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mardi 22 mai 2012

Economies

En ces temps de vaches maigres (sauf pour les vaches sacrées de notre administration !), il est devenu à la mode de signaler, ici ou là, sur quels postes de la dépense publique pourraient être réalisées des économies. L'Italie, plus réaliste que la France, a même créé un service spécial où les citoyens peuvent dénoncer les dépenses inutiles faites par l'État.

Bourdin sur RMC (la radio conjointe des bignoles et du grand capital), comme toujours opportuniste, a sauté, sans le dire, sur l'occasion de lancer une opération du même genre ; elle a le double avantage d'attirer des auditeurs vers sa radio, sans cesse en quête de publicité en dépit de l'autopromotion permanente qu'elle pratique, et de donner des exemples de dépenses inutiles, souvent amusants comme celui de la Promenade des Anglais arrosée en abondance hier sous les trombes d'eau qui s'abattaient sur Nice !

J'ai déjà abordé ce problème dans ce blog, en particulier à propos du budget militaire et évoqué l'interrogation qu'on peut avoir quand au fait que la France entretienne un personnel de défense de 300 000 unités (y compris les gendarmes il est vrai) contre des ennemis dont on ne voit pas exactement ni la nature ni les intentions. Nous serions, paraît-il même si j'en doute fort, la cinquième puissance industrielle du monde, mais nous sommes à coup sûr la quatrième pour les dépenses militaires, ayant largement dépassé la Russie.

Hier, chez Calvi, un participant, dont le nom m'a échappé (mais la chose n'a aucune importance) a dit à ce sujet de gros mensonges, sans susciter la moindre réaction, ni chez Calvi lui-même ni surtout chez Pierre Sergent qui se donne, en principe, pour spécialiste des affaires militaires. Il a en effet affirmé, sans être contredit, que le budget de la France avait diminué de moitié dans les dernières décennies.

C'est complètement faux et voici les chiffres exacts. En fait, il y a eu une réduction du budget militaire entre 1991 (il était alors de 36 milliards d'euros - en euros constants -) et 2002, où il aurait baissé (mais en aucun cas de moitié!), mais il est remonté à 32 milliards d'euros en 2010, les budgets militaires étant d'ailleurs régulièrement non conformes aux votes dont ils ont fait l'objet.

Pour être plus précis sur l'année 2002, le budget militaire de la France à été alors de 46,3 milliards de dollars américains (2,5 % du budget total de la France). Précisons qu'en cette même année, le budget de l'Allemagne n'a été que de 24,9 milliards de dollars ! Allez donc chercher ce qui permet à l'Allemagne d'investir massivement dans l'industrie alors que nous sommes totalement incapables de le faire (sauf pour l'industrie de l'armement lui-même avec des productions si bonnes que personne n'en veut sauf notre propre armée !).

Bien entendu, il ne manque pas de dizaines, voire de centaines de postes qui, dans notre administration, par ailleurs abominablement pléthorique, pourraient être l'objet d'économies, sans que le fonctionnement général en soit perturbé, loin de là. J'ajoute que la multiplication des actes administratifs (souvent justifiée syndicalement par le maintien de l'emploi, comme à la Sécu par exemple!) entraîne inévitablement, au contraire, à la fois l'inefficacité des services, les opportunités de fraudes et la prolifération des erreurs.

Je voudrais préciser ici un point que j'ai déjà abordé et qui tient aux conditions de retraite des anciens présidents de la République qui, selon René Dozières (à qui, au fait, le PS vient de refuser l'investiture, ce qui ne m'étonne pas trop!), coûtent, à la louche et par an, deux millions d'euros à la France. On pourrait envisager une solution radicale qu'on ne manquera pas de me reprocher, même si je précise que je blague ; elle consisterait dans l'abattage systématique des anciens présidents en fin de mandat. Une solution plus douce serait de supprimer carrément toute retraite à ces hommes politiques qui ont eu, au cours de leur vie, d'une façon ou d'une autre, des moyens de garnir leurs bottes d'un foin abondant et qui touchent, comme deux d'entre eux au moins, des retraites qui s'établissent autour de 120.000 ou 130.000 euros par mois, ce qui permet de survivre sans trop de mal. Une solution intermédiaire serait d'élire exclusivement des présidents octogénaires et égrotants, ce qui permettrait de régler, sinon immédiatement du moins à court terme, les problèmes de leur retraite.

