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dimanche 7 novembre 2010

Note aux bloqueurs.

La claire déconfiture des manifs du samedi 6 octobre 2010 a conduit, comme on pouvait s'y attendre et comme les propos discordants de la plupart des dirigeants syndicaux le laissaient prévoir, à la fin de l'unité syndicale. C'est un peu dommage car quelques leaders majeurs du syndicalisme français à la télé comme Messieurs Olive (de l’UNSA) et Le Rest (de la CGT SNCF mais avec de peu democratiques majuscules) sont désormais en retraite et ils allaient pouvoir, dans la pleine verdeur intellectuelle et physique de leurs 55 ans et en dépit de la pénibilité manifeste de leur très brève carrière professionnelle passée , se consacrer à l'activité syndicale et à la novation en matière de revendications. L’innovation a même commencé et, à la manif. de samedi où, à défaut du million de manifestants annoncé, on pouvait voir, en ce qui me concerne pour la première fois, CCChhhérèque coiffé d’une superbe casquette rouge modèle CGT qui m’a fait croire un instant, en attendant qu’il ouvre la bouccchhhe qu’il avait soudain changé de camp !

L'échec des manifestations, inévitable et prévisible dans la mesure où elles se prolongeaient très au-delà du raisonnable, devrait conduire à concevoir d'autres formes d'action qui, on le devine déjà, vont consister essentiellement dans des blocages.

Je ne suis pas complètement sûr que bloquer les routes, les accès aux aéroports, à divers lieux de stockage de produits et de carburant ou les dépôts d'ordures, soit réellement inscrit dans le droit de grève. On entend volontiers user, depuis quelque temps, d’une distinction jugée subtile mais totalement fausse et même absurde entre « légal » et « légitime » (la loi sur les retraites serait « légale » mais non légitime). Ce distinguo aberrant a été, me semble-t-il, inventé par Jean Claude Mailly, Secrétaire général de FO, qui tourne au révolutionnaire sur ses vieux jours syndicaux et tente de déborder sur leur gauche la CGT et la CFDT, ce qui doit faire bouillir le nonagénaire Bergeron (le syndicalisme conserve mieux que le travail!). Il faudra, un de ces jours, que je vous fasse une galerie de portraits de ces grands syndicalistes français dont le principal trait commun est qu’ils représentent d’autant mieux les travailleurs qu’ils n’ont eux-mêmes à peu près jamais travaillé de leur vie. Mailly, surnommé non sans raisons « l’apparatchik », est ainsi depuis trente ans permanent de FO. Comme il a 57 ans (le pauvre est l’un des seuls à ne pas voir un régime de retraite « spécial » à 55 ans) et qu’il est entré à la CNAM en 1978, je vous laisse le soin de calculer le nombre d’années durant lesquelles il y a « effectivement » « travaillé », exerçant là l’harassant et dangereux métier de « chargé d’études », tout en commençant a gravir, à temps partiel, les premiers échelons du syndicalisme professionnel.

Bref, revenons à la sémantique qui devrait figurer dans la formation de base des dirigeants syndicaux, ce qui leur éviterait de dire pareilles âneries que les journalistes se gardent bien de souligner, étant sans doute ignorants eux-mêmes du sens exact de ces termes. De telles entraves au travail comme à la circulation sont à la fois, pour le coup, aussi illégales qu’illégitimes, mais le gouvernement semble tout à fait s'en accommoder, ce qui pourrait conduire à penser et à s’interroger.

On est en train d'envisager à Paris, nous dit-on, le blocage total des dépôts d'ordures, ce qui permettra de créer dans notre belle capitale, à peu de frais pour les grévistes comme l’ai montré dans un post précédent, la situation qui a été celle de Marseille pendant plusieurs semaines et qui a conduit à l'exaspération totale une bonne partie de la population locale, qui pourtant, au départ, paraissait majoritairement favorable aux revendications.

Après l'aéroport de Marseille, on a bloqué celui de Toulouse et quelques autres ; j'ai ainsi pu voir à la télévision d'innocents voyageurs en détresse se lancer, à travers champs, avec leurs bagages pour tenter d’aller prendre leur avion. Je pense en particulier à une vieille dame qui traînait à grand peine sa valise en direction de l’aérogare. Je ne doute pas un instant que tous les voyageurs réduits à le faire, manifestement et légitimement forts mécontents, voteront en masse pour Nicolas Sarkozy aux prochaines élections présidentielles, ne serait-ce qu'un souvenir de ces tribulations.

Qu'il s'agisse d'ordures, d'essence ou d'aéroports, les blocages sont les meilleurs modes de recrutement que le Président de la république puisse mettre en oeuvre, à peu de frais, pour se gagner, sans mal, des électeurs lors du prochain scrutin. A coup sûr chacune de ces affaires lui apporte des milliers de suffrages. Je ne pense pas que les organisateurs de ces mouvements soient assez stupides pour ne pas s'en rendre compte !

En revanche, je comprends mal quelle satisfaction ils peuvent trouver à organiser de tels blocages et moins encore quels résultats ils en attendent. Certes, ils permettent à deux ou trois représentants syndicaux de la CGT (on ne voit qu’eux sans doute car ce sont les plus pittoresques dans leurs propos comme par leur accoutrement) de venir, pleins de manifeste satisfaction, pérorer devant micros et caméras. Toutefois, des esprits pervers pourraient imaginer, vu le rôle de la CGT, que, comme d'aucuns le prétendent, une alliance objective unit les secrets commensaux Bernard et Nicolas dans de sombres desseins qu’ils trament, partagent et mènent de conserve, avec naturellement des buts bien différents !

