vous vanter ses véhicules ; vous avez la publicité faite en personne aussi par le marchand de meubles du pays où le patron de la grande surface locale, avec leur brioche et dans leurs tenues de tous les jours.

Je pense qu'on devrait prendre en compte de tels facteurs, importants aussi bien dans l'analyse de l'information sur les cyclones que dans les prévisions ou les pronostics quant au résultat de l'élection présidentielle américaine.

lundi 4 avril 2011

Election présidentielle, rumeurs et bruits de rangers en Haïti.

Comme on pouvait le redouter, les multiples et incessants délais apportés à la proclamation des résultats du second tour de l'élection présidentielle sont une cause majeure de perturbations et pourraient être, une fois encore, à l'origine d'incidents infiniment plus graves.

La leçon du premier tour fin novembre début décembre 2010 n'a assurément pas été tirée. On se souvient que l'annonce que le candidat Michel Martelly, le populaire « tèt kale », n'arrivait qu'en troisième position, avait déclenché des violences qui avaient fait plusieurs morts. La solution imaginée (procéder à des recomptages amenant à écarter de la deuxième place Jude Célestin au profit de Michel Martelly), était, d'une certaine façon, un mal potentiel puisqu'elle donnait à penser qu'il suffisait de jeter quelques milliers de manifestants dans les rues pour amener à modifier les résultats proclamés en première instance. On comprend aussi que cela jetait, du même coup, comme en Côte d’Ivoire, un sérieux doute sur la validité des dépouillements et des comptages.

Le deuxième tour de l'élection présidentielle a remis la politique haïtienne dans la même ornière ; les résultats du vote du 20 mars, qui devaient être proclamés fin mars, ont été d’abord différés au 4 avril ; il semble maintenant que les résultats définitifs ne sont attendus que pour le 16 avril 2011. Comment peut-on prendre au sérieux de tels atermoiements, sauf à penser qu’ils permettent d’accommoder les résultats à des volontés occultes dont on ne perçoit pas très bien ni la nature ni l’origine ni les buts?

Michel Martelly et ses partisans, instruits par les événements du premier tour, ont pris les devants et annoncé, depuis plusieurs jours, leur victoire, précisant même qu'elle était obtenue avec plus de 64 % des voix. De cette façon, ou bien ils auront eu raison et les résultats définitifs confirmeront leur victoire ; ou bien ils auront eu tort et naturellement ils seront alors d'autant plus portés à crier à la fraude ou à la tricherie et à déclencher des incidents qui conduiront, sans doute, à nouveau, à des violences.

Il semble bien qu'on le craigne comme le montrent différentes mesures d'ordre public qui vont du retrait des machettes des magasins spécialisés au contrôle des réunions publiques. Le bruit a même récemment couru que des troupes américaines allaient débarquer en Haïti, sans qu'on sache trop à quelle fin exacte elles étaient acheminées. Si l’on se réfère sur ce point à Frantz Duval et au Nouvelliste qui demeurent la meilleurs source d’information, cette rumeur vient d’être confirmée par l'arrivée, dimanche 3 avril 2011 au matin, par un vol de Delta Air Lines, d'un groupe de soldats américains. Officiellement, ils constituent les premiers contingents d'une Task Force nommée « Bon vwazen » qui devrait être déployée dans le pays dans le cadre d'une mission humanitaire. Elle devrait réunir, en tout, 500 soldats et comprendre des militaires d'autres pays que les États-Unis dont en particulier le Canada.

On allègue dans les milieux officiels que ces militaires sont envoyés en particulier pour intervenir, à titre préventif, en cas de cyclone. On ne manque pas toutefois de faire observer sur ce point que la saison cyclonique ne commence guère qu'au mois de juin et que nous ne sommes qu'au tout début du mois d'avril. En revanche a été démentie officiellement la rumeur de la présence d'un bateau de l'US Navy au large de Port-au-Prince.

