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lundi 19 décembre 2011

Message personnel

Revenu hier soir du Brésil, au terme d'un voyage quasi apocalyptique, je pensais ne pas reprendre mon blog avant demain, afin de sortir davantage de l'état comateux dans lequel m'a plongé ce voyage aérien.

Quelques détails, quoique cela ne soit pas dans mes habitudes, surtout en un jour où le monde a perdu Kim Jong il et Vaclav Havel !

Nous avions quitté Sao Paulo avec heure et demie de retard, circonstance sur laquelle on n’a pas jugé utile de nous éclairer davantage. Les explications fournies par Air-France (deux valises embarquées sans leurs propriétaires) m’ont semblé un peu différentes de celles que m’avait suggérées l'observation, prolongée et obligée, des événements survenus en salle d'embarquement.

Deux mois auparavant déjà, au départ de Rio, l'équipage était déjà arrivé fort en retard sans qu’on nous explique davantage la chose, la rumeur publique accusant, comme toujours, les embouteillages. A Rio ils sont clairement prévisibles. Pour un voyageur naïf comme moi, qui s'est toujours entendu dire que les équipages doivent être à l'aéroport, des heures et des heures à l'avance, cette explication avait semblé un peu courte.

Hier l'hôtesse, auprès laquelle j’ai essayé de m’informer peu avant l’atterrissage, car j’allais, comme bien d’autres, manquer ma correspondance à Roissy, a allégué, pour expliquer le retard au décollage, la tempête survenue en France et qui avait retardé le départ de l'avion de Paris, lors du vol aller ; comme je crois savoir toutefois que l'avion de retour ne décolle pas immédiatement après avoir atterri et que, de toute façon, nous avions pu constater tous, par la force des choses, une arrivée bien tardive de l’équipage de notre appareil, puisque nous étions nous-mêmes, pauvres passagers, parqués en salle d'embarquement, je lui ai fait part de mes doute sur une telle explication.

Du coup, je l’ai priée de signaler à son chef de cabine, qui venait de faire l’annonce de l’arrivée imminente à Paris, qu’avec une heure et demie de retard, il est d’usage, dans les compagnies de transport aérien, de faire mine de présenter des excuses aux passagers. Accédant à ma demande (les excuses oubliées ont été présentées lors de l’atterrissage lui-même), elle m’a fait observer que le retard était de moins de trente minutes puisque nous devions arriver à onze heures vingt et que notre atterrissage effectif aurait lieu à moins le quart. Peut-être, compte tenu de la fatigue engendrée par une nuit de veille (je n’avais toutefois pas dormi plus qu’elle), n’aurais-je pas dû lui faire observer que, de onze heures vingt à douze heures quarante-cinq, il y a, non pas une demi-heure mais une heure et demie, ce qu’elle a bien dû reconnaître. Je n’ai pas toutefois voulu aggraver mon cas en ajoutant que si l’enquête finale, devenue très discrète, sur la catastrophe du Rio-Paris a montré que les pilotes d’Air-France ne savaient pas très bien piloter leurs avions, le retard de l’équipage à Sao-Paulo et l’observation erronée faite par cette hôtesse sur notre retard, tendent à prouver qu’ils ne savent pas non plus très bien lire l’heure !

Bref cette arrivée tardive à Paris, que je jugeais catastrophique, s’est révélée dans les faits sans la moindre conséquence, puisqu'à Roissy nous avons découvert quelques milliers de passagers en souffrance car la grève des personnels dits de sécurité provoquait une totale anarchie avec des retards considérables et des horaires bouleversés.

Une remarque en passant. Dans le vol Sao-Paulo-Paris, nous avons eu droit à un programme cinématographique qui est en place, depuis deux ou trois mois, je suppose, sur tous les longs courriers. Dans la mesure où j'ai beaucoup voyagé ces derniers temps, j'ai vu, dans ce programme, à peu près tout ce qui est visible (y compris le film « La conquête » sur l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007). Je vous recommande vivement de le voir si vous ne l’avez pas fait encore. Non seulement il fait revivre les événements que nous avons vécus et que nous nous préparons à vivre à nouveau sous une forme sans doute identique, mais la distribution y est excellente. J'ai cru, une fois de plus, que M. Galouzeau de Villepin (je ne le nomme plus Galopin de Villouzeau de peur d’un procès en diffamation !) avait condescendu à interpréter dans ce film son propre rôle. Nouvelle satisfaction hilare aussi avec la prestation de Dominique Besnehard dans ses imitations de Ségolène. L’un de mes lecteurs cinéphiles saura-t-il me dire si le choix de Besnehard pour jouer la scène de répétition du débat est volontaire ou fortuite, même si je doute fort de la seconde hypothèse? Bref si « La conquête » raconte comment Nicolas Sarkozy a triomphé en 2007, un autre film dont j'ai oublié le titre et dont le principal personnage joué par Guillaume Canet s'ouvre sur une scène fort édifiante qui se déroule précisément à Roissy. On voit y des « agents de sécurité » chargés du contrôle des bagages y ouvrir durant leur service les valises des passagers pour y faire leur choix parmi les objets à voler.