En tout cas, s'ils veulent être efficaces et provoquer réellement le gouvernement comme ils le prétendent, je suggère vivement aux matamores contestataires de la CGT d'aller bloquer la rue de Varenne (accès à l'hôtel Matignon) ou la rue du Faubourg Saint-Honoré (accès à l'Élysée). Je ne doute pas un instant que la réaction du gouvernement soit alors aussi rapide qu’efficace.

Évidemment, il est plus simple et moins susceptible de réaction vive d'empêcher une vieille dame toulousaine d'aller prendre son avion pour aller voir son petit-fils à Paris où un brave Marseillais d'aller passer sa semaine de vacances annuelle à Marrakech ! Quant aux ordures parisiennes, j'espère, pour le salut national, que les secteurs de la rue de Varenne et de la rue du Faubourg Saint-Honoré seront épargnés par l’accumulation des ordures !

Comme disait notre Buonaparte, devant l'église Saint-Roch en 1795, avant de commander le feu ; « Que les honnêtes gens rentrent chez eux, je ne tire que sur la canaille ! »

vendredi 5 novembre 2010

Patrick Lozès : l’éCRAN noir de la diversité

Faute d'avoir trouvé un endroit plus approprié sur votre site pour publier mon "commentaire" et surtout parce qu'il excède le nombre de caractères autorisés, je n'ai d'autre "choix" que d'avoir recours à votre hospitalité. Vous voudrez bien pardonner cette privauté!

Patrick Lozès : l’éCRAN noir de la diversité

J’aime bien Usbek que je ne connais pas personnellement je m’empresse de l’écrire en forme d’avertissement. Je fréquente simplement son blog comme on s’assied à la terrasse d’un café plaisant pour y lire son journal. Sauf qu’en guise de journal, c’est le sien que je viens lire régulièrement. Enfin son blog. Ses blogs devrais-je dire puisqu’il en a changé deux fois depuis. Comme si comme qui dirait « ils » avaient eu sa peau. Mais moi je le suis à la trace! Et comme je le sens quelque peu désabusé ces temps-ci je lui offre ce que je lui avait promis depuis, un petit moment de détente avec notre Obama français ou Homais franco-béninois comme se plait à l’appeler ce fripon d’Usbek car il sait pourtant qu’il est totalement français ! En ces temps de « midterm » il ne fait peut-être pas très bon d’être un Obama. Même français !

J’aime moins Patrick Lozès, notre Obama français. Enfin ce qu’il fait à la France et aux Noirs dont il se dit représentatif. Vous n’avez pas remarqué comme chaque fois qu’un type prétend en représenter d’autres il se tire avec la caisse? En politique c’est pire, il les fait cocus! C’est ce qui arrive aux Noirs de France actuellement. Enfin ceux qui ont été assez inconscients pour le porter à leur tête. Bon à grand renfort de people il est vrai. Il a ainsi pu éblouir certaines de ses futures victimes sur l’air des lampions : « wah il va rendre notre cause commune célèbre ». Vous non lui oui. Mais c’est le jeu dans le marigot politico-associatif.

Quel rapport entre tout ceci, soit Usbek et P. Lozès, me demanderez-vous ? Je ne l’aime pas beaucoup, Usbek le sait. Il ne le tient pas en haute estime non plus. Je crois le deviner. Ce qui fait, entre Usbek et moi, au moins un point commun.

C’est donc en vertu des lois de la proxémique que je dépose ce post aux pieds de son auguste personne. Qu’il en fasse le meilleur usage selon son entendement!

Usbek regarde beaucoup la télé et écoute tout autant la radio apparemment. Donc je reste sûr qu’il a vu, comme beaucoup sans doute notre « ami commun » au « Grand Journal » de Canal, le 29 septembre dernier. Il était invité avec le sociologue Hugues Lagrange dont le dernier bouquin, le « Deni des cultures » qui pose la question de la surreprésentation des jeunes issus de l’Afrique sahélienne dans la délinquance en France, fait le « buzz » !

Ah qu’il porte beau notre Patrick Lozès! Délaissant pour une fois la cravate, il arborait un beau costume noir sur chemise blanche avec boutons de manchette s’il vous plaît! Belle allure, grand, beau gosse. Non vraiment rien à dire. Hugues Lagrange, en revanche, ne m’inspire aucun commentaire vestimentaire! Vous comprendrez qu’il a tout du chercheur en sciences humaines, gris, qui ne prend que peu soin de sa personne occupé qu’il est à chercher. C’est là sa fonction « sociétale » comme disent ceux, comme les sociologues qui aiment à jargonner! Je vous la fait courte et passe la substance de leurs échanges. Soit vous les avez vus et c’est tant pis pour vous. Soit vous les avez ratés et c’est tant mieux pour vous. Toutefois, la cession de rattrapage est toujours possible sur internet! « Youtube » ou autre « Dailymotion » !

Néanmoins, une chose m’a frappé. La qualité de l’exposé de notre sociologue gris, qui en l’espèce a fait davantage œuvre d’anthropologue en exposant sa connaissance des français d’origine sahélienne. Ce qui ne semblait pas être le cas de notre Patrick Lozès. Il déroulait comme à son hébétude (ou habitude ?) ses poncifs sur les Etats-Unis si bien qu’Ali Badiou s’empressa de lui couper le sifflet pour lui rappeler que nous étions en France! Le clou du spectacle fut quand Hugues Lagrange cita Birago Diop que Patrick Lozès semblait totalement méconnaitre. A sa décharge aucun des autres acteurs cathodiques ne semblait le connaître non plus!