Je ne voudrais pas faire de concurrence à M. Bourdin, bien que l'idée ne soit pas de lui mais du gouvernement italien ; je vous invite néanmoins à envoyer ici des idées d'économies à faire pour réduire notre déficit puis notre dette ; je ne mets pas, en prix ,la tringle à rideaux habituelle, car il y en a tellement que la chose est des plus faciles.

lundi 21 mai 2012

France -USA : Le bouclier afghan.

Les premiers pas de notre nouveau Président de la République ont été fort réussis, contre toutes les prévisions catastrophistes de ses adversaires (dont on a pu depuis cinq ans admirer les talents et les succès) qui n'ont cessé d'invoquer son inexpérience, en particulier en matière internationale.

Ces gens-là, pourtant si expérimentés, ont étalé une extraordinaire naïveté à croire que Mme Merkel ou M. Obama avaient suffisamment de sympathie, de considération ou même d'affection pour Nicolas Sarkozy pour faire la gueule à son successeur éventuel. Et ces gens-là prétendent avoir expérience ou expertise en la matière. À mourir de rire !

Comme le disait le général, les Etats ne prennent en compte que leurs intérêts et ils n'ont pas d'amis, surtout hors de charge.

Cela dit, François Hollande a joué les différents coups avec adresse et efficacité ; avec Angela Merkel, en évitant de lui passer la main dans le dos (ou même un peu plus bas), à la différence de son prédécesseur qui, juché sur ses talonnettes, se jugeait, partout et avec tout le monde, irrésistible !  Il en a été de même avec Barak Obama, F. Hollande se montrant tout simplement naturel avec une nuance d'humour qui n'était sans doute pas pour déplaire au Président des États-Unis. Ce dernier avait d'ailleurs prouvé qu'il avait soigneusement préparé le dossier personnel de notre président, s'informant même sur le travail qu'il avait fait autrefois sur les fast-foods des États-Unis. L'hamburger les a rapprochés !

François Hollande avait choisi de se flanquer de deux de ses principaux ministres, naguère rivaux. Ainsi ils se neutralisaient quelque peu, car on ne peut oublier totalement, même aux Etats Unis, la politique intérieure française et Solférino. Fabius et Moscovici, les "expérimentés", sont l'un et l'autre généralement portés à la prudence et au discours lénifiant ; "l'image de la France est forte" a hardiment avancé Fabius !

Le président et, à sa suite, la délégation française ont donc eu le triomphe modeste. Il aurait pourtant pu en être autrement, à voir tout le monde parler désormais de croissance, comme François Hollande qui avait été le premier et longtempd le seul à le faire ! Notre président a eu aussi le courage (bien rare) de rester ferme sur ses positions concernant le retrait des troupes françaises en Afghanistan (reste à savoir dans quelles conditions s'opérera ce retrait et tous les aménagements demeurent possibles). On pouvait pourtant craindre qu'il cède à la pression des États-Unis et de l'OTAN. Or, contre toute attente, cette position a été jugée courageuse et conforme à ses engagements de la campagne électorale, ce qui est bien rare, comme n'ont pas manqué de le souligner certains des participants, en approuvant, de ce fait, le président français.

Reste à expliquer le titre étrange de ce blog "le bouclier afghan"

Je crois tout simplement que le "New Deal" de ces trois réunions a été un échange, sous la table, du maintien de la position française annoncée par François Hollande quant au retrait des troupes en Afghanistan contre l'approbation française du "bouclier antimissiles" qui ne plaisait guère au candidat François Hollande.