Les passagers qui ont vu ce film comme moi et qui, comme moi, se sont déjà fait voler de la même façon, étaient donc sans doute, à l'arrivée, peu enclins à soutenir la grève et les revendications de ces honnêtes travailleurs !

Mais la vraie cause et/ou finalité de ce blog est, au-delà de ces détails sans grand intérêt, un message personnel à l’un de mes amis qui me lit du Brésil et que j’ai par hasard identifié.

Salut Jack ; je t’écris plus longuement et personnellement dès que possible.

jeudi 8 décembre 2011

Pessimisme

Je vous accorde volontiers que notre situation n'est pas des meilleures et que seuls les esprits les plus optimistes peuvent considérer les choses, sinon avec philosophie du moins avec sérénité.

Ce matin, j'ai encore une fois zappé sur les diverses chaînes matinales d'informations qui, comme toujours, disent et répètent toutes la même chose mais en faisant appel à des voix différentes. J'ai donc entendu, entre autres, Mme Rachida Dati qui, quoique député européenne, est plus préoccupée de son avenir électoral que du sort de l’euro et M. Juncker. Naturellement, tous les discours se centrent sur le triple A et le Sommet dit européen de Bruxelles ; à peine quelques mots sur le Sommet de Durban et ce n'est que justice quand on voit à quoi ont pu servir les précédentes réunions de cet acabit.

Deux choses rendent particulièrement insupportable l'audition des propos de nos politiques ou de nos décideurs, nationaux ou européens.

D'une part l'organisation actuelle de la communication qui, en politique, est devenue la préoccupation majeure pour ne pas dire unique. Pour prendre l'exemple de notre gouvernement actuel, tous les ministres qu'on envoie en mission dans les médias qu’ils occupent avec autant de constance que d'insuccès, est muni d'une feuille de route où l'on descend jusqu'au moindre détail et au plus petit mot de leur argumentation (ce qu'est d’ailleurs la preuve de l'absence totale de confiance en eux). Il s’agit en fait, avant tout, d’occuper le terrain médiatique. A ce propos, le CSA ne pourrait-il pas prendre sur lui de régler le problème de la prise en compte politique des apparitions télévisuelles du président non candidat ?

De ce fait, en tout cas, ces propos totalement identiques et répétitifs (au mot près) deviennent complètement insupportables.

D'autre part, tous ces braves gens, de gauche comme de droite, qui sont aux affaires depuis 20 ans (pour ne pas remonter plus loin pour bon nombre d'entre eux) nous décrivent la situation actuelle et en souligne la gravité, comme s'ils n’étaient absolument pour rien dans tout cela, alors qu'ils en portent toute la responsabilité. A la différence d'une de nos ministres d'autrefois, ils ne sont NI coupables NI responsables ! On croit rêver !

Un des points les plus importants (j'ai, il y a quelques mois, fait un blog sur ce sujet mais je suis trop paresseux pour le rechercher) tient à ce que nos décideurs politiques (avec l'appui de quelques économistes dociles) nous ont embarqué sur la voie de la monnaie UNIQUE (l'euro) au lieu d'opter pour une monnaie COMMUNE, la solution de sagesse mais qu'ils jugeaient moins politiquement dynamique, sans avoir songé aux unifications préalables indispensables (salaires, fisc, etc.). Cette dernière solution, moins radicale mais plus sage et prudente, aurait permis à chaque État de conserver sa monnaie nationale avec fixation d’un taux de change, fixe mais révisable, par rapport à la monnaie commune. C'était évidemment la sagesse ; on aurait pu, dans de telles conditions, dévaluer la drachme grecque sans toucher à la monnaie commune européenne. Tout ceux qui ont opté alors, du côté des politiques comme des économistes, pour la solution catastrophique de la monnaie UNIQUE, sont aujourd'hui étrangement silencieux voire muets.

