Vous m’accorderez que je ne vous ai pas infligé le récit de mon récent séjour aux États-Unis ! J'ai en effet passé deux semaines à la Nouvelle-Orléans qui est une ville que j'aime beaucoup pour son charme inimitable et qui est effectivement, avec San Francisco et New York, l’une des seules villes supportables pour un Européen aux États-Unis.
Si j'ajoute que je m'y trouvais au moment d'Halloween (une de mes amies s’y était fort joliment déguisée en écrevisse au court-bouillon… et dans sa marmite s’il vous plait !). J'ai même pu, sans être écrasé ou tué, faire un tour nocturne dans le Quartier français et le Quartier Marigny ! Vous conviendrez donc que j'ai eu beaucoup de mérite à n'en point parler.
Une des choses qui m'a frappé à la télévision étasunienne que j'ai beaucoup regardée, sans y comprendre grand-chose d’ailleurs, car si je lis, professionnellement et sans trop de mal, l'anglo-américain, je ne comprends à peu près rien aux formes orales de cette langue, et sans doute particulièrement en Louisiane. Je me suis donc borné à une approche ethnologique de la télévision américaine qui me paraît tout à fait intéressante, même si je n'entends pas grand-chose à ce qui s'y dit.
Le premier constat (mais je le laisserai de côté car il est de la plus grande banalité) est que les Américains ne s'intéressent à rien d'autre qu'aux États-Unis. Et encore le font-ils avec une prédilection particulière pour la région ou l'état où ils se trouvent. C'est ainsi que la Grèce, étant à l'ordre du jour, on a pu, sur les cartes produites par certaines télés américaines, trouver cet Etat à la place du Portugal et ou inversement, je ne m'en souviens plus. De toute façon, les chances de voir commettre de telles erreurs sont infiniment rares pour la simple et bonne raison qu'on n’y parle jamais (ou à peu près) des affaires européennes et même, plus généralement, du reste du monde... hors États-Unis. Le catalogue des multiples âneries proférées par les divers présidents américains au sujet des zones situées hors de l'Amérique du Nord est trop long et trop abondant pour que je m'y attarde ici.
L’une des choses les plus curieuses que j'ai notées dans mes études anthropologiques de la télévision américaine est la publicité. Nous souffrons beaucoup (et moi le premier) de la présence obsédante de la publicité dans la télévision française, mais nous avons tout lieu de nous réjouir de l’état actuel, car, dans ce domaine comme dans les autres, les États-Unis nous donnent la préfiguration de notre futur qui est bien pire encore. Si nous devons hélas nous attendre à voir imiter les Etats-Unis et donc la publicité envahir encore plus nos écrans qu'elle ne le fait actuellement, il est très curieux de constater que notre propre publicité télévisée est beaucoup plus en avance que celle des Américains, du moins pour ce qui concerne les techniques publicitaires elles-mêmes.
Alors que nous avons une publicité télévisée des plus sophistiquées, au point que, très souvent, devant un spot publicitaire actuel, nous sommes amenés à nous interroger sur l'objet qui lui est assigné et qu'il nous propose (la chose est vraie en particulier pour la publicité automobile), en revanche les Américains en sont restés au bon vieux temps de la « réclame » chère au papa de Mme Élisabeth Badinter (je veux dire par là M. Bleustein-Blanchet qui, dit-on, en fut l'inventeur). A la télé, la publicité américaine, même sur les chaînes nationales qui sont toujours plus ou moins régionalisées, est toujours à la fois locale et archaïque. Le maître-mot en est « SAVE », souvent suivi d’un montant en $ ou d’un pourcentage. A tout propos, on vous promet de vous faire faire des économies, quel que soit l'objet de la publicité en cause.
Par ailleurs, alors que la publicité française use de sophistications et de détours dont l'utilité et l'efficacité ne sont ni apparentes ni démontrées, les Américains vous offrent volontiers, dans la pub, non une pin-up lascive et dénudée, mais la photographie en pied du commerçant ventru qui, dans votre région, vend telle ou telle marque de voiture à prix cassés ou dirige telle ou tel chaîne de supermarchés où vous réaliserez des économies prodigieuses sur vos achats du mois prochain.
Tout cela a un côté vieillot et archaïque qui ne suffit pas toutefois à rendre supportables pareilles réclames. Devons-nous nous attendre au retour de techniques si archaïques où nos publicitaires mal rasés, bourrés de cocaïne jusqu'aux yeux et qui croient géniale la moindre de leurs pénibles élucubrations, finiront-ils par triompher de l’universel modèle américain ?
lundi 14 novembre 2011
dimanche 13 novembre 2011
Du bon usage des compétences : de la Santé à Bercy.
Plus que jamais en ces temps difficiles, ce qu'il nous faut, absolument et de façon urgente, est moins, pour parler comme Mélenchon, « le capitaine de pédalo dans les tempêtes », dont Hollande donne toutes les apparences, qu’un « Hollandais volant » pour rester dans les métaphores nautiques que peut inspirer notre Flamby, par son allure comme par son nom !
Il nous faut des experts, confirmés et talentueux, à tous les postes du gouvernement.
Regardez les Grecs. Quel meilleur expert pour régler le problème de la dette de son pays que ce brave Monsieur Papademos (le « père du peuple » en pseudo-grec macaronique !) qui, en son temps, a sinon organisé du moins couvert le maquillage des comptes publics de son pays pour lui permettre d’entre dans l’Union européenne. Il en connaît donc un bout le bougre !
Regardez, chez nous, ce pauvre M. Baroin, prétendument ministre des finances, qui, à l'Assemblée nationale, ne parvenant pas à impressionner la Gauche par cette voix d'outre-tombe, dont il use avec tant de talent et de constance, s’est, dans son émotion, mélangé les pinceaux lexicographiques. Il a, en effet, désigné du terme très impropre d'effraction (c’est un attentat contre la langue plus que contre la représentation nationale) la sottise de dissoudre l'Assemblée nationale, inspirée à Jacques Chirac par M. de Villepin qui, de toute évidence, brûle de recommencer ce genre d'exploit.
Comment ne pas voir qu’est apparu, par chance, sur la scène médiatique le seul ministre des finances capable de sortir la France de ce mauvais pas en la personne de Michel Neyret dont les évidents talents financiers se sont, pour le moment, fourvoyés dans la police ? Certes me direz-vous, il s'agit là d'un flic, fût-il de haute volée et on ne passe pas si facilement et impunément de la place Beauveau à Bercy !
Sauf votre respect, vous êtes tous, mon pauvre monsieur ou chère madame, totalement à côté de la plaque !
