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samedi 31 décembre 2011

Bonne et heureuse année à toutes et tous




Il est un devoir auquel je pense avoir toujours manqué durant toutes ces années (cinq me semble-t-il) pendant lesquelles j'ai écrit des blogs, c'est celui de présenter mes voeux à celles et ceux qui me font l’honneur et l’amitié de me lire. Ce n'est pas faute d'y avoir pensé, mais jusqu'à ce que je me mette sous l'aile protectrice de Google et du Premier Amendement, je ne disposais pas des informations que Google met, en revanche, à la disposition de ses blogueurs. Comment aurais-je pu présenter des vœux dans le vide sidéral du net ?

Ces informations ne sont pas seulement statistiques mais informent en particulier sur l'origine des lecteurs. Je consulte, de temps en temps, cette rubrique et je suis toujours étonné de ce que j’y apprends. J’y constate en effet, sans surprise, que plus des deux tiers de mes lecteurs sont en France ; le reste, en revanche, se répartit, pour l'essentiel entre la Russie (souvent en tête grâce aux mentions qu'Expat fait de mon blog dans le sien), le Canada et les États-Unis. Viennent ensuite la Réunion (où j'ai quelques amis) la Belgique et l'Allemagne. Tout cela est assez explicable. Ce qui est plus curieux en revanche et ce sur quoi je m'interroge est de voir soudain se manifester inopinément plusieurs dizaines de lecteurs en Australie ou au Japon sans pourtant le sujet traité concerne, en quoi que ce soit, l'un de l'autre de ces pays. Ce sont les mystères du net et mieux vaut ne pas trop s'attarder.

Ce qui est intéressant en revanche est l'identification des systèmes d’exploitation qui est également faites dans les statistiques de Google. Comme on peut s'y attendre, Windows se taille la part du lion avec les trois-quarts des consultations mais j'ai eu la surprise d'y découvrir l'autre jour une consultation par un système que je ne connaissais pas que j'ai mis à l'honneur en tête de ce blog. Quelques explications sur l'origine bantoue de ce terme, données par son site, même si ces indications ne sont pas tout à fait ce que j'en pensais : « « Ubuntu » est un ancien mot africain qui signifie "humanité aux autres". Ubuntu signifie également "Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous". La distribution Ubuntu Linux apporte l'esprit Ubuntu au monde logiciel ».
Honneur donc aux langues et civilisations bantoues que j'ai eu l'occasion d'évoquer dans ce blog à propos de l'inénarrable thèse sur le zoulou et le créole haïtien de l’ancien (et peut-être futur) Président de la République d’Haïti, Jean-Bertrand Aristide.

Chères lectrices et chers lecteurs, bonne et heureuse année 2012 à vous et aux vôtres et à l'année prochaine.

jeudi 29 décembre 2011

Investissez dans un footballeur argentin (suite)

Comme vous avez pu le constater, si vous avez lu mon premier blog «Investissez dans un footballeur argentin » (reproduit ci-dessus), j'avais vu assez juste en rédigeant ce texte dès début août 2011. L'affaire Javier Pastore s'est, en effet, à peu près terminée comme je l'avais prévue et la prétendue vedette argentine venue de Palerme (on aurait dû se méfier) a terminé la première partie de la saison sur le banc des remplaçants, en froid avec le manager après des échanges aigre-doux par presse interposée.

Voici qu'un deuxième (je ne dis pas "second") épisode commence avec l'achat d'une nouvelle vedette du football argentin en la personne d'Alexandre Rodrigues da Silva dit Pato qui jouait à Milan (… pas tellement semble-t-il et avec des fortunes diverses en fonction de son état de santé et des relations avec le coach). Il n'est pourtant pas « pataud », comme on pourrait le croire, car ce nom, qui n'est pas le sien, vient du fait qu'il est originaire de « Pato Branco ».