Autre sujet de vaste rigolade avec la fameuse « règle d'or » ! J'ai proposé, si on voulait la rendre intangible de la faire plutôt d’airain (moins cher et plus dur)car chacun sait que l’or est un métal mou !

De la même façon, tout le monde semble avoir totalement oublié que l'accord s'était fait, au mépris de la volonté populaire d'ailleurs, sur des règles strictes (3 % maximum de déficit sur les budgets annuels et pas de dettes au-delà de 60 % du PIB national) ; cette règle, qui n'était pas encore d'or mais qui était dans les traités signés par tous les Etats, a été violée par tout le monde au su et au vu de tous. Certes, il y a eu ceux qui ont fait trafiquer leurs comptes par les banques comme les Grecs (coût 300 millions de $, les imbéciles, alors que les autres ont fait ça à la maison !) ; on sait bien que seul le niveau et le mode de tripatouillage des comptes a été différent selon les Etats. À l'époque, Chirac et Schroeder, avec la bénédiction de l'Union Européenne, censée être le gardien du temple, ont décidé OFFICIELLEMENT de faire fi ces règles, qui n'étaient encore que de papier et de gonfler joyeusement nos déficits en empruntant à tout va, ce qui nous a amené directement à la situation qui est la nôtre actuellement.

Là encore l'hypocrisie est totale ; tout le monde feint de croire que la règle d'or empêchera la reproduction de cette situation, ce qui est évidemment aberrant. Le seul but est de crier au loup pour essayer de coincer le Sénat devenu socialiste et pour contraindre le congrès des deux assemblées à voter cette loi aussi absurde qu’inefficace.

On vit sous le règne permanent du « demain on rasera gratis » ; j'entendais, ce matin, M. Junker, luxembourgeois de son état (voilà un homme dont on peut être sûr qu'il ignore totalement que son pays est un paradis fiscal et le siège de multiples magouilles de toutes natures). Voilà un homme qui ne se mouille pas et qui se meut en permanence dans un discours fildefériste entre l'optimisme et le pessimisme, sans jamais opter ni pour l'un ni pour l'autre ni dire quoi que ce soit.

La seule question qu'on peut se poser est le rôle que jouent réellement, dans tout cela, les fameuses agences de notation ; on peut observer que leurs avis qu'on nous présente avec tant de sérieux et de gravité, ne sont absolument pas suivis par les vrais milieux financiers. En effet, on n’observe pas la moindre vraie corrélation entre la notation des différents pays et les taux d'intérêt qu’on leur consent. Je ne rappellerai pas une fois encore que le Japon, si mal noté par les agences, est l’Etat qui bénéficie des taux d'intérêt les plus faibles et que l'écart entre les taux consentis aux Français et aux Allemands varie du simple au double, alors que la France et la RFA ont la même fameuse évaluation en triple A.

Va comprendre Charles !

Pessimisme

Je vous accorde volontiers que notre situation n'est pas des meilleures et que seuls les esprits les plus optimistes peuvent considérer les choses, sinon avec philosophie du moins avec sérénité.

Ce matin, j'ai encore une fois zappé sur les diverses chaînes matinales d'informations qui, comme toujours, disent et répètent toutes la même chose, mais en faisant appel à des voix différentes. J'ai donc entendu, entre autres, Mme Rachida Dati qui, quoique député européenne, est plus préoccupée de son avenir électoral que du sort de l’euro et M. Juncker. Naturellement, tous les discours se centrent sur le triple A et le Sommet dit européen de Bruxelles ; à peine quelques mots sur le sommet de Durban et ce n'est que justice quand on voit à quoi ont pu servir les précédentes réunions de cet acabit.

Deux choses rendent particulièrement insupportable l'audition des propos de nos politiques ou de nos décideurs, nationaux ou européens.