Mais enfin, c’est bien P. Lozès qui se dit représentatif des Noirs de France ? Comment s’y prend t-il pour ignorer jusqu’à l’existence d’un Birago Diop qui lui ne s’est dit représentatif de rien du tout mais dans lequel tout un chacun peut se reconnaître ?

Voilà qui est Patrick Lozès en suffisance (substance ?). Un squatteur cathodique et radiophonique qui connaît bien mal sinon très peu les Noirs sur le dos desquels il fait son beurre! (Facile! Je le confesse).

J’ai connu le P. Lozès médiatique en 2002, le jour précis m’échappe naturellement. Tout d’un coup une dépêche AFP ou assimilée tombe : « Patrick Lozès, le fils d’un ancien ministre du Bénin est candidat aux élections législatives dans la première circonscription de Paris ».

Je me rappelle m’être fait la réflexion que la France était un grand et si beau pays que parmi tous les candidats, les journalistes-limiers avaient remonté la piste du seul candidat issu de la diversité comme on ne disait pas alors. Intrigué j’ai cherché partout sa photo. L’écran était noir. Pas lui, l’écran. (Me cherchez pas noise, hein !). Je n’en trouvais aucune. A postériorité, je me dis que c’était bien la preuve qu’il sortait de nulle part et n’avait rien fait de palpable! Car enfin, j’en aurais trouvée au moins une, de photo. Même vieille. Un autre idée germa dans mon esprit. Comment un type inconnu au bataillon se voyait offert d’avoir sa candidature citée par l’AFP? Mieux, un peut-être futur député de Paris, dont je ne trouvais même pas une misérable photo, avait déjà son pedigree familial et sa prestigieuse filiation mises en avant.

Donc pour nous résumer. Avant même d’avoir vue une photo de ce candidat inconnu, je savais déjà que son père fut ministre et plusieurs fois en plus. Au Bénin.

Résumons toujours. Donc ce type qui se présente à la députation en France se crois obligé d’expliquer à l’AFP que son père était ministre au Bénin? Dans quel but? Voulait-il devenir député au Bénin et s’est-il trompé? Voilà donc un gars qui pour compenser son déficit de notoriété et la transparence de son action associative ne trouve rien de mieux que de se servir de ce qu’a pu être son père pour devenir à son tour! Vous trouvez ça comment vous? C’est-à-dire que ce monsieur a envoyé un signal aux hommes politiques de tous bords qui sont autant de féodaux se transmettant les sièges et les fiefs électoraux telles des charges vénales de l’Ancien Régime, sur l’air de : « Je suis comme vous « fils de » même si je suis noir ». Ne lui restait qu’à rajouter pour faire bonne mesure « et au fait je n’aime pas le manioc non plus ! ». P. Lozès aurait eu à coup sûr, ce jour-là, sa nomination directe comme « conseiller auprès du sous secrétaire untel ». Il avait juste manqué de CRAN l’animal! Mais il y arrivera, son échine est assez souple et sa morale à géométrie assez variable. Dut-il faire passer tous les Noirs de France par pertes et profits! En attendant, je le trouve assez à CRAN ces temps-ci. Pas vous? Il fait feu de tout bois. « Tintin au Congo », « Le Petit Robert », le dircab d’Hortefeux pour sa circulaires sur les Roms, et maintenant Guerlain !

Voilà dans quelle circonstance j’ai eu connaissance du P. Lozès médiatique se servant déjà du fait d’être noir pour contrebalancer la pureté virginale de son CV associatif!

Depuis, je le vois et l’entends régulièrement. Et je n’aime toujours pas ce qu’il croit représenter. En 2005, à grand renfort médiatique, il a enfin crée son CRAN, à la tête duquel il a été réélu en 2008. Et ça ne s’arrange toujours pas pour les Noirs de France, son fonds de commerce de toujours.

Hier dans les rues de Paris avec un sosie d’Obama pour mesurer les discriminations dont son victimes les Noirs! Aujourd’hui, il lui faut trouver une nouvelle martingale. Peut-être à la faveur du remaniement imminent !

Voilà enfin, cher Usbek que j’ai tenu une promesse maintes fois renouvelée. Je ne suis pas comme vous un « serial bloggeur». Juste un plumitif !

Mes respects du jour !
Huggy-les-bons-tuyaux



Cher Huggy-les-bons-tuyaux
C'est un plaisir et un honneur de vous accueillir en ce modeste blog.
J'avais vu cette émission mais ce jour-là, Monsieur Lagrange, le Bourvil de la sociologie avait encore plus capté mes regards que Lozès!




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mercredi 3 novembre 2010

De Gaulle et Mitterrand.

Dans « l'Edition spéciale » de Canal+ , verc13 heures 30, ce mardi 2 novembre 2010, je viens d'entendre cette pauvre Anne-Elizabeth Lemoine, « chronniqueuse »de son état, se hasarder, pour une fois, hors des sujets futiles ou légers qui lui sont familiers. Toute réjouie, elle croyait, tenir l'intervention du siècle puisqu'elle annonçait, pour le soir et le lendemain, me semble-t-il, deux documentaires sensationnels, l'un sur De Gaulle, l'autre sur Mitterrand. Dans son enthousiasme, elle avait même interrogé à leur propos Dominique de Villepin et Roland Dumas, qui, s’ils ne sont jamais hostile à une passage à la télé, ne constitue nt pas, pour l'un de l'autre cas, le meilleur des choix. On a donc eu ce qu'on devait avoir ; un éloge assez nul du premier et une défense pleine de mauvaise foi du second.

