Messages les plus consultés

jeudi 21 février 2013

L'école 2013. (N ° 6). Retour en arrière. Toujours le lexique (mon blog du 27 décembre 2007).


On a découvert récemment comment le directeur de cabinet du ministre chargé du relogement des mal logés louait, depuis un quart de siècle (il faut ajouter que le directeur en cause est un préfet proche de la chiraquie), un superbe appartement de 190 mètres carrés (à Port-Royal) à un tarif HLM. On a, comme toujours, instruit cette affaire à charge, au lieu d’admirer et de louer l’ingéniosité du préfet à trouver des solutions simples et peu coûteuses au problème du logement à Paris, ce qui le désignait tout naturellement aux fonctions qui étaient les siennes aux côtés de Madame Boutin.

Je prévois un autre scandale le jour où l’on va découvrir que le gourou de nos ministres successifs de l’éducation nationale, Superbentolila, n’a jamais passé le moindre concours de recrutement de l’éducation nationale et n’a donc jamais enseigné de sa vie, hors de l’université de Paris V, où il a fait toute sa carrière sous la haute protection du... SNES-Sup. Ce syndicat de gauche à l’air fin aujourd’hui, puisque Superbento a changé de camp politique au fil de ses intérêts financiers. En fait, il n’est même guère présent à Paris V, puisque son principal employeur de fait est Nathan qui, par le plus grands des hasards bien entendu, édite des livres scolaires touchant exactement aux domaines dont on lui demande de traiter dans ses rapports officiels ! Vous voyez le "rapport", si j'ose dire ? 

Il est vrai que quand on voit les propositions qu’il fait au ministre, on comprend vite qu’il n’était pas nécessaire d’avoir une grande connaissance et expérience de l’école pour les formuler. Elles tiennent en trois mesures-phares (ou plutôt lumignons), toutes d’une puissante originalité, comme vous allez le voir :

- scolarisation en maternelle à trois ans (plutôt qu’à deux, ce qui est loin d’être admis et possible partout) ;

- faire « apprendre un mot par jour » aux enfants ;

- donner une formation spécifique de 50 heures aux futur(e)s enseignant(e)s de maternelle.

Fichtre! Il ne fallait pas moins qu'une Commission ad hoc présidée par Superbento pour en arriver là! La vraie question demeure et peut-être un jour saura-t-on le fond des choses. Pourquoi et comment laisse-t-on ce linguiste, dont la production scientifique, effective et réellement personnelle, est des plus modestes, occuper ainsi ce terrain scolaire et tisser sa toile, comme celle de Nathan, sous couvert de remédiation d’un illettrisme qu’ils ont largement contribué à créer par leurs méthodes de lecture et à développer à travers de pseudo-organismes scientifico-professionnels comme l’Observatoire de l’illettrisme ou, désormais, le programme « Télé Formation Lecture » du même Superbento qui, comme par hasard, renvoie aux mallettes « Formation lecture » produites … Devinez par qui et où ? Non, on ne gagne rien car c’est trop facile : chez Nathan par Superbento.

Le lexique, une des spécialités de cet éditeur, est donc, heureuse coïncidence, la clé de voûte de toutes les réformes proposées par Superbento, durant tout le cycle primaire, depuis la maternelle. Sans reprendre ici un de mes anciens posts sur le sujet que je replace avant ou après celui-ci (au gré des hasards de l’informatique), faisons preuve d’un bon sens et opérons un petit calcul tout simple, en prenant en compte que les enfants doivent apprendre, selon ses prescriptions, un mot par jour en maternelle et trois mots au primaire.


Un peu d'arithmétique élémentaire. Sur la base de 180 jours de classe dans l’année et du nombre d'années, les enfants devront donc apprendre en maternelle (1 x 3 x 180 = 540) et en primaire (3 x 5 x 180 = 2700) soit, pour une scolarité normale jusqu’à 11 ans, 3.240 mots.

Si l’on sait, ce qu’ignorent sans doute à la fois Superbento et Monsieur Darcos, que
le travail de Ch. Bernet a enfin établi, de façon sûre et définitive, l'étendue exacte du vocabulaire dont use Racine (2626 vocables, dont 252 noms propres, pour les tragédies profanes) et que le lexique français courant comporte environ 1500 mots, on mesure à la fois l'ignorance de l'expert et l’absurdité de la tâche comme de la démarche. On voit bien, en revanche, l’intérêt qu'elle offre pour AB et l’éditeur Nathan.

Le scandale est du même ordre que celui de l’affaire Bolufer, ex-directeur de cabinet de Christine Boutin, contraint, lui, à la démission par l'affaire que j'évoquais au début de ce texte. Elle est certes d'un genre un peu différent mais de telles manœuvres pourraient aisément être regardées comme de la prévarication ; cela d’autant, que, comme dans le cas d'autres affaires connues, on dissimule parfois, dans l'édition, une activité professionnelle effective sous le voile d'une rémunération en droits d’auteur, fiscalement privilégiée.