Nombre de détails font penser que son cas n'est pas sans analogie avec celui de Javier Pastore. C’est le footballeur argentin type, dans le genre mondain, danseur de tango élégant avec quelques éclairs de génie mais sur lequel on ne peut guère compter pour l’effort et dans la continuité. Il est en outre de la plus grande fragilité et il a passé plus de temps à l'infirmerie que sur les terrains.

En tout état de cause, à condition de trouver un émirat généreux et pas trop connaisseur, on peut en moins néanmoins espérer faire des affaires avec ce Pato. Acheté par le PSG pour 50 millions, il n’en avait coûté que 24 il y a trois ans au Milan AC qui en avait alors fait l'emplette. Certes le rendement est moindre que pour Pastore, mais doubler la mise en trois ans est néanmoins intéressant. Madhoff, après tout, n'en promettait pas plus !

La principale particularité de ce Pato, qui n’a guère convaincu balle au pied (ce qui lui laissait des loisirs), est, en fait, à sa liaison avec Barbara Berlusconi, la fille du patron du Milan AC. Il y a donc là la matière d'un roman pour la collecte Harlequin car on ne sait trop démêler les raisons du coeur de celles du portefeuille.

Sans doute compte-t-on au PSG et au Qatar sur l'avenue d'Anceloti qui devrait être le sorcier capable de mettre d'accord tous ces joueurs dont l'ego ne doit pas être des plus modestes ; on espère que ses talents culinaires l’aideront à faire monter la mayonnaise au Parc des Princes, mais comme il a bétonné son contrat pas de risque pour lui !

Tout compte fait l'émir du Qatar n'est peut-être pas le pigeon oriental que l'on imaginait puisque j'ai appris hier, dans je ne sais quelle chaîne télévisée, qu'en revendant, quelques moi, en le revendants après l’achat d'un immeuble acquis auprès de l'État français, il avait fait 50 millions de bénéfices c’est-à-dire le prix payé au PSG pour Pato.

Au fond et à y bien réfléchir, c'est nous autres pauvres Français surendettés qui, à travers les incompétences de Bercy, avons offert Pato au Quatar et au PSG !

Qu’est-ce-qu’on dit à la France Monsieur l’Emir ?

Achetez-vous un footballeur argentin!



J'ai publié le dimanche 7 août 2011 un blog que peu d'entre vous ont dû lire et que je reprends ici avant de lui donner une suite dans la journée.Si vous connaissez et suivez tant soit peu le foot, vous rendrez hommage à ma claivoyance estivale.

"Vu la conjoncture économique et financière actuelle, on ne sait plus où trouver des placements sûrs et fructueux.

L'or a atteint une limite ; l'immobilier reste certes une piste exploitable, mais si l'on doit passer par les banques, les taux d'intérêt ont monté et le feront encore. Il reste toutefois la voie royale : le footballeur argentin.

Si vous songez que Palerme à acheté Javier Pastore il y a deux ans pour 8 millions d'euros et vient de le vendre au PSG pour 42 millions, dites-moi un peu où vous pouvez trouver un placement qui vous rapporte, par an, 200 % (laissons tomber, s'il vous plaît, les miettes et les intérêts composés !).

Il faut tout de même vous méfier, car Dieu sait que, dans le milieu du football, les aigrefins, voire les repris de justice, sont légion, à commencer par ceux que l'on appelle joliment les "agents" (sans doute par référence à la police mais par antiphrase) qui, souvent, passent directement de la paille humide des cachots aux fauteuils de leurs jets privés ou aux positions les plus officielles dans nos médias. Je ne vise naturellement personne!

Certes, tout le monde n'a pas la chance de tomber sur un émir du Qatar qui, à peine descendu de son chameau, investit 100 millions dans une équipe bidon qui se permet d'en claquer 42 pour acheter un danseur de tango maigrelet, venu de Cordoba.

