Hier, mardi 23 juillet 2013 à 17h30, au Palais Bourbon, représentation, spéciale et unique, de la comédie Il ne faut jurer de rien, avec dans le rôle principal, Jérôme Cahuzac, égal à lui-même dans la capillarité, la morgue et l'arrogance, mais qui, dans sa composition, a désormais remplacé le refus pur et simple de toute réponse, devenu dangereux, par l'amnésie.
Certes il n'a pas réussi à faire sortir de ses gonds l'impavide président Charles de Courson dont l'infinie patience, le calme et la sérénité sont impressionnants, mais tout de même, en revanche, il est parvenu à mettre en colère deux parlementaires (de l'opposition il est vrai) Messieurs Fenech et Houillon qui lui ont carrément dit son fait, le second refusant même de lui poser des questions pour ne pas lui permettre de poursuivre le jeu d'obstruction qu'il mène depuis le début.
Il faut bien que je l'avoue désormais, je ne suis qu'un modeste avatar de Jérôme Cahuzac ; j'avais donc prévu sans peine, de façon précise, dans un précédent blog sur le sujet, la défense qui serait la sienne lors de cette seconde audition (cette "seconde" séance devenant désormais "deuxième" puisqu'on semble en prévoir une troisième !). Je me borne donc ici à rappeler ce que j'avais prévu, sans grand mérite je vous l'accorde :
"La question actuelle est de savoir si Cahuzac a été mis au courant de la procédure d'enquête lancée à son endroit début janvier 2013. Or, la déclaration de Moscovici a été sur ce point sans ambiguïté ; Cahuzac était, avec Moscovici lui-même, le Président de la République et le Premier Ministre le 16 janvier 2013 à la sortie du conseil des ministres et il a été informé, à ce moment-là, de la procédure engagée auprès de la Suisse, alors qu'il a prétendu, devant la commission, ne jamais avoir été mis au courant.
Comme cette information lui a été donnée à la sortie du conseil des ministres, on peut aisément deviner qu'il plaidera l'omission par malentendu et prétendra qu'il ne s'agissait pas d'une réunion mais simplement d'une conversation entre deux portes, après le conseil des ministres. Je veux bien confirmer par écrit cette hypothèse ; il est donc un peu inutile de réentendre à nouveau Jérôme Cahuzac sur ce point puisque je fournis ici l'explication qu'il avancera.
Si, au contraire on poursuit la procédure, ne faudra-t-il pas alors convoquer à nouveau devant la commission le ministre Moscovici, pour qu'il précise exactement le lieu et les conditions dans lesquelles cette information a été communiquée à Jérôme Cahuzac et ainsi de suite.
Tout cela coûte, Monsieur de Courson, contentez-vous de ma lettre et de mon hypothèse."
Tout était déjà dit dans ce billet ! L'amnésie prévisible de Jérôme Cahuzac a fait tourner l'audition à la séance de dictionnaire de l'Académie française. On y a beaucoup discuté sur la définition des termes.
Le sens exact et précis du verbe "organiser" par exemple, à propos de la rencontre entre avec le journaliste de Mediapart. Était-elle "organisée" par Stéphane Fouks comme ce dernier le prétend dans l'un de ses écrits ou par Cahuzac puisque c'est lui qui a fixé l'heure et le lieu, à défaut du programme et des intervenants?
Qu'est-ce exactement qu'une "réunion" ? Est-ce le rassemblement de quatre ou cinq personnes, seules dans une pièce et en toute discrétion, pour informer l'une d'entre elles de l'évolution d'une situation grave? Sans que la chose ait été clairement dite par Jérôme Cahuzac, une "réunion", à ses yeux, doit toujours comporter une convocation en bonne et due forme, avec le jour, l'heure et le lieu ainsi qu'un ordre du jour. Faute de quoi il oublie tout, même si l'information, de la plus haute importance, lui est donnée par le Président de la République en personne! Lui qui faisait sans notes des discours si arides de technicité ! Drôle de chose que la mémoire !
Je pense que cette intéressante discussion terminologico-dictionnairique aura lieu, à nouveau, lors de l'audition où seront confrontés Jérôme Cahuzac et Pierre Moscovici. J'espère qu'on leur laissera le temps de fourbir leurs arguments linguistiques sur la question.
Il ne faut jurer de rien. Le titre de cette pièce est aussi, si je me souviens bien, la dernière réplique qu'elle comporte et on pourra sans problème la rejouer lors de la dernière audition de la Commission Cahuzac car c'est évidemment la leçon qu'il faudra en tirer, même si les faux serments qui ont fleuri ne sont pas suivis des sanctions pénales qui s'y attachent.
De façon amusante, le cours des choses a fait que Jérôme Cahuzac a dû renoncer à la stratégie qu'il avait arrêtée et dont il a finalement utilisé que le début et la fin, sans plus de succès d'ailleurs dans un cas que dans l'autre.
Il est clair que la question centrale était celle de la "réunion / rencontre" du 16 janvier 2013 entre les principaux protagonistes de l'affaire, le Président de la République, le Premier Ministre, le ministre des finances Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac; Dans son audition du 23 juillet, ce dernier a cru habile de jouer sur la différence entre deux versions de la rencontre de ces quatre personnages, celle du livre de Ch. Chaffanjon, journaliste du Point et celle présentée par Pierre Moscovici.
En effet, le Point a jugé habile de jouer sur cette affaire pour faire la pub du livre, Jerôme Cahuzac, les yeux dans les yeux, en publiant l'extrait de l'ouvrage qui fait allusion à cette prétendue "réunion", alors que Cahuzac, fin juin, prétendait n'avoir jamais été informé de la démarche française. En fait, la seule différence entre les versions de C. Chaffanjon et P. Moscovici tient au lieu. Elle écrit en effet : "Alors, le mercredi 16 janvier 2013, en marge du Conseil des ministres, François Hollande et Jean-Marc Ayrault convoquent Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac dans le bureau présidentiel [souligné par moi] . Les deux têtes de l'exécutif réclament au ministre de l'Économie et des Finances de lancer une demande d'entraide à la Suisse. "Ils ont un sentiment d'inquiétude", assure un observateur très privilégié." P. Moscovici n'a pas indiqué de lieu précis, ne mentionnant que "la sortie du Conseil des ministres". Quant à "l'observateur privilégié", ce ne peut guère être que le successeur de Mr. Zabulon.
La stratégie de Cahuzac, d'emblée, était de tenter de déconsidérer l'ensemble des faits en prétendant fausse la version Chaffanjon comme nombre de d'événements relatés par ce livre, en ne contestant en fait que le lieu même des faits, pour laisser de côté la seconde version (celle de Moscovici) et jeter le doute sur elle, tout en se gardant bien entendu de mettre en cause son auteur ; la tactique était de feindre l'amnésie de ce qui n'est pas, à ses yeux, une vraie "réunion". Tout cela sent la ruse de "communiquant" non-conseiller à plein nez !
Je trouve que le président de Courson, au lieu de pinailler à l'infini sur ce prétendu oubli, aurait dû simplement souligner la totale invraisemblance psychologique de l'oubli d'un événement capital, puisque c'était la première et la seule fois que Cahuzac se trouvait en présence des trois personnages les plus importants de son affaire et que ceux-ci en profitaient pour lui donner une information tout à fait essentielle. À force de vouloir ménager Cahuzac, Charles de Courson oublie les aspects essentiels comme la visite, si brève qu'elle soit, qui est faite auprès du fonctionnaire du ministère des finances chargé de contacter UBS, alors que Cahuzac avait lui-même posé en principe la "muraille de Chine" entre l'administration et le ministre qu'il était encore! Ce point est tout aussi invraisemblable que le précédent et il est à peu près était totalement négligé comme le premier.
Il n'y avait évidemment aucune raison sérieuse de mentionner le livre sur la question, sinon parce qu'il présentait une version légèrement différente sur un détail de lieu de celle qu'avait donnée le ministre et qui est évidemment la seule qui peut faire foi.
Conscient de ne pas avoir était très bon sur cette affaire, Cahuzac a voulu finir en beauté (comme prévu et conseillé) et tirer sur l'auteur de ce livre la flèche du Parthe. Il a pitoyablement échoué dans cette entreprise puisque ce qu'il présentait comme EXEMPLAIRE, selon ses propres termes, des erreurs factuelles de cet ouvrage s'est révélée finalement VRAI ( la date de sa rencontre, pour le moins insolite et inattendue avec le ministre Eric Woerth). Il a finalement dû reconnaître publiquement sa propre erreur, alors qu'il prétendait faire de cette rencontre un exemple des fautes historiques de l'ouvrage qu'il avait dénoncées à plusieurs reprises. Le fait lui a même arraché le seul vrai sourire de cette séance !
"Il ne faut jurer de rien" certes, mais en plus, mieux vaudrait ne rien dire du tout ; c'est moins l'amnésie que la mutité que Jérôme Cahuzac aurait dû feindre lors de cette audition et on ne peut que la lui conseiller pour la troisième (une totale extinction de voix peut-être ?).
mercredi 24 juillet 2013
lundi 22 juillet 2013
Fouks off ! Le Bourbon Comedy Club.
