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jeudi 13 juin 2013

SNCF : De Jean Gabin à Mathusalem


Le personnel de la SNCF (les cheminots comme on dit, de façon un peu étrange, on va le voir ) doit une fière chandelle à Zola pour sa Bête humaine et à Jean Gabin pour son rôle dans le film qu'on en a tiré!

Le mot lui-même mérite quelque attention. A la fin du XIXe siècle, le terme "chemineau" ou, plus rarement, "cheminot" (substantif masculin), désigne, selon le Trésor de la Langue Française, " un homme qui erre par les chemins et vivant de menus travaux, de charité, ou de larcins". Avec cette orthographe et ce sens, le mot est désormais "vieilli" et "cheminot" désigne un "agent des chemins de fer". Les attestations littéraires (Alain, H. Bazin, etc.) sont postérieures aux années 30 et, comme le note Dauzat, la langue française a mis plus d'un demi-siècle à trouver un dérivé à "chemin de fer" pour désigner ceux qui y travaillent ; elle a retenu "chemineau", en en changeant l'orthographe et en en spécialisant le sens ("chemineau" désignait d'abord des ouvriers terrassiers itinérants employés à la construction des voies ferrées à la fin du XIXe siècle).

Pour passer de la lexicographie à l'histoire sociale, le régime de retraite des cheminots date de 1909, à une époque où l'espérance de vie des dits cheminots est de 51 ans en raison sans doute des conditions de travail. Aussi ce régime était-il très favorable. Sur ce plan, les choses ont bien changé depuis La bête humaine ! On a d'ailleurs supprimé en 1974 la "prime de charbon", que ne percevaient d'ailleurs, à l'origine, que les "chauffeurs". La bête humaine et Jean Gabin demeurent néanmoins les figure tutélaires de la SNCF et préviennent, au sein de cette corporation, le moindre bruit de réforme. La seule concession notable des syndicats à la direction de la SNCF, durant le dernier quart de siècle, est que, depuis peu, les syndicats tolèrent l'usage du mot "clients" en lieu et place de "voyageurs". Vous aurez saisi, je pense, l'importance de cette concession. On doit, en effet, un service (public) au client qui l'aheté et payé, alors qu'à l'inverse, le voyageur doit être reconnaissant envers ceux qui acceptent de lui rendre, au prix fort, le service de le transporter, quelles que soient les conditions de ce voyage.

Le poids de la grève actuelle de la SNCF est parfaitement reconnu et illustré, non pas en province, car, après tout, quelle importance peut avoir pour la vie française ce qui se passe ailleurs que dans la région parisienne où, effectivement, des millions de voyageurs peuvent être immobilisés avec la plus grande des facilités, aussi bien à travers l'arrêt ds trains eux-mêmes comme des RER.

Qui tient la SNCF et la RATP tient la France! Il suffit d'ailleurs de considérer durant combien de temps (moins celui de son flirt avec Sarkozy) et comment Bernard Thibault (un "cheminot") a régné sur la CGT et, par voie de conséquence, sur le syndicalisme français. Après tant d'années de dur labeur syndical, fort heureusement, il a enfin droit à la retraite ... à 53 ans ....

L'âge précoce de la mise en retraite du personnel de la SNCF a d'ailleurs les plus heureuses conséquences. L'espérance de vie des cheminots (51 ans en 1909!) a bien changé, comme le métier. Une étude scientifique récente vient de démontrer que l'espérance de vie des retraités de la SNCF dépasse de deux ans et demi celle des autres catégories de retraités. Allez savoir pourquoi ? Il faut transmettre le dossier du CNRS à l'INSERM.

Une grève de la SNCF se déroule aujourd'hui même, jeudi 13 juin 2013 ; vous aurez noté que cette accumulation du chiffre 13 laissait prévoir des événements fâcheux et peut-être même cette date a-t-elle été choisie pour cette seule raison ; cette circonstance m'a permis d'entendre ce matin les récriminations, au demeurant modestes, de voyageurs parisiens qui notaient, non sans quelque déplaisir, que ayant dû partir de chez eux à six heures du matin, ils ne savaient pas, vu les événements ferroviaires du jour, à quelle heure de la nuit, ils seront en mesure d'y revenir.

J'ai d'ailleurs observé à nouveau, en cette circonstance, à quel point la situation d'interview, radiodiffusée ou télévisée, adoucit étrangement les mœurs des personnes interrogées ; écumant de fureur dans des circonstances normales, toutes et tous tiennent alors des propos plutôt mesurés, sans doute pour donner une image qu'ils jugent plus positive. Peut-être l'accumulation des caméras en tout lieu dans nos zones urbaines aura-t-elle une influence heureuse et contribuera-t-elle, plus que la musique, à adoucir les mœurs.



 AVIS

Chères lectrices, chers lecteur

Je me vois contraint de préparer mon retrait de ce blog, dont je suis par ailleurs tout à fait satisfait car, depuis quelque temps, je suis littéralement envahi par des "spams" venant des Etats Unis et issus de blogs américains.
Chaque jour, en effet je reçois désormais au moins une vingtaine de messages en forme de pseudo-commentaires et qui, en réalité, émanent de gens qui, de toute évidence, n'ont pas lu le texte sur lequel ils prétendent pourtant s'exprimer. L'explication que j'ai de ce phénomène est qu'il s'agit de messages envoyés automatiquement et qui n'ont pas d'autre but que de solliciter, de ma part, la consultation du blog ou du site de ceux qui les envoient.
Je suppose que les auteurs de ces envois présentent de la publicité dans leur blog ou site et que les bénéfices de cette publicité sont d'autant plus importants que le nombre des visites qu'ils reçoivent est lui-même plus grand.

Ce phénomène qui au début été discret (quatre à cinq messages par jour) devient de plus en plus insupportable ; il m'arrive d'en avoir une trentaine qu'il faut non seulement que je détruise immédiatement mais que je dois supprimer aussi dans la liste des commentaires où ils s'accumulent je ne sais trop comment.
Je me suis ouvert de ce problème auprès de correspondants plus éclairés que moi sur ces questions, mais il faudrait que je fasse (comme le fait Marius par exemple) une sorte de signature pour chaque message reçu que l'envoyeur doit reproduire pour que son message soit accepté dans la boîte où il arrive. C'est une procédure extrêmement contraignante et qui a pour but, tout simplement, d'écarter les messages envoyés automatiquement.

