Le seul moyen de confondre un fraudeur est le recours au numéro INSEE (les 13 chiffres qui permettent en théorie de distinguer 10.000 milliards d'individus - 9.999.999.999.999 pour être précis- et qui ne permettent pas, vu l'usage qu'on en a fait en France de distinguer entre eux les 66 millions de Français!) mais la CNIL n'est pas chaude, si j'ose dire, comme le montre, à elle seule, cette remarque du président Tian dans le rapport de 2006 : "M. le Président : Faute de fichiers croisés, on ne peut pas savoir qu'il y a fraude et vous [entendre la CNIL] nous dites : prouvez-nous [ à nous la CNIL ] qu'il y a fraude pour qu'on puisse vous autoriser à croiser des fichiers !".
On n'en sort pas et en outre la CNIL interdit toute référence à des catégories "communautaires", alors que des communautés ou des étrangers ("Turcs, Pakistanais, ex-Yougoslaves" Rapport 2006) sont à l'origine et/ou au coeur de la fraude sociale massive. On lit ainsi dans le rapport de la Cour des comptes (2010 : page 197) cette phrase admirable qui donne à penser "Dans certains cas, le silence de la CNIL vaut approbation des traitements, dans d’autres, au contraire, rejet"! Va comprendre Charles!
Les dix meilleures blagues de la fraude sociale. Suggestion à TF1 pour une émission du samedi soir !
1. Un ancien chanteur des années 80 fabriquait et vendait des kits ASSEDIC. Il en vendit des centaines, pour un préjudice de 9 millions d'euros, avant d'être démasqué. Pourquoi me direz-vous ? Habitué qu'il était aux tarifs du show-biz et pour attirer les clients, il fixait à des ouvriers ou à des secrétaires des salaires de 5 000 euros. Ce détail a fini, à la longue, par intriguer les ASSEDIC !
2. Idem à la Sécu pour ce médecin qui, en un an, prescrivit 51.000 jours soit 140 années d'arrêt de congé maladie.
3. Une CAF fut aussi intriguée par le cas de cet assuré qui touchait onze RMI (total des gains : 300 000 euros) grâce à onze identités différentes justifiées par de faux actes de naissance. Bien sûr, il y des contraintes et des frais, car il faut aller dans les départements pour obtenir de nouveaux RMI. Une bonne combine (la sienne) qui fait pleurer Margot : se faire adresser le courrier dans des centres d'hébergement pour SDF. Il s'est fait prendre à Limoges ; personnellement, je recommanderais plutôt Avignon vu la proximité de plusieurs départements (Gard, Bouches du Rhône, Drôme, etc.) ce qui limite les inconvénients et les frais de déplacement ; ça marche pour le RMI mais aussi et surtout pour les alloc; (tous les gens du voyage le savent et vous le diront !).
4. Les étrangers aussi usent du RMI. En 2006, 80 Anglais, propriétaires en Dordogne, touchaient le RMI et ont pu se faire soigner à nos frais grâce à la CMU. Ce sont des médecins du coin qui ont découvert la chose en voyant des patients bénéficiaires de la CMU venir les consulter en 4X4 de luxe. Même constat, il y a quelques années, de la part de mon dentiste à Marseille et d'une pharmacienne d'Avignon !
5.Après la fraude "en réseau", la "fraude de masse" : (fausses identités et/ou rejet de demandes d'asile). En cause : 600 dossiers pour environ 800 000 euros de prestations indues. La police de l'air et des frontières a été alertée par des arrivées d'étrangers en car venant s'inscrire ou percevoir les allocations, quand elles n'étaient pas collectées par certaines d'entre elles restées sur place (Il s'agit là de "Moldaves"). Sur un plan plus général, les faux documents repérés sont à 90 % des faux titres de séjour ou des fausses cartes de résident.
6. Mais que fait la police?
Le signalement à la police ne peut se faire qu'a posteriori. Lorsqu'un faux est repéré, on le photocopie et la pièce est restituée si la personne est toujours présente, ce qui est très rarement le cas (Pas fou et surtout prévenu !). La plupart des personnes ayant présenté des faux papiers repartent donc avec leur document, laissant leur adresse, toujours fausse ; quant aux autres, ils ont déjà filé au retour de l'employé.
7. En mai 2006, descente de police dans quatre hôtels meublés du centre de Marseille d'une capacité totale de 70 chambres. Sur les registres, les policiers relèvent 800 noms qui sont ceux de clients qui habitent en Algérie ! De tels hôtels ne servent bien entendu que de boîtes aux lettres et offrent, contre rémunération, des adresses fictives pour percevoir des aides sociales ensuite transférées en Algérie (RMI, CMU, allocation logement, complément retraite, etc.). Coût total estimé à 4,4 millions d'euros ! Et vive la France !
8. L'exemple qui suit a traîné partout : "la mère aux 120 enfants". Elle avait commencé petit ; grâce à un acte de naissance falsifié, elle s'était donnée, pour commencer, des quintuplés. Enhardie par ce succès, elle a fini par s'attribuer 24 identités différentes, toutes celles de mères de quintuplés, soit 120 enfants, arnaquant ainsi 17 CAF différentes pour un revenu mensuel de 22 100 euros. C'est le coup des quintuplés multiples qui a fini par la perdre! Elle aurait dû aller, par prudence, dans 24 CAF et non dans 17 !
9. Les fraudeurs se font souvent prendre pour vouloir aller trop loin ("ils mettent du sucre sur le miel" comme disait ma bonne grand-mère), ce qu'encouragent la cécité et l'inertie des services. Je cite le rapprt Tian de 2006 : "Des personnes faussement salariées [ et donc ayant perçu, déjà frauduleusement, l'assurance-chômage ] n'hésitent pas, de surcroît, à se tourner vers le Fonds de garantie des salaires pour réclamer le paiement des rémunérations qui auraient dû leur être versées par la société placée en liquidation judiciaire censée les avoir employés.[...] ".
L'AGS est donc appelée en garantie REELLE du paiement de salaires FICTIFS et des indemnités FICTIVES à des salariés FICTIFS par une société FICTIVE ! Voilà des gens qui ne manquent pas d'air!
10. Et, enfin, le plus beau ... à l'intention de ceux et celles qui râlent sur la réforme des retraites et les années supplémentaires de cotisation.