A la Commission
Cahuzac, qui s'apparente, de plus en plus, au fil des auditions, à un Bourbon
Comedy Club, le spectacle est permanent sans que les sorties soient
définitives, comme je l'ai fait observer dans un billet récent ; à la demande et
dans l'attente générales, nous aurons donc, dans la semaine, une seconde
audition de la vedette du spectacle. Tout donne à penser qu'elle sera à la
hauteur de la précédente. On est, en effet, bien loin de l'affaire Dreyfus où,
on s'en souvient, les questions ne devaient pas être posées, ici ce seront sans
doute encore une fois les réponses qui seront refusées à la commission, non
sans morgue, par l'intéressé lui-même. Toutefois, comme j'ai déjà fait une
hypothèse et un pronostic sur les explications que Jérôme Cahuzac donnera sur
la fausse vraie réunion du 26 janvier 2013 qui a eu lieu sans avoir lieu,
puisqu'elle n'était pas une "vraie" réunion, je n'y reviens pas. Il
se murmure que la galerie d'humoristes interviewés au Bourbon Comedy Club pourrait
s'enrichir de Monsieur Bauer qui réunit, de façon si pittoresque et si heureuse,
l'allure d'Oliver Hardy et la moustache d'Adolph Hitler.
La nouvelle
vedette du Bourbon Comedy Club a été, toutefois, cette semaine, Stéphane Fouks
dont il faut dire un mot liminaire car l'homme est des plus discrets et,
semble-t-il, volontairement ; sa notice du Who's
Who est quasiment vide (on y mentionne à peine un DESS de droit et il s'y
définit comme "directeur de société") ; il échappe aux filets de
Wikipedia et il fuit les médias, même s'il semble, par ailleurs, les assiéger
en faveur d'autres que lui !
S. Fouks, en
trois quarts d'heure, le mercredi 17 juillet 2013, a fait un passage remarqué
au Bourbon Comedy Club. Rien à en dire de plus que ce que contient l'excellent
article donné à mediapart le vendredi 19 juillet par Mathieu Magnaudeix et
auquel je ne puis que renvoyer avec chaleur et insistance. Je me contenterai
ici, à partir de ce texte, de quelques éléments d'une sémiologie rudimentaire et
légère, car je n'ai pas vu la prestation de Monsieur Fouks et c'est ce seul
article qui est à la fois la source et l'origine de ce billet.
La photo qui
l'orne est intéressante ; moins par l'air goguenard du héros (un prince de la
com' comme SF ne peut être qu'intérieurement mort de rire, à la seule idée de
jurer de dire toute la vérité et rien que la vérité !) que par un modeste
détail vestimentaire.
En effet, le
cadrage de la photo publiée fait qu'un doigt accusateur ( qui est en fait un
micro moderne, donc réduit à sa plus simple expression quasi digitale) est
pointé sur le bas de la chemise de S. Fouks qu'il n'a pas pris soin de faire
entrer de façon parfaite, ou en tout cas adéquate, dans son pantalon ! Ce
détail incongru ne risque-t-il pas d'obérer la validité des déclarations qu'il
aura pu faire dans la suite? Peut-on prêter serment en pareil équipage ? Dans
ce cas douteux, on peut imaginer qu'il l'ait fait exprès, donnant ainsi un
équivalent vestimentaire discret à la fameuse restriction mentale que pratiquaient
autrefois, en pareils cas, les Jésuites !
En fait, même si
c'était là une prudence préalable, il n'a même pas eu à se montrer avare de
réponses et, moins encore, à devoir opposer le refus d'obtempérer à ses
interrogateurs, si constant chez J. Cahuzac, puisque les députés ont été
extraordinairement peu curieux à l'égard de ses comportements et de ses
rapports avec Cahuzac, se contentant de ses réponses évasives ou dilatoires, de
toute évidence peu fondés. Il est vrai que Jérôme Cahuzac avait préparé le
terrain pour Monsieur Fouks en assurant aux députés qu'il n'avait pas joué le
moindre rôle dans sa communication, alors que mediapart disposait de
l'enregistrement, fait "le 3 décembre 2012 à 20 heures 49" d'une
longue conversation de S. Fouks avec Fabrice Arfi comme le rapporte, avec tous
les détails, Mathieu Magnaudeix dans son article.
À dire vrai, la
seule vraie curiosité de cette conversation entre Fouks et Arfi est que
Stéphane Fouks y jugeait sobrement, selon ses propres termes, que : « Tout ça est de la couille en barre »,
ce qui mérite, à soi seul, attention, cet objet anatomique ne se présentant que
fort rarement sous pareille forme.
C'est plutôt
l'analyse des propos mêmes de Stéphane Fouks qui justifie sa présence dans
cette galerie d'humoristes. S. Fouks est, en effet, on l'a vu et compris d'emblée,
excellent dans tous les rôles de composition, essentiels dans son métier.
Ainsi, pour n'en citer qu'un, celui de la modestie voire de l'humilité , une
vraie violette sous la mousse! Il réussit très bien aussi dans des formes
douces du travestissement léger de la vérité (n'allons surtout pas parler de
mensonge!). Ainsi, comme Monsieur Jourdain rappelait volontiers que son père
n'avait jamais été marchand de tissus mais qu'il se bornait à donner des
étoffes à ses amis contre de l'argent, Monsieur Fouks ne conseille pas ni J.
Cahuzac, ni quiconque ; sa seule fonction est, selon ses propres termes, de
dire aux intéressés ce qu'ils doivent faire et comment ils doivent se comporter,
ce qui est toute autre chose, vous l'aurez compris.
Si S. Fouks
rivalise parfois avec Monsieur Jourdain, c'est toutefois dans le rôle du benêt qu'il
excelle et, en l'occurrence, c'est dans l'imitation de Richard Virenque que Stéphane
Fox est, de très loin, le meilleur ; il affirme ainsi sans rire, dans ce
registre, : « Je me suis trompé de bonne foi ». Comment a-t-il pu résister, en
plein Tour de France, à ajouter à une formule si heureuse le désormais fameux «
à l'insu de mon plein gré"?
Bravo l'artiste,
mais à nous prendre ainsi pour des imbéciles (sans parler de l'offense à la représentation
nationale), permettez-nous de vous dire "Fouks off Stéphane !".
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jeudi 18 juillet 2013
Commission Cahuzac : le spectacle est permanent mais aucune sortie n'est définitive
Le fonctionnement de la commission parlementaire consacrée à l'affaire Cahuzac est tout différent de celui des bons vieux cinémas permanents d'autrefois, où l'on précisait, à l'entrée, que si le spectacle était permanent, toute sortie était définitive.
Rien de tel ici, ce qui est quelque peu étonnant voire contradictoire, car, alors que les invités à témoigner dans cette commission le font sous serment, ils peuvent être sollicités pour une nouvelle audition, ce qui semble avoir pour but de les amener à modifier ou à corriger leurs premières déclarations.
Le point le plus remarquable dans le fonctionnement de cette commission est que son rapporteur et son président, issus de deux bords politiques différents, commencent à se prendre publiquement aux cheveux, alors qu'ils avaient semblé, jusqu'à présent, travailler dans la plus parfaite harmonie. La dernière déclaration du président De Courson montre qu'il est persuadé que François Hollande était au courant depuis le mois de décembre 2012, alors que son rapporteur Alain Claeys (faut-il préciser qu'il appartient au parti socialiste) est d'un avis contraire. Si ces deux autorités se crèpent le chignon ainsi et pour ça, il est à craindre que le bel ordonnancement de la chevelure de Monsieur de Courson s'en trouve fâcheusement bouleversé. Rassurez-vous les maquilleuses de France Télévision y mettront en bon ordre avant le début des séances.
Il faut dire que ce sont là les deux principaux héros des écrans (avec la personnalité interrogée par la commission), au cours de chacune des séances, car les plans larges y sont interdits dans la mesure où les membres de cette commission ne font pas preuve d'un zèle excessif dans la participation et qu'on n'y compte le plus souvent qu'un maigre tiers des quarante élus qui la composent. Les prises de vue qu'on y réalise rappellent beaucoup celles de l'Assemblée nationale, où le mercredi, quand à la télévision est la, les rares députés en séance se rassemblent frileusement autour de l'orateur du moment pour être saisis par les objectifs des caméras. Il en est de même à la commission Cahuzac et l'on évite ainsi le spectacle, un peu affligeant pour notre démocratie, qu'on avait donné dans les premières séances, où les quelques élus présents étaient clairsemés dans la salle et, pour la plupart, occupés à faire leur courrier ou à envoyer textos et SMS. Informés qu'ils sont désormais du programme établi par le président et son rapporteur, seuls ceux qui figurent effectivement sur l'agenda présidentiel prennent la peine de se rendre à la séance où ils auront à poser une question et donc à avoir les honneurs du petit écran.
Il faut bien dire d'ailleurs qu'on perd désormais très souvent de vue l'affaire elle-même et que, du côté de la droite surtout, évidemment, l'enquête elle-même disparaît au profit de la mise en cause de tel ou tel aspect de la politique du gouvernement qui n'a rien à voir avec elle.
Il est heureux que cette commission avance dans ses travaux à un train de sénateur (ce qui est bien normal !) car quoiqu'on y dépose sous serment, en évitant au mieux les questions gênantes, certains seront amenés à y revenir pour y faire de nouvelles déclarations qui, elles-mêmes, pourraient conduire à reconvoquer à nouveau tel ou tel témoin dont les précédentes déclarations auraient amené la réapparition de personnes déjà interrogées. On risque fort de n'en pas sortir, mais peut-être est-ce préférable ainsi ?
