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jeudi 13 janvier 2011

Pub : Les assassins sont parmi nous !

Hier je m'en suis pris à la nébuleuse de mes ennemis jurés où voisinent des pestes sociales, dont le vaste échantillonnage va d'Élisabeth Badinter à Jean-Pierre Coffe, en passant par Séguéla et Beigbeder. Au moment même où je mettais en ligne ce post, en écoutant, distraitement comme toujours, une radio, j'ai entendu une nouvelle, aussi sinistre que prévisible, que vous avez sans doute vous-même apprise.
Il s'agissait, dans la région d'Amiens, du massacre d’une famille complète (la grand-mère, la mère et la fille) par le père qui s'était ensuite pendu dans son jardin. Cette horrible situation avait été découverte par un huissier qui venait, avant saisie, faire l'inventaire des biens de cette famille surendettée. L'homme ne travaillait pas à France Telecom, comme on pourrait le penser ; il s'agissait d'un couvreur en retraite qui avait accumulé les dettes auprès des organismes de crédit (les chiffres allant, selon les sources, de 40.000 à 200.000 €).

J'ai déjà écrit ( je ne sais quand et je ne sais où, vu mes tribulations entre les divers blogs et les censures successives dont j’ai fait l’objet), sur la propagande effrénée à laquelle se livre, en particulier dans les télévisions et les magazines spécialisés dans ce domaines (qui sont l'unique lecture des populations les plus pauvres) une foule d'organismes de crédit dont les responsables devraient être, depuis longtemps, sous les verrous, après toutefois qu'on ait mis un terme à la publicité folle à quelle ils se livrent, avec la complicité des médias pour lesquels l’argent, même le plus puant, n’a pas d’odeur.

Le paradoxe fou est que nos gouvernants se livrent, depuis quelques années, à multitude d'analyses, de rapports et d'esquisses de mesures contre le surendettement qui atteint des populations de plus en plus nombreuses. Le nombre des surendettées aurait augmenté en un an de 7,4 %, ce pourcentage constitue d'ailleurs un incroyable paradoxe arithmétique puisque on ne connaît même pas exactement le nombre de ces personnes surendettées dont l'évaluation va de 200.000 à 783.000 (j'aime beaucoup ce genre de précisions rabelaisiennes et je suis toujours tenté d'y ajouter la fameuse formule « Sans compter les femmes et les petits enfants »).

Je suppose, par ailleurs, que, comme moi-même, vous êtes régulièrement sollicités par les établissements bancaires dont vous êtes les clients, pour des crédits qu'on vous propose sans que vous ayez manifesté le moindre désir dans ce domaine.

Dans un post que je pourrais éventuellement retrouver, j’avais évoqué une émission de télévision (genre « Envoyé spécial ») que j'avais vue. On y montrait l'activité d'une de ces officines, dont les publicités sont également innombrables, qui vous proposent de racheter vos créances pour vous en réduire les remboursements. En dépit de la baisse des taux d’intérêt, la simple vue de ces margoulins et la moindre approche arithmétique du problème démontrent qu'il ne peut s'agir, là aussi, que d'impostures et d’escroqueries. L'émission montrait d'ailleurs que le démarcheur, qui venait rendre compte à son patron de l'activité qu'il avait eue auprès d'un client, se congratulait avec lui (le patron et pas le client !), se flattant d’avoir réussi à lui placer un nouveau crédit, en plus de ce tout ceux qu'il avait déjà et au remboursement desquels le débiteur ne parvenait pas à faire face.

On est une fois de plus dans une situation cruellement ubuesque ; on se demande même s'il n'y a pas là un raisonnement à la fois cynique et à très court terme, qui consiste à se dire que l'argent emprunté, que les intéressés ne pourront jamais rembourser, constitue néanmoins des injections artificielles de cash dans le circuit la consommation (la sacro-sainte relance) et que cela fait toujours marcher les commerces, non seulement celui des officines qui pratiquent cette activité mais aussi celui des produits que les surendettés peuvent ainsi acquérir sans en avoir le premier sou ?

Naturellement, comme dans d'autres affaires (et ce sera sans doute bientôt le cas du « mediator ») on va créer des fonds de secours pour annuler les dettes (le fric restant dans les poches des officines de prêt ) qui seront abondés par l'État français, c'est-à-dire, chers contribuables, vous et moi !

Cerise sur le gâteau. Pour avoir ce matin un panorama de la situation générale, j'ai affiché dans Google, arme absolue des blogueurs, les deux mots « suicide, surendettement ». Comme disait la chère Marquise de Sévigné : « Je vous le donne en dix, je vous le donne en cent, je vous le donne en mille ».

