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vendredi 25 novembre 2011

Canal + : Denisot nous prend pour des cons !

Il m'arrive de temps en temps, en fin de journée, de regarder le Grand Journal de Michel Denisot sur Canal+, qui n’a de « grand » que le nom. Titulaire d'un abonnement sur cette chaîne, il faut bien que je la regarde, de toute façon, de temps en temps par flemme de le supprimer et par fidélité aux Guignols du temps de Gaccio.

Je trouve, en effet, que globalement, les émissions d'information de Canal+, qu'il s'agisse de la nouvelle édition de midi ou du journal du soir sont de plus en plus médiocres, sacrifiant en particulier au jeunisme (il faut soigner la clientèle qu'on pense être celle de la chaîne, mais il faudrait virer l’antique Denisot) et à la diversité ethnique, avec un bon lot de Beurs ou de Blacks qui, comme les Blancs, peuvent être soit bons ou mauvais, soit tantôt bons, tantôt mauvais. La nouvelle Black du Grand Journal est, en particulier, tout à fait charmante dans sa fonction qui est de sourire de ses 46 dents et Ali Baddou, en passeur de plats dans l'édition du milieu de journée, est tout à fait dans son rôle.

Ce que je reproche à Denisot, qui est égal à lui-même c'est-à-dire paradoxalement d'une médiocrité et d'une nullité également rassurantes, est de nous prendre pour des imbéciles. La seule chose qu'il ait comprise au cours d'une carrière déjà longue est que la publicité télévisée casse les pieds des téléspectateurs. Il a donc beaucoup réfléchi et choisi une tactique qu'il a jugé subtile et qui n'est que stupide et malhonnête. Elle consiste à nous mentir pour nous faire patienter. Ainsi, avant les interruptions publicitaires, qui interrompent la première partie de son journal du soir (deux ou trois je crois car je n'ai jamais vraiment compté), Denisot nous annonce-t-il, d'un air qu'il veut gourmand,que nous allons retrouver son Journal et je cite exactement : « Dans DEUX minutes ».

Trouvant ses DEUX minutes un peu longuettes, j’ai pris la peine hier de chronométrer ces interruptions publicitaires de deux minutes. Elles en font en fait cinq et comprennent à la fois des messages publicitaires payants et des messages publicitaires de la chaîne sur les prochaines émissions dont nous pourrons nous régaler sur cette antenne. Si l’on met, à la louche, à 100.000 euros la minute de publicité, ça fait au moins 500.000 euros d’escamotés au passage.

Quand je dis que Denisot nous prend pour des cons, je me trompe. Ce n'est pas nous en fait qu'il traite ainsi mais le CSA et M. Michel Boyon, car je suppose que la publicité obéit à des règles qui ne paraissent pas très rigoureusement observées à Canal + en la circonstance puisque la chaîne elle-même nous ment effrontément sur la durée de sa publicité.

Personnellement que M. Michel Denisot, dont je connais parfaitement la carrière et les talents, me prenne pour un con me laisse tout à fait de marbre. Je ne sais pas, en revanche, si, vu sa position et sa fonction, il en est de même pour M. Michel Boyon président du CSA.

À bon entendeur salut !

mercredi 23 novembre 2011

Clochemerlaix en Provence

Vous m'accorderez que sur ce blog je ne fais guère en général dans la chronique locale. L'indignation me pousse ici à contrevenir à cette règle car depuis le début de la semaine Aix-en-Provence, si fière de son image internationale, vit à l'heure de Clochemerle.

Un grave conflit oppose en effet, semble-t-il, la municipalité à des forains vendeurs de textiles divers (ceux qu'on appelle à Lyon les "marchands de pates", terme que l'on doit se garder de confondre tant avec les "pâtes", (car à Lyon on distingue encore phonétiquement les "pâtes" des "pattes") qu'avec les "pattes"! A Aix, ceux-ci exercent en effet leur industrie deux ou trois jours par semaine aux alentours de l'ancienne prison et ils sont en outre autorisés, à titre exceptionnel durant l'année, à encombrer de leurs étalages le cours Mirabeau. Ils doivent toutefois en être déplacés un jour dans la semaine, durant la période de Noël, en direction de l'avenue des Belges en raison de la présence d'un "marché de Noël" dont on installe les baraques sur ledit cours Mirabeau. Remettons tout de suite les choses à leurs dimensions aixoises, provençales et clochemerlesques.

