En ces temps de crise et dans la nécessité impérieuse de faire des économies sur tous les plans, Usbek and Co Consulting tente une fois de plus d'apporter des solutions efficaces par des conseils comme toujours gratuits.
Tout semble indiquer qu'on s'achemine désormais vers un retrait général des prothèses mammaires défectueuses dont la silicone industrielle n'est pas propre à l'usage qu’en ont subrepticement fait des fabricants peu scrupuleux et qui devaient, eux aussi, comme tant d’autres s’offrir les services des « experts » officiels chargés de les contrôler.
Petite contribution au problème de l'orthographe dont je vous entretenais hier : contre toute attente et en dépit des usages fautifs multiples qui en sont faits au masculin, le mot silicone est féminin, ce qui est, après tout conforme à la majorité de ses usages, même si j’ai appris, ce matin même que certains messieurs, ou réputés tels, s’offraient des prothèses « pectorales ».
Il semble donc que nous serons prochainement en possession d'un nombre très important de prothèses mammaires usagées dont on ne sait trop que faire. Arrêtons-nous un instant sur cette question.
Liquidons d’un mot les points de détails et les aspects marginaux.
Laissons d’abord de côté les pectoraux mâles qui ne forment sans doute qu’un pourcentage négligeable. La chirurgie esthétique ne concerne guère non plus Sri Minakshi, déesse de la mythologie indienne qui avait trois seins. Cette curiosité de la nature a caractérisé aussi naguère, une actrice de films X dont le pseudonyme anglo-saxon « Triceratits » annonçait la singularité mammaire. On peut également mettre à part d’éventuelles interventions sur certaines des Amazones du colonel Kadhafi et n’impliquant, de ce fait même, qu’un seul sein
La plupart des opérations chirurgicales ont donc eu lieu avec une finalité esthétique et ont, de ce fait, sans doute concerné des paires de seins donc deux prothèses mammaires. Si l'on tient compte également des cas où une opération à finalité médicale n'a entraîné la pose que sur un seul sein, on peut admettre qu'on se trouvera vraisemblablement, en gros, pour 30.000 cas, en possession de 55 000 prothèses usagées et retirées.
On se trouve alors en présence d’un calcul arithmétique difficile à réaliser de façon précise et qui nécessite forcément des approximations. Si l'on admet que la plupart des opérations esthétiques visent à augmenter la grosseur des seins, on peut estimer à 550 g le poids moyen de chacune de ses prothèses, ce qui doit correspondre en gros (si j’ose dire) à une taille de soutien-gorge 90 C. Je ne suis pas hostile à l’idée que des spécialistes de l'érotisme mammaire apportent ici leur contribution et m’aident à préciser cette évaluation sommaire.
On peut donc admettre qu'on se trouvera alors à la tête d’un peu plus de 300 tonnes de prothèses mammaires dont on saura pas trop que faire.
On pourrait certes, comme on le fait pour le matériel informatique périmé, envoyer ces prothèses en Afrique en donnant à penser que les dames indigènes pourront leur trouver un usage, ce que d'ailleurs l'ingéniosité locale ne manquerait pas de faire. Certes il serait difficile que des femmes songent à les replacer, sauf à les coller pour rehausser leurs avantages, mais on peut compter sur elles pour trouver de nouvelles utilisations originales à ces prothèses dont on pourrait peut-être faire des oreillers ou des coussinets.
Il me paraîtrait plus judicieux de faire appel à des artistes contemporains. Ils pourraient sans doute trouver à ces objets, plastiques et translucides, une finalité artistique plus noble et moins coûteuse en CO2 qu’un transport vers les poubelles du Tiers Monde.
Nul doute qu'une « installation » de ces prothèses mammaires à la FIAC 2012 pourrait connaître le plus grand succès, surtout si l’on a eu soin d’y inclure des photos suggestives des porteuses de ces implants… réalisées bien entendu avant le retrait de ces suppléments esthétiques.
mercredi 21 décembre 2011
mardi 20 décembre 2011
« Ça sent si bon la France »
Décidément le retour au pays a quelques avantages et ne manque pas d'un certain charme que nous sommes sans doute nombreux à goûter.
J'ai déjà raconté hier mon arrivée à Roissy où le premier parfum de France que j'ai respiré, avec quelques milliers de candidats au voyage, a été celui de la grève des agents de sécurité ou de sûreté.
Je ne sais pas très bien ce qui différencie ces deux catégories de travailleurs, sinon que l'une a le droit et l’avantage de nous palper, ce qui est, en revanche, refusé à l'autre. Une seule de ces deux catégories professionnelles était en activité hier, l’autre étant en grève ; comme j'ai eu le privilège d’être palpé moi-même, je pense que j’ai eu la chance d’avoir affaire à la catégorie qui était alors en activité. En passant, je trouve que l’une et l’autre ont en général des mines patibulaires, ce que confirme régulièrement les affaires de vol que nous narre la presse. Bref, la plus grande pagaille régnait à Roissy ; tout cela m'indiquait d'emblée que j'avais enfin mis les pieds en France.
Ce conflit n’a toutefois pas fait oublier à nos gouvernants la lutte qu'ils ont entamée contre la fraude sociale. Elle a toutefois changé de nature et Mme Pécresse a ingénieusement détourné la chasse aux fraudeurs vers les fraudeuses. Suite à la découverte de la fraude à la silicone sur les prothèses mammaires, on va pouvoir enfin, de la façon la plus inattendue, identifier à leurs poitrines opulentes les fraudeuses mais surtout les médecins complices de leur transformation. On sait en effet que 80 % des opérations, qui visent à redonner aux dames des seins triomphants, ne sont pas liées à des opérations de chirurgie reconstructrice.
Bon nombre de ces opérations, on le sait depuis longtemps, sont, avec la complicité des chirurgiens qui les pratiquent, portées au compte de la reconstruction après une opération (en général, le traitement d’un cancer) et, comme telles remboursée par la Sécu, alors qu'elles ne relèvent que de la simple esthétique. Si l'opération actuelle de changement de prothèses ne permet pas assurément de découvrir immédiatement les fraudes, elle devrait faciliter considérablement leur mise en évidence, puisque que les 20 % de vraies reconstructions étant écartés d’emblée, il ne restera plus qu'à voir, dans les 80 % restant, quelles opérations ont bénéficié d'un remboursement frauduleux de la part de la Sécurité sociale.
Les enquêteurs des impôts n'ont plus qu'à se mettre au travail avec ardeur sur un terrain plus attrayant que celui de la TVA, même s'ils ne peuvent pas espérer, à la différence des contrôleurs de sécurité ou de sûreté aériennes, accompagner leurs investigations fiscales de palpations des corps des délits.
Toutefois le meilleur moment dans cette France retrouvée a été une émission de Canal+ sur l'orthographe (dans je ne sais quel journal), dont la vedette inattendue était « un coach en orthographe ». Je ne pense pas toutefois qu'on puisse réinsérer dans cette noble fonction les rédacteurs de la plupart de nos documents administratifs. Hier encore, je notais, dans un texte de moins d’une ligne et demie émanant de la SNCF (renouvellement de la carte « Grand Voyageur » si vous voulez vérifier !) deux superbes fautes d’orthographe qu'on aurait jamais trouvées, naguère encore, sous la pointe Bic d'un élève de CM1.
