Je viens d'arrêter France 5 où je regardais l'émission de Calvi (j'en oublie toujours le titre "C plus clair " ou "C dans l'air"), avec ses sempiternels invités "politiques" ou "sondeurs" qui répètent d'émission en émission les mêmes insipides propos. La seule différence est qu'aujourd'hui si Pascal Perrineau avait, comme d'habitude, son impeccable rinçage blanc et son brushing de rêve, il avait oublié son tube de rouge à lèvres à la maison et perdu par là une partie de sa séduction. Bref, vous aurez compris que j'en ai marre de ce genre de commentaires sur la future élection présidentielle que nous allons devoir subir le temps d'une grossesse, même si seule la gésine en sera drôle. Il faut bien que ces gens vivent m'opposerez-vous. Je vous répondrai comme Talleyrand que je n'en vois pas la nécessité!
La seule vraie et utile réforme qu'il faudrait faire dans la démocratie française (bien entendu on ne la fera jamais) consisterait à considérer enfin le vote blanc comme un suffrage exprimé. Il n'y aurait évidemment pas de meilleur moyen de ramener Marine Le Pen et le Front National a des pourcentages raisonnables, surtout dans un contexte où la gauche (avec ses H.D..., ses G... et consorts) comme la droite (avec ses rétro-commissions, ses valises et ses tam-tams de billets) apparaissent comme des repères de repris de justice, passés ou à venir.
Je ne sais lequel de ces experts invités par Calvi a lié le sort futur de Marine Le Pen à la position qu'elle a prise sur l'euro. Ce fin connaisseur de la politique française, habituellement un peu mieux inspiré, en concluait que, si nous sortions vainqueurs (ou du moins vivants) de la crise de l'euro, elle y laisserait des plumes électorales, tandis qu'elle grimperait dans les sondages et les pourcentages de vote ensuite, si nous ne parvenions pas à sortir de ce marasme monétaire.
Pas besoin d'être grand clerc ni économiste (faut-il préciser que je ne suis l'un ni l'autre) pour voir ou du moins imaginer ce qui va se passer, même si nul ne veut le voir ou, en tout cas, oser le dire.
Les experts nous ont expliqué, en long en large et en travers, depuis des mois, que la Grèce ne peut sortir de l'euro que de son propre chef et à sa seule initiative, à moins de modifier les textes statutaires, ce qui ne pourrait d'ailleurs se faire qu'avec l'accord de la Grèce elle-même en raison de la stupide règle de l'unanimité. Comme il est peu probable que les Grecs soient assez stupides et aveugles pour choisir de sortir de l'UE et/ou de l'euro, il va falloir changer les règles du jeu, en douce et sous la table.
Si je puis me permettre un conseil aux autorités européennes (toujours gratuit comme tous ceux d'Usbek Consulting and Co) qui ont la charge de la chose, la seule solution élégante serait de glisser, par quelques subterfuges et aménagements sournois, de l'euro monnaie unique à l'euro monnaie commune, ce que j'ai exprimé par le titre de ce blog "de l'euro a l'écu".
Toute l'histoire des changements récents de l'Europe, du remplacement de l'écu, monnaie commune, par l'euro, monnaie unique, au brutal et inconsidéré passage à 27 de la communauté européenne, témoigne du total et stupide aveuglement de nos dirigeants. Ils sont assez impudents pour découvrir désormais tous les inconvénients, voire les apories, d'un système qu'ils ont eux-mêmes créé, souvent contre les peuples eux-mêmes, ce qu'a démontré le sort fait au référendum.
Un glissement subreptice et un retour de la "monnaie unique ("euro") à la "monnaie commune" ("écu", baptisé "nouvel euro"... comme le "nouvel Omo" cher à Coluche) devrait leur permettre de sauver la face, au moins aux yeux des aveugles. En revenant à une définition de l'euro par un "panier de monnaies", on pourrait rendre sa liberté à la drachme grecque tout en laissant les Grecs dans l'UE. Il y a là une parfaite mauvaise foi bien entendu, mais si la politique bannissait la mauvaise foi il n'y aurait plus de politique !
mercredi 14 septembre 2011
mardi 13 septembre 2011
Abondance de biens nuit

Il est des jours où faute de thème qui m'inspire, je renonce à faire un blog. Aujourd'hui, il en est tout autrement et c'est au contraire l'abondance des sujets qui va probablement me détourner d'en écrire un, faute de pouvoir choisir.
Je songeais à la langue à laquelle sont exposés quotidiennement, à la radio et à la télévision, nos enfants et où fourmillent sans cesse des fautes qu'on leur reproche ensuite lorsqu'ils en usent, à l'école, dans leurs devoirs. La disparition de l'information écrite (le gourou des correcteurs du Monde était autrefois le pape de l'orthographe du français) condamne nos enfants à n'avoir comme modèles en matière de langue que les analphabètes qui, seuls, occupent les écrans et les antennes de nos médias (France-Infos tient à cet égard une place particulière, à croire qu'on ne peut y être recruté qu'en faisant la preuve, orale et écrite, qu'on n' est jamais allé à l'école!).