L'emplacement qu'on leur propose doit être situé, à vol d'oiseau, à 127,6 m de celui qu'ils ambitionnent ou désormais exigent de continuer à occuper le mardi durant cette période de Noël. L'affaire est d'importance comme vous pouvez en juger ; il s'agit en effet pour les chalands éventuels de traverser la Place de la rotonde puisque cette place sépare l'avenue des Belges du cours Mirabeau.

L'affaire est d'autant plus grotesque que cette installation sur le cours Mirabeau d'un prétendu marché de Noël est une laborieuse imitation, peu réussie au demeurant, des fameux marchés de Noël de Strasbourg ou des villes d'Alsace qui sont une coutume septentrionale qui n'a rien de provençal. Elle est ici toute récente et date au mieux d'une douzaine d'années.

L'affaire est donc, comme vous le voyez, de moindre importance que le fameux urinoir mobile dont Fernandel disait, dans Topaze, avec son accent marseillais, garanti d'origine lui : « Votre histoire de pissotière à roulettes c'est pas des affaires de la poésie ! ». Tout cela ne serait que comique si les choses n'avaient pris un autre tour depuis lundi.

Dans notre étrange monde où une douzaine de revendicateurs déterminés peuvent, sans conséquence et en général avec succès face à la pusillanimité des autorités, emmerder des dizaines de milliers d'innocents citoyens pris en otages (voir les diverses grèves sans parler du "droit de retrait puisque cette procédure est devenue désormais à la mode), les "marchands de pates" aixois (des "estrangers"qui pour la plupart n'ont en rien droit à ce titre) ont décidé pour obtenir satisfaction de bloquer la circulation dans Aix-en-Provence, en y organisant des "opérations escargot" selon la procédure favorite des chauffeurs routiers qui eux n'opèrent pas en ville. Le comique de la chose et qu'il ne s'agit pas là de 32 tonnes mais d'une petite dizaine de voitures qui circulent dans la ville aux points stratégiques, à très faible allure et en klaxonnant à qui mieux-mieux, l'un et l'autre étant en principe rigoureusement interdit. Que fait la police? La réponse suit!

Moyennant quoi vu la structure de cette ville, il est impossible d'y circuler en particulier le matin quand les gens ont besoin précisément de le faire.Le pire est que la municipalité, au lieu de faire constater ces délits et de faire dresser des contraventions, se rend complice de l'affaire et fait bloquer par sa police municipale les principaux accès ou points stratégiques de circulation. On croit rêver car des voitures de police ouvrent la voie, à la même allure (mais sans klackson!), aux "convois-escargot" qui comprennent au mieux une douzaine de véhicules!

Le premier jour, la municipalité avait décidé, sans prévenir quiconque, pour empêcher, croyait-elle, tout problème, de bloquer les principales issues en faisant intervenir ses policiers municipaux, qui avaient déposé leur bicyclette au milieu de la rue pour interdire aux pauvres Aixois d'emprunter ces voies. Cela se passait de cette façon lundi, mais, dès le mardi, on avait fait appel à la police nationale avec des autocars et des voitures, ces forces de police spectatrices étant grosso modo au deux à trois fois plus nombreuses que les manifestants motorisés eux-mêmes. Le résultat a été que les encombrements ont été encore pires mais que ça a permis sans doute à un escadron de policiers ou de CRS de venir passer, aux frais de l'Etat, quelques jours à Aix en Provence qui passe pour une ville pleine d'attraits (bien à tort d'ailleurs).

Nous en sommes là, mais il semble que la municipalité ait saisi ce prétexte pour essayer de démontrer que la circulation automobile est dans cette ville une plaie pire que le réchauffement climatique, alors qu'elle n'a jamais réussi, par démagogie bien entendu, à prendre la première et la seule mesure qui s'impose pourtant depuis longtemps, c'est-à-dire interdire la circulation automobile dans le "centre historique" de la ville où il n'y a AUCUNE ZONE PIETONNE.

