Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire (mais en ce temps de rénovation pédagogique, la répétition demeure néanmoins "l'âme de l'enseignement"), la presse française est tellement "aux ordres" qu'il n'y a même pas besoin de lui en donner. Elle prévient les désirs du gouvernement ; comme dans Andromaque, Pyrrhus, dont les refus prévenaient les larmes de sa bien-aimée, les journalistes français pourraient dire à Fabius et Hollande : "Que leur refus de parler du Mali ont prévenu leurs ordres".
L'élection présidentielle malienne était censée tourner à la gloire de l'influence française. La France, sottement soucieuse d'instaurer une pseudo démocratie dans la bergerie malienne pour mieux y introduire le loup américain, avait; contre le bon sens et le désir de beaucoup de Maliens, maintenu l'élection présidentielle au 28 juillet 2013. Ce vote, présenté au départ comme un extraordinaire succès, avait été alors l'objet de nombreux articles et commentaires célébrant naturellement tous la rare clairvoyance du gouvernement français dans ce choix, que d'aucuns s'étaient obstinés à juger hasardeux, voire malencontreux.
Depuis dimanche soir, en revanche, le silence est de rigueur dans la toute presse française.
Les résultats de l'élection devaient être donnés mardi 30 juillet 2013 à 17 heures, ce qui est déjà bien long, en dépit de l'étendue du territoire, car la situation a radicalement changé en Afrique depuis la généralisation des téléphones portables et de l'internet.
On a commencé par annoncer le mardi que les résultats n'arriveraient que mercredi 31 puis, dans la suite, qu'ils ne seraient donnés que vendredi 2 août 2013 c'est-à-dire aujourd'hui même, où je n'ai encore rien vu venir, les seuls articles français datant de trois jours. Le communiqué du gouvernement malien donne la date nouvelle sans la moindre explication !
On ne pourra guère aller au-delà de cette date, puisque la loi constitutionnelle malienne oblige à publier les résultats électoraux au maximum dans les cinq jours qui suivent l'élection. Avec un nombre de bulletins qui ne doit pas dépasser les 3,5 millions, mettre plus de cinq jours pour les compter est effectivement d'autant plus long que, d'après les informations qui ont circulé, le vote des 200.000 Maliens de France a été très difficile et de peu d'importance et que, dans les pays étrangers voisins, où se trouvent des réfugiés maliens, l'élection s'est réduite à très peu de chose.
Cette élection qui était présentée au départ comme triomphale tant pour la France (et L. Fabius surtout) que pour la démocratie locale, commence à être sérieusement contestée, en particulier par le candidat qui serait arrivé en deuxième position derrière Keita. La chose n'est pas très surprenante d'ailleurs, puisque la position de Keita est forte surtout dans le Sud et la région de Bamako alors que Cissé a un électorat potentiel qui se situe plutôt dans le Nord où les élections se sont déroulées dans des conditions beaucoup plus contestables.
On se prépare donc, sur place, à une campagne de contestation a déjà commencé en particulier du côté des partisans de Cissé par une remise en cause les résultats de ces élections qui, dans le meilleur des cas, conduira à un deuxième tour prévu pour la mi-août. Retarder ainsi la publication des résultats du premier tour incite naturellement à penser qu'on se donne ainsi le temps d'en trafiquer les résultats. On peut donc craindre que les choses ne tournent plus mal encore, en particulier dans le nord du pays.
Tout cela était éminemment prévisible et quasiment écrit dans le ciel ; les conditions de cette élection ont été telles qu'il ne sera sans doute pas difficile de trouver une masse considérable de motifs de contestation et d'annulation. Fort heureusement aujourd'hui même a eu lieu le dernier conseil des ministres français et tous nos politiques seront en vacances, ce qui ne manquera pas de permettre de jeter un voile pudique sur cette affaire malienne ou de l'oublier, sans pour autant la régler, comme on le verra très certainement à la rentrée... sinon avant, car le brave capitaine Sanogo doit suivre tout ça de près !
vendredi 2 août 2013
mercredi 31 juillet 2013
Ils sont fous ces Ricains !
Étrange pays que
les États-Unis, et sur tous les plans ; si admirable par certains côtés, si
déconcertant voire absurde par d'autres.
Dans ce pays, où
il est, somme toute, moins dangereux pour le voyageur de passer en douce dans
sa valise, une kalachnikov qu'un sauciflard ou un camembert au lait cru, le
principe de précaution est poussé à l'extrême mais le laxisme mercantile total.
Ainsi, en même
temps, on y laisse les drugstores vendre toutes sortes de produits
"para-pharmaceutiques" (au sens étymologique), tous plus trafiqués et
falsifiés les uns que les autres, dont la moindre république bananière
interdirait la vente et l'usage . À côté de cela leur US Food and Drug
Administration est un organisme de vérification des plus sourcilleux. Plus que
notre propre Répression des fraudes puisque la FDA a examine avec tant de soin
des gousses de vanille venues de France qu'elle s'est aperçue que des
importateurs, évidemment français, vendaient des gousses de vanille "rechargées"
à la vanilline artificielle, après en avoir extrait la vanilline pure et
naturelle pour la vendre sous cette forme. Notre service compétent, lui, n'y
avait évidemment vu que du feu !
Le pire est toutefois
la justice américaine ; vue de loin, à la différence de la nôtre, si souvent
"indulgente aux grands, dure aux petits", elle apparaît toutefois,
souvent, comme totalement schizophrène, présentant à la fois une rigueur
puritaine sans défaut et un laxisme qui tolère les pires des accommodements. C
Cette réflexion
m'est inspirée, une fois de plus, par le cas actuel du soldat Bradley Manning.
On apprend, avec beaucoup de satisfaction, que n'étant plus accusé de "collusion
avec l'ennemi", il ne risque plus, de ce fait même, la prison à vie, tout
en demeurant exposé, si mes oreilles ne m'ont pas trompé, à une condamnation à
162 ans de prison ! Comme je le disais en commençant, ils sont fous ces Ricains
!
On le voit aussi,
et peut-être surtout, dans les curieux arrangements auxquels donne lieu la
justice américaine quand on a les moyens de payer les victimes, réelles ou
supposées, comme dans le cas, qui défraya naguère la chronique, du joueur de
football américain accusé de meurtres avec des preuves irréfutables. Plus
récemment, on a découvert que tous les scandales, esquissés ou déclenchés par
la pédophilie de Michael Jackson, maintenant avérée, ont trouvé leurs
conclusions dans des solutions de compromis avec le paiement d'indemnités
faramineuses aux parents des victimes, réelles ou supposées. Je laisse cette dernière
question ouverte car ce type d'arrangements enclenche inévitablement un
processus de candidatures multiples, fondées ou non, à ce genre de tractations.
On a pu en voir
encore un exemple dans le déroulement grotesque du procès de DSK ; ce dernier,
exhibé, dans les débuts, menotté et encadré publiquement par des policiers, a
été finalement, plus ou moins blanchi, en dépit du sperme, des collants
déchirés, etc., dans le jugement final, moyennant un million de dollars!
Il en
est de même pour les mensonges publics des présidents ; on a été sans pitié
pour ceux de Richard Nixon et d'une indulgence totale à l'égard de ceux de
Clinton, qui est actuellement le président le plus populaire et celui dont les
tarifs oratoires sont les plus élevés !
Va comprendre Charles !
mardi 30 juillet 2013
Jean-François Copé est-il un "zeru zeru" ?
Jean-François Copé est-il un "zeru zeru" ? Vous n'en savez rien et la question vous paraît de toute évidence saugrenue. Vous n'avez pas à rougir de cette ignorance car un zeru zeru est, en swahili et dans l'Afrique orientale et centrale, un "fantôme" et, plus particulièrement c'est le nom que l'on donne aux albinos, dont j'ai parlé dans un précédent billet sans m'attirer les remarques que je craignais.
Les albinos passent en effet pour jouer un rôle important dans les pratiques magiques traditionnelles ; posséder une partie du corps d'un albinos donnerait un pouvoir immense pour guérir (forniquer avec une femme albinos guérit même le sida!), acquérir la richesse ou réussir en politique. C'est ce qui explique les disparitions et les meurtres de ces pauvres albinos que l'on enlève et dépèce ensuite pour faire commerce de leurs membres et de leurs organes ; un bras d'albinos se négocie aux environs de 2000 $ en Tanzanie et la tête ou le sexe bien davantage encore, en raison des puissances magiques qu'ils recèlent.
Rassurez-vous, Jean-François Copé n'est assurément pas un albinos et il n'est pas exposé à un sort si cruel dans son séjour africain, mais ses singularités font qu'il semble en avoir les vertus magiques aux yeux de certains Africains, en raison sans doute de ses caractères exceptionnels. Ils peuvent évoquer celui des mélanodermes sans mélanine, quand on entend ce contempteur vengeur de la xylolalie pratiquer la langue de bois avec autant de constance que de talent. N'est-il pas d'ailleurs, selon Wikipédia, le fils d'un proctologue-comédien réputé, lauréat de nombreux prix pour ses films sur l'anus et par ailleurs acteur dans la série "Plus belle la vie"?