Je m'oriente donc vers une autre solution qui est celle de publier mes textes dans mediapart auquel je suis, par ailleurs, abonné et qui a un système de blogs très commode et je dirais même intéressant pour les échanges avec les lecteurs puisque, sur la vingtaine de textes que j'ai publiés chez cet hébergeur, plusieurs ont même été publiés en première page du Journal ou du Club qui sont les deux voies de publication à mediapart (la voie normale et courante étant le Club).
 
J'avais hésité à adopter cette solution, car je craignais que ne puissent lire mes blogs dans mediapart que des gens qui étaient eux-mêmes abonnés à mediapart. Fort heureusement, il n'en est rien ; si la lecture du "journal" est réservée dans la partie gauche de la page d'accueil, l'accès est libre pour la partie droite qui est intitulée le "club" et dans lequel sont présentés les textes des blogueurs.
Je vais donc continuer, pendant un certain temps, la double publication (ici et dans mediapart). Pour vous permettre de vous y habituer si vous le souhaitez, je vous explique en deux mots l'accès à mon blog de mediapart qui est extrêmement simple.

Voici la marche à suivre.

Vous tapez dans Google ou ailleurs mediapart.fr (sans accent sur e)

Vous arrivez alors sur la page d'accueil .

Vous avez une case "recherche", au milieu, sous le titre où il vous suffit de taper mon nom chaudenson (j'ai renoncé, d'ailleurs par oubli, au pseudo).

Vous avez accès alors à la liste de mes blogs et à leurs textes sans aucune nécessité d'être abonné à quoi que ce soit.
Je n'ai pas fait l'exercice moi-même mais il y a, dans mon espace personnel, une rubrique "contacts" qui doit, je pense, permettre à celles et ceux qui s'y inscrivent de recevoir automatiquement par courrier électronique le blog du jour, un peu comme dans le blog actuel de Google. Je vais m'informer sur ce détail et je vous donnerai le résultat de mes investigations.

Je ne saurais que vous conseillez d'aller faire un tour sur mediapart.fr ne serait-ce que pour voir si ce procédé vous convient, même si ce n'est pas très compliqué pour moi de publier mon texte quotidien sur ces deux supports comme je le fais. Vous allez sur l'un ou l'autre des mes posts en cliquant simplement sur le titre dans la liste.

Bonne lecture et amitiés à toutes et tous. R. Chaudenson




mercredi 12 juin 2013

Des primes, des primes...oui mais discrètes (sur l'air de la pub des pâtes Panzani)

Après le mariage gay et en prélude au grand débat sur les retraites, la question des primes dans la fonction publique va devenir un thème central de réflexion, même si elle n'est pour le moment qu'un sujet d'indignation à peine contenue, suite aux révélations qui ont fini par se faire jour dans les médias, après les premières dénégations, à propos des primes en liquide perçues par Monsieur Claude Guéant alors qu'il était au ministère de l'intérieur comme directeur de cabinet.

Le pot-aux-roses n'a été révélé que par les considérables achats en espèces (interdits au delà de 3.000 euros, disposition légale qu'ignorait ce désormais avocat fiscaliste) ; il est ainsi apparu que, de 2002 à 2004, il avait en effet perçu mensuellement 10 000 € de prime, alors que ce type de prime avait disparu début 2002 et que l'origine de ces fonds, remis en mains propres (si l'on peut dire) et en liquide, par prélèvement abusif sur les crédits de frais d'enquêtes, n'étaient pas, semble-t-il, l'objet de déclarations fiscales et, bien entendu, moins encore de prélèvements sociaux.

Il faut dire que cette question des primes dans la fonction publique est un excellent exemple de la façon dont l'État lui-même s'emploie à biaiser, à contourner ou même à violer des règles qu'il a pourtant lui-même fixées, tout en maintenant une large opacité alors qu'il n'a à la bouche que la transparence !

Cela apparaît avec une particulière netteté et pourrait-on dire triplement (versement en liquide, absence de déclaration fiscale, absence de prélèvements sociaux) dans le cas des primes perçues par Monsieur Claude Guéant. On devrait toutefois ajouter, pour éclairer le bon peuple, qu'une telle prime mensuelle doit équivaloir à peu près à 130 % de son traitement mensuel "normal" en tant que fonctionnaire "normal".

En effet, Monsieur Guéant est préfet de son état ; or, à lire les textes, le traitement annuel d'un préfet de classe normale est au minimum de 57.567 euros et, pour un préfet hors classe, il peut atteindre 74.489 euros. Voici le détail pour le "hors échelle G" :  HEG 1 Chevron 1   Index majoré 1501  brut mensuel 6.950,07  annuel brut 83.481

On comprend dès lors que, si les hauts fonctionnaires se précipitent tous, en foule, et dès que possible (et même un peu avant!), pour pantoufler dans l'industrie privée, c'est que les rémunérations des fonctionnaires sont en France infiniment inférieures à celles que peuvent espérer dans le privé des fonctionnaires de ce niveau. En gros le salaire net le plus élevé (hors primes et avantages en nature) que peut percevoir un haut fonctionnaire français est, à la louche, de 8.000 euros par mois. D'où la vogue extravagante du système des primes qui vise à majorer les salaires de base "normaux" de 20 à 60 % selon les propos de Madame Lebranchu chez J.M. Aphatie (RTL, mercredi 12 juin 2013 vers 8 heures 30).

Vu la rigidité pour ne pas dire la sclérose du statut de la fonction publique en France et de la grille des salaires qui a été arrêtés je ne sais trop quand, on ne peut guère toucher ni à cette grille sans l'ébranler toute ni "au point d'indice" à partir duquel sont calculés tous les salaires des fonctionnaires y compris les fonctionnaires hors échelle.
Il faut donc que, dans la haute administration qui est la première concernée et qui a la capacité de le faire, on invente un certain nombre de subterfuges pour majorer ses salaires, sans avoir évidemment à toucher à ceux de la piétaille de la fonction publique.
Ceux qui en sont les principaux bénéficiaires de ce système sont, dit-on, les fonctionnaires du Trésor à Bercy.

Il est bien entendu impossible de dresser un panorama général de ces primes, car, pour certains agents, elles sont liées à l'activité même des services où ils opèrent ; c'est le cas, par exemple, des trésoriers payeurs généraux et des ingénieurs de la direction de l'Equipement qui perçoivent des primes calculées sur le volume des activités ou des affaires des services dont ils ont la responsabilité, sans qu'on sache très exactement quel rapport il y a, par exemple, entre la masse financière que gère un TPG et son activité personnelle et individuelle.

