Loin des yeux, loin du blog...
Perdu au fond des Ameriques (en plus face a un clavier anglais ou je ne trouve meme pas, non pas notre cher accent circonflexe, mais tout betemement les parentheses (planquees au dessus du 9 et du 0, avis aux amateurs)...ouf j`y suis arrive, j`ai entrepris de faire un blog mais je crois que je vais y renoncer devant l`ampleur de la tache (en plus voila que la tache devient la tache et que le point d`exclamation qus j`affectionne ne figure apparemmement pas sur les claviers anglosaxons, sans doute a cause du flegme legendaire des rosbifs.
Je crois que je vais craquer alors que sous mon nez, soudain muet, la Tunisie islamise, Hollande flambyse, Melanchon melanronchone, Eva nipponise, DSK sadomise, et Nicolas pouponnise...Arvi don comme on dit dans nos montagnes savoyardes.
jeudi 27 octobre 2011
mardi 18 octobre 2011
Immigration et langue française : Hydre de Lerne ou Shiva?
J'évoquais hier, dans mon post du jour, le Moloch de l'administration française, mais, dans l'ordre des métaphores mythologiques, voilà que mon sujet du jour m'amène à évoquer d'autres figures car on pourrait tout aussi bien faire sortir de son antre l'Hydre de Lerne, dont repoussaient sans cesse les multiples têtes coupées, mais également, en changeant de continent, invoquer Shiva aux quatre bras avec toutefois une nuance typiquement française dans la mesure où chacun de ses bras ne paraît jamais savoir ce que font ou ont fait les trois autres.
Tout ça est la faute de Marianne2.fr !
Je m'explique. Je ne lisais plus guère ce quotidien internet que sa direction est assez aimable pour m'adresser. En effet, on avait décidé de ne plus y admettre de commentaires. J'étais donc désormais obligé de ravaler ce que j'avais envie de dire à propos de l'un ou l'autre des articles et, de ce fait, je n'ai plus lu ce quotidien que d'un oeil très distrait.
Voici que le temps des commentaires y est revenu, mais en ce qui concerne l'article dont je vais parler aujourd'hui, ils ne sont guère meilleurs que le texte de l'article qui les suscite ("Par manque de moyens la naturalisation néglige l'apprentissage du français"). Le nom de l'auteur, à allure clairement malgache, pourrait pourtant en faire un témoin particulièrement intéressant sur la question de l'apprentissage du français par les étrangers, mais l'information générale sur le problème fait trop facilement place, dans ce texte, à la polémique.
L'auteur ironise sur "le nouveau dada de Claude Guéant" et ajoute l'idée qu'il lui prête selon laquelle, les étrangers, "tant les primo-arrivants que les postulants à la naturalisation [doivent] savoir parler français". Il précise que "le niveau exigé reste faible et [que] les dispositifs précédents ne sont pas pleinement opérationnels".
On connaît la pente naturelle de Marianne2.fr à l'anti-sarkozysme. Cependant, les critiques seraient d'autant plus efficaces qu'elles seraient mieux fondées, ce qui n'est pas le cas en la circonstance. Me réservant de traiter mieux et plus longuement ailleurs de ce problème important, je ne ferai ici que quelques remarques.
La première observation qu'on peut faire est que la plupart des pays européens ou même étrangers exigent, de la part des candidats à la naturalisation, une connaissance, en général minimale mais parfois plus étendue, de la langue et même parfois de la culture nationale.
Deuxième remarque. L'auteur de l'article qui observe que " les dispositifs précédents ne sont pas pleinement opérationnels" témoigne, par cette formule même que, non seulement il a une parfaite maîtrise de notre langue mais qu'il use avec talent d'une des figures majeures de notre rhétorique qui est la litote.
En effet, ce que notre auteur présente comme une lubie de Claude Guéant (un "dada") n'est, en fait, que la reprise, assez irréfléchie, fondée sur l'ignorance, d'un programme du Ministère le Culture mis en oeuvre, à partir de 2003 par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (la DGLFLF). Le bras du Shiva administratif français qui règne sur l'Intérieur ignore manifestement ce que fait un autre bras qui a en main(s) la Culture ( je mets "main" au singulier, avec une prudente option pour le pluriel, faute de savoir si l'un ou l'autre des bras de notre Schiva possède aussi plusieurs mains!).
En France, les réflexions sur cette question ont commencé depuis près de dix ans sans autre résultat tangible(si l'on peut dire) qu'un ouvrage de J.C. Beacco, M. de Ferrari, G. Lhote et C. Tagliante intitulé Niveau A1.1 pour le français (Public adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français, Didier, 236 pages, Paris, 2005.
Je ne parlerai pas ici du contenu même de ce livre et de la critique qu'on peut en faire, me bornant à en examiner les seules pages de couverture et de garde pour ne pas abuser de la patience de mes lecteurs.
Sans aller plus loin, on y observe d'abord que, si l'ouvrage porte le logo du Conseil de l'Europe (avec, au-dessous la mention "Division des politiques linguistiques, Strasbourg. Référentiel pour les langues nationales et régionales") , le livre est co-édité et probablement co-financé par la DGLFLF(ministère français de la culture et de la communication) et la direction de la population et des migrations (ministère français de l'emploi de la cohésion sociale et du logement, donc, en la circonstance, une troisième main de notre Shiva administratif).
Il semble y avoir d'ailleurs eu quelques problèmes dans cette coordination complexe européano-française. En effet, sur la couverture, le logo du conseil de l'Europe figure, au centre et en haut de la page tandis que, sur la page de garde, ce même logo a bizarrement glissé vers la droite, laissant, à sa gauche, un espace, curieusement vide quoique symétrique, dont tout donne à penser qu'il aurait dû être occupée par le logo d'une autre institution.
Tout cela est en tout cas moins important que le titre même de l'ouvrage qui comporte aussi quelques bizarreries : "A1.1 pour le français (Publics adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français".
Sur la forme d'abord. En l'absence de ponctuation, on ne sait trop que penser des adjectifs qui suivent "publics adultes" et en particulier de "scolarisés" vs peu ou non scolarisés"). Si l'on voit bien que DILF est forgé sur le modèle DELF et DALF et que le niveau A1.1 indique qu'il s'agit là du premier degré du niveau A1, on ne peut que s'étonner de voir, sur certains points objectifs, les exigences de ce niveau A1.1 apparaître comme supérieures à celles du niveau A1 dpnt il est censé être la première marche!
Il semble un peu inutile de d'interroger sur ce genre de détails linguistiques tant on relève de faits qui démontrent que les auteurs du livre en cause semblent ignorer apparemment tout du mode et des conditions de vie des "adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés" que prétend viser pareille entreprise.
On peut certes s'interroger sur le contenu pédagogique de ce niveau A1.1 mais plus encore sur la mise en place du plan dans lequel il devait s'insérer pour s'achever dans le DILF. Je ne peux pas aborder ici le détail ni le contenu de ces niveaux du fameux Cadre européen commun de référence pour les langues (la poule aux oeufs d'or des didacticiens assez habiles pour s'y faufiler); j'observe néanmoins que, dans l'entreprise commencée dans les années 2003-2004, le choix de ce niveau A1.1 uniquement oral, qui impliquait une durée d'enseignement comprise entre 200 et 500 heures et devait être organisé et financé par un Fonds d'actions et de soutien à l'intégration et la lutte contre les discriminations (FASILD) n'a assurément pas donné les résultats qu'on pouvait espérer ; le DILF a sombré corps et biens avec lui au point que tout cela est totalement oublié de tous, même du ministre désormais compétent (la quatrième main de Shiva).
Ce qui est sûr en tout cas est qu'on était, à cette époque et avec plus de moyens au moins sur le papier, porteur d'une ambition bien moindre que celle de M. Claude Guéant qui viserait désormais le niveau B1 (supérieur à celui de la majorité des instituteurs de l'espace francophone du Sud qui sont plutôt à A2!) alors que, en 2003-2004, on ne pensait qu'à un niveau A1.1 qui n'était qu'une première étape de A1. On a donc, pour conclure le sentiment que notre administration ne sait pas toujours très exactement de quoi elle parle et ce qu'elle veut.
Notre Shiva administratif, pour le coup perplexe, occuperait-il une cinquième main, cachée celle-ci, à se gratter l'occiput ?
Tout ça est la faute de Marianne2.fr !