Ce qui a justifié que je me précipite ainsi, contre toutes mes hanitudes, sur mon ordinateur, est que je crains que, d’ici à demain, ne s'affaiblisse ma légitime indignation devant, une fois de plus, la nullité de gens ( Lemoine, mais aussi Colmant, Toussaint, Domenach et Wiezman) qui se prétendent « journalistes » et qui, non seulement sont ignorants, mais ne font même pas l'effort minimal, temporaire et occasionnel, de s'informer un peu sur les sujets de leur émission du jour..
Le document sur De Gaulle est l'oeuvre du retraité mais toujours omniprésent Serge Moati (ce qui est tout dire mais qui nous a évité l’hagiographies supplémentaire de Mitterrand). On y révèle le « vrai visage » de De Gaulle selon Mme Lemoine, mais les révélations sensationnelles qu’elle évoque sont de la plus totale banalité. En gros, on démontre dans ce film que De Gaulle est venu au pouvoir grâce aux partisans de l'Algérie française et qu’il les a « trahis » dans la suite en accordant l'indépendance à l'Algérie. La chose avait toujours été dans ses idées, sans qu'il en parle bien entendu et ce choix se situe naturellement dans le droit fil du discours de Brazzaville. Tout le monde sait ça, y compris et surtout les « pieds-noirs » (comme Moati) et je pense que ces « révélations » ne surprendront personne, n’est-ce pas, cher Marius ! Tout le monde se souvient aussi qu'il imposa ce point de vue à Michel Debré, détail qu'on nous présente comme une révélation exceptionnelle, ce qui ne fait que révéler naturellement l'ignorance encyclopédique de l'histoire chez Mme Lemoine,, ce qui serait, après tout, pardonnable, vu son âge, si elle n'exerçait pas la profession qu'elle prétend être sienne.

Je sais, par hasard mais de source sûre, que De Gaulle dès son arrivée aux affaires en 1959 a commandé à un haut fonctionnaire, dont j’ai connu le fils dans la suite, un rapport sur les mesures qui paraissaient nécessaires à prendre pour garder l'Algérie. Le rapport fait, son auteur vint le remettrer au général qui l’en remercia mais lui dit, en réponse à la question sur l’avenir des mesures préconisées : « Nous ne ferons rien de tout cela, car nous ne garderons pas l'Algérie ! »

Il en est à peu près de même pour le documentaire sur Mitterrand. La grande révélation y tient au comportement de Mitterrand, Garde des sceaux dans le gouvernement de Guy Mollet et au rappel des condamnations à mort en faveur desquelles il se prononça dans les délibérations en conseil des miiustres (Mendès France votant contre) comme à ses refus constants des grâces en faveur des condamnés. Seuls ceux qui ne connaissent ni l’histoire ni le vrai et double visage de Mitterrand peuvent s’étonner des choix du futur grand propagandiste de l'abolition de la peine capitale.

Là encore l’ignorance d'A.E. Lemoine est pardonnable mais on est stupéfait de celle de Nicolas Domenach, journaliste en principe et spécialisé également en politique et en principe, alors que cet éditorialiste (qui est, par ailleuis,le fils de Jean-Marie Domenach !) Il devrait tout de même savoir que, pendant des décennies, l'Humanité et la presse communiste n'ont jamais désigné François Mitterrand autrement que par la formule : « Le dernier ministre qui a fait guillotiner des communistes. »

Comment un journaliste spécialisé peut-il ignorer, ne serait-ce que l'affaire Fernand Yveston, sans doute plus connue que les autres dans la mesure où ce fut, à ma connaissance, le seul non-Algérien guillotiné parmi les dizaines de condamnés qui le furent alors. Ce militant communiste, exécuté en février 1957n’avait au fond que voulu commettre un attentat à l’usine à gaz d’Alger. En réalité, l’attentat fut déjoué. Condamné à mort, il vit son recours en grâce rejeté par René Coty qui suivit sur ce point l’avis du Garde dés sceaux, François Mitterrand. Les derniers mots de F. Yveton qui fut regardé comme un martyr par l’Algérie indépendante, furent, dit-on, « Ma vie compte peu : ce qui compte, c’est l’Algérie, son avenir, et l’Algérie sera libre demain ».

Tout cela est connu de tous ceux qui se sont un peu intéressés à la guerre d'Algérie. Non seulement Mitterrand a été parmi les ministres qui ont voté pour la peine de mort pour les terroristes (Mendès-France avait voté contre lui), mais, en outre, il a rejeté à peu près toutes les demandes en grâce qui lui ont été présentées dans la suite.Question peine de mort, il savait donc de quoi il parlait !

Je n'aurais sans doute pas la possibilité de regarder ces émissions,mais vu la description qui en a été faite par A-E Lemoine, je ne vois pas ce qu’on peut bien y apprendre !En revanche, bonne pub pour le livre de Staura qui, par hasard, sort au même moment !

mardi 2 novembre 2010

Le chapeau fiscal à la sauce bruxelloise

Ce titre un peu étrange mérite assurément explication.

On sait que le bouclier fiscal a suscité, non sans raisons, bien des interrogations, puis, au cours de sa mise en oeuvre, de plus en plus d'indignation quand on a vu comment il fonctionnait La cerise a été placée sur le gâteau, d’abord quand une modeste contribuable octogénaire s’est vu reverser, en quatre ans, 120 millions d'euros de trop-perçu (l’impôt, tout compris, devant être limité à 50 % des impositions sur les sommes déclarées au fisc, ISF compris pour une fortune estimée à poue cette brave dame à 39 milliards !) mais surtout quand, dans le même temps, il est apparu que les multiples conseillers qui l'entourent lui avaient permis de frauder, légalement ou non, le fisc français, en multipliant à son profit aussi bien les niches fiscales que la fraude elle-même par la pure et simple évasion vers la Suisse, les Seychelles, Singapour et quelques autres grisâtres paradis fiscaux.

