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lundi 10 décembre 2012

Encore l'école, les profs, etc.


Entendant ce matin, pour la nième fois, le couplet sur les enseignants, les 43.000 postes mis au concours en 2013 et le manque de formation comme de candidats, je recherche dans mes archives, un vieux post, de mars 2007, qui montre à quel point les choses n'ont guère changé, sinon pour empirer! Le voici :
"France Inter. 13 mars 2007. Emission du matin sur les enseignants. Collège Georges Duhamel dans le 15e. Je ne connais pas la géographie scolaire parisienne, mais je doute que Monsieur Balladur, député de cet arrondissement, ait choisi comme terrain de jeux politiques un quartier « difficile » » ou même un "quartier" tout court comme on dit désormais. J’y ai d’ailleurs entendu, au début, vers 7 heures 45, en prenant en marche l’émission de Nicolas Demorand, que les élèves, qui arrivent en classe, restent debout ou, s’ils sont déjà assis, se lèvent à l’arrivée du professeur.
Deux hypothèses se sont alors, en un instant, télescopées dans ma tête. Ou bien tous mes amis enseignants, qui me racontent leur quotidien, me mentent et tous leurs élèves sont, en réalité, disciplinés, polis, etc., ou bien le Collège Georges Duhamel dans le 15e parisien, sous la double, auguste et bénéfique influence de Georges et d’Edouard, est, comme la tente d’Holopherne chez Giraudoux, le seul lieu du monde exempté du péché originel et ses élèves, les seuls en France, continuent à s’y comporter comme autrefois. Je ne me risquerai pas à trancher !
Revenons au sujet. N. Demorand recevait, ce matin, un certain Jacques Durand, président de la conférence des directeurs d’IUFM.

Pour ceux qui l’auraient oublié, les Instituts de Formation des Maîtres (IUFM) ont été créés, en 1989, par Lionel Jospin, alors ministre de l’éducation nationale, mais, en fait, surtout par celui qui était alors son conseiller spécial, son ami de trente ans, Claude Allègre. L’idée était de parer les anciennes écoles normales des oripeaux des sciences de l’éducation, tout en y agrégeant quelques universitaires, à qui les IUFM offraient, par raccroc, des postes de maîtres de conférences ou de professeurs, dont les universités elles-mêmes ne les jugeaient pas dignes. La chose était d’autant plus étrange que, comme je l’ai déjà dit, dans mon blog, C. Allègre était un adversaire résolu et lucide des sciences de l’éducation dont il aimait à se moquer. Je pense ici au ballon que les sciences de l’éducation nomment le « référentiel bondissant » dans un exemple que C. Allègre lui-même se plaît à rappeler. La formule complète (je cite de mémoire) est que le joueur « doit se situer dans le temps et dans l’espace par rapport au référentiel bondissant », ce qui, en langage normal, veut dire « recevoir ou intercepter la balle ».

L’échec a été patent et, selon le bon vieux principe du pendule si cher à l’administration française, on va revenir au point de départ, en aggravant la situation. On va donc réintégrer les IUFM dans les universités, au lieu de les supprimer [C'est chose faite!] . Comment le faire d’ailleurs car que ferait-on des enseignants des IUFM, dont une partie relève statutairement du secondaire et n’a pas le statut des enseignants du supérieur ? 0n ne va donc rien changer aux défauts des IUFM, tout en créant de nouveaux problèmes dans les universités [C'est également chose faite].

En fait, tout ce que j’ai dit, dans des blogs précédents, des sciences de l’éducation et de Philippe Meirieu, s’applique ici. Ph. Meirieu a été non seulement le gourou de la création de ces Instituts mais, pas fou, s’est lui-même récupéré, au terme de sa faveur politique, à la direction de l’IUFM de Lyon.

Un des moments forts – l’un des rares passages intéressants et surtout sincères de l’émission - a été celui où un jeune enseignant a osé expliquer qu’alors que le stage IUFM commençait en septembre, c’est en février qu’on donnait les formations sur la lutte contre la violence en classe (arts martiaux, etc… ?) ? Vu l'intérêt et la nature de telles « formations », cela ne me paraît pas trop grave, simplement inepte, comme bien d’autres choses.
Moment comique aussi quand le même jeune enseignant, dans la consternation générale, évoque l’une des perles du pédagogisme des sciences de l’éduc. Les stagiaires, assis sur des tapis de sport, sont invités à pratiquer collectivement un exercice dans lequel ils se voient, tour à tour, lancer une balle dont la réception leur accorde une minute de temps de parole. Au terme de la minute, qu’ils aient parlé ou non et quel que soit le propos, ils repassent la balle à l’animateur, qui va la renvoyer à un autre stagiaire. Cette affaire est si ridicule qu’aucun des participants n’ose même en parler, le dénommé Jacques Durand, pressé par N. Demorand, finit par noyer le poisson dans un flot de propos généraux ! On a tout de même eu un bref instant de sincérité et de vérité.