Les invités de ces médias ne font guère mieux. J'entendais, il y a quelques minutes, un énarque, ex-ministre socialiste, confondre "superficie" et "surface" . Il voulait, le pauvre, parler de la "surface" des choses et en évoquait la "superficie", le pire est que c'est peut-être, hélas, dans un souci d'élégance. Dans la même intention sans doute, sur une autre chaîne, un journaliste (et la chose est des plus courantes) employait, dans une construction interrogative indirecte, l'inversion du sujet propre à l'interrogation directe. Il a dit alors quelque chose comme « Nous ne savons pas de quelle façon allons-nous ... ». Ne parlons pas de notre bonne vieille règle de l'accord du participe conjugué avec "avoir" : "la faute qu'il a fait"...disait, sans hésitation le même journaliste. Comment nos pauvres enfants, sans cesse exposés à ces discours fautifs qu'on leur fournit comme modèles, pourraient-ils ne pas malmener à leur tour la langue? "Les fondamentaux! Les fondamentaux!" comme ne cessent de glapir, tour à tour, tous nos ministres successifs.
Fariboles que tout cela comme dirait Mamadou Galopin !
Suite aux déclarations de M. Bourgi que je soupçonne de s'être entendu avec Pierre Péan pour assurer la publicité du livre du second (Pitié Messieurs Bourgi et Péan, ne me faites pas de procès pour ce propos que je retire avant même de l'avoir écrit !), les actions en justice poussent comme des champignons. Après Chirac (aussitôt revenu de sa si brève et si opportune amnésie) et Villepin, tous les protagonistes de l'affaire des tam-tams bourrés de billets vont porter plainte contre l'auteur de ces affirmations "abracadabrantesques", comme disait Rimbaud, bien avant Chirac qui lui devait tenir le mot de Guaino car on entend peu cet adjectif en Corrèze. Voilà qui va occuper notre justice déjà fort occupée avec les plaintes de Tristane qui, six ou sept ans après les faits, s'est enfin émue de l'agression sexuelle de DSK et ce dernier qui naturellement conteste la véracité des faits évoqués par la « romancière-journaliste » ou « journaliste-romancière » (je ne sais plus !) qui bénéficie enfin d'une notoriété qu'elle n'espérait plus.
Voilà que les tribunaux font désormais une concurrence déloyale aux agences de communication et de publicité. Déjà que nos médias n'étaient peuplés que de ceux et celles qui ont quelque chose à vendre ; il va bientôt en être désormais de même pour les tribunaux. Pour expliquer leur lenteur, on dit nos tribunaux surchargés d'affaires. Dans l'allégorie picturale de la justice on devrait donc, dans les meilleurs délais, remplacer le glaive par un balai qui lui permettrait de virer tous les trublions qui l'encombrent d'affaires stupides et/ou dérisoires ou mieux encore la chausser simplement de brodequins si la justice choisit, plus simplement encore, de les virer tous à coups de pied au cul.
Restent la Bourse et les banques ! Mais là encore on nous dit n'importe quoi, qu'il s'agisse des journalistes ou des experts. On nous parle désormais de virer les Grecs de l'Europe et de l'euro alors qu'on n'a cessé de répéter, il y a moins d'un mois encore, que la chose était impossible et que seuls les Grecs eux-mêmes pouvaient décider de quitter la zone euro, sans que nul ne puisse les y forcer.
J'émettais hier l'hypothèse que les valises de billets apportées à l'Élysée, soi-disant de la part de nos amis les rois nègres, venaient peut-être, en direct, de nos propres finances, après un petit détour par la rue Monsieur voire par quelque capitale d'Afrique. Cette hypothèse, qu'on pouvait juger farfelue, se confirme puisque, paraît-il, Bongo, qui avait pris soin d'adresser quelques valises avant la dernière présidentielle, a bénéficié, immédiatement après l'élection, d'un prêt français de 60 millions d'euros. Si l'on en juge par les chiffres qui circulent, son opération n'était pas si mauvaise puisque lui-même ou le Gabon (mais c'est la même chose) ont touché dix fois leur mise. C'est encore mieux et plus sûr que le tiercé !
Si vous avez cinq minutes allez donc relire le blog que j'ai fait, il y a quelques semaines, sur la monnaie européenne ; j'y rappelais le débat entre économistes qui avait alors opposé les tenants de la monnaie unique (l'euro) aux partisans d'une monnaie commune (style écu). Tout le monde est devenu peu à peu partisan de la monnaie unique et surtout ceux qui, à l'époque, en étaient les adversaires résolus et les partisans convaincus de la monnaie commune, à laquelle on est en passe de revenir, après dix ans de conneries que nul de nos experts ou nos politiques n'assume.
Les économistes et les politiques, comme tous les Français, ont la mémoire courte !
Libellés :
ecu,
education,
france infos,
justice,
langue française,
monnaie commune,
valises
lundi 12 septembre 2011
Les tam-tams de la République

Il faut bien que nous soyons déjà en période préélectorale (elle est bien longue à mon goût, commence bien tôt et nous condamne à nous préparer à souffrir longtemps) pour que des valises de billets apportées dans les coulisses du pouvoir fassent la une de la presse et provoquent une telle émotion.
Tout cela est d'un banal !
Il y a une bonne dizaine d'années, nous avions déjà eu l'épisode, plus pittoresque mais sans la moindre conséquence, de la "cassette Méry" ! J'espère que Me Robert Bourgi n'est pas superstitieux et ne s'inquiètera pas trop de ce rapprochement des deux épisodes, puisque la cassette était apparue, on s'en souvient, après la mort de l'intéressé en 1999 et était une forme de testament un peu explosif.
On a toujours su que la France Afrique alimentait les caisses de la droite française et que les relations étroites de Jacques Chirac avec les potentats africains n'avaient guère d'autres fondements. Faut-il ajouter que R. Bourgi est un peu l'héritier spirituel de J. Foccart.