La première chose qui m'est apparue est un bandeau publicitaire pour les jeux en ligne, suivie de l'inévitable mention « Jouez responsable !» précisant que le risque des jeux est le surendettement ! Si vous ne croyez pas, faites l’expérience. Je l'ai refaite moi-même et, comme je n’ai pas suivi exactement la même procédure, j'ai obtenu un autre bandeau publicitaire que je recopie fidèlement : « Besoin d'argent ? Pour un crédit de 500 à 40 000 €. Réponse rapide ». ».

Les assassins sont décidément parmi nous et, en outre, ils sont partout !

mercredi 12 janvier 2011

Je hais la publicité

Cette haine pour la publicité est peut-être finalement atavique, car mon pauvre père (comme on dit dans notre Midi ) s'interdisait l'achat de produits dont il devait subir la publicité à la télévision. Je songe parfois, en hommage à sa mémoire, à créer une association de toutes celles et tous ceux qui partagent un tel point de vue.

En fait, à y réfléchir, je hais peut-être moins la publicité que les publicitaires de tous poils, car nous n'en sommes plus, hélas, au temps du papa de Mme Badinter et de ses affidés qui alors faisaient simplement de la « réclame ».

Une des actions simples que pourrait envisager une telle association serait le détournement des publicités et des slogans qui les portent.

Ainsi, je ne sais quelle chaîne de grande distribution (les nouveaux exploiteurs du bon peuple, qui ont succédé aux maîtres de forges et aux marchands de canons dans le palmarès des fortunes françaises, style Michel-Édouard Leclerc, dont la distinction socio-monétaires se marquent dans le double prénom de l'intéressé par rapport à Edouard, son épicier de père), Casino, je crois, a lancé un nouveau slogan à peu près de ce type (vous vous doutez bien que je suis devenu presque sourd à ces annonces) « Faites des économies chez Casino »...Il suffirait d’y ajouter : « en vous abstenant de vous y rendre».

Ma haine se concentre volontiers sur deux catégories d'individus qui sont complices de ce genre d'entreprises.

D'une part, les « people » en tous genres qui vendent leur image, plus ou moins populaire, à des causes qui sont aux antipodes de ce dont ils se donnent les apparences. Ainsi ai-je vu, l'autre jour, Pierre Arditi, homme de gauche patenté, bredouiller je ne sais quoi pour sa défense, en réponse à une question sur la publicité qu'il faisait pour une banque, un peu comme autrefois, Noël Mamère, grand écolo devant l'éternel, faisait des ménages pour le nucléaire.

Le pire de tous est sans doute l’une de mes têtes de Turc favorites, l'ignoble Jean-Pierre Coffe, naguère encore grand défenseur de l'écologie gustative, qui met désormais sa binette ridicule et sa misérable faconde au service d’un marchand de boustifaille industrielle.

Les plus coupables sont naturellement les grands organisateurs et profiteurs d'un tel système dont Madame BBB (Élisabeth Badinter Bleustein-Blanchet) qui est l'une des grandes bénéficiaires du système. Cette dame patronnesse laïque est, en effet, somptueusement planquée dans le giron de Publicis (firme créée par son papa); l'austérité de son apparence (dont la coiffure est le signe le plus fort !) et l'affichage sempiternel de sa vertu la mettent au-dessus de tout soupçon et lui permettent de donner des leçons à tout le monde.

Parmi les stipendiés de ce système se trouvent, d'abord et aussi, les « créatifs », épithète dont ils se plaisent à se parer eux-mêmes, agents de base dont les petites mains sont assurément pures, mais dont le nez est généralement blanchi de cocaïne.

L'ancienne génération est représentée par Séguéla, dont les sottises complaisantes sur les Rolex et les flagorneries présidentielles attirent encore parfois l'attention des médias, dans les grandes périodes d'étiage du buzz.

Le prototype actuel, bien qu'il soit un peu en panne d’image et forcé à des formes de reconversion suite aux scandales divers dont il a fait l'objet, est Beigbeder qui réunit tous ces vices, fort heureusement ostensibles, dans une laideur provocante qu'il s'efforce de masquer sous des artifices capillaires et pileux.

Ne pourrait-on, pour le salut intellectuel et moral de la France, créer, parmi les multiples chaînes de France-Télévision, un havre audiovisuel unique où l’on s'abstienne de déposer en permanence, sous nos yeux, toutes ces ordures publicitaires; car je pense que vous avez constaté, comme moi, qu’après 20 heures et en dépit des engagements, la pub est toujours présente !

mardi 11 janvier 2011

Le mediator du loup-Servier de Neuilly

Voulez-vous que je vous révèle le secret du loup-Servier de Neuilly, espèce rare et qu’on ne rencontre guère ailleurs que dans les allées du pouvoir ?