Considérez donc, d’abord et plutôt, les exploits financiers de Michel Neyret dont la presse unanime ne nous épargne aucun détail. Voilà un homme qui, après enquête officielle et non selon de vagues ragots, en menant la vie à grandes guides, à coups de voyages coûteux comme de vacances luxueuses, de Ferraris, de boîtes de nuit et de tables de jeu, n’a dépensé que 500 € en neuf mois ! Qui dit mieux ? Même M. Bérégovoy, dont les chaussettes tirebouchonnées marquèrent autrefois l’esprit d’économie, n'a jamais rien fait de tel.
Voilà, de toute évidence, le ministre des finances qu’il nous faut ; lui seul saura effacer notre dette avec autant d'adresse qu'il gomme les inculpations des truands et des mafiosi qui l’entretiennent miraculeusement sur un tel pied.
Voulez-vous encore plus d’arguments en sa faveur ! Qui peut arriver à vendre 50.000 euros à des truands des notes de police qui décrivent par le menu des activités délictueuses dont ils sont eux-mêmes les premiers et les mieux informés ? Qui dit mieux ? Comme aurait dit ma bonne grand-mère, qui affectionnait cette métaphore, voilà un homme qui vendrait des guêtres à un serpent !
Neyret à Bercy!
PS. Cet homme n'a qu'un défaut...Il n'est pas Corse!
Il nous faut des experts, confirmés et talentueux, à tous les postes du gouvernement.
Regardez les Grecs. Quel meilleur expert pour régler le problème de la dette de son pays que ce brave Monsieur Papademos (le « père du peuple » en pseudo-grec macaronique !) qui, en son temps, a sinon organisé du moins couvert le maquillage des comptes publics de son pays pour lui permettre d’entre dans l’Union européenne. Il en connaît donc un bout le bougre !
Regardez, chez nous, ce pauvre M. Baroin, prétendument ministre des finances, qui, à l'Assemblée nationale, ne parvenant pas à impressionner la Gauche par cette voix d'outre-tombe, dont il use avec tant de talent et de constance, s’est, dans son émotion, mélangé les pinceaux lexicographiques. Il a, en effet, désigné du terme très impropre d'effraction (c’est un attentat contre la langue plus que contre la représentation nationale) la sottise de dissoudre l'Assemblée nationale, inspirée à Jacques Chirac par M. de Villepin qui, de toute évidence, brûle de recommencer ce genre d'exploit.
Comment ne pas voir qu’est apparu, par chance, sur la scène médiatique le seul ministre des finances capable de sortir la France de ce mauvais pas en la personne de Michel Neyret dont les évidents talents financiers se sont, pour le moment, fourvoyés dans la police ? Certes me direz-vous, il s'agit là d'un flic, fût-il de haute volée et on ne passe pas si facilement et impunément de la place Beauveau à Bercy !
Sauf votre respect, vous êtes tous, mon pauvre monsieur ou chère madame, totalement à côté de la plaque !
Considérez donc, d’abord et plutôt, les exploits financiers de Michel Neyret dont la presse unanime ne nous épargne aucun détail. Voilà un homme qui, après enquête officielle et non selon de vagues ragots, en menant la vie à grandes guides, à coups de voyages coûteux comme de vacances luxueuses, de Ferraris, de boîtes de nuit et de tables de jeu, n’a dépensé que 500 € en neuf mois ! Qui dit mieux ? Même M. Bérégovoy, dont les chaussettes tirebouchonnées marquèrent autrefois l’esprit d’économie, n'a jamais rien fait de tel.
Voilà, de toute évidence, le ministre des finances qu’il nous faut ; lui seul saura effacer notre dette avec autant d'adresse qu'il gomme les inculpations des truands et des mafiosi qui l’entretiennent miraculeusement sur un tel pied.
Voulez-vous encore plus d’arguments en sa faveur ! Qui peut arriver à vendre 50.000 euros à des truands des notes de police qui décrivent par le menu des activités délictueuses dont ils sont eux-mêmes les premiers et les mieux informés ? Qui dit mieux ? Comme aurait dit ma bonne grand-mère, qui affectionnait cette métaphore, voilà un homme qui vendrait des guêtres à un serpent !
Neyret à Bercy!
PS. Cet homme n'a qu'un défaut...Il n'est pas Corse!
vendredi 11 novembre 2011
Twinjet ou dwarfjet ?
J'ai poursuivi mes expériences aéronautiques, nombreuses dans période qui touche fort heureusement à sa fin car, pour mon malheur, ce genre d'expérience ne se révèle que rarement très positif.
L’affaire paraissait au départ sans mystère. Je me suis en effet rendu de Marseille à Toulouse sur la toute nouvelle ligne Marseille-Toulouse ouverte par Twinjet . C’est là une sorte de sous-produit, prétendument « low cost », d'Air-France, quoique que le personnel se défende de la chose, mais qui a fini par prendre pied en terre provençale, après que notre compagnie nationale a fait virer Easyjet de l’aéroport de Marignane par une argutie juridique d’ailleurs encore contestée par les Irlandais. On a lancé ici à grand son de trompe ce nouveau réseau Twinjet depuis le début du mois d’octobre 2011.
Je n’avais pas trop prêté attention à cette étrange dénomination ; je connaissais les « twinsets » d’autrefois, mais je ne voyais pas le sens de « twinjet » (« twin » signifie « jumeaux » comme nous l’ont rappelé les événements du 11 septembre). En découvrant, sur le tarmac après une odyssée en bus, que notre avion était un bi-moteur à hélice, je me suis demandé si cet inattendu « twin » n’était pas un souvenir de « Twin Otter », nom du bimoteur également à hélice, assez comparable, que j’ai si souvent pris dans les liaisons aux Mascareignes , entre La Réunion, Maurice et surtout Rodrigues. Il n’en est rien, en apparence et pour un profane comme moi, puisque les appareils de Twinjet sont des Beechcratf 1900 Beechliner. En fait cela ne prouve pas grand-chose vu les multiples ventes et achats entre les sociétés d’avionneurs. Merci aux spécialistes de m’éclairer sur ce petit mystère qui m'intrigue.
Mon premier constat, bien avant le vol, a été que le « low cost » n'était pas si « low » que ça puisque, alors que les publicités annonçaient un vol Marseille-Toulouse aller à 50 €, mon billet (un aller-retour dans la journée) a été facturé à 388 € prix auquel, en cherchant bien on peut trouver un Paris-Montréal.