D'une part l'organisation actuelle de la communication qui est devenue, en politique, la préoccupation majeure pour ne pas dire unique. Pour prendre l'exemple de notre gouvernement actuel, tous les ministres qu'on envoie en mission dans les médias qu’ils occupent avec autant de constance que d'insuccès, sont munis d'une feuille de route où l'on descend jusqu'au moindre détail et au plus petit mot de leur argumentation (ce qui est d’ailleurs la preuve de l'absence totale de confiance en eux). Il s’agit en fait, avant tout, d’occuper le terrain médiatique. A ce propos, le CSA ne pourrait-il pas prendre sur lui de régler le problème de la prise en compte politique des apparitions télévisuelles du président non candidat ?

De ce fait, en tout cas, ces propos totalement identiques et répétitifs (au mot près) deviennent complètement insupportables.

D'autre part, tous ces braves gens, de gauche comme de droite, qui sont aux affaires depuis 20 ans (pour ne pas remonter plus loin pour bon nombre d'entre eux) nous décrivent la situation actuelle et en soulignent la gravité, comme s'ils n’étaient absolument pour rien dans tout cela, alors qu'ils en portent toute la responsabilité. A la différence d'une de nos ministres d'autrefois, ils ne sont, à les écouter, NI coupables NI responsables ! On croit rêver !

Un des points les plus importants (j'ai, il y a quelques mois, fait un blog sur ce sujet mais je suis trop paresseux pour le rechercher) tient à ce que nos décideurs politiques (avec l'appui de quelques économistes dociles) nous ont embarqués sur la voie de la monnaie UNIQUE (l'euro) au lieu d'opter pour la monnaie COMMUNE, la solution de sagesse mais qu'ils jugeaient moins politiquement dynamique, sans avoir songé aux unifications préalables indispensables (salaires, fisc, etc.). Cette dernière solution, moins radicale mais plus sage et prudente, aurait permis à chaque État de conserver sa monnaie nationale avec fixation d’un taux de change, fixe mais révisable, par rapport à la monnaie commune. C'était évidemment la sagesse ; on aurait pu, dans de telles conditions, dévaluer la drachme grecque sans toucher à la monnaie commune européenne. Tout ceux qui ont opté alors, du côté des politiques comme des économistes, pour la solution catastrophique de la monnaie UNIQUE, sont aujourd'hui étrangement silencieux pour ne pas dire muets.

Autre sujet de vaste rigolade avec la fameuse « règle d'or » ! J'ai proposé, si on voulait la rendre intangible de la faire plutôt d’airain (plus dur et moins cher!) car chacun sait que l’or est un métal plutôt mou !

De la même façon, tout le monde semble avoir totalement oublié que l'accord s'était fait, au mépris de la volonté populaire d'ailleurs, sur des règles strictes (3 % maximum de déficit sur les budgets annuels et pas de dettes au-delà de 60 % du PIB national) ; cette règle, qui n'était pas encore d'or mais qui était dans les traités signées par tous les Etats a été violée par tout le monde au su et au vu de tous. Certes, il y a eu ceux qui fait trafiquer leurs comptes par les banques comme les Grecs (coût 300 millions de $, les imbéciles, alors que les autres ont fait ça à la maison !) ; on sait bien que seul le niveau et le mode de tripatouillages des comptes a été différent selon les Etats. À l'époque, Chirac et Schroeder, avec la bénédiction de l'Union Européenne, censée être le gardien du temple, ont décidé OFFICIELLEMENT de faire fi ces règles, qui n'étaient encore que de papier et de gonfler joyeusement nos déficits en empruntant à tout va, ce qui nous a amenés directement à la situation qui est la nôtre actuellement.

Là encore l'hypocrisie est totale ; tout le monde feint de croire que la règle d'or empêchera la reproduction de cette situation, ce qui est évidemment aberrant. Le seul but est de crier au loup pour essayer de coincer le Sénat devenu socialiste pour contraindre le congrès des deux assemblées à voter cette loi aussi absurde qu’inefficace.

On vit sous le règne permanent du « demain en rasera gratis » ; j'entendais, ce matin, M. Junker, luxembourgeois de son état (voilà un homme dont on peut être sûr qu'il ignore totalement que son pays est un paradis fiscal et le siège de multiples magouilles de toutes natures). Voilà un homme qui ne se mouille pas et qui se meut en permanence dans un discours fildefériste entre l'optimisme et le pessimisme, sans jamais opter ni pour l'un ni pour l'autre.