La presse française fait, en ce moment grand cas des 30 000 € (son entourage conteste le chiffre et parle d'un simple défraiement) qu'il aurait touchés pour faire une conférence à Brazzaville. La somme paraît assurément considérable pour certains, mais elle modeste pour d'autres, puisque le tarif de Nicolas Sarkozy est considérablement plus élevé, ce qui n'est sans doute pas pour plaire à Jean-François Copé,. La presse française fait ses choux gras de cette affaire, dénonçant "l'affairisme" de l'UMP, en oubliant simplement que certains dignitaires du PS en font tout autant.
Peu importe d'ailleurs, car l'intérêt de cette affaire est ailleurs et en particulier dans l'organisme qui finance toute cette opération. Cette prétendue conférence du 23 juillet 2013 à Brazzaville n'a sans doute pas été prise en charge, en dépit des apparences, par l'État congolais (il s'agit du Congo-Brazzaville qui n'est pas la RDC, le Congo dit démocratique, situé de l'autre côté du fleuve), mais par le magazine américain Forbes dont on ne connaît que le côté pipole mais qui est bien autre chose. Depuis deux ans, en effet, il tente, avec lui-même des financements plus discretssans doute, de s'installer sur le terrain africain. Il y a juste un an dans cette même ville de Brazzaville, on a lancé le magazine Forbes Afrique, à grand son de trompe, avec comme parrains françafricains Dominique de Villepin et Jean-Pierre Raffarin. L'offensive américaine double celle de la même entreprise éditoriale : Forbes Africa, lancé en 2011 à Johannesburg et reprise, il y a quelques semaines, à Libreville au Gabon, à travers le « New York Forum for Africa ». Ne comptez pas sur la presse française pour vous en parler, allez plutôt faire un tour dans le réseau Nerrati-Press !
Tout cela procède naturellement de l'offensive américaine sur l'Afrique et ces divers avatars de Forbes sont naturellement des chevaux de Troie africains des Etats-Unis qui s'efforcent, sur des terrains différents, de contrer la mainmise de plus en plus forte des Chinois sur l'Afrique. Si officiellement, le président Obama a choisi de s'opposer à la Chine essentiellement en Asie, cela n'empêche nullement de placer des pions sur le terrain africain, au Nord comme au Sud, en essayant de jouer la carte des dirigeants et des industriels sur un terrain différent de celui de la Chine. Il n'est d'ailleurs pas indifférent que les trois versions du Forbes Magazine lancent leurs offensives depuis le Gabon, la RSA et le Congo. Ce n'est évidemment pas par hasard si n'ont pas été choisis des Etats qui auraient pourtant plus besoin encore de l'aide au développement qui est la tarte à la crème de ces nouveaux forums.
Pour comprendre quelle est la finalité réelle de ces actions, il suffit de voir d'ailleurs quels en sont les invités (en dehors de Jean-François Copé lui-même qui ne fait pas mystère du fait qu'il a le soutien des principaux industriels français implantés en Afrique; ils auraient même promis quelques millions d'euros de dons, selon une stratégie bien connue mais qui est rarement suivie d'effet). Un des principaux est l'inévitable Kofi Annan qui, avant d'être secrétaire général des Nations Unies, avait été à la tête de la "United Bank for Africa"! Tout cela n'a rien d'étonnant, quand on se souvient que le magazine Forbes, depuis sa création, a toujours été très proche du parti républicain des États-Unis, à travers les présidents Reagan et Bush et du lobby de l'immigration cubaine pré-castriste, très présente aux États-Unis. Forbes et le développement MDR ou LOL au choix !
Une des curiosités de ce forum africain est la présente de deux Français dont on ne parle guère ; le premier est Bernard Kouchner qui a curieusement fait une réapparition soudaine dans les médias et dont les honoraires étaient infiniment supérieurs à ceux de ce pauvre Jean-François Copé puisqu'on se souvient qu'il avait touché d'Omar Bongo, dit-on, 400 000 € en 2004 pour un rapport d'une vingtaine de pages, ce qui met le record du prix de la page très au-delà de celui qu'avait établi Madame Tiberi. Le second Français, ou plutôt la seconde Française (quoiqu'elle soit d'origine belge) est Christine Ockrent qui, réduite aux maigres émoluments de France-Culture, ne dédaigne pas de faire des "ménages" pour les Américains, mettant ainsi à profit ses compétences linguistiques si rares dans le milieu journalistique français. Sa présence favorisera-t-elle, selon la thématique de la réunion "l'émergence des classes moyennes en Afrique", on peut en douter. Espérons pour elle que ses honoraires seront au moins égaux à ceux de Jean-François Copé. De toute façon on ne peut que souhaiter que l'émergence des classes moyennes en Afrique affecte, de ce fait, au premier chef, le Congo Brazzaville puisque cet Etat n'est qu'à la 142e place selon l'indicateur de développement humain du PNUD.
Les albinos passent en effet pour jouer un rôle important dans les pratiques magiques traditionnelles ; posséder une partie du corps d'un albinos donnerait un pouvoir immense pour guérir (forniquer avec une femme albinos guérit même le sida!), acquérir la richesse ou réussir en politique. C'est ce qui explique les disparitions et les meurtres de ces pauvres albinos que l'on enlève et dépèce ensuite pour faire commerce de leurs membres et de leurs organes ; un bras d'albinos se négocie aux environs de 2000 $ en Tanzanie et la tête ou le sexe bien davantage encore, en raison des puissances magiques qu'ils recèlent.
Rassurez-vous, Jean-François Copé n'est assurément pas un albinos et il n'est pas exposé à un sort si cruel dans son séjour africain, mais ses singularités font qu'il semble en avoir les vertus magiques aux yeux de certains Africains, en raison sans doute de ses caractères exceptionnels. Ils peuvent évoquer celui des mélanodermes sans mélanine, quand on entend ce contempteur vengeur de la xylolalie pratiquer la langue de bois avec autant de constance que de talent. N'est-il pas d'ailleurs, selon Wikipédia, le fils d'un proctologue-comédien réputé, lauréat de nombreux prix pour ses films sur l'anus et par ailleurs acteur dans la série "Plus belle la vie"?
La presse française fait, en ce moment grand cas des 30 000 € (son entourage conteste le chiffre et parle d'un simple défraiement) qu'il aurait touchés pour faire une conférence à Brazzaville. La somme paraît assurément considérable pour certains, mais elle modeste pour d'autres, puisque le tarif de Nicolas Sarkozy est considérablement plus élevé, ce qui n'est sans doute pas pour plaire à Jean-François Copé,. La presse française fait ses choux gras de cette affaire, dénonçant "l'affairisme" de l'UMP, en oubliant simplement que certains dignitaires du PS en font tout autant.
Peu importe d'ailleurs, car l'intérêt de cette affaire est ailleurs et en particulier dans l'organisme qui finance toute cette opération. Cette prétendue conférence du 23 juillet 2013 à Brazzaville n'a sans doute pas été prise en charge, en dépit des apparences, par l'État congolais (il s'agit du Congo-Brazzaville qui n'est pas la RDC, le Congo dit démocratique, situé de l'autre côté du fleuve), mais par le magazine américain Forbes dont on ne connaît que le côté pipole mais qui est bien autre chose. Depuis deux ans, en effet, il tente, avec lui-même des financements plus discretssans doute, de s'installer sur le terrain africain. Il y a juste un an dans cette même ville de Brazzaville, on a lancé le magazine Forbes Afrique, à grand son de trompe, avec comme parrains françafricains Dominique de Villepin et Jean-Pierre Raffarin. L'offensive américaine double celle de la même entreprise éditoriale : Forbes Africa, lancé en 2011 à Johannesburg et reprise, il y a quelques semaines, à Libreville au Gabon, à travers le « New York Forum for Africa ». Ne comptez pas sur la presse française pour vous en parler, allez plutôt faire un tour dans le réseau Nerrati-Press !
Tout cela procède naturellement de l'offensive américaine sur l'Afrique et ces divers avatars de Forbes sont naturellement des chevaux de Troie africains des Etats-Unis qui s'efforcent, sur des terrains différents, de contrer la mainmise de plus en plus forte des Chinois sur l'Afrique. Si officiellement, le président Obama a choisi de s'opposer à la Chine essentiellement en Asie, cela n'empêche nullement de placer des pions sur le terrain africain, au Nord comme au Sud, en essayant de jouer la carte des dirigeants et des industriels sur un terrain différent de celui de la Chine. Il n'est d'ailleurs pas indifférent que les trois versions du Forbes Magazine lancent leurs offensives depuis le Gabon, la RSA et le Congo. Ce n'est évidemment pas par hasard si n'ont pas été choisis des Etats qui auraient pourtant plus besoin encore de l'aide au développement qui est la tarte à la crème de ces nouveaux forums.