Il n’empêche que, dans le contexte actuel, ces « bruits de rangers » ne contribuent pas à calmer les esprits et donnent à penser qu’on redoute que les résultats du second tour de l’élection présidentielle ne soient pas publiés dans le calme, mais, une fois de plus, dans « dans le bruit et la fureur ».

DERNIERE MINUTE (d'après le Nouvelliste en version internet)

"Le gouvernement haïtien a lancé un appel au calme lundi [aujourdhui] avant l'annonce des résultats préliminaires du second tour de l'élection présidentielle, redoutant des violences comme celles qui avaient suivi les résultats du premier tour en décembre dernier.

Le secrétaire d'Etat à la Sécurité publique, Aramick Louis, a demandé aux candidats d'inviter leurs partisans "à ne pas manifester violemment dans les rues" quel que soit le résultat.

[...]

Interrogé par l'AFP, le Conseil électoral haïtien n'a pas voulu préciser l'heure à laquelle les résultats seraient annoncés. "Les résultats seront proclamés au cours de la journée" s'est borné à déclarer un fonctionnaire du Conseil électoral provisoire (CEP).

Le CEP avait annoncé la semaine dernière que la consultation avait été entachée de fraudes et que plusieurs centaines de procès-verbaux envoyés par différents centres de vote avaient été annulés."

dimanche 27 mars 2011

Libye. Lubie. Alibi. (suite et sans doute pas fin !)



Silence assourdissant dans les médias français sur la réunion qui se poursuit à Addis-Abeba sous la direction de l’Union africaine (voir hier le premier post sur le sujet), en présence d’une importante délégation libyenne du plus haut niveau. Les « révolutionnaires », eux, ont jugé sage ou prudent de ne pas venir en dépit des invitations qui leur ont été adressées. En France, il faut aller sur BFM pour entendre une vague allusion à cette réunion qui a commencé vendredi 25 mars au matin, s’est poursuivie depuis et continuera demain.

Dans nos médias, il n’est bruit que de la querelle infantile entre, d’une part, une « coalition », dont le nom se justifie de moins en moins (la Norvège, dont la participation était un symbole fort, a retiré ses six avions et les Etats-Unis se livrent à un pas de deux, dont on peut craindre qu’il laisse bientôt seules la France – qui s’accroche désespérement à l’opération- et la Grande Bretagne) d'une part et l’OTAN d’autre part.

Cette affaire permet surtout de régler avec la France quelques comptes dont le rapport avec la Libye est des plus lointains et incertains.

La Turquie n’a pas manqué, pour faire payer à la France son attitude sur l’adhésion turque à l’Union européenne, de faire estimer par son Premier Ministre que le transfert à l’OTAN du commandement des opérations militaires internationales en Libye, qui mettra la France « hors-circuit » (selon ses termes) est un développement « positif » (toujours en turc dans le texte).

Même les Anglais s’y mettent et William Hague, contre l’avis français, estime prochaine l’attribution à l’OTAN de l’ensemble du commandement complet des opérations militaires internationales en Libye.

La chose convient tout à fait à Obama (« We can ! ») car il pourra, du sein même de l’OTAN, tirer discrètement toutes les ficelles qu’il veut ; en revanche, « the man in the street », la droite de son propre camp, les Républicains et le « Tea Party » ne seront plus fondés à lui reprocher de ne pas se limiter à la bonne vieille politique de Monroe !

Que fait donc Bernard Henry Levy ! La France est en train de se faire doubler sur toute la ligne, y compris par l’Union Européenne elle-même puisque celle-ci, qui est en contact avec l’Union Africaine, dont l’action peut offir une chance de sortir, sans trop de ridicule, du guêpier libyen, pourrait même aider financièrement celle-ci, dont Kadhafi a toujours été le principal bailleur de fonds. Ici l’UA ne peut pas trop le solliciter pour une action qui conduira sans doute, à terme, à le mettre sur la touche.