Javier Pastore est un charmant jeune homme, grand et svelte. Ses biographes s'accordent à lui accorder une taille d'un 1,87 mètre mais le font peser tantôt 75, tantôt 78 kilos, ce qui, pour un prix total de 42 millions d'euros, met tout de même le kilo de Javier aux alentours de 500.000 à 600.000 euros. Son poids est un peu imprécis mais ses états de service footballistiques sont encore nettement plus flous.

Ayant dû quitter l'Argentine suite à la quasi-faillite du club Huracan où il venait de signer un an avant, il aurait fait un séjour de test de recrutement à l'AS Saint-Étienne qui finalement n'en a pas voulu. C'est assurément une grosse bêtise sur le plan commercial quand on voit la suite, quels que soient les talents de footballeur de Pastore.

On nous le présente également comme l'une des gloires du football argentin ( le nouveau Messie, nous assène-t-on, mais on doit se souvenir que Barcelone a recruté le vrai Messi à 13 ans, le faisant venir en Catalogne avec toute sa famille pour un traitement médical !) et surtout de son équipe nationale. En fait, vus de plus près, ses états de service comme international ne sont pas des meilleurs.

En fait, il ne l'a guère été vraiment. Il a joué dans une sélection non officielle (à Barcelone contre une sélection de Catalogne où il est entré en deuxième mi-temps le 22 décembre 2009) ; il a été sélectionné contre l'Allemagne mais sans jouer. Le premier match international où il a joué est celui contre le Canada, le 25 mai 2010, dans une rencontre de préparation du Mondial sans trop d'histoire puisque l'Argentine a gagné cinq à zéro. En fait, son seul vrai match officiel et non amical, en Afrique du Sud, a été, le 22 juin 2010, contre la Grèce, où il a joué, en tout et pour tout, 13 minutes en seconde mi-temps. Pour le nouveau Messie qu'on veut nous vendre c'est tout de même un peu léger face au vrai Messi qui, à l'âge de Pastore (il a exactement 2 ans de plus) comptait déjà 14 sélections internationales.

Ajoutons qu'à Palerme, en deux saisons, Pastore n'a marqué que 17 buts (4 la première année et 13 la seconde), alors que Messi, certes dans un autre emploi, en a inscrit, pour le Barça 108 durant la même période.

En tout cas les Palermitains ont fait, dans cette affaire Pastore, une excellente opération. Il n'est pas sûr qu'il en soit de même pour le PSG.

Il est fort à craindre que le prince du Qatar soit le dindon de la farce, ce qui n'est pas véritablement fait pour me chagriner!"

mercredi 28 décembre 2011

Bambi No!

Voici que le triple AAA de la France, le triple meurtre de Marseille, la mort du dictateur nord-coréen et les événements de Syrie sont désormais passés au second plan. Bambi, comme Zorro, est arrivé et depuis ce matin, toute la presse écrite et audiovisuelle française n’a d’yeux et d’encre que pour lui.

Je vous épargne le récit détaillé de la chose, car je vois mal comment vous auriez pu y échapper ; si vous avez eu, pour le moment, cette chance, soyez sûrs qu'elle ne durera pas au-delà des informations du soir.

Michel Drucker, qui me semble en perte de vitesse médiatique depuis ses ennuis dans le Lubéron, ne s'y est d'ailleurs pas trompé et, à défaut d'enfourcher Bambi, en lieu et place de son vélo, il s'est aussitôt mis sur les rangs pour assurer sa survie en le recueillant. Comptez sur lui pour l’amener à son émission dominicale. Je ne comprends pas que BHL n'ait pas déjà chaussé ses bottes de caoutchouc pour se rendre en Charente et qu'un de nos hélicoptères en mission spéciale n'ait pas déjà déposé notre président près de la ferme des Espiot à Mirambeau (Charente-Maritime).