Pour comprendre quelle est la finalité réelle de ces actions, il suffit de voir d'ailleurs quels en sont les invités (en dehors de Jean-François Copé lui-même qui ne fait pas mystère du fait qu'il a le soutien des principaux industriels français implantés en Afrique; ils auraient même promis quelques millions d'euros de dons, selon une stratégie bien connue mais qui est rarement suivie d'effet). Un des principaux est l'inévitable Kofi Annan qui, avant d'être secrétaire général des Nations Unies, avait été à la tête de la "United Bank for Africa"! Tout cela n'a rien d'étonnant, quand on se souvient que le magazine Forbes, depuis sa création, a toujours été très proche du parti républicain des États-Unis, à travers les présidents Reagan et Bush et du lobby de l'immigration cubaine pré-castriste, très présente aux États-Unis. Forbes et le développement MDR ou LOL au choix !
Une des curiosités de ce forum africain est la présente de deux Français dont on ne parle guère ; le premier est Bernard Kouchner qui a curieusement fait une réapparition soudaine dans les médias et dont les honoraires étaient infiniment supérieurs à ceux de ce pauvre Jean-François Copé puisqu'on se souvient qu'il avait touché d'Omar Bongo, dit-on, 400 000 € en 2004 pour un rapport d'une vingtaine de pages, ce qui met le record du prix de la page très au-delà de celui qu'avait établi Madame Tiberi. Le second Français, ou plutôt la seconde Française (quoiqu'elle soit d'origine belge) est Christine Ockrent qui, réduite aux maigres émoluments de France-Culture, ne dédaigne pas de faire des "ménages" pour les Américains, mettant ainsi à profit ses compétences linguistiques si rares dans le milieu journalistique français. Sa présence favorisera-t-elle, selon la thématique de la réunion "l'émergence des classes moyennes en Afrique", on peut en douter. Espérons pour elle que ses honoraires seront au moins égaux à ceux de Jean-François Copé. De toute façon on ne peut que souhaiter que l'émergence des classes moyennes en Afrique affecte, de ce fait, au premier chef, le Congo Brazzaville puisque cet Etat n'est qu'à la 142e place selon l'indicateur de développement humain du PNUD.
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lundi 29 juillet 2013
Affaire DSKuzac
Pauvre Jaurès ! Pauvre Mendes-France ! Pauvres socialistes qui, dans le passé (et peut-être même dans le présent), ont cru à l'idéal socialiste ! On a pu dire "Autrefois, on mourrait pour la République, aujourd'hui on en vit!". On peut désormais ajouter que non seulement on en vit (et sur un grand pied) mais qu'en outre, on la vole! Que peuvent penser ces grands républicains (d'où qu'ils pensent) devant le spectacle que donnent deux des principaux hommes politiques de cette mouvance que, curieusement, leur proximité de comportements conduit à rapprocher en un mot valise "l'affaire DSK-uzac".
Ne revenons pas sur Cahuzac ! Il est probable que le Bourbon Comedy Club nous a donné, avec la seconde audition de Cahuzac, la dernière de ces représentations devenues, au fil du temps et des invités, si réjouissantes, du moins sur le plan dramaturgique. Il faut reconnaître que les choses allaient s'améliorant après la venue des hautes personnalités comme Pierre Moscovici ou Christiane Taubira qui avaient tenu leur rôle avec beaucoup de sérieux, mais de façon conventionnelle. Les prestations plus récentes, de Stéphane Fouks d'abord, puis de Cahuzac ensuite, ont été particulièrement remarquables.
On se prenait même à rêver d'une suite plus plaisante encore puisque, lors de la dernière représentation, plusieurs membres UMP de la Commission avaient réclamé, fort légitimement dans leur position, une confrontation, de toute évidence indispensable, entre Cahuzac et Moscovici puisqu'ils étaient, l'un et l'autre sous serment, en total désaccord sur la fameuse réunion du 16 janvier 2013, dont ce pauvre Jérôme Cahuzac n'avait pas gardé le moindre souvenir, en dépit de l'importance capitale qu'elle avait pour lui, puisqu'elle l'avait mis en présence, pour la première et seule fois, avec les plus hautes autorités politiques dont dépendait son sort. Le pauvre homme !
On se pourléchait les babines d'avance de pouvoir assister à ce nouveau show, d'autant que le rapporteur (PS) Claeys, devant ces demandes convergentes et raisonnables, auxquelles ne semblaient pas s'opposer les membres socialistes de la commission vu leur mutisme, nous avait laissé espérer un moment réjouissant. Toutefois, sans vouloir, comme on aurait pu l'imaginer, prendre une décision immédiate et souveraine, (la commission étant réunie, elle pouvait donc tout à fait le faire sur le champ), le rapporteur (et non le président) nous avait annoncé solennellement qu'il allait "faire des propositions" sur cette question.
Bernique ! La rue de Solférino et Monsieur Désir en ont sans doute décidé autrement et on vérifie une fois de plus le célèbre vers de Corneille : "Et le Désir s'accroit quand l'effet se recule" (et non "quand les fesses reculent", comme me le proposait mon facétieux Dragon 12!). Hélas, nous n'aurons donc sans doute pas la suite et nous ne pouvons que le regretter, vu la qualité des précédentes représentations.
On a ici l'illustration du fonctionnement de notre justice elle-même, dont la lenteur entraîne régulièrement sa condamnation par les instances européennes ; elle tient à ce que, dans une danse sur place, sans doute pleine à la fois de majesté et de grâce, elle est parfaitement inefficace, car quand elle fait un pas en avant, elle en fait aussitôt un autre pour reculer. En la circonstance, la prétendue "proposition" du rapporteur de la commission Cahuzac visait à en rester là, en créant un sentiment général de frustration et d'insatisfaction. Tout cela donne à penser que le beau et chevelu Jérôme a gardé du biscuit de ses fréquents passages aux photocopieuses de Bercy!
Pour l'autre grand socialiste, DSK, le 28 mars 2011, le parquet de Lille avait, sur la base des informations dont il disposait depuis deux mois, ouvert une information judiciaire pour « proxénétisme en bande organisée, association de malfaiteurs et blanchiment en bande organisée ». Le champ des investigations et les griefs s'étaient encore accrus dans la suite par la mention supplémentaire de « faux et usage de faux, abus de biens sociaux et escroquerie » au préjudice des sociétés auxquelles on avait fait payer toutes sortes de prestations, depuis la rémunération des prostituées, la location des chambres d'hôtels et surtout les voyages, parfois lointains, puisqu'il s'agissait de conduire les intéressé(e)s jusqu'en Amérique.
On avait donc cru un moment que les choses suivraient leur cours, mais une proposition de non-lieu est alors faite, pourtant sur les mêmes bases naturellement, par le procureur. Il n'en a finalement rien été et elle n'a pas été suivie par les juges. Toutefois, la notion de "bande organisée", pourtant centrale et évidente, a été supprimée des chefs d'inculpation, ce qui, je crois, fait passer de la Cour d'assises à la Correctionnelle! On reconnaît ici l'allégorie commune de la Justice : la balance pour peser les deux dossiers et le glaive pour couper la poire en deux !
Le détail des éléments recueillis et en particulier les conversations téléphoniques enregistrées ne laissent pourtant aucun doute sur le caractère d'organisation dans cette affaire ; dans tous les cas, il fallait même attendre que s'expriment les désirs de DSK, aussi bien sur les dates et les lieux que sur le cheptel retenu et les exigences de services formulées, pour que soient mis en place le dispositif et la logistique de transport du matériel.
Dans ces conditions il est donc bien difficile à DSK de plaider (comme d'autres... suivez mon regard) que tout cela été fait « à l'insu de son plein gré », bien que "en y réfléchissant", il admette qu'il peut se juger "naïf"!
On comprend toutefois aisément que lui-même ait pu être abusé, étant donné son charme irrésistible et le succès permanent qu'il a auprès de toutes les dames, qu'il s'agisse de journalistes débutantes qui viennent l'interviewer, de secrétaires, de collègues du parti socialiste ou même de femmes de chambre noires d'hôtel américain. Non seulement aucune ne résiste à son embonpoint prometteur, mais toutes le poursuivent et l'assiègent sans cesse, tandis que sa complaisance est sans limite.
Le charme de DSK est si puissant et si évident qu'on ne comprend pas que son ami Stéphane Fouks n'ait pas songé à en faire le George Clooney de quelques campagnes publicitaires qui auraient pu lui procurer de substantiels revenus. Tout indique, en effet, que DSK, ainsi que d'autres grandes figures passées du parti socialiste, est, comme dit le bon peuple, « près de ses sous » ; la moindre dépense qu'il parvient à éviter, dans quelque domaine que ce soit, double le plaisir qu'il peut retirer de la chose, ce qui explique son addiction toute spéciale aux plaisirs de la chair gratuits. Le pauvre homme !