De la bouche d’or de l’inattendu coach en orthographe, j'ai appris, non sans stupeur, que l'orthographe était désormais, dans les cabinets de recrutement, l'indice majeur le plus pertinent dans la recherche des cadres de haut niveau ! A en juger par les textes produits, à l’Elysée comme Rue de Solferino, à l’occasion du décès de Danielle Mitterrand (huit fautes à sept en faveur de la présidence de la République), les recrutements ne s’y font certainement pas sur ces bases.
On disait autrefois que l'orthographe était la science des ânes, la voilà devenue l'indice de la plus haute qualification professionnelle.
J'ai déjà raconté hier mon arrivée à Roissy où le premier parfum de France que j'ai respiré, avec quelques milliers de candidats au voyage, a été celui de la grève des agents de sécurité ou de sûreté.
Je ne sais pas très bien ce qui différencie ces deux catégories de travailleurs, sinon que l'une a le droit et l’avantage de nous palper, ce qui est, en revanche, refusé à l'autre. Une seule de ces deux catégories professionnelles était en activité hier, l’autre étant en grève ; comme j'ai eu le privilège d’être palpé moi-même, je pense que j’ai eu la chance d’avoir affaire à la catégorie qui était alors en activité. En passant, je trouve que l’une et l’autre ont en général des mines patibulaires, ce que confirme régulièrement les affaires de vol que nous narre la presse. Bref, la plus grande pagaille régnait à Roissy ; tout cela m'indiquait d'emblée que j'avais enfin mis les pieds en France.
Ce conflit n’a toutefois pas fait oublier à nos gouvernants la lutte qu'ils ont entamée contre la fraude sociale. Elle a toutefois changé de nature et Mme Pécresse a ingénieusement détourné la chasse aux fraudeurs vers les fraudeuses. Suite à la découverte de la fraude à la silicone sur les prothèses mammaires, on va pouvoir enfin, de la façon la plus inattendue, identifier à leurs poitrines opulentes les fraudeuses mais surtout les médecins complices de leur transformation. On sait en effet que 80 % des opérations, qui visent à redonner aux dames des seins triomphants, ne sont pas liées à des opérations de chirurgie reconstructrice.
Bon nombre de ces opérations, on le sait depuis longtemps, sont, avec la complicité des chirurgiens qui les pratiquent, portées au compte de la reconstruction après une opération (en général, le traitement d’un cancer) et, comme telles remboursée par la Sécu, alors qu'elles ne relèvent que de la simple esthétique. Si l'opération actuelle de changement de prothèses ne permet pas assurément de découvrir immédiatement les fraudes, elle devrait faciliter considérablement leur mise en évidence, puisque que les 20 % de vraies reconstructions étant écartés d’emblée, il ne restera plus qu'à voir, dans les 80 % restant, quelles opérations ont bénéficié d'un remboursement frauduleux de la part de la Sécurité sociale.
Les enquêteurs des impôts n'ont plus qu'à se mettre au travail avec ardeur sur un terrain plus attrayant que celui de la TVA, même s'ils ne peuvent pas espérer, à la différence des contrôleurs de sécurité ou de sûreté aériennes, accompagner leurs investigations fiscales de palpations des corps des délits.
Toutefois le meilleur moment dans cette France retrouvée a été une émission de Canal+ sur l'orthographe (dans je ne sais quel journal), dont la vedette inattendue était « un coach en orthographe ». Je ne pense pas toutefois qu'on puisse réinsérer dans cette noble fonction les rédacteurs de la plupart de nos documents administratifs. Hier encore, je notais, dans un texte de moins d’une ligne et demie émanant de la SNCF (renouvellement de la carte « Grand Voyageur » si vous voulez vérifier !) deux superbes fautes d’orthographe qu'on aurait jamais trouvées, naguère encore, sous la pointe Bic d'un élève de CM1.
De la bouche d’or de l’inattendu coach en orthographe, j'ai appris, non sans stupeur, que l'orthographe était désormais, dans les cabinets de recrutement, l'indice majeur le plus pertinent dans la recherche des cadres de haut niveau ! A en juger par les textes produits, à l’Elysée comme Rue de Solferino, à l’occasion du décès de Danielle Mitterrand (huit fautes à sept en faveur de la présidence de la République), les recrutements ne s’y font certainement pas sur ces bases.
On disait autrefois que l'orthographe était la science des ânes, la voilà devenue l'indice de la plus haute qualification professionnelle.
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lundi 19 décembre 2011
Message personnel
Revenu hier soir du Brésil, au terme d'un voyage quasi apocalyptique, je pensais ne pas reprendre mon blog avant demain, afin de sortir davantage de l'état comateux dans lequel m'a plongé ce voyage aérien.
Quelques détails, quoique cela ne soit pas dans mes habitudes, surtout en un jour où le monde a perdu Kim Jong il et Vaclav Havel !
Nous avions quitté Sao Paulo avec heure et demie de retard, circonstance sur laquelle on n’a pas jugé utile de nous éclairer davantage. Les explications fournies par Air-France (deux valises embarquées sans leurs propriétaires) m’ont semblé un peu différentes de celles que m’avait suggérées l'observation, prolongée et obligée, des événements survenus en salle d'embarquement.
Deux mois auparavant déjà, au départ de Rio, l'équipage était déjà arrivé fort en retard sans qu’on nous explique davantage la chose, la rumeur publique accusant, comme toujours, les embouteillages. A Rio ils sont clairement prévisibles. Pour un voyageur naïf comme moi, qui s'est toujours entendu dire que les équipages doivent être à l'aéroport, des heures et des heures à l'avance, cette explication avait semblé un peu courte.
Hier l'hôtesse, auprès laquelle j’ai essayé de m’informer peu avant l’atterrissage, car j’allais, comme bien d’autres, manquer ma correspondance à Roissy, a allégué, pour expliquer le retard au décollage, la tempête survenue en France et qui avait retardé le départ de l'avion de Paris, lors du vol aller ; comme je crois savoir toutefois que l'avion de retour ne décolle pas immédiatement après avoir atterri et que, de toute façon, nous avions pu constater tous, par la force des choses, une arrivée bien tardive de l’équipage de notre appareil, puisque nous étions nous-mêmes, pauvres passagers, parqués en salle d'embarquement, je lui ai fait part de mes doute sur une telle explication.
Du coup, je l’ai priée de signaler à son chef de cabine, qui venait de faire l’annonce de l’arrivée imminente à Paris, qu’avec une heure et demie de retard, il est d’usage, dans les compagnies de transport aérien, de faire mine de présenter des excuses aux passagers. Accédant à ma demande (les excuses oubliées ont été présentées lors de l’atterrissage lui-même), elle m’a fait observer que le retard était de moins de trente minutes puisque nous devions arriver à onze heures vingt et que notre atterrissage effectif aurait lieu à moins le quart. Peut-être, compte tenu de la fatigue engendrée par une nuit de veille (je n’avais toutefois pas dormi plus qu’elle), n’aurais-je pas dû lui faire observer que, de onze heures vingt à douze heures quarante-cinq, il y a, non pas une demi-heure mais une heure et demie, ce qu’elle a bien dû reconnaître. Je n’ai pas toutefois voulu aggraver mon cas en ajoutant que si l’enquête finale, devenue très discrète, sur la catastrophe du Rio-Paris a montré que les pilotes d’Air-France ne savaient pas très bien piloter leurs avions, le retard de l’équipage à Sao-Paulo et l’observation erronée faite par cette hôtesse sur notre retard, tendent à prouver qu’ils ne savent pas non plus très bien lire l’heure !