Tout confirme que les sciences de l’éducation sont en fait un « pédangogisme » dans lequel les recettes d’une prétendue didactique sont plaquées sur des connaissances disciplinaires de plus en plus réduites et incertaines. Il est significatif de voir que les étudiants se plaignent, d’une seule voix, du niveau trop élevé des concours qui pourtant n’a guère varié.

En fait, sauf à considérer comme de réelles formations les discours théoriques sur la lutte contre la violence ou les pitreries de passage de parole par l’envoi d’un ballon…les IUFM ne forment à rien du tout et leur création n’a rien changé. Autrefois, pour prendre l’exemple du CAPES d'antan, celui ou celle qui était reçu à ce concours faisait un stage, une année durant, avec en général deux maîtres de stage différents et en alternant stage actif et passif. En fin d’année, on passait un CAPES « pratique » avant de rejoindre son premier poste.
Les IUFM n’ont à peu près rien changé sur ce point pourtant essentiel. Il y a toujours une année de formation plus ou moins bidon, avec, en plus, à l’IUFM, les discours sur la lutte contre la violence et les jeux de ballon évoqués ci-dessus. Les enseignants continuent donc à ne pas être formés. On peut d’ailleurs s’interroger sur la possibilité même de former réellement à un tel métier. L’enseignement, comme la médecine, est un art ; il y a des gens doués, sans voir jamais appris à enseigner, comme il y en a qui ne le sont pas et qu’il faudrait, en vain peut-être, essayer de former, si l’on ne peut les inviter à faire un autre métier. En, revanche, ce qui est inévitablement catastrophique est de ne pas bien connaître ce que l’on prétend enseigner, car on ajoute l’insécurité à la maladresse.

C’est ainsi qu’au CAPES interne de physique, par exemple, on propose au candidat un problème de 4ème, au prétexte que c’est logique, puisqu’il enseignera la physique à ce niveau. En réalité, si on lui donnait un VRAI problème du VRAI Capes de physique (le concours externe) pour évaluer son VRAI niveau de compétence en cette matière, il ne saurait pas le faire. Rien d’étonnant à cela, puisque la très grande majorité de ceux et celles qui passent le concours interne ont, dans le passé, échoué au concours externe !".

samedi 8 décembre 2012

Affaire Mittal ; "On nous ment!"


« On nous ment, on nous ment,
C’est du vent, on nous ballade
On nous vend que des salades
Y’en a marre des boniments »

 On a tant d'occasions de reprendre ce refrain des Fabulous Troubadours (je l'ai déjà fait, me semble-t-il, au cours de cette même année) qu'on pourrait le mettre en exergue de la plupart des posts que je publie dans ce blog.

 L'économie est devenue la reine des batailles journalistiques et il n'est pas de radio ni de chaîne de télé qui n'ait désormais ses économistes, chargés d'apporter la bonne parole. Il y a désormais dans les universités (parisiennes bien sûr) et dans diverses officines financières ou apparentées des gens qui sont, surtout et d'abord, "économistes à la télé". Je ne sais plus quel jour de la semaine dernière, je crois avoir vu au moins trois fois, dans des émissions différentes, Monsieur Philippe Dessertine (que j'appréciais assez, avant d'en avoir une indigestion audiovisuelle) ; je me demande un peu quand il trouve le temps de donner quelques enseignements et d'avoir quelque activité professionnelle à Paris X, quand je songe qu'il officie également Libération et à Europe1. Même remarque pour Elie Cohen qui est à la télé quand il n'est pas chez le coiffeur. Il est désormais impossible d'aborder quelque sujet que ce soit sans nous servir à l'écran deux ou trois économistes.
Ne parlons pas de France-Télévision qui a recruté, sans doute à prix d'or en dépit de sa situation financière et de la pléthore inouïe de son personnel, un prétendu économiste qu'on nous inflige désormais à chaque occasion comme une sorte de Pythie devenue chauve à force de réflexion. La cerise sur le gâteau m'a été offerte hier lorsque, regardant par hasard le "grand journal" de Denisot (qui sont de pire en pire de démagogie jeuniste, Denisot et son GJ), j'y ai vu une figure tutélaire nouvelle (pour moi du moins), un certain Nicolas Bouzou, réputé également économiste mais qui est, en fait et surtout, le patron d'un vague centre d'analyse économiste et financière, ce qui donne une coloration un peu particulière et clairement publicitaire à ses propos (« Vous êtes orfèvre Monsieur Josse ! ») ; si j'ajoute qu'il enseigne lui aussi dans la caverne de Sciences-po, je crois que la panorama est complet.