Je m'explique. Je ne lisais plus guère ce quotidien internet que sa direction est assez aimable pour m'adresser. En effet, on avait décidé de ne plus y admettre de commentaires. J'étais donc désormais obligé de ravaler ce que j'avais envie de dire à propos de l'un ou l'autre des articles et, de ce fait, je n'ai plus lu ce quotidien que d'un oeil très distrait.
Voici que le temps des commentaires y est revenu, mais en ce qui concerne l'article dont je vais parler aujourd'hui, ils ne sont guère meilleurs que le texte de l'article qui les suscite ("Par manque de moyens la naturalisation néglige l'apprentissage du français"). Le nom de l'auteur, à allure clairement malgache, pourrait pourtant en faire un témoin particulièrement intéressant sur la question de l'apprentissage du français par les étrangers, mais l'information générale sur le problème fait trop facilement place, dans ce texte, à la polémique.
L'auteur ironise sur "le nouveau dada de Claude Guéant" et ajoute l'idée qu'il lui prête selon laquelle, les étrangers, "tant les primo-arrivants que les postulants à la naturalisation [doivent] savoir parler français". Il précise que "le niveau exigé reste faible et [que] les dispositifs précédents ne sont pas pleinement opérationnels".
On connaît la pente naturelle de Marianne2.fr à l'anti-sarkozysme. Cependant, les critiques seraient d'autant plus efficaces qu'elles seraient mieux fondées, ce qui n'est pas le cas en la circonstance. Me réservant de traiter mieux et plus longuement ailleurs de ce problème important, je ne ferai ici que quelques remarques.
La première observation qu'on peut faire est que la plupart des pays européens ou même étrangers exigent, de la part des candidats à la naturalisation, une connaissance, en général minimale mais parfois plus étendue, de la langue et même parfois de la culture nationale.
Deuxième remarque. L'auteur de l'article qui observe que " les dispositifs précédents ne sont pas pleinement opérationnels" témoigne, par cette formule même que, non seulement il a une parfaite maîtrise de notre langue mais qu'il use avec talent d'une des figures majeures de notre rhétorique qui est la litote.
En effet, ce que notre auteur présente comme une lubie de Claude Guéant (un "dada") n'est, en fait, que la reprise, assez irréfléchie, fondée sur l'ignorance, d'un programme du Ministère le Culture mis en oeuvre, à partir de 2003 par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (la DGLFLF). Le bras du Shiva administratif français qui règne sur l'Intérieur ignore manifestement ce que fait un autre bras qui a en main(s) la Culture ( je mets "main" au singulier, avec une prudente option pour le pluriel, faute de savoir si l'un ou l'autre des bras de notre Schiva possède aussi plusieurs mains!).
En France, les réflexions sur cette question ont commencé depuis près de dix ans sans autre résultat tangible(si l'on peut dire) qu'un ouvrage de J.C. Beacco, M. de Ferrari, G. Lhote et C. Tagliante intitulé Niveau A1.1 pour le français (Public adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français, Didier, 236 pages, Paris, 2005.
Je ne parlerai pas ici du contenu même de ce livre et de la critique qu'on peut en faire, me bornant à en examiner les seules pages de couverture et de garde pour ne pas abuser de la patience de mes lecteurs.
Sans aller plus loin, on y observe d'abord que, si l'ouvrage porte le logo du Conseil de l'Europe (avec, au-dessous la mention "Division des politiques linguistiques, Strasbourg. Référentiel pour les langues nationales et régionales") , le livre est co-édité et probablement co-financé par la DGLFLF(ministère français de la culture et de la communication) et la direction de la population et des migrations (ministère français de l'emploi de la cohésion sociale et du logement, donc, en la circonstance, une troisième main de notre Shiva administratif).
Il semble y avoir d'ailleurs eu quelques problèmes dans cette coordination complexe européano-française. En effet, sur la couverture, le logo du conseil de l'Europe figure, au centre et en haut de la page tandis que, sur la page de garde, ce même logo a bizarrement glissé vers la droite, laissant, à sa gauche, un espace, curieusement vide quoique symétrique, dont tout donne à penser qu'il aurait dû être occupée par le logo d'une autre institution.
Tout cela est en tout cas moins important que le titre même de l'ouvrage qui comporte aussi quelques bizarreries : "A1.1 pour le français (Publics adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français".
Sur la forme d'abord. En l'absence de ponctuation, on ne sait trop que penser des adjectifs qui suivent "publics adultes" et en particulier de "scolarisés" vs peu ou non scolarisés"). Si l'on voit bien que DILF est forgé sur le modèle DELF et DALF et que le niveau A1.1 indique qu'il s'agit là du premier degré du niveau A1, on ne peut que s'étonner de voir, sur certains points objectifs, les exigences de ce niveau A1.1 apparaître comme supérieures à celles du niveau A1 dpnt il est censé être la première marche!
Il semble un peu inutile de d'interroger sur ce genre de détails linguistiques tant on relève de faits qui démontrent que les auteurs du livre en cause semblent ignorer apparemment tout du mode et des conditions de vie des "adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés" que prétend viser pareille entreprise.
On peut certes s'interroger sur le contenu pédagogique de ce niveau A1.1 mais plus encore sur la mise en place du plan dans lequel il devait s'insérer pour s'achever dans le DILF. Je ne peux pas aborder ici le détail ni le contenu de ces niveaux du fameux Cadre européen commun de référence pour les langues (la poule aux oeufs d'or des didacticiens assez habiles pour s'y faufiler); j'observe néanmoins que, dans l'entreprise commencée dans les années 2003-2004, le choix de ce niveau A1.1 uniquement oral, qui impliquait une durée d'enseignement comprise entre 200 et 500 heures et devait être organisé et financé par un Fonds d'actions et de soutien à l'intégration et la lutte contre les discriminations (FASILD) n'a assurément pas donné les résultats qu'on pouvait espérer ; le DILF a sombré corps et biens avec lui au point que tout cela est totalement oublié de tous, même du ministre désormais compétent (la quatrième main de Shiva).
Ce qui est sûr en tout cas est qu'on était, à cette époque et avec plus de moyens au moins sur le papier, porteur d'une ambition bien moindre que celle de M. Claude Guéant qui viserait désormais le niveau B1 (supérieur à celui de la majorité des instituteurs de l'espace francophone du Sud qui sont plutôt à A2!) alors que, en 2003-2004, on ne pensait qu'à un niveau A1.1 qui n'était qu'une première étape de A1. On a donc, pour conclure le sentiment que notre administration ne sait pas toujours très exactement de quoi elle parle et ce qu'elle veut.
Notre Shiva administratif, pour le coup perplexe, occuperait-il une cinquième main, cachée celle-ci, à se gratter l'occiput ?
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lundi 17 octobre 2011
Le Moloch administratif français.
En commençant à écrire ce post j'hésite encore entre deux titres, l'un, « le Moloch administratif français », traduit le désarroi voire l'horreur de l'administré devant le caractère souvent monstrueux de notre administration, l'autre qui, avec plus de légèreté voire d'humour, verrait dans notre machine administrative la fille du Père Soupe et de la Mère Ubu et qui en soulignerait plutôt la dérisoire et grotesque complexité.
Ce matin, en effet, comme je me préparais à faire un chèque pour régler la taxe d'habitation de mon domicile, je ne sais quel diable de la modernité me poussant, j'ai constaté que je pouvais payer par Internet sur "impots.gouv.fr. Inspiration funeste à laquelle je me suis laissé aller au mépris de l'orthographe de notre belle langue. Comme vous le savez en effet, les si originaux signes diacritiques qui en sont l'ornement et que le monde nous envie depuis des siècles (comme, en la circonstance, ce cher accent circonflexe qui orne si joliment le mot "impôt") sont refusés par nos ordinateurs, ce qui fait parfois problème quand on cède, si peu que ce soit, à l'inadvertance.
Bannissant le circonflexe, je suis arrivé, sans trop de mal, sur le site en cause. Ce premier triomphe a marqué, je l'avoue, la fin de la facilitation administrative de la démarche, car, dans les services fiscaux informatisés, comme dans la Rome antique, le Capitole du triomphe débouche directement sur la Roche tarpéienne de la catastrophe. En effet, la première chose qui m'a été demandée dans le site a été de m'identifier ce qui paraît tout à fait normal. Toutefois il me paraît d'une méfiance un peu excessive (des fois qu'un imposteur voudrait payer mes impôts à ma place?) de le faire à l'aide de trois indications codées dont chacune me paraît suffisante seule quand surtout quand elle s'ajoute à mon nom de famille.