88 ans, une petite poignée de milliards (ce qui le met bien loin, à un modeste dizième rang, derrière Mamy Zinzin), toutes ses dents ou presque et, depuis peu, la grand croix de la légion d’honneur !

On fait grand cas de cette distinction que notre président lui a récemment accordée (pour services rendus), en oubliant qu’il avait été fait commandeur dans ce même ordre par DSK en 2002, ce qui montre le bel éclectisme dont il sait faire preuve et qui est d’usage en pareils cas.

Tout le monde nous parle de sa grande découverte, son filon en quelque sorte, le « mediator », mais, pour tout cela, je vous renvoie aux écrits et aux propos de Philippe Even, un savant bambin de 78 ans, qui n’a pas sa plume ni sa langue dans sa poche et qui vous dira bien mieux que moi ce qu’il faut en penser.

En revanche, je vous révélerai, moi Usbek, Persan de mon état, ce que Philippe Even lui-même ne sait pas : l’origine du nom si singulier de « mediator » et donc, par là, de la fortune qui s’y est attacheé.

Adonc notre loup-Servier, qui avait fondé son laboratoire en 1948, tel Pasteur dans son grenier, cherchait désespérément depuis un médicament qui pût (comme dirait notre président et à ne pas confondre, comme les ignorants, avec « qui pue », même si l’affaire du mediator ne sent pas très bon !) assurer la fortune de son entreprise.

Nous étions alors dans les années 50 ; la période pudiquement dite des « restrictions », qui avait suivi la guerre, était achevée et on entrait alors dans ces « trente glorieuses » où, la prospérité revenue, la minceur, qui n’était plus obligée, redevenait à la mode.

Travaillant donc sans relâche sur son projet de médicament amaigrissant, J. Servier avait enfin mis au point la formule, mais ne parvenait pas à trouver un nom pour son nouveau produit, ce qui est un élément majeur du destin d'un remède.

Un soir, toujours à court d’inspiration, il tourna machinalement le bouton du poste de radio qui se trouvait dans son laboratoire et en constituait le principal, pour ne pas dire le seul ornement.

L’orchestre de Jacques Hélian, alors à la mode, entama, à ce moment, une rengaine « le régiment des mandolines » (paroles de Maurice Vandair et musique d’Henri Betti).

Le refrain commençait ainsi :
« En avant le régiment des mandolines
En attaquant du médiator
C'est nous qui serons les plus forts ».

J. Servier, sans penser un instant à Archimède (dont il ignorait jusqu’à l’existence) et moins encore à son fameux « è-u-rèka », si abusivement chagé en « euréka », et sans savoir, non plus, au juste ce que pouvait bien être un « médiator », eut l’intuition soudaine que ce nom ferait la fortune du laboratoire Servier, et que comme, dans la chanson, il assurerait le triomphe du régiment des mandolines.

Il avait raison et la suite l’a bien montré.
A quoi tient notre destin ?

dimanche 9 janvier 2011

Tonton dix ans après (redif. du 17/01/2006)

Déjà dix ans que François Mitterrand est mort. Comment ne pas le savoir?

C’est bête, au fond, qu’il soit mort juste après la fin de son mandat présidentiel. Lui qui passait pour tout prévoir aurait dû régler un peu mieux le programme. Les petits enfants de France auraient eu un jour de congé ; on lui aurait fait des vraies funérailles nationales avec la prolonge d’artillerie pour le cercueil, les drapeaux en berne, les sinistres roulements de tambours, les sabres au clair étincelants, les coups de canon, et tout, et tout...

Remarquez, oui et non ! Si l’on avait mis en branle la pompe tricolore, on n’aurait tout de même pas pu l’enterrer comme Louis XIV. Finalement, peut-être qu’il a eu raison d’attendre un peu ; il faut quand même choisir entre les funérailles nationales, donc inévitablement républicaines, et la sépulture royale. Il a réussi, à sa façon, à avoir les deux en même temps, comme souvent.

Si vous me permettez une remarque générale : c’est là qu’a toujours été la principale force de François Mitterrand. Il était l’incarnation des valeurs françaises, donc du radical-socialisme. Il réunissait les bonnes vieilles formules de cette France profonde qu’il avait choisie pour son affiche de campagne (le petit village avec son clocher blotti au coeur du vallon...). Il veillait toujours à la fois à « ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier », à se trouver près de « l’assiette au beurre » et à tenter d’avoir en même temps « le beurre et l’argent du beurre » (sans oublier la crémière...)."