La vraie question est celle du pourquoi du comment ! Peut-être le saura-t-on un jour, mais cet état de fait ne semble choquer personne et surtout pas les ministres.

mercredi 20 février 2013

L'école 2013. N ° 5. Retour en arrière. Après la grammaire, le lexique (mon blog du 27 septembre 2007)



Notre président-magicien a fait école [ N. Sarkozy ; le texte est de 2007 et A. Bentolila, ex-SNES Sup. est converti au sarkozysme!] ; nous avons désormais un pédagogue-magicien. Il s’agit d’Alain Bentolila, en principe et de son état, professeur de sciences du langage à Paris V (spécialisé néanmoins dans la pédagogie scolaire, sans avoir jamais passé le moindre concours de recrutement du professorat, - CAPES ou agrégation), mais, de fait, sous couvert de la direction de collections et donc de droits d'auteur, en "travail dissimulé", aux éditions scolaires Nathan.

Après avoir réglé par un simple rapport, pour Monsieur de Robien, l’ensemble des problèmes de la grammaire et de la violence à l’école, ce qui démontre, s’il en est besoin l’étendue de son talent comme de ses pouvoirs, il a, dans la foulée, réglé les questions du lexique par un deuxième rapport, commandé lui aussi, je crois, par ce même assureur De Robien.


Xavier Darcos, vieux routier du 110 de la rue de Grenelle, ne saurait ignorer le détail de la situation professionnelle de Bentolila et il vient néanmoins de lui commander, pour fin 2007, un rapport sur l’école maternelle ; la maternelle est certes le sujet de la thèse d'Etat d'A. Bentolila, sur laquelle il est toutefois fort discret, lui dont la modestie et la discrétion ne sont pas les vertus majeures. Le ministre ne connaît sans doute pas tout le détail qui m'est familier, mais je pense qu’on a dû fêter ça au champagne chez Lipp où Nathan traite ses hôtes, fort bien d'ailleurs et je le sais par expérience.

 Si j’ai bien entendu sur France-Culture ce matin, les propos d’Alain Bentolila (et comment s'y tromper ou se méprendre, vu la trivialité de leur contenu ?), la solution des problèmes de la maternelle est des plus simples ; elle tient à l’enrichissement précoce du vocabulaire des petits enfants . Pour comprendre l’originalité de la démarche, il suffit de se souvenir de la bonne vieille rubrique de feu Selection du Reader Digest « Enrichissez votre vocabulaire ».

Nous n’en sommes plus là fort heureusement !

Conflits d'intérêts dites vous ?

Non point ! Nos petits enrichiront précocement leur vocabulaire (et accessoirement, du même coup, Nathan et Bentolila) grâce aux jeux éducatifs et aux produits dérivés d’Alain Tolila, avant, à l’école primaire, de poursuivre et de consolider ces acquisitions par les livres de vocabulaire de Tolilaben, tout en s’initiant à la grammaire dans les ouvrages de la collection dirigée par Ben Alain. Au collège, tout cela sera poursuivi grâce à la série des ouvrages d’Alain Bento.

Président vous avez raison ! Les affaires reprennent !

mardi 19 février 2013

Ecole 2013 : François Hollande en Grèce


Vu et la nature du propos et son urgence, on me pardonnera moins d'interrompre ma série sur l'école et l'éducation, mais d'y inclure, subrepticement et avec un peu de mauvaise foi j'en conviens, un sujet mais qui au fond peut tout à fait s'y inscrire car la diplomatie prend ici les couleurs de l'éducation (internationale pour le coup)..

Je crains de vous avoir déjà servi une formule qui illustre aussi admirablement les sciences de l'éducation et, désormais, la nouvelle diplomatie française : « Ce qu'on sait faire, on le fait ; ce qu'on ne sait pas faire, on l'enseigne ! ».

"Omnibus rebus relictis" (Toutes affaires cessantes) comme disait Jules César, suite à une information du matin, je délaisse, en apparence plus qu'en réalité, l'école pour les ambassades.

J'ai appris ce matin, en effet, que notre Président de la République était en Grèce, en voyage très officiel, pour transmettre aux pauvres Hellènes notre science et notre art, consommés et réputés, de concevoir et de mettre en œuvre une administration efficace.

Être encore, paresseusement, dans mon lit au lieu d'être devant mon ordinateur sur ma chaise m'a évité de tomber de cette dernière à pareille nouvelle ! MDR comme on dit désormais. Je ne sais pas si, dans une telle situation, notre Président se laissera tenter par quelque plaisanterie sur le sujet, comme il l'a fait récemment à propos de la future élection papale, en disant que nous ne présenterions pas de candidat.

Les hasards de l'information ont fait que, dans l'instant suivant, le piquant de la situation a été illustré par l'annonce que Monsieur Pfimlin, directeur de France Télévision, avait été fermement invité à réduire ses dépenses dans la mesure où sa société était, une fois de plus, en déficit, détail sans doute relevé par la Cour des Comptes qui vient de rendre un rapport qui, comme toujours, est le succès médiatico-comique de l'année.