"Il ne faut pas perdre de vue que ces périodes, tant de faux travail que de chômage frauduleux, ouvrent des droits à la retraite.." (Rapport Tian, 2006).
mardi 15 novembre 2011
lundi 14 novembre 2011
Chroniques étasuniennes. N° 1
Vous m’accorderez que je ne vous ai pas infligé le récit de mon récent séjour aux États-Unis ! J'ai en effet passé deux semaines à la Nouvelle-Orléans qui est une ville que j'aime beaucoup pour son charme inimitable et qui est effectivement, avec San Francisco et New York, l’une des seules villes supportables pour un Européen aux États-Unis.
Si j'ajoute que je m'y trouvais au moment d'Halloween (une de mes amies s’y était fort joliment déguisée en écrevisse au court-bouillon… et dans sa marmite s’il vous plait !). J'ai même pu, sans être écrasé ou tué, faire un tour nocturne dans le Quartier français et le Quartier Marigny ! Vous conviendrez donc que j'ai eu beaucoup de mérite à n'en point parler.
Une des choses qui m'a frappé à la télévision étasunienne que j'ai beaucoup regardée, sans y comprendre grand-chose d’ailleurs, car si je lis, professionnellement et sans trop de mal, l'anglo-américain, je ne comprends à peu près rien aux formes orales de cette langue, et sans doute particulièrement en Louisiane. Je me suis donc borné à une approche ethnologique de la télévision américaine qui me paraît tout à fait intéressante, même si je n'entends pas grand-chose à ce qui s'y dit.
Le premier constat (mais je le laisserai de côté car il est de la plus grande banalité) est que les Américains ne s'intéressent à rien d'autre qu'aux États-Unis. Et encore le font-ils avec une prédilection particulière pour la région ou l'état où ils se trouvent. C'est ainsi que la Grèce, étant à l'ordre du jour, on a pu, sur les cartes produites par certaines télés américaines, trouver cet Etat à la place du Portugal et ou inversement, je ne m'en souviens plus. De toute façon, les chances de voir commettre de telles erreurs sont infiniment rares pour la simple et bonne raison qu'on n’y parle jamais (ou à peu près) des affaires européennes et même, plus généralement, du reste du monde... hors États-Unis. Le catalogue des multiples âneries proférées par les divers présidents américains au sujet des zones situées hors de l'Amérique du Nord est trop long et trop abondant pour que je m'y attarde ici.
L’une des choses les plus curieuses que j'ai notées dans mes études anthropologiques de la télévision américaine est la publicité. Nous souffrons beaucoup (et moi le premier) de la présence obsédante de la publicité dans la télévision française, mais nous avons tout lieu de nous réjouir de l’état actuel, car, dans ce domaine comme dans les autres, les États-Unis nous donnent la préfiguration de notre futur qui est bien pire encore. Si nous devons hélas nous attendre à voir imiter les Etats-Unis et donc la publicité envahir encore plus nos écrans qu'elle ne le fait actuellement, il est très curieux de constater que notre propre publicité télévisée est beaucoup plus en avance que celle des Américains, du moins pour ce qui concerne les techniques publicitaires elles-mêmes.
Alors que nous avons une publicité télévisée des plus sophistiquées, au point que, très souvent, devant un spot publicitaire actuel, nous sommes amenés à nous interroger sur l'objet qui lui est assigné et qu'il nous propose (la chose est vraie en particulier pour la publicité automobile), en revanche les Américains en sont restés au bon vieux temps de la « réclame » chère au papa de Mme Élisabeth Badinter (je veux dire par là M. Bleustein-Blanchet qui, dit-on, en fut l'inventeur). A la télé, la publicité américaine, même sur les chaînes nationales qui sont toujours plus ou moins régionalisées, est toujours à la fois locale et archaïque. Le maître-mot en est « SAVE », souvent suivi d’un montant en $ ou d’un pourcentage. A tout propos, on vous promet de vous faire faire des économies, quel que soit l'objet de la publicité en cause.
Par ailleurs, alors que la publicité française use de sophistications et de détours dont l'utilité et l'efficacité ne sont ni apparentes ni démontrées, les Américains vous offrent volontiers, dans la pub, non une pin-up lascive et dénudée, mais la photographie en pied du commerçant ventru qui, dans votre région, vend telle ou telle marque de voiture à prix cassés ou dirige telle ou tel chaîne de supermarchés où vous réaliserez des économies prodigieuses sur vos achats du mois prochain.
Tout cela a un côté vieillot et archaïque qui ne suffit pas toutefois à rendre supportables pareilles réclames. Devons-nous nous attendre au retour de techniques si archaïques où nos publicitaires mal rasés, bourrés de cocaïne jusqu'aux yeux et qui croient géniale la moindre de leurs pénibles élucubrations, finiront-ils par triompher de l’universel modèle américain ?
Si j'ajoute que je m'y trouvais au moment d'Halloween (une de mes amies s’y était fort joliment déguisée en écrevisse au court-bouillon… et dans sa marmite s’il vous plait !). J'ai même pu, sans être écrasé ou tué, faire un tour nocturne dans le Quartier français et le Quartier Marigny ! Vous conviendrez donc que j'ai eu beaucoup de mérite à n'en point parler.
Une des choses qui m'a frappé à la télévision étasunienne que j'ai beaucoup regardée, sans y comprendre grand-chose d’ailleurs, car si je lis, professionnellement et sans trop de mal, l'anglo-américain, je ne comprends à peu près rien aux formes orales de cette langue, et sans doute particulièrement en Louisiane. Je me suis donc borné à une approche ethnologique de la télévision américaine qui me paraît tout à fait intéressante, même si je n'entends pas grand-chose à ce qui s'y dit.
Le premier constat (mais je le laisserai de côté car il est de la plus grande banalité) est que les Américains ne s'intéressent à rien d'autre qu'aux États-Unis. Et encore le font-ils avec une prédilection particulière pour la région ou l'état où ils se trouvent. C'est ainsi que la Grèce, étant à l'ordre du jour, on a pu, sur les cartes produites par certaines télés américaines, trouver cet Etat à la place du Portugal et ou inversement, je ne m'en souviens plus. De toute façon, les chances de voir commettre de telles erreurs sont infiniment rares pour la simple et bonne raison qu'on n’y parle jamais (ou à peu près) des affaires européennes et même, plus généralement, du reste du monde... hors États-Unis. Le catalogue des multiples âneries proférées par les divers présidents américains au sujet des zones situées hors de l'Amérique du Nord est trop long et trop abondant pour que je m'y attarde ici.