Bref les économistes commencent à me gonfler et leur aveuglement comme leurs prévisions désastreuses du passé ne semblent pas leur avoir servi de leçon et les inciter, au moins, à un peu plus de prudence et de modestie. En fait, comme on a pu le constater dans ce blog où j'ai parlé à plusieurs reprises de cet économiste, la seule personne dans ce domaine qui me paraisse offrir toutes les garanties d'honnêteté, de fiabilité et de compétence est Gaël Giraud, notre jésuite économiste, qui me paraît tenir, lui, des propos sincères et crédibles, mais qu'évidemment on ne voit jamais sur aucun de nos plateaux de télévision, comme d'ailleurs les membres du groupe des "économistes atterrés" qui n'y font que quelques rares et tardives apparitions.

Mais ce n'est pas cela que je voulais vous parler, mais plutôt de mes incertitudes et de mes doutes devant l'affaire Mittal ; l'homme nous est présenté tantôt comme un génie de l'industrie et de la finance tantôt comme un escroc patenté, ce qui dans notre société n'est souvent pas sans rapport.

Un détail mais qui me paraît à ne pas négliger. La belle-fille de Monsieur Lakshmi Mittal est une ancienne de Goldman Sachs et je crois savoir que le patriarche lui-même est membre du conseil d'administration de cette patibulaire officine. Faut-il rappeler ici qu'en 2006 déjà lors de l'OPA hostile sur Artelor, Mittal Steel avait reçu le soutien de Goldman Sachs? Suivez mon regard. C'est tout dire.

Si l'on regarde les subventions publiques qu'Arcelor-Mittal a raflées de l'État français sous diverses formes (de l'Agence de l'environnement et la maîtrise de l'énergie à la Région Lorraine), on s'interroge! Monsieur Mittal qui, ces temps-ci, se tord les mains de douleur, suite à la crise du commerce de l'acier, aurait perçu, dit-on, 900 millions d'euros à titre personnel année dernière. En 2010 (cf. le site abcbourse), les résultats du groupe étaient de 2 256 000 000 d'euros, ce qui, même s'ils sont tombés à 1 751 000 000 d'euros en 2011, laisse tout de même une marge copieuse.

On nous ment tout autant sur l'affaire du repreneur éventuel; selon diverses sources (dont Aurelie Filippetti et le Nouvel Obs), un des repreneurs potentiels éventuels était Bernard Serin qui a redressé, de manière efficace et rapide, Cokeries Maintenance & Ingénierie, moribonde en 2002 un. Cette ancienne filiale d'Arcelor a aujourd'hui 4000 salariés en Wallonie. Monsieur Bernard Serin est un aciériste spécialisé, un véritable industriel et non pas un financier comme d'autres. Il y avait aussi un autre repreneur potentiel dont je ne sais plus le nom ; lui est russe mais il est, paraît-il, un ennemi juré de Mittal et, par conséquent, il a sans doute été écarté d'emblée à l'initiative de ce dernier.

Dernier point, plus mystérieux encore que les autres, les dettes de Mittal envers l'État français. Le ministre Arnaud Montebourg avait annoncé au Sénat : « Mittal aujourd'hui est redevable aux yeux de l'administration fiscale française d'une dette fiscale que nous considérons comme astronomique ». Il n'y a pas eu de chiffre avancé, ni de suite à cette affirmation, mais différents articles de presse évoquent un redressement fiscal d'un montant de 1,3 milliards d'euros datant de septembre 2011. Certains "économistes" de la presse française, prompts à prendre la défense de Mittal, allèguent que, "normalement", une affaire fiscale de ce type est confidentielle et ne peut être divulguée. MDR/LOL ! Défense un peu pitoyable quand on voit les fuites constantes en la matière!  Quant à Arcelor-Mittal, il prétend, naturellement, n'avoir aucune dette fiscale envers la France.

On nous ment!

Que vient faire ici une nationalisation? Si la dette fiscale existe, on saisit tous les avoirs de Mittal, en France, Florange, la Lorraine et le reste, à concurrence de son montant que la France aura elle-même évalué (et pas Goldman-Sachs!) et on vend les hauts-fourneaux au Russe et/ou à Serin, et si ça déplait à Mittal tant mieux. Point barre ! Tout bénef !