L'indignation a même fini par gagner les rangs de la majorité ! On comprend toutefois combien il est difficile pour Nicolas Sarkozy de revenir sur une mesure-phare de son quinquennat, dont il n’a cessé, en outre, de dire qu’il n’y toucherait jamais On a certes parlé, sur un plan plus général, (et ce sera sans doute le futur où l'ancien futur Premier Ministre, chargé de cette réforme fiscale, qui se coiffera de ce chapeau, à défaut de le manger), mais il n'empêche que pour Nicolas Sarkozy supprimer ce bouclier fiscal revient à manger un fort indigeste couvre-chef !

Je suis très conscient d'entrer ici dans la spéculation la plus pure, mais je suis néanmoins frappé par quelques faits que, une fois de plus, nul ne semble prendre en compte et il n’est pas encore interdit, en France, de réfléchir un peu sur les faits.

Depuis un an au moins, le débat franco-français autour du bouclier fiscal va bon train et il prend de l’ampleur même hors de la Gauche. A ce propos, comme souvent, l’une des meilleures réflexions autour de cette question a consisté dans un sketch des Guignols de l'Info. On y voyait le facteur de Neuilly-sur-Seine, Olivier Besancenot, faire sa tournée en distribuant aux riches contribuables locaux les enveloppes contenant les chèques à multiples zéros que leur adressaient les services fiscaux au titre du bouclier fiscal ! Besancenot se livrait naturellement à cette tâche, si contraire à ses idées, en maugréant les pires menaces pour le Grand Soir.

Par bonheur et/ou par hasard, voilà que, fort opportunément, la Commission européenne s'est soudain mis en tête de voir, dans cette procédure qui, rappelons-le, date de 2007, une infraction inadmissible au droit européen. Bruxelles ne conteste pas, sur le territoire français national, la légitimité de cette mesure fiscale. En revanche, ce que l’UE souhaite, semble-t-il, protéger, c’est de façon très inattendue, les droits de citoyens français qui, installés en Belgique, se verraient refuser le bénéfice de ce bouclier fiscal.

C’est un peu fort de café comme dit le bon peuple ! La chose paraît même du plus haut comique puisque les dits citoyens français se sont clairement installés en Belgique précisément.pour échapper au régime fiscal français ! On les voit donc assez mal maintenant se plaindre de ne pas en avoir le bénéfice. La menace de la saisine de la cour européenne de justice me paraît donc un tigre de papier habilement conçu par l’adresse, conjointe et secrète, des petites mains de l'Elysée, de Bercy et de Bruxelles.

En effet , cette menace, si peu fondée qu'elle soit, arrive à point pour fournir au gouvernement français une bien commode et très opportune échappatoire. S'il est infiniment peu probable que la Cour de justice, dont les décisions s'imposent aux Etats membres, oblige le gouvernement français à faire bénéficier du bouclier fiscal des évadés fiscaux français réfugiés en Belgique (souvent fraudeurs résidant encore plus ou moins en France), on peut tout à fait allèguer, d’autant plus hypocritement qu’on a peut-être suscité cette mesure, pour expliquer, en France, une éventuelle suppression du bouclier fiscal, le souci diplomatique de ménager les bonnes relations entre la France et l'Union européenne, par ailleurs peu vigilante puisque cette mesure est déjà ancienne.

Il y a donc tout à fait pu avoir entre l'UE et la France une négociation, récente et discrète, impliquant la possibilité sinon la réelle mise en oeuvre d'une procédure de constat d'une infraction au droit européen qui, auparavant n’avait jamais frappé personne.

Tout en contestant, toutefois avec la plus grande modération la légitimité d'une telle procédure, notre ministre du budget a, sur ce point, évoqué « un calendrier » à venir, dans l'élaboration duquel une élégante solution de conciliation pourrait tout à fait trouver sa place. En somme, une bonne sauce bruxelloise pourrait permettre de rendre plus facile, sionon plus agréable, l’ingestion de son chapeau par notre Président!

Dernier élément. Ce problème, tout de même important en ce moment,ne serait-ce que sur le plan symbolique, n'a pas suscité la moindre question de la part des « journalistes » réunis pour la récente conférence de Nicolas Sarkozy à Bruxelles, où l’on a parlé de tout et de rien. Apparemment, les journalistes habilités par l'Union européenne à prendre part aux conférences de presse sont aussi peu curieux et/ou aussi bien dressés et dociles que les journalistes français.

lundi 1 novembre 2010

Piétinage ou AMX?

Vous m'accorderez que dans ce blog je ne m'occupe guère de politique, du moins au sens de politique « politicienne », puisque depuis quelques années, nos hommes politiques et, sur leurs brisées, nos journalistes ont découvert enfin que le mot « politicien » et pire encore l’adjectif avaient, en français, un sens péjoratif.

Quelques propos des « politiques », surtout de gauche (car les autres se bornent à répéter, à l’envi, la doctrine élyséenne), au cours de la semaine écoulée, m’ont fait un peu sortir de ma réserve et parfois de mes gonds. Toutefois, ce qui me paraît encore plus stupéfiant, est que de tels propos n'ont guère attiré de commentaires de la presse, ce qui montre une fois de plus son inculture politique. On constate par là, une fois de plus, s'il y a en France 3 millions de chômeurs, existent, en revanche, d'immenses réserves d'emplois, dans le domaine du journalisme par exemple.

Je vous la fais courte et dans le désordre.