Bref cette arrivée tardive à Paris, que je jugeais catastrophique, s’est révélée dans les faits sans la moindre conséquence, puisqu'à Roissy nous avons découvert quelques milliers de passagers en souffrance car la grève des personnels dits de sécurité provoquait une totale anarchie avec des retards considérables et des horaires bouleversés.
Une remarque en passant. Dans le vol Sao-Paulo-Paris, nous avons eu droit à un programme cinématographique qui est en place, depuis deux ou trois mois, je suppose, sur tous les longs courriers. Dans la mesure où j'ai beaucoup voyagé ces derniers temps, j'ai vu, dans ce programme, à peu près tout ce qui est visible (y compris le film « La conquête » sur l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007). Je vous recommande vivement de le voir si vous ne l’avez pas fait encore. Non seulement il fait revivre les événements que nous avons vécus et que nous nous préparons à vivre à nouveau sous une forme sans doute identique, mais la distribution y est excellente. J'ai cru, une fois de plus, que M. Galouzeau de Villepin (je ne le nomme plus Galopin de Villouzeau de peur d’un procès en diffamation !) avait condescendu à interpréter dans ce film son propre rôle. Nouvelle satisfaction hilare aussi avec la prestation de Dominique Besnehard dans ses imitations de Ségolène. L’un de mes lecteurs cinéphiles saura-t-il me dire si le choix de Besnehard pour jouer la scène de répétition du débat est volontaire ou fortuite, même si je doute fort de la seconde hypothèse? Bref si « La conquête » raconte comment Nicolas Sarkozy a triomphé en 2007, un autre film dont j'ai oublié le titre et dont le principal personnage joué par Guillaume Canet s'ouvre sur une scène fort édifiante qui se déroule précisément à Roissy. On voit y des « agents de sécurité » chargés du contrôle des bagages y ouvrir durant leur service les valises des passagers pour y faire leur choix parmi les objets à voler.
Les passagers qui ont vu ce film comme moi et qui, comme moi, se sont déjà fait voler de la même façon, étaient donc sans doute, à l'arrivée, peu enclins à soutenir la grève et les revendications de ces honnêtes travailleurs !
Mais la vraie cause et/ou finalité de ce blog est, au-delà de ces détails sans grand intérêt, un message personnel à l’un de mes amis qui me lit du Brésil et que j’ai par hasard identifié.
Salut Jack ; je t’écris plus longuement et personnellement dès que possible.
Quelques détails, quoique cela ne soit pas dans mes habitudes, surtout en un jour où le monde a perdu Kim Jong il et Vaclav Havel !
Nous avions quitté Sao Paulo avec heure et demie de retard, circonstance sur laquelle on n’a pas jugé utile de nous éclairer davantage. Les explications fournies par Air-France (deux valises embarquées sans leurs propriétaires) m’ont semblé un peu différentes de celles que m’avait suggérées l'observation, prolongée et obligée, des événements survenus en salle d'embarquement.
Deux mois auparavant déjà, au départ de Rio, l'équipage était déjà arrivé fort en retard sans qu’on nous explique davantage la chose, la rumeur publique accusant, comme toujours, les embouteillages. A Rio ils sont clairement prévisibles. Pour un voyageur naïf comme moi, qui s'est toujours entendu dire que les équipages doivent être à l'aéroport, des heures et des heures à l'avance, cette explication avait semblé un peu courte.
Hier l'hôtesse, auprès laquelle j’ai essayé de m’informer peu avant l’atterrissage, car j’allais, comme bien d’autres, manquer ma correspondance à Roissy, a allégué, pour expliquer le retard au décollage, la tempête survenue en France et qui avait retardé le départ de l'avion de Paris, lors du vol aller ; comme je crois savoir toutefois que l'avion de retour ne décolle pas immédiatement après avoir atterri et que, de toute façon, nous avions pu constater tous, par la force des choses, une arrivée bien tardive de l’équipage de notre appareil, puisque nous étions nous-mêmes, pauvres passagers, parqués en salle d'embarquement, je lui ai fait part de mes doute sur une telle explication.
Du coup, je l’ai priée de signaler à son chef de cabine, qui venait de faire l’annonce de l’arrivée imminente à Paris, qu’avec une heure et demie de retard, il est d’usage, dans les compagnies de transport aérien, de faire mine de présenter des excuses aux passagers. Accédant à ma demande (les excuses oubliées ont été présentées lors de l’atterrissage lui-même), elle m’a fait observer que le retard était de moins de trente minutes puisque nous devions arriver à onze heures vingt et que notre atterrissage effectif aurait lieu à moins le quart. Peut-être, compte tenu de la fatigue engendrée par une nuit de veille (je n’avais toutefois pas dormi plus qu’elle), n’aurais-je pas dû lui faire observer que, de onze heures vingt à douze heures quarante-cinq, il y a, non pas une demi-heure mais une heure et demie, ce qu’elle a bien dû reconnaître. Je n’ai pas toutefois voulu aggraver mon cas en ajoutant que si l’enquête finale, devenue très discrète, sur la catastrophe du Rio-Paris a montré que les pilotes d’Air-France ne savaient pas très bien piloter leurs avions, le retard de l’équipage à Sao-Paulo et l’observation erronée faite par cette hôtesse sur notre retard, tendent à prouver qu’ils ne savent pas non plus très bien lire l’heure !
Bref cette arrivée tardive à Paris, que je jugeais catastrophique, s’est révélée dans les faits sans la moindre conséquence, puisqu'à Roissy nous avons découvert quelques milliers de passagers en souffrance car la grève des personnels dits de sécurité provoquait une totale anarchie avec des retards considérables et des horaires bouleversés.
Une remarque en passant. Dans le vol Sao-Paulo-Paris, nous avons eu droit à un programme cinématographique qui est en place, depuis deux ou trois mois, je suppose, sur tous les longs courriers. Dans la mesure où j'ai beaucoup voyagé ces derniers temps, j'ai vu, dans ce programme, à peu près tout ce qui est visible (y compris le film « La conquête » sur l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007). Je vous recommande vivement de le voir si vous ne l’avez pas fait encore. Non seulement il fait revivre les événements que nous avons vécus et que nous nous préparons à vivre à nouveau sous une forme sans doute identique, mais la distribution y est excellente. J'ai cru, une fois de plus, que M. Galouzeau de Villepin (je ne le nomme plus Galopin de Villouzeau de peur d’un procès en diffamation !) avait condescendu à interpréter dans ce film son propre rôle. Nouvelle satisfaction hilare aussi avec la prestation de Dominique Besnehard dans ses imitations de Ségolène. L’un de mes lecteurs cinéphiles saura-t-il me dire si le choix de Besnehard pour jouer la scène de répétition du débat est volontaire ou fortuite, même si je doute fort de la seconde hypothèse? Bref si « La conquête » raconte comment Nicolas Sarkozy a triomphé en 2007, un autre film dont j'ai oublié le titre et dont le principal personnage joué par Guillaume Canet s'ouvre sur une scène fort édifiante qui se déroule précisément à Roissy. On voit y des « agents de sécurité » chargés du contrôle des bagages y ouvrir durant leur service les valises des passagers pour y faire leur choix parmi les objets à voler.
Les passagers qui ont vu ce film comme moi et qui, comme moi, se sont déjà fait voler de la même façon, étaient donc sans doute, à l'arrivée, peu enclins à soutenir la grève et les revendications de ces honnêtes travailleurs !