Sans rappeler les faits, disons que l'affaire Cahuzac s'est située, en gros, dans le premier trimestre de l'année 2013, entre le premier article de Mediapart qui en a marqué le début, le 4 décembre 2012, et les aveux inattendus de Jérôme Cahuzac le 2 avril 2013 ; il avait fort heureusement évité de les faire la veille car on n'aurait pas manqué alors de les prendre pour un poisson d'avril !
La question, qui fait débat désormais, n'est pas celle de savoir exactement quand le Président de la République et le Premier Ministre ont été informés et surtout y ont cru ; ils sont les seuls à le savoir vraiment et on ne peut guère imaginer que l'article de Mediapart du début décembre 2012 n'ait pas retenu l'attention des plus hautes autorités de l'État, même s'ils n'étaient pas en mesure de juger réellement de sa pertinence. On sait toutefois aussi, maintenant que les langues se sont déliées, que beaucoup de gens, au PS, étaient au courant des activités hautement rémunératrices du docteur Cahuzac. Elles n'étaient nullement dans les implants capillaires et les moumoutes mais, à une toute autre échelle, dans les ventes illicites et les pots de vin liés aux permis pour les scanners et les IRM
La question actuelle est de savoir si Cahuzac a été mis au courant de la procédure d'enquête lancée à son endroit début janvier 2013. Or, la déclaration de Moscovici a été sur ce point sans ambiguïté ; Cahuzac était, avec Moscovici lui-même, le Président de la République et le Premier Ministre le 16 janvier 2013 à la sortie du conseil des ministres et il a été informé, à ce moment-là, de la procédure engagée auprès de la Suisse, alors qu'il a prétendu, devant la commission, ne jamais avoir été mis au courant.
Comme cette information lui a été donnée à la sortie du conseil des ministres, on peut aisément deviner qu'il plaidera l'omission par malentendu et prétendra qu'il ne s'agissait pas d'une réunion mais simplement d'une conversation entre deux portes, après le conseil des ministres. Je veux bien confirmer par écrit cette hypothèse ; il est donc un peu inutile de réentendre à nouveau Jérôme Cahuzac sur ce point puisque je fournis ici l'explication qu'il avancera.
Si, au contraire on poursuit la procédure, ne faudra-t-il pas alors convoquer à nouveau devant la commission le ministre Moscovici, pour qu'il précise exactement le lieu et les conditions dans lesquelles cette information a été communiquée à Jérôme Cahuzac et ainsi de suite.
Tout cela coûte, Monsieur de Courson, contentez-vous de ma lettre et de mon hypothèse.
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mercredi 17 juillet 2013
Politique et économie françaises : eau dans le gaz et gaz dans l'eau
Les politiciens nous prennent vraiment pour des imbéciles.
Vous aurez observé que j'ai employé ici volontairement le mot "politicien", dans le vrai sens qu'il a en français et qui est, le plus souvent, péjoratif ce qu'ignorent la plupart des gens qui usent de ce terme ; si l'on vise une dénotation pure et simple, il vaut mieux dire les hommes politiques, les femmes politiques ou, plus brièvement, les politiques.
Mais là n'est pas le sujet dont je veux traiter!
La commedia dell'arte politique à laquelle nous assistons en ce moment et qui a commencé bien avant l'éviction inopinée (surtout pour elle !) de cette pauvre Delphine Batho et qui se prolonge avec l'affaire du Tricastin tient essentiellement à ce qu'en réalité, le parti socialiste et les Verts d'EELV sont des ennemis naturels, puisque leurs électorats sont partiellement communs. L'alliance, que Martine Aubry a conclue naguère avec les Verts et qui leur accordait un nombre d'élus sans le moindre rapport avec leur poids électoral réel, avait fortement déplu à François Hollande (comme sans doute à Martine Aubry elle même), mais il avait été secrètement ravi sans doute d'avoir eu la chance de ne pas être obligé de la conclure lui-même, ce qu'il aurait bien été forcé de faire s'il s'était trouvé dans la même situation à la tête du PS.
Comme dit le bon peuple, il y a donc, clairement et depuis le début, de "l'eau dans le gaz" entre les socialistes et les Verts ; on ne comprend d'ailleurs pas qu'Hollande n'ait pas fait de Placé, la grande gueule de service, un sous-secrétaire d'Etat adjoint aux anciens combattants ce qui lui aurait aussitôt fermé la dite gueule.
En tout état de cause, le PS et EELV se tiennent, les uns et les autres, par la barbichette. S'il y a trop d'eau dans le gaz ou pire encore du gaz dans l'eau et que ça pète, ils n'arriveront pas à faire listes communes pour les municipales ; les socialistes risquent alors une lourde défaite et il en est de même pour les Verts, sans compter les postes de députés, de sénateurs ou de ministres auxquels celles et ceux qui les occupent n'ont aucune envie de renoncer, tandis que les autres Verts, qui rêvent simplement d'être califes à la place des califes devront s'asseoir sur leurs ambitions. On s'en tiendra donc inévitablement à des escarmouches dont cette pauvre Delphine Batho a fait les frais et cela d'autant que si elle était elle-même, en principe, socialiste, elle s'était elle aussi brouillée avec sa bienfaitrice d'antan, l'infortunée Ségolène qui n'est pas le meilleur appui au sein du PS.
Que voulez-vous ? La politique c'est comme ça ! Comme disait l'autre : "Ces choses-là sont rudes, il faut, pour les comprendre, avoir fait des études ». Et de préférence dans la promotion Voltaire de l'ENA.
Il y a donc de "l'eau dans le gaz" entre les alliés de la coalition au pouvoir et une partie de leurs différends vient curieusement de ce qu'on craint qu'il n'y ait un jour du "gaz dans l'eau !".
Ce titre m'est venu suite à la double considération de la chose politique française et de la résurgence de plus en plus fréquente de l'affaire du gaz de schiste. Un documentaire sur le sujet, "Gazland" a même été diffusé à la télé il y a quelques jours, à une heure de grande écoute. Je pense que ce n'était pas tout à fait par hasard. Très critique, il concernait essentiellement l'exploitation du gaz de schiste aux États-Unis. On y voyait, à de nombreuses reprises, des gens mettre le feu à l'eau qui sortait de leur robinet (car il y avait dans cette eau du gaz inflammable) et tout autant de responsables politiques ou industriels qui, tout en affirmant que ladite eau était parfaitement consommable, refusaient tous obstinément d'en boire la moindre goutte (ce gag a été répété à plusieurs reprises au cours du film).
On avait appris, de sa bouche même, quoiqu'à mots couverts, mais par ailleurs fort clairement, que Delphine Batho, ministre de l'écologie, avait été virée sur intervention de lobbys industriels favorables au gaz de schiste. Détail pittoresque mais fâcheux, on a appris, en cette même circonstance, que l'épouse de Monsieur Crouzet, patron de Vallourec, grande société productrice de tuyaux dans les domaines pétrolier, gazier et nucléaire, est, en fait, contre toute attente, le mari de Madame Sylvie Hubac, directrice de cabinet de François Hollande. Cette-ci, fort opportunément, ne porte pas le nom de son mari, quoiqu'ils soient mariés depuis trente ans et que la chose ne soit guère dans les habitudes françaises, surtout dans le milieu en cause et quand on n'est ni artiste ni auteur !
Au même moment ou à peu près, Arnaud Montebourg, le rebelle de service, a remis sur le tapis médiatique l'affaire du gaz de schiste, en demandant, non sans une solide dose de bon sens, qu'on "explore" (c'est le terme dont il use) la question au lieu d'interdire purement et simplement l'exploitation du gaz de schiste, sans même savoir de quoi on parle, comme le fait la loi Jacob de 2011 que conteste actuellement, en justice, une société américaine Schuepbach qui s'était vu accorder, auparavant, un permis d'exploitation qu'on lui a ensuite retiré (l'affaire va aller devant le Conseil constitutionnel). Des esprits chagrins pourraient noter et faire valoir que Monsieur Jacob, qui s'est surtout illustré dans le débat parlementaire sur les déclarations de patrimoine des parlementaires, en défendant un amendement qui visait à supprimer la pénalisation des déclarations « sciemment » erronées, texte qu'il dut finalement retirer, semble quelque peu lui, le représentant de lobbys agro-machin, puisqu'il a fait à peu près toute sa carrière pré politique au Centre national des jeunes agriculteurs.
Le problème est que, comme toujours en France, nous ne disposons d'aucune information sérieuse sur cette affaire ; la seule émission un peu intelligente et informée que j'ai pu voir sur la question était le "C plus clair" du 12 juillet, qui ,fort heureusement, s'est tenu en l'absence d'Yves Calvi (déjà en vacances chez son pépé), ce qui nous a dispensé de l'inévitable présence à l'écran de Christophe Barbier et des diverses plumes du Figaro. On a pu enfin avoir des informations de gens qui savaient de quoi ils parlaient au lieu de se borner à écouter les platitudes éculées des journalistes ignorants qui peuplent notre PAF.