La première demande est celle du numéro fiscal ; soit ! Cela ne pose pas de problème puisque ce numéro figure à peu près sur tous les avis d'imposition. Avec la seconde exigence les choses se corsent car il s'agit cette fois du numéro de "télé-déclarant" dont j'ignorais jusqu'à l'existence. Les choses commencent à se compliquer car ledit numéro de télé-déclarant ne figure pas sur l'avis d'imposition des taxes foncières de 2011 qui était le point de départ de ma démarche (La chose serait trop simple sans doute). Y figure en revanche un mystérieux numéro FIP (de 18 chiffres s'il vous plaît) qui, lui, ne paraît intéresser personne !
Pour trouver ce numéro de télé-déclarant, il suffit de se reporter à la déclaration de revenus de l'année précédente (que vous n'avez naturellement pas sous la main) où il figure, vous précise-t-on, en haut et à gauche de la dite déclaration. Recherche de l'avis d'imposition 2010, sans trop de mal car mes papiers administratifs sont à peu près classés. Je recopie donc avec soin le numéro qui figure à gauche de la déclaration et que je vous donne ici pour témoigner de ma bonne foi : 110 135.
Troisième exigence : celle du montant précis de mon revenu imposable de l'année précédente et qui naturellement ne figure pas sur de déclaration de revenus que je venais d'aller chercher, mais sur l'avis d'imposition 2010, qui est naturellement un troisième document, différent des deux précédents.
Le Père Soupe ne pourrait-il pas nous faciliter un peu la vie en nous demandant trois indications chiffrées qui figureraient toutes sur le même avis? Vous comprenez aisément que ce serait trop simple ; la loi de l'emmerdement maximum du citoyen exige qu'il aille chercher les trois indications qu'on exige de qui veut payer par Internet son impôt et cela sur trois documents différents. Mais les choses ne s'arrêtent pas là et c'est ici que la Mère Ubu intervient pour contrarier les exigences du Père Soupe. Car en effet, sur la déclaration de revenus de l'année précédente figure bien, en haut et à gauche, un numéro que j'ai scrupuleusement relevé suivant les indications de l'ordinateur. Le problème est que la machine me l'a refusé, m'obligeant à retourner une nouvelle fois à ma déclaration de revenus de 2010 pour découvrir que le numéro de « télé déclarant" n'est NULLEMENT celui qui est en haut et à gauche (vous pouvez aller vérifier sur votre propre déclaration) mais se trouve à la DOUZIEME LIGNE de l'imprimé (je les ai comptées) et donc presque au milieu de la feuille bien plutôt qu'en haut et à gauche et cela d'autant qu'il fait suite à deux numéros de 14 chiffres ou lettres chacun !
Nous ne trouvons, une fois de plus, en face d'un problème de ce que j'appelle, à la suite de mon ami Claude Vogel, la "sémiotique industrielle". Il est en effet clair que la plupart des gens qui conçoivent des imprimés, des sites ou plus largement encore documents donnant des indications d'usage (mode d'emploi d'un appareil, etc.) ou des itinéraires de déviation sur les routes, ignorent tout de la chose. Ils pourraient pourtant tester très facilement leurs produits à cet égard.
A cette fin, ils pourraient en effet,se livrer à un exercice extrêmement simple et rapide de vérification de la clarté et de la pertinence de leurs indications. Le voici pour leur instruction personnelle et en ayant soin de donner à l'expérience un caractère coercitif qui serait, à mon avis, du plus heureux effet pour la suite.
Prenons le cas de l'indication d'un itinéraire routier, en cas de déviation par exemple. Il suffit de mettre au volant d'une voiture l'utilisateur lambda pour tester aisément la validité et la pertinence des indications. On place à côté de lui le concepteur responsable de la signalisation. Est assis à l'arrière un témoin patenté dont le seul rôle sera d'asséner un solide coup de bâton sur la tête du voisin du conducteur (donc le responsable du guidage) toutes les fois que le chauffeur commettra une erreur ou sera simplement dans l'hésitation sur la route à suivre. Il est certain que, dans la suite, le souvenir de cette expérience incitera le rédacteur à plus de réflexion et à plus de soin dans l'élaboration des schémas explicatifs qu'il aura à fournir.
Je ne compte même plus les cas où dans des sites comme dans des formulaires ou questionnaires qu'on nous donne à « renseigner » (je suis aussi exaspéré par l'usage stupidement fautif, dans tous nos documents administratifs, de ce pauvre verbe "renseigner", car on renseigne une personne et non par un questionnaire que l'on se bornait naguère encore à remplir). J'ai reçu encore ce matin, de la compagnie Air France, en vue d'un prochain voyage, un questionnaire que je devais bien entendu « renseigner » et dans lequel des indications fausses (dont, en particulier, mon numéro de téléphone) étaient impossibles à corriger, quoiqu'on me demandât expressément de le faire. Là encore l'épreuve du gourdin aurait sans doute incité l'auteur de cette notice aberrante à vérifier la réelle possibilité de la mettre en oeuvre.
Dois-je préciser que je suis volontaire pour le maniement du gourdin éducatif?
Et dire qu'on les paye pour faire ça !
Ce matin, en effet, comme je me préparais à faire un chèque pour régler la taxe d'habitation de mon domicile, je ne sais quel diable de la modernité me poussant, j'ai constaté que je pouvais payer par Internet sur "impots.gouv.fr. Inspiration funeste à laquelle je me suis laissé aller au mépris de l'orthographe de notre belle langue. Comme vous le savez en effet, les si originaux signes diacritiques qui en sont l'ornement et que le monde nous envie depuis des siècles (comme, en la circonstance, ce cher accent circonflexe qui orne si joliment le mot "impôt") sont refusés par nos ordinateurs, ce qui fait parfois problème quand on cède, si peu que ce soit, à l'inadvertance.
Bannissant le circonflexe, je suis arrivé, sans trop de mal, sur le site en cause. Ce premier triomphe a marqué, je l'avoue, la fin de la facilitation administrative de la démarche, car, dans les services fiscaux informatisés, comme dans la Rome antique, le Capitole du triomphe débouche directement sur la Roche tarpéienne de la catastrophe. En effet, la première chose qui m'a été demandée dans le site a été de m'identifier ce qui paraît tout à fait normal. Toutefois il me paraît d'une méfiance un peu excessive (des fois qu'un imposteur voudrait payer mes impôts à ma place?) de le faire à l'aide de trois indications codées dont chacune me paraît suffisante seule quand surtout quand elle s'ajoute à mon nom de famille.
La première demande est celle du numéro fiscal ; soit ! Cela ne pose pas de problème puisque ce numéro figure à peu près sur tous les avis d'imposition. Avec la seconde exigence les choses se corsent car il s'agit cette fois du numéro de "télé-déclarant" dont j'ignorais jusqu'à l'existence. Les choses commencent à se compliquer car ledit numéro de télé-déclarant ne figure pas sur l'avis d'imposition des taxes foncières de 2011 qui était le point de départ de ma démarche (La chose serait trop simple sans doute). Y figure en revanche un mystérieux numéro FIP (de 18 chiffres s'il vous plaît) qui, lui, ne paraît intéresser personne !
Pour trouver ce numéro de télé-déclarant, il suffit de se reporter à la déclaration de revenus de l'année précédente (que vous n'avez naturellement pas sous la main) où il figure, vous précise-t-on, en haut et à gauche de la dite déclaration. Recherche de l'avis d'imposition 2010, sans trop de mal car mes papiers administratifs sont à peu près classés. Je recopie donc avec soin le numéro qui figure à gauche de la déclaration et que je vous donne ici pour témoigner de ma bonne foi : 110 135.
Troisième exigence : celle du montant précis de mon revenu imposable de l'année précédente et qui naturellement ne figure pas sur de déclaration de revenus que je venais d'aller chercher, mais sur l'avis d'imposition 2010, qui est naturellement un troisième document, différent des deux précédents.