Le point le plus étonnant dans tout cela et même le seul tient à la personnalité de certains de ces généreux donateurs. Que Mobutu, Bongo ou Sassou N'guesso crachent au bassinet n'a rien d'étonnant et c'est même, au fond, la moindre des choses.
Il est plus surprenant de voir Wade ou le "socialiste" Gbagbo y aller de leurs valises. Même un Blaise Compaoré, le président du Burkina Faso ( ce qui voulait dire, jusqu'à présent, "le pays des hommes intègres"!) aurait envoyé 3 millions de dollars (ou de francs, car quand on aime on ne compte pas!) ; on tombe de sa chaise quand on connaît la situation matérielle du peuple burkinabè.
Le scandale est peut-être même double car ce qui arrivait à l'Elysée n'était peut-être parti que de Bercy, via la Rue Monsieur ou le Boulevard Saint-Germain, selon les époques, avec une simple escale africaine de transit!
Il est vrai que, dans ce dernier cas, à ce que l'on dit, les billets (en petites coupures se plaignit, dit-on, le récipiendaire) avaient voyagé dans des tam-tams, ce qui donne un charme exotique à cette opération et fait que la France n'a pas tout perdu dans cette affaire si l'on a gardé les tam-tams pour le musée Chirac
Comme dans le cas de la cassette Méry tout cela tournera évidemment en eau de boudin, faute de PREUVES, puisqu'il n'est pas d'usage, en pareil cas de payer par chèque (d'où la nécessité, fâcheuse mais si pittoresque, de remplir de billets d'encombrants tam-tams) et moins encore d'exiger un reçu de la part du destinataire. De toute façon, on peut être sûr, comme toujours en pareil cas, que tous ceux qui sont censés avoir reçu les billets, jureront, tous la main sur le coeur, qu'ils n'en ont jamais vu la couleur. La preuve : ils ne savent même pas si c'étaient des dollars ou des francs!
Ce qui est plus plaisant en la circonstance est que Jacques Chirac que sa maladie rend incapable d'assister au procès qui lui est fait, saute de son lit et est, en revanche, tout à fait en mesure de s'indigner et de porter plainte dans cette seconde affaire. Témoignage discutable ! Peut-être a-t-il aussi oublié valises et tam-tams? Tout cela prend des allures de Volpone!
Je suis étonné qu'aucun journaliste n'ait songé à mettre cette affaire en rapport avec celle qui est toujours sur le devant de la scène médiatique : l'affaire DSK. Sans doute a-t-on oublié que, dans l'affaire de la cassette Méry, DSK, alors ministre, avait joué un rôle central même s'il n'a jamais été très (Sin)clair car un moment Anne égara même la fameuse cassette, dit-on !
Pourquoi ne pas imaginer que les tambours africains étaient livrés à l'Élysée par une Nafisatou Ouedraogo (les Ouedraogo sont au Burkina ce que sont les Diallo en Guinée et les Dupont en France) qui, pour la circonstance, aurait pu être habillée par Karl Lagerfeld puisque ce dernier fut aussi associé, d'une façon un peu inattendue, à l'affaire de la cassette Mery, vu une bonne manière fiscale dont il avait bénéficié?
Je m'arrête !
J'en ai marre de devoir toujours tout faire, dans ce foutu pays, à la place de tout le monde!
samedi 10 septembre 2011
11 septembre 2001 : les cigares du pharaon
Ce vendredi matin, 9 décembre 2011, vers 6:30, j'ai éprouvé une soudaine émotion, à mon premier réveil, en mettant la radio que j'ai pour habitude d'avoir au chevet de mon lit. On y annonçait, en effet, que la journée serait consacrée au dixième anniversaire du 11 septembre 2001. Comme je croyais que nous n'étions que le 9, je me suis ému soudain à la pensée que j'avais dû oublier quelque rendez-vous ou quelque obligation le 9 ou le 10 du mois, faute d'avoir vu passer ces jours. Un réveil progressif, un petit calcul mental et une rapide remémoration à la fois du calendrier et de mes activités m'ont alors montré que, tout simplement nos médias, dans leurs permanentes rivalités, aussi acharnées que stupides, à la recherche du scoop ou, en tout cas, de la primeur de l'information, n'avaient pas hésité à nous faire passer, sans crier gare, du 9 au 11 septembre!
Rasséréné par cette nouvelle qui, à la réflexion, ne m'a guère étonné vu les moeurs audiovisuelles et en particulier radiophoniques de notre beau pays, j'ai pu écouter la suite plus tranquillement et sereinement, au fond de mon lit, comme je le fais souvent à ces heures, et en passant d'une chaîne à une autre pour fuir la publicité. C'est ainsi que, non sans quelque étonnement, j'ai pu entendre interviewer, (sur Europe 1 à 8:15) par l'inusable septuoctogénaire Jean-Pierre Elkabbach, Christian Blanc, ci-devant préfet et ministre. La perspective d'entendre, à propos du 11 septembre le peu loquace C. Blanc m' a tenu au lit au delà de mon horaire habituel.