Cette vénérable institution, qui comporte plus de 400 agents (dont 210 magistrats), ne "sanctionne" rien, car elle ne juge que les "comptes" et non les "comptables" (dont l'activité relève de la Cour de discipline budgétaire) ; elle rend un rapport général annuel qui n'a donc en fait d'autre effet que de fournir une matière, généralement amusante, souvent paradoxale, à notre presse nationale qui est en si mauvais état qu'il faut la subventionner à coups de milliards lorsqu'elle est écrite ou la financer intégralement lorsqu'elle est audiovisuelle !

Le dernier PDG de France Télévision, Monsieur Patrick de Carolis avait reçu déjà en son temps, il y des années, la même instruction ; bien loin de la mettre en œuvre, il avait au contraire, comme tout un chacun et partout, augmenté un personnel déjç hyper-pléthorique, qu'il avait pour mission de réduire! Rappelons au passage peut-être, à l'intention spéciale des médias audiovisuels grecs qui sont invités à suivre notre modèle, que France Télévision, qui comporte plusieurs dizaines de sociétés (de 40 à 50 mais leur nombre total est inconnu); emploie "environ" 11 000 personnes, l'incertitude du nombre, tenant comme celle du nombre des sociétés, à l'éclatante et exemplaire rigueur de notre administration.

Monsieur Pfimlin est invité, en particulier, à réduire le nombre des personnes qui "travaillent" (Dieu seul sait à quoi !) dans les différents journaux télévisés. Naguère le JT de France3 à 23 heures, peu regardé, "mettait en œuvre" plusieurs centaines de personnes ; je n'ose avancer le chiffre, faute de m'en souvenir de façon précise, mais il était évidemment totalement abracadabrantesque.

Je m'interroge toujours d'ailleurs, surtout depuis qu'il y a des chaînes d'information continue où n'officient, en général, que deux journalistes (un homme et une femme pour la parité), sur l'utilité, dans les journaux télévisés de France Télévision, de faire appel, pour chaque JT, à une douzaine voire plus de prétendus journalistes spécialisés (Tu parles!) pour des interventions de quelques secondes, consistant dans la lecture ou la paraphrase des dépêches d'agences, ce qui est également la tâche eseentielle de l'animatrice ou de l'animateur principal.

Au fond, cette visite du Président pourrait être fort utile car notre administration illustre parfaitement .... tout ce qu'il ne faut pas faire!

 

 

lundi 18 février 2013

L'école 2013. (N°4) Retour en arrière. Septembre 2007



Désormais, comme on le sait, dans tous les domaines, tout est dans le marketing, peu importe le fonds et les modes de production. Un bel exemple nous en est, actuellement, donné avec un livre L’orthographe, à qui la faute ? (ESF). Sa rédaction n’a pas nécessité moins que le concours de deux maîtres de conférences, Danièle Manesse (issue de Paris V je crois, désormais promue professeur à Paris 3 ) et Danièle Cogis (IUFM de Paris), de deux professeurs des écoles, la piétaille de l’entreprise à peine mentionnée dans certains des avis de publication, et d’un universitaire en retraite André Chervel, chercheur associé au Service d’histoire de l’éducation, auteur d’une préface (D. Manesse, elle, dit « postface » ; je ne suis pas allé voir et où est l’importance ?) et qui avait mené une enquête identique, en 1987, avec Danièle Manesse d’ailleurs.

Indépendamment même de son contenu et de son intérêt, assez minces d’ailleurs, une telle publication me paraît poser trois ordres de problèmes que j’aborderai successivement.

Le premier est celui de la détermination, exclusive désormais, de toutes les politiques éditoriales, en ce qui concerne les savoirs comme le divertissement, par les exigences du marché. Un livre est publié désormais non pour l’intérêt qu’il présente, mais exclusivement pour les profits qu’il semble susceptible d’engendrer dans une conjoncture choisie. On aura noté que je dis ici « savoirs» et non « sciences humaines et sociales », car, en la matière et tout particulièrement en sciences du langage, secteur dont relève l’ouvrage en cause, il n’y a plus en France un seul éditeur spécialisé digne de ce nom.


Ne nous y trompons pas, les Editions sociales, qui publient l’ouvrage de Manesse and co., ne sont plus celles que dirigea autrefois, durant plus de dix ans, Lucien Sève et elles donnent aujourd’hui, entre autres domaines, dans le développement personnel et le « coaching ». Elles n’ont de toute façon rien à voir ni avec Routledge ou Cambridge University Press (E-U et UK), ni même avec J. Benjamins (Hollande). L’édition scientifique française est désormais naine ou morte.

De toute façon, chacun sait que dans l’édition tout est désormais commandé par les commémorations (200 ou 250 livres sur Mozart pour l’année Mozart ; pour les commémorations de l’abolition de la traite ou de l’esclavage (on ne fait pas trop la différence entre les deux !)-plusieurs ouvrages, deux au moins « écrits » par des ignorantes ! La réputation des auteurs , fût-elle acquise dans un tout autre champ, est l'essentiel. Un livre de Zidane sur l’éducation ou l’astrologie ferait sans doute un malheur. Passons…

L’éducation a été au centre des débats, dans l’éphémère de la campagne électorale, par le biais inattendu de la lutte contre la violence grâce à la grammaire ; publions d’importe quoi, mais publions ; on trouvera toujours un créneau à la télé pour la promotion de l’ouvrage.