Le Père Soupe ne pourrait-il pas nous faciliter un peu la vie en nous demandant trois indications chiffrées qui figureraient toutes sur le même avis? Vous comprenez aisément que ce serait trop simple ; la loi de l'emmerdement maximum du citoyen exige qu'il aille chercher les trois indications qu'on exige de qui veut payer par Internet son impôt et cela sur trois documents différents. Mais les choses ne s'arrêtent pas là et c'est ici que la Mère Ubu intervient pour contrarier les exigences du Père Soupe. Car en effet, sur la déclaration de revenus de l'année précédente figure bien, en haut et à gauche, un numéro que j'ai scrupuleusement relevé suivant les indications de l'ordinateur. Le problème est que la machine me l'a refusé, m'obligeant à retourner une nouvelle fois à ma déclaration de revenus de 2010 pour découvrir que le numéro de « télé déclarant" n'est NULLEMENT celui qui est en haut et à gauche (vous pouvez aller vérifier sur votre propre déclaration) mais se trouve à la DOUZIEME LIGNE de l'imprimé (je les ai comptées) et donc presque au milieu de la feuille bien plutôt qu'en haut et à gauche et cela d'autant qu'il fait suite à deux numéros de 14 chiffres ou lettres chacun !
Nous ne trouvons, une fois de plus, en face d'un problème de ce que j'appelle, à la suite de mon ami Claude Vogel, la "sémiotique industrielle". Il est en effet clair que la plupart des gens qui conçoivent des imprimés, des sites ou plus largement encore documents donnant des indications d'usage (mode d'emploi d'un appareil, etc.) ou des itinéraires de déviation sur les routes, ignorent tout de la chose. Ils pourraient pourtant tester très facilement leurs produits à cet égard.
A cette fin, ils pourraient en effet,se livrer à un exercice extrêmement simple et rapide de vérification de la clarté et de la pertinence de leurs indications. Le voici pour leur instruction personnelle et en ayant soin de donner à l'expérience un caractère coercitif qui serait, à mon avis, du plus heureux effet pour la suite.
Prenons le cas de l'indication d'un itinéraire routier, en cas de déviation par exemple. Il suffit de mettre au volant d'une voiture l'utilisateur lambda pour tester aisément la validité et la pertinence des indications. On place à côté de lui le concepteur responsable de la signalisation. Est assis à l'arrière un témoin patenté dont le seul rôle sera d'asséner un solide coup de bâton sur la tête du voisin du conducteur (donc le responsable du guidage) toutes les fois que le chauffeur commettra une erreur ou sera simplement dans l'hésitation sur la route à suivre. Il est certain que, dans la suite, le souvenir de cette expérience incitera le rédacteur à plus de réflexion et à plus de soin dans l'élaboration des schémas explicatifs qu'il aura à fournir.
Je ne compte même plus les cas où dans des sites comme dans des formulaires ou questionnaires qu'on nous donne à « renseigner » (je suis aussi exaspéré par l'usage stupidement fautif, dans tous nos documents administratifs, de ce pauvre verbe "renseigner", car on renseigne une personne et non par un questionnaire que l'on se bornait naguère encore à remplir). J'ai reçu encore ce matin, de la compagnie Air France, en vue d'un prochain voyage, un questionnaire que je devais bien entendu « renseigner » et dans lequel des indications fausses (dont, en particulier, mon numéro de téléphone) étaient impossibles à corriger, quoiqu'on me demandât expressément de le faire. Là encore l'épreuve du gourdin aurait sans doute incité l'auteur de cette notice aberrante à vérifier la réelle possibilité de la mettre en oeuvre.
Dois-je préciser que je suis volontaire pour le maniement du gourdin éducatif?
Et dire qu'on les paye pour faire ça !
Du journalisme en France comme l'un des beaux-arts.
Vous avez dû remarquer depuis longtemps à quel point les journalistes français m'insupportent ; je tente de m'en accommoder, mais leur servilité permanente qu'ils associent généralement à un total analphabétisme et à une ignorance encyclopédique, surtout dans la presse audiovisuelle, finissent toujours par me porter sur les nerfs et le moindre incident ranime alors mon animosité.
Je finis par croire que les radios et parfois même la télévision ont des épreuves d'inculture dans le recrutement de leur personnel. J'entendais, il y a peu, un journaliste de médias radiophoniques s'imaginer atteindre au micro le comble de l'élégance linguistique, en évoquant, au lieu des "femmes", « la gente féminine »(naturellement pour " la gent féminine"). Cette cuistrerie, aussi stupide que barbare, est hélas répandue dans nos médias. Tout à l'heure, un exemple sur RMC, radio peu fréquentable au demeurant. Toutefois, le fait de se prétendre « journaliste sportif » ne dispense en rien d'avoir de notre langue une connaissance minimale, même si les vedettes de la "Dream Team" de cette radio nous donnent hélas quotidiennement la preuve du contraire. On ne peut demander toutefois à un ex-footballeur natif des Minguettes, si bavard qu'il soit, ou à un ex-pilier qui, de toute évidence, a reçu beaucoup de coups sur la tête, d'avoir en français le niveau de français d'un élève de CM2.
Vers 17 heures donc sur RMC, je "journaliste" qui officiait, voulant évoquer les paris sportifs qui sont désormais le scandaleux pain quotidien de tous ces gens, évoquait les "côtes" de ces paris (en prononçant le mot comme quand il s'agit de celles du Rhône, du mouton ou du porc), ignorant naturellement la distinction, pourtant fort utile, avec les "cotes" (des parieurs ou des graphiques selon les cas)!
Il faut dire que cette petite contrariété linguistique venait après que j'aie, en début d'après-midi, écouté M. Bertrand, ministre du travail, se faire interviewer par Anne-Sophie Lapix sur Canal +. À la vue de cette charmante créature, je me suis dit, sur l'air de "Pour un flirt", rengaine de Michel Delpech qu'on a connu mieux inspiré. Je fredonnerais volontiers au ministre, en lieu et place de Mme Lapix et en changeant à peine les paroles :
"Pour une heure avec toi
Je ferais n'importe quoi
Pour une heure avec toi
Je serais prêt à tout
Pour un simple rendez-vous
Pour une télé avec toi"
La seule condition que je pose est que cette heure se passe dans le cadre de cette émission et que j'aie en face de moi M. Bertrand ou quelque autre ministre du même acabit.
La stratégie professionnelle de Mme Lapix qui, assurément ne serait pas la mienne, est très simple ; elle aborde souvent des sujets intéressants et pose même parfois des questions pertinentes ; en revanche, elle se satisfait toujours, avec la plus grande docilité, de réponses dilatoires ou, plus souvent encore, à côté de la plaque. Ainsi, dans le cas présent, il était question d'un grand hôpital pour la banlieue Sud de Paris, construit dans le cadre d'un accord Etat-Privé, qui, au bout de quatre ans, va coûter à peu près un demi milliard d'euros de plus que le devis initial. Le pire est que le bâtiment neuf présente tant de dysfonctionnements de toute nature qu'on ne peut pas envisager de le mettre en service!
Je passe sur le détail mais "le sujet" introductif, en images, était excellent. On y voyait au départ M. Bertrand lui-même, alors ministre des affaires sociales, et Mme Bachelot présenter avec enthousiasme cette opération réalisée par convention entre l'État et une société privée ; on passait ensuite, quatre ans plus tard, à l'état actuel du projet, avec de gigantesques dépassements de crédits et surtout un hôpital que ces dysfonctionnements graves et multiples rendent inutilisable.
Personne naturellement n'est responsable et tous les politiques, Messieurs Bertrand et Valls en tête, jouent maintenant tous les vierges effarouchées, refusant toute responsabilité dans une affaire qu'on les a vus couvrir de fleurs. Notre administration elle-même est sans doute pour quelque chose dans ce fiasco, puisque, dans cette période, cet hôpital (qui, faut-il le préciser, d'existait pas encore!) n'a pas eu moins de six directeurs et que leurs caprices successifs ont sans doute contribué à alourdir la facture.
M. Bertrand refuse toute responsabilité dans ce fiasco, comme dans tous les problèmes que Madame Lapix a pu évoquer avec lui dans cette émission et qui ne concourrent pas, de façon évidente, à sa gloire éternelle et probablement à l'évidence de sa future candidature à l'élection présidentielle en 2017.