Arnaud Montebourg prend donc des positions, dont certains s'étonnent, non sans candeur, qu'elles n'entraînent pas son éviction du gouvernement ; cette crainte est évidemment totalement infondée puisqu'il est clair qu'Arnaud Montebourg, Monsieur 17% aux primaires du PS, dit des choses que n'osent et ne peuvent nous dire ni François Hollande ni Jean-Marc Ayrault! En la circonstance, elles sont d'ailleurs l'expression du simple bon sens et j'ai personnellement tenu dans mon blog des propos quasi identiques depuis longtemps, en pensant qu'avant de se prendre aux cheveux sur la question de la fracturation des schistes bitumineux, on ferait mieux d'abord de faire un inventaire géologique sérieux des richesses dont nous disposons réellement, des bénéfices que nous pourrions éventuellement en tirer, des modes d'exploitation possibles (méthane ?) comme des risques qui pourraient s'attacher à cette fracturation et qui ne sont pas seulement celui de la pollution de l'eau, mais également celui de la dispersion dans l'atmosphère de gaz qui ne serait pas retenu dans le sous-sol comme dans l'exportation pétrolière et gazière traditionnelle.
Bien entendu pour informer l'Etat et orienter ses choix stratégiques, il faut avoir des informations et des données incontestables sur ces questions. Tout cela ne peut résulter que de programmes de recherche, sérieux et porteurs (on en cherche!); c'est là ce qui doit compter dans les décisions et les choix à venir et non pas l'avis ni des représentants des lobbies céréaliers ni d'hurluberlus, si verts qu'ils soient.
Eau dans le gaz ou gaz dans l'eau ? Les deux questions sont finalement plus liées qu'on pourrait le croire.
Vous aurez observé que j'ai employé ici volontairement le mot "politicien", dans le vrai sens qu'il a en français et qui est, le plus souvent, péjoratif ce qu'ignorent la plupart des gens qui usent de ce terme ; si l'on vise une dénotation pure et simple, il vaut mieux dire les hommes politiques, les femmes politiques ou, plus brièvement, les politiques.
Mais là n'est pas le sujet dont je veux traiter!
La commedia dell'arte politique à laquelle nous assistons en ce moment et qui a commencé bien avant l'éviction inopinée (surtout pour elle !) de cette pauvre Delphine Batho et qui se prolonge avec l'affaire du Tricastin tient essentiellement à ce qu'en réalité, le parti socialiste et les Verts d'EELV sont des ennemis naturels, puisque leurs électorats sont partiellement communs. L'alliance, que Martine Aubry a conclue naguère avec les Verts et qui leur accordait un nombre d'élus sans le moindre rapport avec leur poids électoral réel, avait fortement déplu à François Hollande (comme sans doute à Martine Aubry elle même), mais il avait été secrètement ravi sans doute d'avoir eu la chance de ne pas être obligé de la conclure lui-même, ce qu'il aurait bien été forcé de faire s'il s'était trouvé dans la même situation à la tête du PS.
Comme dit le bon peuple, il y a donc, clairement et depuis le début, de "l'eau dans le gaz" entre les socialistes et les Verts ; on ne comprend d'ailleurs pas qu'Hollande n'ait pas fait de Placé, la grande gueule de service, un sous-secrétaire d'Etat adjoint aux anciens combattants ce qui lui aurait aussitôt fermé la dite gueule.
En tout état de cause, le PS et EELV se tiennent, les uns et les autres, par la barbichette. S'il y a trop d'eau dans le gaz ou pire encore du gaz dans l'eau et que ça pète, ils n'arriveront pas à faire listes communes pour les municipales ; les socialistes risquent alors une lourde défaite et il en est de même pour les Verts, sans compter les postes de députés, de sénateurs ou de ministres auxquels celles et ceux qui les occupent n'ont aucune envie de renoncer, tandis que les autres Verts, qui rêvent simplement d'être califes à la place des califes devront s'asseoir sur leurs ambitions. On s'en tiendra donc inévitablement à des escarmouches dont cette pauvre Delphine Batho a fait les frais et cela d'autant que si elle était elle-même, en principe, socialiste, elle s'était elle aussi brouillée avec sa bienfaitrice d'antan, l'infortunée Ségolène qui n'est pas le meilleur appui au sein du PS.
Que voulez-vous ? La politique c'est comme ça ! Comme disait l'autre : "Ces choses-là sont rudes, il faut, pour les comprendre, avoir fait des études ». Et de préférence dans la promotion Voltaire de l'ENA.
Il y a donc de "l'eau dans le gaz" entre les alliés de la coalition au pouvoir et une partie de leurs différends vient curieusement de ce qu'on craint qu'il n'y ait un jour du "gaz dans l'eau !".
Ce titre m'est venu suite à la double considération de la chose politique française et de la résurgence de plus en plus fréquente de l'affaire du gaz de schiste. Un documentaire sur le sujet, "Gazland" a même été diffusé à la télé il y a quelques jours, à une heure de grande écoute. Je pense que ce n'était pas tout à fait par hasard. Très critique, il concernait essentiellement l'exploitation du gaz de schiste aux États-Unis. On y voyait, à de nombreuses reprises, des gens mettre le feu à l'eau qui sortait de leur robinet (car il y avait dans cette eau du gaz inflammable) et tout autant de responsables politiques ou industriels qui, tout en affirmant que ladite eau était parfaitement consommable, refusaient tous obstinément d'en boire la moindre goutte (ce gag a été répété à plusieurs reprises au cours du film).
On avait appris, de sa bouche même, quoiqu'à mots couverts, mais par ailleurs fort clairement, que Delphine Batho, ministre de l'écologie, avait été virée sur intervention de lobbys industriels favorables au gaz de schiste. Détail pittoresque mais fâcheux, on a appris, en cette même circonstance, que l'épouse de Monsieur Crouzet, patron de Vallourec, grande société productrice de tuyaux dans les domaines pétrolier, gazier et nucléaire, est, en fait, contre toute attente, le mari de Madame Sylvie Hubac, directrice de cabinet de François Hollande. Cette-ci, fort opportunément, ne porte pas le nom de son mari, quoiqu'ils soient mariés depuis trente ans et que la chose ne soit guère dans les habitudes françaises, surtout dans le milieu en cause et quand on n'est ni artiste ni auteur !
Au même moment ou à peu près, Arnaud Montebourg, le rebelle de service, a remis sur le tapis médiatique l'affaire du gaz de schiste, en demandant, non sans une solide dose de bon sens, qu'on "explore" (c'est le terme dont il use) la question au lieu d'interdire purement et simplement l'exploitation du gaz de schiste, sans même savoir de quoi on parle, comme le fait la loi Jacob de 2011 que conteste actuellement, en justice, une société américaine Schuepbach qui s'était vu accorder, auparavant, un permis d'exploitation qu'on lui a ensuite retiré (l'affaire va aller devant le Conseil constitutionnel). Des esprits chagrins pourraient noter et faire valoir que Monsieur Jacob, qui s'est surtout illustré dans le débat parlementaire sur les déclarations de patrimoine des parlementaires, en défendant un amendement qui visait à supprimer la pénalisation des déclarations « sciemment » erronées, texte qu'il dut finalement retirer, semble quelque peu lui, le représentant de lobbys agro-machin, puisqu'il a fait à peu près toute sa carrière pré politique au Centre national des jeunes agriculteurs.
Le problème est que, comme toujours en France, nous ne disposons d'aucune information sérieuse sur cette affaire ; la seule émission un peu intelligente et informée que j'ai pu voir sur la question était le "C plus clair" du 12 juillet, qui ,fort heureusement, s'est tenu en l'absence d'Yves Calvi (déjà en vacances chez son pépé), ce qui nous a dispensé de l'inévitable présence à l'écran de Christophe Barbier et des diverses plumes du Figaro. On a pu enfin avoir des informations de gens qui savaient de quoi ils parlaient au lieu de se borner à écouter les platitudes éculées des journalistes ignorants qui peuplent notre PAF.
Arnaud Montebourg prend donc des positions, dont certains s'étonnent, non sans candeur, qu'elles n'entraînent pas son éviction du gouvernement ; cette crainte est évidemment totalement infondée puisqu'il est clair qu'Arnaud Montebourg, Monsieur 17% aux primaires du PS, dit des choses que n'osent et ne peuvent nous dire ni François Hollande ni Jean-Marc Ayrault! En la circonstance, elles sont d'ailleurs l'expression du simple bon sens et j'ai personnellement tenu dans mon blog des propos quasi identiques depuis longtemps, en pensant qu'avant de se prendre aux cheveux sur la question de la fracturation des schistes bitumineux, on ferait mieux d'abord de faire un inventaire géologique sérieux des richesses dont nous disposons réellement, des bénéfices que nous pourrions éventuellement en tirer, des modes d'exploitation possibles (méthane ?) comme des risques qui pourraient s'attacher à cette fracturation et qui ne sont pas seulement celui de la pollution de l'eau, mais également celui de la dispersion dans l'atmosphère de gaz qui ne serait pas retenu dans le sous-sol comme dans l'exportation pétrolière et gazière traditionnelle.
Bien entendu pour informer l'Etat et orienter ses choix stratégiques, il faut avoir des informations et des données incontestables sur ces questions. Tout cela ne peut résulter que de programmes de recherche, sérieux et porteurs (on en cherche!); c'est là ce qui doit compter dans les décisions et les choix à venir et non pas l'avis ni des représentants des lobbies céréaliers ni d'hurluberlus, si verts qu'ils soient.