Petite remarque adjacente : l'audiovisuel mériterait une étude particulière pour tout ce qui touche à l'emploi du quatrième âge. Europe1 étant une chaîne privée, les patrons y font ce qu'ils veulent. En revanche, j'entendais, l'autre jour, sur France-Infos ou Fran-Inter me semble-t-il, la sempiternelle et interminable revue de presse d'Ivan Levaï (75 ans aux cerises!). Ne peut-on trouver, parmi les 12.000 employés de France-Télévision ou, si c'est impossible, recruter sur CDD un jeune pour remplacer ce chroniqueur cacochyme . Je comprends d'autant moins que, si je me souviens bien il n'était guère populaire dans une maison où il avait même réussi par ses moeurs de petit chef ( à tous les sens du terme) à mettre en grève tout le personnel de son service. Il est vrai que ce jour-là il causait de DSK et que le fait d'avoir servi avec lui dans le même corps pouvait paraître justifier ce choix !
Mais revenons à Christian Blanc et à Ground Zero. Je passe sur le récit lui-même. C. Blanc faisait partie du million et demi de personnes qui étaient à Manhattan, en cette belle matinée du 11 septembre 2001. Il était même aux premières loges puisqu'il était au Marriott, un hôtel qui reliait les deux tours jumelles. Il a quitté le Marriott vers 8:30 et a pénétré dans son lieu de rendez-vous, comme l'atteste le poinçon de son badge, à 8:48, c'est-à-dire au moment même où le premier avion s'écrasait sur la première tour. Son récit n'est pas inintéressant, mais il n'apporte pas grand-chose d'autre que la plupart de ceux que nous avons déjà entendus dans les dix années qui viennent de s'écouler. L'événement fut inattendu, bruyant et spectaculaire.
Le piquant de la chose est ailleurs. Dans sa présentation de cette interview Jean-Pierre Elkabbach avait cru bon d'attirer l'auditeur (à moins que cela ne soit perfide) en précisant qu'en cette circonstance, Christian Blanc avait été sauvé par son cigare, alors que chacun se souvient, bien sûr, qu'il a été naguère perdu par ses havanes, (enfin, en tout cas, sinon les siens du moins ceux de la République !).
Le héros de l'anecdote confirmait ce détail dans son récit, en précisant qu'il était en effet sorti un quart d'heure avant l'heure de son rendez-vous tout proche (en face même des Twin Towers) parce que il voulait fumer un cigare, alors que cette pratique était rigoureusement interdite au Marriott comme dans tout autre hôtel des États-Unis. On peut donc, d'une certaine façon, dire effectivement qu'il a été sauvé par son cigare puisque, selon Elkabach, s'il était sorti un quart d'heure plus tard, il aurait été victime de la catastrophe qui a englouti le Marriott.
Le seul problème est que c'est totalement faux puisque le Marriott ne s'est nullement effondré à 8:48 lors de l'attaque de première tour. Il s'est même si peu effondré que son toit, où était tombé le train d'atterrissage de l'avion, a servi, avant l'effondrement des tours, de base de départ aux interventions des pompiers. Des occupants des tours ont d'ailleurs sauté de leurs bureaux sur le toit du Marriott. C. Blanc aurait-il définitivement renoncé aux cigares et serait-il, de ce fait, resté un quart d'heure de plus au Marriott que rien n'aurait changé dans sa vie puisque sur les 1500 occupants de l'hôtel (clients et personnel), il n'y a eu que deux douzaines de morts ou de disparus. M'enfin...
Ce qui rend l'anecdote un peu douteuse et qu'on se souvient que, lorsqu'il était ministre, Christian Blanc avait la fâcheuse habitude de se faire livrer des cigares et d'en faire acquitter la facture par son ministère ; c'est même cette circonstance qui l'a conduit à démissionner.
Certes, on voit bien qu'il y a, dans ce récit, un scoop pour le journaliste et une posture avantageuse pour l'intéressé. Toutefois mon mauvais esprit me conduit à m'interroger sur la pertinence et l'opportunité de tels propos. L'évocation des cigares de Christian Blanc est ambiguë ; on peut y voir à la fois le rôle du hasard dans sa survie (ce qui est faux, comme l'a vu car, serait-il resté au Marriott qu'il en aurait été évacué comme tous les autres clients), mais aussi un rappel peu heureux du fait que si les cigares lui ont sauvé la vie à New-York, ils lui avaient auparavant fait perdre son maroquin.
En tout état de cause, la remarque finale de Jean-Pierre Elkabbach, pour clore cette interview, n'était pas très fine. Il a en effet invité Christian Blanc à exprimer (et je cite avec une totale exactitude sa formule) sa "gratitude » à l'égard des cigares ; il a fort heureusement évité, à ce moment, le fatal lapsus avec un terme, dont la proximité phonétique était dangereuse :« la gratuité de ces mêmes cigares »! Si en 2001, C. Blanc ne fut pas sauvé par ses cigares, sauf dans sa légende dorée, ces mêmes cigares, offerts par Merrill Lynch France qu'il présidait alors, étaient en revanche sans doute déjà gratuits.
Rasséréné par cette nouvelle qui, à la réflexion, ne m'a guère étonné vu les moeurs audiovisuelles et en particulier radiophoniques de notre beau pays, j'ai pu écouter la suite plus tranquillement et sereinement, au fond de mon lit, comme je le fais souvent à ces heures, et en passant d'une chaîne à une autre pour fuir la publicité. C'est ainsi que, non sans quelque étonnement, j'ai pu entendre interviewer, (sur Europe 1 à 8:15) par l'inusable septuoctogénaire Jean-Pierre Elkabbach, Christian Blanc, ci-devant préfet et ministre. La perspective d'entendre, à propos du 11 septembre le peu loquace C. Blanc m' a tenu au lit au delà de mon horaire habituel.