En France, le trésorier-payeur général (TPG) est un haut fonctionnaire du Budget qui agit à la fois comme trésorier, comptable, contrôleur, conseiller économique et financier d'un ressort déterminé ; il est certes soumis, en tant que comptable public à un régime de responsabilité personnelle et pécuniaire, mais cette fonction est l'une des plus rémunératrices de la haute fonction publique, justement du fait qu'elle bénéficie d'une part variable en fonction du montant des transactions financières gérées. Selon la Cour des comptes, le salaire "normal se situe entre 10.000 et 14.000 euros par mois. Toutefois, une vingtaine de TPG ont dépassé les 200.000 euros de salaire annuel en 2006. (Source : journaldunet).

Pour les salaires, les TPG devancent une autre fonction, moins connue mais fort lucrative, celle des conservateurs des hypothèques dont l'opacité de fonctionnement et de rémunération est plus grande encore car la plupart des règlements visant à en définir l’exercice n’ont, pour la plupart, pas été rendus publics (Source IFRAP).

En dehors de ces cas, il existe une foule de primes qui sont calculées soient selon une grille des montants de primes dont voici quelques exemples :
  • Secrétaire      administratif de classe supérieure = 1.768 €
  • Administrateur      civil de 2ème classe  = 2.028 €
  • Chef de      service = 5.445 €
  • Directeur      général, directeur (hors échelle E) = 7.078 €
En fait, nombre de primes sont attribuées tout autrement, un peu à la tête du client et par une négociation qu'on pourrait qualifier d'"entretien entre quat' zyeux". C'est ainsi qu'un conseiller spécial de N. Sarkozy (sans titre particulier mais nommé sur le tard conseiller à la Cour des comptes) était réputé percevoir (sans prendre en compte les avantages en nature multiples) une rémunération mensuelle de 14 ou 15 000 €, c'est-à-dire égale au double de celle qu'aurait pu lui assurer son rang dans la fonction publique.

On a essayé, au cours des dernières années, de parler de "primes au mérite" (forme d'achat à tempérament de certains comme les présidents d'universités) pour essayer de justifier ce genre d'entorses graves aux règles de l'État ; des esprits mal intentionnés pourraient même dire qu'à travers tout ce système, l'État ne pratique pas autre chose que ce qu'il pourchasse ailleurs c'est-à-dire "le travail au noir" et les "rémunérations dissimulées" qui ne sont même pas toujours fiscalement déclarés et, en tout cas, ne font jamais l'objet de prélèvements sociaux.

Cette question des "primes" des fonctionnaires, même si on s'exprime avec beaucoup de flou et de prudence à son sujet, pour ne pas dévoiler au bon peuple les combines de la haute fonction publique, va inévitablement resurgir à l'occasion de la discussion sur les retraites. Le leitmotiv de nombreux fonctionnaires de grade élevé et en situation d'en bénéficier (surtout au sein de catégories peu nombreuses) est évidemment que ces primes soient prises en compte dans le calcul de la retraite, ce qui, en l'état actuel des choses, serait évidemment tout à fait scandaleux puisqu'ils ne cotisent en aucune façon sur ces primes qui sont versées en supplément de leur salaire. D'un autre côté, la question est relativement insoluble, car si l'on intègre de façon officielle dans les salaires déclarés ces primes qui sont quasi clandestines, on sera inévitablement obligé de mettre par terre toute la grille de la fonction publique et surtout d'attribuer des augmentations aux fonctionnaires les plus modestes qui sont aussi les plus nombreux, ceux des cadres C et B.

On ne sait pas comment finira l'histoire pittoresque des primes de Claude Guéant mais il semble tout à fait évident que le directeur de cabinet Claude Guéant percevait sans doute à la fois son salaire "normal" de fonctionnaire, une prime "de cabinet", négociée mais en quelque sorte officielle attachée à sa fonction et qui, on l'espère, était déclarée au point de vue fiscal, mais en outre, on peut le craindre, ces fameuses primes en liquide, totalement clandestines et qui ne faisaient l'objet ni d'une déclaration fiscale ni naturellement de prélèvements sociaux.

mardi 11 juin 2013

Impressions de Turquie

Comme souvent, je vais céder à ma fâcheuse manie de parler de choses que je ne connais pas bien. Vous observerez toutefois que j'ai la prudence d'intituler ce post "impressions de Turquie" car ce sont véritablement des impressions que je vais livrer ici et qui, en outre, reposent non pas sur des observations récentes et prolongées, mais sur la comparaison de souvenirs que j'ai de la Turquie d'il y a dix ou quinze ans avec les images que nous en donnent quotidiennement les télévisions, suite aux événements qui s'y déroulent.

Je suis bien loin d'être un spécialiste de la Turquie, mais je m'y suis rendu, à la fois professionnellement et en touriste, à diverses reprises entre la fin des années 1990 et le début des années 2000. Je ne suis allé en fait qu'à Istanboul surtout et à Izmir (mais les télés ne nous montrent rien d'autre que ces villes) et naturellement j'ai fait, en la circonstance, toutes les promenades classiques sur le Bosphore et les visites des monuments que fréquentent tous les touristes. Néanmoins comme j'y ai séjourné quelques jours chaque fois, sans contraintes particulières, j'ai eu l'occasion de me promener pas mal dans les rues de ces villes (surtout à Istanboul).

Je ne puis qu'être frappé et interrogé à la fois en comparant les souvenirs que j'en ai gardés (assez forts car c'était pour moi une expérience nouvelle et intéressante) avec les images actuelles qu'on nous en présente et qui sont fort éloignées de mes propres souvenirs.

Je ne suis pas assez naïf pour penser que les quelques séjours que j'ai pu lui faire là-bas m'ont permis de connaître la Turquie, mais, néanmoins, je ne vois pas pourquoi je mettrais en doute des souvenirs précis que j'en ai, d'autant que les événements qui se sont déroulés depuis une douzaine d'années me paraissent confirmer et, pour partie, expliquer, l'impression que me donne la comparaison de mes souvenirs avec les images actuelles.