Eau dans le gaz ou gaz dans l'eau ? Les deux questions sont finalement plus liées qu'on pourrait le croire.
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mardi 16 juillet 2013
Ingrid Betancourt et Sarkozy : bête à Bon Dieu ou bête de scène ?
Voilà déjà cinq ans qu'Ingrid Betancourt a été libérée par les FARC et on pouvait s'en croire débarrassé à jamais. Hélas non !
Ingrid, qui a divorcé dès 2009 (sans avoir jamais reparlé à son mari après sa libération !) est désormais très mal vue en Colombie pour avoir demandé à son pays 15 milliards de pesos en dédommagement de son enlèvement, dont les circonstances demeurent contestées (notre Nanard est un enfant de choeur à côté d'Ingrid, mais elle, elle s'est fait jeter, sans arbitrage favorable elle !). Vivant désormais à Londres, pour tenter de profiter du cinquième anniversaire de sa libération et donner un coup de main à son libérateur, elle n'a pas manqué de franchir le Channel pour venir faire une tournée promotionnelle sur les scènes médiatiques françaises ; elle espère sans doute ainsi ranimer un peu l'intérêt qu'on lui porte et justifier une réévaluation des tarifs de ses prestations.
Je me souviens qu'en 2009, j'avais quelque peu déplu à certain(e)s dans le blog que je faisais déjà, en ne participant pas avec assez de chaleur et d'émotion à la célébration de la libération d'Ingrid Betancourt.
J'en avais souligné la part de mystère, car celle qu'on avait montrée, au moment même de sa libération, sous le jour le plus sinistre, malade, amaigrie et dépressive, nous était apparue soudain en pleine forme physique et morale, passant en 24 heures de son enchaînement dans la jungle aux feux des projecteurs. On n'a jamais su quand avait eu lieu l'opération cosmétique.
Sont-ce les soins attentifs de son compagnon d'infortune (l'infirmier auquel elle a rendu hommage) ou sous l'effet d'un miracle comme elle le répétait alors? A l'époque, Ingrid se signait, à tout propos, comme un footballeur sud-américain ? Le fait-elle encore, faute de l'avoir vue, je n'en sais rien. Elle voyait en Dieu le premier de ces libérateurs miraculeux, juste avant le président Sarkozy qui, désormais, a doublé Dieu lui-même et est passé en première place. Dans sa tournée médiatico-politique en France, elle ne cesse de répéter qu'il est l'homme qu'il faut à la France) et cette promotion médiatique coïncide, toujours par miracle vous l'aurez noté, avec la réapparition publique de Sarkozy ! Petit renvoi d'ascenseur, non ?
J'avais été alors tout aussi réservé sur les conditions réelles de sa libération, en espérant que nous-autres Français n'avions pas été les seuls à mettre la main à la poche (les avions spéciaux plus la rançon qu'avait seule évoquée à l'époque la vilaine presse suisse). On aurait pu, au moins, partager les frais, puisqu'il y avait, entre autres, trois otages américains dans la même fournée libératrice ; la France, quoique fauchée, est, comme toujours et partout, grande et généreuse. J'avais aussi, comme bien d'autres, considéré que l'histoire d'infiltration des FARC était une vaste blague et que la fable de "l'infiltration" visait à "couvrir" les traîtres qui, bien entendu, n'avaient agi que contre espèces sonnantes et trébuchantes.
J'avais aussi fait remarquer, avec mon mauvais goût habituel, qu'un des membres les plus présents du comité d'accueil d'Ingrid était Florence Aubenas, autre ex otage chérie des médias, dont la libération avait tenu, elle aussi, mais dans un genre tout différent, du mystère. Dans ce dernier cas, le miracle était surtout ophtalmologique, car tous les médecins spécialisés s'étaient étonnés de voir cette journaliste affronter, sans problème ni protections la lumière du soleil, après avoir passé, à l'en croire, plus de cinq mois dans l'obscurité d'une cave. Il faut dire, et le cas n'est pas isolé, que dans le journalisme moderne, être pris comme otage est devenu assurément le meilleur moyen de promotion forte et rapide.
Mais Ingrid est aussi une bête de scène ; elle trouve toujours le bon geste et la bonne parole au bon moment, même si parfois elle "charge" un peu, comme elle l'avait fait alors, en prenant par exemple par la main le petit Nicolas dans un "remake" comique de la fameuse photo de Mitterrand et de Kohl, main dans la main, comme sur le chemin de l'école. Elle a réponse à tout, refaisant sans cesse les mêmes gestes et répétant les mêmes mots, tout en assurant à chaque média que c'est là l'exclusivité ou le scoop du siècle. Une vraie pro de la com', je vous dis !
Lors de sa libération, elle faisait déjà punaise de sacristie, alternant toutefois les déclarations d'amour à Dieu et au Président Sarkozy et sautant, sans problème et à pieds joints, de l'un de l'autre. Il faut dire qu'elle espérait à l'époque le prix Nobel de la paix et qu'on en était déjà à négocier le tarif de ses prestations. Un projet de film, conçu alors a été différé sine diem (« Ingrid chez les Ch’tis » ou « Bienvenue chez les FARC » ?)
Il faut dire et c'est là l'origine même de ce billet que j'ai découvert grâce à Yann Barthès et son "Petit Journal" sur Canal+ (sans doute en redif., vu la saison, car "Summer Closed"), il y a deux ou trois jours, que tout nos conférenciers à 25.000 ou 250.000$ figurent, en fait, dans une sorte de catalogue de la Redoute des conférences de "has beens" politiques, people ou autres, avec photos, tarifs et conditions à l'appui. Je n'ai pas pu trouver la référence de cet excellent catalogue car j'aurais aimé à le feuilleter puisque, dans la brève présentation qu'en a faite Yann Barthès, on a pu voir les binettes d'Hillary Clinton et ... d'Ingrid Betancourt
Cet ouvrage est extrêmement précis et détaillé ; vous pouvez y commander une conférence de Machin ou de Truc comme une paire de godasses ou un slip kangourou aux Trois Suisses. Rien n'y est omis. On vous donne les tarifs de l'intéressé(e), les prestations qui conditionnent sa venue (y compris la classe aérienne, pas pour elle ou lui, car le jet privé est sans doute recommandé, mais pour ses accompagnateurs), l'hôtel exigé et la qualité de la suite, le nombre des accompagnants, etc. Évidemment, les tarifs de Madame Clinton (comme ceux de Monsieur Sarkozy) ne sont pas ceux de la pauvre Ingrid Betancourt. À son sujet, on ne murmure que le modeste chiffre de 25 000 $ pour une conférence ; une misère pour une sainte miraculée, avec retour garanti sur investissement car Dieu vous le rendra, comme convenu, au centuple!
Toutefois, l'autre jour, dans les "Grandes Gueules" de RMC, où elle était, Ingrid a fini par avouer qu'elle vivait et finançait ses études (un doctorat en théologie à Oxford s'il vous plait) avec le seul profit qu'elle tire de ses conférences.
La "bête à Bon Dieu" (nom populaire de la coccinelle) portera-t-elle chance à son candidat déclaré ? En tout cas, ce n'est pas, comme dans mon titre "Ingrid, bête de scène ou bête à Bon Dieu" mais plutôt, vu ses récentes prestations médiatiques, "Ingrid bête à Bon Dieu de scène" ! Qu'est-ce qu'on dit Monsieur Sarkozy ?
Ingrid, qui a divorcé dès 2009 (sans avoir jamais reparlé à son mari après sa libération !) est désormais très mal vue en Colombie pour avoir demandé à son pays 15 milliards de pesos en dédommagement de son enlèvement, dont les circonstances demeurent contestées (notre Nanard est un enfant de choeur à côté d'Ingrid, mais elle, elle s'est fait jeter, sans arbitrage favorable elle !). Vivant désormais à Londres, pour tenter de profiter du cinquième anniversaire de sa libération et donner un coup de main à son libérateur, elle n'a pas manqué de franchir le Channel pour venir faire une tournée promotionnelle sur les scènes médiatiques françaises ; elle espère sans doute ainsi ranimer un peu l'intérêt qu'on lui porte et justifier une réévaluation des tarifs de ses prestations.
Je me souviens qu'en 2009, j'avais quelque peu déplu à certain(e)s dans le blog que je faisais déjà, en ne participant pas avec assez de chaleur et d'émotion à la célébration de la libération d'Ingrid Betancourt.
J'en avais souligné la part de mystère, car celle qu'on avait montrée, au moment même de sa libération, sous le jour le plus sinistre, malade, amaigrie et dépressive, nous était apparue soudain en pleine forme physique et morale, passant en 24 heures de son enchaînement dans la jungle aux feux des projecteurs. On n'a jamais su quand avait eu lieu l'opération cosmétique.
Sont-ce les soins attentifs de son compagnon d'infortune (l'infirmier auquel elle a rendu hommage) ou sous l'effet d'un miracle comme elle le répétait alors? A l'époque, Ingrid se signait, à tout propos, comme un footballeur sud-américain ? Le fait-elle encore, faute de l'avoir vue, je n'en sais rien. Elle voyait en Dieu le premier de ces libérateurs miraculeux, juste avant le président Sarkozy qui, désormais, a doublé Dieu lui-même et est passé en première place. Dans sa tournée médiatico-politique en France, elle ne cesse de répéter qu'il est l'homme qu'il faut à la France) et cette promotion médiatique coïncide, toujours par miracle vous l'aurez noté, avec la réapparition publique de Sarkozy ! Petit renvoi d'ascenseur, non ?
