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lundi 21 janvier 2013

Usbek en Pologne

DZIEN DOBZY
DZIEKI ZNAJOMEJ POLCE MOGE PODZIEKOWAC LEKTOROM
POLSKIM ZA ZWIEDZANIE MOJEGO BLOGU
POZDROWIENIA !!!

Comment le fait, tout soudain et inexpliqué, d'avoir eu, dans la semaine qui vient de s'écouler et, en quelques jours, plus de 100 visites de lecteurs de Pologne, peut-il ne pas tourner la tête d'un pauvre blogueur persan comme moi. J'ai donc sollicité une de mes amies polonaises pour m'écrire, dans cette langue polonaise dont j'ignore tout, quelques mots de remerciement à mes honorables lecteurs et mes distinguées lectrices. J'espère qu'elle ne m'a pas fait une blague en y mettant, en guise de remerciements quelques propos peu amènes pour les premiers ou salaces pour les secondes !

Les statistiques permanentes de Google, fort bien tenues et des plus vigilantes, nous réservent des surprises et j'en ai eu une hier puisqu'en milieu de journée, j'avais eu 37 visites de Pologne contre 30 de France!

Le lectorat français voire francophone est sans problème bien entendu, mais on a affaire à trois phénomènes des plus étranges.

D'une part un lectorat aux États-Unis qui est constitué essentiellement de gens qui ne lisent sans doute pas les textes mais sont en quêye d'adresses de blogs et en profitent pour vous inonder de messages sous forme de commentaires, généralement commerciaux et mercantiles ou destinés à les attirer dans les blogs des auteurs de ces messages.

Un deuxième lectorat, plus étrange que le premier dont les mobiles sont parfaitement évidents quoi que ce bombardement soit insupportable, est constitué par des lecteurs souvent isolés mais qui sont situés dans d'étranges contrées, qui vont de la Namibie aux Iles  Cook et qui, dans la plupart des cas, sont des visites qui ne se reproduise plus dans la suite.

Un troisième lectorat est constitué par des arrivées massives et inattendues, sans rapport avec le sujet du texte. Ainsi, parfois plusieurs dizaines de lecteurs surgissent de pays lointains, l'Australie par exemple, ou proches, comme l'Allemagne, où j'ai habituellement quelques lecteurs qui sont, pour la plupart sans doute,des gens que je connais. Il peut soudain s'y trouver, sans qu'on distingue la moindre cause à ce mouvement, plusieurs dizaines de lecteurs qui disparaitront tout aussi vite.

En dehors de ces phénomènes qui sont à la fois sporadiques et relativement peu nombreux, le lectorat de ce blog est constitué, pour l'essentiel je pense, par des amis que j'ai dans différents pays exotiques comme le Canada, la Belgique, les aires créolophones et l'Afrique, La Russie est un cas à part car je pense que les lecteurs de mon blog qui y apparaissent sont en réalité des lecteurs d'Expat qui est assez aimable pour signaler mes articles, même si nous ne sommes sans doute pas toujours d'accord sur leur contenu.

À demain donc pour un blog plus conforme à mes habitudes. Et encore merci à toute la Pologne ... en français cette fois !

COMMENTAIRE

Anonyme a ajouté un nouveau commentaire sur votre message "Usbek en Pologne" :

Évidemment j'ai immédiatement confié le texte en polonais au traducteur de Google qui :
1/ propose quelques ajustements orthograqphiques :
"Essayez avec cette orthographe : DZIEN DOBRY DZIEKI ZNAJOMEJ POLCE MOGE PODZIEKOWAC LEKTOREM POLSKIM ZA ZWIEDZANIE MOJEGO BLOGU POZDROWIENIA !!!"
2/ traduit :
"DOBZY JOUR
MERCI étagères, je peux remercier un ami d'annonceurs
POLONAIS POUR VISITER MON BLOG
MEILLEURS VOEUX!"

Pour reprendre un calembour passé de mode les Polonais sont donc logés à la même enseigne que nous, chacun se demandant : Mon Dieu, dans quel état j'erre ?
COMMENTAIRE DU COMMENTAIRE

Je suis pleinement responsable des fautes de lecture ou plutôt de reccopiage !