La seule question, dans toute cette affaire, tient aux vrais mobiles de l'étrange générosité de ces hommes d'affaires et de ces policiers ; les premiers se montraient d'autant plus généreux que leurs complaisances se fondaient sur l'escroquerie. Tous les frais étaient assumés, en effet, par des sociétés qu'on escroquaient à coup de fausses factures. Que des hommes d'affaires achètent, aux frais de leurs sociétés, les services de politiques n'est pas chose très nouvelle, mais ils en retirent toujours des bénéfices. Quels pouvaient-ils être ici ? On le voit assez ! On pourrait donc espérer au moins que lorsque la justice est saisie d'une affaire pareille, où l'Etat même est en cause au plus haut niveau et où les faits apparaissent avec tant d'évidence, elle se montre inflexible et n'escamote pas le mode d'organisation de ces libéralités, alors qu'il y a là un témoignage irréfutable et accablant sur le fonctionnement de notre système politique, administratif et financier.
Qu'il s'agisse de scanners et d'I.R.M. dans un cas ou de galipettes et d'inflations (comme dirait Madame Dati) tarifées-gratuites dans l'autre, c'est bien la même réalité ignoble et consternante que nous découvrons sous les oripeaux de la politique et de la franc-maçonnerie.
Tout ça ne sent pas très bon et les mots ont une fois de plus l'initiative, fût-elle dans un facteur commun scatologique ! DSK- Cahuzac ou DS - caca -Huzac ?
Ne revenons pas sur Cahuzac ! Il est probable que le Bourbon Comedy Club nous a donné, avec la seconde audition de Cahuzac, la dernière de ces représentations devenues, au fil du temps et des invités, si réjouissantes, du moins sur le plan dramaturgique. Il faut reconnaître que les choses allaient s'améliorant après la venue des hautes personnalités comme Pierre Moscovici ou Christiane Taubira qui avaient tenu leur rôle avec beaucoup de sérieux, mais de façon conventionnelle. Les prestations plus récentes, de Stéphane Fouks d'abord, puis de Cahuzac ensuite, ont été particulièrement remarquables.
On se prenait même à rêver d'une suite plus plaisante encore puisque, lors de la dernière représentation, plusieurs membres UMP de la Commission avaient réclamé, fort légitimement dans leur position, une confrontation, de toute évidence indispensable, entre Cahuzac et Moscovici puisqu'ils étaient, l'un et l'autre sous serment, en total désaccord sur la fameuse réunion du 16 janvier 2013, dont ce pauvre Jérôme Cahuzac n'avait pas gardé le moindre souvenir, en dépit de l'importance capitale qu'elle avait pour lui, puisqu'elle l'avait mis en présence, pour la première et seule fois, avec les plus hautes autorités politiques dont dépendait son sort. Le pauvre homme !
On se pourléchait les babines d'avance de pouvoir assister à ce nouveau show, d'autant que le rapporteur (PS) Claeys, devant ces demandes convergentes et raisonnables, auxquelles ne semblaient pas s'opposer les membres socialistes de la commission vu leur mutisme, nous avait laissé espérer un moment réjouissant. Toutefois, sans vouloir, comme on aurait pu l'imaginer, prendre une décision immédiate et souveraine, (la commission étant réunie, elle pouvait donc tout à fait le faire sur le champ), le rapporteur (et non le président) nous avait annoncé solennellement qu'il allait "faire des propositions" sur cette question.
Bernique ! La rue de Solférino et Monsieur Désir en ont sans doute décidé autrement et on vérifie une fois de plus le célèbre vers de Corneille : "Et le Désir s'accroit quand l'effet se recule" (et non "quand les fesses reculent", comme me le proposait mon facétieux Dragon 12!). Hélas, nous n'aurons donc sans doute pas la suite et nous ne pouvons que le regretter, vu la qualité des précédentes représentations.
On a ici l'illustration du fonctionnement de notre justice elle-même, dont la lenteur entraîne régulièrement sa condamnation par les instances européennes ; elle tient à ce que, dans une danse sur place, sans doute pleine à la fois de majesté et de grâce, elle est parfaitement inefficace, car quand elle fait un pas en avant, elle en fait aussitôt un autre pour reculer. En la circonstance, la prétendue "proposition" du rapporteur de la commission Cahuzac visait à en rester là, en créant un sentiment général de frustration et d'insatisfaction. Tout cela donne à penser que le beau et chevelu Jérôme a gardé du biscuit de ses fréquents passages aux photocopieuses de Bercy!
Pour l'autre grand socialiste, DSK, le 28 mars 2011, le parquet de Lille avait, sur la base des informations dont il disposait depuis deux mois, ouvert une information judiciaire pour « proxénétisme en bande organisée, association de malfaiteurs et blanchiment en bande organisée ». Le champ des investigations et les griefs s'étaient encore accrus dans la suite par la mention supplémentaire de « faux et usage de faux, abus de biens sociaux et escroquerie » au préjudice des sociétés auxquelles on avait fait payer toutes sortes de prestations, depuis la rémunération des prostituées, la location des chambres d'hôtels et surtout les voyages, parfois lointains, puisqu'il s'agissait de conduire les intéressé(e)s jusqu'en Amérique.
On avait donc cru un moment que les choses suivraient leur cours, mais une proposition de non-lieu est alors faite, pourtant sur les mêmes bases naturellement, par le procureur. Il n'en a finalement rien été et elle n'a pas été suivie par les juges. Toutefois, la notion de "bande organisée", pourtant centrale et évidente, a été supprimée des chefs d'inculpation, ce qui, je crois, fait passer de la Cour d'assises à la Correctionnelle! On reconnaît ici l'allégorie commune de la Justice : la balance pour peser les deux dossiers et le glaive pour couper la poire en deux !
Le détail des éléments recueillis et en particulier les conversations téléphoniques enregistrées ne laissent pourtant aucun doute sur le caractère d'organisation dans cette affaire ; dans tous les cas, il fallait même attendre que s'expriment les désirs de DSK, aussi bien sur les dates et les lieux que sur le cheptel retenu et les exigences de services formulées, pour que soient mis en place le dispositif et la logistique de transport du matériel.
Dans ces conditions il est donc bien difficile à DSK de plaider (comme d'autres... suivez mon regard) que tout cela été fait « à l'insu de son plein gré », bien que "en y réfléchissant", il admette qu'il peut se juger "naïf"!
On comprend toutefois aisément que lui-même ait pu être abusé, étant donné son charme irrésistible et le succès permanent qu'il a auprès de toutes les dames, qu'il s'agisse de journalistes débutantes qui viennent l'interviewer, de secrétaires, de collègues du parti socialiste ou même de femmes de chambre noires d'hôtel américain. Non seulement aucune ne résiste à son embonpoint prometteur, mais toutes le poursuivent et l'assiègent sans cesse, tandis que sa complaisance est sans limite.
Le charme de DSK est si puissant et si évident qu'on ne comprend pas que son ami Stéphane Fouks n'ait pas songé à en faire le George Clooney de quelques campagnes publicitaires qui auraient pu lui procurer de substantiels revenus. Tout indique, en effet, que DSK, ainsi que d'autres grandes figures passées du parti socialiste, est, comme dit le bon peuple, « près de ses sous » ; la moindre dépense qu'il parvient à éviter, dans quelque domaine que ce soit, double le plaisir qu'il peut retirer de la chose, ce qui explique son addiction toute spéciale aux plaisirs de la chair gratuits. Le pauvre homme !
La seule question, dans toute cette affaire, tient aux vrais mobiles de l'étrange générosité de ces hommes d'affaires et de ces policiers ; les premiers se montraient d'autant plus généreux que leurs complaisances se fondaient sur l'escroquerie. Tous les frais étaient assumés, en effet, par des sociétés qu'on escroquaient à coup de fausses factures. Que des hommes d'affaires achètent, aux frais de leurs sociétés, les services de politiques n'est pas chose très nouvelle, mais ils en retirent toujours des bénéfices. Quels pouvaient-ils être ici ? On le voit assez ! On pourrait donc espérer au moins que lorsque la justice est saisie d'une affaire pareille, où l'Etat même est en cause au plus haut niveau et où les faits apparaissent avec tant d'évidence, elle se montre inflexible et n'escamote pas le mode d'organisation de ces libéralités, alors qu'il y a là un témoignage irréfutable et accablant sur le fonctionnement de notre système politique, administratif et financier.
Qu'il s'agisse de scanners et d'I.R.M. dans un cas ou de galipettes et d'inflations (comme dirait Madame Dati) tarifées-gratuites dans l'autre, c'est bien la même réalité ignoble et consternante que nous découvrons sous les oripeaux de la politique et de la franc-maçonnerie.