Vichyste et résistant, partisan de l’Algérie française et de la décolonisation, ministre guillotineur et père de l’abolition de la peine de mort, farouche adversaire de la Constitution gaullienne et bénéficiaire principal de cette même constitution, ennemi de l’argent suspect et ami de Pelat et de Tapie, faisant dîner ensemble Bousquet et Badinter, il a toujours été tout et son contraire. Comment mieux finir un tel parcours qu’en faisant enterrer comme un monarque du XVIIème siècle l’ancien Président de la Cinquième République? Lui qui disait ne pas croire en Dieu n’aurait-t-il écrit, dans ses dernières volontés, « Peut-être qu’une messe »? Toujours le principe des oeufs, des deux paniers, du beurre et de la crémière..

Il lui fallait donc à son enterrement la vieille République laïque et la messe à Notre Dame, sa femme et sa maîtresse, ses fils légitimes et sa fille illégitime, ses amis socialistes et ses ennemis de droite, tout ce beau monde faisant assaut de larmes et d’éloges. Les thuriféraires de la droite (du grec « thur » encens) le disputant aux hagiographes de la gauche (du grec « hagios » saint) ; on a envie de crier « Halte au feu! » (mais ici du latin « fatutus » décédé).

On dit toujours que les Français ignorent la géographie, mais ils ne sont pas très forts en histoire non plus. Ca doit être pour ça qu’en France, et nulle part ailleurs au monde, on associe toujours à l’école, l’histoire et la géographie (« l’histoire-géo » ou même « listégé » comme on disait à l’époque où l’on était encore forcé de faire semblant de l’apprendre un peu).

L’enterrement de Louis XIV ... de Mitterrand, pardon ...ça a tout de même été « quelque chose », même si « la presse » ne l’a guère noté...Sans doute que les journalistes, comme les autres Français... ignorent l’histoire.

Donc petit rappel en forme de dyptique ; à ma droite, Louis, Quatorzième du nom ; à ma gauche (forcément), Tonton Premier.

D’abord le coup des deux enterrements, un grand classique des sépultures royales. Au temps des rois, on était encore un peu barbare ; on n’hésitait pas à vous charcuter la royale dépouille pour ensevelir le coeur ici et le reste là ; aujourd’hui, on sait mieux vivre ; le cercueil de Notre-Dame était sans doute vide, à moins qu’on n’y ait quand même mis son chapeau et sa cape pour donner quelque légitimité supplémentaire aux larmes furtives de militants sentimentaux, parqués à distance respectueuse par le service d’ordre, avec leur rose et leur mouchoir.

En fait, cette partition du corps royal préfigure une dispersion ultérieure des reliques ; là encore, nous sommes moins sauvages que nos ancêtres ; on ne mettra pas le gros orteil de Tonton Premier à Latche, une oreille à Château-Chinon et un fémur à Solutré ; c’est Jarnac qui a, si j’ose dire, enlevé le gros morceau ; les autres hauts-lieux de la mitterrandolâtrie devront se contenter de bricoles (j’allais dire « de bas-morceaux » !): on conservera pieusement, ici sa canne, là son feutre, abandonnant à des lieux de culte moins fréquentés des reliques d’importance mineure comme la laisse de son chien Baltique ou quelques plumes arrachées en douce aux canards de l’Elysée.

Mais la nature royale était aussi dans la fin de cette présidence ; on ne sait pas s’il faut dire « royale » ou « impériale » car Tonton Premier était à la fois Louis XIV et Caligula.

Encore un peu d’histoire, romaine cette fois.

Cet empereur romain, Caius Cesar Auguste Germanicus, dont on pourrait traduire par « sandalette » le nom que l’histoire lui a conservé, « combla de largesses sa famille » comme disent les livres; il finit par se proclamer Dieu (un point commun de plus avec Tonton Premier)

Un des faits qu’on signale toujours à propos de Caligula-Sandalette est qu’il donna à son cheval le titre de consul, ce qui constituait, chez nos ancêtres romains la plus haute magistrature.

François Mitterrand, qui préférait, paraît-il, les ânes, s’est vu offrir un jour un cheval et on a pu alors craindre le pire. Fort heureusement ce cheval, donné par quelque chef d’Etat asiatique, n’avait pas la nationalité française; il n’a donc pas été possible de le nommer Conseiller d’Etat au tour extérieur ; cette circonstance a fait le bonheur de Régis Debray pour qui cette faveur est devenue disponible. Fâché de cette déconvenue, Tonton Premier a dû se contenter de nommer ambassadeur de France son dentiste , et Inspecteurs Généraux son médecin et sa secrétaire.