La seule question qu'on peut se poser est le rôle que jouent réellement, dans tout cela les fameuses agences de notation ; on peut observer que leurs avis qu'on nous présente avec tant de sérieux et de gravité ne sont absolument pas suivis par les milieux financiers. En effet, on n’observe pas la moindre vraie corrélation entre la notation des différents pays et les taux d'intérêt qu’on leur consent. Je ne rappellerai pas une fois encore que le Japon, si mal doté par les agences, est l’Etat qui bénéficie des taux d'intérêt les plus faibles et que l'écart entre les taux consentis aux Français et aux Allemands varient du simple au double, alors qu'ils ont l'un et l'autre la fameuse évaluation en triple A.

Va comprendre Charles ? !

samedi 3 décembre 2011

La comédie financière : Ubu ou Kafka ?

Comme toujours nous souffrons, en France du moins (je ne sais pas ce qu'il en est ailleurs) d'une vaste sous-information, voire d'une désinformation totale sur les réalités de la crise financière au sein de laquelle nous nous trouvons. On nous amuse avec des histoires de triple A ou des fariboles de la même farine.

Comme j'ai eu l'occasion de le dire dans un précédent blog, tout cela ne signifie pas grand-chose et seuls deux éléments comptent dans toute cette affaire, mais naturellement nul n'en parle.

Le premier est le taux d'intérêt auquel les Etats endettés peuvent prétendre auprès des prêteurs.

Pour simplifier les choses et sans entrer dans les décimales, l'Italie emprunte à 6 %, la France à 3%, l'Allemagne à 2% et le Japon 1,5 %. Tout le reste n'est que littérature. Je vous fais grâce ici de discussions oiseuses sur les décimales de ces taux ; seuls comptent les ordres de grandeur et il est facile de voir ce qu'ils signifient.

La comparaison la plus facile mais la plus intéressante est celle de la France et de l'Allemagne puisque ces deux pays, pour le moment et par la grâce des Moody's de service, ont tous les deux le triple A dont on nous rebat les oreilles (Hommage au Père Ubu!). On voit bien que ceux qui tiennent les cordons de la bourse des prêts ne jugent pas que ces deux AAA (Ah! Ah! Ah! doivent ils se marrer en leur for intérieur) sont équivalents, puisque le taux français est de 50% plus élevé que l'allemand. Le taux apparemment extravagant dont bénéficie le Japon (qui n'a pas de AAA) tient à ce que c'est sans doute le pays dont la situation est la plus sûre et les prêteurs ne s'y trompent évidemment pas.

Second élément annoncé.

La France se réjouit en cette fin d'année 2011 d'avoir encore bénéficié d'un taux intéressant pour les sommes qu'elle vient d'emprunter. Ne nous y trompons pas! En dépit de l'énormité de notre dette et de perspectives plus qu'incertaines, nous devrons continuer à emprunter et la période la plus difficile pour nous sera certainement le début de l'année 2012. Les principaux pays européens, la France, l'Allemagne et l'Italie, devront, en effet, à ce moment-là emprunter une bonne centaine de milliards d'euros. Naturellement cette centaine de milliards d'euros ne sera destinée qu'à payer les intérêts de la dette gigantesque qui s'est accumulée pour ces trois pays et que nous ne cessons d'accroître.

La question est de savoir, non pas si nous aurons deux, trois ou quatre A, mais à quel taux on va nous prêter l'argent dont nous aurons besoin à ce moment là. Quant à ceux qui vont nous prêter cet argent, ce sera probablement ceux qui en ont, c'est-à-dire, en gros, les Chinois, les Arabes (pas trop!) et les Brésiliens.

On peut trouver cette situation ubuesque ou kafkaïenne, selon les références littéraires qu'on préfère, puisque ceux à qui nous allons emprunter pour payer les intérêts de nos dettes sont précisément ceux qui détiennent l'essentiel des créances qui nous accablent!

Ces gens-là sont-ils bien raisonnables de nous prêter de l'argent pour que nous payons des intérêts de dettes que nous avons chez eux, mais dont rien ne prouve que nous serons capables, un jour, de rembourser le capital?

Personnellement dans la situation de Messieurs Wong Li, Ben Machin ou Perreira, j'hésiterais à consentir de tels prêts, même à un intérêt élevé.

On peut toutefois avoir un raisonnement différent et il faut espérer qu'ils l'auront.