« On nous ment, on nous ment,
C’est du vent, on nous ballade
On nous vend que des salades
Y’en a marre des boniments ».


jeudi 6 décembre 2012

Les enfants du malheur : Tchad et Haïti

Le 26 janvier 2010, une quinzaine après le terrible sinstre d'Haïti, j'ai publié ce post qui complète ceux que j'ai reproduits depuis deux jours et qui retrouvent, hélas, toute leur actualité avec le procès de l'Arche de Zoé et, bien plus grave, la perpétuation de la situation haïtienne.
"
"J’observais, dans mon post de samedi « Haïti : adoptés ou « restavek »? » que ces questions d’adoption des enfants haïtiens suite au séisme me rappelaient, à certains égards, l’affaire de l’Arche de Zoé. J’ai reçu d’Orange, pour ce texte un intéressant et long commentaire qui je me permets de publier, comme je le fais parfois, dans la mesure où, vu le décalage dû à l’envoi et à la mise en ligne, les commentaires qui sont ajoutés au post qu’ils concernent, échappent souvent à l’attention des lecteurs quotidiens de ce blog.
Voici donc le commentaire d’Orange :
 
« Un enfant qu’il soit en zone détruite par une catastrophe naturelle ou dans une zone de guerre est forcément en danger…..Ces petits Haïtiens doivent être rapatriés tout comme auraient dû l’être les 103 enfants de l’Arche de Zoé dont tout le monde se fout de savoir s’ils sont heureux en zone sécurisée auprès de leurs pseudo-parents ou même si ils sont encore vivants…..Le monde ne se voit pas par le petit trou qu’on a bien voulu nous montrer….
 
L’UNICEF avait promis un suivi des 103 enfants réunis par l’Arche de Zoé, elle devait s’assurer de leur santé et de leur scolarité. Aujourd’hui, aucune nouvelle d’aucun enfant…Toute demande d’information reste lettre morte. Etonnant de la part d’une association si sûre d’elle et certaine du fait que ces enfants pouvaient retourner vivre ou (survivre) dans la zone frontalière Tchad /Soudan ? Pourquoi ce silence ? Où sont les enfants ? Qui s’en inquiète aujourd’hui, alors que ceux-là même qui leur prêtaient des familles, concédaient qu’ils avaient besoin d’assistance ?
 
Il faut aller au delà des évidences véhiculées par les médias et qui arrangent, en premier lieu, les Etats et les organisations soumises aux exigences de ces Etats. Effectivement, il ne faut pas tout confondre. Les enfants haitiens concernés par une adoption doivent être rapatriés en France, ce qui ne serait qu’une accélération des procédures en cours. Question de bon sens et mesure d’urgence. Les enfants pris en charge, soignés et nourris par l’Arche de Zoé pendant deux mois, n’étaient pas concernés par une procédure d’adoption. Ils étaient réfugiés d’une zone de guerre, orphelins et originaires du Darfour dans leur quasi-totalité. Ils devaient venir en France pour se reconstruire et vivre en sécurité. Les puissants en ont décidé autrement. ….
 
J’ajouterai que, pour les 103 enfants de l’Arche de Zoé, aucune partie civile n’avait pu être identifiée dans cette mascarade de procès et que ceux qui se prétendaient “parent” d’un de ces enfants n’ont pas pu le prouver et enfin que le tribunal à N’Djamena avait systématiquement refusé des tests ADN mis à disposition gratuitement.
 
La vérité est ailleurs à ne pas en douter il suffit d’être un peu intelligent pour comprendre que finalement ces 103 enfants de cette affaire politico-diplomatique ou ces pauvres petits Haïtiens sans famille ne sont pas si importants par rapport à d’autres enjeux, qu’ils soient économiques, politiques, diplomatiques ou autres malheureusement....Ne faisons pas de même avec ces petits Haïtiens ! Pendant que nous nous posons des questions (à savoir s’ils ont des parents ou pas), ils errent dans les rues, affamés. Combien de temps tiendront ils ?????? Avons nous bonne conscience, bons penseurs que nous sommes?"
 