Samedi 26 mars 2011, mais vous ne l’avez pas entendu sur TF1 ou France 2, des sources européennes anonymes laissaient entendre que l’UE pourrait ouvrir sa bourse à hauteur d’un quart de million d’euros qui manque à l’UA, mais surtout prendre directement part, lundi 28 mars, aux discussions concernant la fin des hostilités et la mise en place d’une période qu’on dit pudiquement de « transition », on ne sait pas trop vers quoi.

Il faut d’urgence prévenir les Italiens et les Allemands, qui préparent pour mardi 29 mars, une réunion à Londres sur un thème identique et qui ne sont au courant de rien, à moins qu’ils ne veuillent sauver la face et feindre ensuite la surprise : « Vouz-ici ! Je vous croyais zozo ! ».

Aux dernières nouvelles, Berlusconi, qui, comme on a pu le voir sur la photo ci-dessus, était allé en repérage en Libye, serait prêt à accueillir Kadhafi... à condition toutefois qu'il vienne en Sardaigne avec ses amazones et en uniformes. Vous pouvez aller juger sur pièces et sur photo ici même dans un blog précédent et illustré "Kadhafi raconté aux petits enfants".

jeudi 24 mars 2011

Haïti : Second tour. « Il fallait un calculateur. Ce fut un danseur qui l'obtint ».

Beaumarchais est décidément d’actualité. J’ai failli mettre mon post d’hier sur notre belle démocratie française, gardienne si scrupuleuse et si vigilante de la liberté d’expression, sous le signe de la fameuse formule de Figaro dans son monologue : « Pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l'autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l'Opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l'inspection de deux ou trois censeurs. ». En dépit de la pertinence accrue de cette jolie formule, je me suis toujours détourné de la citer pour la voir citée, contre toute attente, en tête d’un journal qui porte, de façon incongrue désormais, le nom même du barbier de Séville !

« Il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l’obtint » lit-on aussi dans le Mariage de Figaro. S'il est sûr qu'en Haïti ce n'est pas un danseur qui obtiendra la présidence de la République, il y a quelques chances, de plus en plus selon les rumeurs, que ce soit un chanteur.

Jean Wyclef, chanteur hip-hop haïtiano-américain, qui n'avait pas pu se porter candidat à l'occasion du premier tour de l'élection présidentielle, est revenu sur le devant de la scène à l'occasion du second. Non plus comme candidat mais supporter de Michael Martelly puis désormais comme victime, puisqu’il aurait été blessé par balle(s), samedi 19 mars 2011 au soir, la veille même du vote. Rassurez-vous, il ne s'agit que d'une éraflure à la main, « consécutive à un tir » comme il le précise lui-même, même si les faits ne sont pas très exactement établis selon la police. La blessure, d’après les premiers constats, résulterait plutôt d'une coupure par du verre. Si l'on ajoute que la voiture du chanteur est blindée et qu'aucun des autres occupants n'a été blessé, on voit que les faits sont des plus incertains ; on ne dispose ni de témoignages ni d’indices matériels (pas douilles ni d’impacts sur le véhicule). On n'en saura sans doute pas davantage sur cet incident que l'on pourrait porter au compte de la tension politique dans la mesure où le chanteur s'était déclaré un très ferme soutien de Michel Martelly. Il a en tout cas quitté Haïti dès le lendemain du vote, le 21 mars 2011.

L'opération électorale est certes d'importance puisqu'on ne compte pas moins de 11.186 bureaux de vote pour 4,7 millions d’électeurs dans un pays où les communications de toutes natures ne sont pas faciles. Les choses sont d'autant plus compliquées que l'élection présidentielle se double d'élections législatives (députés et sénateurs). Leur caractère régional fait que les candidats s'y affrontent de façon relativement différente et souvent avec plus de violence. En effet, si les deux candidats à la présidence Mirlande Manigat et Michel Martelly, débattent surtout par communiqués et déclarations, en partie désormais relayés par les « réseaux sociaux » (Facebook et Twitter), les partisans des candidats à la députation ou au Sénat usent le plus souvent, dans leurs différends, de moyens plus traditionnels et plus rustiques qui vont des galets aux machettes en passant parfois par les fusils.