Je pense ici surtout à Istanboul mais les impressions que j'ai eues à Izmir vont tout à fait dans le même sens. Je ne fais ici en rien référence aux visites des monuments ou des bazars, largement peuplés de touristes, mais surtout à mes déambulations dans les rues où je vois encore la foule animée qu'on y rencontrait, avec des femmes dont beaucoup étaient blondes (naturellement par des décolorations) et portaient des tenues tout à fait comparables à celles qu'on trouvait alors dans nos villes de France avec des minijupes et des hauts décolletés et colorés. Toute cette foule était bigarrée et apparemment joyeuse ; la Turquie donnait l'impression d'un pays moderne, qui était engagé, très fortement et très résolument, dans l'occidentalisation comme dans le développement économique.

C'est pourquoi, tout en ayant suivi les événements qui se sont déroulés depuis une douzaine d'années sous le gouvernement Erdogan, j'ai été extrêmement étonné, (c'est même là l'origine précise de ce post) lorsque depuis quelques mois, on a commencé à nous donner, de plus en plus fréquemment, des vues de la rue turque, prises essentiellement à Istanboul.

Aux images en technicolor que j'avais conservées dans mes souvenirs (je m'étais pas mal déplacé à pied dans le centre-ville puisque je logeais près de Taksim) s'étaient substituées maintenant des images, essentiellement en noir et blanc, de foules urbaines où l'on voyait plus aucune de ces femmes blondes autrefois si nombreuses ; en revanche, beaucoup de foulards et de voiles islamiques naguère rares ; la population me paraissait aussi infiniment moins joyeuse que dans mes souvenirs, même lorsqu'il s'agissait pourtant de foules, jeunes et contestataires, comme celles qui occupaient Taksim ces jours derniers.

Cette évolution de la Turquie a sans doute fortement tenu aux choix politiques et idéologiques du gouvernement Erdogan mais aussi, me semble-t-il, aux comportements de l'Union Européenne face au souhait de l'État turc, maintes fois exprimé, d'entrer dans cette communauté. Il y a une douzaine d'années, une majorité de Turcs était extrêmement favorable à l'entrée de leur pays dans la Communauté européenne et croyait en cette possibilité. Ce sont les réticences, voire les refus, de moins en moins voilés, de nombreux pays d'Europe qui ont peu à peu ruiné ces espoirs au sein de la population turque. Cette déception a sans doute facilité largement l'évolution du gouvernement national qui s'est détourné d'une certaine façon de l'Europe en direction du Moyen-Orient, après avoir compris que ses chances d'y entrer étaient des plus minces, car même s'il satisfaisait aux exigences prétendument démocratiques de l'UE, on ne manquerait pas de trouver d'autres motifs pour s'opposer à son entrée dans cette communauté.

Tout cela est naturellement trivial mais ce qui me paraît le plus curieux dans toute cette affaire, c'est que (mais peut-être suis-je mal informé ?) le gouvernement turc, au lieu de chercher à se faire une place dans une zone instable et dangereuse, comme le montrent les événements actuels, n'ait pas choisi de se rapprocher davantage des Républiques musulmanes de l'ancienne Union soviétique. Non seulement en effet, ce sont là des pays économiquement fort intéressants par leurs grandes richesses naturelles, mais, ce que l'on sait moins, (ce qui évite de l'oublier), leurs langues et leurs cultures sont apparentées à celles de la Turquie ! Tout cela ne serait-il pas à prendre en compte, d'autant que de telles relations ne seraient pas pour déplaire à l'indéfectible allié américain qui ne saurait se fâcher de petites misères faites à Poutine ?

lundi 10 juin 2013

Transparence, translucidité, opacité


Selon ma vieille habitude, je donnerai ici , en prélude à une approche plus politique, l'initiative aux mots plutôt qu'aux idées, car il est clair que, si l'on peut parfois tirer des idées des mots, très souvent les mots qu'on est amené à utiliser trahissent dans la suite les idées qui les ont suscités.

Les couples de mots qu'on peut tirer des termes qui constituent le titre de ce blog ne sont pas équivalents.

 "Transparence" est, en ce moment, beaucoup plus fréquent que "transparent" car, si la droite juge souvent notre Président "transparent", tout le monde s'accorde sur la nécessité de la "transparence" en particulier pour ce qui touche les patrimoines et les revenus des élus. Fort heureusement pour nos politiques, ces biens ne sont pas eux-mêmes "transparents" et les procédures qui sont mises en œuvre pour leur inventaire ne favorisent guère la "transparence". Je n'en parlerai pas aujourd'hui car cela nous amènerait trop loin et ce sera l'objet d'un autre post dans la suite.

Dans le couple "opaque-opacité", l'adjectif "opaque" paraît au contraire plus fréquent que le substantif "opacité" alors que dans le cas de "translucide", il n'y a aucun doute et si "translucide" est un adjectif assez courant, on peut raisonnablement s'interroger sur l'existence même et plus encore sur l'emploi du nom "translucidité" qui pourtant figure en bonne place dans les dictionnaires.

Il faut en venir ici aux définitions mêmes de ces termes qu'il est assez facile de résumer ainsi.
La transparence se définit par la qualité de permettre le passage des rayons lumineux et ainsi la possibilité de voir clairement ce qui est placé derrière un matériau transparent. C'est le cas d'une vitre.

A l'opposé, si j'ose dire, l'opacité est le caractère d'un matériau qui ne permet pas le passage des rayons lumineux et, par conséquent, empêche de voir ce qui est de l'autre côté. Une plaque de bois ou de carton est opaque et elle s'oppose à ce qu'on puisse distinguer ce qui est derrière elle.

Un matériau translucide se situe à cet égard, en quelque sorte, entre la transparence et l'opacité, puisque, s'il laisse passer les rayons lumineux, il diffuse la plupart de ces rayons et de ce fait empêche de distinguer clairement les objets qui sont derrière lui
On voit immédiatement, à la lumière, si j'ose dire, de ces définitions et au vu du comportement de la plupart de nos hommes politiques, que s'ils rejettent, sous la contrainte de l'opinion, l'opacité qui empêcherait de connaître les détails de leurs revenus et de ce qu'il regarde comme leur vie privée qu'ils préfèrent de très loin la translucidité à la transparence.