Petite remarque adjacente : l'audiovisuel mériterait une étude particulière pour tout ce qui touche à l'emploi du quatrième âge. Europe1 étant une chaîne privée, les patrons y font ce qu'ils veulent. En revanche, j'entendais, l'autre jour, sur France-Infos ou Fran-Inter me semble-t-il, la sempiternelle et interminable revue de presse d'Ivan Levaï (75 ans aux cerises!). Ne peut-on trouver, parmi les 12.000 employés de France-Télévision ou, si c'est impossible, recruter sur CDD un jeune pour remplacer ce chroniqueur cacochyme . Je comprends d'autant moins que, si je me souviens bien il n'était guère populaire dans une maison où il avait même réussi par ses moeurs de petit chef ( à tous les sens du terme) à mettre en grève tout le personnel de son service. Il est vrai que ce jour-là il causait de DSK et que le fait d'avoir servi avec lui dans le même corps pouvait paraître justifier ce choix !
Mais revenons à Christian Blanc et à Ground Zero. Je passe sur le récit lui-même. C. Blanc faisait partie du million et demi de personnes qui étaient à Manhattan, en cette belle matinée du 11 septembre 2001. Il était même aux premières loges puisqu'il était au Marriott, un hôtel qui reliait les deux tours jumelles. Il a quitté le Marriott vers 8:30 et a pénétré dans son lieu de rendez-vous, comme l'atteste le poinçon de son badge, à 8:48, c'est-à-dire au moment même où le premier avion s'écrasait sur la première tour. Son récit n'est pas inintéressant, mais il n'apporte pas grand-chose d'autre que la plupart de ceux que nous avons déjà entendus dans les dix années qui viennent de s'écouler. L'événement fut inattendu, bruyant et spectaculaire.
Le piquant de la chose est ailleurs. Dans sa présentation de cette interview Jean-Pierre Elkabbach avait cru bon d'attirer l'auditeur (à moins que cela ne soit perfide) en précisant qu'en cette circonstance, Christian Blanc avait été sauvé par son cigare, alors que chacun se souvient, bien sûr, qu'il a été naguère perdu par ses havanes, (enfin, en tout cas, sinon les siens du moins ceux de la République !).
Le héros de l'anecdote confirmait ce détail dans son récit, en précisant qu'il était en effet sorti un quart d'heure avant l'heure de son rendez-vous tout proche (en face même des Twin Towers) parce que il voulait fumer un cigare, alors que cette pratique était rigoureusement interdite au Marriott comme dans tout autre hôtel des États-Unis. On peut donc, d'une certaine façon, dire effectivement qu'il a été sauvé par son cigare puisque, selon Elkabach, s'il était sorti un quart d'heure plus tard, il aurait été victime de la catastrophe qui a englouti le Marriott.
Le seul problème est que c'est totalement faux puisque le Marriott ne s'est nullement effondré à 8:48 lors de l'attaque de première tour. Il s'est même si peu effondré que son toit, où était tombé le train d'atterrissage de l'avion, a servi, avant l'effondrement des tours, de base de départ aux interventions des pompiers. Des occupants des tours ont d'ailleurs sauté de leurs bureaux sur le toit du Marriott. C. Blanc aurait-il définitivement renoncé aux cigares et serait-il, de ce fait, resté un quart d'heure de plus au Marriott que rien n'aurait changé dans sa vie puisque sur les 1500 occupants de l'hôtel (clients et personnel), il n'y a eu que deux douzaines de morts ou de disparus. M'enfin...
Ce qui rend l'anecdote un peu douteuse et qu'on se souvient que, lorsqu'il était ministre, Christian Blanc avait la fâcheuse habitude de se faire livrer des cigares et d'en faire acquitter la facture par son ministère ; c'est même cette circonstance qui l'a conduit à démissionner.
Certes, on voit bien qu'il y a, dans ce récit, un scoop pour le journaliste et une posture avantageuse pour l'intéressé. Toutefois mon mauvais esprit me conduit à m'interroger sur la pertinence et l'opportunité de tels propos. L'évocation des cigares de Christian Blanc est ambiguë ; on peut y voir à la fois le rôle du hasard dans sa survie (ce qui est faux, comme l'a vu car, serait-il resté au Marriott qu'il en aurait été évacué comme tous les autres clients), mais aussi un rappel peu heureux du fait que si les cigares lui ont sauvé la vie à New-York, ils lui avaient auparavant fait perdre son maroquin.
En tout état de cause, la remarque finale de Jean-Pierre Elkabbach, pour clore cette interview, n'était pas très fine. Il a en effet invité Christian Blanc à exprimer (et je cite avec une totale exactitude sa formule) sa "gratitude » à l'égard des cigares ; il a fort heureusement évité, à ce moment, le fatal lapsus avec un terme, dont la proximité phonétique était dangereuse :« la gratuité de ces mêmes cigares »! Si en 2001, C. Blanc ne fut pas sauvé par ses cigares, sauf dans sa légende dorée, ces mêmes cigares, offerts par Merrill Lynch France qu'il présidait alors, étaient en revanche sans doute déjà gratuits.
Libellés :
11 septembre,
Christian Blanc,
cigares,
elkabach,
Marriott
vendredi 9 septembre 2011
Sécurité routière
Mon silence de la semaine dernière était due à un long déplacement vers le Nord que j'ai fait pour l'essentiel en voiture. Cette circonstance m' a conduit à examiner de plus près, par la force des choses, deux aspects fort différents de la circulation et de la sécurité routières.