Dans de telles conditions de tensions où les rumeurs vont bon train, on comprend que différer au 30 mars 2011, au minimum, et peut-être même au 16 avril, la proclamation des résultats définitifs augmente considérablement les risques de violences qui, pour le moment, se sont limitées à deux ou trois morts et à quelques incidents ou rixes dans les bureaux de vote.

La modernisation des techniques de comptage et d'enregistrement (scanners, ordinateurs, etc.) et l’établissements d'un « manuel de procédure » ne sont pas des garanties absolues de la sécurité et de la régularité des opérations électorales. On a pu lire dans le Nouvelliste (la meilleure source d'information sur les réalités haïtiennes) des récits pittoresques sur les dépouillements du dimanche 20 mars au soir, à Port-au-Prince même et non pas dans les mornes ! Les caprices de l'alimentation en électricité dans les bureaux de vote (quand il y en avait), ont fait que, tour à tour et selon les lieux, on a dépouillé à la lumière électrique, dans le noir ou à la bougie, ce qui ne facilitait sans doute pas le bon déroulement de ce genre d'activité ; ces incidents ont, en effet, entraîné, en outre, le ralentissement des procédures et, par conséquent, le départ d'un certain nombre de scrutateurs ou d'observateurs pressés d'aller se coucher !

On doit rappeler aussi que le déroulement même du premier tour n'a guère contribué à créer un climat de confiance. Alors que les premiers résultats (fin novembre 2010) avaient donné comme vainqueurs Mirlande Manigat (avec en gros 10 % d'avance) et Célestin Jude, ces résultats ont été, dans la suite, invalidés. Les nouveaux comptages, dont les détails demeurent obscurs, ont conduit à écarter Jude Célestin au profit de Michel Martelly dont les partisans avaient protesté, dans les rues, lors des premiers résultats, avec beaucoup de violence. Après de longues semaines de tergiversations, « Tèt kale » a été déclaré candidat pour le deuxième tour, sans toutefois qu'on donne les résultats définitifs, effectivement établis pour l'un et l'autre des deux candidats admis à se présenter à l'élection définitive. Tout cela ne contribue naturellement pas à créer un climat de confiance, même si Rosny Desroches (leader du mouvement de la « Société civile ») se déclare globalement satisfait du contrôle et du mode de décision sur les procès-verbaux qui poseraient problème.

L'analyse la plus sereine et la plus lucide me semble celle que fait Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste.
« Allons-nous avoir recours encore une fois à l'Organisation des Etats Américains pour désigner le gagnant de la présidentielle du 20 mars ? [...] La dernière fois que l'OEA est intervenue dans le processus, il n’a fallu qu'une poignée de ces précieux procès-verbaux pour changer le cours de l'histoire. La fraude massive des principaux candidats, la désorganisation totale du CEP, le manque de confiance dans les conseillers et l'ombre du pouvoir de René Préval ont pesé lourd dans la balance, mais, au final, il a fallu peu pour décider qui irait au second tour. Aujourd'hui encore, s'il faut corriger une erreur dans le cours des élections, il suffira d'un ordre. Les millions dépensés et les énergies mobilisées ne changeront rien à l'affaire. Et tirant leçon du premier tour, le candidat déclaré perdant ne pourra que s'incliner avec élégance.Le piège du premier tour était à double action ».

On pourrait compléter cette conclusion de Frantz Duval par la formule antique « Quis custodem custodiet » (= Qui gardera le gardien ? ») ou plutôt, dans le contexte électoral haïtien « Qui observera l’observateur ? ».

samedi 5 mars 2011

Haïti : le diable et le bon dieu (suite)




Dans le film « Bondye bon », ce qui m'a frappé aussi est que la propagande politique en Haïti se greffe sur des actions religieuses.