Ce serait raisonnable bien entendu mais risquerait de faire perdre quelques voix à la liste municipale à des élections dont on peut espérer que les événements actuels lui en feront perdre beaucoup plus.

lundi 21 novembre 2011

« C'est encore loin d'Amérique ? »

On connaît la blague, pas très drôle d'ailleurs, du fils qui demande à son père « Papa ! C'est encore loin l'Amérique ? ». Et le père de répondre : « Tais-toi et nage ! ».

Mes lecteurs fidèles (Si ! Si ! Il y en a, et même en des terres lointaines que je salue ici tout particulièrement ! ») connaissent ma ritournelle, selon laquelle nous finissons toujours par faire tout ce que font les Américains et parfois même au moment où ils cessent eux-mêmes de le faire !

Amérique à la fois fascinante et agaçante, en même temps modèle et repoussoir.

Je me fais en particulier cette réflexion toutes les fois que j'entends ou que je vois, dans nos médias, des publicités, clairement mensongères, à allure pseudo-scientifique, qui se fondent sur des chiffres et des pourcentages ; elles vous garantissent ainsi que le dentifrice Machin guérit dans 88 % des cas les maux des gencives ou que le produit en cause donne des résultats très satisfaisants dans 85 % des cas qu’il prétend traiter. En général, ce genre de mensonge est proposé d’un ton docte par un comparse dont les lunettes et la blouse blanche sont les garants de la compétence et de la scientificité.

J'ai observé toutefois qu'en général ces statistiques, de toute évidence bidon, évitent de dépasser la barre des 90 % par crainte sans doute d'être soupçonnées d'exagération. Cela me rappelle les prix affichés par les marchands de chaussures qui se terminent toujours par ,99 pour éviter d'atteindre la fatidique dizaine d'euros supérieure.

Voilà des cas pour lesquels nous devrions bien nous inspirer, comme souvent, des Etats-Unis d’Amérique. Reebok, filiale d'Adidas, a été ainsi accusée par la Commission fédérale du Commerce , la redoutable FTC, de publicité mensongère pour avoir affirmé que deux de ses modèles de chaussures de sport augmentaient de 28 % la tonicité des muscles fessiers et de 11 % celle des cuisses et des mollets, par rapport aux autres chaussures sur le marché.

Pierre Dac, parmi les métiers insolites qu’il se plaisait à imaginer, avait inscrit autrefois celui d’«essayeur de matelas » ; cet emploi devrait être compatible avec celui de « tâteur de fesses », activité pour laquelle, par crainte de poursuites en diffamation, je ne suggérerais pas ici les noms de quelques hommes politiques que vous avez tous en tête.

Devant les menaces de la FTC, le fabricant a préféré payer 25 millions de dollars pour arrêter les poursuites, tout en mettant un terme à sa publicité.

De même que les plagiats littéraires sont sanctionnés beaucoup plus durement aux États-Unis que chez nous où des auteurs connus (suivez mon regard !) ne prennent même plus la peine de lire les oeuvrettes que leurs nègres ont compilées ici ou là, ces publicités mensongères sont poursuivies avec rigueur aux États-Unis, alors qu'en France, on peut nous raconter à peu près n'importe quoi, y compris, comme dans les cas que j'ai évoqués ci-dessus, des résultats totalement invérifiables, en alléguant le témoignage de spécialistes anonymes ou inventés.

Nous-autres, à la probable différence, des Américains, peu friands de ces usines à gaz étatiques, avons pourtant un Bureau de Vérification de la Publicité très officiel, le BVP, dont on se demande bien à quoi il sert et dont il faudrait, en tout premier lieu, vérifier l’activité elle-même. Comme disait Jules César « Quis custodem custodiet ? » (je fais alterner les citations de Jules César et de ma bonne grand-mère pour essayer, en vain d’ailleurs, de titiller notre latiniste Benoît devenu muet).

Espérons que, sur ces terrains au moins, l'Amérique ne sera pas trop loin !

dimanche 20 novembre 2011

« L’ai-je bien descendu ? »



Cette phrase, devenue fameuse, a été prononcée, en 1933, par Cécile Sorel au pied de l'escalier Dorian du Casino de Paris qu’elle venait de descendre. A-t-elle été réellement reprise, ce 17 novembre 2011, par Philippe Varin, PDG de PSA (Peugeot-Citroën), au pied des marches du perron de l'Elysée, au terme de son entrevue d'une demi-heure avec le Président de la République qui l'avait inopinément convoqué, en présence de deux ministres , X. Bertrand et E. Besson? Je n'en sais rien mais elle eût été des plus opportunes!