Une famille bien de « cheux nous » ces Espiot, comme en portent témoignage les images que la presse nous a déjà livrées (avec le kil de rouge sur la toile cirée de la cuisine). Il y a un an Raymond a trouvé, prisonnière d’un piège à renard, une femelle chevreuil que la famille, pleine d’imagination, a baptisée Bambi(e)
( je ne sais pas si ce féminin est bien légitime, m’enfin !). Bambie, élevée au biberon, par Emilienne, est devenue l’enfant de la famille et sa mère adoptive déclare, émue : « Je l’ai nourrie sur mes genoux comme un chaton. Elle dort dans la maison avec le chien et, la journée, elle est dehors avec les poules et les lapins.
Devenu adulte, elle est parfaitement acclimatée à la vie de la ferme familiale, car tout cela se passe dans la Vendée profonde et dans une ferme de ce beau pays.

Jusque-là rien de très étonnant, mais c'est à ce moment qu'entre en scène notre Père Soupe-Ubu qui n’a guère à faire, de toute évidence, mais dont la vigilance ne se relâche jamais. Le Père Soupe animalier du coin a repéré de ses cent yeux la pauvre Bambie dans sa ferme vendéenne et a aussitôt sorti de ses tiroirs un mystérieux règlement qui interdit, Dieu seul sait pourquoi, à un animal sauvage de séjourner chez des particuliers, fût-ce dans une ferme.

Je ne sais pas ce qui se passe pour les milliers de furets et de hamsters dont raffolent nos enfants ; assurément, ce sont aussi, me semble-t-il, des animaux sauvages et ils séjournent souvent dans des lieux moins propice à leur existence quotidienne qu'une ferme de nos campagnes. Passons sur ce détail. La chose est assurément sans la moindre importance et, pire encore, sans le moindre intérêt. Toutefois entre Noël et le jour de l'an, quand tous les gros bras de l’information sont au ski ou aux Antilles, la presse ne peut pas se montrer trop exigeante sur le choix et la qualité des informations.

Toujours est-il que l'ubuesque Père Soupe a décidé, dans sa grande sagesse, qu'à compter du 31 décembre 2011 (je ne sais pas davantage ce que signifie le choix d'une date aussi précise qu’inattendue), Bambi(e) devra être placée en résidence surveillée dans le parc animalier du coin.

Emilienne et Raymond se sont vus aussitôt vus accabler de demandes d'interviews et ne délaissent les radios que pour passer dans les télévisions, sans qu'on sache très exactement, ni ce que signifie ce qui justifie cette mesure administrative, au demeurant totalement absurde, ni comment pareille information a pu susciter un tel déchaînement médiatique.

Résisterai-je à la tentation de conclure une fois de un blog par : « Pauvre France » ?

samedi 24 décembre 2011

Progrès et modernité de merde !

Excusez-moi d'être grossier, mais ma fureur le légitime sans aucun doute, à mes yeux du moins.

D'une façon inattendue, j’ai été amené à acheter, par Internet pour gagner du temps et éviter la gare (pensais-je non sans candeur) un billet de train pour un trajet Aix-en-Provence-Lyon et retour.

Je passe sur le prix, un peu inattendu pour qui, comme moi, est sans cesse assiégé par les offres alléchantes de prix bas faites par la SNCF que son monopole de fait devrait détourner de faire une si coûteuse et surtout si fallacieuse publicité. En modeste deuxième classe s'il vous plaît, le trajet en cause coûte 120 € soit 25 % du prix d'un aller-retour en avion entre la France et les États-Unis. Les deux villes françaises étant distantes de 300 km, je vous laisse le soin de faire le calcul et de constater que le train français coûte environ cinq fois plus cher que l’avion au kilomètre parcouru !

Le prix est une chose, mais ce n'est rien à côté des complications qu’entraîne l'acquisition d’un titre de transport. L'opération m'a pris environ une heure, la SNCF étant incapable, depuis plus de 20 ans, de créer et de gérer les systèmes informatiques qu’elle s'efforce de mettre en place.