J'avais été alors tout aussi réservé sur les conditions réelles de sa libération, en espérant que nous-autres Français n'avions pas été les seuls à mettre la main à la poche (les avions spéciaux plus la rançon qu'avait seule évoquée à l'époque la vilaine presse suisse). On aurait pu, au moins, partager les frais, puisqu'il y avait, entre autres, trois otages américains dans la même fournée libératrice ; la France, quoique fauchée, est, comme toujours et partout, grande et généreuse. J'avais aussi, comme bien d'autres, considéré que l'histoire d'infiltration des FARC était une vaste blague et que la fable de "l'infiltration" visait à "couvrir" les traîtres qui, bien entendu, n'avaient agi que contre espèces sonnantes et trébuchantes.
J'avais aussi fait remarquer, avec mon mauvais goût habituel, qu'un des membres les plus présents du comité d'accueil d'Ingrid était Florence Aubenas, autre ex otage chérie des médias, dont la libération avait tenu, elle aussi, mais dans un genre tout différent, du mystère. Dans ce dernier cas, le miracle était surtout ophtalmologique, car tous les médecins spécialisés s'étaient étonnés de voir cette journaliste affronter, sans problème ni protections la lumière du soleil, après avoir passé, à l'en croire, plus de cinq mois dans l'obscurité d'une cave. Il faut dire, et le cas n'est pas isolé, que dans le journalisme moderne, être pris comme otage est devenu assurément le meilleur moyen de promotion forte et rapide.
Mais Ingrid est aussi une bête de scène ; elle trouve toujours le bon geste et la bonne parole au bon moment, même si parfois elle "charge" un peu, comme elle l'avait fait alors, en prenant par exemple par la main le petit Nicolas dans un "remake" comique de la fameuse photo de Mitterrand et de Kohl, main dans la main, comme sur le chemin de l'école. Elle a réponse à tout, refaisant sans cesse les mêmes gestes et répétant les mêmes mots, tout en assurant à chaque média que c'est là l'exclusivité ou le scoop du siècle. Une vraie pro de la com', je vous dis !
Lors de sa libération, elle faisait déjà punaise de sacristie, alternant toutefois les déclarations d'amour à Dieu et au Président Sarkozy et sautant, sans problème et à pieds joints, de l'un de l'autre. Il faut dire qu'elle espérait à l'époque le prix Nobel de la paix et qu'on en était déjà à négocier le tarif de ses prestations. Un projet de film, conçu alors a été différé sine diem (« Ingrid chez les Ch’tis » ou « Bienvenue chez les FARC » ?)
Il faut dire et c'est là l'origine même de ce billet que j'ai découvert grâce à Yann Barthès et son "Petit Journal" sur Canal+ (sans doute en redif., vu la saison, car "Summer Closed"), il y a deux ou trois jours, que tout nos conférenciers à 25.000 ou 250.000$ figurent, en fait, dans une sorte de catalogue de la Redoute des conférences de "has beens" politiques, people ou autres, avec photos, tarifs et conditions à l'appui. Je n'ai pas pu trouver la référence de cet excellent catalogue car j'aurais aimé à le feuilleter puisque, dans la brève présentation qu'en a faite Yann Barthès, on a pu voir les binettes d'Hillary Clinton et ... d'Ingrid Betancourt
Cet ouvrage est extrêmement précis et détaillé ; vous pouvez y commander une conférence de Machin ou de Truc comme une paire de godasses ou un slip kangourou aux Trois Suisses. Rien n'y est omis. On vous donne les tarifs de l'intéressé(e), les prestations qui conditionnent sa venue (y compris la classe aérienne, pas pour elle ou lui, car le jet privé est sans doute recommandé, mais pour ses accompagnateurs), l'hôtel exigé et la qualité de la suite, le nombre des accompagnants, etc. Évidemment, les tarifs de Madame Clinton (comme ceux de Monsieur Sarkozy) ne sont pas ceux de la pauvre Ingrid Betancourt. À son sujet, on ne murmure que le modeste chiffre de 25 000 $ pour une conférence ; une misère pour une sainte miraculée, avec retour garanti sur investissement car Dieu vous le rendra, comme convenu, au centuple!
Toutefois, l'autre jour, dans les "Grandes Gueules" de RMC, où elle était, Ingrid a fini par avouer qu'elle vivait et finançait ses études (un doctorat en théologie à Oxford s'il vous plait) avec le seul profit qu'elle tire de ses conférences.
La "bête à Bon Dieu" (nom populaire de la coccinelle) portera-t-elle chance à son candidat déclaré ? En tout cas, ce n'est pas, comme dans mon titre "Ingrid, bête de scène ou bête à Bon Dieu" mais plutôt, vu ses récentes prestations médiatiques, "Ingrid bête à Bon Dieu de scène" ! Qu'est-ce qu'on dit Monsieur Sarkozy ?
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dimanche 14 juillet 2013
Honni soit qui Mali pense (suite)
En ce jour de 14 juillet 2013, j'ai appris, faute d'avoir regardé le spectacle lui-même, que les soixante militaires maliens invités à Paris avaient défilé, comme prévu, en tête de l'armée française sur les Champs-Élysées. Je ne doute pas que le spectacle ait été réussi, même si l'information était un peu floue, comme toujours dans nos médias. On annonçait, en effet, en tête du cortège le lieutenant Élisée Jean Dao (avait-il été choisi pour son prénom ?), affecté à Kidal, alors que l'image que j'ai pu voir, un peu par hasard dans Maliactu.net faisait apparaître, sans le moindre doute, que Monsieur Dao, à en juger par son embonpoint et ses galons (qui me paraissent être les mêmes que dans l'armée française) était colonel et non pas lieutenant. Je ne doute pas que, surtout s'ils venaient effectivement de Kidal où on ne les aime guère, ces braves militaires maliens aient apprécié leur séjour parisien ; j'espère toutefois que, compte tenu de la modestie de leur solde et des tarifs des professionnelles parisiennes, on avait prévu des "bons de saillie" payés d'avance !
Bref il était bien naturel qu'on fît défiler aux côtés des soldats français, ces militaires maliens, puisque les deux ministres français compétents et concernés (affaires étrangères et défense) avaient été décorés par leurs homologues maliens dès le samedi, à l'Hôtel Meurice s'il vous plaît, des croix de Grand Officier de l'Ordre National du Mali (une chacun !), tandis que des généraux et colonels français devaient, en ce même lieu, se contenter du grade de Chevalier ainsi qu'une piétaille de civils français dont on n'a pas jugé bon de préciser les noms. J'espère que les choses se passeront tout aussi bien le lundi15 juillet puisque notre Président de la République, et c'est bien normal, doit recevoir les insignes de Grand-Croix de l'Ordre National du Mali des mains de Monsieur Dioncounda Traoré.
J'espère toutefois qu'à Kidal, et plus généralement dans le Nord du Mali, ces échanges amicaux franco-maliens ont été appréciés à leur juste valeur et que les fourbes Tamasheq n'ont pas profité de l'absence de ces braves militaires pour causer des troubles, hélas prévisibles vu la situation générale surtout à l'approche des élections présidentielles
J'observe à cet égard qu'en dehors de ces festivités d'avant et après 14 juillet, la presse française a fort peu évoqué les événements du Mali et les élections du 28 juillet et que le Président de la République lui-même s'est montré fort discret et des plus vagues sur le Mali dans son intervention de l'Élysée.
La chose est d'autant plus inquiétante que l'on a pu constater, durant la semaine, quesi le gouverneur de la zone s'était bien enfin rendu à Kidal en vue de la préparation de ces élections, il ne s'y était guère attardé et que son aller-retour depuis Bamako avait été des plus rapides. Tout cela n'est pas de très bon augure et je ne partage pas l'optimisme du chef d'état-major de nos armées, l'amiral Édouard Guillaud qui voit un succès dans "la reprise en main de Kidal", ce qui me paraît une approximation, explicable mais fâcheuse, de la part d'un amiral s'exprimant sur le Nord Mali.
En fait, si l'on examine les seules sources un peu fiables où le Mali est évoqué et qui sont constituées par les rares infos de RFI, qui n'est pourtant pas aux mains du MNLA, on y fait état de nombre de tensions et d'incidents qui se cristallisent autour du camp militaire situé à l'ouest de la ville et qui se marquent aussi dans de nombreuses manifestations des divers défenseurs de l'Azawad contre la présence de l'armée malienne. On s'est obstiné, suite à l'accord de paix de Ouagadougou, laborieusement signé le 18 juin entre l'État malien et le MLNA, à maintenir, contre tout bon sens, la tenue et la date des élections le 28 juillet alors, de l'avis général, c'est évidemment impossible pour de multiples raisons dont chacune est suffisante seule.
Les choses ne se sont pas sensiblement arrangées, loin de là, depuis l'entrée du contingent malien dans la zone de Kidal le 5 juillet 2013. Le MLNA prétend d'ailleurs que les termes de l'accord de Ouagadougou ne sont pas respectés, en particulier au plan de la représentation dans les troupes maliennes de soldats originaires du Sud et du Nord et en raison de la présence de nombreux partisans du fameux colonel Gamou, suspecté d'exactions multiples contre les "peaux claires" (les Tamasheq) et récusé par les représentants du MLNA. Tout cela n'est pas très favorable à la tenue d'élections, surtout si l'on ajoute ces incidents à l'absence de listes électorales fiables comme à la question de la distribution des cartes électorales dans toute la zone.