La stratégie de servilité de Mme Lapix. est toujours la même et il en est de même pour tout problème qu'elle évoque, qu'il s'agisse des banques ou de l'hôpital. Une fois la bonne question posée, sa conscience professionnelle étant par là-même satisfaite, elle devient aussitôt des plus accommodantes. Le ministre peut alors peut alors se défiler, en invoquant toujours son sentiment personnel et intime, évidemment opposé aux dysfonctionnements voire au désastre constatés.
La journaliste ne songe jamais alors à lui poser une question très simple qu'on peut formuler ainsi : "Mais, M. le ministre, si vous n'étiez pas d'accord avec ce qui était fait, pourquoi ne l'avez-vous pas dit haut et clair et pourquoi, faute d'être écouté et suivi, n'avez-vous pas démissionné sur-le-champ?".
Je pense en effet que la fameuse formule qu'avait proposée, en son temps, Jean-Pierre Chevènement "Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne" n'est pas la bonne. La vraie bonne formule et le seul comportement digne, est en effet " Un ministre, s'il n'est pas d'accord, ne ferme pas sa gueule; il l'ouvre au contraire, grand et fort et il démissionne de façon à expliquer à tous la cause et le sens sa démission". La restriction mentale, c'est, depuis le Grand Siècle, le truc des Jésuites pas des ministres!
Je finis par croire que les radios et parfois même la télévision ont des épreuves d'inculture dans le recrutement de leur personnel. J'entendais, il y a peu, un journaliste de médias radiophoniques s'imaginer atteindre au micro le comble de l'élégance linguistique, en évoquant, au lieu des "femmes", « la gente féminine »(naturellement pour " la gent féminine"). Cette cuistrerie, aussi stupide que barbare, est hélas répandue dans nos médias. Tout à l'heure, un exemple sur RMC, radio peu fréquentable au demeurant. Toutefois, le fait de se prétendre « journaliste sportif » ne dispense en rien d'avoir de notre langue une connaissance minimale, même si les vedettes de la "Dream Team" de cette radio nous donnent hélas quotidiennement la preuve du contraire. On ne peut demander toutefois à un ex-footballeur natif des Minguettes, si bavard qu'il soit, ou à un ex-pilier qui, de toute évidence, a reçu beaucoup de coups sur la tête, d'avoir en français le niveau de français d'un élève de CM2.
Vers 17 heures donc sur RMC, je "journaliste" qui officiait, voulant évoquer les paris sportifs qui sont désormais le scandaleux pain quotidien de tous ces gens, évoquait les "côtes" de ces paris (en prononçant le mot comme quand il s'agit de celles du Rhône, du mouton ou du porc), ignorant naturellement la distinction, pourtant fort utile, avec les "cotes" (des parieurs ou des graphiques selon les cas)!
Il faut dire que cette petite contrariété linguistique venait après que j'aie, en début d'après-midi, écouté M. Bertrand, ministre du travail, se faire interviewer par Anne-Sophie Lapix sur Canal +. À la vue de cette charmante créature, je me suis dit, sur l'air de "Pour un flirt", rengaine de Michel Delpech qu'on a connu mieux inspiré. Je fredonnerais volontiers au ministre, en lieu et place de Mme Lapix et en changeant à peine les paroles :
"Pour une heure avec toi
Je ferais n'importe quoi
Pour une heure avec toi
Je serais prêt à tout
Pour un simple rendez-vous
Pour une télé avec toi"
La seule condition que je pose est que cette heure se passe dans le cadre de cette émission et que j'aie en face de moi M. Bertrand ou quelque autre ministre du même acabit.
La stratégie professionnelle de Mme Lapix qui, assurément ne serait pas la mienne, est très simple ; elle aborde souvent des sujets intéressants et pose même parfois des questions pertinentes ; en revanche, elle se satisfait toujours, avec la plus grande docilité, de réponses dilatoires ou, plus souvent encore, à côté de la plaque. Ainsi, dans le cas présent, il était question d'un grand hôpital pour la banlieue Sud de Paris, construit dans le cadre d'un accord Etat-Privé, qui, au bout de quatre ans, va coûter à peu près un demi milliard d'euros de plus que le devis initial. Le pire est que le bâtiment neuf présente tant de dysfonctionnements de toute nature qu'on ne peut pas envisager de le mettre en service!
Je passe sur le détail mais "le sujet" introductif, en images, était excellent. On y voyait au départ M. Bertrand lui-même, alors ministre des affaires sociales, et Mme Bachelot présenter avec enthousiasme cette opération réalisée par convention entre l'État et une société privée ; on passait ensuite, quatre ans plus tard, à l'état actuel du projet, avec de gigantesques dépassements de crédits et surtout un hôpital que ces dysfonctionnements graves et multiples rendent inutilisable.
Personne naturellement n'est responsable et tous les politiques, Messieurs Bertrand et Valls en tête, jouent maintenant tous les vierges effarouchées, refusant toute responsabilité dans une affaire qu'on les a vus couvrir de fleurs. Notre administration elle-même est sans doute pour quelque chose dans ce fiasco, puisque, dans cette période, cet hôpital (qui, faut-il le préciser, d'existait pas encore!) n'a pas eu moins de six directeurs et que leurs caprices successifs ont sans doute contribué à alourdir la facture.
M. Bertrand refuse toute responsabilité dans ce fiasco, comme dans tous les problèmes que Madame Lapix a pu évoquer avec lui dans cette émission et qui ne concourrent pas, de façon évidente, à sa gloire éternelle et probablement à l'évidence de sa future candidature à l'élection présidentielle en 2017.
La stratégie de servilité de Mme Lapix. est toujours la même et il en est de même pour tout problème qu'elle évoque, qu'il s'agisse des banques ou de l'hôpital. Une fois la bonne question posée, sa conscience professionnelle étant par là-même satisfaite, elle devient aussitôt des plus accommodantes. Le ministre peut alors peut alors se défiler, en invoquant toujours son sentiment personnel et intime, évidemment opposé aux dysfonctionnements voire au désastre constatés.
La journaliste ne songe jamais alors à lui poser une question très simple qu'on peut formuler ainsi : "Mais, M. le ministre, si vous n'étiez pas d'accord avec ce qui était fait, pourquoi ne l'avez-vous pas dit haut et clair et pourquoi, faute d'être écouté et suivi, n'avez-vous pas démissionné sur-le-champ?".
Je pense en effet que la fameuse formule qu'avait proposée, en son temps, Jean-Pierre Chevènement "Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne" n'est pas la bonne. La vraie bonne formule et le seul comportement digne, est en effet " Un ministre, s'il n'est pas d'accord, ne ferme pas sa gueule; il l'ouvre au contraire, grand et fort et il démissionne de façon à expliquer à tous la cause et le sens sa démission". La restriction mentale, c'est, depuis le Grand Siècle, le truc des Jésuites pas des ministres!
samedi 15 octobre 2011
"Qu'elle était verte ma vallée..."
Comment ne pas aller voir ce matin la demi-finale de la Coupe du monde de rugby entre la France et le Pays de Galles.?Ce n'est pas que les Français se soient montrés très enthousiasmants dans les matchs précédents, même dans le quart de finale contre l'Angleterre ! Il faut tout le chauvinisme extraordinaire des commentateurs français et, pour certains, leur ignorance du jeu pour s'extasier devant ce match où les Anglais ont été assez médiocres à l'image du beau Jonny Wilkinson qu'on a rarement vu si peu inspiré ou en tout cas peu heureux.
En fait j'irai voir le Pays de Galles jouer en souvenir d'une des lectures favorites de mon enfance. Comme le laisse à penser le titre de ce post, il s'agit du roman de Richard Llewellyn (dont l'orthographe même du patronyme est, à elle seule, tout un programme !) Qu'elle était verte ma vallée. L'action se situe dans le Sud du Pays de Galles, au rude pays des mineurs où l'on est plus qu'ailleurs peut-être, passionné de rugby. Un des personnages, joueur de rugby lui-même, nommé Cythfartha Lewis est réputé dans le pays pour sa science de ce jeu. Une phrase du roman qui l'évoque est restée dans ma mémoire depuis cette époque. Au moment où un adversaire tente de lui faire une feinte dans le jeu, l'auteur observe que « vouloir faire un crochet à Cythfartha Lewis, c'était comme vouloir vendre du poison à un Borgia »!
Je ne parle donc pas encore de ce match puisqu'il ne commencera que dans une bonne demi-heure. Faute de pouvoir parler de rugby puisque le match n'a pas encore commencé, je vous dirai donc, en attendant, un mot de football pour souligner là aussi l'incompétence et la mauvaise foi de nos commentateurs sportifs.