Le premier point de doctrine est que le séisme de janvier 2010 a été envoyé par Dieu pour punir Haïti en particulier de sa dérive en direction du vaudou donc du diable. Cette vérité d'évidence est répétée à satiété et revient à de multiples reprises dans le film. En revanche, ce qui est plus curieux est que cette action des évangélistes est couplée avec la promotion d'un candidat à l'élection présidentielle, car le film a dû être tourné à l'automne de 2010. Il s'agit du pasteur Chavannes Jeune que l’on voit à plusieurs reprises, dans diverses situations. Il apparaît toujours vêtu d'un costume sombre et portant cravate comme ses promoteurs évangélistes, mais lui parle créole et, plus rarement français, pour souligner que Haïti est, selon ses termes, « dans le collimateur de Dieu ». Espérait-on, du côté américain, en faire un nouvel Aristide, protestant pour le coup ?

Ces clivages socio-vestimentaires correspondent naturellement, pour partie, à des choix et des usages linguistiques ; ils sont obligés pour les Américains qui, évidemment, ne peuvent s'exprimer ni en créole et en français ; les choix sont plus intéressants pour les Haïtiens qui s'expriment peu en français (sauf Max Beauvoir et parfois Chavannes Jeune) mais dans des variétés différentes du parler haïtien, tour à tour très décréolisé ou, au contraire, plus basique. Ainsi, par exemple, dans la séance de vaudou, le houngan s'exprime assez longuement dans cette langue et développe le thème de la lutte de la religion nationale contre les religions « importées »! En revanche, seul le diable est polyglotte puisque l’on voit un jeune évangéliste américain se livrer à un exorcisme dans sa propre langue et chasser le diable créole sans avoir recours à un interprète ! Le diable, non seulement s'habille en Prada, mais, en plus, il parle anglais.

Il est évident que les troupes évangélistes américaines sont arrivées en force et en nombre et qu’elles disposent là-bas de moyens considérables et d’équipements modernes comme de stratégies méditées. On organise des cortèges où l’on scande « Non au vaudou ! Non au diable ! » ; on appâte les foules, selon les âges, par des distributions de friandises ou d'objets (des bonbons pour les enfants ou des T-shirts pour les adultes) et en se livrant à des shows mystiques où la danse et la musique tiennent une place qui, évidemment, les rend particulièrement attirants pour les Haïtiens. En effet, c'est l’un des traits qui marquent le film où, quels que soient l'horreur et la désolation des cadres où l’action se déroule, au milieu des décombres et dans la fange des abris de fortune, on nous donne à voir une population haïtienne que caractérise à la fois son goût de la musique et la danse (on a l’impression que les Haïtiens ne peuvent se déplacer autrement qu'en esquissant des pas de danse) et son attirance pour la religion et la religiosité, quelles qu'elles soient. Comme le souligne, à un moment, Frantz Duval, rédacteur en chef du quotidien national Le nouvelliste, les Haïtiens passent, sans encombre ni gêne, de la cérémonie vaudou au temple ou à l’église !

On peut dire que cet aspect est symbolisé par le titre même du film car « Bondye bon » est l’inscription qu’on voit un Haïtien « taguer » à la bombe sur un mur en ruines ! Tout un programme !

Si ce film est fort intéressant comme témoignage, il contient, en revanche, aussi un certain nombre d'assertions, avancées par l’un ou l’autre des témoins qui s’y expriment, mais qui sont clairement des contre-vérités. Les hommages appuyés rendus par divers intervenants à l'empereur Jean-Jacques Dessalines ne font pas mention du fait que ce « père de l'indépendance », qui, une fois au pouvoir, n’avait guère tardé à se faire empereur, a été lui-même assassiné, peu après, par des compatriotes qui ne lui ont guère su longtemps gré de les avoir libérés.