Si l’on m’a lu, on aura déjà compris que je suis tout à fait d’accord avec ce point de vue. Le seul détail sur lequel je voudrais ajouter quelque mots au propos d’Orance, concerne l’UNICEF, dont j’ai souligné dans mon post le rôle ambigu.
Orange dit « l’UNICEF […] association si sûre d’elle…] ». Or, contrairement à ce que beaucup de gens pensent (j’ai vérifié, avant d’écrire ces lignes), l’UNICEF n’est pas une organisation non gouvernementale, une ONG, mais une Agence de l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui, créée en 1946, se nommait au départ « United Nations International Children's Emergency Fund ». Elle a concervé son acronyme quand elle a changé de nom pour devenir « United Nations Children's Emergency Fund ». Je ne sais pas ce qui a justifié cet important changment de dénomination mais, en tout cas, on a conservé l’ancien sigle. Son budget avoisine les 3 milliards de dollars et ses frais de gestion et d’administration approchent les 100 millions de dollars. Les agents de l’UNICEF (je ne parle pas ici des « ambassadrices » folkloriques » style top-model) ont donc le statut de fonctionnaire international avec les hauts niveaux de rémunération et les grands avantage fiscaux (pas d’impôts) qui s’attachent à ce type de fonction.
L’une des actions majeures de l’UNICEF a été la rédaction de la Charte des droits de l’enfant, dont l’existence des « restavek » haïtiens apporte la preuve de la grande efficacité, puisque Haïti a signé cette charte en 1994 et qu’il y en avait plus de 170.000 dans le pays avant le séisme!
Et combien après ?"
Hélas, trois ans après les choses n'ont fait qu'empirer !

mercredi 5 décembre 2012

La vérité sur l'arche de Zoé ?

Hier je n'avais pas retrouvé mon blog de la veille sur l'arche de Zoé qui pourtant l'éclairait dans des aspects qui n'ont pas grand chose à voir, en fait, avec les 103 malheureux gamins. Le voici :

"La seule vraie info du long topo de PPDA sur TF1 hier soir, lundi 5 novembre, était que Marc Garmirian est "de TF1" ! Information à peine audible, mais capitale, car jamais auparavant, on n'avait évoqué le moindre lien entre ce Garmirian, présenté comme travaillant à l’Agence Capa, et TF1. Dimanche, on avait vu dans 66 minutes, sur la 6, le bidonnage des faux bandages mis aux enfants tchadiens. On se dispute apparemment Garmirian, hier encore obscur.

En tout cas, on observe que, pour progresser dans le journalisme, rien ne vaut être pris comme otage ou, au moins, être arrêté, à grand son de trompe, quelle que soit la cause de l’affaire. C’est ainsi que Christian Chenot, vague « journaliste » free lance, est soudain devenu, à France Inter, le spécialiste du Moyen Orient. Passer quatre mois dans une cave moyen-orientale fait de vous, de toute évidence, le meilleur connaisseur de la zone. La seule à s’être plantée a été la pauvre Florence Aubenas; il est vrai que le bidonnage de son affaire était un peu gros, aux dires des ophtalmologues du moins, qui ne voyaient guère comment, après plusieurs mois les yeux bandés dans une cave, elle pouvait affronter avec tant d’aisance et sans problème, la lumière du jour et même le soleil !

A voir le cours de choses, on se demande si le coup de notre Président-Magicien, avec son passage éclair à N’Djamena, n’est pas une opération à triple détente. Le masque de Zorro, la baguette de Merlin et la queue de billard de l’arnaqueur !

Le gros avantage, dans une telle affaire, est qu’on peut compter sur le comportement, aussi servile que prévisible, de la presse française. "L’omerta française" titrait, il y a quelques années, un livre de S. Coignard ! Les choses n’ont pas changé. Les entretiens de notre presse télévisuelle sur l’affaire de l’Arche de Noé le redémontrent, à l’évidence. On parle de tout, sauf du fond des choses qui, pourtant, tient en deux phrases.

1. Il ne s’agissait en rien d’un accueil d’enfants « exfiltrés » du Darfour comme on s’obstine à le dire. Les gosses étaient Tchadiens d’une part et de l’autre, ils étaient purement et simplement vendus, sous couvert d’accueil mais aux fins d’adoption, à raison de 1500 à 2500 euros par tête. Tout le reste est pipeau et mise en scène, de la pose de faux pansements aux appellations multiples de l’ONG en cause. Cela dit, les Tchadiens ne sont pas plus clairs, si j’ose dire. On a vu arriver ventres à terre, des parents tchadiens, vrais ou faux,, espérant gratter quelques sous au passage, sans parler des témoins locaux, ânonnant face aux caméras des slogans en français, laborieusement appris par cœur.

2. Les journalistes arrêtés ont été clairement complices de l’affaire, voyageant dans l’avion spécial de l’Arche (et non à leurs frais comme l’impose la déontologie élémentaire), même si, par prudence, ils tournaient aussi quelques séquences qui pouvaient, au cas où…, les dédouaner. On ne saurait être trop prudent.

Notre Président-Magicien savait évidemment le résultat des courses avant de quitter Paris. Le miracle était donc bidon lui aussi ; Zorro pouvait, sans risque, remplacer son fouet et son épée par sa baguette magique. Restait la queue de billard.

Première bande. Idriss, grand et généreux, cédait à son ami et, à travers lui, à la France, si généreuse pour le Tchad ! Il pouvait, dans le même mouvement, lâcher ses ministres et ses tricoteuses !