L’une des choses les plus curieuses que j'ai notées dans mes études anthropologiques de la télévision américaine est la publicité. Nous souffrons beaucoup (et moi le premier) de la présence obsédante de la publicité dans la télévision française, mais nous avons tout lieu de nous réjouir de l’état actuel, car, dans ce domaine comme dans les autres, les États-Unis nous donnent la préfiguration de notre futur qui est bien pire encore. Si nous devons hélas nous attendre à voir imiter les Etats-Unis et donc la publicité envahir encore plus nos écrans qu'elle ne le fait actuellement, il est très curieux de constater que notre propre publicité télévisée est beaucoup plus en avance que celle des Américains, du moins pour ce qui concerne les techniques publicitaires elles-mêmes.
Alors que nous avons une publicité télévisée des plus sophistiquées, au point que, très souvent, devant un spot publicitaire actuel, nous sommes amenés à nous interroger sur l'objet qui lui est assigné et qu'il nous propose (la chose est vraie en particulier pour la publicité automobile), en revanche les Américains en sont restés au bon vieux temps de la « réclame » chère au papa de Mme Élisabeth Badinter (je veux dire par là M. Bleustein-Blanchet qui, dit-on, en fut l'inventeur). A la télé, la publicité américaine, même sur les chaînes nationales qui sont toujours plus ou moins régionalisées, est toujours à la fois locale et archaïque. Le maître-mot en est « SAVE », souvent suivi d’un montant en $ ou d’un pourcentage. A tout propos, on vous promet de vous faire faire des économies, quel que soit l'objet de la publicité en cause.
Par ailleurs, alors que la publicité française use de sophistications et de détours dont l'utilité et l'efficacité ne sont ni apparentes ni démontrées, les Américains vous offrent volontiers, dans la pub, non une pin-up lascive et dénudée, mais la photographie en pied du commerçant ventru qui, dans votre région, vend telle ou telle marque de voiture à prix cassés ou dirige telle ou tel chaîne de supermarchés où vous réaliserez des économies prodigieuses sur vos achats du mois prochain.
Tout cela a un côté vieillot et archaïque qui ne suffit pas toutefois à rendre supportables pareilles réclames. Devons-nous nous attendre au retour de techniques si archaïques où nos publicitaires mal rasés, bourrés de cocaïne jusqu'aux yeux et qui croient géniale la moindre de leurs pénibles élucubrations, finiront-ils par triompher de l’universel modèle américain ?
dimanche 13 novembre 2011
Du bon usage des compétences : de la Santé à Bercy.
Plus que jamais en ces temps difficiles, ce qu'il nous faut, absolument et de façon urgente, est moins, pour parler comme Mélenchon, « le capitaine de pédalo dans les tempêtes », dont Hollande donne toutes les apparences, qu’un « Hollandais volant » pour rester dans les métaphores nautiques que peut inspirer notre Flamby, par son allure comme par son nom !
Il nous faut des experts, confirmés et talentueux, à tous les postes du gouvernement.
Regardez les Grecs. Quel meilleur expert pour régler le problème de la dette de son pays que ce brave Monsieur Papademos (le « père du peuple » en pseudo-grec macaronique !) qui, en son temps, a sinon organisé du moins couvert le maquillage des comptes publics de son pays pour lui permettre d’entre dans l’Union européenne. Il en connaît donc un bout le bougre !
Regardez, chez nous, ce pauvre M. Baroin, prétendument ministre des finances, qui, à l'Assemblée nationale, ne parvenant pas à impressionner la Gauche par cette voix d'outre-tombe, dont il use avec tant de talent et de constance, s’est, dans son émotion, mélangé les pinceaux lexicographiques. Il a, en effet, désigné du terme très impropre d'effraction (c’est un attentat contre la langue plus que contre la représentation nationale) la sottise de dissoudre l'Assemblée nationale, inspirée à Jacques Chirac par M. de Villepin qui, de toute évidence, brûle de recommencer ce genre d'exploit.
Comment ne pas voir qu’est apparu, par chance, sur la scène médiatique le seul ministre des finances capable de sortir la France de ce mauvais pas en la personne de Michel Neyret dont les évidents talents financiers se sont, pour le moment, fourvoyés dans la police ? Certes me direz-vous, il s'agit là d'un flic, fût-il de haute volée et on ne passe pas si facilement et impunément de la place Beauveau à Bercy !
Sauf votre respect, vous êtes tous, mon pauvre monsieur ou chère madame, totalement à côté de la plaque !
Considérez donc, d’abord et plutôt, les exploits financiers de Michel Neyret dont la presse unanime ne nous épargne aucun détail. Voilà un homme qui, après enquête officielle et non selon de vagues ragots, en menant la vie à grandes guides, à coups de voyages coûteux comme de vacances luxueuses, de Ferraris, de boîtes de nuit et de tables de jeu, n’a dépensé que 500 € en neuf mois ! Qui dit mieux ? Même M. Bérégovoy, dont les chaussettes tirebouchonnées marquèrent autrefois l’esprit d’économie, n'a jamais rien fait de tel.
Voilà, de toute évidence, le ministre des finances qu’il nous faut ; lui seul saura effacer notre dette avec autant d'adresse qu'il gomme les inculpations des truands et des mafiosi qui l’entretiennent miraculeusement sur un tel pied.
Voulez-vous encore plus d’arguments en sa faveur ! Qui peut arriver à vendre 50.000 euros à des truands des notes de police qui décrivent par le menu des activités délictueuses dont ils sont eux-mêmes les premiers et les mieux informés ? Qui dit mieux ? Comme aurait dit ma bonne grand-mère, qui affectionnait cette métaphore, voilà un homme qui vendrait des guêtres à un serpent !
Neyret à Bercy!
PS. Cet homme n'a qu'un défaut...Il n'est pas Corse!
Il nous faut des experts, confirmés et talentueux, à tous les postes du gouvernement.
Regardez les Grecs. Quel meilleur expert pour régler le problème de la dette de son pays que ce brave Monsieur Papademos (le « père du peuple » en pseudo-grec macaronique !) qui, en son temps, a sinon organisé du moins couvert le maquillage des comptes publics de son pays pour lui permettre d’entre dans l’Union européenne. Il en connaît donc un bout le bougre !