Tout ça ne sent pas très bon et les mots ont une fois de plus l'initiative, fût-elle dans un facteur commun scatologique ! DSK- Cahuzac ou DS - caca -Huzac ?
samedi 27 juillet 2013
La loi Fioraso et l'anglais à l'université : "Much ado about nothing"
J'étais fermement décidé à ne pas revenir sur la loi Fioraso, dans l'attente de ses premiers effets et résultats qui, dans la torpeur universitaire estivale, ne semblent pas des plus encourageants, mais voici qu'en ce samedi matin 20 juillet 2013, Monsieur Alain Finkielkraut, avec son émission "Répliques" sur France Culture, a réveillé la bête. Il avait, en effet, choisi comme thème du dialogue qu'il dirige à ce moment-là (mais peut-être était ce une "redif." vu la saison) "l'anglais à l'université". Il faut dire que la discussion a été ce qu'elle devait être, c'est-à-dire sans grand intérêt. Elle opposait un journaliste, rédacteur en chef au service France des Echos, paraît-il spécialiste de la question, et un étudiant (polytechnicien me semble-t-il) qui devait être un des anciens élèves de Finkielkraut qui officie dans cet établissement.
La discussion elle-même a été ce qu'elle devait être, Finkielkraut y jouant le rôle de pseudo arbitre et déployant, dans cet office, le nationalisme linguistique qu'on peut attendre de sa part ; le journaliste lui était chargé de la défense de l'enseignement en anglais et invoquait, sur ce point, l'exemple des grandes écoles de commerce, tout en mettant les échecs et la mauvaise santé de notre commerce extérieur sur notre ignorance généralisée de l'anglais. Son adversaire, l'ancien brillant étudiant, alléguait, en revanche, la nécessité de garder au français sa place et de résister de toutes nos forces à la perfide Albion.
Bref, rien que de très banal dans ces argumentaires.
Le seul point d'accord, un peu involontaire d'ailleurs, entre les deux parties était la reconnaissance de la mauvaise connaissance que nous-autres Français avons de l'anglais, puisqu'en Europe, nous sommes, de toute évidence, juste après les Anglais eux-mêmes qui sont totalement monolingues, les plus mauvais en matière de pratique des langues étrangères. Les statistiques du ministère de l'éducation nationale nous indiquent, semble-t-il, que le niveau d'anglais des élèves du secondaire ne cesse de baisser. Quant aux enseignements donnés en anglais par des professeurs français dans les universités, (en économie et en management surtout), ou dans les écoles d'ingénieurs, ils sont d'une si mauvaise qualité linguistique que même les élèves de ces établissements ou les étudiants s'en rendent compte et trouvent quelque peu ridicules les maîtres qui s'essayent à leur donner des enseignements dans une langue qu'ils ne maîtrisent pas eux-mêmes. A un tout autre niveau, les cours d'anglais donnés dans le primaire par des professeurs des écoles incompétents, ne conduisent qu'à donner aux enfants de mauvaises habitudes articulatoires dont, dans la suite, les vrais professeurs d'anglais ont le plus grand mal à les débarrasser.
C'est tout à fait ce que je pensais et que j'avais moi-même dit dans un blog précédent, en soutenant qu'on avait pas lieu de craindre de voir les professeurs de nos universités se mettre à enseigner en anglais pour la simple et bonne raison que, pour la plupart, ils en sont totalement incapables, ce qui n'a rien ni d'étonnant ni de scandaleux.
Toutefois, dans ce débat, sur la question des étudiants étrangers, dont on se demandait s'ils continueraient à venir en France pour y recevoir des enseignements universitaires en anglais, j'ai été stupéfait d'entendre les deux intervenants tenir des propos qui témoignaient d'une totale ignorance des réalités universitaires internationales qu'ils évoquaient. À cet égard, ils ont en effet esquissé une comparaison entre les universités françaises et américaines, en n'évoquant d'ailleurs que les plus grandes qui sont peut-être les seules dont ils connaissent les noms et en se demandant si, suite à la loi Fioraso, les étudiants étrangers ne choisiraient pas plutôt les établissements américains, quitte à y recevoir un enseignement en anglais.
L'aspect qu'ils ont totalement occulté, pourtant essentiel et premier mais dont ils n'ont pas dit un seul mot, est tout simplement le prix comparé des études universitaires d'un côté et de l'autre de l'Atlantique. Alors que les études universitaires françaises sont à peu près gratuites (y compris, dans la plupart des cas, pour les étudiants étrangers), on ne saurait s'inscrire dans une université américaine digne de ce nom (même d'Etat, si l'on est étranger à l'Etat en cause) à moins de 40.000 ou 50.000 $ par an pour les seuls droits d'inscription.
Il est donc évident que ce facteur est essentiel et totalement prohibitif, même pour bien des Américains qui souvent s'endettent pour des décennies afin d'acquitter ces droits. Il faut inévitablement en passer par là, sauf si vous lancez le poids à 22 m, sautez 2,40 m en hauteur ou nagez le 100 mètres en moins de 48 secondes.
Si l'on ajoute qu'en France, bon nombre d'étudiants (en particulier venant du Sud ou du Moyen-Orient), sont de faux étudiants qui ne s'inscrivent à l'université française que pour obtenir le titre de séjour, le risque de l'incidence de quelques enseignements en anglais (de l'ordre de 2 % environ) sur le fonctionnement universitaire français n'a pas de raison sérieuse d'être pris en considération ; si la loi Fioraso pose des problèmes dans l'avenir, ils se situeront très certainement ailleurs.
Sur ce point précis du bilan de cette loi, le Sénat a proposé l'amendement suivant sous la forme d'un article 2 bis :
"Dans un délai de trois ans à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet aux commissions permanentes compétentes de l’Assemblée nationale et du Sénat un rapport évaluant l’impact, dans les établissements publics et privés d’enseignement supérieur, de l’article 2 de la présente loi sur l’emploi du français, l’évolution de l’offre de formations en langues étrangères, la mise en place d’enseignements de la langue française à destination des étudiants étrangers et l’évolution de l’offre d’enseignements en langue française dans des établissements étrangers.". Wait and see !
Much ado about nothing, c'est-à-dire, pour faire plaisir à Finkielkraut, "Beaucoup de bruit pour rien!". N'était-ce pas là un leurre pour détourner l'attention de questions plus importantes ?
La discussion elle-même a été ce qu'elle devait être, Finkielkraut y jouant le rôle de pseudo arbitre et déployant, dans cet office, le nationalisme linguistique qu'on peut attendre de sa part ; le journaliste lui était chargé de la défense de l'enseignement en anglais et invoquait, sur ce point, l'exemple des grandes écoles de commerce, tout en mettant les échecs et la mauvaise santé de notre commerce extérieur sur notre ignorance généralisée de l'anglais. Son adversaire, l'ancien brillant étudiant, alléguait, en revanche, la nécessité de garder au français sa place et de résister de toutes nos forces à la perfide Albion.
Bref, rien que de très banal dans ces argumentaires.
Le seul point d'accord, un peu involontaire d'ailleurs, entre les deux parties était la reconnaissance de la mauvaise connaissance que nous-autres Français avons de l'anglais, puisqu'en Europe, nous sommes, de toute évidence, juste après les Anglais eux-mêmes qui sont totalement monolingues, les plus mauvais en matière de pratique des langues étrangères. Les statistiques du ministère de l'éducation nationale nous indiquent, semble-t-il, que le niveau d'anglais des élèves du secondaire ne cesse de baisser. Quant aux enseignements donnés en anglais par des professeurs français dans les universités, (en économie et en management surtout), ou dans les écoles d'ingénieurs, ils sont d'une si mauvaise qualité linguistique que même les élèves de ces établissements ou les étudiants s'en rendent compte et trouvent quelque peu ridicules les maîtres qui s'essayent à leur donner des enseignements dans une langue qu'ils ne maîtrisent pas eux-mêmes. A un tout autre niveau, les cours d'anglais donnés dans le primaire par des professeurs des écoles incompétents, ne conduisent qu'à donner aux enfants de mauvaises habitudes articulatoires dont, dans la suite, les vrais professeurs d'anglais ont le plus grand mal à les débarrasser.
C'est tout à fait ce que je pensais et que j'avais moi-même dit dans un blog précédent, en soutenant qu'on avait pas lieu de craindre de voir les professeurs de nos universités se mettre à enseigner en anglais pour la simple et bonne raison que, pour la plupart, ils en sont totalement incapables, ce qui n'a rien ni d'étonnant ni de scandaleux.
Toutefois, dans ce débat, sur la question des étudiants étrangers, dont on se demandait s'ils continueraient à venir en France pour y recevoir des enseignements universitaires en anglais, j'ai été stupéfait d'entendre les deux intervenants tenir des propos qui témoignaient d'une totale ignorance des réalités universitaires internationales qu'ils évoquaient. À cet égard, ils ont en effet esquissé une comparaison entre les universités françaises et américaines, en n'évoquant d'ailleurs que les plus grandes qui sont peut-être les seules dont ils connaissent les noms et en se demandant si, suite à la loi Fioraso, les étudiants étrangers ne choisiraient pas plutôt les établissements américains, quitte à y recevoir un enseignement en anglais.