Mais la vraie cause et/ou finalité de ce blog est, au-delà de ces détails sans grand intérêt, un message personnel à l’un de mes amis qui me lit du Brésil et que j’ai par hasard identifié.
Salut Jack ; je t’écris plus longuement et personnellement dès que possible.
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jeudi 8 décembre 2011
Pessimisme
Je vous accorde volontiers que notre situation n'est pas des meilleures et que seuls les esprits les plus optimistes peuvent considérer les choses, sinon avec philosophie du moins avec sérénité.
Ce matin, j'ai encore une fois zappé sur les diverses chaînes matinales d'informations qui, comme toujours, disent et répètent toutes la même chose mais en faisant appel à des voix différentes. J'ai donc entendu, entre autres, Mme Rachida Dati qui, quoique député européenne, est plus préoccupée de son avenir électoral que du sort de l’euro et M. Juncker. Naturellement, tous les discours se centrent sur le triple A et le Sommet dit européen de Bruxelles ; à peine quelques mots sur le Sommet de Durban et ce n'est que justice quand on voit à quoi ont pu servir les précédentes réunions de cet acabit.
Deux choses rendent particulièrement insupportable l'audition des propos de nos politiques ou de nos décideurs, nationaux ou européens.
D'une part l'organisation actuelle de la communication qui, en politique, est devenue la préoccupation majeure pour ne pas dire unique. Pour prendre l'exemple de notre gouvernement actuel, tous les ministres qu'on envoie en mission dans les médias qu’ils occupent avec autant de constance que d'insuccès, est muni d'une feuille de route où l'on descend jusqu'au moindre détail et au plus petit mot de leur argumentation (ce qu'est d’ailleurs la preuve de l'absence totale de confiance en eux). Il s’agit en fait, avant tout, d’occuper le terrain médiatique. A ce propos, le CSA ne pourrait-il pas prendre sur lui de régler le problème de la prise en compte politique des apparitions télévisuelles du président non candidat ?
De ce fait, en tout cas, ces propos totalement identiques et répétitifs (au mot près) deviennent complètement insupportables.
D'autre part, tous ces braves gens, de gauche comme de droite, qui sont aux affaires depuis 20 ans (pour ne pas remonter plus loin pour bon nombre d'entre eux) nous décrivent la situation actuelle et en souligne la gravité, comme s'ils n’étaient absolument pour rien dans tout cela, alors qu'ils en portent toute la responsabilité. A la différence d'une de nos ministres d'autrefois, ils ne sont NI coupables NI responsables ! On croit rêver !
Un des points les plus importants (j'ai, il y a quelques mois, fait un blog sur ce sujet mais je suis trop paresseux pour le rechercher) tient à ce que nos décideurs politiques (avec l'appui de quelques économistes dociles) nous ont embarqué sur la voie de la monnaie UNIQUE (l'euro) au lieu d'opter pour une monnaie COMMUNE, la solution de sagesse mais qu'ils jugeaient moins politiquement dynamique, sans avoir songé aux unifications préalables indispensables (salaires, fisc, etc.). Cette dernière solution, moins radicale mais plus sage et prudente, aurait permis à chaque État de conserver sa monnaie nationale avec fixation d’un taux de change, fixe mais révisable, par rapport à la monnaie commune. C'était évidemment la sagesse ; on aurait pu, dans de telles conditions, dévaluer la drachme grecque sans toucher à la monnaie commune européenne. Tout ceux qui ont opté alors, du côté des politiques comme des économistes, pour la solution catastrophique de la monnaie UNIQUE, sont aujourd'hui étrangement silencieux voire muets.
Autre sujet de vaste rigolade avec la fameuse « règle d'or » ! J'ai proposé, si on voulait la rendre intangible de la faire plutôt d’airain (moins cher et plus dur)car chacun sait que l’or est un métal mou !
De la même façon, tout le monde semble avoir totalement oublié que l'accord s'était fait, au mépris de la volonté populaire d'ailleurs, sur des règles strictes (3 % maximum de déficit sur les budgets annuels et pas de dettes au-delà de 60 % du PIB national) ; cette règle, qui n'était pas encore d'or mais qui était dans les traités signés par tous les Etats, a été violée par tout le monde au su et au vu de tous. Certes, il y a eu ceux qui ont fait trafiquer leurs comptes par les banques comme les Grecs (coût 300 millions de $, les imbéciles, alors que les autres ont fait ça à la maison !) ; on sait bien que seul le niveau et le mode de tripatouillage des comptes a été différent selon les Etats. À l'époque, Chirac et Schroeder, avec la bénédiction de l'Union Européenne, censée être le gardien du temple, ont décidé OFFICIELLEMENT de faire fi ces règles, qui n'étaient encore que de papier et de gonfler joyeusement nos déficits en empruntant à tout va, ce qui nous a amené directement à la situation qui est la nôtre actuellement.
Là encore l'hypocrisie est totale ; tout le monde feint de croire que la règle d'or empêchera la reproduction de cette situation, ce qui est évidemment aberrant. Le seul but est de crier au loup pour essayer de coincer le Sénat devenu socialiste et pour contraindre le congrès des deux assemblées à voter cette loi aussi absurde qu’inefficace.
On vit sous le règne permanent du « demain on rasera gratis » ; j'entendais, ce matin, M. Junker, luxembourgeois de son état (voilà un homme dont on peut être sûr qu'il ignore totalement que son pays est un paradis fiscal et le siège de multiples magouilles de toutes natures). Voilà un homme qui ne se mouille pas et qui se meut en permanence dans un discours fildefériste entre l'optimisme et le pessimisme, sans jamais opter ni pour l'un ni pour l'autre ni dire quoi que ce soit.
La seule question qu'on peut se poser est le rôle que jouent réellement, dans tout cela, les fameuses agences de notation ; on peut observer que leurs avis qu'on nous présente avec tant de sérieux et de gravité, ne sont absolument pas suivis par les vrais milieux financiers. En effet, on n’observe pas la moindre vraie corrélation entre la notation des différents pays et les taux d'intérêt qu’on leur consent. Je ne rappellerai pas une fois encore que le Japon, si mal noté par les agences, est l’Etat qui bénéficie des taux d'intérêt les plus faibles et que l'écart entre les taux consentis aux Français et aux Allemands varie du simple au double, alors que la France et la RFA ont la même fameuse évaluation en triple A.
Va comprendre Charles !
Ce matin, j'ai encore une fois zappé sur les diverses chaînes matinales d'informations qui, comme toujours, disent et répètent toutes la même chose mais en faisant appel à des voix différentes. J'ai donc entendu, entre autres, Mme Rachida Dati qui, quoique député européenne, est plus préoccupée de son avenir électoral que du sort de l’euro et M. Juncker. Naturellement, tous les discours se centrent sur le triple A et le Sommet dit européen de Bruxelles ; à peine quelques mots sur le Sommet de Durban et ce n'est que justice quand on voit à quoi ont pu servir les précédentes réunions de cet acabit.
Deux choses rendent particulièrement insupportable l'audition des propos de nos politiques ou de nos décideurs, nationaux ou européens.