Aux funérailles du Président-Roi voisinaient ses deux femmes, la légitime et l’autre, et ses deux lignées. Les mauvaises langues disent qu’à ce spectacle, Jacques Chirac, après avoir répété si souvent « Putain, deux ans! », grommelait avec envie « Putain, deux femmes! ». Bernadette, frappée elle aussi par ce spectacle funèbre, s’est immédiatement commandé aux Trois Suisses, qui ne sont nullement comme les anticléricaux primaires le prétendent le centre de ventes par correspondance du Vatican, une panoplie complète de veuve noire (avec chapeau à mantille incorporée) ; lors de la visite rendue au Pape, elle a pu tester cette tenue qui, de toute évidence, a fait sur Sa Sainteté la plus vive impression.

Mais revenons à notre propos.

Non content d’avoir installé dans les palais de la République sa maîtresse et sa bâtarde (je n’y peux rien, c’est le nom qu’on donnait aux enfants illégitimes des souverains), Tonton Premier a sans doute voulu que leur existence se trouve effectivement révélée avant sa mort, pour qu’elles puissent être officiellement présentes à sa royale sépulture. C’est sans doute ce qui explique qu’après avoir fait mettre toute la presse sur écoutes pour empêcher la divulgation de son secret d’alcôve, il s’en lui-même expliqué dans le cadre de la préparation de ses funérailles.

Le prénom de Mazarine donné à sa fille illégitime est, à lui seul, tout un programme et marque un hommage discret rendu à une grande figure de la monarchie française, le Cardinal Jules Mazarin par un homme qu’on a souvent qualifié lui-même de Florentin.

François Mazarin et Tonton Premier sont morts! Vive Mazarine!


Histoire brève

A propos de François Mitterrand

La scène se passe en enfer où François Mitterrand est accueilli par René Bousquet qui lui demande ce qui s’est passé depuis sa propre mort. Mitterrand lui résume l’essentiel et ajoute : « Tiens au fait j’ai posé une plaque pour le cinquantième anniversaire de la Rafle du Vel d’Hiv. ». Bousquet hoche la tête et répond : « C’est vraiment dommage que je n’aie pas pu être là. N’empêche que tu en as mis du temps à reconnaître que cette rafle a été la plus belle opération de police conduite en France! ».

Tonton quinze ans après ou les coups de Jarnac.

Ferai-je un blog tous les cinq ans pour l’anniversaire de la mort de Tonton 1er ? Je crains de ne pas tenir la distance et, par ailleurs, je ne vois guère à ajouter à celui que j’ai publié il y a cinq ans (17/01/2006) et que je reproduis ci-dessous , mais, à part, pour éviter à Olivier, mon plus ancien et plus fidèle lecteur, le pensum d‘une redif. !

Quelques remarques sur la cérémonie touchante de Jarnac, ce 8 janvier 2011, aussi remarquable par celles et ceux qui y assistaient que par celles et ceux dont l’absence était notable.

Et « les coups de Jarnac » me direz-vous, impatient(e) lecteur(e) ?

Si le premier « coup de Jarnac » fut la botte portée, en 1547, dans un duel contre un adversaire a priori plus fort, par Guy Chabot, en ce qui concerne Tonton, les "coups de Jarnac" furent, à la fois, le premier (né à Jarnac, la suite de sa vie donne à penser qu’il y fut aussi conçu, mais on va me dire que je cause comme Sarko) et le dernier dont je parle dans mon post de 2006.

Le vrai coup de Jarnac du samedi 8 janvier 2011 était porté au spectateur par Mazarine, au centre de toutes les images. Une fois de plus, je suis frappé par l’image qu'elle donne d’un travelo de Mitterrand, avec une tête de vieillard sardonique qui ne correspond guère aux photos officielles d’elle-même qu’elle met partout (dont celle du blog du Néo-obs où elle sévit). Pour faire peuple, elle portait un manteau qu’elle avait dû récupérer au Secours populaire car, dit-on, comme papa, elle n’attache pas les chiens avec des saucisses !

En revanche, je n’ai pas vu Tatie Danielle qui officiait, en maîtresse de cérémonie accomplie en 1996, et qui alors avait bien voulu faire place à la seconde famille de feu son époux.

Echanges de coups de Jarnac, à fleurets mouchetés toutefois, entre Ségolène et Martine qui, à la même table mais sous elle, ont dû échanger, en douce, quelques coups de pieds aussi subreptices que vigoureux.

Pas grand chose à dire sur les autres, sauf sur Jack Lang qui s’arrange toujours pour passer, par le plus grand hasard, du côté des caméras. L’expert mondial en matière de piraterie (sujet qu’il connaît bien pour avoir, des années durant, mis en coupe réglée ministères et services de l’Etat) n’a pas évoqué son ami Gbagbo (peu en cour auprès de l’ONU qui commandite grassement la mission "pirates"). En revanche, il était revenu à la cravate, moins pour cet ornement désormais désuet chez nos politiques, que pour la chemise à col très montant et de plus serré par une épingle, un peu à la Karl Lagersfeld. Un tel arrangement, comme le tour de cou en velours des douairières, permet de maintenir et de masquer les inévitables chairs pendantes du cou qui la foutent mal chez un chasseur de pirates.