Ils peuvent en effet se dire qu'en réalité les 100 milliards qu'ils vont nous donner vont aussitôt leur revenir. Ces 100 milliards ne sortiront de la poche droite de Messieurs Wong Li, Ben Machin ou Perreira que pour revenir immédiatement dans leur poche gauche par le biais des paiements d'intérêts que nous serons bien obligés de faire. L'opération est donc nulle et n'aura pour effet que d'augmenter encore notre gigantesque dette et de nous permettre de recommencer l'opération l'année prochaine avec les mêmes interlocuteurs et une dette accrue d'autant!

Tout cela est donc parfaitement fou et les seules vraies raisons qu'ont Messieurs Wong Li, Ben Machin ou Pereira de consentir ces nouveaux prêts sont que, d'une part, ils vont récupérer immédiatement la centaine de milliards prêtée et que, d'autre part, s'ils refusent de nous consentir ces prêts et par là nous précipitent dans le gouffre de la faillite, ils vont eux-mêmes y perdre non une centaine mais les milliers de milliards de dollars qu'ils nous ont sottement prêtés.

A ce jeu de poker menteur mondial, pourquoi ne pas nommer notre Patrick Bruel ministre des finances?

vendredi 2 décembre 2011

Chancelière ?


Je devrais désormais éviter tout blog qui comporte des observations lexicographiques puisque je suis mis en examen pour avoir tenté d'expliquer à l’un des notables majeurs de notre régime quel était le véritable sens du mot « errement » pour lequel il avait, en revanche, un goût particulier. La chose a déplu et me voilà mis en examen pour diffamation.

Je suis toutefois un peu agacé par l'emploi qui est fait, depuis quelque temps, du mot « chancelière ». Je sais bien que les Québécois, sous la pression de leurs féministes, ont tenté de nous entraîner à la féminisation systématique des noms de métier ou de fonctions. Nul n'ose plus dire désormais (pas même celles qui, dans ces fonctions, étaient favorables à une telle solution) « Madame le ministre » ou « Madame le recteur » ! Dans le second cas, il est facile et inodore de féminiser le mot « recteur » par la simple adjonction d'un e final muet ; dans le cas du terme « ministre », les choses sont plus délicates ; je ne sais pas quel choix officiel a été fait et si l'on est allé jusqu'à la « ministresse » que je n’ai pas entendu à ce jour. Je ne sais pas davantage comment les choses se sont réglées « officiellement » entre nos cousins québécois et l'Académie française qui au départ était tout à fait réticente devant les réformes proposées par les enfants de nos anciens « arpents de neige ».

Je trouve, en revanche, tout à fait étonnant l'emploi actuel qui est fait du terme « chancelière » par la presse audiovisuelle française qui, de toute évidence, ne connaît pas le sens, ni même l’existence d’un mot « chancelière » en français. Ne consultez surtout pas sur ce mot Google qui n’en sait pas davantage. De toute évidence, comme le grand personnage que j'évoquais en commençant, on ne connaît pas l’existence du vrai terme « chancelière » que je me permets de rappeler ici à partir de ma source permanente et unique, le Trésor de la langue française :

« Chancelière : subst. fém..AMEUBL. Coussin ou, parfois, boîte, garnie intérieurement de fourrure et dont l'ouverture d'un seul côté permet de glisser les pieds pour les tenir au chaud. Devant elle, était une sorte de chancelière où l'autre pied restait douillettement enfoui (GIDE, Si le grain ne meurt, 1924, p. 529).
Prononc. et Orth. : [ ]. Pour [ ] cf. chancelier. Ds Ac. 1798-1932. Étymol. et Hist. 1762 (Ac.). Peut-être issu de chancelier* pour des raisons inconnues, cf. les emplois techn. de chambrière*, servante*. Fréq. abs. littér. : 19. »

Je pense que l'on croit, en la circonstance, s'autoriser de l'exemple allemand ou le mot « chancelier » ( Bundeskanzier) a effectivement une forme féminine « Bundeskanzierin » sans toutefois que cette forme, qui est, semble-t-il, utilisée par Angela Merkel elle-même, figure dans la constitution allemande. Comme je ne connais pas l'équivalent allemand du TLF s'il y en a un, je m’abstiendrai d'aller plus loin sur ce terrain. J’espère toutefois que Madame la chancelier ne me fera pas un procès en diffamation pour l’avoir implicitement comparée à un meuble !