Dans la mesure où la translucidité est, en quelque sorte, au "miyeu" de la transparence et de l'opacité, F. Hollande aurait été bien inspiré de la choisir ; il aurait pu par là se ménager un espace pour une évolution libérale voire disent les mauvaises langues (vertes ?) socio-centriste. En effet, si l'opacité a, de toute évidence, les faveurs de la droite, comme l'ont montré les trésors soudains révélés du Medef et en particulier des métallurgistes, et si la transparence inspire relativement peu de socialistes mais à toutes les faveurs des écologistes, on comprend que le choix médian de la "translucidité" aurait permis de trouver un successeur tout désigné à Jean-Marc Ayrault en la personne de l'homme du "miyeu" François Bayrou, qui préférerait de toute évidence, vu ses convictions centristes, la translucidité à la transparence ou à l'opacité.

dimanche 9 juin 2013

"Patient" : petite méditation lexicale, sémantique et sociale.

Je ne sais plus quel auteur (Mallarmé ou Valéry ?) disait qu'il fallait laisser l'initiative aux mots. Admirable formule et dont j’ai eu tout loisir cette semaine de vérifier, une fois de plus, la pertinence.

Le mot français « patient » a doublement hérité du contenu sémantique du participe présent du verbe latin « patior » qui est à son origine et qui signifie à la fois « supporter » et « souffrir ».

Cette petite méditation sémantique, lexicale et sociale m'a été inspirée par deux séjours, en une semaine, dans des lieux hospitaliers. Entendez par là que ces lieux étaient des cliniques ou des hôpitaux ; l’adjectif « hospitalier » dérive, dans l’emploi que j’en fais ici, d' « hôpital » et de tels lieux n’en sont pas pour autant des endroits où l'on est aimablement et agréablement accueilli par des hôtes charmants et prévenants. J’ai failli dire « des lieux nosocomiaux », « nosokomio » étant le nom de l’hôpital en grec, comme vous pourrez le vérifier lors d’un prochain séjour dans ce pays, s’il est toujours en mesure de s’offrir ce genre de service. Mais ce malheureux adjectif, récemment découvert par les Français, a vu son sens se restreindre et se spécialiser si fâcheusement que je n’ai pas osé me risquer à l’employer pour ne pas vous inquiéter sur ma santé.

Le « patient », pour en revenir à lui, est, en fait, le client du médecin, mais ce dernier terme soulignerait trop nettement l'aspect mercantile d'une pratique professionnelle qui se veut plutôt un art avec des aspects quasi sacerdotaux (« Le serment d’Hippocrate !) qu'une forme, même noble, de commerce. On va voir le médecin parce qu'on est malade (donc parce qu'on souffre) et, ce faisant, on devient son « patient ». Mais les mots prenant l’initiative, on doit alors aussi s'armer d’une « patience » qui est la première vertu du patient, même s'il n'y a pas de vrai rapport sémantique entre ces deux mots, l'étymologie étant seule en cause.

Je ne crois pas être un patient impatient, même si au bout de quelques heures d'une attente dont les raisons mêmes et les bornes ne m’apparaissent pas évidentes, je commence à cesser d'être patient (adjectif), tout en restant hélas un patient (substantif).  Je me sens d'autant moins porté à être patient (adjectif) qu'à force de m'exercer à ces exercices de patience (et aussi d’observation du milieu), je finis par deviner les véritables motifs des attentes prolongées qui sont infligées aux patients.

On observe d'ailleurs facilement que, dans l'activité médicale privée, les patients ne sont pas contraints, en général, de faire preuve d'autant de patience que dans le secteur public, car ils ont parfois la possibilité de changer de médecin et par conséquent, dans un autre cadre, d'avoir à faire montre de moins de patience, tout en restant des patients.

Comme les attentes prolongées invitent à la méditation, force est de prendre conscience qu'à la patience dont on aura fait preuve en attendant d'être reçu ou soigné, viendra s’ajouter, en outre, celle dont devra faire preuve pour remplir les feuilles de soins (qu'on appelait autrefois « feuilles de sécu » ou même, plus anciennement encore, "feuilles de maladie") et qui constituent un exercice de méditation intéressant à la fois sur le plan du fonctionnement social et de l'économie nationale.

La principale réforme que le système de santé français a opérée, dans le dernier quart de siècle, a été, sur ces feuilles de soins, la disparition de la mention de la date de naissance du patient. Chaque assuré social étant identifié par un nombre de treize chiffres (ce qui permet en théorie de coder par cette méthode 9.999 milliards d'individus,  alors que la France ne comprend guère qu’une grosse soixantaine de millions d'habitants), on s'est avisé que l'identification supplémentaire de l'assuré(e) par sa date de naissance constituait un luxe inutile. On a donc supprimé (sous Raymond Barre je crois) sur les feuilles de soins cette mention, dans une réforme administrative majeure annoncée alors à grands sons de trompe !.

Quelques années après, bien plus discrètement, on a dû la rétablir en douce, après s'être aperçu que des Français ou des Françaises avaient le même numéro de sécurité sociale, ce qui paraît impensable du simple point de vue arithmétique.

Voulez-vous l’explication d’un tel mystère ?

Si vous regardez de plus près comment un tel numéro est attribué, vous vous apercevez que les dix premiers chiffres peuvent être en fait communs à un nombre indéterminé, mais élevé, d'individus du même sexe (code 1 ou 2), nés le même mois de la même année (les quatre chiffres suivants), dans le même département (les deux chiffres de son code), dans la même zone de ce département (codée par trois chiffres). Dès lors, pour les milliers probables de ceux ou celles qui ont en commun ces informations, la distinction ne se fait que sur les trois derniers chiffres ; elle ne vaut donc, au maximum, que pour 999 hommes ou femmes qui ont en commun les dix premiers chiffres. Or, dans nombre de grandes villes, dans certains quartiers où se trouvent des hôpitaux ou des maternités, souvent naissent en un mois plus de 999 enfants du même sexe ; de ce fait, certains d’entre eux peuvent avoir exactement le même numéro de sécurité sociale. On a donc dû rétablir la date de naissance sur les feuilles de soins pour pouvoir les distinguer par le jour de naissance !.

De toute façon, ces feuilles de soins étaient l'objet de tous les soins et de toutes les attentions, surtout de la part des syndicats de la sécurité sociale qui redoutaient que leur disparition n'entraînât des réductions d'effectifs. Il n’en a heureusement rien été et cela d’autant plus que, en particulier dans le secteur privé, en beaucoup de lieux, on refuse d'utiliser le paiement par la carte vitale, ce qui ménage à la fois les trésoreries des prestataires de soins et l'avenir des employés de la sécurité sociale.