Ce n'était toutefois que le début de l'expérience. J'ai découvert dans la suite que le transport s'effectuait dans un étrange appareil dont l'accès devrait être, explicitement et rigoureusement, interdit aux personnes de taille et de poids courants. L’appareil en cause, un Beechcraft DHC 8 STOL, accueille certes 19 passagers mais il semble indispensable que, vu l’aménagement de la cabine, la taille de ses passagers ne dépassent pas un mètre cinquante et qu'ils ne pèsent pas plus de 50 kilos. En effet à l'estime, la largeur du dossier des sièges est d'environ 40 cm et l’on dispose, entre le bord de son siège et le dossier du siège placé devant, d'environ 25 cm, ce qui ne rend guère la station assise et le voyage possibles qu'à des gens qui ne dépassent pas trop le mêtre et demi.
M'étant rendu sur le site de la compagnie qui construit cet avion, j'ai appris qu'il avait 19 places, ce que j'avais déjà constaté car nous étions 19 dans l'appareil, au retour du moins, mais surtout que c'était « le seul appareil de ce type où l'on peut se tenir debout ». Il y a là sans doute un argument commercial puissant même, si l'entrée dans l'appareil lui-même exige des contorsions et des flexions qui ne sont guère compatibles avec la station debout. Le plus fâcheux est que les vols ne s'effectuent pas dans la position debout mais ASSISE. La station debout, relativement confortable en effet, ne dure guère que le temps de l'embarquement et, éventuellement, du débarquement si l'on parvient à s'extraire du logement étroit et réduit que constitue la place accordée à chaque passager.
Le plus curieux de l'affaire est que l'hôtesse, au demeurant charmante, affable, efficace, qui assure le confort des passagers (le service est en revanche très bon), est d’une taille tout à fait normale et même plutôt grande. Il est vrai qu'elle est DEBOUT ELLE! Rude tâche pour elle d'évoluer dans pareil environnement et il y aurait sans doute là des possibilités d’emploi pour les contingents de personnes handicapées (« hôtesses de petite taille »), quoique, dans ces aéronefs, la seule dimension normale soit la verticalité dont les passagers eux-mêmes ne profitent que très peu. Peut-être pourrait-on augmenter leur nombre en les faisant voyager debout, mais les entassant assez pour régler de facto les problèmes de sécurité.
Bref ce voyage à Toulouse fut, sur ce plan, un vrai guêpier. Il a pour moi eu toutefois l'avantage de faire apparaître, dans la suite, tout voyage aérien en classe économique comme un paradis, ce qui n'est pas un mince mérite en matière de transports aéronautiques. Je crois en tout cas qu'il serait sage, et surtout honnête vu les tarifs, de prévenir les passagers des conditions dans lesquelles va s'effectuer leur voyage et de les informer que les jumeaux éponymes sont d’abord et surtout nains!
Twinjet, dwarfjet ou mieux nainjet?
L’affaire paraissait au départ sans mystère. Je me suis en effet rendu de Marseille à Toulouse sur la toute nouvelle ligne Marseille-Toulouse ouverte par Twinjet . C’est là une sorte de sous-produit, prétendument « low cost », d'Air-France, quoique que le personnel se défende de la chose, mais qui a fini par prendre pied en terre provençale, après que notre compagnie nationale a fait virer Easyjet de l’aéroport de Marignane par une argutie juridique d’ailleurs encore contestée par les Irlandais. On a lancé ici à grand son de trompe ce nouveau réseau Twinjet depuis le début du mois d’octobre 2011.
Je n’avais pas trop prêté attention à cette étrange dénomination ; je connaissais les « twinsets » d’autrefois, mais je ne voyais pas le sens de « twinjet » (« twin » signifie « jumeaux » comme nous l’ont rappelé les événements du 11 septembre). En découvrant, sur le tarmac après une odyssée en bus, que notre avion était un bi-moteur à hélice, je me suis demandé si cet inattendu « twin » n’était pas un souvenir de « Twin Otter », nom du bimoteur également à hélice, assez comparable, que j’ai si souvent pris dans les liaisons aux Mascareignes , entre La Réunion, Maurice et surtout Rodrigues. Il n’en est rien, en apparence et pour un profane comme moi, puisque les appareils de Twinjet sont des Beechcratf 1900 Beechliner. En fait cela ne prouve pas grand-chose vu les multiples ventes et achats entre les sociétés d’avionneurs. Merci aux spécialistes de m’éclairer sur ce petit mystère qui m'intrigue.
Mon premier constat, bien avant le vol, a été que le « low cost » n'était pas si « low » que ça puisque, alors que les publicités annonçaient un vol Marseille-Toulouse aller à 50 €, mon billet (un aller-retour dans la journée) a été facturé à 388 € prix auquel, en cherchant bien on peut trouver un Paris-Montréal.
Ce n'était toutefois que le début de l'expérience. J'ai découvert dans la suite que le transport s'effectuait dans un étrange appareil dont l'accès devrait être, explicitement et rigoureusement, interdit aux personnes de taille et de poids courants. L’appareil en cause, un Beechcraft DHC 8 STOL, accueille certes 19 passagers mais il semble indispensable que, vu l’aménagement de la cabine, la taille de ses passagers ne dépassent pas un mètre cinquante et qu'ils ne pèsent pas plus de 50 kilos. En effet à l'estime, la largeur du dossier des sièges est d'environ 40 cm et l’on dispose, entre le bord de son siège et le dossier du siège placé devant, d'environ 25 cm, ce qui ne rend guère la station assise et le voyage possibles qu'à des gens qui ne dépassent pas trop le mêtre et demi.
M'étant rendu sur le site de la compagnie qui construit cet avion, j'ai appris qu'il avait 19 places, ce que j'avais déjà constaté car nous étions 19 dans l'appareil, au retour du moins, mais surtout que c'était « le seul appareil de ce type où l'on peut se tenir debout ». Il y a là sans doute un argument commercial puissant même, si l'entrée dans l'appareil lui-même exige des contorsions et des flexions qui ne sont guère compatibles avec la station debout. Le plus fâcheux est que les vols ne s'effectuent pas dans la position debout mais ASSISE. La station debout, relativement confortable en effet, ne dure guère que le temps de l'embarquement et, éventuellement, du débarquement si l'on parvient à s'extraire du logement étroit et réduit que constitue la place accordée à chaque passager.
Le plus curieux de l'affaire est que l'hôtesse, au demeurant charmante, affable, efficace, qui assure le confort des passagers (le service est en revanche très bon), est d’une taille tout à fait normale et même plutôt grande. Il est vrai qu'elle est DEBOUT ELLE! Rude tâche pour elle d'évoluer dans pareil environnement et il y aurait sans doute là des possibilités d’emploi pour les contingents de personnes handicapées (« hôtesses de petite taille »), quoique, dans ces aéronefs, la seule dimension normale soit la verticalité dont les passagers eux-mêmes ne profitent que très peu. Peut-être pourrait-on augmenter leur nombre en les faisant voyager debout, mais les entassant assez pour régler de facto les problèmes de sécurité.