Le deuxième ordre de problèmes tient à l’ouvrage lui-même et à son probable contenu. Dois-je répéter que je ne l’ai pas lu et que je n’ai aucune intention de le lire et moins encore de l’acheter? J’investirai bien plus volontiers les vingt euros qu’il doit coûter dans une pression et une moules-frites, agrémentées de la lecture du « Canard enchaîné ». Je puis d’autant me passer de cette lecture et en parler de façon relativement autorisée qu’il n’échappe à personne que l’orthographe est de plus en plus mal connue des jeunes et des élèves en particulier. Notre blog en apporte chaque jour de multiples preuves. A quand une thèse sur l’orthographe des blogs du NO ?

Je ne sais pas si vous avez noté, comme moi, qu’une partie non négligeable de la production scientifique en sciences humaines et sociales consiste essentiellement à formaliser des évidences et à présenter en statistiques, tableaux, camemberts, diagrammes, histogrammes, etc. les truismes les plus éculés. Autrefois, il y avait un certain mérite à procéder à de telles mises en forme, aussi longues que fastidieuses. Aujourd’hui, les ordinateurs font tout le travail en un clin d’œil, mais le bon peuple, qui l’ignore, demeure admiratif.

Est-il vraiment indispensable, sauf pour se faire un titre dans un dossier d' habilitation à diriger des recherches, de proposer, en dictée, un texte de Fénelon de 83 mots (celui de l’enquête précédente de 1987) à un échantillon représentatif de 2 767 élèves de 123 classes, du CM2 à la troisième, pour constater la baisse du niveau des élèves en orthographe? L’avantage est qu’en 2026 ou même avant, on pourra renouveler cette prodigieuse expérience scientifique. Le marronnier orthographique est inusable et inépuisable.

Sans vouloir médire, il aurait sans doute été plus intéressant de faire faire une dictée, peut-être un peu plus difficile, à un certain nombre d’élèves-professeurs des IUFM, dont la fonction sera précisément d’enseigner l’orthographe à leurs élèves. On aurait pu avoir quelques surprises, à en juger par les annotations que je lis, de temps à autres, sur des cahiers d’écoliers.

La conclusion majeure de l’ouvrage, si j’en juge par les divers comptes rendus que j’ai lus (ils me paraissent tous mettre en évidence le prévisible peu d’intérêt de ce livre) est que les élèves de cinquième de 2005 font autant de fautes d’orthographe que les élèves de CM2 de 1987. Ceux-ci, eux-mêmes, en faisaient beaucoup plus que ceux qui étaient entrés en sixième avant 1956, car ils n’auraient jamais pu faire la dictée de l’examen d’entrée en sixième, supprimé en 1956.

Il faudrait lire ce livre (ce que je ne ferai pas, je le répète) pour être sûr que les auteurs, d’après les commentaires que j’ai pu lire, ne semblent pas soupçonner que la désaffection de l’immense majorité des élèves à l’égard de la lecture ait pu jouer un rôle dans l’évolution qu’elles étudient. Ce serait un comble, mais rien ne m’étonne vu la suite !

Le troisième problème est à mes yeux le plus grave et le plus important. On a vu que Danièle Cogis est maître de conférences à l’IUFM de Paris ; Danièle Manesse est issue de Paris V si je me souviens bien (où enseigne, notons-le au passage, Alain Bentolila quand il n’est pas dans son bureau de chez Nathan). Le point essentiel pour moi est que s’il faut en croire Luc Cedelle, dans Le Monde (08/02/07) , elle est « une proche de Philippe Meirieu, considéré dans le débat sur l'éducation comme le chef de file des pédagogues ». Nous y voilà !


J’ai naguère consacré à ce personnage une partie d’un blog intitulé « La carte scolaire : fromage ou dessert ? » ; comme le sujet revient sur le tapis électoral, il va falloir que je repasse le plat. Je me borne ici à ce qui concerne directement le présent propos. Revenons sur la scène du crime, comme on dit à la télé. ; IUFM, D. Cogis, D. Manesse, A. Chervel, INRDP (Institut National de Recherche Pédagogique)... Ph. Meirieu.
Eurêka. Tout se met soudain en place. Bon sang, mais c’est bien sûr !