DERNIERE MINUTE ; CE MATIN LA POLOGNE MENE DEVANT LA FRQNCE DE ONZE VISITES /

dimanche 20 janvier 2013

Université et recherche : Rapport Le Déaut (2013)


 
Je n'irai pas jusqu'à vous conseiller la lecture de ce volumineux rapport " Refonder l'université. Dynamiser la recherche. Mieux coopérer pour réussir"; il a été "remis à Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, le 14 janvier 2013, par Jean-Yves Le Déaut, Député du bassin minier de Lorraine". Ce texte est aisément disponible sur Internet et facilement convertible en Word ce qui n'est pas désagréable.

Monsieur Le Déaut n'étant pas forcément connu de tous les lecteurs, je vous livre donc un extrait de sa biogra phie qui figure en fin de ce rapport : "Député depuis 25 ans d’une circonscription de Meurthe-et-Moselle, Jean-Yves Le Déaut est actuellement Premier vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), dont il a assuré trois fois la présidence depuis 1989. Depuis 2004, il est aussi Premier vice-président du Conseil régional de Lorraine, délégué au Développement et à la Mobilisation économique (Innovation, Recherche, Enseigne­ment supérieur). Il appartient par sa formation initiale à la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche, puisqu’il est docteur es sciences en biochimie, et professeur des universités. Il a dirigé le laboratoire de biosciences de l’aliment, et l’unité de sciences biologiques de l'université de Nancy.
Dans le cadre de l’OPECST, il a réalisé quelque 11 études, concernant lesbiotechnolo­gies, mais aussi les énergies renouvelables, la société de l’information et la gouvernance de l’Internet, ou encore des questions au cœur des controverses entre la science et la société comme les déchets nucléaires, l’amiante, les OGM, le chlordécone. Son dernier rapport, publié en janvier 2012, a concerné l’innovation face aux peurs et aux risques, thème sur lequel il assure depuis plusieurs années un enseignement à Sciences Po Paris."
Parmi les multiples activités de J.Y. Le Déaut, cette dernière référence n'est sans doute pas la meilleure dans le climat que connaît l'institution citée! Toutefois, on doit aussi admettre que toutes ces tâches, aussi diverses que multiples, ont dû quelque peu éloigner le rapporteur des réalités de l'université française, même s'il est clair qu'il n'oublie jamais ni la Lorraine ni les biotechnologies. On le sait dès l'épigraphe un peu insolite de son texte « Des mines de fer ... aux mines de matière grise »... en passant, mine de rien, par les mines de sel ?

Je ne signalerai toutefois ici que quelques points de ce long rapport qui ont attiré mon attention au cours de la lecture cursive que j'en ai faite dans un premier temps. Je ne les classe nullement ici par ordre d'importance mais en fonction de la place que les points évoqués occupent dans ce texte de près de 170 pages.

La question des étudiants étrangers.

L'auteur du rapport remarque avec fierté que "notre pays demeure bien placé en termes d'attractivité : nous accueillons aujourd'hui 284 000 étudiants étrangers. Ces derniers représentent 12 % de nos effectifs et ce pourcentage s'élève à plus de 40 % au niveau du doctorat. Cette performance nous place au troisième ou quatrième rang mondial selon les années. Nous devons veiller à conserver cet atout".

Je serais moins enthousiaste et j'ajouterais une ou deux remarques à ce constat qui marque une si vive satisfaction sur ce point. Par expérience, j'ai observé que bon nombre d'étudiants étrangers, en particulier originaires du Sud, de l'Est ou du Moyen-Orient, sont en fait de faux étudiants ; ils trouvent, dans l'inscription dans nos universités, un moyen commode et peu coûteux à la fois de bénéficier de la sécurité sociale et surtout d'obtenir une carte de séjour.

C'est tout particulièrement vrai au niveau du doctorat, ce qui explique d'ailleurs aisément que le pourcentage d'étrangers s'élève alors à 40 %. Bien entendu, bon nombre de ses étudiants étrangers ont, par ailleurs, un travail illicite qui leur permet de subsister, car leurs pays d'origine n'entretiennent guère les boursiers sur un grand pied ...quand ils ont des bourses. Bien entendu aussi, beaucoup d'entre eux ne parviennent pas jusqu'au terme de leurs études et ils ne s'en soucient guère. Les récentes dispositions pour contrôler et limiter le nombre des inscriptions auront sans doute des effets heureux en la matière.