Mais la diplomatie fonctionne-t-elle autrement ?

Voilà la preuve de plus, s'il en était besoin, que nous avons pour président un grand diplomate !

dimanche 20 mai 2012

Les arnaqueurs du net.



Décidé, cette année, à tenter l'expérience de la déclaration d'impôts sur Internet, j'ai donc tapé selon les instructions du formulaire reçu des services fiscaux : « impôts.gouv.fr ».

Comme on pouvait s'y attendre, une série de rubriques m'est apparue et, sans chercher plus loin et un peu par paresse, j'ai cliqué sur la première entre elles. On nous y promettait, en la circonstance, une simulation de la déclaration et des conseils éclairés.

Un peu méfiant toutefois, j'ai lu plus avant le texte et j'ai découvert en bas et à droite (vous pouvez aller vérifier si vous le souhaitez) qu'on attendait de moi une somme de cinq euros (ou plus précisément 4,99 euros selon la bonne vieille technique des escrocs du mercantilisme).

Examinant les choses de plus près encore car je trouvais le fisc français d'une mesquinerie un peu inattendue, je constatai qu'on me parlait d'"abonnement", alors que le percepteur ne m'oublie jamais et m'écrit régulièrement, Je me suis aperçu alors enfin que je n'étais pas du tout dans une une rubrique officielle du gouvernement français, comme je le croyais pour avoir tapé " impôts.gouv.fr". Je me trouvais en fait dans le site d'une officine qui s'était arrangée, je ne sais comment, non seulement pour figurer dans la rubrique en cause mais pour y occuper en outre la première place !

Cela m'a fait penser à ces entreprises de dépannage rapide qui, vous l'avez peut-être remarqué, choisissent de se nommer « ABC dépannage », ce qui n'a aucun sens, mais leur permet à coup sûr de figurer toujours en tête de liste professionnelle, car, dans ce type de recherche, on a souvent tendance, bien sottement d'ailleurs, à s'adresser au premier de la liste!

Je ne comprends pas que les services fiscaux, qui ne peuvent pas ne pas avoir connaissance de cet abus n'y mettent pas bon ordre en faisant rayer de l'internet  voire en engageant des poursuites contre une escroquerie de cette nature, non pour la nature de cette activité mais pour la présentation fallacieuse et clairement mensongèrequi est faite de ce commerce.

Le cas n'est pas unique et j'ai été d'autant plus méfiant en la circonstance que j'ai été moi-même volé, de la même façon et à deux reprises, il y a quelques années en faisant établir des documents ESTA qui sont nécessaires pour se rendre aux États-Unis.

Si l'on tapait ce terme ESTA dans Google, alors qu'on croyait naïvement avoir fait affaire aux services officiels du consulat ou de l'ambassade des Etats Unis, on était, exactement de la même façon, en présence d'officines privées qui vous faisaient payer, si je me souviens bien, 49 $ pour vous faire établir un document qui était établi, en réalité, gratuitement par les services officiels américains.

Le net (et l'affaire de "impots.gouv.fr" le confirme encore, s'il en est besoin), est donc peuplé d'une quantité invraisemblable d'aigrefins, mais en la circonstance et pour ce qui concerne la déclaration d'impôts par Internet, les services fiscaux français, souvent si prompts à le faire, sont bien coupables de ne pas sévir.

vendredi 18 mai 2012

Dies irae (jour de colère)

Dies irae ! Jour de colère ! C'était bien le cas en ce mardi 15 mai 2012, qui aurait pu être une journée de liesse, printanière et politique, mais où la colère divine s'est manifestée sous diverses formes.

Ce blog vous paraît sans doute un peu réchauffé, mais d'autres événements m'ont sollicité et distrait de l'écrire plus tôt, le différant ainsi jusqu'à aujourd'hui jeudi. Ce sont là des choses qui ne sont pas si fréquentes et qu'il ne faut donc pas garder sur le coeur !