Lionel Jospin comme ministre de l’Education nationale (avec Claude Allègre comme conseiller spécial et ministre de fait), puis Claude Allègre lui-même comme ministre ont fait de Philippe Meirieu, entre 1989 et 2000, le gourou de l’école de France : artisan de la création des IUFM (ce qui montre sa vision de l’avenir, puisqu’il a dirigé dans la suite celui de Lyon où il s'est "récupéré" au terme de sa période de gloire parisienne), père spirituel du « collège unique » quoiqu'apôtre de la pédagogie par « différenciée »,président du Comité d’organisation de la réforme des lycées, puis directeur de l’INRDP (1998-2000), et enfin Directeur de l’IUFM de Lyon (2000-2006), il a admirablement géré sa carrière et déployé une activité constante dans la promotion de ses ouvrages (Tournées VRP de conférences organisées par ses éditeurs, etc.) ou des produits dérivés. Son site comporte même une rubrique inattendue « Films et documents audio-visuels »; on y trouve l’évocation de ses activités sur la chaîne Cap-Canal (chaîne locale sur Lyon et Grenoble que la mairie socialiste de Lyon l’a chargé de développer au terme de son mandat à l’IUFM) et les références de ses séries de films comme la publicité pour ses diaporamas. On ne peut s’empêcher de voir en lui une sorte de télé-évangéliste de l’école, un Billy Graham de la pédagogie.

Dans une logique financière dont les dominantes de son discours pourraient faire croire qu’il la réprouve (mais le portefeuille a ses raisons que la raison ne connaît pas !), Philippe Meirieu a monnayé, de toutes sortes de façons, la position qu’il s’est faite (et/ou qu’on lui a faite) dix années durant dans l’éducation nationale française. C’est son droit et il est loin d’être le seul à le faire, même s’il est sans aucun doute l’un de ceux qui en tirent le plus de profits. On sent d’ailleurs à la remarque liminaire de son« bloc-notes » du 29 août 2006 (« Les livres sur l’école sont, comme chaque année, nombreux à paraître à la rentrée. ») qu’il trouve fâcheux de ne pas avoir l’exclusivité de ce genre de production, lui qui, le mois de septembre revenu, comme un pommier pédagogique, produit un ouvrage, avec parfois même quelques fruits de « contre-saison ».

Ce qui m’agace (on aura déjà perçu dans mon propos un léger agacement) chez Philippe Meirieu, c’est de voir qu’un homme, qui a fait sa carrière et à n’en pas douter sa fortune dans les sphères les plus hautes du pouvoir éducatif, non seulement n’assume aucune responsabilité dans les erreurs qu’il a commises ou incité à commettre, mais évoque les problèmes de l’école comme s’il n’avait jamais été pour rien dans toutes ces affaires.

Le comble est atteint quand on le voit affirmer dans le même « bloc-notes »,qu’il n’est pour rien dans « les absurdités des programmes » et qu’il ne se sent « nullement impliqué dans la jargonisation du vocabulaire scolaire français » et enfin, cerise sur le gâteau, quand il dénonce les « apparatchiks du ministère ». On est tenté de se pincer. Qu’a-t-il été d’autre, dix années durant que le gourou et le chef de ces « apparatchiks ». Alzheimer précoce ou Docteur Philippe et Mister Meirieu ?

« Ort(h)ographe, à qui la faute ? » L’astuce est un peu faiblarde (dans le titre du livre, le h est amovible), mais la réponse est claire. Pour une bonne part, la faute incombe au type d' enseignants et de formateurs qu’incarnent les« auteures » (on peut leur faire ce petit plaisir féministe), aux IUFM, puisque c’est l’invention de Meirieu et que c’est là qu’on a formé les maîtres, aux horaires et aux programmes, mais ces gens-là ou leurs séides ont eu,
des années durant, la haute main sur tous ces domaines qui portent encore leur marque..

Au fait, devinez qui dirige chez ESF, éditeur du livre en cause, la collection« Pédagogie » ? Je vois que vous avez déjà deviné, ce n’était pas difficile : Philippe Meirieu bien sûr.

dimanche 17 février 2013

L'école 2013 (N° 3). Retour en arrière : Ecole : violence et grammaire.


La campagne électorale [2007; car ce blog est du 11 août 2007] a, curieusement, fait de l’éducation un sujet majeur, sans qu’il soit pour autant traité de façon sérieuse.

En soi, cet intérêt n’a rien d’étonnant, car l’affaire est effectivement d’importance ; ce qui est plus curieux est que domine une double approche, l’une nostalgique, qu’on voit représentée, sur la scène médiatique, par A. Finkielkraut, l’autre irréaliste mais racoleuse, tant sur le plan électoral pour Sarko ( mais c’est naturel) que commercial, pour le pseudo-gourou Bentolila qui, sous couvert de sauver l'école et la France, ne fait que tenter de vendre des livres.

L’école et la violence sont effectivement deux questions essentielles, à condition toutefois de se garder de les lier de façon stupidement déterministe ! Or, on tente précisément de les réunir dans un propos simpliste qui est celui du rapport sur le grammaire rendu, fin 2006, à Gilles de Robien par ses trois pieds-nickelés (Bento, Orso et Demarcho).

Tout le monde s’est accordé à reconnaître la nullité confondante de ce texte. C’est sans doute ce qui a conduit ce ministre (à qui « tout ce qui est éducatif est étranger », pour transférer à l’école, en l’inversant bien sûr, la formule de Térence « « Rien de ce qui est humain ne m’est étranger ») à confier à Bento un second rapport sur le vocabulaire!