Il faut reconnaître qu'en ce début de campagne présidentielle, l'annonce de PSA avait fait d’autant plus l'effet d'une bombe qu’elle était faite en même temps que celle d’importantes réductions d’effectifs dans les banques françaises, un secteur qui habituellement « ne connaît pas la crise » mais la provoque ! La nouvelle était pourtant déjà connue depuis un certain temps. Dès juin 2010 en effet, la CGT avait divulgué une note interne de PSA Peugeot Citroën (remarque adjacente et inquiétante : comment les patrons peuvent-ils être assez naïfs ou stupides pour croire un instant à la confidentialité de leurs « notes internes » ?). Ce texte faisait état d'un « plan de restructuration » (en « parler gnangnan » un « plan de licenciement ») qui prévoyait la suppression de 6800 emplois en Europe, dont plus 5000 en France, au bénéfice essentiel de la Chine et du Brésil. Les principaux sites visés par cette mesure étaient l'usine d'Aulnay-sous-Bois et celle de Melun (où, contrairement aux propos inconsidérés et antinationaux de feu Fernand Raynaud, on ne produit pas que le fameux « melon de Melun »). L'information n'était donc pas nouvelle, mais reprise par le Monde, dans la morosité actuelle, elle a fait sensation et provoqué, sur le champ et « omnibus rebus relictis » (comme disait Jules César), « l'invitation » du PDG, Philippe Varin à se rendre à l'Élysée jeudi 17 novembre en fin de journée.

Une fois de plus l'intervention de notre président-magicien a démontré toute sa force puisqu’on a entendu miraculeusement assurer qu'il n'y aurait ni « plan social » ni licenciements et que le chiffre de 5000 suppressions ou délocalisation d’emplois en France tomberait, dans les conditions les plus défavorables, aux environs de 2000. Loué soit le Seigneur !

Naturellement de mauvais esprits n'ont pas manqué d'ironiser, voire, pire encore, de rappeler les engagements de 2007 de faire tomber le chômage au-dessous de 5 % ou, en avril 2008, les déclarations de Gandrange qui n'ont malheureusement guère été suivies d'effet.
Comme disent, dans le même esprit, la sagesse populaire créole réunionnaise et Charles Pasqua, « papyé i porte toute » (= le papier supporte tout, donc on peut toujours écrire n’importe quoi !) et « les promesses n’engagent que ceux qui les croient » !

Au terme de l'élection de 2012, de toute façon ou le président candidat n'aura pas été réélu et ses paroles actuelles n'importent guère, ou il l’aura été sans pouvoir rêver d’un troisième mandat et il ne sera donc pas plus engagé par de telles prises de position qu'il ne l’aura été, dans le passé, par d'autres du même acabit.

Toutefois le doute subsiste quant à la déclaration de M. Varin au pied du perron de l'Élysée. Certains prétendent qu’il ne s’agissait pas là de l’escalier du perron élyséen mais du plan de restructuration de PSA qui avait été le principal sujet de discussion avec Nicolas Sarkozy et ses ministres. Philippe Varin aurait demandé, en fait, « L'ai-je bien défendu ? ». Saura-t-on un jour la vérité ?

samedi 19 novembre 2011

Montesquieu et la fraude sociale

Comment ne pas rendre hommage ici à Montesquieu, mon père en littérature, dont la pertinence des vues éclate à nouveau au moment où l'on s'attache, en haut lieu, à la traque de la fraude sociale, sans même parler des embrouilles politiques autour du Conseil général des Bouches-du Rhône?

Beaucoup ont ironisé sur le fameux passage de l'Esprit des lois où il rapporte sa fameuse expérience de la langue de mouton :
"J’ai observé le tissu extérieur d’une langue de mouton, dans l’endroit où elle paroît, à la simple vue, couverte de mammelons. J’ai vu, avec un microscope, sur ces mammelons, de petits poils, ou une espece de duvet ; entre les mammelons, étoient des pyramides, qui formoient, par bout, comme de petits pinceaux. Il y a grande apparence que ces pyramides sont le principal organe du goût.