Il y aurait beaucoup à dire sur le passage du rapport qui concerne les doctorats et plus globalement l'enseignement des sciences "dures" (SSM). Ce point mériterait à lui seul un long développement particulier, car on se trouve en présence de conséquences; parfois fâcheuses, de la prétendue recherche de l'harmonisation enropéenne et, au delà, du fameux processus de Bologne qui visait, en particulier, à harmoniser par le haut les études doctorales en Europe, alors que, dans les faits, rien n'a changé, comme j'ai eu l'occasion de l'évoquer précédemment, avec, par exemple, particulier le cas des co-tutelles franco-allemandes ; se posent, vu les différences de procédures, des problèmes complexes qui vont bien au-delà du port de la toge ou des formules latines des thèses hollandaises!

Le problème a commencé dès 1984 ; auparavant, l'accès aux fonctions de professeur des universités était, en France, strictement conditionné par la thèse de doctorat d'État que de nombreux pays d'Europe nous enviaient. La loi Savary a remplacé le doctorat d'État, dans les faits, par l'imposture du "diplôme d'habilitation à diriger des recherches", l'HDR. Le mot "habilitation" lui-même n'était qu'un calque abusif de ce que les Allemands appellent ainsi mais qui fait suite au doctorat et surtout exige du candidat la rédaction d'une seconde étude, plus importante que la thèse et sur un sujet tout différent, qui doit être soutenue devant un jury similaire à celui du doctorat. Seul ce très gros travail supplémentaire (Privatdozent en Allemagne) ouvre au professorat d'université. Rien de tel avec notre HDR ! L'accès au professorat d'université est bien plus difficile en Allemagne qu'en France, ce qui explique d'ailleurs le nombre des candidatures d'Outre-Rhin à des postes français vacants! Sur ces questions, le rapport contient diverses erreurs sur lesquels je ne reviens pas car j'ai eu l'occasion de les signaler.

En fait, le rapport traite à mon avis fort mal par manque de hauteur de vue ce que souligne le nombre extravagant au "code de l'éducation" dans un texte qui se veut de réflexion et de prospective.

La question des sciences dures à l'université illustre cet aspect. Pour les sciences de la structure et de la matière qui en sont le coeur, la concurrence initiale entre les classes préparatoires (les "prépas") qui, d'emblée, attirent désormais TOUS les très bons et bons étudiants, fait que les filières universitaires ne recueillent que les celles et ceux qui n'ont pas réussi à se faire admettre dans l'une des multiples classes préparatoires qui existent maintenant avec la prolifération des écoles d'ingénieurs. Comment s'étonner de la médiocrité des docteurs issus directement d'un tel système universitaire où les meilleurs éléments, qui sont tous issus des grandes écoles comme tous nos Prix Nobel et Médailles Fields, ne viennent à l'université que pour y inscrire leurs thèses ?

La solution proposée par J-Y Le Déaut me paraît très insatisfaisante, car, en fait, rien n'empêche actuellement les élèves des classes préparatoires de s'inscrire à l'université, ce que faisaient autrefois tous les élèves qui, dans les classes préparatoires littéraires à la rue d'Ulm (hypokhâgnes et khâgnes), s'inscrivaient systématiquement à l'université sans jamais y mettre les pieds et y passaient la propédeutique (ou, dans la suite, le DUEL ou le DEUG selon les époques), puis des certificats de licence, car chacun savait qu'ils n'intégreraient pas tous "l'école" ! Certains "khâgneux" qui faisaient trois années de khâgne (« les cubes ») et étaient parfois, de ce fait, titulaires d'une bonne demi-douzaine de certificat de diverses licences (car on ne pouvait entrer à "l'école" avec une licence complète!), pour lesquels il n'avait jamais suivi le moindre cours à l'université, se contentant des enseignements qu'ils recevaient dans les classes préparatoires. De ce fait, ils n'avaient ensuite aucune difficulté à regagner le système universitaire lui-même, où ils étaient même souvent, vu l'excellence de leur préparation, quatre années durant, les meilleurs éléments.