Bref ce voyage à Toulouse fut, sur ce plan, un vrai guêpier. Il a pour moi eu toutefois l'avantage de faire apparaître, dans la suite, tout voyage aérien en classe économique comme un paradis, ce qui n'est pas un mince mérite en matière de transports aéronautiques. Je crois en tout cas qu'il serait sage, et surtout honnête vu les tarifs, de prévenir les passagers des conditions dans lesquelles va s'effectuer leur voyage et de les informer que les jumeaux éponymes sont d’abord et surtout nains!
Twinjet, dwarfjet ou mieux nainjet?
mercredi 9 novembre 2011
Que fait la police?

À mon retour en France, après les délices climatiques de la Louisiane, j'ai trouvé une Provence noyée sous les eaux. La chose n'est pas pour étonner véritablement quand on connaît, un tant soit peu, le climat provençal et surtout quand on prend en compte les aberrations de l’urbanisation et de la gestion du territoire méridional avec ses constructions en zone inondable et surtout, en outre, le bétonnage universel comme l'absence à peu près totale d'entretien des cours d'eau.
Je suis, en revanche, stupéfait des propos que, peu après mon retour, j'ai entendus de la bouche d'un maire d'une commune inondée (dans le Var) et qui ont été réitérés, ce matin encore, sur je ne sais quelle radio d'informations.
Au-delà de l'aspect climatique (il est tombé 30 à 40 cm d'eau ce qui est sans doute considérable dans nos régions où l'on ne cesse de déplorer la sécheresse, mais qui serait considéré comme sans intérêt notable dans nombre d'autres territoires), le plus surprenant de la chose est que l'absence d'entretien des cours d'eau, la cause majeure des crues violentes, ne tient pas, comme dans bien d'autres cas, à l'absence de moyens destinés à cette fin.
J'ai appris en effet en la circonstance l'existence d'une mystérieuse « police de l'eau », toute-puissante en la matière car sa loi d’airain s’impose même aux maires des communes inondées; elle a, parmi ses dispositions principales, l’interdiction de toucher aux arbres déracinés, qui, emportés par les rivières et les fleuves, s'accumulent sur leurs cours et dans leurs embouchures, pour y constituer des barrages naturels, en faisant par là même gonfler les cours d'eau. Ladite « police de l'eau » interdit de les supprimer au prétexte que des oiseaux y font leurs nids et que ces barrages sont des abris appréciés de la faune aquatique.
On croit rêver !
Cinq ou six personnes au moins sont mortes dans ces inondations récentes (on les abandonnera sans doute à leur triste sort, car il y a là, à n’en pas douter, une nourriture de choix pour cette faune aquatique) ; bon nombre de véhicules ont été emportés par les eaux (je pense qu'on les y laissera car, comme les épaves en mer, il y aura très probablement là d'excellents refuges et abris pour les poissons et crustacés de ces rivières) ; quant aux centaines de millions de dégâts(entre 5 et 9 selon les dernières estimations), tant dans les habitations que dans les zones industrielles ou commerciales (qu'on établit volontiers dans les zones inondables ou les terrains sont moins chers), quelle importance ? Osera-t-on mettre en balance ces sommes, si importantes qu'elles puissent paraître, avec la béatitude des volatiles qui peuvent établir leurs nids dans les arbres qui encombrent ou obturent le lit et l'embouchure de ces rivières ou avec la félicité des poissons qui s’installent dans ces barrages naturels ?
Des esprits chagrins et peu écologiques objecteront sans doute que ces oiseaux peuvent aller faire leur nid ailleurs, comme ils le faisaient sans doute quand ces arbres déracinés ne leur fournissaient pas de refuge. L’eau suffisant elle au bonheur des poissons, selon une formule bien connue, sans doute peuvent-ils le trouver en amont comme en aval, sans que pour autant les riverains de ces mêmes cours d'eau ne trouvent là que leur malheur.
Merdre! Notre cher Père Ubu administratif est devenu aussi vert que sa chandelle !
jeudi 27 octobre 2011
Loin du blog...
Loin des yeux, loin du blog...
Perdu au fond des Ameriques (en plus face a un clavier anglais ou je ne trouve meme pas, non pas notre cher accent circonflexe, mais tout betemement les parentheses (planquees au dessus du 9 et du 0, avis aux amateurs)...ouf j`y suis arrive, j`ai entrepris de faire un blog mais je crois que je vais y renoncer devant l`ampleur de la tache (en plus voila que la tache devient la tache et que le point d`exclamation qus j`affectionne ne figure apparemmement pas sur les claviers anglosaxons, sans doute a cause du flegme legendaire des rosbifs.
Je crois que je vais craquer alors que sous mon nez, soudain muet, la Tunisie islamise, Hollande flambyse, Melanchon melanronchone, Eva nipponise, DSK sadomise, et Nicolas pouponnise...Arvi don comme on dit dans nos montagnes savoyardes.
Perdu au fond des Ameriques (en plus face a un clavier anglais ou je ne trouve meme pas, non pas notre cher accent circonflexe, mais tout betemement les parentheses (planquees au dessus du 9 et du 0, avis aux amateurs)...ouf j`y suis arrive, j`ai entrepris de faire un blog mais je crois que je vais y renoncer devant l`ampleur de la tache (en plus voila que la tache devient la tache et que le point d`exclamation qus j`affectionne ne figure apparemmement pas sur les claviers anglosaxons, sans doute a cause du flegme legendaire des rosbifs.
Je crois que je vais craquer alors que sous mon nez, soudain muet, la Tunisie islamise, Hollande flambyse, Melanchon melanronchone, Eva nipponise, DSK sadomise, et Nicolas pouponnise...Arvi don comme on dit dans nos montagnes savoyardes.
mardi 18 octobre 2011
Immigration et langue française : Hydre de Lerne ou Shiva?
J'évoquais hier, dans mon post du jour, le Moloch de l'administration française, mais, dans l'ordre des métaphores mythologiques, voilà que mon sujet du jour m'amène à évoquer d'autres figures car on pourrait tout aussi bien faire sortir de son antre l'Hydre de Lerne, dont repoussaient sans cesse les multiples têtes coupées, mais également, en changeant de continent, invoquer Shiva aux quatre bras avec toutefois une nuance typiquement française dans la mesure où chacun de ses bras ne paraît jamais savoir ce que font ou ont fait les trois autres.
Tout ça est la faute de Marianne2.fr !
Je m'explique. Je ne lisais plus guère ce quotidien internet que sa direction est assez aimable pour m'adresser. En effet, on avait décidé de ne plus y admettre de commentaires. J'étais donc désormais obligé de ravaler ce que j'avais envie de dire à propos de l'un ou l'autre des articles et, de ce fait, je n'ai plus lu ce quotidien que d'un oeil très distrait.