A ce propos, pourquoi Monsieur de Robien n’est-il pas plutôt ministre de la coiffure ou des Galeries Lafayette, fonctions auxquelles tout en lui semble le qualifier.

Passons dans l’attente angoissée du prochain rapport de Bento, prévu pour mercredi prochain ; tout cela est savamment dosé et programmé ; ça ne devrait pas être triste et je prépare déjà mon escopette car je vois d'avance le contenu de ce texte, au simple examen du catalogue des produits Nathan.

Toujours est-il que la formule selon laquelle le réapprentissage de la grammaire de nos grands'mères (les Français du Sud de la Loire ne vont pas voir le sel de ce pauvre à-peu-près sur la nasalisation de "grammaire" au Sud de la Loire!) est consensuelle au possible, même si chacun y trouve, bien entendu, un intérêt différent.

C’est le principe des bons consensus, bien mous et bien juteux. Bento va faire exploser les ventes de Nathan et, comme meilleur vendeur du mois, gagner un séjour pour deux en Thaïlande (massages et whisky compris); de Robien sauve la patrie et gardera peut-être un maroquin (sans qu’on sache lequel : la coiffure ou les Galeries Lafayette ?) ; Sarko fait plaisir à la fois à Finkielkraut et aux électeurs de Le Pen (qui sont, selon le mot heureux de Djamel, « des communistes qui se sont fait piquer deux fois leur mobylette » et, doit-on désormais ajouter « qui ont un chien et/ou un chat », vu la thématique nouvelle de Jean Marie l’ami des bêtes).

On va même par là jusqu’à diviser l’équipe à Ségo, car comment le miraculé de Belfort pourrait-il résister longtemps au chant de ces sirènes grammatico-patriotiques ?

Ne parlons pas du Vicomte, l’ami des abeilles, qui, se voyant couper l’herbe sous le pied, doit en avoir le bourdon !

Hélas, le problème de l’école dépasse infiniment celui du simple enseignement de la grammaire que des experts bidon ont, depuis trente ans, détruit, au nom de leur prétendue science et compétence de linguistes, aidés en cela, désormais par les spécialistes des sciences de l’éducation, vérole de notre enseignement qui nous est venue d'Amérique du Nord, comme toujours quand elle a commencé à cesser d'y régner. Les « experts » en sciences de l'éduc. sont des gens, qui ignorant à peu près tout des disciplines dont ils parlent, se mêlent, sans les avoir acquises, de la façon dont on doit les enseigner.

La grammaire va éradiquer la violence, tant à l’école que dans la société. La semaine prochaine, quel autre miracle le vocabulaire pourra-t-il bien nous promettre?

samedi 16 février 2013

Honni soit qui Mali pense (N°5)


Fin de l'euphorie et de l'unanimité autour du Mali.

Premier acte, franco-français celui-ci, vendredi 15 février 2013 au soir, dans l'émission de Calvi où après la belle unanimité nationale du début, on a vu se séparer les hagiographes inconditionnels de l'action de la France (Pierre Servent, qui en avait tombé la cravate pour se vêtir d'une tenue camouflée couleur de muraille et François Clémenceau, l'un et l'autre du coté tricolore de la table) et les intervenants critiques et/ou réalistes, de l'autre côté, comme Antoine Glaser et Mathieu Guidère. Faut-il préciser que le discours des seconds est plus convaincant et mieux informé que celui des premiers dont le seul objectif est le service de la France (du moins ce qu'ils croient l'être) et de son armée.

Second acte, plus important ce matin même où l'on apprend soudain que se tient à N'Djamena une réunion d'urgence des Etats de la CEDEAO. On s'y bornera probablement, comme toujours, à des déclarations de principe, mais le fait témoigne néanmoins de l'inquiétude actuelle après le triomphalisme du début.

La France, quant à elle, reste remarquablement muette comme son armée (c'est sa stratégie à en croire P. Servent!) et s'empresse d'évacuer les journalistes français (tandis que les autres restent sur place) ; on a vu nos soldats les fourrer, en toute hâte, dans des hélicoptères de peur que les djihadistes pensent à en enlever un ou une, ce qui leur donnerait le meilleur moyen de pression sur nos médias nationaux, car, on le sait et ils le savent aussi, une dizaine d'otages de tous poils n'ont guère d'importance, alors que l'enlèvement d'un seul journaliste prend l'allure d'une catastrophe nationale.

Non seulement, on ne nous informe pas, mais tout semble indiquer qu'on nous cache bien des choses ; ainsi la presse canadienne a fait-elle état de la mort d'une vingtaine de soldats maliens tombés dans une embuscade. Il faut d'ailleurs reconnaître que les quelques vues que l'on a de l'intervention des troupes maliennes à Gao relève plus du cinéma comique que d'autres chose ; quand on connaît un tant soit peu l'Afrique, on est frappé par le fait que tout cela est, sinon soigneusement du moins laborieusement, mis en scène avant les prises de vue. C'est la 7ème Compagnie au patronage !