On espère que la solution proposée par Monsieur Le Déaut n'est pas simplement inspirée, comme on peut le croire à certains propos, par l'idée de tirer 180 € par an aux élèves des classes préparatoires pour alimenter les budgets d'universités où ils ne se rendent jamais !

Je reviendrai sur ce texte mais je vous allèche dès maintenant par quelques perles ou curiosités de ce texte.

Le rapporteur croit aux vertus du verbe comme le montre son goût pour les changements de noms dont on pense qu'ils changeront aussi les choses. Un exemple : "Je propose de donner à la structure de coopération l'appellation de "communauté d'universités" et non celle de "grande université".". Le gras est d'origine et marque l'importance attachée à la formule !

Pour conclure ce blog une dernière formule du rapport, parmi les meilleures :

« Quand on a un socle qui est gravé dans le marbre [sic], il faut donner de la souplesse et le droit d'expérimenter ».

On regrette le nombre excessif de fautes dans ce texte, à commencer par la première ligne de la première page du rapport où, dans les remerciements (page VII), la ministre compétente, Madame Fioraso, est prénommée "Geneviive"!

vendredi 18 janvier 2013

FMI et crise : Au fou!


Connaissez-vous Olivier Jean Blanchard ?
Pas grave. J'ai consulté pour vous Wikipedia et vous en livre l'essentiel.
"Olivier Jean Blanchard est né le 27 décembre 1948 à Amiens. Ancien étudiant en économie et en mathématiques à Dauphine et Nanterre, il décide de partir faire un doctorat au MIT quand il se rend compte, bien qu'il ait été en DES, qu’il y avait beaucoup de « trous » dans ses connaissances. Il obtient son doctorat (PhD) en sciences économiques au MIT en 1977 sous la direction de Stanley Fischer.
Après sa thèse, il enseigne à Harvard, comme "Assistant professor" de 1977 à 1981, comme "Associate professor" de 1981 à 1983. En 1983, il part enseigner au MIT, comme "Assistant professor" jusqu'en 1985, comme "Professeur" par la suite. Il y a été directeur du département d'économie de 1998 à 2003.
Classé parmi les néo-keynesiens, il est un spécialiste de l’économie du travail (nature du marché du travail, rôle des institutions, origine du chômage) ; il a beaucoup travaillé sur la situation du chômage en Europe. En 1986, il a proposé un mécanisme d'hystérèse. Il a étudié également le rôle de la politique monétaire et la transition des anciens pays socialistes vers l’économie de marché. Il s'est enfin illustré dans la politique budgétaire en approfondissant la question des déficits et des dettes publics.
Il a été membre du Conseil d'analyse économique, de 1997 à 2008, auprès de l'ancien premier ministre français, Lionel Jospin. Olivier Blanchard est membre du conseil de l'Econometric Society et de l'American Academy of Arts and Sciences. Il a aussi été vice-président de la plus importante association d'économistes en Amérique du Nord, l'American Economic Association. Il a agi à titre de conseiller économique pour plusieurs pays et organismes nationaux et internationaux tels que l'European Economic Policy Forum Panel.

Il est conseiller auprès de la FED de Boston et de la FED de New York. Il est depuis 2006 membre du conseil scientifique de l'école d'économie de Paris. Depuis le 1er septembre 2008, il est  chef économiste au Fonds monétaire international (FMI).

Proche du Parti socialiste français, il se définissait en 2008 « très à gauche en 1968 avant de devenir social démocrate en apprenant l'économie et attendu 20 ans que le Parti socialiste ne le devienne[1] ».

Il a néanmoins apporté son soutien à Nicolas Sarkozy (UMP) dans la campagne présidentielle de 2007 en France[7], mais a critiqué par la suite certaines mesures du « paquet fiscal. » Il continue, avec quelques autres économistes, à conseiller le président Nicolas Sarkozy."