Voici que le temps des commentaires y est revenu, mais en ce qui concerne l'article dont je vais parler aujourd'hui, ils ne sont guère meilleurs que le texte de l'article qui les suscite ("Par manque de moyens la naturalisation néglige l'apprentissage du français"). Le nom de l'auteur, à allure clairement malgache, pourrait pourtant en faire un témoin particulièrement intéressant sur la question de l'apprentissage du français par les étrangers, mais l'information générale sur le problème fait trop facilement place, dans ce texte, à la polémique.
L'auteur ironise sur "le nouveau dada de Claude Guéant" et ajoute l'idée qu'il lui prête selon laquelle, les étrangers, "tant les primo-arrivants que les postulants à la naturalisation [doivent] savoir parler français". Il précise que "le niveau exigé reste faible et [que] les dispositifs précédents ne sont pas pleinement opérationnels".
On connaît la pente naturelle de Marianne2.fr à l'anti-sarkozysme. Cependant, les critiques seraient d'autant plus efficaces qu'elles seraient mieux fondées, ce qui n'est pas le cas en la circonstance. Me réservant de traiter mieux et plus longuement ailleurs de ce problème important, je ne ferai ici que quelques remarques.
La première observation qu'on peut faire est que la plupart des pays européens ou même étrangers exigent, de la part des candidats à la naturalisation, une connaissance, en général minimale mais parfois plus étendue, de la langue et même parfois de la culture nationale.
Deuxième remarque. L'auteur de l'article qui observe que " les dispositifs précédents ne sont pas pleinement opérationnels" témoigne, par cette formule même que, non seulement il a une parfaite maîtrise de notre langue mais qu'il use avec talent d'une des figures majeures de notre rhétorique qui est la litote.
En effet, ce que notre auteur présente comme une lubie de Claude Guéant (un "dada") n'est, en fait, que la reprise, assez irréfléchie, fondée sur l'ignorance, d'un programme du Ministère le Culture mis en oeuvre, à partir de 2003 par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (la DGLFLF). Le bras du Shiva administratif français qui règne sur l'Intérieur ignore manifestement ce que fait un autre bras qui a en main(s) la Culture ( je mets "main" au singulier, avec une prudente option pour le pluriel, faute de savoir si l'un ou l'autre des bras de notre Schiva possède aussi plusieurs mains!).
En France, les réflexions sur cette question ont commencé depuis près de dix ans sans autre résultat tangible(si l'on peut dire) qu'un ouvrage de J.C. Beacco, M. de Ferrari, G. Lhote et C. Tagliante intitulé Niveau A1.1 pour le français (Public adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français, Didier, 236 pages, Paris, 2005.
Je ne parlerai pas ici du contenu même de ce livre et de la critique qu'on peut en faire, me bornant à en examiner les seules pages de couverture et de garde pour ne pas abuser de la patience de mes lecteurs.
Sans aller plus loin, on y observe d'abord que, si l'ouvrage porte le logo du Conseil de l'Europe (avec, au-dessous la mention "Division des politiques linguistiques, Strasbourg. Référentiel pour les langues nationales et régionales") , le livre est co-édité et probablement co-financé par la DGLFLF(ministère français de la culture et de la communication) et la direction de la population et des migrations (ministère français de l'emploi de la cohésion sociale et du logement, donc, en la circonstance, une troisième main de notre Shiva administratif).
Il semble y avoir d'ailleurs eu quelques problèmes dans cette coordination complexe européano-française. En effet, sur la couverture, le logo du conseil de l'Europe figure, au centre et en haut de la page tandis que, sur la page de garde, ce même logo a bizarrement glissé vers la droite, laissant, à sa gauche, un espace, curieusement vide quoique symétrique, dont tout donne à penser qu'il aurait dû être occupée par le logo d'une autre institution.
Tout cela est en tout cas moins important que le titre même de l'ouvrage qui comporte aussi quelques bizarreries : "A1.1 pour le français (Publics adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français".
Sur la forme d'abord. En l'absence de ponctuation, on ne sait trop que penser des adjectifs qui suivent "publics adultes" et en particulier de "scolarisés" vs peu ou non scolarisés"). Si l'on voit bien que DILF est forgé sur le modèle DELF et DALF et que le niveau A1.1 indique qu'il s'agit là du premier degré du niveau A1, on ne peut que s'étonner de voir, sur certains points objectifs, les exigences de ce niveau A1.1 apparaître comme supérieures à celles du niveau A1 dpnt il est censé être la première marche!
Il semble un peu inutile de d'interroger sur ce genre de détails linguistiques tant on relève de faits qui démontrent que les auteurs du livre en cause semblent ignorer apparemment tout du mode et des conditions de vie des "adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés" que prétend viser pareille entreprise.
On peut certes s'interroger sur le contenu pédagogique de ce niveau A1.1 mais plus encore sur la mise en place du plan dans lequel il devait s'insérer pour s'achever dans le DILF. Je ne peux pas aborder ici le détail ni le contenu de ces niveaux du fameux Cadre européen commun de référence pour les langues (la poule aux oeufs d'or des didacticiens assez habiles pour s'y faufiler); j'observe néanmoins que, dans l'entreprise commencée dans les années 2003-2004, le choix de ce niveau A1.1 uniquement oral, qui impliquait une durée d'enseignement comprise entre 200 et 500 heures et devait être organisé et financé par un Fonds d'actions et de soutien à l'intégration et la lutte contre les discriminations (FASILD) n'a assurément pas donné les résultats qu'on pouvait espérer ; le DILF a sombré corps et biens avec lui au point que tout cela est totalement oublié de tous, même du ministre désormais compétent (la quatrième main de Shiva).
Ce qui est sûr en tout cas est qu'on était, à cette époque et avec plus de moyens au moins sur le papier, porteur d'une ambition bien moindre que celle de M. Claude Guéant qui viserait désormais le niveau B1 (supérieur à celui de la majorité des instituteurs de l'espace francophone du Sud qui sont plutôt à A2!) alors que, en 2003-2004, on ne pensait qu'à un niveau A1.1 qui n'était qu'une première étape de A1. On a donc, pour conclure le sentiment que notre administration ne sait pas toujours très exactement de quoi elle parle et ce qu'elle veut.
Notre Shiva administratif, pour le coup perplexe, occuperait-il une cinquième main, cachée celle-ci, à se gratter l'occiput ?
Tout ça est la faute de Marianne2.fr !
Je m'explique. Je ne lisais plus guère ce quotidien internet que sa direction est assez aimable pour m'adresser. En effet, on avait décidé de ne plus y admettre de commentaires. J'étais donc désormais obligé de ravaler ce que j'avais envie de dire à propos de l'un ou l'autre des articles et, de ce fait, je n'ai plus lu ce quotidien que d'un oeil très distrait.