J'ajoute toutefois que le traitement d'une simple feuille de soins coûte plus de 5 euros, sans parler des arbres qu'il faut couper pour produire les dites feuilles et sans évoquer toutes les papiers inutiles que doivent produire, pour chaque cas, les diverses mutuelles, afin d’informer leurs clients. Que les syndicats de la sécurité sociale, les industriels, les fabricants de papier et les imprimeurs se rassurent, en dépit de l'informatisation, nous ne sommes pas près de nous débarrasser de tout cette paperasse et, en tout cas, là aussi, nous devrons nous montrer « patients » à tous les sens des mots !

samedi 8 juin 2013

De la publicité et de son contrôle : ARPP ou "Areu Pépé!" ?


En cherchant un vieux post sur la pub suite à mon blog d'hier, j’en ai trouvé un autre, que j’avais totalement oublié mais qui n’a pas pris une ride et montre, en outre, que comme naguère Julio « Je n’ai pas changé ! ». Je le reproduis ici; comme c'est samedi et que je n'ai rien à dire de plus que les autres sur les morts de Clément et de "Gros Quinquin".

La fameuse affiche de la prétendue campagne anti-tabac, qui, naguère, visait à assimiler le fait de fumer à la fellation, avec une cigarette à la bouche de deux adolescents (la clope étant censée évoquer le sexe d’un monsieur qu'on ne voyait que de trois-quarts arrière), était surtout assez nulle. Personnellement, sans le battage préalable fait autour de cette image, je n’aurais pas un instant songé à assimiler cette cigarette maigrelette à un sexe, surtout au moment où la même presse nous apprenait que, nous autres Français, avons les plus longs pénis (donc les plus beaux sexes) de toute l’Europe !

En fait, toute la suite  a indiqué que ce n'était là qu'un coup de pub à double détente (et frein dans le moyeu, comme aurait dit le bon Pierre Dac). L’association « Droits des non-fumeurs » (DNF), qui avait soi-disant fait réaliser ce projet d’affiche, qui en réalité ne consistait qu’à réaliser 15.000 cartes postales avec cette image, voulait, en fait, créer le buzz autour de sa lutte anti-tabac. Elle voulait surtout lancer par là son vrai projet; qui consistait en un film d’Yvan Attal sur le thème « fumer revient à servir de décharge pour les produits toxiques les pires que sont l'acétone, l'arsenic, le DDT, l'amoniaque, le goudron, le polonium, etc". Ce film paraît toutefois plus intelligent que l’affiche en cause.

Le drôle de la chose est que l’association Droits des non-fumeurs (DNF) aurait décidé de suspendre sa prétendue campagne d’affiches contre le tabagisme des jeunes à la demande de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité, l'ARPP.

Vous ne savez sans doute pas ce qu’est l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité ou ARPP. Nul ne vous en tiendra rigueur, car cette ARPP est toute jeune ; c’est même un bébé, puisqu’elle est née le 25 juin 2008 et avait donc moins de deux ans au moment des faits.

C’est sans doute pour cela qu’elle ne semble pas exercer la moindre "autorité" et que nos médias et, en particulier, les radios et les télés sont inondées des publicités les plus scandaleuses et les plus mensongères. Je pense ici surtout à la foule des pubs sur les incessantes propositions de prêter à des populations pauvres, déjà surendettées à mort, comme à toutes les publicités sur les jeux de hasard, depuis les paris sportifs jusqu’au loto national, en passant par tous les attrape-couillons de la Française des jeux et les casinos sur internet.

Que voulez vous que fasse la pauvre petite ARPP ? Mais je dois vous en dire un peu plus, car le récit en vaut la peine.

L’idée de « contrôler » la publicité est quasi aussi vieille que la « réclame » elle-même, inventée par le cher papa de Madame Badinter (elle-même philosophe de son état et actionnaire majoritaire de Publicis), Marcel Bleustein-Blanchet, qui fonde Publicis en 1926. L’« Office de Contrôle des Annonces » (OCA) est créé, probablement par lui ou à son instigation, en 1935. Ce n’est nullement, comme le nom pourrait le donner à penser, un organisme indépendant, étatique par exemple, qui "surveillerait" la publicité. L’OCA regroupe, en effet, dès cette époque, les « acteurs du secteur publicitaire » ! Comme son nom est censé l’indiquer et selon ses propres termes, cet office assurait la « sincérité » (le mot est joli !) des « réclames », renseignait sur les « annonces trompeuses » (comme s’il y en avait d’autres !) et donnait des avis sur « la moralité et la légalité des publicités » (Fichtre !). Si vous avez jamais vu quoi que ce soit de tel, vous avez, une fois encore, gagné une tringle à rideaux !

Les contrôlés étaient déjà les contrôleurs et ils le demeurent !

En 1953, l’OCA change de nom mais non de mode de fonctionnement et devient Bureau de Vérification de la Publicité (BVP). Il reste, comme il l’a toujours été une façade, elle-même contrôlée par ceux-là même qu’elle prétend contrôler ! En 2005, comble de l’hypocrisie le BVP se dote d’une « consultation déontologique » !


Laurent, serrez ma déontologie avec mon autodiscipline !

En 2008, suite au Grenelle de l’environnement, le BVP décide de se doter d’une nouvelle organisation. Révolutionnaire ! Il se composera désormais d’un conseil paritaire de la publicité et d’un jury de « déontologie publicitaire » (quelle alliance de mots hardie ! C’est ce que la rhétorique classique appelle, en termes savants, un « par’uponoian »). Le 25 juin 2008, le BVP devient l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité, persistant dans sa constante politique d’autorégulation. La définition que se donne lui-même ce bel organisme ferait pleurer un seau à charbon (comme disait ma grand mère). Oyez bonne gens !


Cette association de type loi 1901 (comme l’Amicale des boulistes de Petachat), a, en effet, pour mission de « mener une action en faveur d'une publicité loyale, véridique et saine dans l'intérêt des professionnels de la publicité, des consommateurs et du public ». On croit rêver !

Présidée alors par Jean-Pierre Teyssier, (73 ans aux cerises), cheval de retour du giscardisme, l’ARPP (dont le sigle ne s’interprète bien, en fait, qu’à la lueur du langage bébé "Areu Pépé !") veillera jusqu'à son retrait, en 2010 (il sera remplacé en 2011 par F. d'Aubert 70 ans), avec la vigilance que nous avons pu constater chaque jour, aux messages comme aux destinées de la publicité sous toutes ses formes ! Nul doute que l'Areu Pépé ne maintienne cette tradition !