Le Pourquoi du Comment ?
Je vous renvoie pour ça à "Marianne.net" du jour dont je ne vous donne que le début, essentiel en la circonstance.
"L'aveu est incroyable, presque inimaginable. Quatre ans après le déclenchement de la Grande Crise qui secoue les économies occidentales avec une violence sans égale depuis 1929, l’un des plus grands économistes de la planète, en l’occurrence le directeur du département Recherche du Fonds Monétaire International, vient de publier un rapport dans lequel il avoue que le FMI - et avec lui, l’ensemble des dirigeants européens, ministres des finances, Banque centrale, Commission européenne… – ont gravement sous-estimé les effets néfastes des politiques d’austérité infligées aux Etats les plus endettés.

Oui, vous avez bien lu : Olivier Blanchard, l’une des sommités économiques les plus renommées au monde, admet noir sur blanc, dans un rapport de 43 pages rendu public le 3 janvier dernier, que le FMI s’est trompé sur toute la ligne. Et la faute provient d’une simple erreur de calcul, sur un coefficient bien connu dans la discipline : le multiplicateur".

Pincez-moi que je me réveille !

jeudi 17 janvier 2013

Pilules et boulettes

Du Mali à la pilule en passant par le mariage gay, les sujets se multiplient dans nos médias, mais la qualité de l'information ne s'en améliore pas pour autant.

Je relevais hier la boulette géographico-journalistique de J.J. Bourdin, un des ténors de notre PAF (que Ruquier avait renoncé à employer car il demandait, a-t-on dit, 5000 euros par prestation!) et qui confond le Niger et la Somalie ; je ne suis pas sorti plus édifié du spectacle d'une partie de l'émission de Calvi, hier 16 janvier 2013 à 17h45, où le sujet était les fameuses pilules contraceptives de troisième et quatrième générations. Elles semblent, en effet, en mesure de susciter de graves problèmes cardio-vasculaires chez certaines des femmes qui les prennent.

Les intervenants étaient comme toujours assez prudents voire lénifiants : un gynécologue qui était comme on dit à la Réunion « comme un chat dans un arrosoir » c'est-à-dire très mal à l'aise ce qui se comprend, une pharmacienne qui ne pouvait pas dire grand-chose, un journaliste spécialisé qui marchait un peu sur la pointe des pieds même s'il avançait, de temps en temps, quelques points de divergence et une sociologue de l'INSERM qui était la seule un peu courageuse, sans toutefois aller jusqu'à faire trembler les vitres des labos pharmaceutiques.

Je vous passe les détails du risque qui a été désormais répété partout ; la pilule de deuxième génération posait des problèmes de ce genre à deux femmes sur 10 000 (ce qui est assez peu je vous l'accorde ... sauf pour celles à qui ça arrive!) tandis que celles de troisième et de quatrième générations ont fait passer ce type de risque à 4 sur 10 000 ce qui reste toujours très peu, mais double quand même le risque.

On nous a noyé sous les considérations scientifiques vaseuses, d'où il ressortait qu'en gros, il n' y avait à peu près aucune différence entre les pilules contraceptives de deuxième génération qui donnaient assez satisfaction pour continuer à être très utilisées et celles de troisième et quatrième générations. Comme le genre du blog est, par définition, court, je vous la fais courte comme toujours.

Je savais la vérité sur tout cela pour l'avoir entendue de la bouche même d'une autorité incontestable qui est celle du professeur Robert Debré que j'avais entendu par hasard sur RMC, dans "les grandes gueules", quelques jours auparavant. Il y expliquait, de façon lumineuse, l'existence de ces quatre générations de pilules contraceptives, de toute évidence très voisines. Elle tient essentiellement, selon lui, à ce que, lorsque les pilules de deuxième génération n'ont plus été protégée par leurs brevets et ont donc autorisé la production de ce qu'on appelle aujourd'hui des "génériques", de coûts moindres, les laboratoires, pour maintenir voire accroître leurs bénéfices, ont inventé des pilules de troisième génération et, lorsque ces pilules de troisième génération ont elles-mêmes atteint le seuil fatidique de réduction de leur profitabilité, on a créé des pilules de quatrième génération selon le même principe,... en attendant la cinquième !