L'aspect qu'ils ont totalement occulté, pourtant essentiel et premier mais dont ils n'ont pas dit un seul mot, est tout simplement le prix comparé des études universitaires d'un côté et de l'autre de l'Atlantique. Alors que les études universitaires françaises sont à peu près gratuites (y compris, dans la plupart des cas, pour les étudiants étrangers), on ne saurait s'inscrire dans une université américaine digne de ce nom (même d'Etat, si l'on est étranger à l'Etat en cause) à moins de 40.000 ou 50.000 $ par an pour les seuls droits d'inscription.
Il est donc évident que ce facteur est essentiel et totalement prohibitif, même pour bien des Américains qui souvent s'endettent pour des décennies afin d'acquitter ces droits. Il faut inévitablement en passer par là, sauf si vous lancez le poids à 22 m, sautez 2,40 m en hauteur ou nagez le 100 mètres en moins de 48 secondes.
Si l'on ajoute qu'en France, bon nombre d'étudiants (en particulier venant du Sud ou du Moyen-Orient), sont de faux étudiants qui ne s'inscrivent à l'université française que pour obtenir le titre de séjour, le risque de l'incidence de quelques enseignements en anglais (de l'ordre de 2 % environ) sur le fonctionnement universitaire français n'a pas de raison sérieuse d'être pris en considération ; si la loi Fioraso pose des problèmes dans l'avenir, ils se situeront très certainement ailleurs.
Sur ce point précis du bilan de cette loi, le Sénat a proposé l'amendement suivant sous la forme d'un article 2 bis :
"Dans un délai de trois ans à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet aux commissions permanentes compétentes de l’Assemblée nationale et du Sénat un rapport évaluant l’impact, dans les établissements publics et privés d’enseignement supérieur, de l’article 2 de la présente loi sur l’emploi du français, l’évolution de l’offre de formations en langues étrangères, la mise en place d’enseignements de la langue française à destination des étudiants étrangers et l’évolution de l’offre d’enseignements en langue française dans des établissements étrangers.". Wait and see !
Much ado about nothing, c'est-à-dire, pour faire plaisir à Finkielkraut, "Beaucoup de bruit pour rien!". N'était-ce pas là un leurre pour détourner l'attention de questions plus importantes ?
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vendredi 26 juillet 2013
Mali pré-électoral
Si vous voulez envisager, avec sérénité voire avec allégresse, la situation du Mali préélectoral, lisez donc l'analyse ou plutôt la peinture qu'en a faite, dans le JDD, le fringant général Grégoire de Saint Quentin (avec un nom pareil, comment ne pas voir le monde sous les couleurs les plus riantes ?), tout récemment nommé responsable des Forces Spéciales Françaises (ne ménageons pas les majuscules!) au Mali.
Quelques extraits choisis : " L’armée malienne a été défaite et ses matériels ont été détruits. Il faut du temps pour reconstruire tout cela dans un pays aussi vaste. [...] Nous ne pouvons pas parler de victoire militaire au sens où vous évoqueriez celle de 1945 sur l’Allemagne. Mais nous sommes dans une dynamique de succès militaires répétés que beaucoup auraient estimés inespérés il y a six mois.
Le calendrier de retrait est fixé par le président de la République: 3.200 hommes durant la période électorale [Il ne semble pas s'agir là du "retrait" mais bien plutôt du maintien, toutefois le deuxième classe que j'ai été ne va pas chicaner pour si peu le général de Saint Quentin], puis une réduction progressive et coordonnée à partir de la rentrée [de quoi ?] pour finalement atteindre environ 1.000 hommes en fin d’année. Un arrangement technique vient d’être signé avec l’ONU. Notre liberté d’action reste entière puisque nos troupes resteront sous mandat français".
C'est SAS revu par la bibliothèque rose ! Tout va pour le mieux dans les montagnes du Hoggar, même si la belle Antinea ne s'y baigne plus et si l'on n'y bivouaque plus guère sous la lune, comme au bon temps de Frison Roche.
Les Tamasheq, les "peaux rouges" du coin comme les Maliens mélanoderrmes du Sud, sont facétieux ; les enlèvements ne sont que des blagues qui se résolvent très vite dans la bonne humeur ; quant aux disparitions, elles ne sont qu'une forme locale du jeu du loup caché, bien ancré dans la tradition nationale.
Avec Grégoire de Saint Quentin, on renoue presque avec la grande tradition du roman militaire colonial dont le valeureux spahi et l'Homme bleu sont des figures majeure ; c'est aussi, ne l'oublions pas, dans le sable chaud du désert que le légionnaire prend cette bonne odeur qu'apprécient tant les dames, au moins dans les chansons.
Je n'en dirai pas davantage sur le sujet de peur de tomber sous le coup de la diffamation qui dans la législation française, fort sourcilleuse à cet égard, est punie avec la plus extrême sévérité. Je ne me hasarderai certes pas à publier pareils propos dans Le képi blanc qui est, on le sait, l'organe de notre valeureuse Légion Etrangère (je me couvre encore par un usage immodéré des majuscules), mais le mauvais esprit des blogueurs étant bien connu, je prends néanmoins le risque de cette introduction insolente.
Délaissant les vues lénifiantes de Monsieur de Saint Quentin, je trouve, en revanche, dans la presse malienne, des propos un peu différents.
Au départ, on a beaucoup critiqué le choix, apparemment irréfléchi, de la date de la campagne électorale de l'élection présidentielle qui coïncide avec le ramadan. On peut toutefois s'interroger pour savoir si c'était là une simple ignorance de la réalité locale ou, bien au contraire, un savant calcul pour essayer d'apaiser les esprits et de limiter au maximum les troubles qui pourraient résulter de cette campagne. Le jeûne, la chaleur, la fatigue, tout cela pouvait au contraire contribuer à empêcher la campagne électorale de prendre ici ou là un cours fâcheux. Il est en effet clair que le Mali comporte beaucoup plus de Musulmans (90 % au moins) qui observent le jeûne que d'électeurs qui sans doute ne seront guère plus de 20 %, quelques soient les conditions de déroulement de ce scrutin. Beaucoup d'observateurs s'accordent à penser qu'il est, en fait, difficile de concilier campagne électorale et jeûne du ramadan et que les manifestations de rue bruyantes avec de la musique, des cortèges, etc. sont, comme on pouvait le prévoir, totalement absentes. À part les meetings d'ouverture, on n'a même guère observé de signes de campagne électorale dans les rues de Bamako. De toute façon, en ce qui concerne le Nord et la région de Kidal, très rares sont les candidats qui s'y sont risqués (trois ou quatre au maximum) ; ils se sont bornés à des voyages-éclairs, destinés surtout à rendre hommage et à faire allégeance, non sans quelque calcul, aux potentats tamasheq locaux dont ils espèrent vaguement le soutien.
Un autre aspect de la campagne, dont la presse française ne parle évidemment pas, est le rôle des marabouts et sorciers de tous poils dans ce genre d'affaire. Il en est, en effet, des campagnes électorales comme des matchs de football et les politiques africains sont souvent tout aussi soucieux de appuis surnaturels que les dirigeants des clubs de football. On a donc toujours largement recours aux secrets et aux moyens occultes pour accéder au pouvoir comme, dans la suite, pour s'y maintenir. Djenné ( La cité des marabouts selon le titre de l'ouvrage de G. Mommersteeg) est le centre et le temple de ces pratiques. On y a vu converger, depuis des semaines, dit-on, beaucoup de candidats à la présidentielle, arrivés dans de grosses voitures aux vitres teintées ; ils ne venaient assurément pas là pour la célèbre grande mosquée ni pour le patrimoine architectural que l'UNESCO a inscrit au patrimoine de l'humanité.
À en croire certaines rumeurs, il n'est même pas sûr que ne perdurent pas des pratiques rituelles dont certaines comporteraient même, dit-on, des sacrifices humains pour se procurer certaines parties des victimes indispensables dans des pratiques magiques. Comme dans nombre de pays africains, de l'Est comme de l'Ouest, les albinos sont des proies que recherchent tout particulièrement les sorciers pour leurs pratiques rituelles ; ils ont donc tout intérêt à se planquer et surtout à numéroter leurs abattis, si j'ose dire, vu le prix du moindre morceau d'albinos ! Des disparitions inexpliquées pourraient avoir de telles origines. On comprendra que tout cela reste très discret, même si la permanence et le nombre des rumeurs à ce propos encouragent à leur accorder quelque attention. De toute façon, dans le Mali actuel, une disparition de plus ou de moins n'est pas pour inquiéter qui que ce soit. Quant à la place du maraboutisme plus classique et moins secret, une simple visite au "marché des sorciers" de Cotonou, au Bénin, haut lieu de ces pratiques, suffit à convaincre de leur pérennité et de leur succès.
En tout état de cause, une chose est sûre : les conditions de déroulement du scrutin du dimanche 28 juillet 2013 (absence de listes comme de cartes électorales, etc.), tant dans l'ensemble du Nord-Mali (et en France même...) que plus particulièrement dans la région de Kidal, sont telles qu'il est fort peu probable que ses résultats puissent être entérinés ; il est plus sûr encore qu'ils seront évidemment riches de motifs de contestations par tous ceux qui sortiront de cette élection dans des positions moins bonnes que celles qu'ils avaient espérées.