D'une part l'organisation actuelle de la communication qui, en politique, est devenue la préoccupation majeure pour ne pas dire unique. Pour prendre l'exemple de notre gouvernement actuel, tous les ministres qu'on envoie en mission dans les médias qu’ils occupent avec autant de constance que d'insuccès, est muni d'une feuille de route où l'on descend jusqu'au moindre détail et au plus petit mot de leur argumentation (ce qu'est d’ailleurs la preuve de l'absence totale de confiance en eux). Il s’agit en fait, avant tout, d’occuper le terrain médiatique. A ce propos, le CSA ne pourrait-il pas prendre sur lui de régler le problème de la prise en compte politique des apparitions télévisuelles du président non candidat ?
De ce fait, en tout cas, ces propos totalement identiques et répétitifs (au mot près) deviennent complètement insupportables.
D'autre part, tous ces braves gens, de gauche comme de droite, qui sont aux affaires depuis 20 ans (pour ne pas remonter plus loin pour bon nombre d'entre eux) nous décrivent la situation actuelle et en souligne la gravité, comme s'ils n’étaient absolument pour rien dans tout cela, alors qu'ils en portent toute la responsabilité. A la différence d'une de nos ministres d'autrefois, ils ne sont NI coupables NI responsables ! On croit rêver !
Un des points les plus importants (j'ai, il y a quelques mois, fait un blog sur ce sujet mais je suis trop paresseux pour le rechercher) tient à ce que nos décideurs politiques (avec l'appui de quelques économistes dociles) nous ont embarqué sur la voie de la monnaie UNIQUE (l'euro) au lieu d'opter pour une monnaie COMMUNE, la solution de sagesse mais qu'ils jugeaient moins politiquement dynamique, sans avoir songé aux unifications préalables indispensables (salaires, fisc, etc.). Cette dernière solution, moins radicale mais plus sage et prudente, aurait permis à chaque État de conserver sa monnaie nationale avec fixation d’un taux de change, fixe mais révisable, par rapport à la monnaie commune. C'était évidemment la sagesse ; on aurait pu, dans de telles conditions, dévaluer la drachme grecque sans toucher à la monnaie commune européenne. Tout ceux qui ont opté alors, du côté des politiques comme des économistes, pour la solution catastrophique de la monnaie UNIQUE, sont aujourd'hui étrangement silencieux voire muets.
Autre sujet de vaste rigolade avec la fameuse « règle d'or » ! J'ai proposé, si on voulait la rendre intangible de la faire plutôt d’airain (moins cher et plus dur)car chacun sait que l’or est un métal mou !
De la même façon, tout le monde semble avoir totalement oublié que l'accord s'était fait, au mépris de la volonté populaire d'ailleurs, sur des règles strictes (3 % maximum de déficit sur les budgets annuels et pas de dettes au-delà de 60 % du PIB national) ; cette règle, qui n'était pas encore d'or mais qui était dans les traités signés par tous les Etats, a été violée par tout le monde au su et au vu de tous. Certes, il y a eu ceux qui ont fait trafiquer leurs comptes par les banques comme les Grecs (coût 300 millions de $, les imbéciles, alors que les autres ont fait ça à la maison !) ; on sait bien que seul le niveau et le mode de tripatouillage des comptes a été différent selon les Etats. À l'époque, Chirac et Schroeder, avec la bénédiction de l'Union Européenne, censée être le gardien du temple, ont décidé OFFICIELLEMENT de faire fi ces règles, qui n'étaient encore que de papier et de gonfler joyeusement nos déficits en empruntant à tout va, ce qui nous a amené directement à la situation qui est la nôtre actuellement.
Là encore l'hypocrisie est totale ; tout le monde feint de croire que la règle d'or empêchera la reproduction de cette situation, ce qui est évidemment aberrant. Le seul but est de crier au loup pour essayer de coincer le Sénat devenu socialiste et pour contraindre le congrès des deux assemblées à voter cette loi aussi absurde qu’inefficace.
On vit sous le règne permanent du « demain on rasera gratis » ; j'entendais, ce matin, M. Junker, luxembourgeois de son état (voilà un homme dont on peut être sûr qu'il ignore totalement que son pays est un paradis fiscal et le siège de multiples magouilles de toutes natures). Voilà un homme qui ne se mouille pas et qui se meut en permanence dans un discours fildefériste entre l'optimisme et le pessimisme, sans jamais opter ni pour l'un ni pour l'autre ni dire quoi que ce soit.
La seule question qu'on peut se poser est le rôle que jouent réellement, dans tout cela, les fameuses agences de notation ; on peut observer que leurs avis qu'on nous présente avec tant de sérieux et de gravité, ne sont absolument pas suivis par les vrais milieux financiers. En effet, on n’observe pas la moindre vraie corrélation entre la notation des différents pays et les taux d'intérêt qu’on leur consent. Je ne rappellerai pas une fois encore que le Japon, si mal noté par les agences, est l’Etat qui bénéficie des taux d'intérêt les plus faibles et que l'écart entre les taux consentis aux Français et aux Allemands varie du simple au double, alors que la France et la RFA ont la même fameuse évaluation en triple A.
Va comprendre Charles !
Pessimisme
Je vous accorde volontiers que notre situation n'est pas des meilleures et que seuls les esprits les plus optimistes peuvent considérer les choses, sinon avec philosophie du moins avec sérénité.
Ce matin, j'ai encore une fois zappé sur les diverses chaînes matinales d'informations qui, comme toujours, disent et répètent toutes la même chose, mais en faisant appel à des voix différentes. J'ai donc entendu, entre autres, Mme Rachida Dati qui, quoique député européenne, est plus préoccupée de son avenir électoral que du sort de l’euro et M. Juncker. Naturellement, tous les discours se centrent sur le triple A et le Sommet dit européen de Bruxelles ; à peine quelques mots sur le sommet de Durban et ce n'est que justice quand on voit à quoi ont pu servir les précédentes réunions de cet acabit.
Deux choses rendent particulièrement insupportable l'audition des propos de nos politiques ou de nos décideurs, nationaux ou européens.
D'une part l'organisation actuelle de la communication qui est devenue, en politique, la préoccupation majeure pour ne pas dire unique. Pour prendre l'exemple de notre gouvernement actuel, tous les ministres qu'on envoie en mission dans les médias qu’ils occupent avec autant de constance que d'insuccès, sont munis d'une feuille de route où l'on descend jusqu'au moindre détail et au plus petit mot de leur argumentation (ce qui est d’ailleurs la preuve de l'absence totale de confiance en eux). Il s’agit en fait, avant tout, d’occuper le terrain médiatique. A ce propos, le CSA ne pourrait-il pas prendre sur lui de régler le problème de la prise en compte politique des apparitions télévisuelles du président non candidat ?
De ce fait, en tout cas, ces propos totalement identiques et répétitifs (au mot près) deviennent complètement insupportables.
D'autre part, tous ces braves gens, de gauche comme de droite, qui sont aux affaires depuis 20 ans (pour ne pas remonter plus loin pour bon nombre d'entre eux) nous décrivent la situation actuelle et en soulignent la gravité, comme s'ils n’étaient absolument pour rien dans tout cela, alors qu'ils en portent toute la responsabilité. A la différence d'une de nos ministres d'autrefois, ils ne sont, à les écouter, NI coupables NI responsables ! On croit rêver !