J’ai fait geler la moitié de cette langue : & j’ai trouvé, à la simple vue, les mammelons considérablement diminués ; quelques rangs même de mammelons s’étoient enfoncés dans leur gaîne : j’en ai examiné le tissu avec le microscope, je n’ai plus vu de pyramides. A mesure que la langue s’est dégelée, les mammelons, à la simple vue, ont paru se relever ; &, au microscope les petites houpes ont commencé à reparoître.

Cette observation confirme ce que j’ai dit, que, dans les pays froids, les houpes nerveuses sont moins épanouies : elles s’enfoncent dans leurs gaînes, où elles sont à couvert de l’action des objets extérieurs. Les sensations sont donc moins vives".

Allons directement à la conclusion, majeure ici pour nous :
« Approchez des pays du midi, vous croirez vous éloigner de la morale même ; des passions plus vives multiplieront les crimes ; chacun cherchera à prendre sur les autres tous les avantages qui peuvent favoriser ces mêmes passions. ».

Fraude sociale ?

La langue de mouton ! Dans le Nord de la France, la moyenne annuelle des arrêts de travail est de jours ; descendez-vous vers le Sud, cette moyenne passe aussitôt à 28 jours ! La langue de mouton vous dis-je !

Marseille mai 2006 : descente de police dans quatre hôtels meublés du centre d'une capacité totale de 70 chambres. Sur les registres, les policiers relèvent 800 noms de clients qui, tous, habitent en Algérie ! De tels hôtels ne servent bien entendu que de boîtes aux lettres et offrent, contre rémunération, des adresses fictives pour percevoir des aides sociales ensuite transférées en Algérie (RMI, CMU, allocation logement, complément retraite, etc.). Coût total estimé à 4,4 millions d'euros ! Vive la France…et la langue de mouton !

Toujours Marseille! En quatre ans les affaires maritimes y ont vendu 4 ou 5000 faux permis bateaux ! A 1500 euros pièce, voilà des affaires qui marchent! J'espère que les accusés sauront invoquer la fatalité de la langue de mouton!

Il en est de même en politique ! Voyez l’affaire du Conseil général des Bouches du Rhône où elle est loin d’être la première. Montesquieu nous avait bien prévenu : « Approchez des pays du midi, vous croirez vous éloigner de la morale même ». Rien à reprocher au Parti socialiste marseillais. Tous est arrivé par la faute du climat. La langue de mouton vous dis-je ! Avec peut-être un peu aussi le déterminisme géographique et social (toujours la langue de mouton !).

Climat et géographie : si Jean-Noël Guérini affirme n’avoir aucun lien de parenté avec les fameux frères Guérini d’antan (Antoine et surtout Barthélémy dit « Mémé »), force est de constater qu’ils sont tous originaires du même village de Haute Corse et les familles y étaient nombreuses ; Calenzana, berceau des Guérini, comptait moins de 1000 habitants lors de la naissance des deux frères actuels. On est sur ce point étonné que la notice du Who’s Who que Jean-Noël Guérini a rédigé pour l’article qui le concerne, ne comporte pas la moindre mention de la filiation, toujours sollicitée et présente en pareil cas !

Pour le politique, il en va de même, avec en plus la langue de mouton. Mémé Guérini et Antoine « opérèrent » (je n’ose dire « militèrent ») dans les rangs de la SFIO et furent dans la mouvance de Gaston Defferre. Ces choses-là ne s’oublient pas, même à la SFIO. Quelle meilleure introduction, à la génération suivante pour un Jean Noël Guérini? A 26 ans, sans formation ni occupation bien précises ( il est un moment, par hasard bien entendu, employé à l’office HLM et délégué syndical FO !), il est déjà élu conseiller municipal sur la liste de Gaston et sera bientôt maire d’arrondissement.