J'ai déjà dit (le mardi même et vous pouvez vérifier dans ce blog ! ) combien le discours de François Hollande, lors de son intronisation comme Président de la République, m'avait paru agressif à l'égard de son prédécesseur. Je vous avais même dit que j'en ferai une version complète, non expurgée, avec tout ce que le Président avait choisi de ne pas dire et qui, a contrario, constituait la critique la plus féroce du comportement et de la politique de Nicolas Sarkozy. Il est bien tard pour le faire maintenant et j'y renonce donc.

En revanche, et les commentateurs se sont abondamment attardés sur ces aspects, il a vraiment traité son prédécesseur avec une dureté et une méchanceté que justifiaient d'ailleurs parfaitement les attaques infamantes qu'il avait subi de sa part, sans y répondre alors, au cours de la campagne électorale ; Nicolas Sarkozy n'avait cessé de le traiter de menteur (sans rire lui-même, ce qui est fort !), y compris dans le débat télévisé où les spécialistes ont compté une bonne vingtaine d' accusations explicites de cette nature.

Nicolas Sarkozy est sans doute de ces gens (j'en ai rencontré un certain nombre) qui pardonnent volontiers et facilement aux autres les injures qu'ils leur ont eux-mêmes dites! Il pensait donc avoir apaisé et amadoué Hollande par les quelques fleurs qu'il lui a adressées (feignant de faire taire ses séides qui l'injuriaient lors des résultats du vote), une fois sa propre défaite consommée. Bernique ! François Hollande s'est vengé à sa façon, mesurée mais efficace, lorsqu'il s'est abstenu de le raccompagner et a laissé Carla Bruni-Sarkozy raccompagner par la main dans la cour de l'Elysée son ex-président de mari. Il faut dire qu'il ne l'a pas non plus ménagé dans la suite quand, dans la série des figures de ses prédécesseurs, il les a tous évoqués avec, pour chacun, un mot aimable et positif, même pour ceux qui n'étaient pas de son bord. Pour Sarkozy, il s'est borné à lui souhaiter, non sans ironie, de bonnes vacances, faute d'avoir trouvé quoi que ce soit positif dans les cinq années de son exercice du pouvoir.

Jour de colère. On peut dire que le ciel l'a vengé en ouvrant abondamment ses écluses durant la promenade présidentielle à travers Paris, contraignant ainsi, paraît-il, François Hollande à changer trois fois de costume. Le président a toutefois supporté ce déluge avec stoïcisme, pensant sans doute que bientôt, fuyant les humeurs du ciel parisien, il allait se rendre à Berlin et échapper par là même à ces mauvaises manières.

Il n'en a rien été puisque à peine son avion avait-il décollé que le ciel, dans sa colère (Dies irae!), renonçant à l'innocence de la pluie, le frappait inopinément de sa foudre.

Grand émoi dans le landerneau journalistique ! L'avion a dû faire demi-tour et un autre aéronef a été sollicité pour achever le voyage. Il aurait assurément pu en être autrement puisque, de l'avis unanime des spécialistes de la navigation aérienne, ce genre d'incident est de la plus grande banalité.

Le foudroiement des "aéronefs" est en effet fréquent, surtout à basses altitudes, et il est prévu par les constructeurs. L'avion constitue une cage de Faraday qui protège l'intérieur de la cabine. Tous les équipements y sont soigneusement reliés à une même masse pour éviter une perturbation causée par la foudre et des dépertiteurs de potentiel permettent l'évacuation de l'électricité statique.

En la circonstance, on en a fait tout un fromage (dans la presse surtout) et l'équipage a sans doute choisi, compte tenu des circonstances et du passager, de ne pas prendre le risque d'un incident dans la suite du voyage. Imaginez qu'en ce jour d'intronisation l'avion présidentiel ait connu un incident réel, on n'aurait pas manqué d'y voir la main sinon de Dieu, du moins du président sortant et sorti.

jeudi 17 mai 2012

Cons d'ingénieurs. (suite ....sans fin)

La rubrique "cons d'ingénieurs" de ce blog, que j'ai quelque peu délaissée depuis des mois, est pourtant décidément inépuisable ! J'en ai, une fois de plus, fait l'expérience ce matin même.