Hier soir, samedi 29 octobre 2010, j'ai regardé, faute de mieux et par paresse, l’émission d'Ardisson « Salut les terriens ». Pas terrible car il faut bien constater que Thierry Ardisson ne cesse de dégringoler dans les dernières décennies, avec ses « vannes » besogneuses, soigneusement rédigées à l’avance sur ses grotesques petits cartons. Il a, en outre, désormais un côté putassier (en particulier pour ses invités de 20 heures) que je n'apprécie guère, ne trouvant plus guère de plaisir que dans « la semaine de Guillon » ; pour le reste, entre la fantomatique Gisèle Halimi et le baveux Bénichou, on ne faisait guère que sacrifier à l’anti-sarkozysme du moment. Ardisson, quant à lui avec son royalisme rentré et son poignet de force, il est assurément tout prêt à changer de cap, lof pour lof, le moment venu, dans l'hypothèse où Nicolas reprendrait du service à l'Élysée en 2012.

Ce qui était, en revanche, tout à fait insupportable dans cette émission, était le numéro d'Olivier Besancenot, dont, naguère encore, la fougue et l’enthousiasme révolutionnaires m’apparaissaient aussi désuèts que sympathiques. Je crois que ses quelques succès d’antan dans les sondages lui ont plus tourné la tête que ses cuisantes défaites électorales ne la lui ont remise sur les épaules. Avec des mines de vieux briscard du PAF et ses clins d’oeil aux caméras, il nous joue maintenant les Fouquier-Tinville, tenant des propos qui n'ont guère de sens. Il paraît, souvent en effet, ignorer la signification même des termes les plus simples de notre langue. Il fait ainsi reproche à notre Nicolas d'avoir fait une réforme des retraites pour laquelle il n'avait pas de « MANDAT». Je sais bien que, pour un facteur, le mot peut sembler familier puisqu’il en porterait de nombreux à leurs destinataires, s’il lui arrivair de travailler, mais, au plan politique, ce mot a un sens précis et tout autre qui n'est pas du tout celui qu’il a dans la pratique professionnelle quotidienne d’un facteur. Un Président de la République n'a évidemment pas de « mandat » et un tel propos, même énoncé avec force et en roulant des yeux est parfaitement inepte. Il en est de même pour l’adjectif « légitime » dont il ignore manifestement le sens.

Cette remarque m’amène à une seconde observation qui est, que, pour une fois, Olivier Besancenot et Martine Aubry se rejoignent...mais dans la sottise. J'ai en effet cru tomber de ma chaise, une fois de plus, lorsque, il y a une semaine environ, Mme Aubry a tempêté que le candidat Nicolas Sarkozy, non seulement ne s'était pas « engagé » à faire une réforme des retraites, mais qu'il avait même dit qu'il ne toucherait pas à la retraite à 60 ans. On nous a repassé alors, à satiété, le film de ces propos du candidat et il est parfaitement exact qu'il les avait tenus, comme ces rediffusions nous en ont apporté la preuve. Dans le contexte où il tenait ce discours, Sarkozy n'avait pas eu la prudence ou la duplicité qui est celle de Mme Aubry qui, elle, s'est engagée à rétablir la retraite à 60 ans « si le contexte économique le permet ». Elle a retenu de sa très catholique éducation aux Oiseaux (authentique !) la restriction (ici pas même mentale) chère aux Jésuites !

Son propos revient à dire, et tout monde l’a bien compris, que s'il revient aux affaires le parti socialiste ne tiendra pas ce qui est, en revanche, un engagement solennel et essentiel et non pas un simple propos énoncé au hasard et dans le cadre d'une campagne électorale.

Toutefois me paraissent encore plus stupéfiants les propos et les écrits de cette même Mme Aubry quand elle déclare et écrit : « Nicolas Sarkozy "piétine la démocratie" », ajoutant même, après l'adoption par le Parlement du projet de loi de réforme des retraites. « Plus que jamais, M. Sarkozy et son gouvernement piétinent l’esprit et la lettre de la démocratie. Ils ont méprisé les syndicats, en refusant de négocier avec eux comme l’exige le respect de la démocratie sociale »

Plus que le contenu et la forme, ce qui me paraît essentiel dans de tels propos est l’immense mépris de la presse dont ils témoignent, tant leur auteur est sûre de l’inculture et de la servilité des journalistes français!

En effet je n'ai pas constaté que les commentateurs politiques ait jugé bon de rappeler, devant de telles affirmations, que cette même Mme Aubry, qui constate, avec tant de force, de douleur et d’émotion, que le président Sarkozy piétine la démocratie est la ministre du travail de M. Bérégovoy qui, en 1993, a envoyé les chars d'assaut contre les routiers en grève !

C'est tout de même autre chose que de « piétiner la démocratie » en faisant voter une loi « légitime » par une assemblée « légalement élue » (même si les Lillois n’ont pas voulu alors de Madame Aubry comme réprésentante) et mettant simplement un terme, après des jours de débat, au blocage, scandaleux mais courant hélas, des délibérations de l'assemblée nationale par le jeu de milliers d’amendements sans objets. En d’autres temps, on aurait pu imaginer, de la part du gouvernement actuel, une procédure très simple et que les Socialistes ont largement utilisée... celle du 40-3. Certes François Fillon n'avait pas besoin d'une telle procédure, puisqu'il est largement majoritaire à l'assemblée, mais le 49-3 aurait permis de liquider le vote de la réforme en quelques heures, puisqu’il était tout à fait impossible à la gauche de réunir une majorité sur une motion de censure.

Mme Aubry devrait pourtant se souvenir de cette période mémorable où, comme ministre du travail et des affaires sociales, elle avait elle-même lancé les tanks de l’arméee contre les grévistes et où, en outre, elle avait la chance insigne de siéger au banc des ministres, aux côtés de Bernard Tapie (du moins entre deux allers-retours entre les tribunaux et le gouvernement et avant de tâter de la prison) !

dimanche 31 octobre 2010

« Poubelle la vie » ou « les mystères de Marseille ».