La langue de mouton n’a pas que des inconvénients, que diable !

vendredi 18 novembre 2011

Oceano mox

« Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis ? »

Qui, dans son enfance, n’a pas appris les premiers vers (dans nos écoles primaires, on dit désormais « l’incipit » !) d’ « Oceano nox » de notre grand Victor ? Excusez la faute d’orthographe de mon titre, provoquée, à n’en pas douter, par la présence obsédante dans nos médias d’un « mox » dont nul n’avait jamais entendu parler.
François Hollande, comme les marins du poème de Victor Hugo, va-t-il se perdre dans sa course aventureuse vers la présidence pour cette simple histoire de mox dont on nous fait un fromage, peu comestible il est vrai?

Il faut dire que certains s'en réjouissent déjà et pas toujours dans les rangs de ses adversaires ! Je voyais encore hier Noël Mamère, la moustache frémissante d'espérance, évoquer l'absence et, peut-être au-delà, la bouderie de Mme Eva Choly et un possible retrait de sa candidature à la présidentielle. Cela ne pouvait que lui rappeler de bons souvenirs, puisqu'il y a, quelques années, alors qu'il avait juré ne jamais être candidat, il s'était précipité sur les talons d'Alain Lipietz pour prendre sa place, le dernier mot de son annonce de retrait à peine prononcé. En voilà un qui devrait avoir un acquis en matière de mox puisqu'au bon temps où il était encore « journaliste-sic », il faisait des ménages, aussi juteux qu’insolites, dans l'industrie nucléaire, ce qu'il paraît avoir oublié.

Bref revenons à notre poème et à notre mox.

On s’interroge de toutes parts sur le revirement, soudain et inexplicable, du parti socialiste qui, après avoir accepté le texte commun sur le mox, à 17 heures 30, l'a durant la nuit rayé du document commun préparé et signé. Toutes les hypothèses sont avancées, depuis la perfidie socialiste jusqu'à l'inconscience écologiste.

On parle d'un mystérieux coup de téléphone d'AREVA et/ou d’EDF au parti socialiste pour lui faire enlever le paragraphe. Je crois, mais c'est une conviction personnelle que les choses sont beaucoup plus simples et qu’on nous cache une vérité qui ne montre, en fait, que la nullité des uns et des autres. Sortons donc le mox de la nox !

Il ne s'agit donc, à mon sens, que de l’incompétence des deux parties.

Pour les écologistes la fin du mox était liée à l'arrêt de l'EPR qui en nécessite pour son fonctionnement. Arrêter la production de mox voulait donc dire arrêter le projet EPR (ce qui pose d'ailleurs des problèmes contractuels, ne serait-ce qu'avec la Finlande, où l'on s'est engagé dans une construction dont le coût a déjà doublé et qui est fort en retard au plan de l’exécution).

Pour les socialistes, qui veulent poursuivre la construction de l'EPR, (« sous réserve de l'absence de risque », argutie comique qui revient à dire qu'on pourra faire n'importe quoi car on peut toujours invoquer un risque quelconque en pareille matière), on ne produirait le mox que pour l'achèvement et le fonctionnement de ce programme EPR.

Mais ce que ne savaient apparemment ni les écologistes et les socialistes, c'est que le fameux mox n'est pas seulement indispensable pour les EPR mais l’est également pour les centrales nucléaires les plus récentes que l'on envisageait, dans ce même accord, de maintenir en activité, puisque la fermeture n'était prévue que pour vingt-quatre d'entre elles, les plus anciennes probablement donc celles qui ne fonctionnent pas au mox.

Bravo la compétence ! Il est donc probable que le PS a eu un coup de téléphone de l'EDF ou d'AREVA ou du CEA (ne serait-ce pas notre cher Olivier dont on aimerait avoir l’avis sur tout ça?) ou de tout organisme informé. Le but n’était pas forcément d’exercer une pression « politique » sur le détail d'un texte, dont on ne connaissait probablement pas la teneur exacte mais de prévenir qu'il était impossible en tout état de cause de ne pas maintenir une production de mox, ne serait-ce que pour les centrales récentes dont on oubliait, de toute évidence, que leur fonctionnement en EXIGEAIT.

Les petits arrangements entre amis, dont Mme Duflo semble être le bénéficiaire le plus connu, ne sont donc qu'un aspect très limité du problème, essentiel en revanche pour les candidats. La vraie inquiétude qu'on peut avoir se situe au niveau de la compétence dans des matières où nos politiques se mêlent d'intervenir sans y rien connaître.