Selon les évangélistes américains, le pacte d’Haïti avec le diable, scellé par le vaudou, daterait du fameux serment du Bois Caïman qui relève plus du mythe que de l’histoire. Celui qui aurait donc entraîné Haïti sur la voie de la perdition serait le fameux Boukman, présenté comme un prêtre vaudou venu la Jamaïque et qu’on appelle dans le film, de façon amusante, « Boukemane », comme "Superman" ou « Spiderman » ! Significatif !

La note finale du film, contre toute attente optimiste, est donnée par les propos du fameux peintre Prefete Duffaut (né en 1923 et que je croyais mort ). Il pense, et c’est la conclusion, qu'Haïti finira par présenter au monde la vision édénique sous laquelle il s'emploie souvent, depuis un demi-siècle, à représenter son pays.

vendredi 4 mars 2011

Haïti : le diable et le bon Dieu (première partie)



Sur les conseils d'une amie qui l’avait regardé la veille, je viens de voir un film sur Haïti intitulé « Bondye bon » (= « Dieu est bon », formule qui est un peu inattendue après un séisme qui a détruit la capitale, une partie du pays et fait 230.000 morts).

Ce documentaire est passé hier sur FranceO car il s’agit d’une coproduction entre FranceO et la télévision suisse. Il présente la situation d'Haïti durant l'année qui a suivi le séisme du 12 janvier 2010, essentiellement sous l'angle d'un affrontement entre trois religions : le catholicisme (traditionnel), le protestantisme (venu des Etats-Unis) et le vaudou (religion locale censée avoir été apportée d’Afrique par les esclaves).

Ce conflit est présenté dans le cadre général de la situation actuelle d'Haïti qui est, chacun le sait, catastrophique étant donné que la « reconstruction » promise n'a guère commencé, pour le moment du moins, si l'on met à part des actions ponctuelles comme la reconstruction du « Marché en fer » de Port-au-Prince par la société Digicel (téléphonie) qui continue à être très active (dans un pays où le téléphone par fil a quasiment disparu), dans le cadre d’une politique de promotion commerciale très intense qui va de telles opérations au financement du Carnaval !

Le genre que je pratique ici est une forme brève ; il ne permet donc pas de rendre compte de l'ensemble de ce film ce que son intérêt et sa qualité justifieraient. Je couperai donc en trois l'ensemble de mon propos.

Le film est, à juste titre, centré essentiellement sur le protestantisme et le vaudou ; la religion catholique n'y a qu'une place relativement réduite, essentiellement par la présentation d'une école religieuse pour les filles (on y est guidé par Soeur Elsa, dans un français parfait, même si, en classe, elle n'hésite pas devant une certaine régionalisation de cette langue, de toute évidence parfaitement tenue et en excellent état de fonctionnement, puis par celle d'un office religieux dans une église de fortune.

Ce sont donc en fait le vaudou local et le protestantisme d'importation américaine qui tiennent la plus grande place dans ce film et c'est donc à ces deux aspects que je me limiterai, car, pour le reste, si l'image d'Haïti est très fidèlement restituée (photos des ruines, camps de sinistrés, scènes de rues, « tap-taps », etc..), tout cela est sans doute assez bien connu par d'autres témoignages de natures diverses pour que je puisse en faire l’économie.

À vrai dire, la partie concernant le vaudou ne m'a pas appris grand-chose à la fois dans la mesure où je connais un peu cette religion populaire haïtienne et où je sais d'avance que tout ce qu'on nous montre n'est pas très différent, au fond, des « spectacles vaudou » qui, dans le passé, étaient proposés, moyennant finance, aux clients des hôtels. On y voit une séance, somme toute banale, avec le « poto-mitan » et les rites habituels ; le « houngan », prêtre vaudou, est entouré de fidèles, danseurs et danseuses. Le rouge domine; rien à dire donc de tout cela. La garantie savante est apportée à ce témoignage par Laënnec Hurbon, anthropologue-sociologue haïtien qui a fait toute sa carrière comme directeur de recherche au CNRS français. Le point de vue proprement haïtien est fourni par Max Beauvoir qu'on nous présente comme une sorte de pape du vaudou. Il est, en fait, « Ati national », ordonné dans cette fonction par la Confédération nationale des vodouisants haïtiens (CNVH). Ce titre est à la fois récent (2008) et peut-être un peu discutable. Mais passons...