Est-ce pour se mettre les pieds au chaud, afin de se prémunir contre les probables froidures d'une campagne électorale hivernale, que notre président a envoyé le texte de son discours à Madame Merkel avant de le prononcer à Toulon ? Ce n'était en tout cas pas très habile et ses adversaires ne se font déjà pas faute de lui reprocher d’être allé ainsi non pas à Canossa (on connaissait leurs différends sur nombre de points car ils n’en faisaient guère mystère !) mais à Berlin !

mardi 29 novembre 2011

BHL for President!

Voilà un homme qui ne manque pas d'air et que les événements de Libye n'ont pas détourné de faire la campagne de promotion de son livre, pour le moins inopportune, (sur cette affaire qu'il regarde et présente comme ayant été la sienne), mais qu’il avait eu la sottise d’écrire trop vite.

Je sais bien qu'il avait sans doute écrit l’essentiel du texte avant de voir comment les choses allaient tourner, mais l'issue actuelle des événements de Libye ne l'a pas détourné de la publication de sa propre hagiographie. Bien que je n'aie pas lu ce livre, vous vous en doutez, et je n'ai pas la moindre intention de le faire comme vous l'imaginez, il s'y présente, comme partout et toujours, (au grand désespoir de Juppé), comme le principal responsable de cette affaire, Sarkozy n’étant qu’une marionnette dont il a tiré les ficelles.

Cela pourrait passer pour le courage d’assumer, si ce n'était pas une forme d'inconscience dont on imagine mal comment elle peut coexister avec une intelligence dont il a, par ailleurs, dans le passé, donné, à différentes reprises, les signes.

Je crois qu'il est de ces individus (j'en connais d’autres) chez qui l'hypertrophie pathologique de l‘ego conduit, dans un effort relativement raisonnable pour cacher leur folle vanité, à adopter des conduites totalement aberrantes.

On se souvient de cette photographie de BHL, tapi au pied d'un mur avec un soldat qu’il interviewait ; le cadrage de la photo donnait à croire qu'il s'abritait là d'un feu nourri dont les balles passaient au-dessus de ce mur. Je ne sais quel journal, le Canard enchaîné je pense, a publié l'intégralité de la photo où l'on voyait qu'au-dessus du mur censé abriter des balles, se trouvait une sorte de boulevard où nombre de personnes, hommes et femmes, se promenaient tranquillement, de toute évidence bien loin du théâtre réel des opérations militaires.

Le ridicule de la situation de notre auteur est tel qu'il est sans doute inutile d'accabler davantage le malheureux BHL dont il serait en revanche utile d’employer à d’autres fonctions l’incroyable impudence.

Je l'ai entendu, l'autre jour, tenir des propos assez incohérents sur son livre. Le journaliste, par pitié ou par recherche d’un sujet plus attrayant, a eu le mauvais goût de l'interroger sur son mariage et l'état de ses relations conjugales avec Arielle Dombasle (abandonnée depuis longtemps au profit de la fille d'un brasseur, Mlle Karlsberg ou Mlle Kronenbourg je ne sais plus). BHL s'est donné alors le ridicule de jouer les vierges effarouchées et les violettes sous la mousse (de la bière quasi conjugale sans doute), lui qui n'aime rien tant que s'étaler dans les magazines. Il a décidemment tout pour faire un président !

Je me garde de rappeler qu’ici même, j'ai, depuis le début, émis les plus grands doutes sur ces fameux « printemps arabes », en prévoyant, sans trop de difficulté et de mérite j'en conviens, qu'ils avaient toutes les chances de faire le lit des islamistes. Je ne pensais pas toutefois que ce pronostic pessimiste se réaliserait, si vite et si globalement, puisque le Maroc, qui jusqu'à présent se tenait un peu à l'écart de tous ces mouvements, va très probablement les rejoindre, en attendant que Bouteflika casse sa pipe et permette ainsi à l'Algérie de rétablir la continuité idéologico-religieuse, non pas de Dunkerque à Tamanrasset mais du Caire à Rabat. Rétablissement de l’empire issu de la geste hilalienne en attendant celui des Khalifats.

Comme disait le Général « Je vous souhaite, d’avance, bien du plaisir ! ».

lundi 28 novembre 2011

Sois belle et tais-toi !

Je n'ai pas eu le temps de rédiger le blog que m'a inspiré Anne-Sophie Lapix qui, sur Canal+ recevait hier Valérie Pécresse qui se donne pour ministre du budget. Bel exemple de la nullité de notre presse, en particulier télévisuelle.