Un des points les plus importants (j'ai, il y a quelques mois, fait un blog sur ce sujet mais je suis trop paresseux pour le rechercher) tient à ce que nos décideurs politiques (avec l'appui de quelques économistes dociles) nous ont embarqués sur la voie de la monnaie UNIQUE (l'euro) au lieu d'opter pour la monnaie COMMUNE, la solution de sagesse mais qu'ils jugeaient moins politiquement dynamique, sans avoir songé aux unifications préalables indispensables (salaires, fisc, etc.). Cette dernière solution, moins radicale mais plus sage et prudente, aurait permis à chaque État de conserver sa monnaie nationale avec fixation d’un taux de change, fixe mais révisable, par rapport à la monnaie commune. C'était évidemment la sagesse ; on aurait pu, dans de telles conditions, dévaluer la drachme grecque sans toucher à la monnaie commune européenne. Tout ceux qui ont opté alors, du côté des politiques comme des économistes, pour la solution catastrophique de la monnaie UNIQUE, sont aujourd'hui étrangement silencieux pour ne pas dire muets.
Autre sujet de vaste rigolade avec la fameuse « règle d'or » ! J'ai proposé, si on voulait la rendre intangible de la faire plutôt d’airain (plus dur et moins cher!) car chacun sait que l’or est un métal plutôt mou !
De la même façon, tout le monde semble avoir totalement oublié que l'accord s'était fait, au mépris de la volonté populaire d'ailleurs, sur des règles strictes (3 % maximum de déficit sur les budgets annuels et pas de dettes au-delà de 60 % du PIB national) ; cette règle, qui n'était pas encore d'or mais qui était dans les traités signées par tous les Etats a été violée par tout le monde au su et au vu de tous. Certes, il y a eu ceux qui fait trafiquer leurs comptes par les banques comme les Grecs (coût 300 millions de $, les imbéciles, alors que les autres ont fait ça à la maison !) ; on sait bien que seul le niveau et le mode de tripatouillages des comptes a été différent selon les Etats. À l'époque, Chirac et Schroeder, avec la bénédiction de l'Union Européenne, censée être le gardien du temple, ont décidé OFFICIELLEMENT de faire fi ces règles, qui n'étaient encore que de papier et de gonfler joyeusement nos déficits en empruntant à tout va, ce qui nous a amenés directement à la situation qui est la nôtre actuellement.
Là encore l'hypocrisie est totale ; tout le monde feint de croire que la règle d'or empêchera la reproduction de cette situation, ce qui est évidemment aberrant. Le seul but est de crier au loup pour essayer de coincer le Sénat devenu socialiste pour contraindre le congrès des deux assemblées à voter cette loi aussi absurde qu’inefficace.
On vit sous le règne permanent du « demain en rasera gratis » ; j'entendais, ce matin, M. Junker, luxembourgeois de son état (voilà un homme dont on peut être sûr qu'il ignore totalement que son pays est un paradis fiscal et le siège de multiples magouilles de toutes natures). Voilà un homme qui ne se mouille pas et qui se meut en permanence dans un discours fildefériste entre l'optimisme et le pessimisme, sans jamais opter ni pour l'un ni pour l'autre.
La seule question qu'on peut se poser est le rôle que jouent réellement, dans tout cela les fameuses agences de notation ; on peut observer que leurs avis qu'on nous présente avec tant de sérieux et de gravité ne sont absolument pas suivis par les milieux financiers. En effet, on n’observe pas la moindre vraie corrélation entre la notation des différents pays et les taux d'intérêt qu’on leur consent. Je ne rappellerai pas une fois encore que le Japon, si mal doté par les agences, est l’Etat qui bénéficie des taux d'intérêt les plus faibles et que l'écart entre les taux consentis aux Français et aux Allemands varient du simple au double, alors qu'ils ont l'un et l'autre la fameuse évaluation en triple A.
Va comprendre Charles ? !
Ce matin, j'ai encore une fois zappé sur les diverses chaînes matinales d'informations qui, comme toujours, disent et répètent toutes la même chose, mais en faisant appel à des voix différentes. J'ai donc entendu, entre autres, Mme Rachida Dati qui, quoique député européenne, est plus préoccupée de son avenir électoral que du sort de l’euro et M. Juncker. Naturellement, tous les discours se centrent sur le triple A et le Sommet dit européen de Bruxelles ; à peine quelques mots sur le sommet de Durban et ce n'est que justice quand on voit à quoi ont pu servir les précédentes réunions de cet acabit.
Deux choses rendent particulièrement insupportable l'audition des propos de nos politiques ou de nos décideurs, nationaux ou européens.
D'une part l'organisation actuelle de la communication qui est devenue, en politique, la préoccupation majeure pour ne pas dire unique. Pour prendre l'exemple de notre gouvernement actuel, tous les ministres qu'on envoie en mission dans les médias qu’ils occupent avec autant de constance que d'insuccès, sont munis d'une feuille de route où l'on descend jusqu'au moindre détail et au plus petit mot de leur argumentation (ce qui est d’ailleurs la preuve de l'absence totale de confiance en eux). Il s’agit en fait, avant tout, d’occuper le terrain médiatique. A ce propos, le CSA ne pourrait-il pas prendre sur lui de régler le problème de la prise en compte politique des apparitions télévisuelles du président non candidat ?
De ce fait, en tout cas, ces propos totalement identiques et répétitifs (au mot près) deviennent complètement insupportables.
D'autre part, tous ces braves gens, de gauche comme de droite, qui sont aux affaires depuis 20 ans (pour ne pas remonter plus loin pour bon nombre d'entre eux) nous décrivent la situation actuelle et en soulignent la gravité, comme s'ils n’étaient absolument pour rien dans tout cela, alors qu'ils en portent toute la responsabilité. A la différence d'une de nos ministres d'autrefois, ils ne sont, à les écouter, NI coupables NI responsables ! On croit rêver !
Un des points les plus importants (j'ai, il y a quelques mois, fait un blog sur ce sujet mais je suis trop paresseux pour le rechercher) tient à ce que nos décideurs politiques (avec l'appui de quelques économistes dociles) nous ont embarqués sur la voie de la monnaie UNIQUE (l'euro) au lieu d'opter pour la monnaie COMMUNE, la solution de sagesse mais qu'ils jugeaient moins politiquement dynamique, sans avoir songé aux unifications préalables indispensables (salaires, fisc, etc.). Cette dernière solution, moins radicale mais plus sage et prudente, aurait permis à chaque État de conserver sa monnaie nationale avec fixation d’un taux de change, fixe mais révisable, par rapport à la monnaie commune. C'était évidemment la sagesse ; on aurait pu, dans de telles conditions, dévaluer la drachme grecque sans toucher à la monnaie commune européenne. Tout ceux qui ont opté alors, du côté des politiques comme des économistes, pour la solution catastrophique de la monnaie UNIQUE, sont aujourd'hui étrangement silencieux pour ne pas dire muets.
Autre sujet de vaste rigolade avec la fameuse « règle d'or » ! J'ai proposé, si on voulait la rendre intangible de la faire plutôt d’airain (plus dur et moins cher!) car chacun sait que l’or est un métal plutôt mou !
De la même façon, tout le monde semble avoir totalement oublié que l'accord s'était fait, au mépris de la volonté populaire d'ailleurs, sur des règles strictes (3 % maximum de déficit sur les budgets annuels et pas de dettes au-delà de 60 % du PIB national) ; cette règle, qui n'était pas encore d'or mais qui était dans les traités signées par tous les Etats a été violée par tout le monde au su et au vu de tous. Certes, il y a eu ceux qui fait trafiquer leurs comptes par les banques comme les Grecs (coût 300 millions de $, les imbéciles, alors que les autres ont fait ça à la maison !) ; on sait bien que seul le niveau et le mode de tripatouillages des comptes a été différent selon les Etats. À l'époque, Chirac et Schroeder, avec la bénédiction de l'Union Européenne, censée être le gardien du temple, ont décidé OFFICIELLEMENT de faire fi ces règles, qui n'étaient encore que de papier et de gonfler joyeusement nos déficits en empruntant à tout va, ce qui nous a amenés directement à la situation qui est la nôtre actuellement.