Ce florilège figure, en fait, dans la rubrique de ce qu'on pourrait appeler la "sémiotique industrielle" (ou même simplement "technique") française ; elle ne concerne donc pas, de ce fait, les seuls ingénieurs mais, en gros, tous ceux qui, ayant conçu un objet ou un dispositif mis sur le marché, doivent aussi en expliquer l'usage aux utilisateurs potentiels

On constate chez nous la totale incapacité à expliquer le fonctionnement d'un objet ou d'un service à des personnes autres que celles qui les ont élaborés ou conçus et qui sont ceux que j'appelle globalement "les ingénieurs".

Les choses sont pourtant simples pour tout individu pourvu de quelque bon sens. Il suffirait de mettre entre les mains d'un pékin quelconque, non informé de la chose, l'objet en cause ainsi que la notice qui l'accompagne et de voir s'il parvient à s'en servir aux fins visées. A chaque erreur de l'utilisateur (qui correspond à un défaut dans la notice d'explication de l'utilisation du dit objet), le concepteur de l'objet et/ou le rédacteur de la notice ( ici les "ingénieurs") qui assistentt bien entendu à la scène, reçoivent, au choix, un solide coup de gourdin sur la tête ou une violente décharge électrique qui, sans doute, par la suite, les inciteront à plus de soin et de vigilance dans la vérification de la validité et la fiabilité des explications fournies à l'aspirant utilisateur de l'objet en cause. Cette méthode, qui relève du simple bon sens, n'est évidemment jamais mise en oeuvre et, de ce fait, toutes les notices sont pleines d'omissions, d'erreurs voire de contradictions qui seraient aisément décelées par l'expérience toute simple que j'ai décrite.

Venant de d'adhérer au système dit " b-&-you" de Bouygues pour la téléphonie mobile, j'ai donc eu à entreprendre les manoeuvres que décrivait la notice Internet correspondant à cet achat.

Comme toujours, je vous la fais courte (car en outre, pour le reste, le système est bon !) ; l'invitation que j'ai reçue, en tout début d'exercice, une fois la carte SIM arrivée, consistait à aller dans le « home page » (ne pourrait-on dire "page d'accueil" ?) du site pour y cliquer sur la rubrique "activation". Or, je vous le donne en mille et vous pouvez aller vérifier si vous ne me croyez pas, il n'y a pas de rubrique "activation" dans ce site ! Peut-on être plus stupide et plus négligent dans la rédaction ? Je proposerais volontiers aux responsables de cette affaire la mise à pied immédiate du concepteur de cette rubrique pour faute grave et même notoire incapacité.

Je vous épargne le reste qui est à l'avenant et, en particulier, la demande d'un mot de passe qui ne m'a jamais été communiqué. La rubrique salvatrice "mot de passe oublié", dans des essais successifs dont l'issue vous est inconnue, vous conduit à répéter indéfiniment votre adresse e-mail et votre demande, pour constater ensuite, dans votre boîte, que quatre courriels successifs vous ont été expédiés, avec chaque fois un mot de passe différent. Ne serait-il pas préférable de vous préciser d'un mot si la manoeuvre que vous avez entreprise a été ou non suivie de succès?

Tout cela est consternant et insupportable mais hélas constant ! Au moment où l'on crée un ministère pour l'économie numérique, on constate, par ces menus faits, l'étendue de la tâche que cette pauvre ministre va avoir à accomplir face à la négligence scandaleuse et l'incapacité technique notoire de la plupart des services techniques des entreprises oeuvrant dans ce domaine.

mercredi 16 mai 2012

Un métier d'avenir : Président de la République.