Deuxième bande. En ramenant en France les journaleux un instant captifs, Sarko se gagnait les faveurs d’une corporation archi-corporatiste, qui nous fait toujours part, avec une émotion indescriptible, des malheurs ou, parfois, du décès du plus infime plumitif de la presse française.

Troisième bande. La « libération » des journalistes permet de présenter, « objectivement » l’escroquerie comme une simple action irréfléchie de quelques « zozos » de l’humanitaire. Les journalistes ne peuvent en effet faire autrement , sauf à révéler la complicité de leurs collègues avec les escrocs de l’Arche qui vendaient non pas des accueils, mais des adoptions clandestines et déguisées.

Après les infirmières bulgares, les enfants tchadiens ? Bravo Sarko !"

mardi 4 décembre 2012

Zoé : le retour

La résurgence, bien tardive de l'affaire de l'arche de Zoé, me conduit à reprendre un post ancien (du 5 novembre 2007) qui n'a pas pris une ride !

"L’affaire de l’Arche de Zoé fait apparaître sur le scène médiatique toutes sortes d’animaux, justifiant, par là, le retour à l’arche mythique.

Je ne suis qu’un téléspectateur occasionnel et inattentif et je n’ai guère vu que deux émissions ou débats sur la question qui, pourtant, a fort opportunément surgi pour pallier le vide que laissait l’épuisement rapide du sujet, un moment offert par le divorce présidentiel.

La première est le « C plus clair » animé, lundi 29 octobre je crois, par la doublure d’Yves Calvi. On avait réuni une jolie brochette d’humanitaires , un Suisse de Lausanne, dont j’ai oublié le nom, Jacques Hintzy, l’éternel président de l’UNICEF-France et Jacky Mamou, (ancien ou actuel, on ne sait) Président de « Médecins du monde ». Je précise que je connais rien à l’affaire, sinon ce que j’en entends dire comme toute le monde.

Je n’évoquerai donc pas le fond de cet imbroglio franco-hispano-soudano-tchadien, qui me paraît avoir surtout l’avantage de permettre au sinistre Idriss Deby de jouer les vierges effarouchées, dans un vrai rpôle de composition. Ce dictateur, installé par la Françafrique il y une quinzaine d’années, est devenu incontrôlable. Hélas pour lui, qui se voit volontiers en Khadafi du Sahel, notre Président-Magicien n’a plus de Cécilia à lui envoyer. Deby devra donc sans doute se contenter de Rama Yade.

Mais laissons l’affaire elle-même, pour examiner un instant la galerie des « humanitaires ». Dans cette quasi-profession, le look semble un élément important ; deux de ces satrapes de la charité arborent, en effet, une barbe d’une semaine ; le côté baroudeur sans doute, comme autrefois Gérard Holtz, au bon temps du Paris-Dakar. Seul notre Suisse, de Lausanne est rasé normalement, mais sans doute aurait-il été arrêté à Cointrin s’il avait eu l’allure un peu inquiétante des deux autres. En revanche, on sent très vite que tous sont là d’abord, pour ne pas dire uniquement, pour défendre leur biftèque humanitaire contre les dirigeants de l’Arche de Zoé qui ne semblent pas être de la confrérie

Même son de cloche du côté de Jacques Attali, venu vendre son dernier livre dans le « Grand Journal » de Denisot sur Canal Plus, mercredi 31 octobre. Attali, qui s’est peut-être fait offrir des lentilles de contact par la commission qu’il présidait, est plus pincé que jamais ; il fait d’autant plus la gueule que la promo de son livre fout le camp devant l’Arche de Zoé. Il ne s’épanche donc guère et voit surtout dans l’affaire, comme les autres, le tort qu’elle va faire aux ONG et donc à celle qu’il préside. A croire que tous ces humanitaires pensent plus à leur image qu’à leurs actions.

Denisot a invité aussi Hervé Chabalier, président de l’Agence Capa, dont des membres ont été coffrés avec l’Arche de Zoé par les sbires d’Idriss Deby. Chabalier à une tête télégénique. Belle et opulente crinière blanche (vraie ou fausse comme celle de Bedos? Mais chut !). On tourne autour du pot.

Que faisaient les dits (qui ne sont que trois) « journalistes » de Capa dans la galère de Zoé ? Chabalier les campe en journalistes intègres (tous nos médias emboîtent ce pas) et exclusivement soucieux d’informer. Ils seraient allés là-bas dans le seul but de suivre l’affaire.