À peu près personne, sauf dans une brève allusion matinale, le lendemain du match, n'a jugé bon de souligner que, dans le match de qualification de la Coupe d'Europe de football, la France avait une fois de plus volé sa place. On avait déjà eu, lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, une qualification des plus discutables puisque elle avait été obtenue par Thierry Henri sur une main décisive à proximité des buts, cette main ayant permis à un coéquipier de marquer le but qualificateur. L'équipe de France, cette fois, a fait mieux en quelque sorte pour se qualifier en Coupe d'Europe. En effet Samir Nasri a carrément volé la qualification en obtenant un penalty non seulement tout à fait immérité mais parfaitement frauduleux. Lors d'un contact avec un défenseur bosniaque, alors que ce dernier lui tournait déjà le dos et ne le touchait même pas, il a de l'extérieur de la surface de réparation, plongé à l'intérieur de celle-ci et ainsi obtenu un penalty. Ce qui devait lui valoir un carton jaune pour simulation manifeste a permis à l'équipe de France de se qualifier, puisqu'il a lui-même marqué le but à la suite du penalty qu'il avait si scandaleusement obtenu. Le pire est que le lendemain, tous les journaux télévisés et toutes les émissions ont montré et remontré Samir Nasri marquant le but à la suite de ce penalty mais se sont bien gardés de montrer le ralenti des circonstances dans lesquelles il avait si scandaleusement obtenu ce penalty.
Est-ce si grave après tout ? Il doit y avoir un bon dieu du football qui veille sur tout cela puisqu'on sait comment s'est terminée pour l'équipe de France, qui n'aurait jamais dû être qualifiée pour l'Afrique du Sud, la mascarade de cette Coupe du monde. Espérons pour la justice sportive qu'il en sera de même en Pologne pour la France dans la Coupe d'Europe de football l'année prochaine.
Ce matin le Bon dieu du rugby a dû faire la grasse matinée car il a laissé les Gallois se battre eux-mêmes. Réduits à 14 sur une décision arbitrale trop sévère (le jaune aurait suffi à sanctionner un plaquage un peu dangereux), les Gallois ont été battus d'un petit point après avoir perdu trois touches et surtout manqué trois drops et quatre pénalités (dont une à moins de 40 mètres face aux poteaux!). Une médiocre réussite de 50% , minimale à ce niveau,(au lieu des 12% qu'ils ont eus) les faisait gagner de 10 points. Cela n'empêchera pas toutefois nos médias de pousser des cocoricos durant une semaine.
En fait j'irai voir le Pays de Galles jouer en souvenir d'une des lectures favorites de mon enfance. Comme le laisse à penser le titre de ce post, il s'agit du roman de Richard Llewellyn (dont l'orthographe même du patronyme est, à elle seule, tout un programme !) Qu'elle était verte ma vallée. L'action se situe dans le Sud du Pays de Galles, au rude pays des mineurs où l'on est plus qu'ailleurs peut-être, passionné de rugby. Un des personnages, joueur de rugby lui-même, nommé Cythfartha Lewis est réputé dans le pays pour sa science de ce jeu. Une phrase du roman qui l'évoque est restée dans ma mémoire depuis cette époque. Au moment où un adversaire tente de lui faire une feinte dans le jeu, l'auteur observe que « vouloir faire un crochet à Cythfartha Lewis, c'était comme vouloir vendre du poison à un Borgia »!
Je ne parle donc pas encore de ce match puisqu'il ne commencera que dans une bonne demi-heure. Faute de pouvoir parler de rugby puisque le match n'a pas encore commencé, je vous dirai donc, en attendant, un mot de football pour souligner là aussi l'incompétence et la mauvaise foi de nos commentateurs sportifs.
À peu près personne, sauf dans une brève allusion matinale, le lendemain du match, n'a jugé bon de souligner que, dans le match de qualification de la Coupe d'Europe de football, la France avait une fois de plus volé sa place. On avait déjà eu, lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, une qualification des plus discutables puisque elle avait été obtenue par Thierry Henri sur une main décisive à proximité des buts, cette main ayant permis à un coéquipier de marquer le but qualificateur. L'équipe de France, cette fois, a fait mieux en quelque sorte pour se qualifier en Coupe d'Europe. En effet Samir Nasri a carrément volé la qualification en obtenant un penalty non seulement tout à fait immérité mais parfaitement frauduleux. Lors d'un contact avec un défenseur bosniaque, alors que ce dernier lui tournait déjà le dos et ne le touchait même pas, il a de l'extérieur de la surface de réparation, plongé à l'intérieur de celle-ci et ainsi obtenu un penalty. Ce qui devait lui valoir un carton jaune pour simulation manifeste a permis à l'équipe de France de se qualifier, puisqu'il a lui-même marqué le but à la suite du penalty qu'il avait si scandaleusement obtenu. Le pire est que le lendemain, tous les journaux télévisés et toutes les émissions ont montré et remontré Samir Nasri marquant le but à la suite de ce penalty mais se sont bien gardés de montrer le ralenti des circonstances dans lesquelles il avait si scandaleusement obtenu ce penalty.
Est-ce si grave après tout ? Il doit y avoir un bon dieu du football qui veille sur tout cela puisqu'on sait comment s'est terminée pour l'équipe de France, qui n'aurait jamais dû être qualifiée pour l'Afrique du Sud, la mascarade de cette Coupe du monde. Espérons pour la justice sportive qu'il en sera de même en Pologne pour la France dans la Coupe d'Europe de football l'année prochaine.
Ce matin le Bon dieu du rugby a dû faire la grasse matinée car il a laissé les Gallois se battre eux-mêmes. Réduits à 14 sur une décision arbitrale trop sévère (le jaune aurait suffi à sanctionner un plaquage un peu dangereux), les Gallois ont été battus d'un petit point après avoir perdu trois touches et surtout manqué trois drops et quatre pénalités (dont une à moins de 40 mètres face aux poteaux!). Une médiocre réussite de 50% , minimale à ce niveau,(au lieu des 12% qu'ils ont eus) les faisait gagner de 10 points. Cela n'empêchera pas toutefois nos médias de pousser des cocoricos durant une semaine.
vendredi 14 octobre 2011
Pauvre littérature française!
En écrivant le titre de ce blog, j'en perçois aussitôt le caractère inadéquat. Je devrais plutôt dire en effet « Pauvre édition française. » car la littérature, fort heureusement n'est pas en cause ici comme on va le voir !
Il y a toujours eu un considérable écart entre la littérature et l'édition, surtout en France, et il n'a fait que croître durant les dernières décennies. Il serait facile d'en multiplier les exemples ; chacun sait bien qu'un roman écrit ou en tout cas "signé" par Zinedine Zidane (naturellement rédigé par un nègre) serait accepté immédiatement par les éditeurs français qui se disputeraient même l'honneur et le privilège de le publier. On a eu une preuve amusante de la chose quand, suite à la publication d'un roman par Claire Chazal, des farceurs se sont amusés à le reproduire intégralement en n'en changeant que le titre et les noms des personnages, avant de se voir refuser le tapuscrit par des éditeurs qui ne s'aperçurent d'ailleurs en aucune façon de la supercherie. C'est, en matière littéraire mais avec moins de succès, une facétie du genre de celle qu'avait imaginée Roland Dorgelès faisant exposer, sous le nom de Boronali (anagramme insoupçonnée d'Aliboron) un tableau "Coucher de soleil sur l'Adriatique" qu'il avait fait peindre par un âne avec sa queue.
La publication du livre de Tristane Banon (que j'entendais présenter ce matin comme une "écrivaine" et non comme une journaliste) confirme l'abîme qui existe entre l'édition et la littérature tout en jetant aussi une ombre fâcheuse sur la décision de cette jeune femme de porter plainte contre DSK. Ce qui pouvait apparaître comme une prise de décision tardive suite à l'agression dont elle se dit victime, n'est donc, en fait, qu'une simple opération commerciale de lancement d'un livre qui, sans cela, serait sans doute passé totalement inaperçu. Merci DSK !