Regardez, chez nous, ce pauvre M. Baroin, prétendument ministre des finances, qui, à l'Assemblée nationale, ne parvenant pas à impressionner la Gauche par cette voix d'outre-tombe, dont il use avec tant de talent et de constance, s’est, dans son émotion, mélangé les pinceaux lexicographiques. Il a, en effet, désigné du terme très impropre d'effraction (c’est un attentat contre la langue plus que contre la représentation nationale) la sottise de dissoudre l'Assemblée nationale, inspirée à Jacques Chirac par M. de Villepin qui, de toute évidence, brûle de recommencer ce genre d'exploit.
Comment ne pas voir qu’est apparu, par chance, sur la scène médiatique le seul ministre des finances capable de sortir la France de ce mauvais pas en la personne de Michel Neyret dont les évidents talents financiers se sont, pour le moment, fourvoyés dans la police ? Certes me direz-vous, il s'agit là d'un flic, fût-il de haute volée et on ne passe pas si facilement et impunément de la place Beauveau à Bercy !
Sauf votre respect, vous êtes tous, mon pauvre monsieur ou chère madame, totalement à côté de la plaque !
Considérez donc, d’abord et plutôt, les exploits financiers de Michel Neyret dont la presse unanime ne nous épargne aucun détail. Voilà un homme qui, après enquête officielle et non selon de vagues ragots, en menant la vie à grandes guides, à coups de voyages coûteux comme de vacances luxueuses, de Ferraris, de boîtes de nuit et de tables de jeu, n’a dépensé que 500 € en neuf mois ! Qui dit mieux ? Même M. Bérégovoy, dont les chaussettes tirebouchonnées marquèrent autrefois l’esprit d’économie, n'a jamais rien fait de tel.
Voilà, de toute évidence, le ministre des finances qu’il nous faut ; lui seul saura effacer notre dette avec autant d'adresse qu'il gomme les inculpations des truands et des mafiosi qui l’entretiennent miraculeusement sur un tel pied.
Voulez-vous encore plus d’arguments en sa faveur ! Qui peut arriver à vendre 50.000 euros à des truands des notes de police qui décrivent par le menu des activités délictueuses dont ils sont eux-mêmes les premiers et les mieux informés ? Qui dit mieux ? Comme aurait dit ma bonne grand-mère, qui affectionnait cette métaphore, voilà un homme qui vendrait des guêtres à un serpent !
Neyret à Bercy!
PS. Cet homme n'a qu'un défaut...Il n'est pas Corse!
vendredi 11 novembre 2011
Twinjet ou dwarfjet ?
J'ai poursuivi mes expériences aéronautiques, nombreuses dans période qui touche fort heureusement à sa fin car, pour mon malheur, ce genre d'expérience ne se révèle que rarement très positif.
L’affaire paraissait au départ sans mystère. Je me suis en effet rendu de Marseille à Toulouse sur la toute nouvelle ligne Marseille-Toulouse ouverte par Twinjet . C’est là une sorte de sous-produit, prétendument « low cost », d'Air-France, quoique que le personnel se défende de la chose, mais qui a fini par prendre pied en terre provençale, après que notre compagnie nationale a fait virer Easyjet de l’aéroport de Marignane par une argutie juridique d’ailleurs encore contestée par les Irlandais. On a lancé ici à grand son de trompe ce nouveau réseau Twinjet depuis le début du mois d’octobre 2011.
Je n’avais pas trop prêté attention à cette étrange dénomination ; je connaissais les « twinsets » d’autrefois, mais je ne voyais pas le sens de « twinjet » (« twin » signifie « jumeaux » comme nous l’ont rappelé les événements du 11 septembre). En découvrant, sur le tarmac après une odyssée en bus, que notre avion était un bi-moteur à hélice, je me suis demandé si cet inattendu « twin » n’était pas un souvenir de « Twin Otter », nom du bimoteur également à hélice, assez comparable, que j’ai si souvent pris dans les liaisons aux Mascareignes , entre La Réunion, Maurice et surtout Rodrigues. Il n’en est rien, en apparence et pour un profane comme moi, puisque les appareils de Twinjet sont des Beechcratf 1900 Beechliner. En fait cela ne prouve pas grand-chose vu les multiples ventes et achats entre les sociétés d’avionneurs. Merci aux spécialistes de m’éclairer sur ce petit mystère qui m'intrigue.
Mon premier constat, bien avant le vol, a été que le « low cost » n'était pas si « low » que ça puisque, alors que les publicités annonçaient un vol Marseille-Toulouse aller à 50 €, mon billet (un aller-retour dans la journée) a été facturé à 388 € prix auquel, en cherchant bien on peut trouver un Paris-Montréal.
Ce n'était toutefois que le début de l'expérience. J'ai découvert dans la suite que le transport s'effectuait dans un étrange appareil dont l'accès devrait être, explicitement et rigoureusement, interdit aux personnes de taille et de poids courants. L’appareil en cause, un Beechcraft DHC 8 STOL, accueille certes 19 passagers mais il semble indispensable que, vu l’aménagement de la cabine, la taille de ses passagers ne dépassent pas un mètre cinquante et qu'ils ne pèsent pas plus de 50 kilos. En effet à l'estime, la largeur du dossier des sièges est d'environ 40 cm et l’on dispose, entre le bord de son siège et le dossier du siège placé devant, d'environ 25 cm, ce qui ne rend guère la station assise et le voyage possibles qu'à des gens qui ne dépassent pas trop le mêtre et demi.
M'étant rendu sur le site de la compagnie qui construit cet avion, j'ai appris qu'il avait 19 places, ce que j'avais déjà constaté car nous étions 19 dans l'appareil, au retour du moins, mais surtout que c'était « le seul appareil de ce type où l'on peut se tenir debout ». Il y a là sans doute un argument commercial puissant même, si l'entrée dans l'appareil lui-même exige des contorsions et des flexions qui ne sont guère compatibles avec la station debout. Le plus fâcheux est que les vols ne s'effectuent pas dans la position debout mais ASSISE. La station debout, relativement confortable en effet, ne dure guère que le temps de l'embarquement et, éventuellement, du débarquement si l'on parvient à s'extraire du logement étroit et réduit que constitue la place accordée à chaque passager.