J'ai dû pour me rendre aux Rousses (dans le Haut Jura) emprunter un trajet assez compliqué, dont une partie s'est finalement situé en Suisse, à proximité du lac Léman (vous observerez que, pour ménager les Savoyards qui en ont la moitié, je n'ai pas dit "lac de Genève"), j'ai examiné à la fois des itinéraires et des cartes, que nous offrent désormais les ordinateurs (système MAPY me semble-t-il), dans la perspective d'utiliser éventuellement le GPS que me proposait ma fille.
Après de minutieuses et fastidieuses études, j'ai constaté que les itinéraires que proposaient les cartes et le GPS, indiquaient des trajets extraordinairement complexes, alors que, pour le parcours que j'avais à faire, il suffisait, tout bêtement, de partir de Genève pour gagner Nyon (20 km) en suivant la berge du Léman, sans aller jusqu'à me faire arnaquer par l'achat d'une vignette coûteuse pour parcourir ces 20 km). De Nyon, il suffisait de prendre la belle route qui monte en direction de Saint-Cergue pour gagner les Rousses (dans le Jura français). Route superbe et sans le moindre problème alors que MAPY ou le GPS vous font passer par des itinéraires aussi tortueux que compliqués. Je me demande si la recherche de parcours bizarroïde ne vise pas, en fait, à persuader les automobilistes usagers de ces appareils de l'absolue nécessité d'y avoir recours.
Autre remarque au passage, je ne sais pas ce que sont devenus les douaniers, aussi bien suisses que français, mais, quoique j'aie passé cette frontière franco-suisse à six ou huit reprises, je n'en ai pas vu un seul !
La seconde observation, plus importante me semble-t-il, concerne les limitations de vitesse, ce qui pourrait me conduire à aborder la question des radars trop importante et délicate à traiter pour que je m'y attaque ici.
Je n'aborderai donc qu'une observation très simple mais qui donne à penser. Sur une route proche d'Aix-en-Provence que j'emprunte souvent, j'ai compté, en une petite dizaine de kilomètres, neuf panneaux différents de limitation de vitesse (30,50, 70,90 km à l'heure) ; je vous fais grâce ici d'autres types de panneaux de signalisation qui indiquent, en particulier, des virages plus ou moins prononcés ou des obstacles ; ils doivent avoir pour finalité, au moins pour la plupart d'entre eux, de justifier les limitations de vitesse.
Avec un tel système, et il en est de même sur les autoroutes de France, le conducteur est sans cesse et impérativement détourné de regarder les véhicules qui le précèdent ou le croisent et surtout la route sur laquelle il s'engage par le soin permanent qui doit accorder à la considération de tous ces panneaux qui sont si nombreux qu'on se demande si leur finalité réelle n'est pas de provoquer, à la moindre inattention, un dépassement de la vitesse prescrite. Indiquer à un conducteur la vitesse à laquelle il doit prendre un virage revient à affirmer qu'il est incapable de déterminer lui-même cette vitesse et au-delà les modalités de sa conduite.
Cela conduit donc, si l'on prolonge ce raisonnement, à ne jamais se soucier de la vitesse que l'on doit donner à son véhicule, puisque cela lui est, en permanence, imposé par la signalisation routière. Il ne nous reste plus qu'à souhaiter que, dans un proche avenir, ce soient les panneaux eux-mêmes qui déterminent à distance la vitesse des véhicules qui passent devant eux. Ce serait assurément un grand progrès dans la circulation automobile mais une perte considérable de recettes pour l'État qui, de toute évidence, ne développe ce système que pour engranger des profits par le biais des contraventions.
Pour ne pas prolonger exagérément ces remarques, même s'il serait sans doute intéressant de le faire, je voudrais simplement faire observer que les Suisses, pour une route très fréquentée comme celle qui relie Genève à Nyon (20 km) et qui passe par de nombreuses agglomérations (Versoix et Coppet, où j'ai eu une pensée pour la bonne Germaine de Staël) ont déterminé une vitesse unique, 60 km à l'heure. Aurais-je circulé en France que, comme sur la route provençale à laquelle je faisais allusion, j'aurais eu au moins, pour ces mêmes 20 kilomètres, pour le moins, une bonne quinzaine sinon une vingtaine de panneaux de vitesses différentes !
Et dire que les méchants Français définissent toujours la Suisse comme le pays où tout ce qui n'est pas interdit est obligatoire.
J'ai dû pour me rendre aux Rousses (dans le Haut Jura) emprunter un trajet assez compliqué, dont une partie s'est finalement situé en Suisse, à proximité du lac Léman (vous observerez que, pour ménager les Savoyards qui en ont la moitié, je n'ai pas dit "lac de Genève"), j'ai examiné à la fois des itinéraires et des cartes, que nous offrent désormais les ordinateurs (système MAPY me semble-t-il), dans la perspective d'utiliser éventuellement le GPS que me proposait ma fille.
Après de minutieuses et fastidieuses études, j'ai constaté que les itinéraires que proposaient les cartes et le GPS, indiquaient des trajets extraordinairement complexes, alors que, pour le parcours que j'avais à faire, il suffisait, tout bêtement, de partir de Genève pour gagner Nyon (20 km) en suivant la berge du Léman, sans aller jusqu'à me faire arnaquer par l'achat d'une vignette coûteuse pour parcourir ces 20 km). De Nyon, il suffisait de prendre la belle route qui monte en direction de Saint-Cergue pour gagner les Rousses (dans le Jura français). Route superbe et sans le moindre problème alors que MAPY ou le GPS vous font passer par des itinéraires aussi tortueux que compliqués. Je me demande si la recherche de parcours bizarroïde ne vise pas, en fait, à persuader les automobilistes usagers de ces appareils de l'absolue nécessité d'y avoir recours.