AVIS

Chères lectrices, chers lecteurs


Je me vois contraint de préparer mon retrait de ce blog, dont je suis par ailleurs tout à fait satisfait car, depuis quelque temps, je suis littéralement envahi par des "spams" venant des Etats Unis et issus de blogs américains.


Chaque jour, en effet je reçois désormais au moins une vingtaine de messages en forme de pseudo-commentaires et qui, en réalité, émanent de gens qui, de toute évidence, n'ont pas lu le texte sur lequel ils prétendent pourtant s'exprimer. L'explication que j'ai de ce phénomène est qu'il s'agit de messages envoyés automatiquement et qui n'ont pas d'autre but que de solliciter, de ma part, la consultation du blog ou du site de ceux qui les envoient.


Je suppose que les auteurs de ces envois présentent de la publicité dans leur blog ou site et que les bénéfices de cette publicité sont d'autant plus importants que le nombre des visites qu'ils reçoivent est lui-même plus grand.


Ce phénomène qui au début été discret (quatre à cinq messages par jour) devient de plus en plus insupportable ; il m'arrive d'en avoir une trentaine qu'il faut non seulement que je détruise immédiatement mais que je dois supprimer aussi dans la liste des commentaires où ils s'accumulent je ne sais trop comment.


Je me suis ouvert de ce problème auprès de correspondants plus éclairés que moi sur ces questions, mais il faudrait que je fasse (comme le fait Marius par exemple) une sorte de signature pour chaque message reçu que l'envoyeur doit reproduire pour que son message soit accepté dans la boîte où il arrive. C'est une procédure extrêmement contraignante et qui a pour but, tout simplement, d'écarter les messages envoyés automatiquement.


Je m'oriente donc vers une autre solution qui est celle de publier mes textes dans mediapart auquel je suis, par ailleurs, abonné et qui a un système de blogs très commode et je dirais même intéressant pour les échanges avec les lecteurs puisque, sur la vingtaine de textes que j'ai publiés chez cet hébergeur, plusieurs ont même été publiés en première page du Journal ou du Club qui sont les deux voies de publication à mediapart (la voie normale et courante étant le Club).


J'avais hésité à adopter cette solution, car je craignais que ne puissent lire mes blogs dans mediapart que des gens qui étaient eux-mêmes abonnés à mediapart. Fort heureusement, il n'en est rien ; si la lecture du "journal" est réservée dans la partie gauche de la page d'accueil, l'accès est libre pour la partie droite qui est intitulée le "club" et dans lequel sont présentés les textes des blogueurs.


Je vais donc continuer, pendant un certain temps, la double publication (ici et dans mediapart). Pour vous permettre de vous y habituer si vous le souhaitez, je vous explique en deux mots l'accès à mon blog de mediapart qui est extrêmement simple.


Voici la marche à suivre.


Vous tapez dans Google ou ailleurs mediapart.fr (sans accent sur e)


Vous arrivez alors sur la page d'accueil .


Vous avez une case "recherche" sous le titre où il vous suffit de taper mon nom chaudenson (j'ai renoncé, d'ailleurs par oubli, au pseudo).


Vous avez accès alors à la liste de mes blogs et à leurs textes sans aucune nécessité d'être abonné à quoi que ce soit.


Je n'ai pas fait l'exercice moi-même mais il y a, dans mon espace personnel, une rubrique "contacts" qui doit, je pense, permettre à celles et ceux qui s'y inscrivent de recevoir automatiquement par courrier électronique le blog du jour, un peu comme dans le blog actuel de Google. Je vais m'informer sur ce détail et je vous donnerai le résultat de mes investigations.


Je ne saurais que vous conseillez d'aller faire un tour sur mediapart.fr ne serait-ce que pour voir si ce procédé vous convient, même si ce n'est pas très compliqué pour moi de publier mon texte quotidien sur ces deux supports comme je le fais. Vous allez sur l'un ou l'autre des mes posts en cliquant simplement sur le titre dans la liste.


Bonne lecture et amitiés à toutes et tous
 


 

 

vendredi 7 juin 2013

De la shizophrénie publicitaire


 
A entendre, jeudi 6 juin 2013, Monsieur Pfimlin -"Petite prune", nous confier que la grande misère de France-Télévision le pousse à songer à réintroduire après 20 heures la publicité qu'on en avait bannie m'a détourné des affaires du jour pour pester, une fois de plus, contre ce fléau insupportable de notre PAF et de mos médias qu'est la publicité.

Toute la presse semble négliger un détail que je juge assez significatif. Le meurtre, infiniment regrettable, du jeune Clément n'a pas eu lieu au sortir d'un meeting ou d'une réunion politiques, mais, au pied d'un immeuble de la rue de Caumartin (Paris IXè), à la sortie d'une "vente privée" de "vêtements sportifs de haute qualité" de la marque Fred Perry qu'apprécient, semble-t-il, aussi bien les anti-fascistes que les néo-nazis ! Peut-être les protagonistes s'étaient-ils disputé un même sweat-shirt ?

Mais là n'est pas mon propos ! La publicité a désormais conquis un nouveau domaine avec l'intrusion des organismes de paris qui ont envahi, à toute vitesse et en masse (et on le sait désormais avec le concours, peut-être inconscient et suite à un abus de faiblesse, de Mamie Zinzin, mais l'aide bien actuelle de footballeurs millionnaires sans vergogne!), nos médias audiovisuels ; cette réclame illustre, une fois de plus, l’hypocritissime modèle dominant.

On vous presse désormais de toutes parts de venir tenter votre chance sur les paris en ligne , avec les mêmes slogans, alléchants et surtout mensongers qui devraient être totalement interdits (« On parie que vous allez gagner » vous susurre-t-on !), mais on y ajoute aussitôt, mezza voce, que le jeu est dangereux et, en gros, que mieux vaudrait s’en abstenir ! Comment pousser jusqu’à un tel point la malhonnêteté, sinon avec la complicité active d’un Etat, qui se fait, en la circonstance, clairement proxénète ! Notre fameux "Bureau de vérification de la publicité" aurait-il été supprimé?