Je vous épargne le détail qui est d'une complication hors de proportion avec ce qui se passe par exemple dans le cas du transport aérien dont je ne suis pourtant nullement le thuriféraire, mais où les choses sont néanmoins infiniment plus simples et mieux conçues.

Je ne sais pas si c'est en raison des « retraits » successifs des contrôleurs suite à des problèmes avec des voyageurs (les syndicats de « cheminots » - et ce terme même est tout un programme – interdisent l’usage du mot « clients » !) récalcitrants, J'en doute un peu car j'ai cru entendre que ces incidents étaient causés, le plus souvent, par les voyageurs qui n'avaient pas de billets. ).

N’est-ce pas plutôt simplement l'idéologie sécuritaire qui semble se mettre en place de plus en plus dans notre pays ? Toujours est-il que, pour acheter un simple billet de train, il faut non seulement fournir son identité (nom et prénom mais également sa date de naissance !) et, dans le cas d'un achat par Internet, son adresse électronique (en double s’il vous plait). A quend les empreintes digitales et bientôt le code génétique ?

J'ai cru comprendre aussi que désormais les contrôles par les contrôleurs de la SNCF pouvaient être étendus jusqu'à l'exigence de la présentation d'une pièce d'identité de la part du voyageur. Ils ne vont pas tarder à exiger des augmentations de salaires et le port d'une arme!

Tout cela n'est encore rien, le système est si tarabiscoté que vous ne pouvez même pas acheter et payer un billet pour quelqu'un d'autre que vous-même (votre femme, votre sœur ou votre petite amie) puisque, en cas de contrôle, elle devra fournir, en même temps que son billet de train, la CARTE DE CREDIT qui a servi à payer(donc la VOTRE) ! C'est commode ! Il faut donc absolument que le ou la titulaire du billet soit également en possession, au moment du transport, de la carte de crédit qui a servi à le payer ! Au fou !

Et c’est loin d’être fini. Lors du paiement électronique, vous devez, comme partout et toujours, donner les numéros de la carte de crédit ainsi que le « numéro de sécurité » et la date d’expiration de la carte de crédit. Rien de nouveau jusque là mais désormais votre banque va vous donner les chiffres d’un autre numéro de sécurité. La cerise sur le gâteau est qu’elle vous appelle alors PAR TELEPHONE SUR LE CHAMP pour vous communiquer cet indispensable numéro ! Impossible d'avoir le billet sans fournir ce numéro ! On croit rêver.

Un conseil d’ami. Pour acheter un billet de train, soyez surtout CHEZ VOUS, avec une bonne heure à perdre, devant votre ordinateur, près de votre imprimante (Gare à la panne...les cartouches d’encre sont-elles toutes bien pleines ?) et surtout en ayant à portée de main de votre téléphone (avec papier et stylo sous la main !).

On assiste une fois de plus au mariage grotesque, mais cette fois surréaliste, du Père Soupe et de la Mère Ubu soue l'oeil vigilant de Big Brother !

Moralité : prenez votre voiture (tant pis pour le CO2) ou l'avion (idem), si les gens en sécurité aéroportuaire vous permettent de le faire ou, mieux encore restez chez vous.

Joyeux Noël!

vendredi 23 décembre 2011

« Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil... »

Il ne s'agit pas là de l'Arménie, mais de Chio, "l'île des vins" que le Père Hugo évoquait dans "l'enfant grec" (celui qui, déjà, tel un petit marseillais des quartiers Nord, ne voulait, pour son Noël, que "de la poudre et des balles"), que nous avons tous appris autrefois à l'école.

La turquerie (mais sans le Mamamouchi) était hier à l'ordre du jour au Palais Bourbon. Le génocide arménien n'y a pas fait recette et nos représentants, en cette période festive, avaient choisi les grands magasins et les courses de Noël. Il faut bien admettre qu'il n'y avait pas la foule, même en regroupant les rares assistants pour la télé et ses savants cadrages! Pas même un député sur dix quoique, comme on nous le dit, le texte ait été voté " une large majorité".Vive l'électronique parlementaire!