Dans de telles conditions, la seule solution raisonnable aurait été le report de cette élection où l'on ne sait même plus le nombre de candidats (28 ou 36 ?) mais l'engagement irrévocable de Paris comme de Bamako sur cette date a été tel que ce serait perdre la face que de s'y résigner.
Bref il était bien naturel qu'on fît défiler aux côtés des soldats français, ces militaires maliens, puisque les deux ministres français compétents et concernés (affaires étrangères et défense) avaient été décorés par leurs homologues maliens dès le samedi, à l'Hôtel Meurice s'il vous plaît, des croix de Grand Officier de l'Ordre National du Mali (une chacun !), tandis que des généraux et colonels français devaient, en ce même lieu, se contenter du grade de Chevalier ainsi qu'une piétaille de civils français dont on n'a pas jugé bon de préciser les noms. J'espère que les choses se passeront tout aussi bien le lundi15 juillet puisque notre Président de la République, et c'est bien normal, doit recevoir les insignes de Grand-Croix de l'Ordre National du Mali des mains de Monsieur Dioncounda Traoré.
J'espère toutefois qu'à Kidal, et plus généralement dans le Nord du Mali, ces échanges amicaux franco-maliens ont été appréciés à leur juste valeur et que les fourbes Tamasheq n'ont pas profité de l'absence de ces braves militaires pour causer des troubles, hélas prévisibles vu la situation générale surtout à l'approche des élections présidentielles
J'observe à cet égard qu'en dehors de ces festivités d'avant et après 14 juillet, la presse française a fort peu évoqué les événements du Mali et les élections du 28 juillet et que le Président de la République lui-même s'est montré fort discret et des plus vagues sur le Mali dans son intervention de l'Élysée.
La chose est d'autant plus inquiétante que l'on a pu constater, durant la semaine, quesi le gouverneur de la zone s'était bien enfin rendu à Kidal en vue de la préparation de ces élections, il ne s'y était guère attardé et que son aller-retour depuis Bamako avait été des plus rapides. Tout cela n'est pas de très bon augure et je ne partage pas l'optimisme du chef d'état-major de nos armées, l'amiral Édouard Guillaud qui voit un succès dans "la reprise en main de Kidal", ce qui me paraît une approximation, explicable mais fâcheuse, de la part d'un amiral s'exprimant sur le Nord Mali.
En fait, si l'on examine les seules sources un peu fiables où le Mali est évoqué et qui sont constituées par les rares infos de RFI, qui n'est pourtant pas aux mains du MNLA, on y fait état de nombre de tensions et d'incidents qui se cristallisent autour du camp militaire situé à l'ouest de la ville et qui se marquent aussi dans de nombreuses manifestations des divers défenseurs de l'Azawad contre la présence de l'armée malienne. On s'est obstiné, suite à l'accord de paix de Ouagadougou, laborieusement signé le 18 juin entre l'État malien et le MLNA, à maintenir, contre tout bon sens, la tenue et la date des élections le 28 juillet alors, de l'avis général, c'est évidemment impossible pour de multiples raisons dont chacune est suffisante seule.
Les choses ne se sont pas sensiblement arrangées, loin de là, depuis l'entrée du contingent malien dans la zone de Kidal le 5 juillet 2013. Le MLNA prétend d'ailleurs que les termes de l'accord de Ouagadougou ne sont pas respectés, en particulier au plan de la représentation dans les troupes maliennes de soldats originaires du Sud et du Nord et en raison de la présence de nombreux partisans du fameux colonel Gamou, suspecté d'exactions multiples contre les "peaux claires" (les Tamasheq) et récusé par les représentants du MLNA. Tout cela n'est pas très favorable à la tenue d'élections, surtout si l'on ajoute ces incidents à l'absence de listes électorales fiables comme à la question de la distribution des cartes électorales dans toute la zone.
Dans de telles conditions, la seule solution raisonnable aurait été le report de cette élection où l'on ne sait même plus le nombre de candidats (28 ou 36 ?) mais l'engagement irrévocable de Paris comme de Bamako sur cette date a été tel que ce serait perdre la face que de s'y résigner.
vendredi 12 juillet 2013
Les langues en Europe
Depuis la
victoire de la gauche, le problème des langues régionales et de leur fameuse
charte européenne revient régulièrement dans le Club de Mediapart, sans que
l'information sur le sujet soit toujours très bonne ; d'où cette petite
méditation sur le passé.
De telles dispositions confirment le rôle du "lobby austro-hongrois" dans un tel texte, qui pose par ailleurs des problèmes socio-démographiques mais surtout linguistiques. en effet, sur ce dernier plan, rien ne distingue une "langue minoritaire" d'un dialecte ou d'un patois et on connaît la formule si pertinente selon laquelle un patois ou un dialecte avec une armée et une marine!
Tout cela est naturellement assez discutable, comme l’a montré la suite de l’affaire, en France en particulier. Lionel Jospin a été tenté un moment de la signer en choisissant les 39 articles indispensables parmi les 98 qu'elle offre. Toutefois si la France a donné un accord théorique préalable à ce choix en mai 1999, depuis cette date, elle n'a pas ratifié la Charte ; elle ne s'est donc pas engagée à appliquer ces dispositions et ne figure pas parmi les Etats signataires.
La
dernière grand messe sur les langues et le multilinguisme en Europe à laquelle
j'ai pris part était les "Etats généraux du multilinguisme", qui se
sont tenus à Paris, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, le 26 septembre
2008. Il n'y manquait naturellement pas la fameuse Tour de Babel de Brueghel !
On
se souvient, en effet, que le multilinguisme serait né de la volonté de Dieu de
diviser les hommes qui parlaient auparavant une seule et même langue et qui
avaient entamé une construction qui devait monter jusqu’au ciel, cette fameuse
tour de Babel. Dans sa crainte de les voir unis pour contrecarrer ses propres
desseins, Dieu leur imposa des langues différentes : «Confondons leur langage
pour qu'ils ne s'entendent plus les uns les autres » (Genèse XI, 1-9).
L’amusant de la chose (ce Dieu , quoique par principe omniscient, est décidément bien imprévoyant) tient à ce que, dans la suite, un autre miracle lui fut nécessaire pour que la diversité des langues, que Dieu avait pourtant voulue, n’empêchât pas la diffusion du message divin par les apôtres. Comme Dieu n’en est pas à un miracle près, ce fut la Pentecôte ! Les apôtres « furent tous remplis du St Esprit et se mirent à parler des langues étrangères selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer »(AC ; 2,1).
Dieu ne s’intéressant pas spécialement à l’Union Européenne et son représentant personnel, notre Président, étant à cette époque très occupé par la crise financière américaine, on n’a pas jugé nécessaire de faire descendre les indispensables flammes sur la tête de chacun des 495 millions d’Européens; force nous fut donc, en la circonstance, de faire de notre mieux avec le multilinguisme et de nous en accommoder tant bien que mal.
L’amusant de la chose (ce Dieu , quoique par principe omniscient, est décidément bien imprévoyant) tient à ce que, dans la suite, un autre miracle lui fut nécessaire pour que la diversité des langues, que Dieu avait pourtant voulue, n’empêchât pas la diffusion du message divin par les apôtres. Comme Dieu n’en est pas à un miracle près, ce fut la Pentecôte ! Les apôtres « furent tous remplis du St Esprit et se mirent à parler des langues étrangères selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer »(AC ; 2,1).
Dieu ne s’intéressant pas spécialement à l’Union Européenne et son représentant personnel, notre Président, étant à cette époque très occupé par la crise financière américaine, on n’a pas jugé nécessaire de faire descendre les indispensables flammes sur la tête de chacun des 495 millions d’Européens; force nous fut donc, en la circonstance, de faire de notre mieux avec le multilinguisme et de nous en accommoder tant bien que mal.
Le
choix du terme « multilinguisme » est lui-même une prudence, sans doute
involontaire, car on use aussi mais à tort comme synonyme, du terme «
plurilinguisme », qui est plus inquiétant, puisque « plures » est, en latin, le comparatif de supériorité de « multi ». « Plures » veut donc dire « plus nombreux » et non pas « plusieurs »,
comme le croient les mauvais latinistes !
Cela
dit, au sein même de l’Union Européenne, certains esprits pervers ne verraient
pas d’un mauvais œil qu’on passât du « multilinguisme » au « plurilinguisme »,
puisque, durant ces Etats généraux, Monsieur Michel Angel Martinez Martinez,
Vice-Président du Parlement européen, mentionnait que l’UE, qui a déjà à faire
avec ses 23 langues « officielles » de l'époque (puisque chaque citoyen
européen doit avoir accès à tous les documents officiels dans sa langue),
pourrait se retrouver avec 62 langues, si l’on ajoute les langues «
co-officielles » en faveur de la reconnaissance desquelles existe une
revendication. On ne sait guère d’ailleurs où s’arrêterait ce mouvement,
puisque, si les Catalans peuvent faire valoir qu’il y a, en tout cas, selon
leurs propres chiffres, autant de catalanophones que de néerlandophones, on est
plus embarrassé lorsqu’il s’agit de l’auvergnat ou du savoyard !