Certes on ne fait là que reprendre le modèle désormais dominant partout qui tolère ou même, il faut bien le dire, encourage les publicités pour le tabac (tout en précisant que le tabac tue !), pour l’alcool (dont la consommation excessive est dangereuse et dont il faut user "avec modération") ou tous les produits qui engendrent l’obésité, contre laquelle on prétend pourtant lutter et les maladies cardio-vasculaires, qu’on feint par ailleurs de déplorer (tout en vous recommandant de consommer moins de ces graisses et de ce sucre qu’on vous vend et de faire de l’exercice !). Cela dit (mais chut!) ça fait toujours autant de retraites en moins à payer!

Que les producteurs et les marchands de ces produits reconnus funestes veuillent continuer leur coupable industrie et leur commerce nuisible, fût-ce au détriment de la santé globale de la population, sans l'approuver, je le comprends tout à fait. Ce qui est, en revanche, totalement immoral, inadmissible et même parfaitement stupide tient à la tolérance et même l’encouragement systématiques de cette schizophrénie communicationnelle qu’on trouve désormais partout, donc le jeu de l’Etat lui même.

Certes par la fiscalité (TVA + impôts sur les sociétés, patentes, etc. ) et par les profits directs (avec les sociétés d’Etat pour le tabac et les jeux, sans parler même des copinages politiques), l’Etat engrange, à très court terme, des ressources directes et immédiates mais au prix, chacun le sait, dans tous les domaines concernés, de coûts individuels et collectifs, matériels, sanitaires, moraux et sociaux qui sont gigantesques et absolument sans commune mesure avec les bénéfices immédiats qu’il en retire. Ne dit-on pas que "gouverner c'est prévoir "?

Il y a sans doute aussi pour nos politiques des profits moins directs et moins visibles. On n’en prend conscience que quand, pour revenir à l’exemple des autorisations de paris en ligne, on regarde d’un peu près quels sont les promoteurs et, par là même, les grands bénéficiaires de ces opérations ou quand on songe aussi aux immenses profits que tirent de tout cela les officines de publicité et de marketing qui, le moment venus, en période électorale, seront sans doute tout à fait disposées à renvoyer les ascenseurs aux politiques !

Bref, tout vous invite à fumer deux paquets de clopes par jour et à vous saoûler la gueule en vous vautrant toute la journée sur votre canapé pour vous y gaver de charcuterie arrosée de pinard et/ou de coca-cola, avec des paquets de sucreries à portée de la main tout en pariant à la télé sur un match de foot et le tour de France ou, à défaut, en faisant un petit poker avec Patrick Bruel. Si vous êtes trop fauché, pas de problème ! Les pubs des organismes de prêts sont aussi sur le petit écran et dans toute la presse populaire. mais attention,

LE TOUT AVEC MODERATION !




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Je me vois contraint de préparer mon retrait de ce blog, dont je suis par ailleurs tout à fait satisfait car, depuis quelque temps, je suis littéralement envahi par des "spams" venant des Etats Unis et issus de blogs américains.

Chaque jour, en effet je reçois désormais au moins une vingtaine de messages en forme de pseudo-commentaires et qui, en réalité, émanent de gens qui, de toute évidence, n'ont pas lu le texte sur lequel ils prétendent pourtant s'exprimer. L'explication que j'ai de ce phénomène est qu'il s'agit de messages envoyés automatiquement et qui n'ont pas d'autre but que de solliciter, de ma part, la consultation du blog ou du site de ceux qui les envoient.

Je suppose que les auteurs de ces envois présentent de la publicité dans leur blog ou site et que les bénéfices de cette publicité sont d'autant plus importants que le nombre des visites qu'ils reçoivent est lui-même plus grand.

Ce phénomène qui au début été discret (quatre à cinq messages par jour) devient de plus en plus insupportable ; il m'arrive d'en avoir une trentaine qu'il faut non seulement que je détruise immédiatement mais que je dois supprimer aussi dans la liste des commentaires où ils s'accumulent je ne sais trop comment.

Je me suis ouvert de ce problème auprès de correspondants plus éclairés que moi sur ces questions, mais il faudrait que je fasse (comme le fait Marius par exemple) une sorte de signature pour chaque message reçu que l'envoyeur doit reproduire pour que son message soit accepté dans la boîte où il arrive. C'est une procédure extrêmement contraignante et qui a pour but, tout simplement, d'écarter les messages envoyés automatiquement.

Je m'oriente donc vers une autre solution qui est celle de publier mes textes dans mediapart auquel je suis, par ailleurs, abonné et qui a un système de blogs très commode et je dirais même intéressant pour les échanges avec les lecteurs puisque, sur la vingtaine de textes que j'ai publiés chez cet hébergeur, plusieurs ont même été publiés en première page du Journal ou du Club qui sont les deux voies de publication à mediapart (la voie normale et courante étant le Club).

J'avais hésité à adopter cette solution, car je craignais que ne puissent lire mes blogs dans mediapart que des gens qui étaient eux-mêmes abonnés à mediapart. Fort heureusement, il n'en est rien ; si la lecture du "journal" est réservée dans la partie gauche de la page d'accueil, l'accès est libre pour la partie droite qui est intitulée le "club" et dans lequel sont présentés les textes des blogueurs.

Je vais donc continuer, pendant un certain temps, la double publication (ici et dans mediapart). Pour vous permettre de vous y habituer si vous le souhaitez, je vous explique en deux mots l'accès à mon blog de mediapart qui est extrêmement simple.

Voici la marche à suivre.

Vous tapez dans Google ou ailleurs mediapart.fr (sans accent sur e)

Vous arrivez alors sur la page d'accueil .

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Je n'ai pas fait l'exercice moi-même mais il y a, dans mon espace personnel, une rubrique "contacts" qui doit, je pense, permettre à celles et ceux qui s'y inscrivent de recevoir automatiquement par courrier électronique le blog du jour, un peu comme dans le blog actuel de Google. Je vais m'informer sur ce détail et je vous donnerai le résultat de mes investigations.

Je ne saurais que vous conseillez d'aller faire un tour sur mediapart.fr ne serait-ce que pour voir si ce procédé vous convient, même si ce n'est pas très compliqué pour moi de publier mon texte quotidien sur ces deux supports comme je le fais. Vous allez sur l'un ou l'autre des mes posts en cliquant simplement sur le titre dans la liste.

Bonne lecture et amitiés à toutes et tous