Aphatie, courageux mais pas téméraire, car il ne veut pas que toute la presse française lui tombe sur le poil, se pose des questions, en soulignant que les responsables de l’opération n’étaient peut-être pas si blanc-bleu que la profession le clame. Bien évidemment, il ne va pas jusqu’à demander à Chabalier s’ils n’auraient pas été là-bas, tout simplement pour assurer la couverture médiatique de l’opération et, par là, se faire un scoop tout en ouvrant les vannes d’un jack-pot humanitaire, car, en gros, le petit Soudano-Tchadien se négociait aux alentours de 1500 euros, sans la moindre garantie pour les suites judiciaires de l’affaire, apparemment prévues par les promoteurs (c’était écrit dans les documents, a déclaré le petit Suisse du lundi).

Tout le monde sait pourtant que, quand on fait un coup comme ça, humanitaire ou pas, il faut absolument une couverture de la presse et des médias ; il est donc bon d’inviter et de traiter du mieux possible les médias. La question est donc simple, mais nul ne vérifie ce détail qui tue.

Qui a pris en charge et donc payé le déplacement des journalistes ?

Le point peut paraître subalterne. Il est pourtant essentiel. En effet , un vrai journaliste doit être totalement indépendant du sujet qu'il traite. Si les journalistes de Capa allaient faire au Tchad un vrai travail d'information, ils devaient prendre en charge eux-mêmes (ou Capa) leurs frais de déplacement. A partir du moment où ils voyagent aux frais de l'Arche de Zoé ou dans son avion spécial, il est clair qu'ils sont au service, plus ou moins directement, de l'organisation qui les transporte et, par là, les emploie. Donc en cabane les journalistes, tout journalistes qu'ils sont, si les autres sont en cabane

Qui a payé?
Capa, Monsieur Chabalier à la belle crinière, ou l’Arche de Noé ? Tout semble indiquer qu’ils ont voyagé, aux frais de l’Arche et ont été pris en charge par elle dans un avion spécial ?

Le destrier éthique et déontologique qu’enfourchent Chabalier et toute la presse française risque de se révéler une pitoyable rossinante. Etique bien sûr, mais sans h !"




 

lundi 3 décembre 2012

PAF dans le pif ou pif dans le PAF


PAF dans le pif ou pif dans le PAF. Plus clairement : Du journalisme et des journalistes dans le PAF (paysage audiovisuel français pour les nobles étrangers).

J'ai déjà dit suffisamment de mal du journalisme audiovisuel français pour ne pas y revenir trop longuement. J'ai, depuis longtemps, renoncé à établir un catalogue, fût-il très lacunaire, des fautes de français permanentes de bon nombre de nos journalistes ; cet aspect, qui ne gêne sans doute que moi-même ou presque, est tout de même infiniment moindre que le contenu lamentable de nos journaux télévisés, sans parler des radios bignoles du matin qui, en revanche, ont l'avantage de nous offrir, de temps en temps, des conversations pittoresques avec certains de leurs auditeurs.

Autant vous le dire tout net d'emblée, je considère qu'il y a dans le PAF trois journalistes dignes de ce nom et qui méritent d'être écoutés ou regardés : Élisabeth Quint (pour son "28 minutes" du soir sur Arte), Caroline Roux, le dimanche sur la Cinq dans son "C Politique"( je ne parle pas de ces brèves chroniques matinakes, sans doute, alimentaires sur Europe1) et Philippe Meyer sur France Culture surtout (Il ne s'agit pas, bien entendu d'un classement par ordre de mérite, mais je suis bien sûr que Philippe Meyer cédera volontiers les deux premières places aux dames). Je ne m'étendrai pas davantage sur les raisons de ce classement et sur l'élimination sans appel d'un certain nombre de vedettes de notre information audiovisuelle dans la médiocrité est évidemment consternante.

Je voudrais toutefois présenter ici deux remarques critiques à Caroline Roux.

 Alors qu'elle recevait François Chérèque, dimanche 25 novembre 2012, dans C Politique, ce dernier, un moment, a fait observer, sur un ton vindicatif mais justifié, qu'une bonne partie du déficit de l'indemnisation du chômage (un quart, si je me souviens bien) était dû à de prétendus "intermittents du spectacle" employés pour la plupart par France Télévision, Canal+ et les chaînes de télévision ( J'ajoute sens qu'on constate qu'elles roulent sur l'or à voir les 20 000 € mensuels qu'elles accordent à des intervenantes nullissimes et à des commentateurs sportifs analphabètes).