Le plus curieux de l'affaire est que l'hôtesse, au demeurant charmante, affable, efficace, qui assure le confort des passagers (le service est en revanche très bon), est d’une taille tout à fait normale et même plutôt grande. Il est vrai qu'elle est DEBOUT ELLE! Rude tâche pour elle d'évoluer dans pareil environnement et il y aurait sans doute là des possibilités d’emploi pour les contingents de personnes handicapées (« hôtesses de petite taille »), quoique, dans ces aéronefs, la seule dimension normale soit la verticalité dont les passagers eux-mêmes ne profitent que très peu. Peut-être pourrait-on augmenter leur nombre en les faisant voyager debout, mais les entassant assez pour régler de facto les problèmes de sécurité.
Bref ce voyage à Toulouse fut, sur ce plan, un vrai guêpier. Il a pour moi eu toutefois l'avantage de faire apparaître, dans la suite, tout voyage aérien en classe économique comme un paradis, ce qui n'est pas un mince mérite en matière de transports aéronautiques. Je crois en tout cas qu'il serait sage, et surtout honnête vu les tarifs, de prévenir les passagers des conditions dans lesquelles va s'effectuer leur voyage et de les informer que les jumeaux éponymes sont d’abord et surtout nains!
Twinjet, dwarfjet ou mieux nainjet?
L’affaire paraissait au départ sans mystère. Je me suis en effet rendu de Marseille à Toulouse sur la toute nouvelle ligne Marseille-Toulouse ouverte par Twinjet . C’est là une sorte de sous-produit, prétendument « low cost », d'Air-France, quoique que le personnel se défende de la chose, mais qui a fini par prendre pied en terre provençale, après que notre compagnie nationale a fait virer Easyjet de l’aéroport de Marignane par une argutie juridique d’ailleurs encore contestée par les Irlandais. On a lancé ici à grand son de trompe ce nouveau réseau Twinjet depuis le début du mois d’octobre 2011.
Je n’avais pas trop prêté attention à cette étrange dénomination ; je connaissais les « twinsets » d’autrefois, mais je ne voyais pas le sens de « twinjet » (« twin » signifie « jumeaux » comme nous l’ont rappelé les événements du 11 septembre). En découvrant, sur le tarmac après une odyssée en bus, que notre avion était un bi-moteur à hélice, je me suis demandé si cet inattendu « twin » n’était pas un souvenir de « Twin Otter », nom du bimoteur également à hélice, assez comparable, que j’ai si souvent pris dans les liaisons aux Mascareignes , entre La Réunion, Maurice et surtout Rodrigues. Il n’en est rien, en apparence et pour un profane comme moi, puisque les appareils de Twinjet sont des Beechcratf 1900 Beechliner. En fait cela ne prouve pas grand-chose vu les multiples ventes et achats entre les sociétés d’avionneurs. Merci aux spécialistes de m’éclairer sur ce petit mystère qui m'intrigue.
Mon premier constat, bien avant le vol, a été que le « low cost » n'était pas si « low » que ça puisque, alors que les publicités annonçaient un vol Marseille-Toulouse aller à 50 €, mon billet (un aller-retour dans la journée) a été facturé à 388 € prix auquel, en cherchant bien on peut trouver un Paris-Montréal.
Ce n'était toutefois que le début de l'expérience. J'ai découvert dans la suite que le transport s'effectuait dans un étrange appareil dont l'accès devrait être, explicitement et rigoureusement, interdit aux personnes de taille et de poids courants. L’appareil en cause, un Beechcraft DHC 8 STOL, accueille certes 19 passagers mais il semble indispensable que, vu l’aménagement de la cabine, la taille de ses passagers ne dépassent pas un mètre cinquante et qu'ils ne pèsent pas plus de 50 kilos. En effet à l'estime, la largeur du dossier des sièges est d'environ 40 cm et l’on dispose, entre le bord de son siège et le dossier du siège placé devant, d'environ 25 cm, ce qui ne rend guère la station assise et le voyage possibles qu'à des gens qui ne dépassent pas trop le mêtre et demi.
M'étant rendu sur le site de la compagnie qui construit cet avion, j'ai appris qu'il avait 19 places, ce que j'avais déjà constaté car nous étions 19 dans l'appareil, au retour du moins, mais surtout que c'était « le seul appareil de ce type où l'on peut se tenir debout ». Il y a là sans doute un argument commercial puissant même, si l'entrée dans l'appareil lui-même exige des contorsions et des flexions qui ne sont guère compatibles avec la station debout. Le plus fâcheux est que les vols ne s'effectuent pas dans la position debout mais ASSISE. La station debout, relativement confortable en effet, ne dure guère que le temps de l'embarquement et, éventuellement, du débarquement si l'on parvient à s'extraire du logement étroit et réduit que constitue la place accordée à chaque passager.
Le plus curieux de l'affaire est que l'hôtesse, au demeurant charmante, affable, efficace, qui assure le confort des passagers (le service est en revanche très bon), est d’une taille tout à fait normale et même plutôt grande. Il est vrai qu'elle est DEBOUT ELLE! Rude tâche pour elle d'évoluer dans pareil environnement et il y aurait sans doute là des possibilités d’emploi pour les contingents de personnes handicapées (« hôtesses de petite taille »), quoique, dans ces aéronefs, la seule dimension normale soit la verticalité dont les passagers eux-mêmes ne profitent que très peu. Peut-être pourrait-on augmenter leur nombre en les faisant voyager debout, mais les entassant assez pour régler de facto les problèmes de sécurité.
Bref ce voyage à Toulouse fut, sur ce plan, un vrai guêpier. Il a pour moi eu toutefois l'avantage de faire apparaître, dans la suite, tout voyage aérien en classe économique comme un paradis, ce qui n'est pas un mince mérite en matière de transports aéronautiques. Je crois en tout cas qu'il serait sage, et surtout honnête vu les tarifs, de prévenir les passagers des conditions dans lesquelles va s'effectuer leur voyage et de les informer que les jumeaux éponymes sont d’abord et surtout nains!
Twinjet, dwarfjet ou mieux nainjet?
mercredi 9 novembre 2011
Que fait la police?

À mon retour en France, après les délices climatiques de la Louisiane, j'ai trouvé une Provence noyée sous les eaux. La chose n'est pas pour étonner véritablement quand on connaît, un tant soit peu, le climat provençal et surtout quand on prend en compte les aberrations de l’urbanisation et de la gestion du territoire méridional avec ses constructions en zone inondable et surtout, en outre, le bétonnage universel comme l'absence à peu près totale d'entretien des cours d'eau.