Cette argumentation me paraît à la fois logique, fondée et convaincante. On a évoqué également dans cette même émission le rôle des visiteurs médicaux qui, évidemment font la "formation" des gynécologues et surtout la publicité des laboratoires qui les emploient. C'est à la fois efficace, logique et commode pour des médecins qui apparemment, comme le disait le gynécologue de service, « travaillent 12 heures par jour » (les pauvres !) et n'ont donc pas, de ce fait, le temps de s'informer. Si l'on ajoute à cela quelques croisières touristiques (déguisées en colloques) offertes par les labos pour les prescripteurs les plus efficaces, on comprend facilement le succès d'un médicament nouveau.

Un autre point évoqué (la France est la championne du monde de l'utilisation des pilules contraceptives avec 70 % des femmes qui les emploient contre 30 % aux États-Unis) a été l'évocation des plus discrètes (le gynécologue n'en a rien dit !) d'autres modes de contraception, qu'on évoque toujours et partout de façon vague ...sans jamais les préciser.

L'un d'entre eux est le stérilet qui a l'avantage d'être un simple tortillon de plastique qui ne risque donc pas d'avoir les graves effets secondaires cardio-vasculaires qu'entraînent les pilules mais qui a, pour les labos, l'immense inconvénient de ne coûter pratiquement rien et d'avoir une durée de vie qui est celle de la matière plastique donc, hélas, éternelle.

La sociologue de l'INSERM, la seule à en parler, ajoutait d'ailleurs que la légende très répandue (et que les médecins gynécologues se gardent de combattre) est qu'on ne peut mettre ces stérilets qu'aux femmes qui ont déjà eu un enfant. C'est totalement faux. Il y a là, en réalité, une méthode de contraception très efficace et très simple mais qui présente l'immense inconvénient d'être très peu coûteuse et de ne rien rapporter aux labos, à la différence des pilules dont se vendent chaque année des centaines de millions!

mercredi 16 janvier 2013

Otages : la meilleure du jour. Honni soit qui Mali pense (suite)

9h08 sur radio "bignoles" RMC, Jean-Jacques Bourdin exprime son indignation devant la manœuvre des shebabs qui veulent organiser la mise en scène de l'exécution de l'otage français qui est sans doute déjà mort. Bourdin, avec ces accents d'indignation dans lesquels il excelle et dont il use de plus en plus à tout propos, annonce solennellement que, pour lutter contre cette ignoble propagande, il ne dira plus un mot à propos de l'otage de… Niamey.

Notre spécialiste, après tout, ne confond guère que le Niger avec la Somalie et il y a que quelques milliers de kilomètres entre Niamey et Mogadiscio. J'admets que tout le monde peut se tromper, mais non seulement il ne s'en rend pas compte mais nul ne s'aperçoit de cette bourde (c'est, de sa part, le cas de le dire !) dans son entourage de jouvenceaux hilares et débridés le matin, sans doute faute même, par ignorance de la géographie, de la percevoir.

Cette information étant sinon la plus importante du moment du moins la plus scandaleusement comique, je vous la livre immédiatement et je reviendrai un peu plus tard sur les affaires maliennes pour lesquelles il y a pas mal à dire

11 heures

Honni soit qui Mali pense (suite)

« L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme ».

Si ce vers de Victor Hugo figure dans le récit de la bataille de Waterloo (ce n'était pas Grouchy mais Blücher !), les choses sont en train de changer au Mali où l'opération "Serval" est à géométrie des plus variables. Entre nous, drôle de nom pour une opération que celui d'un mini-félin africain plus proche du chat que de son lointain cousin le lion, qui ronronne (comme le chat ce que ne fait pas le cousin léonin), qui crache et surtout pisse toutes les deux minutes !

Les militaires en retraite érigés en experts (certains ont même ouvert boutique) ne quittent plus écrans et micros. Selon eux, comme selon notre Président, l'intervention française devait se situer au plan purement logistique et ne mettre guère en œuvre que des troupes françaises stationnées en Afrique, au Tchad ou en Côte d'Ivoire. Or voilà que nos médias se précipitent sur les mamans et les papas de militaires qui s'envolent toutes affaires cessantes pour Bamako ; on nous annonce soudain que 2500 soldats français seront engagés dans une opération qui n'a plus rien de purement logistique. Si l'on ajoute qu'un nombre égal de soldats africains serait envoyé au Mali par la Communauté de l'Afrique de l'Ouest, ce n'est pas moins de 5000 ou 6000 hommes que vont devoir affronter le pauvre millier de désormais "terroristes" qui occupaient le Nord et que les bombardements auraient poussés à attaquer désormais le Sud..