Pas vu non plus Roland Dumas qui devait se remettre de son voyage à Abidjan et qui ne supporte guère la station debout. Il a depuis très longtemps les pieds fragiles (d’où, on s’en souvient la nécessité des Berlutti de milliardaire qui hélas ne sont pas remboursées par la sécu) et il doit même s’appuyer sur une canne (fort élégante et luxueuse au demeurant). En outre comme il le confiait récemment à une chaîne de télé qui l’interrogeait sur le million d’euros promis, dit-on, par Gbagbo pour ses services, il n’avait pas encore rédigé et envoyé sa note d’honoraires. Il a dû profiter de ce samedi pour le faire, ce qui me paraît prudent quand on a affaire à Laurent, surnommé « le boulanger » pour sa fâcheuse habitude de rouler les autres dans la farine. Je doute fort toutefois que Dumas ait quitté Abidjan sana avoir en poche le chèque de banque.

Autre absence éclatante sans réelle excuse, celle de Badinter qui avait toutefois causé dans les postes pour prendre sa part, à distance, à l’hagiographie collective. A mourir de rire, si j’ose dire en pareil cas ! Badinter rend en effet hommage à l’immense talent politique du grand homme, sans même rappeler, par modestie et discrétion, ses talents sportifs inexploités qui auraient pu le conduire sur les podiums mondiaux des courses de haies ou du 3000 mètres steeple, à voir la façon dont il franchissait les obstacles mis sur sa route dans les jardins de l’Observatoire !

C’est pourtant en politique internationale qu’il était le meilleur, même si Badinter néglige, par hasard, de mentionner son refus obstiné de voir l’Allemagne réunifiée ou son comportement significatif dans le putsch avorté contre Gorbatchev, où il fut le premier et, d’ailleurs, le seul chef d’Etat à envoyer des félicitations immédiates aux mutins !

Le mieux est toutefois quand la journaliste qui l’interviewe évoque, insolemment et contre toute attente, l’amitié de Tonton pour Bousquet habitué de Latche (entre anciens de Vichy !). Badinter, dont la diction est toujours impeccable de précision et de rigueur, se met soudain à bredouiller pour expliquer que Bousquet, entre la rafle du Vel d’Hiv et l’organisation des expéditions de Juifs dans les camps de la mort, a été un grand résistant (là encore comme Tonton...après Stalingrad !). On sent quand même, malgrè ou à cause des explications confuses, que le coeur n’y est pas tout à fait.

Toutefois, force est de reconnaître que Tonton était un homme prévoyant puisque, dans cette année 2011 où le PS se déchire autour de sa succession, il avait prévu de programmer à la fois le quinzième anniversaire de sa mort et, en mai 2011, le trentième anniversaire de son accession à la présidence de la République grâce à Chira. On repartira alors pour un tour... comme au Vel d'Hiv!).

Quel homme ! Seule ombre au tableau ; le candidat socialiste à sa succession risque d’être un juif ! Son ami Bousquet va sûrement s’en retourner dans sa tombe !

samedi 8 janvier 2011

Elysée ou Lafayette?

Le post précédent m'a remis en mémoire celui que j'avais publié, dans nouvelobs.com, sous ce même titre, le 18 février 2009. Le voici car il éclaire mon précédent texte.


Quoique peu versé dans la géographie métropolitaine parisienne, il me semble que pour aller des Galeries Lafayette à l’ Elysée, il n’y a pas de liaison directe et commode, en dépit de la relative proximité des deux lieux et de la densité du réseau dans cette zone. La chose ne m’étonne plus depuis que j’ai appris, dans « Marianne 2 », qu’entre notre Président et Madame de La Fayette, c’est la guerre.

Résumé des chapitres précédents car cet affrontement date de trois ans déjà. Le titre que Virginie Roels a donné à son article me paraît un peu étrange de la part d’une admiratrice de Madame de La Fayette ; « Sarkozy, il va en bouffer de la Princesse de Clèves ! ».

En effet, lundi 16 février 2009, place du Panthéon, s’est tenue une « lecture marathon » du roman donnée par des enseignants de Paris III dans le cadre des cours « Hors des murs ». L’initiative est amusante, même si le terme de « marathon » paraît un peu excessif, car « La princesse de Clèves » avec ses petites deux cent pages n’est tout de même pas « Ulysse ». Bref !