Dans la chasse aux régimes spéciaux de retraite naguère entreprise (sans grand effet d'ailleurs), il en est un qu'on a oublié et sur lequel René Dozière, le trouble fête des sinécures d'Etat, vient d'attirer l'attention.
Député PS de l'Aisne et auteur sulfureux de L'argent et l'État, voilà un homme qui ne doit pas être plus populaire auprès des instances gouvernementales qu'auprès de ses collègues du Palais Bourbon.

Comme les rapports de la Cour des Comptes dont il doit être un lecteur assidu et vigilant, ses écrits fournissent en effet de la matière, à chaque parution, à la presse française, même si souvent ils fournissent des informations que les journalistes pourraient trouver par ailleurs, s'ils se donnaient le mal de les chercher ce qui suppose toutefois, préalablement, l'idée de le faire.

En la circonstance, on a évidemment cherché dans les travaux de René Dozière des éléments sur les Présidents de la République en retraite puisque le mandat de Nicolas Sarkozy était arrivé à son terme, un peu contre son gré, sans pour autant qu'il puisse, le pauvre, prétendre toucher tout de suite sa retraite comme on va le voir.

Le plus drôle, dans cette affaire, est qu'on apprend, à lire R. Dozière, que les derniers Présidents de la République devraient adresser, en signe de reconnaissance, leurs remerciements communs à Laurent Fabius qui, le 8 janvier 1985, a écrit, en tant que Premier Ministre, à Valéry Giscard d'Estaing pour modifier sensiblement le sort des Présidents de la République en retraite ou, en tout cas, sinon leur rémunération et les avantages dont ils peuvent bénéficier. Toutefois, comme le souligne R. Dozière, le fondement juridique d'ine telle réforme est des plus fragiles puisqu'il ne s'agit, en somme, que d'un « courrier personnel », resté secret et donc ignoré des années durant, ce qui fait que l'on peut s'interroger sur la valeur décisionnelle d'une telle correspondance.

On peut observer, au passage, à quel point Laurent Fabius était avisé et prévoyant, lui qui avait su penser à son papa pour le statut fiscal des oeuvres d'art et qui sait peut-être aussi à lui-même en tant que futur ancien Président de la République pour le statut des retraités de cette fonction.

Comme toujours en ces lieux, je vous la fais courte.  

Un Président de la République en retraite nous coûte, à la louche (grande, je vous l'accorde) deux millions d'euros par an, à la charge du contribuable bien entendu. On peut observer que la sagesse républicaine et un juste souci des finances publiques conduiraient à n'élire que des présidents au moins septuagénaires, éventuellement même octogénaires et si possible égrotants. La tendance paraît toute autre puisque ce sont désormais des quinquagénaires qu'on choisit, sans se préoccuper du coût prolongé qu'ils représenteront, dans la suite, pour la République.

Il est vrai qu'il faut distinguer sur ce point d'une part les avantages en nature qui leur sont attribués dès leur sortie de charge et, d'autre part, la retraite proprement dite, somme toute modeste, qui ne leur est versée qu'à partir du moment où ils atteignent l'âge de 60 ans. Régime spécial pour ces veinards qui apparemment ne sont pas astreints aux 62 ou bientôt 65 ans qui guettent le commun des travailleurs. Cette retraite, celle d'un conseiller d'Etat, est modeste puisque si elle n'est que de 5250 € par mois (63 000 € par an), elle offre la possibilité (très fréquente) de pouvoir être cumulée avec d'autres retraites (d'où les 30.000 euros mensuels des autres retraités de cette catégorie) ; le cas échéant, si notre retraité décide de siéger au Conseil Constitutionnel, dont il peut être membre de droit, il pourra y gagner 12 000 € bruts de plus par mois.