Quelques extraits choisis : " L’armée malienne a été défaite et ses matériels ont été détruits. Il faut du temps pour reconstruire tout cela dans un pays aussi vaste. [...] Nous ne pouvons pas parler de victoire militaire au sens où vous évoqueriez celle de 1945 sur l’Allemagne. Mais nous sommes dans une dynamique de succès militaires répétés que beaucoup auraient estimés inespérés il y a six mois.
Le calendrier de retrait est fixé par le président de la République: 3.200 hommes durant la période électorale [Il ne semble pas s'agir là du "retrait" mais bien plutôt du maintien, toutefois le deuxième classe que j'ai été ne va pas chicaner pour si peu le général de Saint Quentin], puis une réduction progressive et coordonnée à partir de la rentrée [de quoi ?] pour finalement atteindre environ 1.000 hommes en fin d’année. Un arrangement technique vient d’être signé avec l’ONU. Notre liberté d’action reste entière puisque nos troupes resteront sous mandat français".
C'est SAS revu par la bibliothèque rose ! Tout va pour le mieux dans les montagnes du Hoggar, même si la belle Antinea ne s'y baigne plus et si l'on n'y bivouaque plus guère sous la lune, comme au bon temps de Frison Roche.
Les Tamasheq, les "peaux rouges" du coin comme les Maliens mélanoderrmes du Sud, sont facétieux ; les enlèvements ne sont que des blagues qui se résolvent très vite dans la bonne humeur ; quant aux disparitions, elles ne sont qu'une forme locale du jeu du loup caché, bien ancré dans la tradition nationale.
Avec Grégoire de Saint Quentin, on renoue presque avec la grande tradition du roman militaire colonial dont le valeureux spahi et l'Homme bleu sont des figures majeure ; c'est aussi, ne l'oublions pas, dans le sable chaud du désert que le légionnaire prend cette bonne odeur qu'apprécient tant les dames, au moins dans les chansons.
Je n'en dirai pas davantage sur le sujet de peur de tomber sous le coup de la diffamation qui dans la législation française, fort sourcilleuse à cet égard, est punie avec la plus extrême sévérité. Je ne me hasarderai certes pas à publier pareils propos dans Le képi blanc qui est, on le sait, l'organe de notre valeureuse Légion Etrangère (je me couvre encore par un usage immodéré des majuscules), mais le mauvais esprit des blogueurs étant bien connu, je prends néanmoins le risque de cette introduction insolente.
Délaissant les vues lénifiantes de Monsieur de Saint Quentin, je trouve, en revanche, dans la presse malienne, des propos un peu différents.
Au départ, on a beaucoup critiqué le choix, apparemment irréfléchi, de la date de la campagne électorale de l'élection présidentielle qui coïncide avec le ramadan. On peut toutefois s'interroger pour savoir si c'était là une simple ignorance de la réalité locale ou, bien au contraire, un savant calcul pour essayer d'apaiser les esprits et de limiter au maximum les troubles qui pourraient résulter de cette campagne. Le jeûne, la chaleur, la fatigue, tout cela pouvait au contraire contribuer à empêcher la campagne électorale de prendre ici ou là un cours fâcheux. Il est en effet clair que le Mali comporte beaucoup plus de Musulmans (90 % au moins) qui observent le jeûne que d'électeurs qui sans doute ne seront guère plus de 20 %, quelques soient les conditions de déroulement de ce scrutin. Beaucoup d'observateurs s'accordent à penser qu'il est, en fait, difficile de concilier campagne électorale et jeûne du ramadan et que les manifestations de rue bruyantes avec de la musique, des cortèges, etc. sont, comme on pouvait le prévoir, totalement absentes. À part les meetings d'ouverture, on n'a même guère observé de signes de campagne électorale dans les rues de Bamako. De toute façon, en ce qui concerne le Nord et la région de Kidal, très rares sont les candidats qui s'y sont risqués (trois ou quatre au maximum) ; ils se sont bornés à des voyages-éclairs, destinés surtout à rendre hommage et à faire allégeance, non sans quelque calcul, aux potentats tamasheq locaux dont ils espèrent vaguement le soutien.
Un autre aspect de la campagne, dont la presse française ne parle évidemment pas, est le rôle des marabouts et sorciers de tous poils dans ce genre d'affaire. Il en est, en effet, des campagnes électorales comme des matchs de football et les politiques africains sont souvent tout aussi soucieux de appuis surnaturels que les dirigeants des clubs de football. On a donc toujours largement recours aux secrets et aux moyens occultes pour accéder au pouvoir comme, dans la suite, pour s'y maintenir. Djenné ( La cité des marabouts selon le titre de l'ouvrage de G. Mommersteeg) est le centre et le temple de ces pratiques. On y a vu converger, depuis des semaines, dit-on, beaucoup de candidats à la présidentielle, arrivés dans de grosses voitures aux vitres teintées ; ils ne venaient assurément pas là pour la célèbre grande mosquée ni pour le patrimoine architectural que l'UNESCO a inscrit au patrimoine de l'humanité.
À en croire certaines rumeurs, il n'est même pas sûr que ne perdurent pas des pratiques rituelles dont certaines comporteraient même, dit-on, des sacrifices humains pour se procurer certaines parties des victimes indispensables dans des pratiques magiques. Comme dans nombre de pays africains, de l'Est comme de l'Ouest, les albinos sont des proies que recherchent tout particulièrement les sorciers pour leurs pratiques rituelles ; ils ont donc tout intérêt à se planquer et surtout à numéroter leurs abattis, si j'ose dire, vu le prix du moindre morceau d'albinos ! Des disparitions inexpliquées pourraient avoir de telles origines. On comprendra que tout cela reste très discret, même si la permanence et le nombre des rumeurs à ce propos encouragent à leur accorder quelque attention. De toute façon, dans le Mali actuel, une disparition de plus ou de moins n'est pas pour inquiéter qui que ce soit. Quant à la place du maraboutisme plus classique et moins secret, une simple visite au "marché des sorciers" de Cotonou, au Bénin, haut lieu de ces pratiques, suffit à convaincre de leur pérennité et de leur succès.
En tout état de cause, une chose est sûre : les conditions de déroulement du scrutin du dimanche 28 juillet 2013 (absence de listes comme de cartes électorales, etc.), tant dans l'ensemble du Nord-Mali (et en France même...) que plus particulièrement dans la région de Kidal, sont telles qu'il est fort peu probable que ses résultats puissent être entérinés ; il est plus sûr encore qu'ils seront évidemment riches de motifs de contestations par tous ceux qui sortiront de cette élection dans des positions moins bonnes que celles qu'ils avaient espérées.
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jeudi 25 juillet 2013
Bourbon Comedy Club : vers une fin grotesque ou le triomphe de Jean-Marc Ayrault ?
La plupart des séances d'audition du Bourbon Comedy Club, parfois nommé Commission Cahuzac, étaient réjouissantes par le ridicule des situations et des propos. On s'achemine sans doute vers un épilogue simplement grotesque, tout finissant en queue de poisson et le vainqueur étant sans doute Cahuzac lui même, fort des dossiers photocopiés à Bercy !
Pourtant, lors de la dernière audition de Jérôme Cahuzac et compte tenu de ses propres contradictions et de celles présentait sa version de la "réunion du 16 janvier 2013 avec celle qu'avait exposée Pierre Moscovici, on s'acheminait vers une ultime audition qui, en confrontant l'un et l'autre, ferait sans doute apparaître la vérité. La version amnésique de Jérôme Cahuzac était d'autant plus insoutenable, ne serait-ce qu'au plan psychologique, qu'il avait dû reconnaître sa visite, aussi insolite qu'inopportune, à Bruno Bézard, à Bercy. Il y avait donc toute chance que la confrontation avec Moscovici, en mettant en évidence les mensonges de Cahuzac (devant la commission, donc sous serment) ouvre un nouveau volet dans cette affaire pour faux témoignage.
Plusieurs intervenants avaient d'ailleurs suggéré la nécessité de cette confrontation et le nul ne semblait s'y opposer. Le rapporteur, le PS André Claeys avait laissé entendre qu'il ferait des "propositions" (et probablement dans ce sens croyait-on comprendre) pour faire apparaître la vérité. Sauf oubli ou omission de ma part, il n'a pas été question de faire venir Jean-Marc Ayrault devant la commission, ce qui simplifiait beaucoup les choses, puisque Pierre Moscovici avait déjà été entendu par elle.
Par ailleurs, son témoignage était inutile puisque Jean-Marc Ayrault avait déjà fait savoir publiquement que Pierre Moscovici disait la vérité à propos de cette réunion informelle qui s'était tenue le 16 janvier en marge du conseil des ministres.