Quant à nos journalistes, ils sont égaux à eux-mêmes, c’est-à-dire nuls. Alors que tous se gargarisent sur l’indépendance nucléaire de la France, je n’en ai pas entendu un seul modérer cet enthousiasme en évoquant l’origine de cet uranium dont nous ne pouvons pas plus nous passer que du pétrole (et même moins encore sans doute, car, dans ce cas, les sources d’approvisionnement sont plus nombreuses et plus diverses et, par là même, moins risquées). Nous ne sommes plus au bon vieux temps de la Françafrique de grand’papa et quelques millions à l’AQMI ou quelques valises de billets ne permettront peut-être, pas à tout jamais, de nous alimenter en mox !

mercredi 16 novembre 2011

Le hasard est malicieux!

Pour un blogueur amateur de base comme moi, il est des jours d'étiage de sujets et d'autres d'abondance. Nous sommes en ce moment dans une phase de richesse et, alors que j'écoutais en voiture, les chaînes d'informations du matin, deux interventions que le hasard avait rapprochées m'ont amusé un instant.

La première était une publicité pour Citroën, suite à la victoire de Sébastien Loeb dans je ne sais quel rallye automobile qui lui faisait remporter, pour la huitième fois, le championnat du monde des rallyes. Certes, j'ai cru comprendre que seulement sept de ses victoires, étaient à porter au au compte de la marque Citroën. Néanmoins, celle-ci se flattait de ces succès, preuve de sa technicité, entonnant à sa propre gloire un chant de triomphe.

À peine ce message publicitaire était-il achevé qu'au cours du bulletin d'informations qui le suivait immédiatement, on nous donnait la confirmation que plus de cinq mille emplois allaient être supprimée en France chez PSA en particulier dans l’usine Citroën d’Aulnay-sous-Bois. On ne faisait pas mystère, du côté des hautes instances de la marque, que ces emplois allaient être transférés en Chine et au Brésil. Plus inquiétant encore, on apprenait que, dans ces pays, on n'allait pas seulement serrer les boulons et astiquer les chromes, comme on le fait habituellement, mais que des services de recherche et développement allaient y être transférés également ce qui est beaucoup rare et par là plus important.

La situation est donc pire encore que celle qu'on observait autrefois (et peut-être est-elle encore la même) au Canada, où, à cause des lois sur la francisation des entreprises, on serrait les mêmes boulons au Québec tandis qu'on transférait en Ontario et sièges sociaux et les centres de recherche.

Au-delà de l'ironie du destin, sensible dans un tel rapprochement, j'ai songé à ce moment à une observation que je fais sur une voiture que je possède, une Nissan Micra, que j'ai achetée il y a trois ans, en raison surtout de la constante satisfaction que j'avais connue avec un précédent véhicule du même modèle, une Micra que j'avais gardée, sans problèmes ni ennuis, une grosse douzaine d'années. Une jeune automobiliste, aussi inexpérimentée que débile, (on se demande ce qu'on apprend au permis de conduire quand on voit en général le comportement automobile des jeunes conducteurs qui affichent sur l'arrière de leur voiture leur caractère néophyte) me l’avait emboutie, en franchissant une ligne jaune continue après être sortie d'une station-service (donc au prix d'une double attraction majeure). Cette voiture ne m’avait causé aucun problème au cours de la longue période pendant laquelle j'en avais fait usage.

Il en est tout autrement pour celle, en principe en tous points identique, que j'ai achetée dans la suite . La peinture extérieure est de si mauvaise qualité que la plus petite pression (sans parler même de chocs) l'enlève ; toutes les parties en plastique (fort nombreuses) sont de la plus mauvaise qualité, sans parler des accessoires, de fabrication tout aussi médiocre.

La différence est très simple et tient à ce que la première de ces Micras avait sans doute été fabriquée au Japon, tandis que la seconde l’a probablement été dans je ne sais quel pays de l'Europe de l'Est. Je pense qu'il en sera de même désormais pour les voitures de la marque Citroën et il est donc peu probable que le Loeb des années futures remporte une victoire sur des véhicules Citroën d'origine chinoise, brésilienne ou moldovalaque.