Le plus frappant et même le plus étonnant (au sens quasi étymologique du mot), dans ce film, m'a paru l'action, très longuement présentée, des missionnaires protestants arrivés en force des États-Unis. Ils mettent en oeuvre sur place, en effet, toutes les méthodes qu'ils utilisent depuis bien longtemps dans le cadre des émissions de télé-évangélisme qu'on peut voir aux États-Unis sur les chaînes spécialisées. Comme bien entendu aucun de ces missionnaires ne parle créole, tout leur discours, parfaitement rodé, est aussitôt traduit, au fur et à mesure, en créole haïtien par les interprètes dont ils sont sans cesse flanqués.

L’un des points les plus frappants dans ces mises en scène religieuses est que ces missionnaires, tous des blancs naturellement, sont dûment costumés et cravatés, style Témoins de Jéhovah, ainsi d'ailleurs que les Haïtiens qui leur servent de truchements. Pour le reste, les méthodes sont exactement celles qu'on peut voir à la télévision américaine dans les shows de mêmes nature et finalité des mêmes évangélistes, y compris les soins administrés, en séance, aux malades ou à ceux qu'on choisit dans la foule pour jouer ce rôle. Imposition des mains de rigueur à tout propos! Toutefois, à la différence de ce qu’on peut voir dans ces émissions aux États-Unis, on ne nous a pas régalés, dans ce film, du spectacle d'un miracle en direct et « en live » ! Tout y est néanmoins parfaitement réglé, y compris les transes et les catalepsies pour lesquelles les habitudes et la culture du vaudou local constituent un terrain particulièrement favorable car le vaudou en est lui-même coutumier.
(La suite demain)

mardi 25 janvier 2011

Vers une solution de la crise haïtienne ?

Alors qu'en Côte d'Ivoire, où le second tour des élections présidentielles a eu lieu, comme le premier tour en Haïti, le 28 novembre 2010, la crise semble se diriger vers une solution finale radicale, peut-être militaire, alors qu’au contraire, en Haïti, la voix de la raison semble se faire entendre.

On avait pu penser que les choses allaient se régler, il y a quelques semaines, lorsque le président Préval a sollicité de l’Organisation des Etats Américains (OEA) la mise en place d'une commission internationale d’experts, chargée de vérifier les résultats du premier tour de l'élection présidentielle. Celle-ci avait, à titre provisoire, placé en tête Myrlande Manigat, précédant, avec environ 10% d’avance, Jude Célestin (deuxième), candidat d’INITE, suivi lui-même, de très près, par le populaire chanteur Michel Martelly.

Ces résultats avaient donné lieu à de très vives protestations des partisans du chanteur qui considéraient que la fraude avait fait passer devant leur favori Jude Célestin, regardé comme le candidat du président Préval. Les choses sont assez compliquées dans le cas de Jude Célestin, dont certains prétendent qu'il est le père de l'enfant qu’a eu la fille du président Préval, alors que l'intéressée nie qu'il en soit ainsi. Peu importent ces aspects familiaux ! Toujours est-il que Jude Célestin passait pour la créature de René Préval.

Il faut reconnaître que le président Préval a eu des comportements dont la logique est un peu difficile à suivre. Après avoir lui-même réclamé de l’OEA la mise en place de cette commission électorale de contrôle, pensant sans doute qu'elle allait entériner des résultats du premier tour qui semblaient convenir au gouvernement haïtien. Toutefois, avant même la publication du rapport final (dont le contenu avait toutefois circulé), René Préval en a contesté le résultat car il conduisait à faire passer Martelly en deuxième place devant Jude Célestin. La commission des experts de l’OEA avait, disait-on, constaté des fraudes et recommandé d'intervertir le classement des deuxième et troisième candidats. Michel Martelly se serait retrouvé alors en deuxième position avec 22,2%, après invalidation de 7.150 votes en sa faveur. Jude Célestin passerait donc alors de la deuxième à la troisième place, avec 21,9%, après avoir perdu 17 220 votes. Myrlande Manigat resterait toujours en tête, avec 31,6% des voix, quoique 13 830 voix lui aient été supprimées pour irrégularités.