En fait rien, dans une émission comme celle-ci, Calvi aurait dû sortir, pour une fois, de son schéma habituel (Merci de nous avoir épargné Barbier et Perrineau) et il aurait été préférable de limiter le nombre d'interventions à celles des gens qui entendent quelque chose à la question et qui font preuve d'un peu de sincérité et bon sens, c'est-à-dire Guidère et Glaser que je me suis réjoui de voir revenir sur le devant de la scène, même s'il s'y cantonne un peu trop souvent à l'ironie de son sourire.

Il est clair que personne, ni en Europe ni en Afrique, n'est très désireux, pour toutes sortes de raisons, à court ou à long terme, de se joindre à nous pour une intervention militaire sur le terrain. Comme l'ont souligné Guidère et Glaser, le Tchad, qui a envoyé un contingent commandé par le fils d'Idriss Deby, compte clairement sur un renvoi d'ascenseur pour ses actions et prend ainsi une hypothèque sur l'avenir de son propre pays dans la mesure où les choses sont fort loin d'y être réglées. Il y a, en revanche, quelque chose de sinistrement comique à voir l'un de nos principaux ministres évoquer le retour de nos troupes à partir du mois de mars.

Dans cette affaire, Servent a même naïvement confessé la satisfaction des troupes françaises à revenir "sur le terrain", après leur désengagement de l'Afghanistan. Belle raison pour intervenir ! Il s'est évidemment abstenu de parler de l'augmentation massive des soldes et des grands avantages d'ancienneté liés à cette condition d'intervention extérieure.

Bref, et l'on peut pour vérifier, se référer, si l'on veut, à mes posts antérieurs, mais j'y ai dit bien des choses qui ont été enfin dites hier par Guidère et Glaser ; comme je l'ai dit depuis le début, nous sommes très loin d'être sortis de l'auberge malienne où le séjour sera de moins en moins agréable. J'ai tout de même eu la satisfaction d'entendre les deux intervenants compétents dire des choses que j'avais moi-même dites mais que personne, dans la presse nationale, ne se risquait à souligner comme par exemple l'évidence de l'organisation de l'accueil triomphal à Gao et à Tombouctou.

Vous me direz qu'il y avait là des évidences mais, comme disait l'autre, ce qui va sans dire va encore mieux en disant.

 

vendredi 15 février 2013

L'école 2013 (N° 2) Retour en arrière. Mon blog du 13 mars 2007. Les IUFM et les sciences d'éduc.


France Inter. 13 mars 2007. Emission du matin sur les enseignants. Collège Georges Duhamel dans le 15e. Je ne connais pas la géographie scolaire parisienne, mais je doute que Monsieur Balladur, député de cet arrondissement, ait choisi comme terrain de jeux politiques un quartier "difficile" ou même un "quartier" comme on dit désormais.
J’ai d’ailleurs entendu, au début, vers 7 heures 45, en prenant en marche l’émission de Nicolas Demorand, que les élèves, qui arrivent en classe, restent debout ou, s’ils sont déjà assis, se lèvent à l’arrivée du professeur. Deux hypothèses se sont alors, en un instant, télescopées dans ma tête. Ou bien tous mes amis enseignants, qui me racontent leur quotidien, me mentent et tous leurs élèves sont, en réalité, disciplinés, polis, etc., ou bien le Collège Georges Duhamel dans le 15e parisien, sous la double, auguste et bénéfique influence de Georges (Duhamel) et d’Edouard (Balladur), est, miraculeusement, comme la tente d’Holopherne chez Giraudoux, le seul lieu du monde exempté du péché originel et ses élèves, sont les seuls en France, à continuer à s’y comporter comme autrefois. Je ne me risquerai pas à trancher !
Revenons au sujet. N. Demorand recevait, en ce matin du 13 mars 2007, un certain Jacques Durand, président de la conférence des directeurs d’IUFM.

Pour ceux qui l’auraient oublié, les Instituts de Formation des Maîtres (IUFM) ont été créés, en 1989, par Lionel Jospin, alors ministre de l’éducation nationale, mais, en fait, surtout par celui qui était alors son conseiller spécial, pour quelque tems encore, son ami de trente ans, Claude Allègre. L’idée était de parer les anciennes écoles normales des modernes oripeaux des sciences de l’éducation, tout en y agrégeant quelques universitaires, à qui les IUFM offraient, par raccroc, des postes de maîtres de conférences ou de professeurs, dont les universités elles-mêmes ne les jugeaient le plus souvent pas dignes.

La chose était d’autant plus étrange que, comme je l’ai déjà dit et écrit souvent, C. Allègre était un adversaire résolu et lucide des sciences de l’éducation dont il aimait à se moquer. Je pense ici au ballon, cher à cet ancien basketteur, que les sciences de l’éducation nomment le « référentiel bondissant » dans un exemple que C. Allègre lui-même se plaît à rappeler. La formule complète (je cite de mémoire) est que le joueur « doit se situer dans le temps et dans l’espace par rapport au référentiel bondissant », ce qui, en langage normal, veut dire simplement « recevoir ou intercepter la balle ».