Voici que le temps des commentaires y est revenu, mais en ce qui concerne l'article dont je vais parler aujourd'hui, ils ne sont guère meilleurs que le texte de l'article qui les suscite ("Par manque de moyens la naturalisation néglige l'apprentissage du français"). Le nom de l'auteur, à allure clairement malgache, pourrait pourtant en faire un témoin particulièrement intéressant sur la question de l'apprentissage du français par les étrangers, mais l'information générale sur le problème fait trop facilement place, dans ce texte, à la polémique.
L'auteur ironise sur "le nouveau dada de Claude Guéant" et ajoute l'idée qu'il lui prête selon laquelle, les étrangers, "tant les primo-arrivants que les postulants à la naturalisation [doivent] savoir parler français". Il précise que "le niveau exigé reste faible et [que] les dispositifs précédents ne sont pas pleinement opérationnels".
On connaît la pente naturelle de Marianne2.fr à l'anti-sarkozysme. Cependant, les critiques seraient d'autant plus efficaces qu'elles seraient mieux fondées, ce qui n'est pas le cas en la circonstance. Me réservant de traiter mieux et plus longuement ailleurs de ce problème important, je ne ferai ici que quelques remarques.
La première observation qu'on peut faire est que la plupart des pays européens ou même étrangers exigent, de la part des candidats à la naturalisation, une connaissance, en général minimale mais parfois plus étendue, de la langue et même parfois de la culture nationale.
Deuxième remarque. L'auteur de l'article qui observe que " les dispositifs précédents ne sont pas pleinement opérationnels" témoigne, par cette formule même que, non seulement il a une parfaite maîtrise de notre langue mais qu'il use avec talent d'une des figures majeures de notre rhétorique qui est la litote.
En effet, ce que notre auteur présente comme une lubie de Claude Guéant (un "dada") n'est, en fait, que la reprise, assez irréfléchie, fondée sur l'ignorance, d'un programme du Ministère le Culture mis en oeuvre, à partir de 2003 par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (la DGLFLF). Le bras du Shiva administratif français qui règne sur l'Intérieur ignore manifestement ce que fait un autre bras qui a en main(s) la Culture ( je mets "main" au singulier, avec une prudente option pour le pluriel, faute de savoir si l'un ou l'autre des bras de notre Schiva possède aussi plusieurs mains!).
En France, les réflexions sur cette question ont commencé depuis près de dix ans sans autre résultat tangible(si l'on peut dire) qu'un ouvrage de J.C. Beacco, M. de Ferrari, G. Lhote et C. Tagliante intitulé Niveau A1.1 pour le français (Public adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français, Didier, 236 pages, Paris, 2005.
Je ne parlerai pas ici du contenu même de ce livre et de la critique qu'on peut en faire, me bornant à en examiner les seules pages de couverture et de garde pour ne pas abuser de la patience de mes lecteurs.
Sans aller plus loin, on y observe d'abord que, si l'ouvrage porte le logo du Conseil de l'Europe (avec, au-dessous la mention "Division des politiques linguistiques, Strasbourg. Référentiel pour les langues nationales et régionales") , le livre est co-édité et probablement co-financé par la DGLFLF(ministère français de la culture et de la communication) et la direction de la population et des migrations (ministère français de l'emploi de la cohésion sociale et du logement, donc, en la circonstance, une troisième main de notre Shiva administratif).
Il semble y avoir d'ailleurs eu quelques problèmes dans cette coordination complexe européano-française. En effet, sur la couverture, le logo du conseil de l'Europe figure, au centre et en haut de la page tandis que, sur la page de garde, ce même logo a bizarrement glissé vers la droite, laissant, à sa gauche, un espace, curieusement vide quoique symétrique, dont tout donne à penser qu'il aurait dû être occupée par le logo d'une autre institution.
Tout cela est en tout cas moins important que le titre même de l'ouvrage qui comporte aussi quelques bizarreries : "A1.1 pour le français (Publics adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés) Référentiel et certification (DILF) pour les premiers acquis en français".
Sur la forme d'abord. En l'absence de ponctuation, on ne sait trop que penser des adjectifs qui suivent "publics adultes" et en particulier de "scolarisés" vs peu ou non scolarisés"). Si l'on voit bien que DILF est forgé sur le modèle DELF et DALF et que le niveau A1.1 indique qu'il s'agit là du premier degré du niveau A1, on ne peut que s'étonner de voir, sur certains points objectifs, les exigences de ce niveau A1.1 apparaître comme supérieures à celles du niveau A1 dpnt il est censé être la première marche!
Il semble un peu inutile de d'interroger sur ce genre de détails linguistiques tant on relève de faits qui démontrent que les auteurs du livre en cause semblent ignorer apparemment tout du mode et des conditions de vie des "adultes peu francophones, scolarisés, peu ou non scolarisés" que prétend viser pareille entreprise.
On peut certes s'interroger sur le contenu pédagogique de ce niveau A1.1 mais plus encore sur la mise en place du plan dans lequel il devait s'insérer pour s'achever dans le DILF. Je ne peux pas aborder ici le détail ni le contenu de ces niveaux du fameux Cadre européen commun de référence pour les langues (la poule aux oeufs d'or des didacticiens assez habiles pour s'y faufiler); j'observe néanmoins que, dans l'entreprise commencée dans les années 2003-2004, le choix de ce niveau A1.1 uniquement oral, qui impliquait une durée d'enseignement comprise entre 200 et 500 heures et devait être organisé et financé par un Fonds d'actions et de soutien à l'intégration et la lutte contre les discriminations (FASILD) n'a assurément pas donné les résultats qu'on pouvait espérer ; le DILF a sombré corps et biens avec lui au point que tout cela est totalement oublié de tous, même du ministre désormais compétent (la quatrième main de Shiva).
Ce qui est sûr en tout cas est qu'on était, à cette époque et avec plus de moyens au moins sur le papier, porteur d'une ambition bien moindre que celle de M. Claude Guéant qui viserait désormais le niveau B1 (supérieur à celui de la majorité des instituteurs de l'espace francophone du Sud qui sont plutôt à A2!) alors que, en 2003-2004, on ne pensait qu'à un niveau A1.1 qui n'était qu'une première étape de A1. On a donc, pour conclure le sentiment que notre administration ne sait pas toujours très exactement de quoi elle parle et ce qu'elle veut.
Notre Shiva administratif, pour le coup perplexe, occuperait-il une cinquième main, cachée celle-ci, à se gratter l'occiput ?
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lundi 17 octobre 2011
Le Moloch administratif français.