Il faut dire que les médias y sont aussi pour beaucoup, surtout lorsque, dans des émissions non littéraires, l'un ou l'autre des chroniqueurs s'avise de dire quelques mots sur un livre ; je ne pense pas ici, je le répète, aux émissions spécialisées dont les responsables sont infiniment plus sérieux et lisent les livres mais ont aussi, du fait de leurs relations particulières avec les éditeurs, des motivations différentes. Ce matin encore, le hasard, toujours malicieux, m'a fait entendre Valéry Giscard d'Estaing interviewé par Nigaud Aliagas (sur Europe 1 dans l'émission du matin).
Les choses ont bien commencé, puisque une fois les salutations échangées, Nigaud a d'emblée attaqué par une erreur sur le titre même du livre, ce qui montre bien que non seulement, comme la suite le montre, il n'avait pas lu le livre mais n'en n'avait même pas regardé la couverture. Il a en effet dit, en commençant, que le roman s'intitulait "Mathilde", obligeant l'auteur à intervenir pour signaler que le vrai titre est Mathilda ; la chose est sans importance mais tout à fait significative.
L'entretien a continué sur le même mode puisque la remarque suivante de Nigaud Aliagas a été que ce roman mettait en scène un vieux notaire, détail que Valéry Giscard d'Estaing a aussitôt corrigé, à nouveau, en soulignant que le notaire en question est en fait jeune (35 ans) !
Avec une ruse que connaissent tous ceux qui sont amenés à faire croire qu'ils ont lu des textes alors qu'ils ne l'ont pas fait, après ses deux bourdes liminaires, Nigaud Aliagas, sans avoir lu le reste, a cité et commenté une page précise (la page 68), choisie au hasard on l'espère, où il avait relevé la phrase suivante "Il n'avait pas dit un mot de tendresse avant de la violer ». Passons sur la platitude de l'écriture! Un mot d'explication est toutefois nécessaire ici le roman se passant en Namibie ; l'épisode central en est le viol de Matilda, une blanche, par un ouvrier noir de sa plantation. La phrase citée elle-même est sans le moindre intérêt (en Afrique ou ailleurs, il est très rare qu'un viol s'inscrive dans une relation de tendresse) mais elle le devient, dès que l'on sait qu'elle témoigne, selon Valéry Giscard d'Estaing lui-même, de son intérêt nouveau pour la psychologie africaine !
Au fait, j'y pense soudain, Valéry Giscard d'Estaing n'est-il pas membre de l'Académie française ? À mon avis il devrait suivre le conseil de Boileau : "Imite de Conrart le silence prudent !".
Il y a toujours eu un considérable écart entre la littérature et l'édition, surtout en France, et il n'a fait que croître durant les dernières décennies. Il serait facile d'en multiplier les exemples ; chacun sait bien qu'un roman écrit ou en tout cas "signé" par Zinedine Zidane (naturellement rédigé par un nègre) serait accepté immédiatement par les éditeurs français qui se disputeraient même l'honneur et le privilège de le publier. On a eu une preuve amusante de la chose quand, suite à la publication d'un roman par Claire Chazal, des farceurs se sont amusés à le reproduire intégralement en n'en changeant que le titre et les noms des personnages, avant de se voir refuser le tapuscrit par des éditeurs qui ne s'aperçurent d'ailleurs en aucune façon de la supercherie. C'est, en matière littéraire mais avec moins de succès, une facétie du genre de celle qu'avait imaginée Roland Dorgelès faisant exposer, sous le nom de Boronali (anagramme insoupçonnée d'Aliboron) un tableau "Coucher de soleil sur l'Adriatique" qu'il avait fait peindre par un âne avec sa queue.
La publication du livre de Tristane Banon (que j'entendais présenter ce matin comme une "écrivaine" et non comme une journaliste) confirme l'abîme qui existe entre l'édition et la littérature tout en jetant aussi une ombre fâcheuse sur la décision de cette jeune femme de porter plainte contre DSK. Ce qui pouvait apparaître comme une prise de décision tardive suite à l'agression dont elle se dit victime, n'est donc, en fait, qu'une simple opération commerciale de lancement d'un livre qui, sans cela, serait sans doute passé totalement inaperçu. Merci DSK !
Il faut dire que les médias y sont aussi pour beaucoup, surtout lorsque, dans des émissions non littéraires, l'un ou l'autre des chroniqueurs s'avise de dire quelques mots sur un livre ; je ne pense pas ici, je le répète, aux émissions spécialisées dont les responsables sont infiniment plus sérieux et lisent les livres mais ont aussi, du fait de leurs relations particulières avec les éditeurs, des motivations différentes. Ce matin encore, le hasard, toujours malicieux, m'a fait entendre Valéry Giscard d'Estaing interviewé par Nigaud Aliagas (sur Europe 1 dans l'émission du matin).
Les choses ont bien commencé, puisque une fois les salutations échangées, Nigaud a d'emblée attaqué par une erreur sur le titre même du livre, ce qui montre bien que non seulement, comme la suite le montre, il n'avait pas lu le livre mais n'en n'avait même pas regardé la couverture. Il a en effet dit, en commençant, que le roman s'intitulait "Mathilde", obligeant l'auteur à intervenir pour signaler que le vrai titre est Mathilda ; la chose est sans importance mais tout à fait significative.
L'entretien a continué sur le même mode puisque la remarque suivante de Nigaud Aliagas a été que ce roman mettait en scène un vieux notaire, détail que Valéry Giscard d'Estaing a aussitôt corrigé, à nouveau, en soulignant que le notaire en question est en fait jeune (35 ans) !
Avec une ruse que connaissent tous ceux qui sont amenés à faire croire qu'ils ont lu des textes alors qu'ils ne l'ont pas fait, après ses deux bourdes liminaires, Nigaud Aliagas, sans avoir lu le reste, a cité et commenté une page précise (la page 68), choisie au hasard on l'espère, où il avait relevé la phrase suivante "Il n'avait pas dit un mot de tendresse avant de la violer ». Passons sur la platitude de l'écriture! Un mot d'explication est toutefois nécessaire ici le roman se passant en Namibie ; l'épisode central en est le viol de Matilda, une blanche, par un ouvrier noir de sa plantation. La phrase citée elle-même est sans le moindre intérêt (en Afrique ou ailleurs, il est très rare qu'un viol s'inscrive dans une relation de tendresse) mais elle le devient, dès que l'on sait qu'elle témoigne, selon Valéry Giscard d'Estaing lui-même, de son intérêt nouveau pour la psychologie africaine !
Au fait, j'y pense soudain, Valéry Giscard d'Estaing n'est-il pas membre de l'Académie française ? À mon avis il devrait suivre le conseil de Boileau : "Imite de Conrart le silence prudent !".
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jeudi 13 octobre 2011
Règlement de comptes à OK France 2
Comme vous vous en doutez je n'ai pas regardé mercredi 12 octobre 2011 au soir le grand débat des primaires socialistes entre Martine et François (zut! J'ai oublié de tirer au sort l'ordre des prénoms!). J'ai néanmoins zappé, à deux reprises sur l'émission et, par chance, je crois en avoir vu les deux moments essentiels.
Pour les personnages eux-mêmes je résume.
Martin était égale à elle-même. Massive, hommasse et sans recherche, jouant manifestement la carte de la femme forte et en tout cas pas "molle" ! François lui ressemblait souvent l'image qu'en donne sa marionnette des Guignols de l'Info.Je vais y venir.
À cet égard je m'interroge sur le rôle et le poids des cadreurs et des réalisateurs qui choisissaient les images parmi celles que leur proposent les diverses caméras, surtout dans un direct. Non sans intelligence et talent, quand l'un des deux personnages s'exprime, et en particulier quand il distille une vacherie sur son adversaire, ils ont toujours l'astuce de nous montrer, en un plan de coupe fugace, la tronche de l'autre. À cet égard c'est sur ce plan que les deux protagonistes ont paru se distinguer le plus. Quand Martine susurrait quelque vacherie à l'égard de François du genre « personnalité molle, » (elle-même a molli devant la référence à la mollesse d'une partie plus intime de l'anatomie de François, comme, semble-t-il, elle l'avait fait en d'autres circonstances... suivez mon regard si j'ose dire...). François Hollande optait alors pour le sourire entendu mais un peu gêné et nigaud. C'est ce qui, à ce moment-là, le faisait ressembler à sa marionnette des Guignols, puisqu'il découvrait alors sa petite denture éclatante ravalée par son dentiste en vue de la campagne présidentielle. Ce n'est pas assurément la meilleure image qu'il puisse donner de lui à ses électeurs potentiels.