Selon V. Roels, en février 2006, à Lyon, le futur candidat à la présidentielle a déclaré devant des fonctionnaires : « L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur « La Princesse de Clèves». Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de 'La Princesse de Clèves'… Imaginez un peu le spectacle ! »

Je poursuis la citation de V. Roels :
« Condescendant envers les classes populaires, méprisant pour les profs, Sarkozy ministre préfigurait Sarkozy président. Et comme personne n’a, à l'évidence, osé lui expliquer que le roman de Mme de La Frayette [sic] est le premier roman moderne de la littérature française, en juillet 2008, Nicolas-le-cancre récidivait avec gourmandise, rajoutant sans rire : « La Princesse de Clèves. Enfin… j'ai rien contre, mais enfin, mais enfin… parce que j'avais beaucoup souffert sur elle ».

Pas si cancre que ça puisqu’il connaît et a même gardé des souvenirs de ce texte, ce qui n’est pas si courant sans doute !

Finissons-en avec le texte de V. Roels :
« N’en déplaise à Nicolas Sarkozy, « La Princesse de Clèves » compte encore quelques soupirants, et pas uniquement dans le rang des professeurs lettrés [sic]. En cherchant bien, on aurait même certainement trouvé une guichetière parmi la centaine de badauds qui s’étaient déplacés lundi 16 février après midi, place du Panthéon ».

J’en suis moins sûr que V. Roels, mais qu’on me laisse, pour une fois, me faire, un instant, le défenseur de notre Président qui, en ce 18 février 2009, en a bien besoin. En cas de problèmes, il pourra peut-être faire diversion sur la Princesse de Clèves, car je ne suis pas sûr que Messieurs Chérèque, Mailly et Thibault puissent lui tenir tête sur ce sujet avec autant de compètence que sur les problèmes salariaux.

Trois remarques

La première est que Madame Roels et Monsieur Sarkozy semblent plus compétents en littérature française qu’en matière d’administration. Il est, en effet, question du concours d’attaché d’administration et je ne pense pas que la « guichetière » qu’ils évoquent relève de cette catégorie. Un(e) attaché(e) d’administration est, en effet, un(e) fonctionnaire du cadre A, dont la fourchette de traitement est, à peu près, celle d’un professeur certifié. L’un et l’autre ont donc dit une grosse bêtise, le premier en ne sachant pas le niveau de ce concours, la seconde en répétant la sottise du premier.

Deuxième remarque. Les mérites du roman dont fait état V. Roels (« le premier roman moderne de la littérature française » et son caractère « éternel ») sont des plus convenus ( La première formule sent son Wikipedia) et des plus discutables (Pourquoi ne serait-ce pas le Roman comique qui a un quart de siècle d’avance ?).

Troisième remarque. Est-il indispensable pour faire un bon attaché d’administration de bien connaître la Princesse de Clèves ? J’en doute ! En ce sens notre Président a raison et s’il fait réellement appel sur ce point à ses vrais souvenirs scolaires, je lui tire mon chapeau. Flaubert disait que les Français avaient perdu la guerre de 70, parce qu’ils n’avaient pas lu l’Education sentimentale ; notre Nicolas, lui, est devenu Président parce qu’il s’est endurci sur la Princesse de Clèves. Après ça et à ce régime , vous croquez une Ségolène tous les matins !

Voulez-vous mon avis sur la fond des choses, quitte à passer pour sarkozien ? La Princesse de Clèves, que V. Roels me pardonne, me paraît une harlequinade versaillaise, à laquelle on me laissera libre de préférer, sur un thème voisin et pour la même période, Bérénice.

Du langage présidentiel.

Curieusement, un emploi, inattendu chez notre président, mais parfaitement légitime à défaut d’être indispensable dans le français ordinaire, (Nicolas Sarkozy a dit, à propos du départ de Jean-Louis Borloo, qu il « aurait préféré qu’il restât ») a titillé la plume de quelques modernes Zoïles.

J’ai suivi tout cela d’un peu loin, dans une presse qui n’est, hélas, pas irréprochable pour ce qui concerne la langue dont elle use et chez des auteurs dont les productions sont fort loin d’être exemptes de tout reproche à cet égard. Je ne songeais donc nullement à intervenir dans un tel débat, sachant trop, un peu par expérience et nécessité professionnelles, que tout puriste peut, en la matière, être critiqué par plus puriste que lui !

La lecture d’un blog publié dans Marianne2 par une blogueuse dûment patentée de cette publication électronique m’a fait sortir de mes gonds et de ma réserve (les plus fidèles de mes lecteur(e)s savent mon affection de toujours pour le zeugma !).