Pour être simple et pour ceux qui sont peu familiers avec la géographie du Mali, assez étonnante d'ailleurs, cet Etat a la forme d'un immense sablier dont la partie haute (le Nord) est bien plus grande que le Sud. Les djihado-terroristo-indépendantistes qui, jusqu'à présent, ne se tenaient que dans la partie haute du sablier ont désormais franchi son rétrécissement médian, en attaquant en particulier Diabali qui est situé à l'ouest de Mopti, seule ville importante qui se situe, en gros, juste sur la partie rétrécie du sablier malien.

On peut certes s'interroger sur les raisons qui ont poussé les troupes du Nord à franchir cette limite Nord-Sud et à attaquer le Sud. Nos retraités militaires devenus experts comme un certain nombre de prétendus spécialistes du Mali suggèrent qu'il y a là une erreur stratégique de leur part, ce que, personnellement (en tant que "marsouin" deuxième classe de réserve), je ne crois absolument pas. Ces prétendus experts soulignent que les premières frappes aériennes françaises sur les villes du Nord occupées qui les auraient poussé à ces attaques. Je n'en crois rien, pour la simple et bonne raison, qu'elles ont semble-t-il commencé avant ces frappes qui n'ont été qu'une riposte. En réalité, les responsables militaires de ces islamistes ont choisi d'attaquer le Sud pour donner un but militaire et idéologique à leurs troupes, qui, depuis quelques mois, ne cessaient de s'opposer voire de s'affronter entre elles. C'est d'ailleurs là l'analyse de ce journaliste anglophone que je citais hier et qui me paraît plus raisonnable que nos prétendus experts.

Les troupes maliennes ont une fois de plus montré à Diabali leur totale incapacité à résister à des soldats expérimentés bien armés. En revanche, le combat tend à devenir désormais très inégal tant sur le plan du nombre (5000 ou 6000 hommes du côté de Bamako contre un gros millier chez les nordistes) comme des armements (les Français disposent probablement d'une centaine de véhicules lourds, dont des chars d'assaut qui d'ailleurs ne semblent pas une arme très adaptée aux configurations du terrain, sans parler - et je l'ai vu de mes yeux - des missiles anti-chars dont on voit mal l'utilité !). Ajoutons-y l'armada aérienne qui rendrait la lutte totalement inégale, si elle se déroulait sur un terrain favorable à de telles actions. En fait, et on le voit déjà, il est infiniment probable que les nordistes vont engager le combat sur celui de la guérilla dans un terrain qui leur est parfaitement familier.

Ce qui est le plus curieux dans cette affaire est le début de la "guerre psychologique" et là aussi nous sommes bien armés avec les "conseillers médias" de nos forces !  On peut l'observer, à travers en particulier des médias mauritaniens qui sont favorables aux islamistes du Nord ; on y parle déjà, en effet de "retraits tactiques" ou de "replis stratégiques", lorsque ces troupes du Nord sont obligées de se replier devant les bombardements et bientôt les assauts. Tout cela cela fait penser à la propagande allemande de la Deuxième Guerre Mondiale où les déculottées teutonnes sur le front de l'Est devenaient, dans les médias hitlériens ou vichystes, des "replis sur des positions préparées à l'avance »!

Quant aux frappes et aux bombardements, c'est une arme à double tranchant. Si dans les bombardements de Gao et deTombouctou, on a parlé d'une centaine de morts chez les combattants djihadistes, il est peu probable que les populations civiles aient été totalement épargnées ; il semble, en tout cas, du côté de Diabali, que les nordistes aient commencé à prendre en otages des notabilités locales ainsi que leurs familles qui serviront de "boucliers humains", sans parler des enlèvements en Algérie (un Français et cinq Japonais) que j'apprends en écrivant ce blog!