On se fâche avec les Turcs sans combler les Arméniens qui sauront apprécier et évaluer à sa juste mesure l'intérêt de la représentation nationale française pour leur cause. Enfin Devedjian a pu à nouveau attirer la presse et Renaud Muselier a été l'un des rares à se manifester publiquement sur le sujet. Il est vrai qu'il est lui-même, comme par hasard, marseillais et qu'il doit, si j'ose dire, "marquer à la culotte" sa rivale, UMP et phocéenne, Madame Boyer qui est à l'origine du texte.

Hollande, toujours prudent, a donné des espoirs et des assurances à tout le monde (et d'abord à lui-même) en rappelant que le texte doit être approuvé par le Sénat (passé à gauche) et surtout que l'ordre du jour des assemblées peut-être modifié par le gouvernement (suivez son regard , certes normal mais qu'il peut espérer présidentiel).

Les Turcs ont été assez réactifs (trop selon Juppé!)pour nous faire, comme on pouvait le prévoir, la réponse du berger à la bergère, car, pour ce qui est des génocides, nous sommes, à une échelle plus modeste certes, en assez mauvaise position pour donner des leçons aux autres et ils n'ont pas manqué de nous le rappeler. Mais quel peuple peut prétendre ne pas avoir eu, à moment ou à un autre de son histoire, avoir eu quelque activité génocidaire même si elle était de moindre ampleur?

Le problème n'est d'ailleurs pas là. Le plus curieux de la chose est que si la France verse volontiers des larmes, plus ou moins sincères quand elles ne sont pas méridionales, sur le génocide arménien, elle n'en connaît manifestement pas bien le déroulement historique. En effet, à d'autres moments, nous nous apitoyons tout autant sur le sort infortuné des pauvres Kurdes qui furent pourtant, à bien des égards, les instruments les plus sanglants du génocide arménien.

Il y a probablement, dans tout cela, du côté français comme du côté turc, aux plans nationaux et international, des arrière-pensées, des sous-entendus et des plans sur la comète, dont on ne nous informe guère et qui ne nous intéressent, en fait, pas davantage.

Espérons toutefois que la mise au pilori de la Turquie apportera quelques consolations dans leur malheur d'abord à Bachar el Assad, qui ne doit pas être fâché de voir la communauté internationale se donner enfin une autre tête de Turc, et surtout aux Grecs que les malheurs ottomans distrairont un instant de leur austère morosité.

jeudi 22 décembre 2011

Génocide arménien et élections françaises


Il n'est bruit que de l'élection présidentielle mais pour bon nombre de nos élus son intérêt et sa préparation ne leur font pas, pour autant, oublier l'élection législative qui fera suite à l'intronisation du nouveau président de la République. Quand on peut inscrire dans la campagne nationale pour la première la préparation locale de la seconde, les choses en vont encore mieux.

L’assemblée nationale doit se prononcer, ce jeudi 22 décembre 2011, sur une proposition de loi qui prévoit un an de prison et 45.000 euros d'amende en cas de négation d'un génocide reconnu par la loi. Or la loi du 29 janvier 2011 a établi l'existence d'un génocide d'Arméniens par la Turquie opéré entre 1915 et 1917 et ayant provoqué, selon les Arméniens, 1,5 million de morts.

Ce projet de loi est approuvé par le gouvernement puisqu’il a choisi de ne pas le retirer de l’ordre du jour. Mieux le ministre des affaires européennes, Jean Leonetti, concerné au premier chef par le caractère inévitable de la réaction de la Turquie, a expliqué pourquoi, ce mercredi matin, sur diverses ondes nationales : « Aujourd'hui, l'ensemble des peuples doivent être lucides et courageux et regarder leur histoire. Le génocide arménien, ça fait presque 100 ans que ça s'est produit, les responsables sont morts, c'est simplement une reconnaissance d'un fait historique. ».