Là encore l'hypocrisie est totale ; tout le monde feint de croire que la règle d'or empêchera la reproduction de cette situation, ce qui est évidemment aberrant. Le seul but est de crier au loup pour essayer de coincer le Sénat devenu socialiste pour contraindre le congrès des deux assemblées à voter cette loi aussi absurde qu’inefficace.
On vit sous le règne permanent du « demain en rasera gratis » ; j'entendais, ce matin, M. Junker, luxembourgeois de son état (voilà un homme dont on peut être sûr qu'il ignore totalement que son pays est un paradis fiscal et le siège de multiples magouilles de toutes natures). Voilà un homme qui ne se mouille pas et qui se meut en permanence dans un discours fildefériste entre l'optimisme et le pessimisme, sans jamais opter ni pour l'un ni pour l'autre.
La seule question qu'on peut se poser est le rôle que jouent réellement, dans tout cela les fameuses agences de notation ; on peut observer que leurs avis qu'on nous présente avec tant de sérieux et de gravité ne sont absolument pas suivis par les milieux financiers. En effet, on n’observe pas la moindre vraie corrélation entre la notation des différents pays et les taux d'intérêt qu’on leur consent. Je ne rappellerai pas une fois encore que le Japon, si mal doté par les agences, est l’Etat qui bénéficie des taux d'intérêt les plus faibles et que l'écart entre les taux consentis aux Français et aux Allemands varient du simple au double, alors qu'ils ont l'un et l'autre la fameuse évaluation en triple A.
Va comprendre Charles ? !
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samedi 3 décembre 2011
La comédie financière : Ubu ou Kafka ?
Comme toujours nous souffrons, en France du moins (je ne sais pas ce qu'il en est ailleurs) d'une vaste sous-information, voire d'une désinformation totale sur les réalités de la crise financière au sein de laquelle nous nous trouvons. On nous amuse avec des histoires de triple A ou des fariboles de la même farine.
Comme j'ai eu l'occasion de le dire dans un précédent blog, tout cela ne signifie pas grand-chose et seuls deux éléments comptent dans toute cette affaire, mais naturellement nul n'en parle.
Le premier est le taux d'intérêt auquel les Etats endettés peuvent prétendre auprès des prêteurs.
Pour simplifier les choses et sans entrer dans les décimales, l'Italie emprunte à 6 %, la France à 3%, l'Allemagne à 2% et le Japon 1,5 %. Tout le reste n'est que littérature. Je vous fais grâce ici de discussions oiseuses sur les décimales de ces taux ; seuls comptent les ordres de grandeur et il est facile de voir ce qu'ils signifient.
La comparaison la plus facile mais la plus intéressante est celle de la France et de l'Allemagne puisque ces deux pays, pour le moment et par la grâce des Moody's de service, ont tous les deux le triple A dont on nous rebat les oreilles (Hommage au Père Ubu!). On voit bien que ceux qui tiennent les cordons de la bourse des prêts ne jugent pas que ces deux AAA (Ah! Ah! Ah! doivent ils se marrer en leur for intérieur) sont équivalents, puisque le taux français est de 50% plus élevé que l'allemand. Le taux apparemment extravagant dont bénéficie le Japon (qui n'a pas de AAA) tient à ce que c'est sans doute le pays dont la situation est la plus sûre et les prêteurs ne s'y trompent évidemment pas.
Second élément annoncé.
La France se réjouit en cette fin d'année 2011 d'avoir encore bénéficié d'un taux intéressant pour les sommes qu'elle vient d'emprunter. Ne nous y trompons pas! En dépit de l'énormité de notre dette et de perspectives plus qu'incertaines, nous devrons continuer à emprunter et la période la plus difficile pour nous sera certainement le début de l'année 2012. Les principaux pays européens, la France, l'Allemagne et l'Italie, devront, en effet, à ce moment-là emprunter une bonne centaine de milliards d'euros. Naturellement cette centaine de milliards d'euros ne sera destinée qu'à payer les intérêts de la dette gigantesque qui s'est accumulée pour ces trois pays et que nous ne cessons d'accroître.
La question est de savoir, non pas si nous aurons deux, trois ou quatre A, mais à quel taux on va nous prêter l'argent dont nous aurons besoin à ce moment là. Quant à ceux qui vont nous prêter cet argent, ce sera probablement ceux qui en ont, c'est-à-dire, en gros, les Chinois, les Arabes (pas trop!) et les Brésiliens.
On peut trouver cette situation ubuesque ou kafkaïenne, selon les références littéraires qu'on préfère, puisque ceux à qui nous allons emprunter pour payer les intérêts de nos dettes sont précisément ceux qui détiennent l'essentiel des créances qui nous accablent!
Ces gens-là sont-ils bien raisonnables de nous prêter de l'argent pour que nous payons des intérêts de dettes que nous avons chez eux, mais dont rien ne prouve que nous serons capables, un jour, de rembourser le capital?
Personnellement dans la situation de Messieurs Wong Li, Ben Machin ou Perreira, j'hésiterais à consentir de tels prêts, même à un intérêt élevé.
On peut toutefois avoir un raisonnement différent et il faut espérer qu'ils l'auront.
Ils peuvent en effet se dire qu'en réalité les 100 milliards qu'ils vont nous donner vont aussitôt leur revenir. Ces 100 milliards ne sortiront de la poche droite de Messieurs Wong Li, Ben Machin ou Perreira que pour revenir immédiatement dans leur poche gauche par le biais des paiements d'intérêts que nous serons bien obligés de faire. L'opération est donc nulle et n'aura pour effet que d'augmenter encore notre gigantesque dette et de nous permettre de recommencer l'opération l'année prochaine avec les mêmes interlocuteurs et une dette accrue d'autant!
Tout cela est donc parfaitement fou et les seules vraies raisons qu'ont Messieurs Wong Li, Ben Machin ou Pereira de consentir ces nouveaux prêts sont que, d'une part, ils vont récupérer immédiatement la centaine de milliards prêtée et que, d'autre part, s'ils refusent de nous consentir ces prêts et par là nous précipitent dans le gouffre de la faillite, ils vont eux-mêmes y perdre non une centaine mais les milliers de milliards de dollars qu'ils nous ont sottement prêtés.
A ce jeu de poker menteur mondial, pourquoi ne pas nommer notre Patrick Bruel ministre des finances?
Comme j'ai eu l'occasion de le dire dans un précédent blog, tout cela ne signifie pas grand-chose et seuls deux éléments comptent dans toute cette affaire, mais naturellement nul n'en parle.
Le premier est le taux d'intérêt auquel les Etats endettés peuvent prétendre auprès des prêteurs.
Pour simplifier les choses et sans entrer dans les décimales, l'Italie emprunte à 6 %, la France à 3%, l'Allemagne à 2% et le Japon 1,5 %. Tout le reste n'est que littérature. Je vous fais grâce ici de discussions oiseuses sur les décimales de ces taux ; seuls comptent les ordres de grandeur et il est facile de voir ce qu'ils signifient.