À la suite du fameux incident de la correction sournoise par le parti socialiste de l'accord passé avec les écolos, j'ai écrit un blog sur cette question en soulignant que cet accord qui visait à faire coïncider avec le sort de l'EPR l'arrêt de la fabrication de mox me paraissait parfaitement stupide. SI AREVA avait prévenu le PS de l'imbécillité de cette démarche, AREVA avait été parfaitement dans son rôle.

J'ai eu la satisfaction d'être approuvé sur ce point par Olivier qui est un grand expert en la matière et dont j'ai publié le commentaire. Ce qui est évident est que les dirigeants socialistes comme les dirigeants écologistes n'y entendent rien. Il est en effet parfaitement stupide et même absurde de prévoir l'arrêt de la fabrication du mox et de vouloir, en même temps, garder en fonction vingt quatre centrales qui, étant parmi les plus récentes, exigent absolument pour leur fonctionnement l'utilisation de ce mox. Il est donc clair que ni les écologistes ni les socialistes n'ont rien compris au problème et qu'ils n'ont même pas à leurs côtés d'experts en mesure de les éclairer (si j'ose dire).

Le pire de tout est toutefois que les journalistes, innombrables, qui ont rendu compte de cette affaire étaient tout aussi ignorants et que personne parmi eux n'a été en mesure d'expliquer les choses de la seule façon possible, c'est-à-dire en disant qu'on ne pouvait, en aucun cas, arrêter la fabrication du mox et maintenir en fonction de vingt quatre centrales qui toutes exigent son usage pour leur fonctionnement.

Le problème est que les journalistes français, pour la plupart, rivalisent d'ignorance. On pourrait le dire aussi à propos du fameux AAA dont se gargarise toute notre presse, sans prendre en considération que le seul véritable indice sur la confiance que les financiers accordent aux divers Etats est le taux auquel ils leur prêtent. Un journaliste digne de ce nom devrait savoir, par exemple, que si l'Allemagne et la France ont toutes les deux AAA, le taux d'intérêt consenti à l'Allemagne est la moitié de celui qu'on impose à la France. Le Japon, qui a une dette colossale et pas de AAA, bénéficie un taux d'intérêt qui est à peine supérieur à 1 %, dans la mesure où sa puissante production industrielle et l'énormité de son épargne nationale font que les prêteurs ont une totale confiance en lui.

Naturellement la presse audiovisuelle est celle où se trouvent les plus ignorants de toutes ces questions.

Anne-Sophie Lapix était certes très en beauté, mais elle a été consternante de nullité dans son interview de Valérie Pécresse. Non qu'elle ne posât pas les bonnes questions (voilà que je cause Sarko) car quelques-unes auraient pu l'être, mais, comme toujours, elle s'est satisfaite de réponses complètement à côté de la plaque. Parlait-elle de la politique de Sarkozy que Pécresse lui répondait Hollande! J'apprécie infiniment à cet égard Mélenchon, qui est le seul homme politique français à traiter les journalistes comme il convient de faire, c'est-à-dire de la façon la plus rude et la plus brutale, en leur demandant carrément de ne pas le prendre pour un imbécile et en essayant de savoir de quoi ils parlent, car il est très clair que Pécresse prend Anne-Sophie pour une demeurée et que celle-ci se prête tout à fait à ce jeu.

Il est à cet égard ahurissant de voir Pécresse traitée comme un dieu de la politique dans la mesure où elle aurait réussi la loi LRU sur l'autonomie des universités. D'une part, cette loi est sans grande conséquence car, tant que les universités reçoivent 95 % de leur financement de l'État, on voit mal où peut se situer leur autonomie, sauf dans les marges ! La seule chose intelligente faite par Pécresse dans cette affaire a été de reprendre dans sa loi LRU la plupart des voeux de la conférence des présidents d'universités (en particulier la possibilité de deux mandats qui leur permettra de rester au pouvoir et la maîtrise totale sur les recrutements par la suppression des commissions de spécialités qui étaient une instance démocratique). Naturellement, à la suite de cette loi, des présidents d'université se sont tous couchés, y compris les présidents de gauche!) et tous sont venus lui manger dans la main, allant même jusqu'à faire intervenir les forces de l'ordre pour briser les mouvements de grève à l'intérieur des universités.

Pauvre France !