Il tentait par là de répondre aux propos hostiles au vote d’un tel texte tenus par deux délégations turques, l'une composée d'hommes d'affaires, l'autre de parlementaires, venues à Paris la semaine dernière, sans doute par hasard et qui avaient tenté d'infléchir la position française sur cette proposition de loi.
Relayant cette démarche, dans une « lettre ouverte aux députés de l'Assemblée nationale » publiée dans le Figaro, le Comité de coordination des associations franco-turques de France s’était déclaré « très inquiet par la perspective du vote » de cette proposition de loi dont il dénonçait par ailleurs les « fins électoralistes évidentes », l’intention étant, à ses yeux, d’attirer vers Nicolas Sarkozy les voix des Arméniens de France lors de la présidentielle française.

Rideau de fumée ou réel désaccord, le projet de loi sur le génocide arménien semble diviser la majorité, au point que Gérard Larcher s'y déclare opposé ainsi que quelques autres élus de la majorité. Je ne sais pas quels sont les motifs réels qui animent exactement Gérard Larcher et jusqu’où va son désaccord, car avec nos hommes politiques, les motivations sont souvent fort complexes. En revanche les mobiles des partisans de cette loi sont, eux, parfaitement clairs et même d’une éclatante évidence.

Quoique je n'ai pas entendu mentionner cette circonstance Mme Valérie Boyer, députée du huitième arrondissement de Marseille, a de bonnes raisons de s'attirer les faveurs de la communautaire arménienne de cette ville (elle-même n’est pas marseillaise alors que Jean Léonetti est né à Marseille!).

Forte de 80 000 personnes environ (dix pour cent de la population totale de Marseille et le sixième des Arméniens de France), la communauté arménienne tient une place éminente dans une ville où l’on passe du boulevard Charles Zeytountzian au boulevard Ararat pour gagner l'avenue du 24 avril 1915 (date du début du génocide arménien) où sont nombreux les restaurants arméniens, où l’on peut boire de la bière arménienne Koytak et manger du pasterma (viande de boeuf séchée assaisonnée au paprika. Nombre de personnalités marseillaises sont d’originaire arménienne. Pour prendre l’exemple des milieux universitaires, où pourtant cette communauté n'est pas particulièrement représentée, elle a fourni récemment encore un président d'université ( Aix-Marseille 1) et un doyen de faculté de droit (Aix-Marseille 3). Autres Arméniens célèbres de Marseille : Henri Verneuil (de son véritable nom Achod Malakian, né en Turquie) ou Robert Guédiguian (fils de docker et lui né à Marseille).

Jean Garbis Artin, fondateur de l'ARAM, l'Association pour la recherche et l'archivage de la mémoire arménienne, est la mémoire de cette communauté et en explique l’importance dans cette ville : « Entre septembre 1922 et fin 1927, 50 000 rescapés du génocide débarquent au cap Janet.[…] Sur cent Arméniens débarquant sur le port, quarante resteront à Marseille et s'entasseront dans les camps Victor-Hugo, Mirabeau et Oddo.» Les Arméniens sont donc là depuis longtemps et ont, pour la plupart marqué une volonté farouche de s’intégrer à la vie de la cité ; ils y ont souvent réussi et leur poids y est considérable.

Ce n'est donc évidemment pas un hasard si c’est Mme Valérie Boyer, une élue de Marseille, qui a pris cette initiative et si c’est Jean Leonetti, un Marseillais qui lui a été opposé, car on l’œil à tout dans la « com’ » actuelle. L’initiative sera certainement fort appréciée sur place comme ailleurs car, tout à fait légitimement, la rancoeur des Arméniens de France contre l'État turc est bien loin d'être apaisée.