Je suis, en revanche, stupéfait des propos que, peu après mon retour, j'ai entendus de la bouche d'un maire d'une commune inondée (dans le Var) et qui ont été réitérés, ce matin encore, sur je ne sais quelle radio d'informations.
Au-delà de l'aspect climatique (il est tombé 30 à 40 cm d'eau ce qui est sans doute considérable dans nos régions où l'on ne cesse de déplorer la sécheresse, mais qui serait considéré comme sans intérêt notable dans nombre d'autres territoires), le plus surprenant de la chose est que l'absence d'entretien des cours d'eau, la cause majeure des crues violentes, ne tient pas, comme dans bien d'autres cas, à l'absence de moyens destinés à cette fin.
J'ai appris en effet en la circonstance l'existence d'une mystérieuse « police de l'eau », toute-puissante en la matière car sa loi d’airain s’impose même aux maires des communes inondées; elle a, parmi ses dispositions principales, l’interdiction de toucher aux arbres déracinés, qui, emportés par les rivières et les fleuves, s'accumulent sur leurs cours et dans leurs embouchures, pour y constituer des barrages naturels, en faisant par là même gonfler les cours d'eau. Ladite « police de l'eau » interdit de les supprimer au prétexte que des oiseaux y font leurs nids et que ces barrages sont des abris appréciés de la faune aquatique.
On croit rêver !
Cinq ou six personnes au moins sont mortes dans ces inondations récentes (on les abandonnera sans doute à leur triste sort, car il y a là, à n’en pas douter, une nourriture de choix pour cette faune aquatique) ; bon nombre de véhicules ont été emportés par les eaux (je pense qu'on les y laissera car, comme les épaves en mer, il y aura très probablement là d'excellents refuges et abris pour les poissons et crustacés de ces rivières) ; quant aux centaines de millions de dégâts(entre 5 et 9 selon les dernières estimations), tant dans les habitations que dans les zones industrielles ou commerciales (qu'on établit volontiers dans les zones inondables ou les terrains sont moins chers), quelle importance ? Osera-t-on mettre en balance ces sommes, si importantes qu'elles puissent paraître, avec la béatitude des volatiles qui peuvent établir leurs nids dans les arbres qui encombrent ou obturent le lit et l'embouchure de ces rivières ou avec la félicité des poissons qui s’installent dans ces barrages naturels ?
Des esprits chagrins et peu écologiques objecteront sans doute que ces oiseaux peuvent aller faire leur nid ailleurs, comme ils le faisaient sans doute quand ces arbres déracinés ne leur fournissaient pas de refuge. L’eau suffisant elle au bonheur des poissons, selon une formule bien connue, sans doute peuvent-ils le trouver en amont comme en aval, sans que pour autant les riverains de ces mêmes cours d'eau ne trouvent là que leur malheur.
Merdre! Notre cher Père Ubu administratif est devenu aussi vert que sa chandelle !
jeudi 27 octobre 2011
Loin du blog...
Loin des yeux, loin du blog...
Perdu au fond des Ameriques (en plus face a un clavier anglais ou je ne trouve meme pas, non pas notre cher accent circonflexe, mais tout betemement les parentheses (planquees au dessus du 9 et du 0, avis aux amateurs)...ouf j`y suis arrive, j`ai entrepris de faire un blog mais je crois que je vais y renoncer devant l`ampleur de la tache (en plus voila que la tache devient la tache et que le point d`exclamation qus j`affectionne ne figure apparemmement pas sur les claviers anglosaxons, sans doute a cause du flegme legendaire des rosbifs.
Je crois que je vais craquer alors que sous mon nez, soudain muet, la Tunisie islamise, Hollande flambyse, Melanchon melanronchone, Eva nipponise, DSK sadomise, et Nicolas pouponnise...Arvi don comme on dit dans nos montagnes savoyardes.
Perdu au fond des Ameriques (en plus face a un clavier anglais ou je ne trouve meme pas, non pas notre cher accent circonflexe, mais tout betemement les parentheses (planquees au dessus du 9 et du 0, avis aux amateurs)...ouf j`y suis arrive, j`ai entrepris de faire un blog mais je crois que je vais y renoncer devant l`ampleur de la tache (en plus voila que la tache devient la tache et que le point d`exclamation qus j`affectionne ne figure apparemmement pas sur les claviers anglosaxons, sans doute a cause du flegme legendaire des rosbifs.
Je crois que je vais craquer alors que sous mon nez, soudain muet, la Tunisie islamise, Hollande flambyse, Melanchon melanronchone, Eva nipponise, DSK sadomise, et Nicolas pouponnise...Arvi don comme on dit dans nos montagnes savoyardes.
mardi 18 octobre 2011
Immigration et langue française : Hydre de Lerne ou Shiva?
J'évoquais hier, dans mon post du jour, le Moloch de l'administration française, mais, dans l'ordre des métaphores mythologiques, voilà que mon sujet du jour m'amène à évoquer d'autres figures car on pourrait tout aussi bien faire sortir de son antre l'Hydre de Lerne, dont repoussaient sans cesse les multiples têtes coupées, mais également, en changeant de continent, invoquer Shiva aux quatre bras avec toutefois une nuance typiquement française dans la mesure où chacun de ses bras ne paraît jamais savoir ce que font ou ont fait les trois autres.
Tout ça est la faute de Marianne2.fr !
Je m'explique. Je ne lisais plus guère ce quotidien internet que sa direction est assez aimable pour m'adresser. En effet, on avait décidé de ne plus y admettre de commentaires. J'étais donc désormais obligé de ravaler ce que j'avais envie de dire à propos de l'un ou l'autre des articles et, de ce fait, je n'ai plus lu ce quotidien que d'un oeil très distrait.
Voici que le temps des commentaires y est revenu, mais en ce qui concerne l'article dont je vais parler aujourd'hui, ils ne sont guère meilleurs que le texte de l'article qui les suscite ("Par manque de moyens la naturalisation néglige l'apprentissage du français"). Le nom de l'auteur, à allure clairement malgache, pourrait pourtant en faire un témoin particulièrement intéressant sur la question de l'apprentissage du français par les étrangers, mais l'information générale sur le problème fait trop facilement place, dans ce texte, à la polémique.