On en était là avant le dernier week-end où les choses se sont soudain précipitées, probablement sous le double effet d'une réunion tenue en République Dominicaine et à laquelle a assisté le président Préval et surtout des pressions américaines, qui ont été si vives qu’on est allé jusqu'à prétendre que les États-Unis voulaient refuser désormais le visa d’entrée aux Etats Unis à neuf des membres de la plate-forme INITE.. Tout cela a dû assurément aider le président à changer de position !

À partir de là, les événements se sont succédé, en se précipitant.

Divers représentants de la communauté internationale se sont rendus lundi 24 janvier au siège du Conseil électoral provisoire haïtien (CEP) pour inciter cette instance à réviser les résultats contestés de l'élection présidentielle, ce qui, comme on l’a vu, conduirait à écarter du second tour le candidat du pouvoir.

Edmond Mulet, représentant du Secrétaire Général de l'ONU, a déclaré qu’un accord avait été acquis et, avec une prudence toute diplomatique, il a fait une déclaration concernant la publication des résultats revus par les experts de l’OEA et désormais acceptés par la CEP (qui, comme René Préval, les contestait jusqu'à présent sans qu'ils aient été officiellement publiés) et annoncé la publication imminente à la fois des résultats définitifs et du calendrier de la suite des opérations. Naturellement ce diplomate guatémaltèque, parfait francophone au demeurant (allez donc voir dans le Nouvelliste, sur internet, la video de sa déclaration), s'est gardé de répondre à toutes les questions qu'on a pu lui poser, tant sur les résultats eux-mêmes (mais il est clair qu'ils conduiront au déclassement de Jude Célestin) que sur la date du deuxième tour ou sur les intentions du président Préval quant à la date à laquelle il pourrait quitter ses fonctions.

On avait, en effet, l'impression nette, à tort peut-être, que René Préval cherchait à gagner du temps et à prolonger son mandat jusqu'au 7 février 2011, date à laquelle le nouveau président devait prendre ses fonctions (si le calendrier électoral initial avait été respecté), voire à effectuer un intérim jusqu'à mi-mai 2011 dans l'hypothèse où le deuxième tour des élections aurait été encore différé.

Il est très probable, dès lors, que l'effet conjoint des pressions de l’OEA et surtout des Etats-Unis, qui se sent accentuées de façon nette pendant le week-end et du caractère désormais inéluctable de la rétrogradation de Jude Célestin à la troisième place ont conduit ce dernier a choisir de retirer, de lui-même, sa candidature. Ce geste lui évite naturellement l'infamie de la reconnaissance et de l'officialisation des fraudes électorales dont il avait bénéficié.

Tout donne donc à penser que, désormais, les principaux obstacles sont levés ; le deuxième tour pourrait avoir lieu assez rapidement (sans doute, selon le calendrier secret annoncé par E. Mulet,) et le nouveau président de la république d'Haïti être élu selon ce même calendrier.

Tout donne à penser que ce président sera une présidente, en la circonstance, la juriste constitutionnaliste Myrlande Manigat, qui aura la particularité singulière d'avoir déjà été l’épouse d’un président de la République d'Haïti, Leslie Manigat, et donc la « Première Dame » de l'Etat, avant d'en occuper elle-même la fonction présidentielle. Cette circonstance fait penser à l'Argentine et au couple Kirchner, mais les choses se sont déroulées d'une façon bien différente et on espère pour Leslie Manigat que cela continuera !