Mais le plus avantageux tient aux avantages en nature : un logement de fonction où il peut installer éventuellement des bureaux (Nicolas Sarkozy vient de faire affaire plutôt pour des bureaux à 15 000 € par mois) ; la mise à disposition d'un duo de personnel de service qui peut même être augmenté, puisque R. Dozière précise que Valéry Giscard d'Estaing avait obtenu deux personnes de plus, les deux premières étant affectées surtout à la cuisine. L'ancien Président de la République peut bénéficier aussi de sept collaborateurs qui vont du directeur de cabinet à la simple secrétaire. Bien entendu pour les déplacements, une voiture de fonction avec deux chauffeurs (à cause des 35 heures!) ainsi qu'une escorte de deux ou trois policiers, sans compter les gendarmes qui surveillent le domicile privé. Pour les déplacements, aériens ou terrestres, tous les voyages sont gratuits, pour lui même et son conjoint, sur l'ensemble des réseaux publics « dans la meilleure classe » faut-il le préciser? Pour l'étranger, logement chez l'ambassadeur de France du lieu à condition toutefois que les déplacements soient opérés "dans le cadre de ses fonctions", ce qui pour un retraité demeure « assez flou » comme le note avec malice R. Dosière. En cas de décès, la veuve bénéficie d'une pension de reversion et garde une partie des avantages évoqués plus haut, ces privilèges s'étendant à ses enfants jusqu'à leur majorité.

"Arrêtons-nous ici !" comme on chante au deuxième acte de l'Armide de Gluck

Président de la République est bien un métier d'avenir, surtout à partir de la retraite !  

mardi 15 mai 2012

Batavus ferox : le discours présidentiel


 

J'étais occupé à autre chose en écoutant sur RMC-BFM (la radio des bignoles et du grand capital) les commentaires des « Grandes gueules" locales sur le premier discours officiel de François Hollande qui avait choisi de tourner le dos et de ne pas raccompagner son prédécesseur.

Le vrai grand problème de cette cérémonie avait été la présence de Ségolène à cette fiesta. To be or not to be? Si la maman ne venait pas, comment faire venir la marmaille, le tout en présence affichée de la nouvelle compagne et de sa propre progéniture. Ces choses-là sont rudes ! La salle de réception est certes vaste et l'assistance nombreuse mais les gens sont si méchants! Imaginez Tonton à son propre enterrement entre Tatie Danielle et la Veuve Pingeot !

Je sais et je l'ai dit souvent que les journalistes français sont, en général et pour la plupart, complaisants, ignorants et pour certains stupides, mais je me demande maintenant s'ils ne sont pas également sourds !

Si j'avais le temps (mais peut-être le prendrai-je plus tard, en complément et suite de ce blog), je vous ferais la version complète et originale du discours de François Hollande, car son texte a été naturellement caviardé, par lui-même sans doute puisque, paraît-il, il écrit lui-même ses discours.

Ce texte, qui décrit son "mandat", est, en effet, d'une férocité extraordinaire puisque le nouveau président y décrit, dans leur ensemble et leur détail, toutes les excellentes mesures à prendre au cours de son quinquennat qui sont exactement l'inverse ou le contre-pied de tout ce qu'a fait son prédécesseur. Tout cela sera fait, selon ses propres mots, avec efficacité et DIGNITE (suivez donc mon regard sur tout ce qui s'est passé entre 2007 et 2012!).

Certes, il n'y a pas dans ce texte la moindre mention expresse du bilan de son prédécesseur, mais ce bilan est inscrit, dans un négatif terrible et sans la moindre pitié, dans toutes les propositions qu'il fait lui-même pour son propre mandat. On ne saurait donc imaginer une présentation plus féroce à la fois de l'action et des modalités d'intervention de son prédécesseur qui, sur tous les plans et dans tous les domaines, s'est montré totalement nul, quand il n'était pas funeste, ne faisant pas même preuve de "dignité". dans toutes ces actions

Or, contre toute attente, les commentateurs trouvent ce discours relativement lénifiant ou en tout cas neutre, alors qu'on ne peut guère imaginer de critique plus systématique et plus féroce de TOUTE la politique conduite depuis cinq ans par Nicolas Sarkozy.