L'auteur ironise sur "le nouveau dada de Claude Guéant" et ajoute l'idée qu'il lui prête selon laquelle, les étrangers, "tant les primo-arrivants que les postulants à la naturalisation [doivent] savoir parler français". Il précise que "le niveau exigé reste faible et [que] les dispositifs précédents ne sont pas pleinement opérationnels".
On connaît la pente naturelle de Marianne2.fr à l'anti-sarkozysme. Cependant, les critiques seraient d'autant plus efficaces qu'elles seraient mieux fondées, ce qui n'est pas le cas en la circonstance. Me réservant de traiter mieux et plus longuement ailleurs de ce problème important, je ne ferai ici que quelques remarques.
La première observation qu'on peut faire est que la plupart des pays européens ou même étrangers exigent, de la part des candidats à la naturalisation, une connaissance, en général minimale mais parfois plus étendue, de la langue et même parfois de la culture nationale.
Deuxième remarque. L'auteur de l'article qui observe que " les dispositifs précédents ne sont pas pleinement opérationnels" témoigne, par cette formule même que, non seulement il a une parfaite maîtrise de notre langue mais qu'il use avec talent d'une des figures majeures de notre rhétorique qui est la litote.
En effet, ce que notre auteur présente comme une lubie de Claude Guéant (un "dada") n'est, en fait, que la reprise, assez irréfléchie, fondée sur l'ignorance, d'un programme du Ministère le Culture mis en oeuvre, à partir de 2003 par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (la DGLFLF). Le bras du Shiva administratif français qui règne sur l'Intérieur ignore manifestement ce que fait un autre bras qui a en main(s) la Culture ( je mets "main" au singulier, avec une prudente option pour le pluriel, faute de savoir si l'un ou l'autre des bras de notre Schiva possède aussi plusieurs mains!).
En France, les réflexions sur cette question ont commencé depuis près de dix ans sans autre résultat tangible(si l'on peut dire) qu'un ouvrage de J.C. Beacco, M. de Ferrari, G. Lhote et C. Tagliante intitulé Niveau A1.1 pour le français (Public adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français, Didier, 236 pages, Paris, 2005.
Je ne parlerai pas ici du contenu même de ce livre et de la critique qu'on peut en faire, me bornant à en examiner les seules pages de couverture et de garde pour ne pas abuser de la patience de mes lecteurs.
Sans aller plus loin, on y observe d'abord que, si l'ouvrage porte le logo du Conseil de l'Europe (avec, au-dessous la mention "Division des politiques linguistiques, Strasbourg. Référentiel pour les langues nationales et régionales") , le livre est co-édité et probablement co-financé par la DGLFLF(ministère français de la culture et de la communication) et la direction de la population et des migrations (ministère français de l'emploi de la cohésion sociale et du logement, donc, en la circonstance, une troisième main de notre Shiva administratif).
Il semble y avoir d'ailleurs eu quelques problèmes dans cette coordination complexe européano-française. En effet, sur la couverture, le logo du conseil de l'Europe figure, au centre et en haut de la page tandis que, sur la page de garde, ce même logo a bizarrement glissé vers la droite, laissant, à sa gauche, un espace, curieusement vide quoique symétrique, dont tout donne à penser qu'il aurait dû être occupée par le logo d'une autre institution.
Tout cela est en tout cas moins important que le titre même de l'ouvrage qui comporte aussi quelques bizarreries : "A1.1 pour le français (Publics adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français".
Sur la forme d'abord. En l'absence de ponctuation, on ne sait trop que penser des adjectifs qui suivent "publics adultes" et en particulier de "scolarisés" vs peu ou non scolarisés"). Si l'on voit bien que DILF est forgé sur le modèle DELF et DALF et que le niveau A1.1 indique qu'il s'agit là du premier degré du niveau A1, on ne peut que s'étonner de voir, sur certains points objectifs, les exigences de ce niveau A1.1 apparaître comme supérieures à celles du niveau A1 dpnt il est censé être la première marche!
Il semble un peu inutile de d'interroger sur ce genre de détails linguistiques tant on relève de faits qui démontrent que les auteurs du livre en cause semblent ignorer apparemment tout du mode et des conditions de vie des "adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés" que prétend viser pareille entreprise.
On peut certes s'interroger sur le contenu pédagogique de ce niveau A1.1 mais plus encore sur la mise en place du plan dans lequel il devait s'insérer pour s'achever dans le DILF. Je ne peux pas aborder ici le détail ni le contenu de ces niveaux du fameux Cadre européen commun de référence pour les langues (la poule aux oeufs d'or des didacticiens assez habiles pour s'y faufiler); j'observe néanmoins que, dans l'entreprise commencée dans les années 2003-2004, le choix de ce niveau A1.1 uniquement oral, qui impliquait une durée d'enseignement comprise entre 200 et 500 heures et devait être organisé et financé par un Fonds d'actions et de soutien à l'intégration et la lutte contre les discriminations (FASILD) n'a assurément pas donné les résultats qu'on pouvait espérer ; le DILF a sombré corps et biens avec lui au point que tout cela est totalement oublié de tous, même du ministre désormais compétent (la quatrième main de Shiva).
Ce qui est sûr en tout cas est qu'on était, à cette époque et avec plus de moyens au moins sur le papier, porteur d'une ambition bien moindre que celle de M. Claude Guéant qui viserait désormais le niveau B1 (supérieur à celui de la majorité des instituteurs de l'espace francophone du Sud qui sont plutôt à A2!) alors que, en 2003-2004, on ne pensait qu'à un niveau A1.1 qui n'était qu'une première étape de A1. On a donc, pour conclure le sentiment que notre administration ne sait pas toujours très exactement de quoi elle parle et ce qu'elle veut.
Notre Shiva administratif, pour le coup perplexe, occuperait-il une cinquième main, cachée celle-ci, à se gratter l'occiput ?
Tout ça est la faute de Marianne2.fr !
Je m'explique. Je ne lisais plus guère ce quotidien internet que sa direction est assez aimable pour m'adresser. En effet, on avait décidé de ne plus y admettre de commentaires. J'étais donc désormais obligé de ravaler ce que j'avais envie de dire à propos de l'un ou l'autre des articles et, de ce fait, je n'ai plus lu ce quotidien que d'un oeil très distrait.