On s'attendait donc à une solution de ce type. Coup de théâtre le lendemain, lors de la nouvelle réunion de la commission sur ces questions, avec seulement 18 membres présents sur les 40 qu'elle comporte (courageux mais pas téméraires !). La commission par dix voix (socialistes sans doute) contre huit ( UMP ?) refuse l'audition de Jean-Marc Ayrault, dont il n'avait absolument pas été question dans la seconde audition de Jérôme Cahuzac.
Il était évident, depuis le début, que la plupart des membres UMP cherchaient, assez stupidement d'ailleurs, à attirer l'affaire sur le terrain politique général et que, au fond, la question de Jérôme Cahuzac, assez claire, était à leurs yeux très secondaire ; la seule chose qui avait pu préoccuper les moins sots d'entre eux étant la morgue irritante de l'ancien ministre.
Christian Jacob, président du groupe UMP à l'assemblée, en tire la conclusion que si le Premier Ministre ne vient pas devant la Commission « ça veut dire qu'il a quelque chose à cacher et on est sans doute encore sur un autre scandale derrière cette affaire Cahuzac". Cette réflexion est évidemment stupide mais la question n'est pas là.
On est simplement en présence de l'habituelle sottise de beaucoup de nos hommes politiques. Je vais donc les éclairer et leur donner quelques conseils, gratuits comme toujours, quoique, depuis l'audition de Monsieur Stéphane Fouks et de la révélation plus ancienne de quelques salaires de conseillers dans d'autres circonstances, on sache que le tarif mensuel du conseilleur politique est au minimum de 12.000 € par mois. Je ferai donc faire de considérables économies (je ne sais pas trop à qui d'ailleurs) en leur faisant quelques suggestions de bien meilleur aloi que leurs pitoyables "éléments de langage" (expression d'ailleurs incorrecte et dépourvue de sens !).
Rien pour Monsieur Jacob qui ferait mieux de retourner à ses labours. Je crois que l'attitude des socialistes comme celle de l'UMP est stupide et ne fait que le jeu des extrêmes c'est-à-dire de Mélenchon et de Marine Le Pen comme d'habitude. Laissons donc ce truisme.
Pour l'affaire Cahuzac; il n'avait jamais été question de faire venir Jean-Marc Ayrault mais Pierre Moscovici ; il fallait s'en tenir là, ce qui était la seule solution à la fois rationnelle, efficace et surtout définitive.
Vu la panique de Claeys en fin de séance, je suppose que les membres du PS (le courageux Désir en tête) ont sauté sur la sotte proposition UMP de convoquer Jean-Marc Ayrault (rien de pire que les imbéciles qui se croient géniaux) pour ne pas reconvoquer Moscovici et se donner la possibilité de refuser la venue d'Ayrault.
S'il se montre un peu astucieux en la circonstance, le seul bénéficiaire de toutes ces sottises comme du retrait de la commission des parlementaires UMP devrait être Jean-Marc Ayrault lui-même, s'il se montre assez habile.
Il doit, de sa propre initiative et à frans son de trompes, DEMANDER à être entendu par la Commission. Résultat des courses ?
Les membres UMP seront bien obligés d'y revenir, penauds, la queue comme l'oreille basses.
Le témoignage de Moscovici, qui prouve le mensonge de Jérôme Cahuzac (sous serment devant la commission) devient inutile car il sera avéré par un nouveau témoignage ; le parjure pourra alors être traduit en justice pour ses mensonges.
Enfin et c'est le plus intéressant pour lui, Jean-Marc Ayrault, qu'on présente toujours comme un mollasson, sans énergie ni idée, apparaîtra soudain comme le grand triomphateur dans cette affaire par son courage, sa volonté d'en finir et de faire se manifester enfin la vérité.
Bravo Jean-Marc Ayrault et qu'est-ce qu'on dit au Monsieur ?
Pourtant, lors de la dernière audition de Jérôme Cahuzac et compte tenu de ses propres contradictions et de celles présentait sa version de la "réunion du 16 janvier 2013 avec celle qu'avait exposée Pierre Moscovici, on s'acheminait vers une ultime audition qui, en confrontant l'un et l'autre, ferait sans doute apparaître la vérité. La version amnésique de Jérôme Cahuzac était d'autant plus insoutenable, ne serait-ce qu'au plan psychologique, qu'il avait dû reconnaître sa visite, aussi insolite qu'inopportune, à Bruno Bézard, à Bercy. Il y avait donc toute chance que la confrontation avec Moscovici, en mettant en évidence les mensonges de Cahuzac (devant la commission, donc sous serment) ouvre un nouveau volet dans cette affaire pour faux témoignage.
Plusieurs intervenants avaient d'ailleurs suggéré la nécessité de cette confrontation et le nul ne semblait s'y opposer. Le rapporteur, le PS André Claeys avait laissé entendre qu'il ferait des "propositions" (et probablement dans ce sens croyait-on comprendre) pour faire apparaître la vérité. Sauf oubli ou omission de ma part, il n'a pas été question de faire venir Jean-Marc Ayrault devant la commission, ce qui simplifiait beaucoup les choses, puisque Pierre Moscovici avait déjà été entendu par elle.
Par ailleurs, son témoignage était inutile puisque Jean-Marc Ayrault avait déjà fait savoir publiquement que Pierre Moscovici disait la vérité à propos de cette réunion informelle qui s'était tenue le 16 janvier en marge du conseil des ministres.
On s'attendait donc à une solution de ce type. Coup de théâtre le lendemain, lors de la nouvelle réunion de la commission sur ces questions, avec seulement 18 membres présents sur les 40 qu'elle comporte (courageux mais pas téméraires !). La commission par dix voix (socialistes sans doute) contre huit ( UMP ?) refuse l'audition de Jean-Marc Ayrault, dont il n'avait absolument pas été question dans la seconde audition de Jérôme Cahuzac.
Il était évident, depuis le début, que la plupart des membres UMP cherchaient, assez stupidement d'ailleurs, à attirer l'affaire sur le terrain politique général et que, au fond, la question de Jérôme Cahuzac, assez claire, était à leurs yeux très secondaire ; la seule chose qui avait pu préoccuper les moins sots d'entre eux étant la morgue irritante de l'ancien ministre.
Christian Jacob, président du groupe UMP à l'assemblée, en tire la conclusion que si le Premier Ministre ne vient pas devant la Commission « ça veut dire qu'il a quelque chose à cacher et on est sans doute encore sur un autre scandale derrière cette affaire Cahuzac". Cette réflexion est évidemment stupide mais la question n'est pas là.
On est simplement en présence de l'habituelle sottise de beaucoup de nos hommes politiques. Je vais donc les éclairer et leur donner quelques conseils, gratuits comme toujours, quoique, depuis l'audition de Monsieur Stéphane Fouks et de la révélation plus ancienne de quelques salaires de conseillers dans d'autres circonstances, on sache que le tarif mensuel du conseilleur politique est au minimum de 12.000 € par mois. Je ferai donc faire de considérables économies (je ne sais pas trop à qui d'ailleurs) en leur faisant quelques suggestions de bien meilleur aloi que leurs pitoyables "éléments de langage" (expression d'ailleurs incorrecte et dépourvue de sens !).
Rien pour Monsieur Jacob qui ferait mieux de retourner à ses labours. Je crois que l'attitude des socialistes comme celle de l'UMP est stupide et ne fait que le jeu des extrêmes c'est-à-dire de Mélenchon et de Marine Le Pen comme d'habitude. Laissons donc ce truisme.
Pour l'affaire Cahuzac; il n'avait jamais été question de faire venir Jean-Marc Ayrault mais Pierre Moscovici ; il fallait s'en tenir là, ce qui était la seule solution à la fois rationnelle, efficace et surtout définitive.
Vu la panique de Claeys en fin de séance, je suppose que les membres du PS (le courageux Désir en tête) ont sauté sur la sotte proposition UMP de convoquer Jean-Marc Ayrault (rien de pire que les imbéciles qui se croient géniaux) pour ne pas reconvoquer Moscovici et se donner la possibilité de refuser la venue d'Ayrault.
S'il se montre un peu astucieux en la circonstance, le seul bénéficiaire de toutes ces sottises comme du retrait de la commission des parlementaires UMP devrait être Jean-Marc Ayrault lui-même, s'il se montre assez habile.
Il doit, de sa propre initiative et à frans son de trompes, DEMANDER à être entendu par la Commission. Résultat des courses ?
Les membres UMP seront bien obligés d'y revenir, penauds, la queue comme l'oreille basses.
Le témoignage de Moscovici, qui prouve le mensonge de Jérôme Cahuzac (sous serment devant la commission) devient inutile car il sera avéré par un nouveau témoignage ; le parjure pourra alors être traduit en justice pour ses mensonges.
Enfin et c'est le plus intéressant pour lui, Jean-Marc Ayrault, qu'on présente toujours comme un mollasson, sans énergie ni idée, apparaîtra soudain comme le grand triomphateur dans cette affaire par son courage, sa volonté d'en finir et de faire se manifester enfin la vérité.
Bravo Jean-Marc Ayrault et qu'est-ce qu'on dit au Monsieur ?
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