Autre remarque au passage, je ne sais pas ce que sont devenus les douaniers, aussi bien suisses que français, mais, quoique j'aie passé cette frontière franco-suisse à six ou huit reprises, je n'en ai pas vu un seul !
La seconde observation, plus importante me semble-t-il, concerne les limitations de vitesse, ce qui pourrait me conduire à aborder la question des radars trop importante et délicate à traiter pour que je m'y attaque ici.
Je n'aborderai donc qu'une observation très simple mais qui donne à penser. Sur une route proche d'Aix-en-Provence que j'emprunte souvent, j'ai compté, en une petite dizaine de kilomètres, neuf panneaux différents de limitation de vitesse (30,50, 70,90 km à l'heure) ; je vous fais grâce ici d'autres types de panneaux de signalisation qui indiquent, en particulier, des virages plus ou moins prononcés ou des obstacles ; ils doivent avoir pour finalité, au moins pour la plupart d'entre eux, de justifier les limitations de vitesse.
Avec un tel système, et il en est de même sur les autoroutes de France, le conducteur est sans cesse et impérativement détourné de regarder les véhicules qui le précèdent ou le croisent et surtout la route sur laquelle il s'engage par le soin permanent qui doit accorder à la considération de tous ces panneaux qui sont si nombreux qu'on se demande si leur finalité réelle n'est pas de provoquer, à la moindre inattention, un dépassement de la vitesse prescrite. Indiquer à un conducteur la vitesse à laquelle il doit prendre un virage revient à affirmer qu'il est incapable de déterminer lui-même cette vitesse et au-delà les modalités de sa conduite.
Cela conduit donc, si l'on prolonge ce raisonnement, à ne jamais se soucier de la vitesse que l'on doit donner à son véhicule, puisque cela lui est, en permanence, imposé par la signalisation routière. Il ne nous reste plus qu'à souhaiter que, dans un proche avenir, ce soient les panneaux eux-mêmes qui déterminent à distance la vitesse des véhicules qui passent devant eux. Ce serait assurément un grand progrès dans la circulation automobile mais une perte considérable de recettes pour l'État qui, de toute évidence, ne développe ce système que pour engranger des profits par le biais des contraventions.
Pour ne pas prolonger exagérément ces remarques, même s'il serait sans doute intéressant de le faire, je voudrais simplement faire observer que les Suisses, pour une route très fréquentée comme celle qui relie Genève à Nyon (20 km) et qui passe par de nombreuses agglomérations (Versoix et Coppet, où j'ai eu une pensée pour la bonne Germaine de Staël) ont déterminé une vitesse unique, 60 km à l'heure. Aurais-je circulé en France que, comme sur la route provençale à laquelle je faisais allusion, j'aurais eu au moins, pour ces mêmes 20 kilomètres, pour le moins, une bonne quinzaine sinon une vingtaine de panneaux de vitesses différentes !
Et dire que les méchants Français définissent toujours la Suisse comme le pays où tout ce qui n'est pas interdit est obligatoire.
jeudi 8 septembre 2011
Mamadou marabout

« Marabout, bout de ficelle, selle de cheval, cheval de course, etc... ».
Cette ritournelle de mon enfance me revient à l'esprit en regardant le flyer de Mamadou qu'un de mes amis m'a envoyé et qu'à votre intention j'ai reproduit ci-dessus. Je ne m'intéresse plus guère désormais à ce genre de productions, alors que je m'amusais autrefois, à Paris en particulier, à recueillir les exemplaires de cette littérature qui était alors là-bas fort abondante.
La chose m'a amusé, à nouveau, à la fois par la formulation (c'est souvent ce qui est le plus drôle dans le genre), par les pouvoirs affirmés, et même, dans le cas présent, par le nom du personnage. En bonne rhétorique classique, je commencerai par le moins important.
Le nom que se donne cet « authentique mage vaudou » ne me paraît pas béninois et moins encore haïtien. Il sonne plutôt sénégalais, mais la chose n'a guère d'importance. De toute façon, quand on prétend s'arroger de tels pouvoirs, on va pas s'arrêter à de si modestes détails patronymiques.
Une simple petite recherche dans Google (en 0,2 seconde) m'a fait apparaître que le flyer et la petite industrie de Mamadou ne sont pas tout récents puisque j'en ai trouvé la trace dès 2009 et qu'il en a, semble-t-il, amusé bien d'autres avant moi mais plutôt par le domaine de compétence technique du mage vaudou que par la forme de son message. En effet alors que les marabouts classiques font plutôt dans l'amour, l'argent et la santé, celui-ci donne dans un modernisme résolu et novateur en s'affirmant capable de réparer les ordinateurs « par télépathie » y compris dans « les secteurs défectueux du disque dur ». Cette recherche de la modernité ne le détourne pas, toutefois, des problèmes traditionnels d'intervention de ses confrères (maladie, virilité et amour). Demeure aussi, dans la tradition de ces services, le paiement d'avance du service rendu ainsi que la garantie absolue de l'efficacité de l'intervention.