Vu hier soir, sur France3, une série policière intitulée « Enquêtes réservées ». Sur le sujet, rien à dire ; c'est le cocktail français classique sur la recette américaine classique : 50 % de guerre des polices, 20 % d'un méli-mélo familial et sentimental, 20 % de pseudo-police scientifique minable (on se borne à mettre en barboteuses et en bottes les enquêteuses) et enfin, l’essentiel, 10 % de propagande touristique pour la ville de Marseille. Le tout est tourné sans aucun moyen, comme tous les feuilletons français, ni figurants ni décors autres que la mer ; par ladrerie, on y a même remplacé le siège de la police marseillaise, « l'évêché », prudemment blotti contre la Major, par une villa des hauteurs (celle du général Aoun ou celle de Tapie ?), dominant la mer. Ce choix va entraîner un flot de demandes de mutation de la part de policiers aussi septentrionaux que naïfs !

Ce qui est amusant, en la circonstance, est que cette vue idyllique et radieuse de Marseille est proposée à la France, au moment même où des dizaines de tonnes d'ordures encombrent et surtout empuantissent, depuis deux ou trois semaines, les rues de la ville. Marseille est devenu un immense « murodrome » (terrain de courses pour rats), audacieuse innovation lexicale de ma part, à ne pas confondre toutefois avec un « mirodrome » (le seul terme authentiquement francophone pour « peep-show ») où ne se produisent que des souris ! C'est ce qui m'a conduit à faire ce mauvais jeu de mots dont je pense livrer ici la 129e édition, "Poubelle la ville », avec un « à peu près » « Plus belle la vie » titre du second feuilleton qui fait la gloire actuelle de Marseille. À croire que la municipalité subventionne désormais France-Télévision pour faire sa publicité par les feuilletons télévisés.

Mais venons-en à mon propos central qui peut s'intituler « Les mystères de Marseille », après « Les mystères de Paris »,. Car on ne vous dit pas tout sur les événements sociaux qui se déroulent dans cette belle ville et qui, s’ils sont actuellement souvent évoqués, ne sont, en revanche, jamais véritablement expliqués car ils sont très loin d'y constituer des nouveautés et font, au contraire, partie du folklore social et économique local.

Prenons le cas des éboueurs, dont les grèves périodiques, raniment la vieille rivalité entre Naples et Marseille en matière de drogue comme d’ordures. On peut voir sur internet une vidéo où un éboueur marseillais explique jovialement pourquoi, pendant leurs grèves, on ne retient aux grévistes qu’un seul jour de salaire sur trois journées d'arrêt de travail: un jour, c’est le chauffeur du camion qui est le seul gréviste; les autres ne le sont pas mais ne peuvent naturellement pas travailler; le lendemain sont en grève ceux qui ramassent les poubelles; le jour suivant, c’est le responsable du secteur, et ainsi de suite!

On y évoque aussi le système provençal du nettoyage urbain, bien connu à Marseille comme à Aix-en-Provence. On le nomme localement le « fini-parti » ; pas d’horaire fixe et contrôlé, même si la durée du travail quotidien est, en principe, de 7 heures 30 ; chacun part quand il a fini la tâche qui lui est, en principe, assignée. Le système ne favorise pas, on s’en doute, le fignolage. On s’arrange, entre soi, pour terminer le ramassage vers 12 ou 13 heures . On peut ainsi, selon les cas, faire la sieste ou aller à son deuxième petit boulot, au noir bien sûr.

Le cas du personnel du port de Marseille est encore plus susceptible de provoquer la stupeur admirative des non- Marseillais. La Chambre de commerce locale, en désespoir de cause, a récemment publié, dans la presse parisienne, sous forme d'une blague d'offre d'emploi, la rémunération et les conditions de travail des dockers marseillais. La présentation était drôle ; il s'agissait d'une proposition d'embauche (4000 € par mois pour 18 heures de travail par semaine) mais elle avait l'inconvénient de faire croire justement qu'il s'agissait d'une plaisanterie, alors que ce n'est que le pure et simple réalité. La CGT a donc eu beau jeu de protester, en disant que le salaire mensuel MOYEN d'un docker marseillais n'est que de 2500 €. La CGT jouait ici sur les mots puisque le personnel que visait la pseudo offre d'emploi était les 36 « portiqueurs » du port, dont la grève suffisait à bloquer l'ensemble de l'activité portuaire (cf. plus haut, le système des éboueurs, qui est aussi, par ailleurs, celui des « cantinières » marseillaises, en grève depuis des samaines, mais seulement, à l’heure des repas, c’est-à-dire seulement UNE HEURE PAR JOUR !

En fait, un « portiqueur » perçoit effectvement 4500 € bruts par mois pour 18 heures de travail hebdomadaire. Ajoutons à ces détails que leur grève était motivée au départ, non par le texte sur les retraites, mais par la réforme portuaire. Les dits portiqueurs en avaient toutefois profité pour demander, au passage, 500 € mensuels d'augmentation et le passage de 18 heures à 12:heures de travail hebdomadaire !

Ajoutons pour la question de la pénibilité du travail que, contrairement à ce qu'on peut penser, ces braves gens ne transportent pas les containers sur leur dos et que le maniement d’une grue ou d'un portique s'apparente assez à la manipulation d’une PlayStation. Ce métier de dockers est en outre si mal payé et si pénible que l’une des vieilles exigences de cette corporation est que les recrutements y soient prioritairement sinon exclusivement réservés aux enfants de dockers ! Cela dit, ça paye, puisque le gouvernement Fillon, en pleine crise, a pris, il y a une dizaine de jours, une disposition DEROGATOIRE pour maintenir le régime spécial de la retraite à 55 ans (10.000 actifs pour 20.000 retraités!)