Voici que le temps des commentaires y est revenu, mais en ce qui concerne l'article dont je vais parler aujourd'hui, ils ne sont guère meilleurs que le texte de l'article qui les suscite ("Par manque de moyens la naturalisation néglige l'apprentissage du français"). Le nom de l'auteur, à allure clairement malgache, pourrait pourtant en faire un témoin particulièrement intéressant sur la question de l'apprentissage du français par les étrangers, mais l'information générale sur le problème fait trop facilement place, dans ce texte, à la polémique.
L'auteur ironise sur "le nouveau dada de Claude Guéant" et ajoute l'idée qu'il lui prête selon laquelle, les étrangers, "tant les primo-arrivants que les postulants à la naturalisation [doivent] savoir parler français". Il précise que "le niveau exigé reste faible et [que] les dispositifs précédents ne sont pas pleinement opérationnels".
On connaît la pente naturelle de Marianne2.fr à l'anti-sarkozysme. Cependant, les critiques seraient d'autant plus efficaces qu'elles seraient mieux fondées, ce qui n'est pas le cas en la circonstance. Me réservant de traiter mieux et plus longuement ailleurs de ce problème important, je ne ferai ici que quelques remarques.
La première observation qu'on peut faire est que la plupart des pays européens ou même étrangers exigent, de la part des candidats à la naturalisation, une connaissance, en général minimale mais parfois plus étendue, de la langue et même parfois de la culture nationale.
Deuxième remarque. L'auteur de l'article qui observe que " les dispositifs précédents ne sont pas pleinement opérationnels" témoigne, par cette formule même que, non seulement il a une parfaite maîtrise de notre langue mais qu'il use avec talent d'une des figures majeures de notre rhétorique qui est la litote.
En effet, ce que notre auteur présente comme une lubie de Claude Guéant (un "dada") n'est, en fait, que la reprise, assez irréfléchie, fondée sur l'ignorance, d'un programme du Ministère le Culture mis en oeuvre, à partir de 2003 par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (la DGLFLF). Le bras du Shiva administratif français qui règne sur l'Intérieur ignore manifestement ce que fait un autre bras qui a en main(s) la Culture ( je mets "main" au singulier, avec une prudente option pour le pluriel, faute de savoir si l'un ou l'autre des bras de notre Schiva possède aussi plusieurs mains!).
En France, les réflexions sur cette question ont commencé depuis près de dix ans sans autre résultat tangible(si l'on peut dire) qu'un ouvrage de J.C. Beacco, M. de Ferrari, G. Lhote et C. Tagliante intitulé Niveau A1.1 pour le français (Public adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français, Didier, 236 pages, Paris, 2005.
Je ne parlerai pas ici du contenu même de ce livre et de la critique qu'on peut en faire, me bornant à en examiner les seules pages de couverture et de garde pour ne pas abuser de la patience de mes lecteurs.
Sans aller plus loin, on y observe d'abord que, si l'ouvrage porte le logo du Conseil de l'Europe (avec, au-dessous la mention "Division des politiques linguistiques, Strasbourg. Référentiel pour les langues nationales et régionales") , le livre est co-édité et probablement co-financé par la DGLFLF(ministère français de la culture et de la communication) et la direction de la population et des migrations (ministère français de l'emploi de la cohésion sociale et du logement, donc, en la circonstance, une troisième main de notre Shiva administratif).
Il semble y avoir d'ailleurs eu quelques problèmes dans cette coordination complexe européano-française. En effet, sur la couverture, le logo du conseil de l'Europe figure, au centre et en haut de la page tandis que, sur la page de garde, ce même logo a bizarrement glissé vers la droite, laissant, à sa gauche, un espace, curieusement vide quoique symétrique, dont tout donne à penser qu'il aurait dû être occupée par le logo d'une autre institution.
Tout cela est en tout cas moins important que le titre même de l'ouvrage qui comporte aussi quelques bizarreries : "A1.1 pour le français (Publics adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français".
Sur la forme d'abord. En l'absence de ponctuation, on ne sait trop que penser des adjectifs qui suivent "publics adultes" et en particulier de "scolarisés" vs peu ou non scolarisés"). Si l'on voit bien que DILF est forgé sur le modèle DELF et DALF et que le niveau A1.1 indique qu'il s'agit là du premier degré du niveau A1, on ne peut que s'étonner de voir, sur certains points objectifs, les exigences de ce niveau A1.1 apparaître comme supérieures à celles du niveau A1 dpnt il est censé être la première marche!
Il semble un peu inutile de d'interroger sur ce genre de détails linguistiques tant on relève de faits qui démontrent que les auteurs du livre en cause semblent ignorer apparemment tout du mode et des conditions de vie des "adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés" que prétend viser pareille entreprise.
On peut certes s'interroger sur le contenu pédagogique de ce niveau A1.1 mais plus encore sur la mise en place du plan dans lequel il devait s'insérer pour s'achever dans le DILF. Je ne peux pas aborder ici le détail ni le contenu de ces niveaux du fameux Cadre européen commun de référence pour les langues (la poule aux oeufs d'or des didacticiens assez habiles pour s'y faufiler); j'observe néanmoins que, dans l'entreprise commencée dans les années 2003-2004, le choix de ce niveau A1.1 uniquement oral, qui impliquait une durée d'enseignement comprise entre 200 et 500 heures et devait être organisé et financé par un Fonds d'actions et de soutien à l'intégration et la lutte contre les discriminations (FASILD) n'a assurément pas donné les résultats qu'on pouvait espérer ; le DILF a sombré corps et biens avec lui au point que tout cela est totalement oublié de tous, même du ministre désormais compétent (la quatrième main de Shiva).
Ce qui est sûr en tout cas est qu'on était, à cette époque et avec plus de moyens au moins sur le papier, porteur d'une ambition bien moindre que celle de M. Claude Guéant qui viserait désormais le niveau B1 (supérieur à celui de la majorité des instituteurs de l'espace francophone du Sud qui sont plutôt à A2!) alors que, en 2003-2004, on ne pensait qu'à un niveau A1.1 qui n'était qu'une première étape de A1. On a donc, pour conclure le sentiment que notre administration ne sait pas toujours très exactement de quoi elle parle et ce qu'elle veut.
Notre Shiva administratif, pour le coup perplexe, occuperait-il une cinquième main, cachée celle-ci, à se gratter l'occiput ?
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