L’échec des IUFM a été patent et, selon le bon vieux principe du pendule si cher à l’administration française, on a décidé de revenir au point de départ, en aggravant la situation. On va donc réintégrer les IUFM dans les universités, au lieu de les supprimer. Comment le faire d’ailleurs car que ferait-on des enseignants des IUFM, dont une partie relève du secondaire et n’a pas le statut des enseignants du supérieur ? 0n ne va donc rien changer aux défauts des IUFM, tout en créant de nouveaux problèmes dans les universités.

En fait, tout ce que j’ai dit, dans des blogs précédents, des sciences de l’éducation et de Philippe Meirieu, s’applique ici. Ph. Meirieu a été non seulement le gourou de la création de ces Instituts, mais, pas fou, s’est lui-même récupéré, au terme de sa faveur politique, à la direction de l’IUFM de Lyon, pour y attendre la retraite en s'essayant à la politique.

Un des moments forts – l’un des rares passages intéressants et surtout sincères de l’émission - a été celui où un jeune enseignant a osé expliquer qu’alors que le stage IUFM commençait en septembre, c’est en février qu’on donnait les formations sur la lutte contre la violence en classe (arts martiaux, etc… ?).

Vu l'intérêt et la nature de telles « formations », cela ne me paraît pas trop grave, simplement inepte, comme bien d’autres choses. Moment comique aussi quand ce même jeune enseignant, dans la consternation générale, évoque l’une des perles du pédagogisme des "sciences de l’éduc."dans les IUFM. Les stagiaires, assis sur des tapis de sport, sont invités à pratiquer collectivement un exercice dans lequel ils se voient, tour à tour, lancer une balle dont la réception leur accorde une minute de temps de parole. Au terme de la minute, qu’ils aient parlé ou non et quel que soit le propos, ils repassent la balle à l’animateur, qui va la renvoyer à un autre stagiaire. Cette affaire est si ridicule qu’aucun des participants à l'émission n’ose même en parler ; le dénommé Jacques Durand, pressé par N. Demorand et sans doute rompu à la pratique du "tapis de parole uéfèmien", finit par noyer le poisson dans un flot de propos aussi généraux qu'insipides ! On a tout de même eu un bref instant de sincérité et de vérité.

Tout confirme (mais qui en doute encore ?) que les sciences de l’éducation sont en fait un « pédangogisme » dans lequel les recettes d’une prétendue didactique sont plaquées sur des connaissances disciplinaires de plus en plus réduites et incertaines. Il est significatif de voir que les étudiants se plaignent, d’une seule voix, du niveau trop élevé des concours qui pourtant n’a guère varié.

En fait, sauf à considérer comme de réelles formations les discours théoriques sur la lutte contre la violence ou les pitreries de passage de parole par l’envoi d’un ballon…,les IUFM ne forment à rien du tout et leur création n’a rien changé. Le malheur est qu'on a mis vingt ans à le reconnaître, sans décider d'essayer d'abord de voir les problèmes.

Autrefois, pour prendre l’exemple du CAPES, celui ou celle qui était reçu à ce concours faisait un stage, une année durant, avec en général deux maîtres de stage différents et en alternant stage actif et passif. En fin d’année, on passait un CAPES « pratique » avant de rejoindre son premier poste. Les IUFM n’ont à peu près rien changé sur ce point pourtant essentiel. Il y a toujours une année de formation plus ou moins bidon, avec, en plus, à l’IUFM, les discours sur la lutte contre la violence et les jeux de ballon évoqués ci-dessus. Les enseignants continuent donc à ne pas être formés. On peut d’ailleurs s’interroger sur la possibilité même de former réellement à un tel métier et nous y reviendrons. L’enseignement, comme la médecine, est un art ; il y a des gens doués, sans avoir jamais appris à enseigner, comme il y en a qui ne le sont pas et qu’il faudrait, en vain peut-être, essayer de former, si l’on ne peut les inviter à choisir un autre métier. En, revanche, ce qui est inévitablement catastrophique est de ne pas bien connaître ce que l’on prétend enseigner, car on ajoute l’insécurité à la maladresse.

C’est ainsi qu’au CAPES interne de physique, par exemple, on propose au candidat un problème du niveau de la 4ème. En apparence, c'est logique puisqu’il enseignera la physique à ce niveau et on présente ainsi la chose. En réalité, si on lui donnait un vrai problème de physique, sans aller jusqu'au niveau du CAPES (le concours externe), pour évaluer par là, son vrai niveau de compétence en cette matière, il ne saurait pas le résoudre. Rien d’étonnant à cela, puisque la très grande majorité de ceux et celles qui passent ce concours interne ont, dans le passé, échoué au concours externe !

Dernière remarque pour Nicolas Demorand, qui s’il parle bien anglais et aime à le faire savoir, à des lacunes en latin et en français. On dit, en effet, « eT cetera… » (eT = et) et non pas « eK cetera).