On a senti, Caroline Roux un peu embarrassée et elle n'a pas eu, à ce moment, une de ces vives interventions dont elle a la secret. Il faut dire que, pour les téléspectateurs, Jacques Chérèque aurait dû dire, plus clairement, que ce qu'il critiquait là n'était pas l'indemnisation des VRAIS intermittents du spectacle, mais celle de ceux qui sont, en fait, de très loin les plus nombreux et ceux qui coûtent le plus cher. Ce sont en effet les techniciens de tout poil des chaînes de télévision qui bénéficient fallacieusement du statut d'intermittents du spectacle qui n'a clairement pas été conçu pour eux. Cette entourloupe permet à ces chaînes d'entretenir à prix d'or les crétins et les bécasses dont elles nous régalent quotidiennement.

Seconde critique à Caroline Roux, cette fois-ci, dimanche 2 décembre, dans l'interview de Madame Parizot, présidente du MEDEF. Caroline Roux lui ayant fait observer très justement que Monsieur Mittal n'avait pas respecté les engagements qu'il avait pris, ce comportement conduisait à s'interroger sur son éventuel respect de ceux qu'il se prépare à prendre aujourd'hui. La réponse de Madame Parizot (qui, faut-il s'en étonner a défendu Monsieur Mittal), était que les contrats n'avaient pas été respectés à cause de la crise !

J'aurais aimé là une de ses interventions, opportunes et vigoureuses dont Caroline Roux est coutumière. Elle aurait pu en effet demander à Madame la Présidente du MEDEF si la crise entraînait, de facto, la rupture de tous les contrats précédemment ciliés et si, en cas de crise, on pouvait cesser de payer son loyer, les traites de son appartement ou celles de sa voiture. Madame Parizot, elle, crise ou pas, se payait nos têtes en défendant ainsi Monsieur Mittal et il aurait été bon de le lui faire remarquer au passage.

Cela n'enlève rien à l'affection que je porte à Caroline Roux et à l'estime que j'ai pour les trois journalistes dont j'ai fait ici mention.

samedi 1 décembre 2012

La fin de la récré à l'UMP ?



MDR sera désormais plus l'acronyme définitoire de l'UMP.

La formule a l'avantage d'offrir un double sens; l'un classique, calqué (comme toujours hélas) sur le LOL américain, "mort de rire" (c'est la formule qui convient, en la présente circonstance aux spectateurs du guignol politique français) ; l'autre, nouveau et qui vient de sortir, de "mort(s) de ridicule" qui s'applique lui aux marionnettes de la scène politico-électorale.

Le maître, Monsieur Nicolas, vient, en effet, de siffler la fin de la récré. Dans son indulgence et sa grande bonté, il a donné aux deux cancres 72 heures pour remettre les choses en place et se rabibocher, sans d'ailleurs (pas fou) indiquer la formule qu'il souhaite. Faute de quoi, ce sera la punition générale voire la fessée.

Naturellement, comme il faut bien trouver des coupables ou au moins des responsables ailleurs qu'entre soi, on s'en prend donc aux instituts de sondage (dont on ne cesse de nous répéter qu'il ne faut pas les croire!) qui, suivis comme leurs ombres par les journalistes, avaient prévu la victoire totale de Fillon.
 
On se demande en revanche pourquoi, sinon par paresse et par habitude, ils n'avaient pas sondé le corps électoral lui-même, fort mystérieux il faut le dire jusque dans son étendue réelle ( 310 000 adhérents se flatte-t-on là-bas mais 170 000 votants théoriques dont 35 000 procurations quelque peu suspectes) et surtout dans sa composition même puisque seul un des deux candidats détenait la liste exacte et secrète des électeurs). On aurait sondé les sympathisants, ce qui est une définition bien vague.
 
Quant au scrutin, les conditions du vote auraient été pour le moins étrange avec des locaux choisis par l'équipe de Copé non sans calcul. Ainsi à Nice, fief des partisans de Fillon, beaucoup de gens n'ont pas pu voter vu l'exiguïté et le caractère quasi inaccessible de certains bureaux de vote. On comprendra que, si l'on y ajoute à tout cela, les diverses manipulations lors du dépouillement et surtout l'oubli opportun de trois départements où Copé n'était, semble-t-il, pas majoritaire, ce qui faisait que l'omission de ces terres lointaines entraînait sa victoire finale, il faut dire que le pronostic n'était pas facile.

Le résultat est que les Haïtiens et les Congolais (entre autres peuples du Sud qui ne bénéficient pas de notre beau régime démocratique et dont les élections sont souvent l'objet de la critique voire de la risée de notre presse) sont à leur tour morts de rire devant le spectacle que le plus grand parti de France, grande donneuse de leçons, leur a donné dans l'élection (toujours en cours) de son président.

C'est samedi et j'ai du boulot car je voudrais essayer d'avancer voire de finir un livre que j'ai eu la faiblesse et la sottise d'entreprendre.