Comme souvent dans Marianne2, le texte introductif est, du moins l’espère-t-on, d’un auteur autre que celui du texte, car, « en chapeau » du post de « Lai d’Beu » « Blogueuse associée », on lit, en date du 7 janvier 2011, « que le député PS François Loncle demande au Ministre de l'Education Nationale Luc Chatel d'infléchir sur [sic, le gras est de moi] la pauvreté du langage présidentiel jugé « vulgaire » ».

Les choses ne commencent donc pas très bien, même si le genre de faute en cause n’est pas du ressort du Bescherelle cité dans le titre du blog : « Sarkozy devrait-il (r)ouvrir un Bescherelle ? ». Puisque, selon la formule prêtée au regretté Gaston Deferre, nous allons devoir, bien malgré nous, « sodomiser les diptères », notons que la « vanne » du titre de « Lai d’Beu » doit être elle-même critiquée, puisque, en bonne logique grammaticale, la réitération potentielle de l’action qu’implique « (r)ouvrir » conduit à faire précéder Bescherelle d'un possessif ou de l’article défini plutôt que de l’indéfini. Toutefois, la faute n’est pas pendable et la suite est infiniment pire !

Comme je ne veux pas vous infliger la lecture de ce texte de "Lai d'beu", assez insipide par ailleurs, en dépit de sa virulance et qui ne vaut guère que par les fautes de langue et les sottises qui l’émaillent, je vous relève les principales en les numérotant avant de les commenter en italiques :

N°1. Par « langue classique », n’entendre point un retour à l’admirable XVIIe siècle illustré par tant d’auteurs que je ne me risquerais pas à quelque fastidieux catalogue.

« Lai d’Beu » commence très fort. Le sens n’est pas évident car l’auteur, ignorant l’usage et les règles de la ponctuation, on peut prendre « que » pour un relatif mal employé, ce que la suite peut donner à croire, alors que c’est une conjonction qui dépend en fait de « tant ». L’orthographe de « je ne me risquerais pas » montre que « Lai d’Beu » ignore, de toute évidence, les différences orthographiques entre les premières personnes du futur et du conditionnel.

N°2. A propos de la littérature française.
« Lai d’Beu » est sans pitié pour les ignorances de notre président, elle que son père a nourri à la mamelle intellectuelle de Nicolas Boileau. Rien à dire sur le prénom ni sur la date de l’ Art poétique (1674). Elle a vérifié tout ça dans le Petit Larousse illustré. Il n’en est pas de même, hélas, pour ce pauvre Du Bellay. Elle écrit en effet : « « Défense et illustration de la langue française » [...] par Jérôme du Bellay ». Le Petit Larousse ne devait donner que l’initiale, car cet auteur se prénommait Joachim et non pas Jérôme ! "Manque de pot", comme dirait Sarko, surtout quand , dans la foulée de son indignation, elle traite Luc Chatel d’« ignare » !

N° 3. « L’aversion affichée par Nicolas Sarkozy contre La princesse de Clèves de Madame de La Fayette »

Pour le moins douteux !

N° 4. L’affaire de la Princesse de Clèves.
Je ne veux pas revenir sur cette affaire dont j’ai parlé dans un post de l’époque. La question n’est pas tant dans le roman lui-même que dans le fait qu’il figurait au programme d’un concours de la fonction publique d’un niveau très modeste (j’ai oublié le détail mais je peux rechercher ce blog). Je ne suis pas sûr, en outre, que les spécialistes s’accordent sur l’image donnée ici de ce livre qui n’a jamais été ma tasse de thé !

N° 5 « Entendez qu’il cherche à « faire peuple » ou pour le moins l’image qu’il a du parler populaire ».
La phrase est, une fois de plus, incohérente !

N° 6. « Il n’y faudrait pas un grammairien – Maurice Grévisse, « Le bon usage », y perdrait son latin - ».
Il devrait surtout y perdre son accent aigu fautif, car ce fameux grammairien belge se nomme GrEvisse et non Grévisse !

N° 7. « Il ne fait nullement appel à l’intelligence du peuple ce qui supposerait d’élever le débat mais aux pires instincts qu’il ne craint nullement de déchaîner à grands renforts de « gros rouge qui tache ».
Encore une phrase incohérente, à moins que, non content de maltraiter la langue française, notre président se noircisse lui-même « au gros rouge qui tache », le « renfort » invoqué étant, selon l’usage commun, plus singuler que pluriel.

Je crains fort que Madame « Lai d’Beu » ne soit une « pédago » ! Sa copie, en tout cas, qu’elle aurait dû faire corriger par son papa, ne vaut pas plus que 4 sur 20. Plaignons donc ses élèves !

Le pire de tout est que ce texte avait été lu près de 8000 fois quand je l’ai moi-même lu et que, bien que commenté près de 50 fois, il n’avait jamais suscité des remarques du type des miennes. Edifiant.