Un
mot au passage sur la fameuse "Charte européenne des langues régionales ou
minoritaires" de 1992 ; elle est, à l'origine une initiative du Conseil;
de l'Europe et même, pour être plus précis et selon les meilleures sources, du
"lobby austro-hongrois", ce que confirme d'ailleurs certains de ses
articles.
Les
langues concernées par cette convention sont les langues traditionnellement
employées par les ressortissants des groupes ethniques d'une partie d'un État
européen. Elle s'applique donc essentiellement aux langues parlées par une
minorité linguistique de l'Etat en cause: Les langues "régionales" sont
parlées dans des zones déterminées de cet Etat, comme le corse en Corse, tandis
que les langues "minoritaires" sont utilisées, sans territorialisation
précise, par des minorités linguistiques importantes implantées dans l'Etat, ce
qui est le cas, par exemple, de l'allemand au Danemark. En revanche, les
langues des immigrants récents venus d'États non européens (comme l'arabe ou le
turc), ainsi que les "dialectes" locaux ou "patois" sont
exclus.
De telles dispositions confirment le rôle du "lobby austro-hongrois" dans un tel texte, qui pose par ailleurs des problèmes socio-démographiques mais surtout linguistiques. en effet, sur ce dernier plan, rien ne distingue une "langue minoritaire" d'un dialecte ou d'un patois et on connaît la formule si pertinente selon laquelle un patois ou un dialecte avec une armée et une marine!
Tout cela est naturellement assez discutable, comme l’a montré la suite de l’affaire, en France en particulier. Lionel Jospin a été tenté un moment de la signer en choisissant les 39 articles indispensables parmi les 98 qu'elle offre. Toutefois si la France a donné un accord théorique préalable à ce choix en mai 1999, depuis cette date, elle n'a pas ratifié la Charte ; elle ne s'est donc pas engagée à appliquer ces dispositions et ne figure pas parmi les Etats signataires.
Certains
politiques et même des institutions ont cru ingénieux de tenter d’ébranler par
là le vieux concept d’Etat-Nation (jugé antagonique de certaines conceptions de
l’Europe) et de favoriser l’émergence d’une « citoyenneté européenne », en
jouant les langues régionales contre les langues nationales ou, si l’on
préfère, les langues « co-officielles » » contre les langues officielles.
Ces Etats généraux de septembre 2008 ont été surtout marqués par deux ou trois tendances lourdes ou faits majeurs qui, sans avoir été voulus, ont illustré quelques aspects majeurs des problèmes linguistiques européens.
D’abord, la volonté pour ne pas dire l’exigence, que les intervenants s’expriment dans leur langue, a fait que qu'un très performant (et sans doute très coûteux) système de traductions simultanées en huit langues a dû être mis en place. En dehors des langues de l’Europe de l’Ouest, les seules langues de traduction étaient le polonais et le roumain. Cinq langues romanes contre trois langues germaniques ou slaves, les PECO et le "lobby austro-hongrois" auraient eu là quelques raisons de se plaindre !
Rares exceptions au principe qui voulait qu’on parlât dans la langue du pays qu’on représentait. La plus heureuse fut le brillant ministre de la culture du Portugal, José Antonio Pinto Ribeiro. Ce dernier s’est plaint que, contrairement à la présentation idyllique du multilinguisme européen, il lui était souvent impossible de s’exprimer en portugais. Il a d’ailleurs, en la circonstance, parlé en français, puisque, comme il l’a confié en commençant, sa langue première, est curieusement, l’allemand. Bel exemple de cette « citoyenneté européenne » dont on rêve. Autre exception moins notable, Catherine Velissaris, qui avait parlé en français et non en grec, sans toutefois juger utile de préciser qu’elle est elle-même d’origine française !
L’absence quasi totale de l’anglais, dont chacun sait qu’il domine largement dans les institutions européennes, a été le trait le plus marquant de cette manifestation ; les seuls intervenants à user de cette langue étant, pour des raisons différentes mais sans intérêt ici, des Allemands ! Un seul intervenant anglophone, de langue première anglaise, sur une trentaine d’orateurs prévus, cela sentait fort l’ostracisme larvé et me rappelait ces clubs de tennis du Sud, où parmi les membres, tous blancs, on note toujours un noir, pour prévenir toute suspicion de racisme !
Le plus comique a été la sempiternelle question du coût du « multilinguisme institutionnel » européen. Il a été traité par Michel Angel Martinez Martinez, Vice-Président du Parlement européen, et donc bien placé, en principe, pour connaître la vérité des chiffres qui ne sont pas toujours faciles à se procurer et même à établir, surtout quand on veut avoir des précisions sur les modes de calcul. Pour lui, les choses sont simples. L’interprétation et la traduction coûtent à l’UE 100 millions d’euros par an. Il a même précisé, pour être concret, 2,2 euros par citoyen de l’Europe, soit à peine plus que le prix d’un café en Espagne !
Ce chiffre a été repris dans la suite sans que nul ne semble s’en étonner et moins encore le contester. Deux constats pour conclure.
Ces Etats généraux de septembre 2008 ont été surtout marqués par deux ou trois tendances lourdes ou faits majeurs qui, sans avoir été voulus, ont illustré quelques aspects majeurs des problèmes linguistiques européens.
D’abord, la volonté pour ne pas dire l’exigence, que les intervenants s’expriment dans leur langue, a fait que qu'un très performant (et sans doute très coûteux) système de traductions simultanées en huit langues a dû être mis en place. En dehors des langues de l’Europe de l’Ouest, les seules langues de traduction étaient le polonais et le roumain. Cinq langues romanes contre trois langues germaniques ou slaves, les PECO et le "lobby austro-hongrois" auraient eu là quelques raisons de se plaindre !
Rares exceptions au principe qui voulait qu’on parlât dans la langue du pays qu’on représentait. La plus heureuse fut le brillant ministre de la culture du Portugal, José Antonio Pinto Ribeiro. Ce dernier s’est plaint que, contrairement à la présentation idyllique du multilinguisme européen, il lui était souvent impossible de s’exprimer en portugais. Il a d’ailleurs, en la circonstance, parlé en français, puisque, comme il l’a confié en commençant, sa langue première, est curieusement, l’allemand. Bel exemple de cette « citoyenneté européenne » dont on rêve. Autre exception moins notable, Catherine Velissaris, qui avait parlé en français et non en grec, sans toutefois juger utile de préciser qu’elle est elle-même d’origine française !
L’absence quasi totale de l’anglais, dont chacun sait qu’il domine largement dans les institutions européennes, a été le trait le plus marquant de cette manifestation ; les seuls intervenants à user de cette langue étant, pour des raisons différentes mais sans intérêt ici, des Allemands ! Un seul intervenant anglophone, de langue première anglaise, sur une trentaine d’orateurs prévus, cela sentait fort l’ostracisme larvé et me rappelait ces clubs de tennis du Sud, où parmi les membres, tous blancs, on note toujours un noir, pour prévenir toute suspicion de racisme !
Le plus comique a été la sempiternelle question du coût du « multilinguisme institutionnel » européen. Il a été traité par Michel Angel Martinez Martinez, Vice-Président du Parlement européen, et donc bien placé, en principe, pour connaître la vérité des chiffres qui ne sont pas toujours faciles à se procurer et même à établir, surtout quand on veut avoir des précisions sur les modes de calcul. Pour lui, les choses sont simples. L’interprétation et la traduction coûtent à l’UE 100 millions d’euros par an. Il a même précisé, pour être concret, 2,2 euros par citoyen de l’Europe, soit à peine plus que le prix d’un café en Espagne !
Ce chiffre a été repris dans la suite sans que nul ne semble s’en étonner et moins encore le contester. Deux constats pour conclure.
Le bistrot
espagnol où Monsieur Michel Angel Martinez Martinez, Vice-Président du
Parlement européen, va boire son petit noir doit connaître le nom et la
situation de son client pour le lui faire payer 2,2 euros, quand le prix
courant est de 1,5 euro!
Passons
sur ce détail! On a pu constater toutefois à écouter ce même Monsieur Michel
Angel Martinez Martinez, Vice-Président du Parlement européen, qu’à l’heure de
la calculatrice électronique, plus personne ne sait compter mentalement. En
effet, si l’on admet, et comment faire autrement, que la population européenne
est d’environ 500 millions (très précisément mais ce chiffre, est sans doute
dépassé, 494.296.878 habitants), à raison de 2,2 euros par habitant, le coût
est non pas de CENT millions comme il le croit, mais de MILLE millions d’euros,
c’est-à-dire un MILLIARD d’euros!
N’est-il pas un peu imprudent pour l’Europe de confier des fonctions si éminentes à des gens qui ne savent même pas faire une multiplication si élémentaire ? Plus grave encore, comment une assemblée, si distinguée et en un lieu si illustre, a-t-elle pu entendre, sans réagir et sans que nul n’intervienne, pareille incongruité ?
N’est-il pas un peu imprudent pour l’Europe de confier des fonctions si éminentes à des gens qui ne savent même pas faire une multiplication si élémentaire ? Plus grave encore, comment une assemblée, si distinguée et en un lieu si illustre, a-t-elle pu entendre, sans réagir et sans que nul n’intervienne, pareille incongruité ?
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