Toutefois l'originalité du message est ici plus dans sa forme que dans son contenu. Mamadou maintient la forme de son flyer de 2009 ( « Nouveau à Nice »), même si de toute évidence, diffusé depuis deux années au moins, il est, de ce fait même, moins nouveau. Une des formules les plus délicieuses de ce texte est celle où Mamadou fait état de sa réputation : « Sorcier mondialement connu dans le quartier ». Cette figure de style, aussi hardie qu'antinomique, donne à penser que Mamadou est plus expert en télépathie informatique que dans le maniement de la langue française. Il ajoute aussitôt, pour montrer l'étendue de ses pouvoirs, qu'il vous sera inutile de vous déplacer pour faire réparer votre ordinateur. En fait, en bonne logique (mais que vient faire ici la logique ?), la seule chose qu'il y aurait à déplacer, si une intervention est nécessaire, serait plutôt votre ordinateur que votre propre personne. Dans le même ordre de remarques stylistiques, on peut penser que lorsque le mage vaudou affirme qu'il « soigne également le cancer à distance », il veut sans doute dire qu'il soigne également à distance le cancer, car « le cancer à distance » est, pour le moment du moins, une forme relativement rare sinon inconnue de cette maladie ! De la part de ce spécialiste de la « réparation de votre PC par télépathie », on peut aussi penser que l'érection qu'il s'affirme capable de soigner est moins celle de votre machine que la vôtre ; ce n'est pas votre voisine, une fois qu'il l'aura rendue amoureuse de vous, qui se plaindra de cette extension de garantie !
Vous observerez que j'ai masqué la partie finale du numéro de téléphone de Mamadou alors que ce numéro constituait pourtant l'essentiel du message. Je veux éviter que vous ne vous précipitiez, tous et toutes, sur votre téléphone pour appeler Mamadou, mais, faut-il le préciser, je tiens ce numéro complet à votre disposition moyennant « paiement d'avance de 100 € par carte bleue », les résultats étant naturellement, comme toujours, garantis.
mercredi 7 septembre 2011
Du lourd!

Quelques jours de silence de ma part sur ce blog du fait de mon éloignement de mon ordinateur ; cette circonstance m'a amené à réfléchir à des sujets sérieux sans me vouer, comme on me le reproche parfois, aux futilités et aux niaiseries de notre paysage audiovisuel français.
J'ai été d'autant plus enclin à le faire que nous sommes en pleine période de réflexion à la fois sur le très court terme (comment trouver quelques milliards pour boucher très vite une infime partie du gigantesque gouffre de notre dette ?) et sur le long terme (comment faire face au problème des évolutions prévisibles, en particulier démographiques et économiques, de notre pauvre France ?).
Naturellement les mesures envisagées ont engendré aussitôt une unanime et immense levée de boucliers de la part de tous ceux qui étaient concernés par les changements proposés par le gouvernement qui, naturellement, a laissé un peu de mou dans décisions pour permettre aux députés de les aménager dans le détail et de faire, par là, leur tour de piste électoraliste . On retrouve ici la règle, non pas d'or mais d'airain de notre pays (inutile de l'inscrire dans la constitution car l'airain est aussi dur que l'or est mou !) qui est que nous sommes, tous et toujours, pour les réformes et le changement à condition qu'ils ne nous concernent pas personnellement!
On a même vu Jean-Pierre Raffarin jouer les moutons enragés et monter au créneau contre la taxe appliquée aux parcs de loisir. Dans un souci purement électoral, il prétend sauvegarder l'oeuvre immortelle du regretté Monory, le Futuroscope de Poitiers. Il emboitait ainsi le pas au Vicomte de Villiers, prêt à rompre des lances pour son cher Puy du Fou! J'ai même été très étonné, en la circonstance, de ne pas entendre grincer la voix de Valéry Giscard d'Estaing, ce qui me donne à penser que son Vulcania n'est pas un parc de loisirs.
Restons-en aux choses sérieuses, nous savons désormais qu'en France, nous voyons peser sur notre avenir deux lourdes menaces : d'une part, le vieillissement de notre population et le coût de l'entretien d'une foule de vieillards sans cesse croissante ; d'autre part, plus inattendu, une démographie galopante (la tête de la course étant tenue sans discussion possible par les « quartiers » et, en particulier, le 93 qui a plusieurs longueurs d'avance). La conséquence, inattendue mais inéluctable, de cette démographie est la montée du chômage, dans lequel nous avons déjà des performances tout à fait remarquables.
Envisageant ces deux problèmes, j'eus soudain une illumination que je livre à la sagacité de notre gouvernement, ce conseil étant naturellement gratuit comme tout ceux que fournit Usbek and Co. Consulting.
On sait, depuis Christophe Colomb et son oeuf, que la solution des problèmes en apparence insolubles est toujours des plus simples. Quelle est la difficulté ? Nous devons à la fois nourrir nos vieillards et réduire le nombre de nos nourrissons. Comment faire ?
La solution est évidente : il suffit de faire manger les bébés par les vieillards !
Je ne suis pas sûr que quelques vagues souvenirs de l'enseignement classique n'ait pas été chercher, au fin fond de mon subconscient, le mythe de Chronos, le papa de Zeus, qui, on s'en souvient, dévorait ses enfants. Zeus n'échappa à la voracité de son paternel que parce que l'avidité de Chronos, égale à son appétit, l'empêcha de remarquer qu'on avait substitué une grosse pierre au nourrisson qu'il pensait dévorer.
Libellés :
chômage,
crise,
démographie,
raffarin,
vieillards
Inscription à :
Articles (Atom)