"Quelle connerie la guerre!", comme écrivait Prévert et chantait Barbara.

mardi 15 janvier 2013

Honni soit qui Mali pense (suite)

Dans Atlantico de ce jour, une citation d'Andy Morgan, un blogueur anglo-saxon connaisseur du Nord-Mali,  dans un post publié trois jours avant l'intervention militaire française.
Comme vous pouvez le vérifier dans mers précédents textes, sa conclusion rejoint l'une des miennes qui était d'attendre que les factions indépendantistes et/ou djihadistes se battent entre elles au lieu de les attaquer. Voici un extrait de son texte :
 
"Peut-être qu'il n'y a pas besoin de défaire les groupes islamistes. Peut être qu'ils imploseront tout simplement sous la pression de leurs propres conflits internes. Peut-être que cette désintégration est aussi la raison de la décision de pousser vers le sud. Personne ne connait les politiques tribales fractionnées du Sahara mieux que lui [le chef d'Ansar Dine], et le souvenir de la désintégration de la rébellion  touareg, après la signature du Pacte national en 1992, l'a marqué profondément. Il sait que l'inaction conduit à la désintégration. Si vous voulez unir vos troupes, partez en guerre, ou alors, provoquez l'ennemi pour qu'il vous attaque."

lundi 14 janvier 2013

Honni soit qui Mali pense (suite et, sans doute, pas fin)


C'est parti et Dieu seul sait où cela va nous conduire !

Il y a déjà quatre morts au moins du côté français et on en parle guère, alors que la moindre victime en Afghanistan faisait les gros titres de la presse et l'ouverture des journaux télévisés. Botus et mouche cousue !

Quant aux dommages collatéraux, il va falloir s'y préparer car il y en déjà...inévitablement. Si bombarder, pour la première fois, une colonne de 4x4 Toyota dans le désert, ne risque guère d'en provoquer, comme je le remarquais dans un post précédent, il va en être tout autrement si l'on bombarde également désormais des villes de l'importance de Gao. Il y a même là une conséquence double pour ce qui concerne les populations civiles, puisqu'elles se mettent maintenant à les fuir pour gagner le désert en espérant y être moins exposées.

Il est surtout à craindre que les Islamistes, qui ne sont pas tombés de la dernière pluie et ne sans doute pas totalement idiots, ont dû suivre les événements des guerres précédentes et ont dû entendre parler des "boucliers humains" ; ils ne vont pas tarder à mettre deux ou trois gamins du cru, ramassés au hasard ici ou là, à bord de leurs Toyotas et à en regrouper dans leurs camps ou dépôts. Voilà qui leur permettra de prendre désormais en photos avec leurs téléphones portables des victimes civiles, de préférence des enfants, et d'alimenter la presse mondiale qui pour le moment manque singulièrement d'images et s'en régalera.

Naturellement ce ne sont pas les militaires qui fanfaronnent, en béret vert, devant les caméras qui s'en soucient ! D'ailleurs la presse est plus à Bamako et que sur le terrain à sept ou huit cent kilomètres an Nord, selon l'usage actuel des "envoyés spéciaux" qui se gardent bien de s'approcher des terrains opérationnels).
 
Bien entendu, le discours de notre président, au sortir du conseil de défense de l'Elysée, a été tout à fait lénifiant et a surtout mis en évidence que la France n'a aucun intérêt direct et personnel dans toute cette affaire. Il n'a évidemment parlé ni des probables ressources pétrolières et gazières du Nord-Mali (car il est peu probable que la frontière entre l'Algérie et le Mali soit également celle des gisements de la première qui éviterait soigneusement de se faufiler jusque dans le sous-sol du second) et moins encore du Niger. Cet Etat est, somme toute, un enjeu beaucoup plus important pour la France que le Mali lui-même car non seulement nous y trouvons l'uranium nécessaire à l'essentiel de notre production électrique, mais également le minerai que nous nous sommes engagés à fournir aux Etats auxquels nous vendons des centrales, en leur garantissant la fourniture d'un combustible que nous n'avons pas ! Mais après tout, peut-être ignore-on que le Mali et le Niger ont en commun une belle et très longue frontière.

La seule chose sûre en la circonstance est que, quel que soit le résultat final des courses, c'est de toute façon la France, l'ancienne puissance coloniale, qui portera le chapeau!