En commençant à écrire ce post j'hésite encore entre deux titres, l'un, « le Moloch administratif français », traduit le désarroi voire l'horreur de l'administré devant le caractère souvent monstrueux de notre administration, l'autre qui, avec plus de légèreté voire d'humour, verrait dans notre machine administrative la fille du Père Soupe et de la Mère Ubu et qui en soulignerait plutôt la dérisoire et grotesque complexité.
Ce matin, en effet, comme je me préparais à faire un chèque pour régler la taxe d'habitation de mon domicile, je ne sais quel diable de la modernité me poussant, j'ai constaté que je pouvais payer par Internet sur "impots.gouv.fr. Inspiration funeste à laquelle je me suis laissé aller au mépris de l'orthographe de notre belle langue. Comme vous le savez en effet, les si originaux signes diacritiques qui en sont l'ornement et que le monde nous envie depuis des siècles (comme, en la circonstance, ce cher accent circonflexe qui orne si joliment le mot "impôt") sont refusés par nos ordinateurs, ce qui fait parfois problème quand on cède, si peu que ce soit, à l'inadvertance.
Bannissant le circonflexe, je suis arrivé, sans trop de mal, sur le site en cause. Ce premier triomphe a marqué, je l'avoue, la fin de la facilitation administrative de la démarche, car, dans les services fiscaux informatisés, comme dans la Rome antique, le Capitole du triomphe débouche directement sur la Roche tarpéienne de la catastrophe. En effet, la première chose qui m'a été demandée dans le site a été de m'identifier ce qui paraît tout à fait normal. Toutefois il me paraît d'une méfiance un peu excessive (des fois qu'un imposteur voudrait payer mes impôts à ma place?) de le faire à l'aide de trois indications codées dont chacune me paraît suffisante seule quand surtout quand elle s'ajoute à mon nom de famille.
La première demande est celle du numéro fiscal ; soit ! Cela ne pose pas de problème puisque ce numéro figure à peu près sur tous les avis d'imposition. Avec la seconde exigence les choses se corsent car il s'agit cette fois du numéro de "télé-déclarant" dont j'ignorais jusqu'à l'existence. Les choses commencent à se compliquer car ledit numéro de télé-déclarant ne figure pas sur l'avis d'imposition des taxes foncières de 2011 qui était le point de départ de ma démarche (La chose serait trop simple sans doute). Y figure en revanche un mystérieux numéro FIP (de 18 chiffres s'il vous plaît) qui, lui, ne paraît intéresser personne !
Pour trouver ce numéro de télé-déclarant, il suffit de se reporter à la déclaration de revenus de l'année précédente (que vous n'avez naturellement pas sous la main) où il figure, vous précise-t-on, en haut et à gauche de la dite déclaration. Recherche de l'avis d'imposition 2010, sans trop de mal car mes papiers administratifs sont à peu près classés. Je recopie donc avec soin le numéro qui figure à gauche de la déclaration et que je vous donne ici pour témoigner de ma bonne foi : 110 135.
Troisième exigence : celle du montant précis de mon revenu imposable de l'année précédente et qui naturellement ne figure pas sur de déclaration de revenus que je venais d'aller chercher, mais sur l'avis d'imposition 2010, qui est naturellement un troisième document, différent des deux précédents.
Le Père Soupe ne pourrait-il pas nous faciliter un peu la vie en nous demandant trois indications chiffrées qui figureraient toutes sur le même avis? Vous comprenez aisément que ce serait trop simple ; la loi de l'emmerdement maximum du citoyen exige qu'il aille chercher les trois indications qu'on exige de qui veut payer par Internet son impôt et cela sur trois documents différents. Mais les choses ne s'arrêtent pas là et c'est ici que la Mère Ubu intervient pour contrarier les exigences du Père Soupe. Car en effet, sur la déclaration de revenus de l'année précédente figure bien, en haut et à gauche, un numéro que j'ai scrupuleusement relevé suivant les indications de l'ordinateur. Le problème est que la machine me l'a refusé, m'obligeant à retourner une nouvelle fois à ma déclaration de revenus de 2010 pour découvrir que le numéro de « télé déclarant" n'est NULLEMENT celui qui est en haut et à gauche (vous pouvez aller vérifier sur votre propre déclaration) mais se trouve à la DOUZIEME LIGNE de l'imprimé (je les ai comptées) et donc presque au milieu de la feuille bien plutôt qu'en haut et à gauche et cela d'autant qu'il fait suite à deux numéros de 14 chiffres ou lettres chacun !
Nous ne trouvons, une fois de plus, en face d'un problème de ce que j'appelle, à la suite de mon ami Claude Vogel, la "sémiotique industrielle". Il est en effet clair que la plupart des gens qui conçoivent des imprimés, des sites ou plus largement encore documents donnant des indications d'usage (mode d'emploi d'un appareil, etc.) ou des itinéraires de déviation sur les routes, ignorent tout de la chose. Ils pourraient pourtant tester très facilement leurs produits à cet égard.
A cette fin, ils pourraient en effet,se livrer à un exercice extrêmement simple et rapide de vérification de la clarté et de la pertinence de leurs indications. Le voici pour leur instruction personnelle et en ayant soin de donner à l'expérience un caractère coercitif qui serait, à mon avis, du plus heureux effet pour la suite.
Prenons le cas de l'indication d'un itinéraire routier, en cas de déviation par exemple. Il suffit de mettre au volant d'une voiture l'utilisateur lambda pour tester aisément la validité et la pertinence des indications. On place à côté de lui le concepteur responsable de la signalisation. Est assis à l'arrière un témoin patenté dont le seul rôle sera d'asséner un solide coup de bâton sur la tête du voisin du conducteur (donc le responsable du guidage) toutes les fois que le chauffeur commettra une erreur ou sera simplement dans l'hésitation sur la route à suivre. Il est certain que, dans la suite, le souvenir de cette expérience incitera le rédacteur à plus de réflexion et à plus de soin dans l'élaboration des schémas explicatifs qu'il aura à fournir.
Je ne compte même plus les cas où dans des sites comme dans des formulaires ou questionnaires qu'on nous donne à « renseigner » (je suis aussi exaspéré par l'usage stupidement fautif, dans tous nos documents administratifs, de ce pauvre verbe "renseigner", car on renseigne une personne et non par un questionnaire que l'on se bornait naguère encore à remplir). J'ai reçu encore ce matin, de la compagnie Air France, en vue d'un prochain voyage, un questionnaire que je devais bien entendu « renseigner » et dans lequel des indications fausses (dont, en particulier, mon numéro de téléphone) étaient impossibles à corriger, quoiqu'on me demandât expressément de le faire. Là encore l'épreuve du gourdin aurait sans doute incité l'auteur de cette notice aberrante à vérifier la réelle possibilité de la mettre en oeuvre.