En revanche, quand, réponse du berger à la bergère, François Hollande évoquait le congrès à Reims, sans oser toutefois aller jusqu'à parler du trucage des élections au poste de Premier Secrétaire, Martine Aubry, filmée un instant dans sa réaction immédiate, faisait la gueule et même esquissait carrément une moue désapprobatrice, scandalisée voire contestataire de telles insinuations.
En somme, la forme dans toute cette affaire comptait beaucoup plus que le fond puisque, de toute façon, comme disait le bon père Pasqua « les promesses électorales n'engagent que ceux qui ont les croient ». Pour prendre un seul exemple, l'un et l'autre se sont accordés à dire qu'il fallait, en une année, la première, réduire de 1,3 ou 1,6 % (je ne sais plus et on s'en fout puisque la chose est sans importance ») l'impasse budgétaire pour ramener le déficit à 3 %, mais ils se sont abstenus de chiffrer le pourcentage en milliards et surtout de dire comment on allait s'y prendre en fait, chiffres en mains, pour opérer cette réduction. Nul en outre n'a rappelé que ce chiffre de 3 % était celui sur lequel la France s'était engagée, vis-à-vis de l'Union européenne depuis fort longtemps, mais qu'aucun des gouvernements antérieurs, ni de droite ni de gauche, n'avait jamais respecté, n' hésitant pas à truquer les comptes, avec toutefois un peu moins d'impudence que les Grecs.
Si j'avais été un peu plus patient et moins certain de ce qui allait se dire, j'aurais regardé dans son ensemble l'émission car il y a sans doute eu de bons moments de ruses politiciennes comme d'art dramatique. Les ficelles sont toutefois un peu grosses. Martine nous a évidemment ressassé, par comparaison avec elle, que son adversaire n'avait aucune expérience de gouvernement ; elle n'a cessé de nous rappeler (au moins trois fois dans la période très brève que j'ai vue) qu'elle avait été chez Péchiney (au PS!) et ministre et même un ministre important (numéro deux de Jospin!). Elle s'est toutefois bien gardée de rappeler le grand oeuvre de son ministère c'est-à-dire les 35 heures. Le bilan en est nuancé et surtout le vrai père de cette réforme est DSK dont elle s'est abstenue d'évoquer la fâcheuse mémoire.
Le plus drôle a été l'affaire du poste de Premier Secrétaire du parti socialiste. Martine Aubry, qui en a parlé la première, n'a pas manqué de rappeler qu'elle avait trouvé le parti socialiste, sinon en ruines du moins en friche et qu'elle avait dû passer trois ans à le remettre sur les rails. Elle n'a pas jugé bon toutefois de rappeler les magouilles grâce auxquelles elle s'était fait élire par son ami Guerini, on sait comment, à ce poste de Premier Secrétaire. Arrivant après elle, François, un peu embarrassé par cette mise en cause, a choisi de jouer le nigaud des Guignols et de rappeler simplement, montrant des nerfs d'acier, que, pendant 13 ans comme porte-parole d'abord puis comme Premier Secrétaire, il avait gouverné, au milieu des écueils et avec le plus grand succès, le parti socialiste. À mourir de rire ! Feydau ou Labiche ?
Je ne sais pas qui est sorti vainqueur (s'il y en a un) de cette comédie. De toute façon, chacun sait bien que, même dans l'hypothèse où l'un des deux serait Président de la République, rien ne se passera comme ils ont annoncé que cela allait se faire.
Pour les personnages eux-mêmes je résume.
Martin était égale à elle-même. Massive, hommasse et sans recherche, jouant manifestement la carte de la femme forte et en tout cas pas "molle" ! François lui ressemblait souvent l'image qu'en donne sa marionnette des Guignols de l'Info.Je vais y venir.
À cet égard je m'interroge sur le rôle et le poids des cadreurs et des réalisateurs qui choisissaient les images parmi celles que leur proposent les diverses caméras, surtout dans un direct. Non sans intelligence et talent, quand l'un des deux personnages s'exprime, et en particulier quand il distille une vacherie sur son adversaire, ils ont toujours l'astuce de nous montrer, en un plan de coupe fugace, la tronche de l'autre. À cet égard c'est sur ce plan que les deux protagonistes ont paru se distinguer le plus. Quand Martine susurrait quelque vacherie à l'égard de François du genre « personnalité molle, » (elle-même a molli devant la référence à la mollesse d'une partie plus intime de l'anatomie de François, comme, semble-t-il, elle l'avait fait en d'autres circonstances... suivez mon regard si j'ose dire...). François Hollande optait alors pour le sourire entendu mais un peu gêné et nigaud. C'est ce qui, à ce moment-là, le faisait ressembler à sa marionnette des Guignols, puisqu'il découvrait alors sa petite denture éclatante ravalée par son dentiste en vue de la campagne présidentielle. Ce n'est pas assurément la meilleure image qu'il puisse donner de lui à ses électeurs potentiels.
En revanche, quand, réponse du berger à la bergère, François Hollande évoquait le congrès à Reims, sans oser toutefois aller jusqu'à parler du trucage des élections au poste de Premier Secrétaire, Martine Aubry, filmée un instant dans sa réaction immédiate, faisait la gueule et même esquissait carrément une moue désapprobatrice, scandalisée voire contestataire de telles insinuations.
En somme, la forme dans toute cette affaire comptait beaucoup plus que le fond puisque, de toute façon, comme disait le bon père Pasqua « les promesses électorales n'engagent que ceux qui ont les croient ». Pour prendre un seul exemple, l'un et l'autre se sont accordés à dire qu'il fallait, en une année, la première, réduire de 1,3 ou 1,6 % (je ne sais plus et on s'en fout puisque la chose est sans importance ») l'impasse budgétaire pour ramener le déficit à 3 %, mais ils se sont abstenus de chiffrer le pourcentage en milliards et surtout de dire comment on allait s'y prendre en fait, chiffres en mains, pour opérer cette réduction. Nul en outre n'a rappelé que ce chiffre de 3 % était celui sur lequel la France s'était engagée, vis-à-vis de l'Union européenne depuis fort longtemps, mais qu'aucun des gouvernements antérieurs, ni de droite ni de gauche, n'avait jamais respecté, n' hésitant pas à truquer les comptes, avec toutefois un peu moins d'impudence que les Grecs.
Si j'avais été un peu plus patient et moins certain de ce qui allait se dire, j'aurais regardé dans son ensemble l'émission car il y a sans doute eu de bons moments de ruses politiciennes comme d'art dramatique. Les ficelles sont toutefois un peu grosses. Martine nous a évidemment ressassé, par comparaison avec elle, que son adversaire n'avait aucune expérience de gouvernement ; elle n'a cessé de nous rappeler (au moins trois fois dans la période très brève que j'ai vue) qu'elle avait été chez Péchiney (au PS!) et ministre et même un ministre important (numéro deux de Jospin!). Elle s'est toutefois bien gardée de rappeler le grand oeuvre de son ministère c'est-à-dire les 35 heures. Le bilan en est nuancé et surtout le vrai père de cette réforme est DSK dont elle s'est abstenue d'évoquer la fâcheuse mémoire.
Le plus drôle a été l'affaire du poste de Premier Secrétaire du parti socialiste. Martine Aubry, qui en a parlé la première, n'a pas manqué de rappeler qu'elle avait trouvé le parti socialiste, sinon en ruines du moins en friche et qu'elle avait dû passer trois ans à le remettre sur les rails. Elle n'a pas jugé bon toutefois de rappeler les magouilles grâce auxquelles elle s'était fait élire par son ami Guerini, on sait comment, à ce poste de Premier Secrétaire. Arrivant après elle, François, un peu embarrassé par cette mise en cause, a choisi de jouer le nigaud des Guignols et de rappeler simplement, montrant des nerfs d'acier, que, pendant 13 ans comme porte-parole d'abord puis comme Premier Secrétaire, il avait gouverné, au milieu des écueils et avec le plus grand succès, le parti socialiste. À mourir de rire ! Feydau ou Labiche ?
Je ne sais pas qui est sorti vainqueur (s'il y en a un) de cette comédie. De toute façon, chacun sait bien que, même dans l'hypothèse où l'un des deux serait Président de la République, rien ne se passera comme ils ont annoncé que cela allait se faire.
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