La comparaison la plus facile mais la plus intéressante est celle de la France et de l'Allemagne puisque ces deux pays, pour le moment et par la grâce des Moody's de service, ont tous les deux le triple A dont on nous rebat les oreilles (Hommage au Père Ubu!). On voit bien que ceux qui tiennent les cordons de la bourse des prêts ne jugent pas que ces deux AAA (Ah! Ah! Ah! doivent ils se marrer en leur for intérieur) sont équivalents, puisque le taux français est de 50% plus élevé que l'allemand. Le taux apparemment extravagant dont bénéficie le Japon (qui n'a pas de AAA) tient à ce que c'est sans doute le pays dont la situation est la plus sûre et les prêteurs ne s'y trompent évidemment pas.
Second élément annoncé.
La France se réjouit en cette fin d'année 2011 d'avoir encore bénéficié d'un taux intéressant pour les sommes qu'elle vient d'emprunter. Ne nous y trompons pas! En dépit de l'énormité de notre dette et de perspectives plus qu'incertaines, nous devrons continuer à emprunter et la période la plus difficile pour nous sera certainement le début de l'année 2012. Les principaux pays européens, la France, l'Allemagne et l'Italie, devront, en effet, à ce moment-là emprunter une bonne centaine de milliards d'euros. Naturellement cette centaine de milliards d'euros ne sera destinée qu'à payer les intérêts de la dette gigantesque qui s'est accumulée pour ces trois pays et que nous ne cessons d'accroître.
La question est de savoir, non pas si nous aurons deux, trois ou quatre A, mais à quel taux on va nous prêter l'argent dont nous aurons besoin à ce moment là. Quant à ceux qui vont nous prêter cet argent, ce sera probablement ceux qui en ont, c'est-à-dire, en gros, les Chinois, les Arabes (pas trop!) et les Brésiliens.
On peut trouver cette situation ubuesque ou kafkaïenne, selon les références littéraires qu'on préfère, puisque ceux à qui nous allons emprunter pour payer les intérêts de nos dettes sont précisément ceux qui détiennent l'essentiel des créances qui nous accablent!
Ces gens-là sont-ils bien raisonnables de nous prêter de l'argent pour que nous payons des intérêts de dettes que nous avons chez eux, mais dont rien ne prouve que nous serons capables, un jour, de rembourser le capital?
Personnellement dans la situation de Messieurs Wong Li, Ben Machin ou Perreira, j'hésiterais à consentir de tels prêts, même à un intérêt élevé.
On peut toutefois avoir un raisonnement différent et il faut espérer qu'ils l'auront.
Ils peuvent en effet se dire qu'en réalité les 100 milliards qu'ils vont nous donner vont aussitôt leur revenir. Ces 100 milliards ne sortiront de la poche droite de Messieurs Wong Li, Ben Machin ou Perreira que pour revenir immédiatement dans leur poche gauche par le biais des paiements d'intérêts que nous serons bien obligés de faire. L'opération est donc nulle et n'aura pour effet que d'augmenter encore notre gigantesque dette et de nous permettre de recommencer l'opération l'année prochaine avec les mêmes interlocuteurs et une dette accrue d'autant!
Tout cela est donc parfaitement fou et les seules vraies raisons qu'ont Messieurs Wong Li, Ben Machin ou Pereira de consentir ces nouveaux prêts sont que, d'une part, ils vont récupérer immédiatement la centaine de milliards prêtée et que, d'autre part, s'ils refusent de nous consentir ces prêts et par là nous précipitent dans le gouffre de la faillite, ils vont eux-mêmes y perdre non une centaine mais les milliers de milliards de dollars qu'ils nous ont sottement prêtés.
A ce jeu de poker menteur mondial, pourquoi ne pas nommer notre Patrick Bruel ministre des finances?
vendredi 2 décembre 2011
Chancelière ?

Je devrais désormais éviter tout blog qui comporte des observations lexicographiques puisque je suis mis en examen pour avoir tenté d'expliquer à l’un des notables majeurs de notre régime quel était le véritable sens du mot « errement » pour lequel il avait, en revanche, un goût particulier. La chose a déplu et me voilà mis en examen pour diffamation.
Je suis toutefois un peu agacé par l'emploi qui est fait, depuis quelque temps, du mot « chancelière ». Je sais bien que les Québécois, sous la pression de leurs féministes, ont tenté de nous entraîner à la féminisation systématique des noms de métier ou de fonctions. Nul n'ose plus dire désormais (pas même celles qui, dans ces fonctions, étaient favorables à une telle solution) « Madame le ministre » ou « Madame le recteur » ! Dans le second cas, il est facile et inodore de féminiser le mot « recteur » par la simple adjonction d'un e final muet ; dans le cas du terme « ministre », les choses sont plus délicates ; je ne sais pas quel choix officiel a été fait et si l'on est allé jusqu'à la « ministresse » que je n’ai pas entendu à ce jour. Je ne sais pas davantage comment les choses se sont réglées « officiellement » entre nos cousins québécois et l'Académie française qui au départ était tout à fait réticente devant les réformes proposées par les enfants de nos anciens « arpents de neige ».
Je trouve, en revanche, tout à fait étonnant l'emploi actuel qui est fait du terme « chancelière » par la presse audiovisuelle française qui, de toute évidence, ne connaît pas le sens, ni même l’existence d’un mot « chancelière » en français. Ne consultez surtout pas sur ce mot Google qui n’en sait pas davantage. De toute évidence, comme le grand personnage que j'évoquais en commençant, on ne connaît pas l’existence du vrai terme « chancelière » que je me permets de rappeler ici à partir de ma source permanente et unique, le Trésor de la langue française :
« Chancelière : subst. fém..AMEUBL. Coussin ou, parfois, boîte, garnie intérieurement de fourrure et dont l'ouverture d'un seul côté permet de glisser les pieds pour les tenir au chaud. Devant elle, était une sorte de chancelière où l'autre pied restait douillettement enfoui (GIDE, Si le grain ne meurt, 1924, p. 529).
Prononc. et Orth. : [ ]. Pour [ ] cf. chancelier. Ds Ac. 1798-1932. Étymol. et Hist. 1762 (Ac.). Peut-être issu de chancelier* pour des raisons inconnues, cf. les emplois techn. de chambrière*, servante*. Fréq. abs. littér. : 19. »
Je pense que l'on croit, en la circonstance, s'autoriser de l'exemple allemand ou le mot « chancelier » ( Bundeskanzier) a effectivement une forme féminine « Bundeskanzierin » sans toutefois que cette forme, qui est, semble-t-il, utilisée par Angela Merkel elle-même, figure dans la constitution allemande. Comme je ne connais pas l'équivalent allemand du TLF s'il y en a un, je m’abstiendrai d'aller plus loin sur ce terrain. J’espère toutefois que Madame la chancelier ne me fera pas un procès en diffamation pour l’avoir implicitement comparée à un meuble !
Est-ce pour se mettre les pieds au chaud, afin de se prémunir contre les probables froidures d'une campagne électorale hivernale, que notre président a envoyé le texte de son discours à Madame Merkel avant de le prononcer à Toulon ? Ce n'était en tout cas pas très habile et ses adversaires ne se font déjà pas faute de lui reprocher d’être allé ainsi non pas à Canossa (on connaissait leurs différends sur nombre de points car ils n’en faisaient guère mystère !) mais à Berlin !
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