Dois-je préciser que je suis volontaire pour le maniement du gourdin éducatif?
Et dire qu'on les paye pour faire ça !
Ce matin, en effet, comme je me préparais à faire un chèque pour régler la taxe d'habitation de mon domicile, je ne sais quel diable de la modernité me poussant, j'ai constaté que je pouvais payer par Internet sur "impots.gouv.fr. Inspiration funeste à laquelle je me suis laissé aller au mépris de l'orthographe de notre belle langue. Comme vous le savez en effet, les si originaux signes diacritiques qui en sont l'ornement et que le monde nous envie depuis des siècles (comme, en la circonstance, ce cher accent circonflexe qui orne si joliment le mot "impôt") sont refusés par nos ordinateurs, ce qui fait parfois problème quand on cède, si peu que ce soit, à l'inadvertance.
Bannissant le circonflexe, je suis arrivé, sans trop de mal, sur le site en cause. Ce premier triomphe a marqué, je l'avoue, la fin de la facilitation administrative de la démarche, car, dans les services fiscaux informatisés, comme dans la Rome antique, le Capitole du triomphe débouche directement sur la Roche tarpéienne de la catastrophe. En effet, la première chose qui m'a été demandée dans le site a été de m'identifier ce qui paraît tout à fait normal. Toutefois il me paraît d'une méfiance un peu excessive (des fois qu'un imposteur voudrait payer mes impôts à ma place?) de le faire à l'aide de trois indications codées dont chacune me paraît suffisante seule quand surtout quand elle s'ajoute à mon nom de famille.
La première demande est celle du numéro fiscal ; soit ! Cela ne pose pas de problème puisque ce numéro figure à peu près sur tous les avis d'imposition. Avec la seconde exigence les choses se corsent car il s'agit cette fois du numéro de "télé-déclarant" dont j'ignorais jusqu'à l'existence. Les choses commencent à se compliquer car ledit numéro de télé-déclarant ne figure pas sur l'avis d'imposition des taxes foncières de 2011 qui était le point de départ de ma démarche (La chose serait trop simple sans doute). Y figure en revanche un mystérieux numéro FIP (de 18 chiffres s'il vous plaît) qui, lui, ne paraît intéresser personne !
Pour trouver ce numéro de télé-déclarant, il suffit de se reporter à la déclaration de revenus de l'année précédente (que vous n'avez naturellement pas sous la main) où il figure, vous précise-t-on, en haut et à gauche de la dite déclaration. Recherche de l'avis d'imposition 2010, sans trop de mal car mes papiers administratifs sont à peu près classés. Je recopie donc avec soin le numéro qui figure à gauche de la déclaration et que je vous donne ici pour témoigner de ma bonne foi : 110 135.
Troisième exigence : celle du montant précis de mon revenu imposable de l'année précédente et qui naturellement ne figure pas sur de déclaration de revenus que je venais d'aller chercher, mais sur l'avis d'imposition 2010, qui est naturellement un troisième document, différent des deux précédents.
Le Père Soupe ne pourrait-il pas nous faciliter un peu la vie en nous demandant trois indications chiffrées qui figureraient toutes sur le même avis? Vous comprenez aisément que ce serait trop simple ; la loi de l'emmerdement maximum du citoyen exige qu'il aille chercher les trois indications qu'on exige de qui veut payer par Internet son impôt et cela sur trois documents différents. Mais les choses ne s'arrêtent pas là et c'est ici que la Mère Ubu intervient pour contrarier les exigences du Père Soupe. Car en effet, sur la déclaration de revenus de l'année précédente figure bien, en haut et à gauche, un numéro que j'ai scrupuleusement relevé suivant les indications de l'ordinateur. Le problème est que la machine me l'a refusé, m'obligeant à retourner une nouvelle fois à ma déclaration de revenus de 2010 pour découvrir que le numéro de « télé déclarant" n'est NULLEMENT celui qui est en haut et à gauche (vous pouvez aller vérifier sur votre propre déclaration) mais se trouve à la DOUZIEME LIGNE de l'imprimé (je les ai comptées) et donc presque au milieu de la feuille bien plutôt qu'en haut et à gauche et cela d'autant qu'il fait suite à deux numéros de 14 chiffres ou lettres chacun !
Nous ne trouvons, une fois de plus, en face d'un problème de ce que j'appelle, à la suite de mon ami Claude Vogel, la "sémiotique industrielle". Il est en effet clair que la plupart des gens qui conçoivent des imprimés, des sites ou plus largement encore documents donnant des indications d'usage (mode d'emploi d'un appareil, etc.) ou des itinéraires de déviation sur les routes, ignorent tout de la chose. Ils pourraient pourtant tester très facilement leurs produits à cet égard.
A cette fin, ils pourraient en effet,se livrer à un exercice extrêmement simple et rapide de vérification de la clarté et de la pertinence de leurs indications. Le voici pour leur instruction personnelle et en ayant soin de donner à l'expérience un caractère coercitif qui serait, à mon avis, du plus heureux effet pour la suite.
Prenons le cas de l'indication d'un itinéraire routier, en cas de déviation par exemple. Il suffit de mettre au volant d'une voiture l'utilisateur lambda pour tester aisément la validité et la pertinence des indications. On place à côté de lui le concepteur responsable de la signalisation. Est assis à l'arrière un témoin patenté dont le seul rôle sera d'asséner un solide coup de bâton sur la tête du voisin du conducteur (donc le responsable du guidage) toutes les fois que le chauffeur commettra une erreur ou sera simplement dans l'hésitation sur la route à suivre. Il est certain que, dans la suite, le souvenir de cette expérience incitera le rédacteur à plus de réflexion et à plus de soin dans l'élaboration des schémas explicatifs qu'il aura à fournir.
Je ne compte même plus les cas où dans des sites comme dans des formulaires ou questionnaires qu'on nous donne à « renseigner » (je suis aussi exaspéré par l'usage stupidement fautif, dans tous nos documents administratifs, de ce pauvre verbe "renseigner", car on renseigne une personne et non par un questionnaire que l'on se bornait naguère encore à remplir). J'ai reçu encore ce matin, de la compagnie Air France, en vue d'un prochain voyage, un questionnaire que je devais bien entendu « renseigner » et dans lequel des indications fausses (dont, en particulier, mon numéro de téléphone) étaient impossibles à corriger, quoiqu'on me demandât expressément de le faire. Là encore l'épreuve du gourdin aurait sans doute incité l'auteur de cette notice aberrante à vérifier la réelle possibilité de la mettre en oeuvre.
Dois-je préciser que je suis volontaire pour le maniement du gourdin éducatif?
Et dire qu'on les paye pour faire ça !
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