On se plaint du manque d'emplois à Marseille, mais de tels exemples font comprendre pourquoi ils sont évidemment très convoités.

Postscriptum : dernières nouvelles du front des ordures marseillaises : les éboueurs demandent à être payés en heures supplémentaires pour effectuer le travail de nuit afin d’accélérer le ramassage des ordures. Une suggestion : ne plus ramasser les ordures de jour mais la nuit...en heures sup.!

samedi 30 octobre 2010

Retraites, manifestations et bouses de vache.

J'ai raconté autrefois, dans des circonstances analogues, un apologue que l'on trouve dans « Propos de O.L. Baranton confiseur » d’Auguste Detoeuf.. Comme je l’ai fait il y a bien longtemps et dans un autre blog que ce fut celui où j'opère actuellement, je vais le raconter à nouveau, vu sa remarquable pertinence en ces jours, en priant ceux ou celles qui l’auraient déjà lu autrefois de me pardonner cette redite.

Deux gendarmes cheminent paisiblement sur un chemin de campagne. Soudain, ils rencontrent une énorme bouse de vache qui trône au milieu du sentier. Saisi d'une étrange inspiration, le premier propose au second : « Si tu manges cette bouse de vache, je te donne 10 francs ! » . Tenté par cette offre, le second gendarme, non sans quelque mal, avale la bouse, au grand désespoir du premier qui est obligé de s'exécuter et de lui donner la pièce pariée. Un peu plus loin, nos gendarmes découvrent une seconde bouse de vache. Le premier gendarme, qui ne s'est pas remis de son échec, propose alors au second : « Si je mange cette bouse, est-ce que tu me rends mes 10 francs ? ». Pari conclu, le premier gendarme mange la seconde bouse et récupère ainsi ses dix francs. Ayant mangé chacun leur bouse de vache, nos deux gendarmes reprennent leur route.

Dans bien des conflits sociaux français, dont la fin est, dès le départ, tout à fait prévisible, on peut rappeler cet apologue ; dans la plupart des cas, finalement, après des incidents qui font du tort aux deux parties et par là à tout pays, on se retrouve au point de départ comme les gendarmes de l'histoire. On pourrait mettre en évidence les causes de cette spécificité française, mais la forme brève partiquée ici se prête mal à ce genre d’analyse !

Je pensais, une fois de plus à cette apologue, en écoutant avant-hier, 28 octobre, Michel Rocard qu'on interviewait au « Grand journal » de Canal+ sur l'affaire des retraites. Très en forme notre Michel polaire que le froid conserve de toute évidence ! Les maquilleuses de Canal+y étaient aussi pour quelque chose ; elles avaient fait merveille et nous avaient préparé, poudré à frimas, un octogénaire juvénile et épanoui.

Naturellement, Ali Baddou (Denisot était en vacances chez son pépé) s'est bien gardé de lui poser les bonnes questions pourtant incontournables ! « Pourquoi, étant Premier Ministre, il n'avait pas engagé une réforme des retraites, que le grand rapport qu'il avait lui-même commandé, faisait apparaître comme indispensable et inévitable à la fois ? » ; « Pourquoi la gauche au pouvoir dans la suite n'avait pas engagé davantage, dans la suite, une telle réforme ? », « Pourquoi, avec la création par Jospin du fameux « fonds pour les retraites », on s’était borné à une mesurette qui montrait bien que l'on n'avait aucune intention de toucher réellement au système ? » ou enfin « Pourquoi il avait fallu attendre Balladur pour que soit effectuée la première réforme réelle ? ». Il est vrai que ce pauvre Ali ignore clairement tout de ces affaires et ne s’en soucie en rien.

Néanmoins, comme souvent, Rocard a fait apparaître un point de vue lucide, raisonnable et mesuré, en montrant que, dans toute cette affaire des retraites, on s’affrontait surtout sur des symboles plutôt que sur la réalité des choses, puisque, actuellement, l'âge moyen de cessation d'activité en France se situe à 58 ans et de ce fait, ni à 60 ni à 62 et donc moins encore à 65 ou 67 ! Il a également rappelé (et je l’ai souvent fait moi-même) que les étapes essentielles de cette réforme des retraites ont été posées depuis longtemps, avec en particulier, l'accroissement du nombre des années de cotisation, dont la finalité cachée était en fait de réduire les retraites elles-mêmes, en faisant en sorte que de moins en moins de retraités puissent les percevoir dans leur intégralité.

Les gendarmes, ceux du pouvoir comme ceux de la rue, ont désormais mangé leur bouse de vache et la vie peut reprendre comme auparavant, l'économie du pays ayant une fois de plus souffert, en vain, de la sottise de nos dirigeants comme comme de celle ceux qui s'opposent à eux.

Une satisfaction toutefois, le grand manitou de la CGT-SNCF, Didier Le Reste vient de partir en retraite,... à 55 ans naturellement. C’est bien normal après une vie épuisante comme « contrôleur » (ce métier si « pénible » dans lequel le compostage des billets, une heure ou deux par jour, entraîne des callosités du pouce droit quasi définitives). Fort heureusement, D. Le Reste avait très vite, à la SNCF où il était entré à 20 ans, opté pouir le syndicalisme politique (CGT-PCF) et de ce fait, a pu passer sans travailler (comme la plupart de nos grands dirigeants syndicaux) l’essentiel (j’allais dire « le reste », mais ce sont les deux-tiers !) de sa vie réputée professionnelle.